03 juillet 2009
La Prospérité : Bemba Saolona s’en va, Muzito et Mokolo pleurent !
Derrière lui, il laisse une veuve et de nombreux enfants dont l’ex-Vice-Président de la République, le Sénateur comme lui, Jean-Pierre Bemba Gombo qui, depuis lundi 29 juin, aspire à la liberté provisoire, si jamais la Belgique, la France ou le Portugal présentaient, d’ici le 10 juillet, à la Cour Pénale Internationale, des garanties de sécurité suffisantes.
A 67 ans, Bemba Saolona s’est éteint dans la nuit du 1er au 2 juillet, à St Jean, un Hôpital mieux coté à Bruxelles, pour la qualité de soins assurés à ses patients. Si les uns et autres se perdent en conjectures sur l’exégèse du mal ayant causé cette disparition brutale, le Sénat Congolais, la chambre des sages, est en émoi. Dans un communiqué, Mokolo wa Pombo, le Premier Vice-Président, console la famille, le Mouvement de Libération et le Groupe sénatorial de l’Equateur, par des condoléances les plus atterrées.
Aussitôt revenu de Goma hier, dans la soirée, Adolphe Muzito n’a su retenir ses larmes. Dans cette édition, il compatit aux malheurs des Bemba, en ce temps difficile. Bemba Saolona n’est plus de ce monde. Il a tiré la révérence dans la nuit de mercredi à jeudi, à Saint Jean, à Bruxelles. L’information qui est tombée telle, une traînée de poudre à Kinshasa, a vite fait de remuer dans une plaie dont la douleur était déjà exacerbée par la situation d’un des fils Bemba qui, depuis une année, est geôlier de Luis Moreno Ocampo, le Procureur de la Cour Pénale Internationale, à la Haye, aux Pays-Bas.
Lundi 29 juin, Bemba Jeannot, 67 ans, était à l’audience du fils. Les deux hommes auront eu là, l’ultime occasion de se voir, sur cette terre enragée. Bemba père qui, comme tous les cadres du Mouvement de Libération du Congo, comptait les jours au bout de doigts, en espérant l’éventuelle libération du fils, n’a plus survécu aux vicissitudes d’une courte maladie. Si les uns et autres pouvaient encore se perdrent en conjectures sur l’exégèse du mal profond à l’origine de cette si brutale disparition, il n’en est pas autant du Sénat, la Chambre des sages dont il était l’un des 108 membres.
Mokolo wa Pombo, le Premier Vice-Président, console sa famille et le Mouvement de Libération du Congo et le Groupe Sénatorial de l’Equateur, pour cette perte immense. Dans un communiqué, il leur présente ses condoléances les plus atterrées. Il promet, très prochainement, les détails du programme des funérailles en mémoire de l’ancien Patron des patrons, l’homme d’affaires patenté et le politicien, Jeannot Bemba Saolona. Déjà, Mokolo wa Pombo parlait, sur une des radios de la place, de la mort d’un grand frère.
Muzito, le Premier Ministre, l’a, lui aussi, appris à ses dépens. Aussitôt revenu hier soir de Goma où il a participé aux festivités du 30 juin, il s’est dit ému. Dans un message officiel, il engage l’ensemble du gouvernement à honorer la mémoire de l’illustre disparu et présente ses condoléances les plus affligées, à sa famille. Bemba Saolona, le Baobab… Né en 1941, à Libenge, à l’Equateur, Jeannot Bemba Saolona fut un grand homme d’affaires. S renommée a traversé les frontières, dans les années où il dirigeait ses entreprises personnelles Scibe-Zaïre, Scibe Airlift et consorts. Il a passé du temps à vouer un culte au café. Des plantations dans l’Equateur firent la beauté de sa ceinture financière, à l’échelle internationale.
Plus d’une fois, il a été administrateur des sociétés à la Sofide et Bralima, avant de devenir, plus tard, le Patron des patrons, à la tête de l’ex-ANEZA devenue avec l’avènement de Mzee Kabila, la Fédération des entreprises du Congo, Fec en sigle. Il a passé quelques temps en prison, avant d’être nommé Ministre de l’Economie, sous l’empire Afdl. En 2006, les Députés de Gemena lui ont confié le mandat de Sénateur ; fonction qu’il a exercée jusqu’à ses dernières vacances parlementaires qui l’ont littéralement emporté, pour l’éternité.
Marcel Ngoyi
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02 juillet 2009
LA FAMILLE BEMBA EST EN DEUIL
LE MLC-DIASPORA A LA PROFONDE DOULEUR D'ANNONCER LA MORT DU SENATEUR BEMBA JEANNOT,PERE DE L'EX VICE-PRESIDENT BEMBA, MORT SURVENUE DANS LA NUIT DU 01 AU 02 JUILLET A LA SUITE D'UNE COMPLICATION CARDIAQUE.NOS PENSEES VONT A LA FAMILLE,AINSI QU'A SON FILS AINE,LE PRESIDENT JEAN-PIERRE BEMBA.LA SUITE DU PROGRAMME VOUS SERA COMMUNIQUE ULTERIEUREMENT.
QUE SON AME REPOSE EN PAIX.
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01 juillet 2009
Le Potentiel : Le sort de J.P. Bemba sera connu le 10 juilletTout est possible.
Le sénateur Jean-Pierre Bemba pourrait bénéficier d’une libération provisoire. Mais il faut retenir son souffle jusqu’au 10 juillet, date à laquelle la juge de la Cour pénale internationale pourra, oui ou non, accéder à la demande de avocats de Bemba. Le compte à rebours a commencé.
Le sort du président national du Mouvement de libération du Congo
(MLC), le sénateur Jean-Pierre Bemba, sera connu au plus tard, le 10
juillet 2009. C’est du moins, ce qui ressort de l’audience de la Cour
pénale internationale (CPI) tenue, le lundi 29 juin à La Haye. A
l’issue de cette audience, la juge de la Cour, Trenda Cilova, a
indiqué : « La CPI se prononcera dans un délai raisonnable sur la
libération provisoire ou non ». Entre-temps, elle a rendu une
ordonnance demandant aux autorités du Portugal, de la France, de la
Belgique et des Pays-Bas de soumettre avant le 10 juillet prochain
leurs observations sur la requête de mise en liberté provisoire de
Jean-Pierre Bemba ainsi que sur les conditions que ces pays pourraient
lui imposer s’ils l’accueillaient sur leurs territoires en cas de
liberté provisoire, a-t-on appris des médias étrangers.
En d’autres termes, ces pays devront présenter toutes les
garanties qu’ il n’y aurait pas de fuite et être à même de renvoyer
Bemba à La Haye dans l’hypothèse de la poursuite du procès pour qu’ il
comparaisse cette fois-là en homme libre. Il s’agit là, à en croire
certains juristes, d’une forme de mise sous surveillance judiciaire.
A en croire le chargé de communication de la CPI en RDC,
Paul Madidi, cité par radiookapi.net, toutes les parties ont présenté
leurs arguments au cours de cette audience. Pour la défense, il y a
lieu de remettre Jean-Pierre Bemba en liberté, parce qu’elle estime que
le risque de fuite n’a jamais existé et les charges contre lui ont
changé. En revanche, l’accusateur estime que le prévenu devrait rester
en détention.
Selon ses avocats, le sénateur Jean-Pierre Bemba a souhaité
être accueilli dans ces pays pour des raisons diverses. Par exemple, en
Belgique, pour ses propriétés, ses comptes bancaires et aussi parce que
ses enfants y sont scolarisés. Ou encore, en France, pour ses liens
sociaux importants.
Il faut rappeler que la séance de lundi entre dans le cadre
de la procédure normale à la Cour pénale internationale qui veut
qu’après une année de détention d’un prévenu, les juges procèdent à
l’analyse de la possibilité d’accorder à ce dernier une liberté
provisoire, rapporte la source. A noter que les avocats du président du
MLC ont plusieurs fois introduit cette requête auprès de la CPI qui
l’avait toujours rejetée.
Pour rappel, Jean-Pierre Bemba a été arrêté, le 24 mai 2004 en Belgique, qui exécutait un mandat délivré contre lui par la CPI.
Chronologie
Les premières comparutions de Bemba
ont lieu, du 12 au 15 janvier 2009 à La Haye, où il s’est vu notifier
les charges retenues contre lui. Elles concernent essentiellement les
exactions commises en Centrafrique par ses troupes entre 2002 et 2003.
Les soldats du MLC étaient allés secourir le président centrafricain
d’alors, Ange-Félix Patassé, qui se disait menacer par un coup d’Etat.
Pendant leur séjour dans ce pays, ils avaient été accusés de
viol, de crimes de meurtre et de pillage lors de leur expédition en
terre centrafricaine. Conséquence, les accusations de crimes contre
l’humanité et de crimes de guerre avaient été retenues contre leur
chef, Jean-Pierre Bemba.
Mais, lors des audiences de confirmation des charges, ses
avocats ont rejeté toute responsabilité de leur client dans les crimes
commis par ses troupes. Au contraire, ils tiennent pour responsable
l’ancien président centrafricain que les troupes du MLC avaient
secouru.
Selon les avocats, la mise à disposition des troupes, dans le
cadre d’un accord, n’implique pas la responsabilité de Jean-Pierre
Bemba, mais plutôt celle de leur hôte.
Le tribunal n’a pas retenu ces arguments et a confirmé la
responsabilité pénale du sénateur Bemba en qualité de chef militaire,
rapporte l’Agence britannique Reuters. D’après les juges, suffisamment
de preuves existent et justifient les accusations contre le leader du
MLC. Toutefois, sa responsabilité pénale dans les tortures et atteintes
à la dignité de la personne a été rejetée.
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08 juin 2009
LA UNE: Le départ du Premier ministre étant déjà acquis, le gouvernement expédie les affaires courantes(LE POTENTIEL)
C’est comme dans une pièce de théâtre. Après le premier acte, on en est maintenant au second. Avec pour trame, le départ d’Adolphe Muzito. Bien que n’étant pas encore officiel, le départ se précise au fil des heures. Les carottes sont cuites pour celui qui est resté, pendant huit mois, Premier ministre d’un gouvernement de coalition AMP-PALU-UDEMO. Décidément, un autre décor est en train d’être planté.
S’il faut en suivre le cheminement, l’affaire a vite pris les allures d’un bras de fer entre la présidence de la République et le Premier ministre Adolphe Muzito. Faisant suite à la correspondance que le directeur de cabinet du président de la République a adressée le 28 mai au Premier ministre au sujet de « dérapages substantiels et répétés des finances publiques et de la monnaie nationale observés ces derniers mois…», le différend entre les deux branches de l’Exécutif pourrait bien connaître son dénouement dans les prochains jours, sinon dans les prochaines heures.
Au regard de l’évolution de la situation, il y a de fortes chances que l’ « affrontement » ne soit que de très courte durée. Dans tous les cas, au niveau de la Haute hiérarchie, on n’a pas du tout envie de laisser traîner les choses. Cela est d’autant plus vrai qu’on veut rapidement tourner la page, précisément celle d’Adolphe Muzito. Question, affirme-t-on, d’entrevoir l’avenir sous un autre signe, que l’on souhaite en tout cas prometteur pour le pays et pour ses habitants, indique une source qui a préféré garder l’anonymat.
Dix jours après la lettre du dircab du président de la République, tout semble déjà joué car le vainqueur de ce que d’aucuns considèrent, à tort ou à raison, comme une « guerre de tranchées » est connu : Adolphe Muzito ne va pas s’en sortir à bon compte d’autant plus que les manettes de réglage lui échappent complètement ; le dernier mot revenant à la présidence de la République. C’est de ce côté que se trouve évidemment le gagnant, mais pas du côté du Premier ministre qui prépare ses valises s’il ne l’a pas déjà fait.
Pas de co-responsabilité
La fameuse réplique du Premier ministre à la correspondance du directeur de cabinet de Joseph Kabila a fait sortir tout le monde de ses gonds au niveau de la présidence de la République La lecture que l’on se fait là-bas de ce qui apparaît comme la réponse du berger à la bergère n’est pas pour arranger les choses. Bien au contraire, elle a consacré la rupture entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement pendant que tout était mis en œuvre pour ne fut-ce que sauver les meubles entre deux parties liées jusque-là par un accord de gouvernance qui pourrait avoir son avenir derrière lui.
« C’est malhonnête de la part du Premier ministre de considérer le chef de l’Etat comme étant co-responsable du gâchis que l’on déplore dans la gestion des finances publiques », fait-on remarquer à la présidence de la République. « Il est difficilement explicable, poursuit-on dans les mêmes milieux, que le Premier ministre qui reconnaît pourtant la pertinence des instructions contenues dans la lettre du dircab du président de la République, se soit mis à chercher, au même moment, des poux dans la tête de ce dernier », argumente un membre de l’Alliance de la majorité présidentielle.
«Si nous avons dégainé les premiers, c’est dans le souci majeur de dénoncer un état de choses qui empirait chaque jour et qui ne cessait d’hypothéquer toutes les chances d’amélioration de la situation économique et sociale du pays », affirme ce dernier qui estime que le Premier ministre, en sa qualité de chef du gouvernement, devrait s’assumer en ce qu’il est le premier responsable de la dégradation de la situation économique, financière et sociale de la RDC au lieu de se perdre dans des accusations qui sont loin de l’honorer. « Le Premier ministre est en train de donner, en vain, des coups en l’air », susurre-t-on.
« Pas question de partager, même fifty-fifty, avec le président de la République les conséquences de dérapages dont il est seul comptable », réaffirme-t-on à la présidence de la République où l’on ne fait nullement mystère de la nouvelle tournure que les choses ont prise et de la nécessité de changer l’attelage qui devra accompagner le président de la République pour la suite de la réalisation de son programme de reconstruction du pays.
Affaires courantes
Certes, ce n’est pas encore officiel, mais il ne faudra pas être devin pour pouvoir réaliser que la terre est en train de se dérober sous les pieds du Premier ministre Adolphe Muzito. On ne voit pas comment il pourrait arriver à changer le cours des événements. Comme il avait été écrit quelque part qu’il serait le Premier ministre du président de la République dans le cadre des noces Palu-Famille politique du chef de l’Etat, il est aussi écrit qu’il a fait son temps à ce poste. Il doit donc savoir que c’en est fini de lui et qu’il ne sert à rien de faire de la résistance.
On sait que le gouvernement ne remplit pas encore les conditions d’être qualifié comme étant un gouvernement démissionnaire. On en convient, mais quand on analyse froidement les circonstances dans lesquelles il est placé au jour d’aujourd’hui, l’Exécutif n’est pas en quelque sorte différent d’un gouvernement « expédiant les affaires courantes ». D’ailleurs, de sources concordantes nous apprenons que bien des ministres n’ont plus le cœur à l’ouvrage. Ils le disent à haute voix.
Il est vrai que des voix s’élèvent pour laisser entendre que les choses risquent de ne pas marcher comme on le ferait pour une lettre à la poste. Mais face à l’argument relatif aux dispositions constitutionnelles qui pourraient mettre le chef de l’Etat dans une sorte d’ « illégalité » par rapport à son Premier ministre, dans les milieux de la famille politique présidentielle, on a la repartie facile. On ne voudrait surtout pas l’entendre de cette oreille. « La musique est déjà réglée pour que rien ne vienne s’opposer à une volonté qui a déjà été mise sur les rails », fait-on savoir.
De toute façon, le départ de Muzito de la Primature va, assurément, remettre à la surface quelques cas de figure. Premier cas de figure : le président de la République s’en tient au protocole d’accord qu’il a signé avec le Palu. Il demande, par conséquent, à Antoine Gizenga de lui proposer le nom de celui qu’il veut voir remplacer le partant. Deuxième cas de figure : on fait voler en éclats le protocole d’accord AMP-PALU et on recrute un Premier ministre dans les rangs de la famille politique du président de la République. Les bookmakers sont déjà à l’œuvre et ils ne sont pas en manque de Premiers ministrables. Troisième cas de figure : le chef de l’Etat met sur pied un gouvernement d’ouverture dans lequel entreraient des personnalités provenant de l’Opposition politique et de la société civile.
Quelle option va-t-on mettre en avant et pour quels dividendes quand on sait qu’il y a, de part et d’autre, des avantages et des inconvénients dont on ne pourra mesurer l’amplitude que dans un avenir proche, certainement aux élections de 2011 ? Mais, en attendant d’en savoir plus, le système de prédation des biens publics mis en place par les actuels dirigeants, n’aura reçu aucun coup. Loin de là, il va poursuivre son bonhomme de chemin pendant que le peuple congolais n’aura, comme c’est le cas aujourd’hui, pour lot quotidien que la misère noire.
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24 avril 2009
Pourquoi Kamerhe a-t-il demandé pardon à Joseph Kabila?
Le dernier discours tenu par Vital Kamerhe à son départ de la présidence de l'Assemblée nationale a été largement distribué sur Internet. Il est diversement commenté. Plusieurs compatriotes n'auraient retenu de ce discours que « le pardon » de l'ex-président de l'Assemblée nationale au Président Joseph Kabila. Si certains d'entre eux comprennent pas qu'après le bras de fer ayant opposé Vital à « son frère » Joseph, il finisse par « s'humilier » en demandant pardon, d'autres sont étonnés que ce genre de réflexion soit mené. Ils estiment que la réconciliation au sein d'une même famille politique est la chose la plus normale qui puisse se faire. D'un trait, ils effacent toute une histoire au cours de laquelle Vital a choisi Joseph, l'amnésie étant la chose la mieux partagée dans certains milieux congolais et dans ceux des médias dominants.
Eu égard à ces interprétations, nous avons voulu relire le texte de Kamerhe. Le journal le Potentiel rendant compte de la « passation de pouvoir à l'Assemblée nationale », ce journal note ce qui suit: « Mieux, Vital Kamerhe s'est adressé particulièrement au chef de l'Etat: « Au président de la République, chef de l'Etat, je demande aussi pardon si jamais il s'est senti offusqué par mon comportement. Je lui renouvelle ici et de manière solennelle mon profond respect. » »
Dans ce texte, Kamerhe demande pardon au conditionnel: « si jamais » n'est pas à prendre à la légère. Et puis, Kamerhe ne lie pas son pardon à un acte précis: il parle de son comportement en général. Ceux et celles d'entre nous qui ont lu le sms envoyé aux députés de l'AMP pour qu'ils lâchent Kamerhe savent qu'il lui était reproché plusieurs « péchés ». Soit.
Ce texte ne fait pas directement allusion au bras de fer survenu entre Vital et Joseph au sujet de l'entrée secrète des militaires Rwandais au Congo. Dans son discours d'ouverture de la session de l'Assemblée nationale de mars, Vital Kamerhe se disait étonné que le Président de la République se sente concerné par une question dépendant en tout et pour tout du gouvernement qui, seul, peut répondre devant l'Assemblée. Il demandait aux membres de sa famille politique faisant partie du gouvernement de ne pas se cacher derrière le chef de l' Etat quand ils doivent rendre compte de la gestion du pays.
Mais comme c'est Kabila et son gouvernement parallèle qui avaient pris la grave décision de faire revenir leurs amis Rwandais sur notre sol sans que justice soit rendue aux victimes de leur guerre d'agression, Kamerhe innocentant Joseph passait rhétoriquement à côté de la plaque tout en ouvrant une brèche dans la compréhension de ce qui se passe chez nous: le gouvernement de Muzito est un figurant; il n' a pas l'effectivité du pouvoir. Quand Kamerhe avouait qu'il n'était pas au courant de l'entrée des Rwandais au Congo, il dénonçait, consciemment ou inconsciemment, le mode de fonctionnement du pays depuis qu'il est aux mains du « conglomérat d'aventuriers » venus chez nous dans les valises de l'AFDL.
En effet, si nous remontons l'histoire de notre pays depuis « la libération du 17 mai 1997 », nous nous rendrons compte que tous les gouvernements formés n'ont pas échappé à leur parallélisation. Et Kamerhe n'a jamais rien dit. Pourquoi? Pour une raison toute simple: il est l'un des idéologues de ce mode de fonctionnement politique chez nous.
Quand il demande pardon pour « son comportement » en général, il nous semble qu'il regrette d'avoir mis à nu le modus operandi de leur réseau maffieux: faire croire dans les apparences alors que l'effectivité du pouvoir est ailleurs. Les plus sceptiques d'entre nous sur ce modus operandi feraient mieux de lire le texte d'une ONG néerlandaise intitulée « L 'Etat contre le peuple ». A la fin de ce texte, il y a une lettre adressée au Secrétaire général du PPRD, Vital Kamerhe. Cette lettre contient les noms de certains véritables acteurs de premier plan de tout ce qui se passe au Congo aujourd'hui. Pour dire les choses simplement, la demande de pardon de Kamerhe se formulerait de la façon suivante: « Joseph, je regrette d'avoir trahi les secrets de notre mode de fonctionnement. Mon amour du verbe et le reste de ma lucidité m'ont joué un tour. Franchement, trop parler peut tuer! Que puis-je faire maintenant? Te demander pardon
publiquement tout en servant un discours rempli de bonnes intentions sur le fonctionnement de l'Assemblée nationale. Je ne manquerai pas de prendre à mon piège ces Congolais friands de beaux discours même s'ils sont vides de sens. Les « honorables » ayant rompu avec le véritable sens de la citoyenneté m'applaudiront. Ils diront que je suis un homme d' Etat et nous poursuivrons notre jeu des dupes. » Nous en sommes là. Et le jeu des dupes tend à sa fin! Le livre de Charles ONANA intitulé « Ces tueurs Tutsi. Au coeur de la tragédie congolaise », pourrait nous aider à étoffer notre argumentaire en mettant davantage à nu le jeu du « raïs » et de sa cour. De toutes les façons, la guerre d'agression n'a pas pris fin à l'est de notre pays. Nos compatriotes y sont tués, nos femmes et filles violées, nos maisons incendiées. (A suivre)
J.-P. Mbelu
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19 avril 2009
Les petits secrets d’une victoire...sans péril
Evariste Boshab a été élu président de l’Assemblée nationale aux alentours de 4 heures du matin, samedi 18 avril. L’homme doit son «triomphe» moins à ses qualités personnelles qu’aux actions discrètes menées par l’«autorité morale» de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP), en l’occurrence Joseph Kabila, auprès de 300 députés étiquetés AMP, reçus mercredi dans la Ferme présidentielle. Certaines sources font état d’une «réconciliation» qui serait intervenue avant le vote, vendredi 17 avril, entre le «raïs» et Vital Kamerhe...
«Ce pays est dirigé à coup de corruption. Joseph Kabila l’a d’ailleurs reconnu dans l’interview qu’il a accordée au New York Times. Les Congolais aiment l’argent facile pour jouir de manière ponctuelle en attendant une autre corruption.» Ancien ministre de l’éphémère gouvernement d’Etienne Tshisekedi et médecin de son état, Tharcisse Loseke Nembalemba n’a pas trouvé des mots assez durs pour fustiger l’élection d’Evariste Boshab à la Présidence de la Chambre basse du Parlement congolais.
Un seul tour de vote a donc suffi. Evariste Boshab, secrétaire général du parti présidentiel PPRD, a obtenu 329 voix sur 484. Un score digne d’un leader nord-coréen. François Muamba, Idambito Bakaato et Gilbert Kiakwama kia Kiziki n’ont recueilli respectivement que 75, 54 et 15 voix. Le suffrage récolté par Kiakwama surprend dans la mesure où son groupe parlementaire compte une trentaine de députés. Devrait-on conclure que sa propre famille politique lui auraitt fait des infidélités ? Etrange.
Lutte contre la corruption
Dans sa toute première déclaration, Boshab s’est voulu rassembleur. «Le président de l’Assemblée nationale n’est pas le président de l’opposition, encore moins de la majorité. Il est le président de tous les députés.» A-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr. Contrairement à «Vital» qui avait arraché une certaine marge de manœuvre, «Evariste» est présenté comme étant un «homme servile» à l’égard du «raïs» mais aussi du véritable «l’homme fort» du «clan». Il s’agit du député Augustin Katumba Mwanke. Quelles sont les priorités du nouveau «Speaker» ? Il a cité notamment le contrôle de l’action de l’exécutif en précisant «suivant les normes». Il s’est engagé à mener une «lutte sans merci» contre la corruption. Interdiction de rire.
Les diplomates accrédités à Kinshasa ont sans doute dû étouffer un petit fou-rire en mentionnant dans les messages envoyés au ministère des Affaires étrangères de leur pays respectif que le nouveau président de l’Assemblée nationale de la RD Congo traîne derrière lui des «casseroles». L’homme a été impliqué dans une affaire de corruption, alors qu’il assumait les fonctions de directeur de cabinet de Joseph Kabila. Il s’agit de la destination donnée aux 32 millions de dollars de la SNEL. Une affaire non élucidée à ce jour. Quel est en définitive le secret de la victoire de Boshab, une victoire au demeurant sans péril?
«Champagne, billets verts et 4x4 »
Certains confrères kinois rapportent que mercredi 15 avril, Joseph Kabila a reçu 300 députés. La rencontre, aux allures de garden-party, a eu lieu dans la désormais célèbre «Ferme de Kingakati», propriété du «raïs». Mobutu Sese Seko se repliait à Gbado Lite quand il n’était pas dans le bateau présidentiel, le MS/Kamanyola. Joseph, lui, a trouvé son lieu de villégiature sur la route de Bandundu. L’autorité morale de l’AMP a, à cette occasion, donné un mot d’ordre de vote en insistant sur la «discipline». Le quotidien «Le Potentiel» ne dit pas autre chose : «La victoire écrasante du professeur Evariste Boshab, candidat de la majorité, il la doit à l’autorité morale de l’AMP, président de la république. Le chef de l’Etat a su, lors de la rencontre de mercredi dernier avec les députés de l’AMP, démontrer les vrais enjeux de cette élection du 17 avril.» C’est tout ?
Selon certaines sources, «Joseph» aurait remis à chaque parlementaire une «enveloppe» contenant un montant oscillant entre 2.000 et 5.000 USD. «Le président de la République, confie un député, s’est par ailleurs engagé à prendre à sa charge le solde à payer pour les véhicules 4x4 livrés à ses convives.» La réunion s’est terminée par un grand barbecue. Le champagne a coulé à flots. «Ce fut un géant méchoui. Une fête avant la fête. Champagne grand cru, grands vins, blanc et rouge, poulets, viandes diverses, saucisses grillées, etc.», rapporte notre confrère «Le Soft» dans son édition en ligne datée 16 avril. Bel exemple d’«austérité» et surtout de solidarité pendant que la grande majorité de la population continue à tirer le diable par la queue.
Conjurer «l’effet Kengo»
Kabila ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Ceux qui l’ont approché ces derniers jours disent que l’homme avait le moral d’un «gladiateur». Il était prêt «à payer le prix» pour conjurer une propagation de l’«effet Kengo» à la Présidence de l’Assemblée nationale. En mai 2007, Léon Kengo wa Dondo, Sénateur indépendant, avait coiffé au poteau Léonard She Okitundu, candidat du parti présidentiel. Les mauvaises langues racontent que le «She» avait mis du champagne au frais. Un groupe folklorique tetela avait déjà installé ses instruments de musique, au domicile du «She», pour célébrer la victoire annoncée. L’élection surprise de l’ancien Premier ministre du Zaïre avait eu l’effet d’un cataclysme politique dans le camp kabiliste. Au centre de la suspicion, l’article 75 de la Constitution qui stipule : «En cas de vacance pour cause de décès, de démission ou pour toute autre cause d’empêchement définitif, les fonctions de président de la République, à l’exception de celles mentionnées aux articles 78, 81 et 82 sont provisoirement exercées par le président du Sénat.» Kengo a dû presque s’excuser d’avoir battu son challenger. «Quant à l’article 75, déclarait-il dans son discours inaugural, la rumeur publique lui confère une portée politique alors qu’il s’agit d’une disposition éminemment mécanique. Je suis élu président du Sénat et non vice-président de la République avec droit de succession».
Le «raïs» a déployé des talents de «stratège» afin d’éviter toute déconvenue. Rien n’a été négligé. Selon une bonne source jointe au téléphone à Kinshasa, il semble bien que Vital Kamerhe se soit rendu, à son tour, à la Ferme de Kingakati quelques heures avant le lancement du vote au Palais du peuple. Il aurait été reçu par «l’autorité morale» de l’AMP. L’histoire ne donne point des précisions sur l’initiateur de cette «paix des braves». «Kabila et Kamerhe ont fumé le calumet de la paix en scellant leur réconciliation, assure cette source. C’est bien cet événement inattendu qui explique le mauvais score réalisé par le MLC François Muamba. Le secrétaire général du MLC n’a pas pu tirer profit des dissensions au sein de l’AMP.» Notons que, dimanche 12 avril, l’ex-président de l’Assemblée nationale, avait annoncé la création d’un «Courant de réflexion pour la défense de la démocratie et des valeurs républicaines.» Des analystes accréditaient le groupe de 40 à 70 députés. «Après sa rencontre avec Kabila, commente la source, Kamerhe a dû donner une consigne de vote en faveur de Boshab.» Spéculations ? L’avenir le confirmera ou l’infirmera.
Que peut-on attendre d’Evariste Boshab à la tête de l’Assemblée nationale ? Considéré, à tort ou à raison, comme un des «super faucons» de l’entourage présidentiel, ce professeur de droit n’a pas la réputation d’un homme sensible au pluralisme d’opinions. Procès d’intention ? Un député de l’opposition donne sa lecture de l’événement : «L’arrivée de Boshab à la tête de la Chambre basse est une bonne nouvelle pour le PPRD. Cette arrivée constitue un mauvais signal pour la démocratie congolaise. Nous jugerons sur pièce».
Baudouin Amba Wetshi
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13 avril 2009
Le Potentiel / LA UNE: Présidence du bureau de l’Assemblée nationale. Boshab, Mwamba, Kiakwama, N’singa … sur la ligne de départKanku, Idambito, les out-siders
Les prétendants à la succession de Vital Kamerhe au poste de président du Bureau de l’Assemblée nationale sont connus. La bataille s’annonce serrée à ce poste. Mais aussi à d’autres postes du Bureau de l’Assemblée où l’AMP et l’Opposition ont décidé de s’affronter. Mais une chose qui frappe aux yeux, le PALU et l’UDEMO n’ont pas présenté de liste « unique » avec l’ AMP. Stratégie électorale ? On le saura le vendredi 17 avril. En attendant, place à la campagne électorale.
A première vue, la partie s’annonce serrée. L’Alliance de la majorité présidentielle, AMP, et l’Opposition ont décidé de sortir leur grande artillerie pour cette « bataille électorale du 17 avril ». De grsos poissons en ce qui concerne particulièrement la présidence de l’Assemblée nationale. Mais également d’autres postes du bureau.
Si l’AMP tient à contrôler le perchoir de l’Assemblée nationale, il n’en demeure pas moins vrai que l’Opposition est déterminée à ne pas rater le coche. Elle a aligné des candidats, non pas des moindres, à tous les postes. La course est donc engagée.
Aussi, en attendant la publication officielle des noms des candidats par le Bureau sortant, assisté du Groupe technique de travail, voici quelques noms des uns et des autres qui ont déposé leurs candidatures au bureau du Rapporteur de l’Assemblée nationale. Au total, il y a 60 candidats répartis de la manière suivante : 6 à la présidence, 7 à la 1ère vice-présidence, 9 à la 2ème vice-présidence, 5 au poste de Rapporteur, 9 candidats rapporteurs adjoints, 10 candidats Questeurs et 13 Questeurs adjoints. Au poste de président : Evariste Boshab (PPRD), Clément Kanku wa Tshibuabua (Opposition, mais indépendant), Kiakwama Kia Kiziki (Opposition: Chrétiens Démocrates), François Muamba (MLC), Idambito (AMP), N’singa Udjuu (UDEMO), Kanku Clément (Union pour la Nation).
Au poste de 1er vice-président: Me Matadi Nenga (RCD : non inscrit), Me Boris Mbokulaka (AMP : Arc), Me Tshibangu Kalala (PPRD) Jean-Marie Gapemonoko (Udemo).
Au poste de 2ème vice-président : Roger Lumbala wa Tshitenge (Opposition -ODR), Charles Bofasa Djema (Opposition : GR), Rémy Musungayi (MLC), Madame Georgine Madiko (Palu).
Au poste de rapporteur : Emery Okundji (Opposition - ODR mais indépendant), Jemsi Mulengwa (AMP), Francine Kinada (UDEMO).
Candidats Rapporteurs adjoints : Bahitsura Musowa Chadrac (RCD), Martin Mukonkole ( Opposition - ODR).
Au poste de Questeur : Bulambu (AMP), Bolenge Tenge (AMP-MSR), Médard Mulangala Lwa Kabuanga (Opposition - ODR), Modeste Bahati (AMP : GPI), Vunabandi Célestin (RCD).
Candidats questeurs adjoints : Evêque Ejiba Ya Mapia (RCD), Jean-Claude Vuemba (Opposition) ; Ne Mueyato Bopolo (AMP-PDC), Mua Mbuyi Kayiba (AMP-PDC), Elysée Dimandja (Opposition), Claudine Likulia (UDEMO).
LE DEUXIEME TOUR
Au regard de cette liste provisoire, un deuxième tour n’est pas exclu au niveau de certains postes. En effet, si l’AMP a aligné un candidat potentiel en la personne du Professeur Evariste Boshab à la présidence du bureau, l’Opposition se présente avec deux « gros poissons ». A savoir François Muamba et Kiakwama kia Kiziki, avec un indépendant, N’singa Udjuu, le doyen des députés. Comme out-siders, il y a bien sûr Kanku Clément et Idambito.
Au premier tour, la dynamique interne de la plénière de l’Assemblée nationale pourrait influencer les résultats en partant des affinités provinciales pour amener les candidats au deuxième tour. Ceci dans l’hypothèse où, tel que Le Potentiel le démontrait dans les calculs de probabilité, les consignes de l’AMP ne seraient pas respectées.
Si elles le sont, le candidat de cette dernière plate-forme, Professeur Evariste Boshab, a toutes les chances de passer au premier tour. Dans le cas contraire, il sera en ballottage favorable lors du second tour. Il aura besoin dans cette hypothèse que d’une majorité relative que l’AMP peut facilement la lui donner.
A ce stade également, il y a lieu de sonder la stratégie électorale de l’Opposition. Pourquoi a-t-elle aligné plusieurs candidats ?
Autre élément à prendre en compte, la stratégie utilisée par l’ AMP et ses deux partenaires, à savoir le PALU et l’UDEMO. Dans le premier cas, il nous revient que le candidat du PALU a été désigné par autorité en lieu et place de celui que l’on pointait favori ; le député Mukwakani Zénon.
Dans le second cas, il nous revient que l’ UDEMO n’a pas été consulté au moment de l’élaboration de la liste définitive. Serait-ce à cause de la résistance opposée par son représentant lors de la démission collective exigée des membres du Bureau de l’Assemblée nationale ? Possible. Toujours est-il que dans les milieux proches de l’UDEMO, l’on reste ouvert à toute négociation. Mais comme l’AMP n’avait pas tendu la main à son partenaire, dit-on dans ces milieux, et que le facteur temps ne jouait plus en faveur de l’UDEMO, cette formation a joué bon d’introduire la candidature de ses représentants en tant que parti politique.
L’on est là en face des réalités totalement différentes de celles d’il y a deux ans. Mais comme en politique tout est possible, les tractations se poursuivront jusqu’ en dernière minute. En attendant, candidats, à vos marques !
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Assemblée nationale : Evariste Boshab, NSinga Udjuu,François Mwamba, Gilbert Kiakwama, tous candidats
Le dépôt des candidatures pour le renouvellement du bureau de la chambre basse du Parlement congolais s’est clôturé lundi à 10h au palais du peuple. Au décompte final, 60 candidats ont été enregistrés par le bureau sortant qui a transmis les dossiers au groupe technique de travail chargé des opérations électorales, rapporte radiookapi.net
Donc, 60 candidats sont dans la course pour 7 postes à pourvoir. Parmi ces candidats, 6 sont pour la présidence du bureau, 7 pour la 1ere vice-présidence, 9 pour la 2e vice-présidence, 5 pour le poste de rapporteur, 9 pour celui de rapporteur adjoint, 10 pour la questure, et 13 pour la questure adjointe. Toutes les familles politiques ou presque sont dans la compétition. Parmi les têtes d’affiche, l’on peut citer Evariste Boshab de l’AMP, NSinga Udjuu de l’UDEMO, allié de l’AMP, Baudouin Idambito (AMP) pour la présidence. A ce même poste, l’opposition aligne François Mwamba (MLC), Gilbert Kiakwama (Chrétiens démocrates) et Clément Kanku (UN).
Un seul membre du bureau sortant s’est également porté candidat à sa propre succession. Il s’agit de Modeste Bahati Lukwebo candidat questeur. Il faut signaler aussi qu’à part les candidats présentés par des groupements politiques, il y a des candidatures des indépendants. Des députés qui sans le soutien de leurs structures respectives, ont exprimé leurs ambitions politiques. Ce qui explique le nombre élevé des dossiers enregistrés. Ce mardi, le groupe technique de travail affichera les listes définitives. La campagne électorale se tiendra mercredi et jeudi. Et d’ici là, les tractations politiques se poursuivent au palais du peuple dans els différents camps en présence avant les scrutins prévus vendredi 17 avril. Et le vote se tiendra à bulletin secret.
23:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 avril 2009
L’Assemblée nationale malade des ingérences du «raïs»
Après avoir contraint les membres du Bureau de la Représentation nationale à la démission au nom d’une prétendue «discipline» de sa mouvance politique, Joseph Kabila s’arroge désormais le pouvoir de co-gérer les finances de la Chambre basse au mépris du principe de séparation des Pouvoirs. On assiste à une inversion de rôle : l’Exécutif contrôle désormais le Législatif.
Dans une lettre n°447/2009 datée 8 avril 2009, le directeur du cabinet présidentiel, Adolphe Lumanu Mulenda Bwana Nsefu, se fondant sur une «instruction» reçue de la «Haute hiérarchie», demande au ministre des Finances «de surseoir au décaissement» d’un montant de 1.550.000 USD (Un million cinq cent cinquante mille dollars) destiné au fonctionnement de l’Assemblée nationale. "Et ce, poursuit-il, jusqu’à la mise en place du nouveau Bureau". En guise de motivation, Lumanu invoque la «situation financière confuse qui s’observe au sein de l’Assemblée nationale autour de l’affectation de l’équivalent de USD 700.000.» Un vent favorable a fait atterrir un fac-similé de cette correspondance sur la table de la rédaction de Congoindependant.com.
Tout a commencé par la découverte faite, mi-mars, par le président de l’Assemblée nationale que plusieurs importantes sommes d’argent ont été décaissées à la Banque Centrale du Congo pour le compte de la Chambre basse. Seulement, celle-ci n’a encaissé aucun «likuta». Trois montants sont épinglés. A savoir : 2.500.000 USD ; 700.000 USD et 1.550.000 USD. Fin mars, fatigués d’attendre le paiement de leurs primes, des membres du personnel administratif de cette Chambre ont organisé un sit-in devant le cabinet du ministre des Finances. Le chahut a été tel que celui-ci a fini par recevoir les délégués syndicaux qui accompagnaient les protestataires. Les manifestants voulaient savoir les raisons du non-paiement de leur dû. En vérité, le long bras de fer Kabila-Kamerhe y est pour beaucoup.
Réquisitoire du PGR
Le ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu, c’est de lui qu’il s’agit, de promettre à ses interlocuteurs d’«obtenir la restitution» du montant de 1.550.000 USD. C’est ici que l’affaire se corse. Selon Matenda, ce fonds a été «consigné» à son cabinet suite à une «demande» du procureur général de la République, Mushagalusha Ntayondeza Ndi. Le PGR a agi en exécution de son réquisitoire
n° R.I.1260/D.023/16712/PGR/SEC/09 du 25 mars 2009. Ainsi va la justice congolaise. Elle agit là où elle ne devrait pas. On peut gager que ce haut magistrat - qui n’a jamais fait mystère de son inféodation au «clan kabiliste» - a reçu des instructions de la même «Haute hiérarchie». Questions : pourquoi le directeur du cabinet présidentiel intervient-il dans le même dossier que le PGR? La lettre du directeur Lumanu aurait-elle été anti-datée? Pourquoi? Le montant en cause a-t-il utilisé à d’autres fins par la Présidence de la République? Force est de remarquer que près d’un mois après la rentrée parlementaire, les questions relatives à l’argent occupent le clair du temps des députés. Signe de la petitesse d’esprit qui règne au sommet de l’Etat.
Lundi 6 avril, une commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale, composée de quinze membres, a été chargée d’approcher le ministre des Finances. «La commission d’enquête a été mise en place conformément à la résolution de la plénière de l’Assemblée nationale, pour que nous puissions retracer les fonds payés par le trésor public en faveur de l’Assemblée nationale», déclarait le très actif député Emery Okundji. Et d’ajouter : «Nous avons 48 heures et nous ferons rapport à la plénière de l’Assemblée nationale».
Un «grand corps malade»
Depuis janvier dernier, l’Assemblée nationale n’a plus rien d’un haut lieu de la démocratie et de la sauvegarde des droits et libertés. Cette institution nationale ressemble désormais à un «grand corps malade». Malade de l’interventionnisme déstabilisant de Joseph Kabila et de sa clique maffieuse. Après la démission forcée des membres du Bureau, la «Haute hiérarchie», selon la formule consacrée, a dû se faire violence pour accepter l’idée de laisser l’équipe démissionnaire continuer à expédier les affaires courantes jusqu’à l’entrée en fonction du futur staff dirigeant. Ce qui implique l’organisation de l’élection des membres du futur Bureau. «Joseph» n’a-t-il jamais entendu parler de la «continuité de l’Etat» ?
On apprenait finalement que l’élection des membres du futur Bureau sera organisée par l’équipe sortante dirigée par Vital Kamerhe. La «Haute hiérarchie» n’entend nullement s’avouer vaincue. Elle fait proposer, via ses «petits soldats» tapis au sein de l’auguste assemblée, que «la charge des opérations électorales, notamment l’enregistrement des candidatures, la préparation des urnes et isoloirs ainsi que le scrutin », revienne «au groupe technique de travail». C’est le compromis trouvé mardi 8 avril par la plénière. Les députés ont débattu toute cette journée pour arriver à cette «solution». Si tout va bien, les membres du futur Bureau de l’Assemblée nationale seront élus le 17 avril. Leur installation est fixée au 20.
Une chose paraît sûre : Joseph Kabila et sa mouvance sont conscients de leur incapacité à survivre dans un système réellement démocratique. Ils sont déterminés à museler l’Assemblée nationale ; à placer des hommes liges dans le futur Bureau afin de paralyser la Représentation nationale tout au moins dans son rôle de contrôleur de l’action de l’exécutif. La mise sur pied en janvier dernier de 11 commissions parlementaires chargées d’auditer les entreprises d’Etat mais aussi des établissements publics tels que la Banque Centrale du Congo avait fait l’effet d’un coup de tonnerre au sein de la mouvance kabiliste. «La seule idée d’auditer la Banque Centrale du Congo équivaut à une déclaration de guerre pour Joseph Kabila, dit un expert. C’est là que le «raïs» se restaure».
Baudouin Amba Wetshi
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08 avril 2009
Pas plus de 7 Congolais non-corrompus autour du chef, Kabila au New York Times
Plusieurs d'entre nous ayant rompu avec la lecture et les analyses approfondies sur l'état de notre pays, il est plus ou moins sur qu'ils ne liront pas la dernière interview accordée par Joseph Kabila à New York Times. Certains compatriotes ne la liront pas tout simplement parce qu'ils sont convaincus que du « raïs » ne peut sortir rien de bon. Par conviction, nous nous croyons que l'autre, fut-il un ennemi, il ne faut ni le mépriser ni se fermer à ce qu'il dit. « Bubi mbwa matshi, mbwimpe, mbwa matshi », dit-on dans ma langue vernaculaire. Notre souhait est que les compatriotes n'étant pas encore arrivés à une haine viscérale de Joseph Kabila lisent cette interview et partagent leurs interprétations avec les filles et les fils de notre peuple. Nous nous le dirons jamais assez, pour cacher certaines choses à une certaine catégorie de Congolais(es), on les met dans les livres. Les compatriotes « mangeurs » ont tout intérêt à lire les textes de ce genre. Ils pourraient se rendre compte que celui qu'il considère comme leur autorité morale a du mépris pour eux. Tenez. Depuis qu'il est au pouvoir en 2001, Joseph Kabila travaille officiellement avec des centaines de Congolais et de Congolaises. Depuis 2006-2007, il y a un gouvernement comprenant plus ou moins cinquante personnes. Il y a son cabinet présidentielle, sa maison civile, ses collaborateurs militaires, les différents services de sécurité, un Parlement où trône une majorité dite présidentielle. Que Joseph avoue qu'il n'a pas, au jour d'aujourd'hui 15 personnes de convaincues, déterminées, résolues pour l'aider, cela devrait interpeller la manducratie josephiste .
La majorité de « mobutistes » corrompus autour du « raïs »
Voici la question de New York Times: « Avez-vous les bonnes personnes pour vous aider? »
La réponse de Kabila est précédée d'une longue pause. Il réfléchit et comptabilise... Après la pause, la réponse tombe: « Mobutu a dirigé ce pays pendant 32 ans. Il a créé une classe politique et a créé une mentalité et nous n'avons pas encore mis fin à cela. Les anciennes méthodes sont toujours là: corruption, mauvaise gestion, et de tout cela. Notre plus grande erreur, c'est que nous n'avons pas trouvé assez de temps pour transformer et former nos propres cadres. On n'a pas besoin d'un millier de personnes pour transformer un pays. Non, on n'a besoin que de 3,4,10, 15 personnes avec des convictions, déterminées et résolues. Ai-je ces 15 personnes? Probablement, 5,6,7, mais pas encore 15. » (La traduction est empruntée au journal kabiliste L'Avenir au quotidien de ce mardi 7 avril 2009 et nous soulignons.)
La réponse de Joseph Kabila appelle un temps de réflexion. Si après au lendemain de l'indépendance nominale de notre pays nous ne comptions qu'une dizaine de diplômés, après la Révolution du 17 mai 1997, nous ne comptons pas dans les ranges du pouvoir plus de 15 personnes « avec des convictions, déterminées et résolues » capables d'aider Joseph Kabila à remettre le Congo sur les rails! Et pourtant « le raïs » est entouré par les juristes, les économistes et les autres constitutionnalistes congolais! Aussi, Joseph n'a pas réussi, après plus de cinq ans à la tête du pays, à former « ses propres cadres »! Supposons qu'il en ait déjà formé 7, pour qu'il atteigne le chiffre 15, il devra encore rester plus de cinq ans au pouvoir! Donc, il lui faudra un deuxième mandat.
Mais si « le raïs » s'est maintenu au pouvoir jusqu'à ce jour aux côtés de mobutistes corrompus, mauvais gestionnaires, sans conviction et détermination, ce qu'il a su partager les mêmes anti-valeurs que ceux qu'ils décrient. Et en tant que « chef », il n'a jamais eu suffisamment de courage pour envoyer ces corrompus en prison bien qu'il ait clamé tout haut à son discours d'investiture que la récréaction était terminée et que les portes de la prison allait être grandement ouvertes.
Comment Joseph Kabila peut-il justifier la disqualification de plusieurs de ses collaborateurs dans un journal américain? Et puis, de quelle expertise « le raïs » se réclame-t-il quand il dénonce son erreur en avouant qu'il n'a pas eu le temps de former ses propres cadres?
Pour ceux et celles d'entre nous qui savent que « les crimes organisés en Afrique centrale » ont bénéficié des services anglo-saxons, il est possible que Joseph soit en train d'envoyer un signal fort à ses « parrains » pour expliquer sa méthode de travail. Les Congolaises et les Congolais de son entourage étant majoritairement corrompus et mauvais gestionnaires, il peut travailler officiellement avec eux et officieusement avec les Ougandais et les Rwandais. (Un compatriote de l'est de notre pays ayant requis l'anonymat nous a confié que Joseph Kabila a travaillé avec sa petite amie Ougando-Sierra Leonaise, Finda. Elle a géré le Fonds Social Congolais. Présentement, il travaille avec M. Mahuku, un sujet Rwandais. Il l'a chargé de la gestion de la question des Interhamwe à l'est du pays.)
A la lecture de la réponse de Joseph Kabila à New York Times, on se croirait en présence d'un Karel De Gucht, Ministre des affaires étrangères Belge, affirmant qu'il n'a pas trouvé au Congo, autour de Kabila, des hommes politiques dignes de ce nom. Quand on connaît toutes les misères que les propos de De Gucht ont suscité et qu'on entend le même discours de la bouche du « raïs », on se dit: « ça sent mauvais ». Face à l'échec patent d'une politique fondée sur l'exclusion, la violence, la corruption et le mensonge, Joseph trouve vite des boucs émissaires: Mobutu, les mobutistes et la mentalité mobutiste. Cette interview aurait été convaincante si Joseph pouvait citer trois ou quatre mesures phares prises pendant ses 7 ans de règne pour un bonheur congolais partagé. Il n'y a en pas eues.
Si pour transformer un pays, il ne faut pas être un millier de personnes, Joseph aurait pu faire quelque chose avec « ses 5, 6 ou 7 ». Et pourtant, il n'y a rien, à l'exception de la mort qu'il a semée au Congo, dans ses coins et recoins.
Cette politique qui consiste à croire et à faire croire que les mauvais sont toujours les autres Congolais(es) est caractéristique du règne kabiliste. Il s'associe ses « ses rhinocéros » pour « écraser » les meilleurs d'entre nous: ceux-ci s'exilent ou tombent sous ses balles. Il s'entoure des laudateurs-mangeurs et finit par les accuser de corrompus et de mauvais gestionnaires. Il y a, à travers les propos de Joseph Kabila, une très haute idée de lui-même et un mépris pour ceux qui, à ras-le-sol, l'ont appelé « papa », « mon président », pour ramasser les miettes tombant de sa table.
Cette politique participe de l'idéologie ou des pseudo-justifications tutsies disqualifiant, en bloc, tous les Congolais, pour faire main basse sur les ressources du sol et du sous-sol de notre pays.
Nous avons tous été classifiés dans les BMW. Donc, Josepk Kabila ne dit rien de neuf.
N'empêche qu'avec le temps, il ait fait l'expérience de la frivolité de certains d'entre les animateurs des institutions actuelles du pays, capables de vendre père,mère, femmes et enfants pour rouler dans les 4X4 et manger chez SHE TEMBA KAYEMBE avec les filles de la rue.
En effet, il aussi plus facile, pour nous Congolais, de croire plus à un complot extérieur contre notre pays que de faire l'inventaire des comportements primaires de certains d'entre nous face au boire et au manger, face à l'argent et à la femme. Si un homme fort garde bien sa maison, nous disent les Ecritures, personne ne peut la dévaliser. Ce que nous subissons est aussi les fruit des turpitudes de certains d'entre nous, de leur nombrilisme et de leur foi aveugle en des diplômes vides de savoir, de savoir-être, de faire, de savoir-faire et de sagesse.
L'Union européenne, la Banque mondiale et le FMI au banc des accusés
Néanmoins, la bouc-émissairisation josephiste va au-delà des frontières congolaises. Joseph a conçu cinq chantiers sans un sous. Il appartenait à l'Union Européenne, au FMI, à la Banque mondiale et aux U.S.A. de les financer. « Nous avons dit que nous avions cinq chantiers: les infrastructures, la santé, l'éducation, l'eau, l'électricité et le logement. Maintenant, comment pouvons-nous faire face à ces priorités? Nous avons besoin d'argent, beaucoup d'argent, affirme Joseph Kabila. Pas de 100 millions de dollars US de la Banque mondiale ou les 300 millions du FMI. Non, nous avons besoin de beaucoup d'argent, et surtout que nous sommes toujours en service d'une dette de près de 13 milliards de dollars. Et qu'il est de 50 ou 60 millions de dollars US par mois, ce qui est énorme. Vous me donner 50 millions de dollars chaque mois pour le secteur social et nous allons de l'avant.(...)Mais nous avons dit: oui, nous avons des priorités, et
nous avons parlé à tout le monde. Américains, avez-vous de l'argent? Non, pas pour le moment. L'union européenne, vous avez trois ou quatre milliards pour ces priorités? Non, nous avons nos priorités. Ensuite, nous avons dit: pourquoi ne pas parler à d'autres personnes, les Chinois? Alors nous leur avons dit, avez-vous l'argent? Et ils ont dit, oui, nous pouvons discuter. Donc, nous avons discuté. »
Comment Joseph Kabila qui regrette de n'avoir pas eu le temps de former ses propres cadres peut vouloir faire des priorités du Congo les priorités des autres? A quoi allait-il former ces cadres? A une politique économique extravertie? Au paiement d'une dette odieuse? A la mendicité?
Par innocence ou par bêtise, Joseph Kabila affirme qu' « il ne comprend pas pourquoi ils (ceux qui ont refusé de lui donner de l'argent pour ses chantiers) nous ont dit de ne pas signer ces accords. Probablement, explique-t-il, parce qu'il y a beaucoup d'ignorance, l'ignorance de la façon dont notre situation est difficile. Bien sûr, lorsque vous êtes assis à Washington ou vous êtes assis à New York, vous croyez que tout le monde est comme à Washington ou à New York. Mais les gens souffrent. Qu'est-ce qui m'a révolté moi? C'est le fait qu'il y ait une résistance à cet accord sans faire une contre-proposition. » Et pourtant, la contre-proposition est faite: le Congo renonce aux accords avec la Chine, le FMI l'embrigade dans le programme d'ajustement structurel, la Banque mondiale s'arrange avec la Chine pour qu'elles travaillent ensemble sur le dos des Congolais(es)...
Par innocence ou par bêtise, Joseph Kabila avoue que pour certaines questions engageant le devenir commun des Congolais(es) les décisions se prennent à Washington, à New York,etc. Quand on sait qu'il fait (aussi) allusion aux Institutions Financières Internationales dont le FMI soutenu dernièrement par le G 20, on se dit que les Congolais(es) n' hallucinent pas quand ils parlent de leurs misères et de leurs souffrances, de leurs morts comme participant des « crimes organisés » ailleurs.
Mais que la révolte de Joseph Kabila n'aboutisse pas à la résistance citoyenne contre la résistance de ceux qui décident à Washington et à New York , cela trahit les limites de la politique Kabila et de la majorité au pouvoir. Pour dire les choses autrement, à travers la révolte du « raïs », il y a un aveu d'impuissance face à ceux qui l'ont fabriqué pour servir leurs intérêts.
Comme pour Mobutu, Laurent Désiré Kabila, Vital Kamerhe, cette sortie médiatique risque de signer la fin politique de Joseph Kabila. Tel est le fonctionnement du marionnettisme: dès que la marionnette coupe le cordon ombilical, dit sa part de vérité, il signe sa mort politique. La mort physique peut s'en suivre. Le cynisme des « maîtres du monde » souffre de la lumière du jour jetée sur ce qu'ils appellent « leurs intérêts ».La chute du mur de Berlin et Mobutu, dignité pour l'Afrique. Entretiens (de Mobutu) avec Jean-Louis Remilleux ont signé la mort politique du dernier Maréchal de l'Afrique. Le retournement d'alliance entre Laurent Kabila et ses « parrains » a sonné le glas du règne du « soldat du peuple ». L'étonnement de Kamerhe face au secret dont a été couverte l'entrée des miliaires Rwandais au Congo lui a coûté sa chaise présidentielle au Parlement. Il est possible que Joseph joue à la diversion... L'avenir
nous le dira.
J.-P. Mbelu
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06 avril 2009
Un « trou » de 7 millions USD à l'Assemblée Nationale
Révélée par Le Phare dans son édition de mardi, l’affaire de l’évasion de plusieurs millions de dollars américains destinés au fonctionnement de l’Assemblée Nationale et à la paie des émoluments de ses membres continue de défrayer la chronique. Alors que députés et fonctionnaires de cette institution de la République n’arrêtent pas de fulminer de colère à l’endroit du réseau maffieux planificateur du détournement, une autre révélation vient ajouter à leur courroux.
Il s’agit de la découverte de certaines pièces de nature à conduire vers le pot aux roses. On fait état en effet de l’existence d’un Ordre de Paiement Informatisé, émis le 18 mars 2009, et portant le numéro 153543, pour servir au débit du compte du Trésor au profit de l’Assemblée Nationale. L’ordonnateur, jusque-là non connu, a utilisé le comptable principal Code 0536, le nommé Lufulu, pour son dépôt.
Avec l’identification formelle de cet OPI, l’opération maffieuse qui paraissait n’avoir pas laissé de traces, offre désormais une piste de nature à permettre de remonter la filière. On espère que toutes les questions que se posent les députés nationaux en particulier ainsi que l’opinion publique en général vont trouver des réponses dans les jours à venir. A en croire les dernières nouvelles en circulation au Palais du Peuple, le « trou» provoqué par les pilleurs des fonds destinés à l’Assemblée Nationale dépasserait les 7 millions de dollars américains.
Des membres de la Représentation Nationale joints par Le Phare ont juré d’inscrire le dossier à l’ordre du jour de la session en cours. En plus de la mission d’audit déjà sollicitée par leur président, Vital Kamerhe, auprès de la Cour des Comptes, ils se proposer d’exiger la mise sur pied, toutes affaires cessantes, d’une commission d’enquête propre à l’Assemblée Nationale.
L’objectif non avoué est que toute la lumière soit fait au sujet des personnes qui se sont amusées à saigner les caisses de l’Etat, sous couvert de l’Assemblée Nationale. Au niveau du Bureau de cette institution, l’ordonnateur principal des dépenses, Vital Kamerhe, ainsi que le Questeur, Bahati Lukuebo, ignorent tout de l’émission de l’Ordre de Paiement Informatisé ayant abouti au pillage de ses ressources financières, pendant que les députés et le personnel d’appoint tirent le diable par la queue. Affaire à suivre
20:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03 avril 2009
Le Potentiel / Renouvellement du bureau : l’AMP en marge de la Constitution
C’est la jungle. L’heure est grave. Le spectacle auquel on assiste depuis plus de deux mois au sein de la chambre basse du Parlement ressemble à un « théâtre de chez nous ». La haine et les passions ont remplacé la raison.
Hier jeudi 2 avril 2009, les élus du peuple se sont retrouvés en plénière en la salle des Congrès du Palais du peuple. L’ordre du jour comportait trois points, à savoir : l’adoption de l’ordre du jour, la démission des autres membres du bureau et le renouvellement du bureau.
Après l’adoption de l’ordre du jour, le bureau a convié les députés à accepter la démission des autres membres du bureau comme c’est fut le cas lors de la démission de Vital Kamerhe c’est-à-dire, une démission « sans débat ni motion ».
Cette proposition a rencontré une résistance de la plénière. « Nous assistons à une situation irrégulière qui ne s’est jamais produite dans aucun pays du monde. C’est le départ du président de l’Assemblée nationale qu’on voulait obtenir. L’on ne peut pas comprendre par quelle magie d’autres membres du bureau devaient subir le même sort », a déclaré Vital Kamerhe.
STATUER SANS PASSION
A cette étape, le député Clément Kanku wa Tshibuabua est monté au créneau pour faire savoir à ses compères que le terme « mandat impératif » doit être entendu comme un acte établissant un support de droit entre le mandataire et les mandants.
Pourquoi cet article suscite tant de remous au sein de notre classe politique ? C’est tout simplement parce qu’il consacre le caractère indépendant de notre mandat. « Nous devons décider en âme et conscience et non sur injonction de telle ou telle autre personne », a fustigé Clément Kanku.
Avant d’indiquer qu’il serait judicieux de comprendre le sens des actes que certains d’entre les députés posent, leur répercussion sur le fonctionnement de la chambre basse du Parlement et on doit statuer sans passion sur la relation de cause à effet entre ses actes posés et le caractère impératif du mandat de ceux qui les ont passés.
D’autres députés, intervenant sur la démission des membres du bureau, ont estimé que comme cela ne dépendait pas de démissionnaires, il aurait fallu qu’on vote au cas par cas. Cette proposition a, une fois de plus, suscité des remous dans la salle.
A cette occasion, Roger Lumbala, président de l’ODR prendra la parole en vue de démontrer aux députés de l’AMP que leur famille politique ne les aimait pas. Cela, pour les avoir « sacrifié », a-t-il dénoncé.
A cet effet, Vital Kamerhe, président sortant de l’Assemblée nationale en a profité pour rappeler à l’ordre sa corporation politique. Il a estimé qu’il n’y avait pas de raison de faire partir tous les membres du bureau qui n’ont rien fait à cause d’un individu.
UNE COMMISSION SPECIALE
Passant au point relatif au renouvellement du bureau, le député Tunda Ya Kasende du Pprd est intervenu en qualité de porte-parole de son parti. Dans son intervention, il exige la mise sur pied d’une commission spéciale devant organiser les élections de nouveaux membres du bureau. Pour lui, le président sortant ne devait pas être à la fois juge et partie. Il a été soutenu dans sa démarche par les députés Munayi, Me Mbuyu, Nkulu Mwenze, Tshibangu Kalala.
Cette motion a suscité de fortes tensions dans la salle des Congrès du Palais du peuple, d’autant que les députés AMP ne partageaient pas cette proposition.
Avant de donner la parole à quelques intervenants, Vital Kamerhe a demandé à ceux qui lui en veulent de lui dire quel mal il y avait de le voir organiser les élections de nouveaux membres du bureau. Il s’est, en outre, posé la question de savoir ce qu’il a fait pour mériter ce sort. Il a voulu être rassuré si le Pprd l’avait déjà chassé du parti surtout qu’il n’est pas candidat à sa propre succession.
« Comme j’ai eu à le dire à la plénière du 16 mars 2009, je ne pouvais pas laisser le pouvoir dans la rue comme ma famille politique me l’avait demandé. J’ai tenu à la légalité et j’ai démissionné devant la plénière. Je reste encore légaliste jusqu’à la remise et reprise avec le nouveau bureau. Bref, le bureau démissionnaire va organiser le renouvellement du bureau conformément aux lois de la République », a-t-il précisé.
L’OPPOSITION MENACE DE BOYCOTTER LE VOTE
Devant cette interprétation erronée de la loi, Delly Sessanga Ipungu, président de la Commission PAJ, a tenu à fixer les députés que la Constitution et le Règlement intérieur ne donnent pas une possibilité à un quelconque bureau provisoire de siéger en lieu et place du bureau démissionnaire, soit-il. « Agir autrement, conduira à la dissolution de l’Assemblée nationale », a-t-il prévenu.
De son côté, François Mwamba, secrétaire général du MLC, a déclaré : « Si la plénière mettait sur pied une commission spéciale, le vote se fera sans l’opposition ». Jean-Lucien Busa a, quant à lui, interpellé les députés sur leur responsabilité à s’assumer comme élus du peuple.
C’est à ce niveau que Justin Bitakwira de l’AMP a voulu savoir s’il se trouvait devant les diplômés ou alors des intellectuels.
La sagesse se trouvant dans la bouche des vieux, le député N’singa a rappelé ses collègues à l’ordre. « Qu’est-ce que vous craignez ? Quel danger y’a-t-il quant à laisser ce bureau organiser les élections. Suivons ce qui se passe dans les Etats supposés respectueux des textes. Comment comprendre que les membres du bureau démissionnaire que nous avons vénérés hier soient considérés comme des voyous aujourd’hui. Ayons le sens de l’Etat », a-t-il martelé.
C’est suite à son intervention poignante que Boris Boku Laka demandera au bureau sortant de suspendre la plénière pour des conciliabules entre groupes parlementaires. Ainsi, il a été demandé aux groupes parlementaires de se réunir autour du bureau sortant endéans quarante huit heures pour harmonisation des vues sur cette question combien importante.
KINKIEY MULUMBA ACCUSE DE DETOURNEMENT
Signalons en passant que le député Hamuli est intervenu par motion pour dénoncer le détournement des fonds du Groupe Parlementaire des Indépendants (GPI) par le député Kinkiey Mulumba. L’intervenant a sollicité le concours de la plénière en vue de l’aider à récupérer cette somme importante dont les détails seront communiqués au bureau.
Suite au détournement de 1.500.000 Usd de l’Assemblée nationale, la plénière a mis sur pied une commission devant enquêter dans quarante huit heures sur la destination de cet argent. La même commission ad hoc devra auditer sur la corruption des députés. Cela, suite au silence coupable dont a souffert les députés membres de l’AMP dans la salle des Congrès du Palais du peuple chaque fois que la question relative au détournement des fonds destinés à la chambre basse du Parlement était posée.
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30 mars 2009
L aprospérité : Bemba-Moreno: match serré!
*Luis Moreno Ocampo a requalifié ce lundi 30 mars, à la Haye, les charges portées contre Jean-Pierre Bemba Gombo. L’état amendé présenté aux juges, révèle que le Procureur de la CPI maintient, contre vents et marées, la responsabilité pénale individuelle de Bemba en tant que Supérieur hiérarchique ou Chef militaire des crimes commis par ses troupes envoyées, en son temps, en mission d’intervention rapide en RCA. Si les représentants des victimes ont jusqu’au 9 avril, pour réagir, les avocats de la défense de Bemba ont, quant à eux, un délai large, pour s’y préparer. C’est le vendredi 24 avril qu’ils seront devant les juges de la Chambre Préliminaire III, à la CPI. La réplique, espère-t-on, au Mlc, sera musclée. C’est un dossier pas comme les autres, à la Cour Pénale Internationale, à la Haye, aux Pays-Bas.
L’affaire Bemba rebondit sur scène. Cette fois-ci, Luis Moreno revient à la charge, pour requalifier les faits, à la demande des juges de la Chambre Préliminaire III. Ce lundi 30 mars, en effet, le Procureur de la CPI a maintenu la responsabilité pénale individuelle de M. Bemba, quelle que soit sa casquette de supérieur hiérarchique ou chef militaire, pour des crimes que ses hommes dépêchés, en son temps, en mission d’intervention rapide en République Centrafricaine, avaient commis. L’état amendé présenté hier aux juges, sur des charges retenues contre Bemba, démontre, si besoin en était, que Luis Moreno Ocampo est déterminé à faire valoir ses vues et thèses jusqu’au bout.
Il est resté le même. Son état amendé est presque une copie conforme ou, à la limite, une caricature de dix mille pages des preuves qu’il avait initialement déposées sur la table des juges. En des termes précis, il maintient la responsabilité pénale individuelle et présente, par contre, les éléments liés à la responsabilité de Chef militaire ou, même, de supérieur hiérarchique, comme une responsabilité subsidiaire à cette responsabilité pénale individuelle déjà portée à la connaissance des juges. Voilà tout. Le 9 avril, au plus tard, les représentants des victimes ont droit d’introduire, s’ils le veulent, des observations. Le collectif des avocats de la défense de Bemba dispose d’un délai large.
C’est le vendredi 24 avril que sa réplique est attendue. Une réplique voulue musclée, au Mlc, à Kinshasa. Le match, croit-on, s’annonce serré. Brèche ouverte La Chambre préliminaire III de la Cour pénale internationale (CPI) avait décidé, le 5 mars dernier, d’ajourner l’audience de confirmation des charges dans l'affaire Le Procureur c/ Jean-Pierre Bemba Gombo et de demander au Procureur d’envisager de soumettre à la Chambre un document amendé contenant les charges. L’article 61 (7) (c) du Statut de Rome prévoit cette possibilité, rappelait-elle, dans un communiqué daté du 5 mars dernier. En effet, dans sa décision du 4 mars 2009, la Chambre indiquait que les éléments de preuve présentés par le Procureur semblaient établir qu’un crime différent, relevant de la compétence de la Cour, a été commis.
Les juges estimaient ainsi que, sans préjuger de la responsabilité pénale individuelle alléguée de M. Bemba (article 25 du Statut), la qualification juridique des faits qui lui sont reprochés pourrait indiquer un autre type de responsabilité pénale, à savoir celle en tant que chef militaire et supérieur hiérarchique (article 28 du Statut). Voilà pourquoi, ils demandaient alors au Procureur de leur présenter, au plus tard le 30 mars 2009, un état amendé des charges traitant de cette question. Par la même occasion, la Chambre invitait la Défense à répondre à ce nouveau document par écrit au plus tard le 24 avril 2009, et les représentants des victimes à lui faire parvenir leurs observations au plus tard le 9 avril 2009.
Les juges indiquaient, enfin, qu’ils rendront publique leur décision sur la confirmation éventuelle des charges à l’encontre de M. Bemba dans un délai de 60 jours à compter de la réception de la dernière soumission écrite. Chronologie des faits L'audience de confirmation des charges dans l'affaire Le Procureur c/ Jean-Pierre Bemba s’est tenue du 12 au 15 janvier 2009 devant la Chambre préliminaire III, à La Haye. Jean-Pierre Bemba Gombo, ressortissant de la République démocratique du Congo (RDC), président et commandant en chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), a été arrêté le 24 mai 2008 par les autorités du Royaume de Belgique, suite à un mandat d'arrêt délivré sous scellés par la Cour pénale internationale le 23 mai 2008.
Il a été remis à la Cour le 3 juillet 2008. Selon l'Accusation, Jean-Pierre Bemba Gombo serait pénalement responsable, conjointement avec une autre personne ou par l'intermédiaire d'autres personnes, de cinq chefs de crimes de guerre (viols, tortures, atteintes à la dignité de la personne, notamment des traitements humiliants et dégradants, pillages et meurtres) et de trois chefs de crimes contre l'humanité (viols, tortures et meurtres) commis sur le territoire de la République centrafricaine pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003. Béchir se promène Le soudanais Béchir était hier à Doha où il a siégé aux côtés de Ban Ki-Moon, au sommet de la Ligue Arabe.
Recherché par la CPI pour des crimes commis au Darfour, Béchir joue à la diversion. Il se promène, à travers le monde. Le voyage d’hier est le 4ème du genre depuis son inculpation. Il a été en Erythrée, Egypte et en Libye. Au Soudan, son propre pays, il sillonne et danse en tenue de chef coutumier, sans la moindre inquiétude. Il est soutenu, dans cette vaste aventure contre la CPI, par des milliers de sympathisants. Les soudanais, eux-mêmes, sont les premiers à jurer de mourir avec lui, si la CPI venait à oser toucher à la prunelle de ses yeux.
Marcel Ngoyi
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Le potentiel / Wa Mutshimbayi : « Le Congo est sous tutelle rwandaise »
Le communiqué conjoint signé entre la RDC et le Rwanda, par l’entremise de leurs ministres des Affaires étrangères, suscite des commentaires en sens divers. Surtout en ce qui concerne l’autorisation accordée aux troupes rwandaises de traquer les FDLR partout sur le sol congolais. « Le Congo est sous tutelle rwandaise », a affirmé Wa Mutshimbayi, un analyste politique congolais. Entretien avec la rédaction du journal Le Potentiel.
Les gouvernements congolais et rwandais ont dit toute leur satisfaction à l’issue de l’opération « Umoja wetu ». Ne faut-il pas la reconduire pour sécuriser durablement l’Est de la RDC ?
Pourquoi reconduire quand on sait très bien que ce que cette opération a été un échec malgré tout ce que l’on a fait croire à l’opinion. D’ailleurs, Kagame a reconnu, dans une récente interview, que beaucoup d’éléments des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) ne sont pas rentrés au Rwanda. La plupart d’entre eux se sont repliés à l’intérieur du Congo.
Ce qui est grave, c’est de donner à Kagame l’occasion d’envoyer ses troupes sur l’ensemble du territoire national pour traquer les FDLR. Dans tous les cas, on peut se permettre d’affirmer aujourd’hui que le Congo passe sous la tutelle du Rwanda.
On sait qu’à la lecture du communiqué conjoint de la rencontre Rose Mary Musegali-Alexis Thambwe Mwamba, la partie rwandaise a été pleinement informée du processus d’intégration du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), des Patriotes résistants congolais (Maï-Maï) et autres groupes armés au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Comment pouvez-vous expliquer, concernant les rapports entre Etats, cet intérêt manifeste du Rwanda vis-à-vis d’un problème purement interne au Congo ?
Je viens de vous affirmer que le Congo est sous tutelle rwandaise. Tout le décor est planté. Nous sommes en train d’en vivre les épisodes. Quand vous lisez le communiqué conjoint, vous constaterez que, quelque part, il est dit que les troupes rwando-congolaises vont pourchasser les FDLR partout. Cela signifie quoi ? Cela signifie que l’armée rwandaise et les troupes du CNDP peuvent aller partout où bon leur semble. Quand vous avez une armée étrangère sur votre territoire, cela veut dire que vous perdez votre autonomie, votre souveraineté. D’un.
De deux, dans le même communiqué, il est également dit qu’on compte revoir les frontières entre les deux pays, le Rwanda et la RDC. L’histoire nous renseigne que c’est depuis Kabila père que le Rwanda chercher à retoucher cette frontière. La question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir si le gouvernement en place a la légitimité de négocier les frontières du pays.
Il est évident que si le CNDP est incorporé dans l’armée – je vous rappelle qu’il y a eu les opérations « Brassage » et « Mixage » en faveur desquelles les troupes du Rassemblement congolais pour la démocratie, RCD, avaient été intégrées dans les FARDC – on donnerait à Kagame cette possibilité de contrôler toute notre armée. Il ne faut pas perdre de vue que le RCD est toujours dans l’Est de la RDC. La même chose est en train d’être rééditée avec le CNDP qui va être intégré dans l’armée nationale. Les troupes du RCD, vous en convenez avec moi, demeurent toujours dans l’Est. Ce qui fait que Kagame a toujours la mainmise sur tout ce qui se passe au sein des FARDC, avec évidemment la complicité du pouvoir à Kinshasa.
Mais que peut-on en retenir alors ?
Beaucoup de gens savent où l’on va en arriver. Mais, personne n’a le courage de dénoncer cela clairement. Tout le monde sait très bien que Kagame va mettre la main sur le Congo. Le scénario se présente à peu près de la manière suivante : première chose à faire, on va créer des provinces qui seront composées des Hutu et Tutsi. Ces derniers vont garder l’armée tandis que ceux-là, c’est-à-dire les Hutu, vont s’occuper la politique tout en travaillant pour le Rwanda. Il se fait toutefois qu’à Kinshasa, personne n’a le courage de le dire.
Un détail à relever : ce n’est ni Kagame ni Kabila qui sont à la base de cette situation. Les maîtres d’œuvre sont connus. Ce sont, en effet, les Occidentaux qui ont exercé des pressions pour que les troupes rwandaises entrent au Congo parce que, au départ, la CIA s’y était opposée. Il n’y a que Louis Michel et Mme Jendaye Frazer qui ont autorisé l’entrée des troupes rwandaises en RDC. Dans tous les cas, ils ne sont pas sûrs qu’Obama joue leur jeu. C’est cela le fond du problème. Mais comme le pouvoir de Kinshasa est très faible, ils pensent mettre le Congo sous la tutelle du Rwanda.
De toute façon, j’ai une crainte que, demain, il y ait retour de la manivelle. Cela est d’autant plus vrai que le peuple congolais a vécu, des années durant, dans l’humiliation. Il est frustré. Dans tous les cas, il ne va pas accepter pendant longtemps cette domination rwandaise, avec comme soubassement les multinationales occidentales.
Une chose est certaine : cela ne va pas durer longtemps. Ceux qui sont dans ce coup doivent comprendre que la « blague » n’ira pas loin. Il faut laisser l’Afrique s’organiser et se développer…
Lors de son récent séjour à Kinshasa, le président français Nicolas Sarkozy a salué l’opération militaire conjointe RDC-Rwanda. Vous devriez vous en réjouir vous aussi…
C’est la politique. On ne peut pas vous dire toute la vérité. Mais je pense que Sarkozy a donné une leçon de patriotisme aux Congolais puisque les Congolais comprennent où sont leurs intérêts et comment les sauvegarder. Peut-être a-t-il fait comprendre aux Congolais qu’il peut les aider. Mais il revient à nous de prendre des décisions. Cela est d’autant plus vrai que notre destin est entre nos mains. La question est celle de savoir si nous sommes capables de gérer ce grand pays. Est-ce que l’élite au pouvoir est capable de gérer l’Etat aujourd’hui ? C’est cela la plus grande question.
Evidemment, poser cette question c’est y répondre : l’élite n’est pas à la hauteur des enjeux et il faut craindre que les choses explosent entre nos mains. Conséquence, on ne saura pas contrôler la situation.
Peut-on déjà parler de la confirmation du leadership rwandais sur les plans politique et militaire dans la sous-région ?
Je parlerai plutôt de l’illusion de leadership. La raison est bien simple : le Rwanda n’a ni moyens intellectuels ni militaires pour jouer ce rôle. Il n’est pas non plus bien loti en termes de ressources humaines pour prétendre jouer un tel rôle. Toutefois, il faut craindre une instabilité permanente en Afrique centrale. Aucun Congolais n’acceptera qu’on coupe un morceau de terre de son pays. Tôt ou tard, le Rwanda retirera ses troupes.
Il faut craindre, comme je l’ai dit, le retour de la manivelle parce que ce n’est pas la première fois qu’on tente de balkaniser notre pays. Souvenez-vous de l’affaire Tshombe avec la sécession katangaise. C’est pour cela que Lumumba est mort. Comme Kabila père est mort à cause du Rwanda, il faut reconnaître aussi qu’on va récupérer notre pays parce qu’avec le sang qui a coulé, on n’aimerait pas que le Congo soit balkanisé. Le Congo a vocation à être la locomotive du développement de l’Afrique centrale.
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25 mars 2009
Vital Kamerhe démissionne de son poste de président de l'Assemblée nationale
Le président de l'Assemblée nationale a présenté sa démission au cours d’une courte plénière ce mercredi au Palais du peuple. Sans débat ni vote, sa démission a été acceptée par l’assemblée plénière. Dans un bref discours, Kamerhe a fait savoir que son parti politique, le PPRD lui avait écrit pour lui demander de démissionner sans délai suite à ses propos tenus sur les ondes de Radio OKapi. Il n’a pas voulu le faire, dit-il, en dehors de la plénière qui l’avait élu.
Vital Kamerhe
C’est dans une ambiance bon enfant que 404 députés présents dans la salle des Congrès ont favorablement accueilli la démission de Vital Kamerhe. Mais celui-ci demeure encore président du bureau démissionnaire qui expédie les affaires courantes jusqu’à l’installation du nouveau bureau. Ce dernier fera l’objet d’une commission ad hoc qui sera chargée d’organiser la prochaine élection du bureau.
Extrait du discours de Vital Kamerhe à l’Assemblée nationale
«Honorables députés et chers collègues, lors de mon intervention sur Radio Okapi le 21 janvier 2009 en rapport avec le début des opérations militaires conjointes entre nos forces armées et celles de la République du Rwanda dans la province du Nord-Kivu, j’avais déclaré que je n’avais pas été informé. Et que si cela était vrai, ce serait grave parce que j’avais estimé que compte tenu des dégâts collatéraux importants occasionnés en Province Orientale par une opération similaire avec l’armée ougandaise et celle du Sud du Soudan pour neutraliser les rebelles de la LRA, le gouvernement devait prendre des précautions pour éviter que la même situation ne se produise au Nord-Kivu. Cette déclaration a été mal appréciée par ma famille politique qui estimait que j’avais commis un crime de lèse-majesté, car je venais là, semble-t-il, de contredire le chef de l’Etat, chef de ma famille politique. J’ai été astreint donc à la démission, avec en prime, une forte campagne de diabolisation et des injures gratuites sur ma personne à travers toute la presse écrite et audiovisuelle, tant privée que publique. Et ce, sans ménagement ni le moindre égard à mes fonctions à l’Assemblée nationale. C’est le lieu de déplorer ici la culture de l’injure facile et publique, de la délation et de l’immoralité dans la sphère politique congolaise. Car, nous, hommes politiques, avons l’obligation de servir de modèle aux jeunes générations et à la société congolaise tout entière.
Mon parti politique, par notre secrétaire général Evariste Boshab, m’a écrit pour m’inviter à démissionner sans délai. Cependant, toutes ces demandes insistantes de ma famille politique m’étaient présentées pendant les vacances parlementaires, donc, en l’absence de vous tous qui m’avez élu. C’est pourquoi je n’avais pas voulu démissionner pendant les vacances parlementaires.
Ainsi que je l’avais dit dans mon discours d’ouverture de la présente session, j’avais entendu ce que mon parti politique, le PPRD et la hiérarchie de ma famille politique m’avaient demandé. Mais en même temps, j’étais aussi à l’écoute de notre peuple, qui, à travers les églises, les organisations de défende des droits de l’homme, la diaspora congolaise, la jeunesse congolaise, et toutes les forces vives, exprimer dans une belle harmonie, la soif et le désir ardent de voir els hommes politiques que nous sommes, préserver les acquis démocratiques et se conformer à la légalité constitutionnelle pour briser définitivement la spirale de l’éternel recommencement caractéristique de la marche de nos institutions depuis 1960, à cause des querelles politiciennes. Le grand combat que chacun de nous doit mener, comme le disait Ghandi, je le répète, c’est contre soi-même, pour repousser cette nature qui nous habite et nous pousse à détruire ce que nous avons construit, même au prix des sacrifices suprêmes. C’est pourquoi je n’avais pas démissionné pendant les vacances parlementaires comme mes collègues membres du bureau qui avaient reçu la même instruction pour je ne sais quelle faute qu’ils auraient commise collectivement. J’ai la pleine conscience qu’ils ont payé le prix de ce qui m’a été reproché, alors qu’en réalité, les pauvres collègues ici présents n’ont rien fait. Nous sommes dans un pays de justice, cependant, je n’ai pas le sentiment d’être responsable de ce qui leur est arrivé. Car la faute, si faute il y a, doit être individuelle et directe. Je voudrais tout simplement leur dire que ce sont là, chers collègues, les aléas de la politique dans notre pays dont je suis moi-même victime. Sans chercher à me justifier outre mesure, laissez- moi dire quand même un mot au sujet de la faute qui m’est imputée. En effet, l’article 213 de la Constitution dispose ce qui suit, je cite : « Le président de la République négocie et ratifie les traités et accords internationaux, le gouvernement conclut les accords internationaux non soumis à la ratification, après délibération en conseil des ministres, il en informe l’Assemblée nationale et le Sénat. L’Assemblée nationale est informée par son président que je suis. Je ne me souviens pas à ce jour avoir reçu l’information du gouvernement sur l’accord signé avec le Rwanda pour els opérations militaires conjointes dans le Nord-Kivu.
C’est une obligation constitutionnelle du gouvernement et non du président de la République. Voilà pourquoi j’avais dit que je n’étais pas été informé. Cela était et reste vrai. La gravité de cette opération tenait à mes yeux, non seulement au fait que, le gouvernement avait officiellement annoncé, par la bouche de son porte-parole, l’invitation de quelques officiers observateurs de renseignements militaires de l’armée du Rwanda pour assister à la traque des Interhamwe par l’armée congolaise, mais aussi et surtout parce qu’il y avait manifestement violation, dans le chef du gouvernement, des dispositions précitées de notre Constitution. En fait, si jamais il y avait un problème, il s’agirait d’un problème entre l’Assemblée nationale et le gouvernement. Je n’ai donc jamais compris comment on est arrivé à y mêler le président de la République, chef de ma famille politique, et à créer artificiellement un problème entre lui et moi. Le président de la République, je le répète, ne doit pas servir de bouclier au gouvernement ni à ses membres, qui, eux, ont l’obligation de rendre compte de leur gestion à l’Assemblée nationale. Nous devons ramener le chef de l’Etat à son rôle d’arbitre neutre pour qu’il veuille au bon fonctionnement de l’ensemble des institutions, te ce, conformément à l’article 69 de notre Constitution. Mais le vin est tiré, amer ou aigre, il faut le boire.
Honorable députés et chers collègues, nous voilà aujourd’hui à la croisée des chemins. Je dois opérer avec vous un choix, et le bon. Notre seul fil conducteur doit être la lutte pour la préservation et la sauvegarde de la démocratie et de la légalité dans notre pays, ainsi que l’indépendance du député national, lequel ne doit pas être astreint à un mandat impératif, en vertu de l’article 101 de la Constitution, alinéa 7. Le mandat dont nous sommes investis nous lie directement par un contrat social et politique avec le peuple congolais. Nous devons, donc, à tout moment, rechercher son intérêt et nous mettre à son écoute pour connaître ses attentes et ses intérêts pour mieux le défendre dans cet hémicycle. C’est donc à lui, et à lui seul que nous rendons compte de notre mandat.
Honorables députés et chers collègues, nous avons le choix entre deux voies constitutionnelles valables. La première possibilité qui s’offre à nous est celle de poursuivre le processus enclenché jusqu’au vote à bulletin secret, afin que els urnes parlent. Au-delà du résultat arithmétique auquel ce vote pourrait conduire, personne alors personne dans cette salle ne peut nous dire avec exactitude de quoi demain sera fait. Personne ne peut parier que la démocratie et la paix sociale chèrement acquises en sortiront intactes. Personne non plus ne peut parier que l’Assemblée nationale qui a su démontrer à la face du monde son engagement clair et net en faveur de la défense de la démocratie ne sera pas déstabilisée, ou tout au moins, ne connaîtra pas de fonctionnement tumultueux. La deuxième possibilité qui est tout aussi constitutionnelle est celle de privilégier et de sauver la démocratie, qui peut continuer et se renforcer sans nécessairement un homme, qui qu’il soit, même pas Vital Kamerhe, reste absolument au perchoir comme président de l’Assemblée nationale. Puisant dans la sagesse du roi Salomon, appelé à trancher le conflit entre deux femmes qui se disputaient un enfant, tous les chrétiens connaissent l’histoire, j’ai opté pour la voie la moins périlleuse et la moins coûteuse pour le peuple congolais qui a démontré, à travers les années, son attachement à la démocratie.»
Des réactions
« Nous prenons acte de cette démission ». C’est la première réaction de certains députés de l’opposition qui ont salué ladite démission. Parmi eux, Delly Sesanga, député du MLC. Même son de cloche du coté de la majorité parlementaire. Vice-président du groupe parlementaire PPRD, Aubin Minaku exprime ici sa joie tout en expliquant la prochaine étape qui attend l’Assemblée nationale.
Le sort est jeté. Vital Kamerhe s’en va. Mais sur le plan législatif, il laisse derrière-lui un bilan largement positif. Plusieurs lois ont été votées, des contrôles parlementaires réalisés. Un bilan que l’AMP reconnaît tout en admirant le parcours politique de Kamerhe.
Le MLC regrette la départ de Vital Kamerhe
En réaction de cette démission, le Mouvement de libération du Congo, principal parti d'opposition, a exprimé sa "grande tristesse" après la démission mercredi du président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, exigée par la majorité présidentielle. "C'est une grande tristesse de voir partir un grand président qui a su situer l'Eglise au milieu du village, entre la majorité et l'opposition", a déclaré ce mercredi à l'AFP le secrétaire général du MLC, François Muamba."Les hommes passent mais les institutions restent. Mais pour qu'elles restent, les institutions doivent être dotées de lois et règles respectées par tous", a affirmé M. Muamba. Pour lui, "Kamerhe s'est battu jusqu'au bout pour que les règles qui nous régissent soient respectées et l'Assemblée nationale soit une institution forte".
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19 mars 2009
La dépouille d'Edith Bongo rapatriée à Libreville
La dépouille d'Edith Bongo rapatriée à Libreville© La rédaction web de Jeune Afrique
Le corps de la première dame du Gabon, décédée samedi au Maroc, est arrivé mercredi après-midi à Libreville. Edith Bongo Ondimba, fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, sera prochainement inhumée dans son pays natal.
La dépouille d’Edith Bongo est arrivée mercredi à l’aéroport Léon Mba de Libreville, à bord d’un Boeing 747 spécialement affrété la Royal Air Maroc. Un peu avant, son époux, le président gabonais Omar Bongo Ondimba, et son père, le chef de l’Etat congolais Denis Sassou Nguesso, avaient atterri dans un avion gabonais. Ils revenaient de Rabat, où la première dame est décédée des suites d’une longue maladie, ont annoncé samedi les autorités gabonaises.
Vive émotion
Ils étaient nombreux à s’être déplacés pour saluer « Maman Edith », qui menait diverses activités humanitaires. « La foule [était] composée de plusieurs communautés gabonaise et étrangère, dont certains membres sont arrivés de l’intérieur du pays et même de l’extérieur », explique Gabonews. Le site Internet souligné que des endeuillés ont « fondu en larmes après la descente d’avion des deux chefs d’Etat ».
Xinhua rapporte aussi des larmes. Celles de « femmes » et de « ministres » submergés d’émotion à la vue du « cercueil « couvert (…) du drapeau tricolore gabonais ». Sur le chemin du palais présidentiel, l’agence de presse chinoise raconte qu’« une véritable marée humaine a déferlé (…) dans le calme à l'aéroport et le long du front de mer (…). Des hommes, femmes et enfants brandissaient pancartes et banderoles en l'honneur de l'illustre disparue ».
Les obsèques du docteur en médecine de 45 ans se dérouleront au Gabon et au Congo. « Après concertation », les deux pays se sont entendus pour qu’Edith Bongo soit inhumée dans son pays natal, selon les « us et coutumes mbochis », son ethnie. Elle sera enterrée dans les jours qui viennent à Edu, le village qui abrite le cimetière familial de la famille Sassou Nguesso
23:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 mars 2009
La Libre: Bras de fer présidence - Parlement par Marie-France Cros
Depuis longtemps, la présidence veut se défaire du contrôle parlementaire. Elle réclame cette fois la tête de Vital Kamerhe, qui fait jouer à l’Assemblée nationale son rôle de contre-pouvoir. Tout se jouera lundi, à l’ouverture de la session.
La session ordinaire du Parlement congolais, qui s’ouvre lundi à Kinshasa, pourrait constituer un tournant dans l’histoire de la IIIe république. Elle survient en effet dans un contexte marqué par un bras de fer entre la présidence et l’assemblée nationale.
Étendre son pouvoir
Ce dernier ne date pas d’hier : voilà longtemps que la présidence s’efforce d’étendre son pouvoir au-delà de ce que prévoit la Constitution, adoptée par référendum en 2005.
Le chef de l’Etat a ainsi profité du manque de capacité de travail de l’ex-Premier ministre Gizenga (2007-08) pour présider à sa place les conseils des ministres ; de la lenteur du Sénat à nommer le Haut conseil de la magistrature pour nommer lui-même les juges de la Cour suprême. Et puisque cela "passait", il a poursuivi, s’octroyant le bureau du président de l’Assemblée nationale, dans le bâtiment abritant celle-ci, et reléguant son titulaire dans une pièce grande comme un placard à balais ; obtenant du gouvernement qu’il bloque les comptes de l’Assemblée qui a besoin de fonds pour ouvrir des enquêtes parlementaires sur des sujets qui gênent l’exécutif - et les enquêtes n’ont pas (encore) eu lieu
Le dernier affrontement porte sur l’opération militaire conjointe rwando-congolaise au Nord-Kivu. Le président de l’Assemblée, Vital Kamerhe, avait exprimé publiquement son indignation de ce qu’elle n’ait pas donné lieu à un débat parlementaire ; son avis rencontra un écho dans l’opinion qui, nourrie depuis longtemps de discours antirwandais, ne pouvait comprendre ce brusque retournement d’alliance.
Le président Kabila a décidé de sanctionner ce manque de solidarité partisane de M. Kamerhe, membre du parti présidentiel PPRD, en exigeant sa démission du perchoir. Il ne fut pas obéi, même lorsque le PPRD exigea la démission de tout le bureau de l’Assemblée.
Le bouche à oreille politicien évoque de fortes pressions (on parle même de menaces) sur Vital Kamerhe pour qu’il se soumette, mais celui-ci serait désireux de préserver l’indépendance de l’Assemblée. Plusieurs sources lui prêtent l’intention de ménager la chèvre et le chou en présentant sa démission dans les règles, lundi, à l’ouverture de la session parlementaire.
La présidence ne serait pourtant pas rassurée et craindrait "un show" de Kamerhe, voir un coup de tête des élus qui étaient majoritaires (262 sur 500) à réclamer une session extraordinaire pour discuter de l’opération conjointe rwando-congolaise - y compris donc des députés de la majorité. Selon le journal "Kongo Times", les députés de la majorité présidentielle ont reçu lundi dernier un SMS sur leurs portables : "Vous, les députés, lâchez Kamerhe, sinon l’Assemblée nationale sera dissoute."
Politique et juridique
"Il y a deux aspects à ce conflit, fait observer, pour "La Libre Belgique", le constitutionnaliste Bob Kabamba. Politiquement, les accords au sein de la majorité présidentielle prévoyaient un poste pour chaque composante, la présidence de l’assemblée revenant au premier parti - le PPRD." Le poste "appartient" donc au parti. "Mais, juridiquement, un membre du bureau de l’assemblée ne peut être démis par l’exécutif, seulement par la plénière", poursuit M. Kabamba.
Une éventuelle démission de M. Kamerhe, en outre, n’est pas pour la présidence une garantie qu’elle imposera sa volonté. Qui lui succédera au perchoir ? Un homme fort ou un homme soumis à l’exécutif ? Dans ce dernier cas, que fera-t-elle du Sénat, où le rapporteur adjoint, Jean-Pierre Lola Kisanga, a dénoncé"une tentative de liquidation de la démocratie au sein du Parlement".
Enfin, qui peut assurer que les 262 députés qui avaient signé la pétition réclamant un débat sur l’opération rwando-congolaise oublieront leur exigence après l’éventuel départ de M. Kamerhe - alors que plus le temps passe, moins le bilan de celle-ci paraît positif, le Haut commissariat de l’Onu pour les réfugiés s’inquiétant de la "déterioration rapide" de la situation au Kivu depuis le départ de l’armée rwandaise, le 27 février. Les FDLR (rebelles hutus rwandais issus des génocidaires) - dont l’éviction était le but officiel de l’opération - reviendraient en effet en force dans la région.
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06 mars 2009
JEAN-PIERRE BEMBA : PRISONNIER POLITIQUE
MOUVEMENT DE LIBERATION DU CONGO
COMMUNIQUE DE PRESSE
JEAN-PIERRE BEMBA : PRISONNIER POLITIQUE
Consécutivement aux audiences de confirmation des charges, qui se sont tenues du 12 au 15 janvier 2009, les Juges de la Cour préliminaire de la CPI ont eu à se prononcer sur le dossier d’accusation concernant le Sénateur Jean-Pierre Bemba, le mardi 3 mars 2009 au soir.
Par sa Décision n° ICC-01/05-01‑-388, la Cour n’a pas pu établir la responsabilité personnelle du Sénateur Jean-Pierre Bemba dans les crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en RCA, qui constituait l’accusation la plus grave de la thèse du Procureur Moreno. Celui-ci devra, selon la même Décision, disqualifier les faits pour ne retenir, le cas échéant, que la responsabilité en tant que Chef militaire. Or, il est clair que, là aussi, le Sénateur Jean-Pierre Bemba n’avait pas le contrôle effectif des troupes sur terrain en RCA. Ce que reconnaît par ailleurs le Procureur Moreno lui-même.
Le seul fait pour la Cour d’exclure la responsabilité personnelle de Jean-Pierre Bemba dans cette nébuleuse affaire, constitue non seulement un motif de soulagement pour l’épouse, les enfants et toute la famille de notre Compagnon, mais également une preuve supplémentaire de la solidité de notre thèse depuis son arrestation. A savoir que le Procureur Moreno, pour le moins, se trompe de cible en poursuivant personnellement Jean-Pierre Bemba sur base d’un dossier où apparaissent plus clairement des mobiles politiques et non pas judiciaires.
En effet, c’est ici le lieu pour réitérer et de souligner notre propos du 12 février dernier. A la demande du Procureur Moreno, le Sénateur Jean-Pierre Bemba a été traqué comme une bête, arrêté et mis en prison, en mai 2008, dans des conditions humiliantes qu’on réserve habituellement aux malfrats, faisant fi du rang et du rôle que le Sénateur joue en RDC, notamment comme Chef du principal parti d’opposition. Depuis lors, des voix s’étaient élevées pour que le Procureur Moreno puisse apporter les évidences de charges pour lesquelles le Sénateur Bemba devait être maintenu en prison.
A cet égard, un premier délai de six mois avait été accordé au Procureur. Pendant ce temps là, le Sénateur Jean-Pierre Bemba était maintenu en prison pour s’entendre dire que le Procureur n’était pas prêt, dix jours avant la date buttoir, le 4 novembre 2008, conformément à la procédure en la matière.
Et, c’est encore de sa cellule que le Président du MLC apprendra que la séance de confirmation des charges, initialement repoussée au 8 décembre 2008, était pour la seconde fois reportée, cette fois, au 12 janvier 2009. Huit mois de privation de liberté, pour enfin savoir pourquoi on a été mis en prison. Où sont dans ces conditions les droits de l’homme tant vantés et qui, paradoxalement, sont le socle sur lequel la CPI elle-même est sensée être bâtie.
Il nous a été donné d’assister au déroulement des séances de confirmation de charges qui se sont donc tenues du 12 au 15 janvier 2009 à La Haye. Déjà à cette étape, nous avions dit n’avoir, à aucun moment, entendu de la bouche du Procureur Moreno des éléments probants, susceptibles d’étayer tant sa thèse selon laquelle les faits reprochés à Jean-Pierre Bemba auraient été planifiés, que celle de l’exécution intentionnelle de ces forfaits, en complicité avec l’ancien Président Patassé.
En son temps, le MLC avait fustigé cette arrestation précipitée, suspecte et arbitraire, à la veille de la désignation de son Président National en qualité de Porte parole de l’opposition en RDC. De même, nous avions également déploré ce qui apparaissait dores et déjà comme une instrumentalisation de la CPI par des forces politiques obscures, dans le seul but de discréditer un acteur politique majeur et, ainsi, barrer la route à la volonté irréversible des Congolais, de réaliser l’alternance démocratique dans leur pays.
Aujourd’hui encore, le MLC condamne et proteste avec véhémence contre l’acharnement dont fait montre le Procureur Moreno dans le dossier de son leader. Alors que, en toute logique, lorsque les charges alléguées ne sont pas confirmées à l’encontre d’un prévenu, il tombe sous le sens que celui-ci doit être libéré, le Procureur Moreno obtient de revenir à la charge avec des prétendus nouveaux éléments !
Malheureusement, suite à cette nième manœuvre du Procureur, le Sénateur Jean-Pierre Bemba va rester en prison au moins jusqu’au 24 juin 2009, nouvelle date limite à laquelle les Juges auront à nouveau à se prononcer sur la présence ou l’absence d’éléments suffisant pouvant justifier l’organisation d’un procès. En d’autres termes, un nouveau délai de soixante jours va commencer à courir à partir du 24 avril, selon la même procédure que celle qui a été appliquée au mois de janvier dernier.
Néanmoins, à présent que les Juges ont pris la mesure du contenu de plus de mille pages constituant le dossier d’accusation du Procureur Moreno ; à présent qu’en âme et conscience ils n’ont pas retenu les éléments de responsabilité personnelle de Jean-Pierre Bemba, sensés en représenter la substance, le MLC leur fait confiance pour la suite. Nous sommes plus que jamais convaincus que, quel que soit la longueur du temps, ils rendront justice à Jean-Pierre Bemba et l’espoir aux millions de ses compatriotes qui attendent son retour et son implication dans l’agenda numéro un de la RDC, à savoir la réconciliation nationale, condition sine qua non pour la refondation et la reconstruction de la RDC.
« Avec Dieu, nous vaincrons »
Fait à Kinshasa, le 5 mars 2009
François MUAMBA
Secrétaire Général
21:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04 mars 2009
Kagame exige l'intégration totale du CNDP au sein des FARDC!
Interrogé sur une éventuelle extradition de Nkunda vers la RDC, le président Kagame a indiqué, lundi à Kigali lors d’un point de presse animé conjointement avec le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, que les 2 ministres des Affaires étrangères du Rwanda et de la RDC, « travaillent sur le dossier », question de trouver un cadre juridique convenable. Mais le président rwandais, cité ici par Radio Okapi, souhaiterait voir l’intégration du CNDP au sein des FARDC se réaliser totalement. Ce dernier passage a dégoûté plus d'un Congolais qui semblent déjà détecter les intensions machiavélique de l'homme fort de Kigali. Beaucoup pensent que les troupes dites du CNDP sont en fait pour la plupart des soldats recrutés et entraînés au Rwanda que Kagame veut laisser comme agent de renseignement. Le piège, en effet, a fonctionné depuis 1996, date de la première invasion du Congo par le Rwanda, avec pour but de pourchasser les réfugiés hutus, placer une marionnette à la tête du pays et de piller les richesses du Congo. Depuis lors la République Démocratique du Congo a été victimes des agressions à répétition de la part de son voisin de l'Est, toutes enveloppées dans du mensonge véhiculé à grande pompe par des médias d'une certaine puissance étrangère dont le gouvernement soutenait Kagame, leur nouvel allié dans la région.
Après la fuite de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila, un Congolais et ancien marionnette du Rwanda, s'était non seulement auto-proclamé président de la République mais aussi a changé de face en tentant de servir la cause du Congo et en mettant fin au pillage systématique des richesses nationales par la coalition des petits voisins. Ce qui les effaroucha et ils tentèrent de l'éliminer physiquement. Mis au courent de la machination, Laurent-Désiré Kabila chassa tous les étrangers de l'armée nationale le 27 juillet 1998. C'était un pavé dans la marre puisque Kagame avait jusque-là nié la présence d'un seul soldat rwandais au Congo. Pour lui, les soldats tutsi qui étaient majoritaires dans l'AFDL (avant la formation des kadogo) n'étaient pas des Banyarwanda mais des « Banyamulenge » (une tribu imaginaire).
Cependant, la coalition dirigée par le gouvernement de Kigalli n'avait pas encore dit son dernier mot. Elle piégea les congolais en lassant en cachette quelques éléments de l'armée rwandaise à Kinshasa. Ces derniers tenteront de créer une sorte d'insurrection et attaqueront, dans la nuit du 1er au 2 août 1998, le Palais de Marbre, résidence officielle de feu Laurent Kabila. L'attaque se solda par un échec car, le Mzee Kabila ne fut pas tué comme escompté. Réagissant à cet échec, l'ancien chef d'Etat-major des forces armées congolaises, James Kabarebe prend d'assaut la ville de Goma, avant de risquer une opération suicidaire à Kitona et fonça, en vain, sur Kinshasa.
Une fois de plus l'agression se muera en rébellion, comme Kagame seul sait le faire. C'était la naissance du RCD avec les fameux « banyamulenge », avant que le dictateur rwandais ne retire ses troupes sous les projecteurs des caméras en disant, toute honte bue, qu'ils y étaient pour les FDLR, sans même prendre le soin d'indiquer quand ils y étaient entré. D'ailleurs les Congolais ne sont pas d'avis qu'ils aient jamais tous quittés. Ils en veulent pour preuve des nombreuses débâcles de FARDC contre les CNDP. La plupart d'offensives contre le CNDP étaient connues à l'avance par Kunda dont les ex-militaires de l'AFDL-RCD intégrés dans les FARDC le tenait régulièrement informé mettant ainsi en danger la vie des militaires Congolais.
Selon Radio Okapi, deux sujets rwandais, le lieutenant, Olivier Nibutchimala, et l'adjudant en chef Patrick Munyazi ont été extirpé des rangs du Cndp, mouvement politico militaire de Laurent Nkunda, dans le camp de brassage Lukusa et présentés, vendredi 18 avril 2008, à la presse, à Kisangani, par le commandant de la 9e région militaire, le général Jean-Claude Kifwa. A en croire le général, cité toujours par Radio Okapi, "le premier, le lieutenant Nibutchimala, est lui-même passé aux aveux. Il s’est présenté comme un sujet rwandais et a exprimé le désir de regagner son pays natal. Quant à l’adjudant Munyazi, il a été reconnu par un des instructeurs du centre de brassage comme ayant été rapatrié au Rwanda en mai 2007 par la Monuc, sur sa propre demande. Il s’est retrouvé au camp Lukusa comme élément de la 15e brigade avant de reconnaître son appartenance au Cndp." Ceci est l'exemple de ceux qui ont avoué. combien y en a-t-il qui ne l'avouent pas?
Donc, la présence des militaires rwandais au sein des forces armées congolaise viserait à affaiblir le géant de l'Afrique Central dans un but, inavoué sans doute, d'asseoir, comme l'ont toujours clamé certains, un empire de la minorité tutsi en Afrique des grands lacs. Il ne faut aller chercher ailleurs pour comprendre comment la République Démocratique du Congo ne parvient pas à se débarrasser du joug de la colonisation rwandaise depuis plus d'une décennie. Les machines sont tout simplement grippées depuis l'invasion de 1996.
Des observateurs se sont interrogé pour savoir à qui aurait profité la mort de Laurent-Désiré Kabila lors de l'attaque de sa résidence dans la nuit du 1 er au 2 août 1998, après l'expulsions des soldats étrangers. Ils (les observateurs) sont revenus avec la même réponse : Joseph Kabila.
De même que l'armée de Mobutu comptait prés de 80 % de généraux originaires de la seule province de l'Equateur, les généraux tutsi dans l'armée de Joseph Kabila sont plus nombreux que ceux des n'importe quelle autre province du Congo. Ce qui étonne quelque peu car, comme dans l'exemple précédent on se serait attendu que ce soit les généraux katangais qui soient majoritaires cela d'autant plus que Kyungu wa Kumwanza, le président de l'assemblée provinciale du Katanga, fait toujours passer Joseph Kabila pour un tutsi Katangais. Lui qui n'hésite pas à éliminer physiquement, même les enfants biologiques de son «père». Allez y comprendre quelque chose!
Ci-dessous une liste, non exhaustive qui circule sur l'internet, des généraux tutsi des FARDC issues de l'AFDL-RCD-CNDP, nommés par Joseph Kabila.
N° Noms Fonctions
01 Général Jean BIVEGETE Auditeur Général de l’armée (Haut magistrat militaire)
02 Général MASUNZU Cmd Adjoint 10ème Région militaire/Bukavu
03 Général MALICK KIJEGE Inspecteur Général de l’Armée (ex. G4-EMG) FARDC/KINSHASA
04 Général OBED RWIBASIRA Cmd 5ème Région militaire à Kananga/Kasaï
05 Général MUSTAPHA MUKIZA Cmd Base militaire de KITONA (Bas-Congo)
06 Général Charles BISENGIMANA Inspecteur Général Adjoint De La Police Nationale/Kinshasa
07 Général JEROME GAGAKWAVU EMG/FARDC-Kinshasa
08 Général BOSCO NTAGANDA Chef d’Etat Major Général De Laurent NKUNDA
09 Général Laurent NKUNDA En rébellion contre la République dans le Nord-Kivu
10 Colonel BONANE Cmd 4ème Brigade Ituri
11 Colonel MAKENGA SULTANI Cmd BRAVO/Nord-Kivu
12 Colonel KAMANZI François
13 Colonel MUNYARU GERERO Françoise Cmd de la Police de l’enfance/Nord-
14 Colonel MUHINDO François Cmd de la Brigade Delta à Kichanga/Masisi
15 Colonel François ZERO BRAVO EMG-Armée mixée de NKUNDA, (81ème Brigade FARDC)
16 Colonel MUTEBUTSI Jules En exil au Rwanda après la rébellion de Bukavu, Juin 2004
17 Colonel RORIMBERE Dispo/EMG-FARDC
18 Colonel GISHONDO ELIE Dispo/EMG-FARDC
19 Colonel PADIRI Jonas Cmd Brigade EQUO à Kimoka-Sake/
20 Colonel BOLINGO MATANE 10ème Région Militaire/Bukavu
21 Colonel BIRORI Benjamin Conseiller Militaire/Ruberwa (En Formation En Chine)
22 Colonel BOSOGO Venant Dispo/EMG-FARDC (en rébellion au Sud Kivu : G47)
23 Colonel WILSON Cmd adjoint de la brigade ALPHA à NYANZALE-MWESE
24 Lt Colonel MUNYAKAZI EMG-Armée Mixée de NKUNDA (83ème Brigade FARDC)
25 Lt Colonel Claude MUCHO ½ Cmd brigade Charly à Mushaki/Masisi
26 Lt Colonel INNOCENT Ex ½ G4 AFDL/RCD aujourd’hui G4 E.M-Armée mixée de NKUNDA
27 Lt Colonel KABUNDI ½ Cmd brigade EQUO à KIKOMA SAKE/Nord-Kivu
28 Lt Colonel BISAMAZA ½ Cmd brigade BRAVO/RUTSHURU au Nord-Kivu
29 Lt Colonel NIYIBIZI Cmd du Br. de la Brigade EQUO/Nord-Kivu
Emmanuel Katshunga
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03 mars 2009
Mbanza Ngungu : l’armée angolaise occupe deux villages
Sava Ina et Kuzi sont occupés par des militaires angolais depuis une semaine. Ces derniers auraient même hissé le drapeau angolais dans ces villages. Le ministre provincial de l’intérieur du Bas Congo confirme l’information, mais assure qu’une délégation du conseil de sécurité du district des Cataractes est en mission dans ces deux villages frontaliers avec l’Angola, rapporte radiookapi.net
Tout a commencé vendredi dernier, selon les sources. Tôt le matin, les militaires des forces armées angolaises ont fait une incursion dans le village Sava Ina. Ils ont arrêté le policier congolais qui s’apprêtait à hisser le drapeau national, et l’ont emmené, avec son étendard, à 45 kilomètres de la frontière. En territoire congolais, ils ont brûlé des maisons, saccagé des bureaux de l’Etat et se sont installés, après avoir chassé tous les villageois. Environ un millier de personnes ont trouvé refuge dans la forêt, selon des sources proches de la société civile locale.
Les mêmes sources affirment que samedi dernier, deux hélicoptères de l’armée angolaise ont sillonné nuitamment le village Kuzi, avant que les militaires angolais ne l’occupent le lendemain matin. Le nombre de ces militaires reste inconnu. Selon les mêmes sources, la population restée dans le village ne sait plus vaquer à ses occupations. Ecoles et bureaux de l’administration publique sont restés fermés.
Pour le ministre provincial de l’Intérieur, toutes les dispositions appropriées ont été prises. David Kuku Dimayeye explique qu’une délégation a été dépêchée sur place pour s’enquérir de la situation.
Les deux villages occupés par les Angolais sont situés dans le secteur Gombe Sud, en territoire de Mbanza Ngungu, à plus 200 kilomètres à l’Est de Matadi.
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24 février 2009
Vital Kamerhe va-t-il démissionner ?
En tout cas jusque maintenant son cabinet reste catégorique. Le président de l'Assemblée nationale ne va pas rendre le tablier, et cela pour trois raisons. Ses partisans estiment que Kamerhe va rester légaliste et veut à tout prix sauver la jeune démocratie congolaise. Selon toujours son cabinet, Kamerhe a été élu par la plénière de l’Assemblée nationale et donc par les députés et non par son parti politique.
Pour preuve, Vital Kamerhe a reçu 400 voix sur 430 votants, alors que le PPRD, son parti, ne dispose que de 111 députés à l’Assemblée nationale. Ceci nous rappelle qu’au Sénat où Shé Okitundu, candidat du PPRD-AMP, bien que majoritaire dans la chambre haute, a été battu par Kengo Wa Dondo, indépendant et candidat de l’opposition. Pour les proches de Kamerhe, si démission il peut y avoir, ils affirment qu’il le fera à la seule plénière de l’assemblée nationale qui l’a élu.
Que reproche-t-on à Vital Kamerhe ?
Selon certains indices, il y a tout d’abord son intervention du 21 janvier sur Radio Okapi où il avait déclaré ne pas être informé de l’entrée des troupes rwandaises en RDC. Mais d’après d’autres sources, il y a aussi et surtout les résolutions de l’Assemblée nationale, datant du 14 janvier qui avaient créé des commissions parlementaires devant procéder aux contrôles sur la gestion de différentes institutions de l’Etat. Notamment le gouvernement, l’armée, la police, les services de sécurité, les secteurs des mines et hydrocarbures, les gouvernements provinciaux ainsi que les entreprises publiques. Or, en cette matière, on le sait, les Romains s’empoignèrent. Les partisans de Kamerhe, dont des députés, pensent que le départ du président de l’assemblée viserait également à étouffer l’exécution de ces résolutions.
Peut-on parler d’une crise au sommet de l’Etat ?
Ça parait évident au vu de ce qui se passe. Ce qui est vraisemblable, ce que le divorce est consommé entre Joseph Kabila et Vital Kamerhe. Les observateurs politiques n’hésitent pas à comparer la crise actuelle avec celle de 1960 entre Kasa-Vubu et son premier Lumumba et entre Kasa Vubu et Tshombé, avec les conséquences politiques que nous connaissons. Toutefois, connaissant les liens politiques et mêmes extrapolitiques liant les deux personnalités, il n’est pas exclu que les violons s’accordent de nouveau. Il faut signaler le rôle de la Communauté internationale dans ce dossier.
En effet, quelques diplomates tentent de rapprocher les deux hommes afin, disent-ils, de sauver la démocratie.
Le ballet diplomatique est signalé si pas enregistré. Lundi, c’était Jean Ping, le président de l’Union Africaine. Le week-end, ce sera Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU et plus tard le président français Nicolas Sarkozy. Toutes ces personnalités pourront, peut-être, aider à rapprocher les vues. Mais, d’ici là, tout est possible.
Morosité et tristesse à l'Assemblée nationale
La démission de quelques membres du bureau de l’Assemblée nationale est à la base du malaise qui prévaut actuellement dans les installations de la chambre basse du parlement. Selon le secrétariat du bureau du président de l’Assemblée nationale, deux membres du bureau, en l’occurrence Christophe Lutundula et Brigitte Kalaba, respectivement 1er vice-président et questeur adjointe ont déposé leur démission au secrétariat du président de l'Assemblée nationale. Toujours selon la même source, par après, Christophe Lutundula a, à nouveau, retiré sa lettre de démission. Tout s'est passé dans une ambiance de tristesse affichée par le personnel administratif du parlement.
« Au revoir ex-collègue. Ah non, moi je ne pars pas ». Ces mots sont prononcés par le personnel d'appoint des membres du bureau de l’Assemblée nationale, non pas avec joie, mais avec mélancolie. Quelques bureaux fermés. Certains meubles et matériels didactiques pour les bureaux dehors laissent à penser à quelqu’un qui déménage. Tout le charroi automobile est immobilisé dans l’enceinte du Palais du peuple. Le silence ressemble à celui du cimetière. L’ambiance est inhabituelle. Pourquoi alors ?
La réponse à travers ces réactions de quelques travailleuses des cabinets de l’Assemblée : « Le président de la République demande aux membres du bureau de démissionner. Ça ne se passe pas comme ça. C’est anti-constitutionnel »
Un analyste politique rencontré dans les couloirs du Palais du peuple
critique le vice de procédure. Il dénonce la tentative de déstabilisation de l’Assemblée nationale. Dieudonné Tombe explique : « Il y a une tentative de déstabilisation du bureau qui est partie d’un malaise au sein de l’AMP. Aujourd’hui, si on veut se débarrasser de Vital Kamhere, je crois qu’on peut, qu’au niveau de la forme, soigner beaucoup de choses. Et la forme ne paraît pas être respectée »
Selon un haut cadre du PPRD rencontré au siège du parti présidentiel, la procédure de destitution de Vital Kamerhe est en train d’être peaufinée. La crise s’est accentuée au lendemain du retour du président de l'Assemblée nationale et pendant que les députés pétitionnaires attendent de remettre leur pétition à Vital Kamhere.
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23 février 2009
Le Potentiel: A l’initiative des sénateurs Lunda-Bululu, Mokonda Bonza et Balamage N’kolo, Pétition pour la convocation d’une session extraordinaire du Sénat
Le Potentiel: A l’initiative des sénateurs Lunda-Bululu, Mokonda Bonza et Balamage N’kolo, Pétition pour la convocation d’une session extraordinaire du Sénat
Le 05 décembre 2008, alors que le Parlement est en session ordinaire, un accord secret est conclu entre le Rwanda et le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, en violation des articles 213 et 214 de la Constitution; Le 14 décembre 2008, les forces ougandaises débarquent en Province Orientale et, entreprennent, dès le lendemain, des opérations militaires contre les LRA, à la suite d’un autre accord secret signé par les gouvernements ougandais et congolais; Le 20 janvier 2009, intervient la mise en œuvre de l’accord du 05 décembre 2008 et les troupes rwandaises font leur entrée en République Démocratique du Congo en vue de participer à une coalition militaire pour traquer les FDLR et les Interahamwe ; Le contenu de ces deux accords n’ayant pas été rendu public, trois Sénateurs (BALAMAGE, LUNDA-BULULU et MOKONDA) ont, en vertu des articles 116 de la Constitution et 75 du Règlement intérieur du Sénat, pris l’initiative de rédiger une pétition et de la proposer à leurs collègues en vue de la convocation immédiate d’une session extraordinaire de la Chambre Haute aux fins d’entendre le Premier ministre, d’une part, fournir des explications sur les accords susvisés, et d’autre part, préciser la position de son Gouvernement à la suite des propos tenus par le Président de la République française en rapport avec la résolution de la crise à l’Est de notre pays. Devant la gravité des faits susceptibles de compromettre la souveraineté de la République Démocratique du Congo, trente (30) patriotes ont signé ladite pétition appuyant ainsi la démarche entreprise à l’Assemblée nationale qui a, comme vous le savez, recueilli plus de 260 signatures. Ainsi fait à Kinshasa, le 23 février 2009
Nous, Sénateurs de la République démocratique du Congo;
Affectés par la situation de guerre qui sévit dans notre pays, spécialement dans la Province Orientale et dans celles du Nord Kivu et du Sud-Kivu;
Considérant les négociations engagées par le Gouvernement avec le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) à Nairobi sous l’égide des Nations Unies en vue de mettre fin à la situation de guerre à l’Est de la République Démocratique du Congo;
Constatant qu’en marge de ces négociations, les émissaires du Gouvernement congolais et les représentants de l’État-major du CNDP ont signé, le vendredi 16 janvier 2009, une déclaration mettant fin à la guerre dans la Province du Nord Kivu;
Attendu que dans la même déclaration, l’État-major du CNDP affirme mettre ses troupes à la disposition des FARDC ;
Ayant appris que plusieurs milliers d’éléments de l’armée rwandaise ont pénétré dans le territoire congolais, précisément dans la Province du Nord Kivu pour procéder à des opérations militaires conjointes avec les FARDC contre les FDLR et les Interahamwe et ce, en vertu d’un accord signé le 05 décembre 2008 à Goma par les gouvernements congolais et rwandais;
Rappelant que, le 14 décembre 2008, les Forces armées ougandaises ont pénétré en territoire de la République Démocratique du Congo par la Province Orientale pour les opérations similaires contre les rebelles ougandais de la LRA avec l’accord du Gouvernement congolais;
Ayant à l’esprit que les opérations menées en Province Orientale ont eu pour conséquences les massacres de la population civile (plus de 1.000 morts à ce jour), les viols, les violences sexuelles et les destructions des infrastructures socio-économiques plutôt que l’anéantissement des rebelles ougandais;
Craignant que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets dans la Province du Nord Kivu;
Considérant que la présence des armées étrangères est de nature à porter granvement atteinte à la souveraineté de l’Etat;
Qu’en tout état de cause, le Gouvernement doit donner au peuple le contenu des accords autorisant les armées étrangères à opérer sur le territoire national;
Fondés sur les dispositions des articles 116 de la Constitution et 75 du Règlement intérieur du Sénat;
Formulons et signons la présente pétition à l’effet de la convocation d’une session extraordinaire du Sénat aux fins d’entendre le Premier ministre fournir des explications sur les accords ayant permis aux armées de l’Ouganda et du Rwanda de pénétrer en République Démocratique du Congo et d’y mener des activités belliqueuses.
A la même occasion, il déclinera la position de son gouvernement sur la proposition du président de la République française relative à la résolution de la crise à l’Est de la République démocratique du Congo. Fait à Kinshasa, 26 février 2009
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14 février 2009
Aff. Jean-Pierre Bemba Gombo c. / le Procureur de la Cour Pénale
Observations sur les audiences publiques de confirmation
des charges tenues du 12 au 15 janvier 2009
Aff. Jean-Pierre Bemba Gombo c. / le Procureur de la Cour Pénale
Internationale
(1) A la suite des audiences de confirmation des charges en la cause : Procureur c/ J.P. Bemba
les faits ci-après se sont avérés comme non contestés par l’Accusation et la Défense :
i. L’intervention du MLC en RCA avait pour but la défense du pouvoir du
Président A. F. PATASSE légitimement et démocratiquement élu ;
ii. Cette intervention est intervenue dans un cadre régional, celui de la CENSAD,
selon les résolutions adoptées par cet organe lors du sommet des
Chefs d’Etats tenu à Khartoum les 3 et 4 décembre 2001 ;
iii. Les résolutions de ce mini-sommet ont été par la suite avalisées par
l’Union Africaine à travers l’Organe Central pour la Prévention et le
Règlement des Conflits, qui déclara en faire siennes lors de sa session des
26 et 27 janvier 2002 à Tripoli ;
iv. Les troupes ainsi fournies étaient déployées et placées sous le
commandement, le contrôle et la coordination des autorités
gouvernementales et militaires Centrafricaines.
(2) Cette force de stabilité était placée sous l’Autorité des Présidents Libyen et Soudanais,
sous la coordination du Chef de l’Etat Centrafricain et du représentant du Secrétaire Général
de l’ONU.
Sa création était dictée par les principes de l’UA visant à la condamnation de toute tentative
de prise de pouvoir par voie non démocratique. (Article 4. Acte Constitutif UA)
(3) L’intervention du MLC s’inscrivait également dans le cadre de l’article 3 du Pacte
d’Assistance Mutuelle entre les Etats membres de la Communauté Economique des Etats
d’Afrique Centrale (CEEAC) dont la RDC est signataire.
Conformément à l’article 52 de la Charte de l’ONU, les accords régionaux de défense ainsi
conclus par ces organisations africaines étaient légaux et légitimes autant que ceux conclus
dans le cadre des accords régionaux européens.
(4) Il faut néanmoins rappeler qu’à la suite des accords de Lusaka signés en juillet 1999 et
reconnus par l’Union Africaine et les Nations-Unies, l’exercice de l’imperium de l’Etat
2
congolais était partagé entre trois belligérants (Le gouvernement de Kinshasa ex AFDL, le
RCD et le MLC). C’est à ce titre que l’administration du MLC exerçait les pouvoirs régaliens
de l’Etat sur une partie du territoire congolais (dans toute la partie Nord de la R.D.C.), en
matière d’éducation, de santé, de sécurité, de défense.
(5) Par ailleurs, en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, le Gouvernement
légitime de la RCA était fondé de recourir à la force pour exercer son droit de légitime
défense dès lors qu’elle faisait l’objet d’une agression armée.
(6) Ce droit à la légitime défense, consacré à l’article 51 de la Charte des Nations-Unies,
implique également le droit de solliciter l’aide militaire extérieure à l’Etat comme le reconnaît
la Cour Internationale de Justice, dans les paragraphes 126 et 128 du Jugement rendu le 19
décembre 2005 relatif aux activités armées sur le territoire du Congo. (Un Etat était fondé de
faire appel à un autre Etat, et même au besoin à un groupe rebelle, pour l’assister dans
l’exercice de son droit à l’auto-défense
.)
L’assistance militaire du MLC, qui s’est limitée essentiellement à mettre à disposition de la
République Centrafricaine entre 1.000 et 1.500 soldats, était ainsi légitime. C’est pourquoi,
l’Union Africaine a condamné le coup d’Etat opéré par l’actuel Président Bozizé et a
recommandé la suspension de la participation de la République Centrafricaine aux activités
des organes de décision de l’Union Africaine. Le 21 mars 2003, l’Union européenne a
condamné le coup d’état militaire intervenu en Centrafrique et a appelé les forces rebelles à
mettre fin à la violence. L’Organisation Internationale de la Francophonie a condamné
fermement la prise de pouvoir en République Centrafricaine par la force, la violence et
quelque autre moyen illégal.
(7) Ces principes fondamentaux de droit international étant posés, l’Accusation portée à
charge de Mr J.P. Bemba apparaissent en conséquence être fondée sur les deux erreurs
fondamentales de droit ci-après :
(8)
1ère erreur
Le fait de considérer que l’envoie des troupes en RCA à la demande d’un gouvernement
légitime pour la défense de celui-ci contre une agression armée constitue un plan criminel,
alors qu’il s’agissait pour ce gouvernement d’exercer dans un cadre régional, le droit légitime
à l’auto-défense prévu à l’article 51 de la Charte de l’ONU.
La défense de Mr Bemba ne soutient pas que dans l’exercice de ce droit à la légitime défense,
des crimes ne peuvent pas être commis ou qu’ils ne peuvent pas être prévisibles.
3
Elle critique le fait de criminaliser l’exercice même de ce droit sur la base d’une simple
prévisibilité desdits crimes.
(9)
2ème erreur
L’Accusation a considéré que le fait pour Monsieur Bemba d’exercer le commandement et le
contrôle des forces MLC en RDC, impliquait par cela-même, qu’il avait ipso-facto, le
contrôle et le commandement des troupes MLC envoyées en RCA.
Alors que, la même Accusation, déclare dans l’Acte d’Accusation, que les troupes MLC en
RCA, étaient sous commandement des autorités militaires et gouvernementales de cet Etat.
(10) La responsabilité en droit pénal international fondée sur l’article 25/3/a du Statut de
Rome reposant sur le critère de « commandement » ou de « l’Autorité de Jure ou de facto », il
faut en conclure que c’est à tort que l’Accusation impute à Monsieur Bemba la responsabilité
des crimes éventuels commis par des troupes qu’il ne commandait ni ne contrôlait.
(11) La CIJ a jugé en effet qu’en droit international les actes des personnes, groupes ou entités
mis à la disposition d’un autre Etat, ou d’une autre entité, ne peuvent être attribuables à l’Etat
ou à l’entité fournisseur, si ces groupes, personnes ou entités, agissent pour le compte de
l’autorité subsidiaire dont ils dépendent alors. (CIJ ; Bosnie Herzégovine c/ Serbie et
Monténégro, Nicaragua c/ USA, etc.…)
Autant on ne peut reprocher aux gouvernements membres de l’OTAN, ou aux Etats
fournisseurs des troupes de la MONUC la responsabilité des crimes éventuels commis sur le
champ des opérations, autant on ne peut tenir Mr Bemba pour responsable des crimes commis
par des troupes qui relevaient de la chaine de commandement de la RCA, à moins d’appliquer
le droit international de manière discriminatoire. (Affaire Behrami c/ France)
(12) La visite faite par Mr Bemba aux troupes du MLC à Bangui ne saurait être considérée
non plus comme une preuve de commandement et de subordination de ces troupes à sa
personne de même que la visite de Mr Sarkozy aux troupes françaises de la FINUL ne fait pas
de lui le Commandant de celles-ci sur le terrain des opérations.
Ainsi dès l’instant où le Procureur reconnaît que le MLC est intervenu en vue de soutenir un
gouvernement légitime et que le commandement des troupes déployées en RCA était dévolu
aux autorités de cet Etat, les poursuites exercées malgré tout à charge de Mr Bemba sur cette
base ne s’expliqueraient autrement que par des considérations politiques.
(13) C’est pourquoi ces poursuites appellent les interrogations ci-après :
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i. Les accords régionaux africains (avalisés par l’Union africaine et portés à la
connaissance du Conseil de Sécurité) ont-ils la même valeur juridique et la même
légitimité que les accords signés par les organisations politiques occidentales ?
ii. Le Procureur de la CPI ne s’est-il pas trompé de suspect, alors qu’il est établi de
manière indubitable que l’actuel Président Bozize et l’ancien président Patassé
sont ceux qui de part et d’autre des belligérants, commandaient les troupes,
donnaient les ordres de progression sur terrain et assuraient la coordination des
opérations militaires. Le « jus ad bellum » est en effet distinct du « jus in bello ».
iii. Quelle autre lecture faut-il avoir du rapport de Human Right Watch (rapport du 25
novembre 2008) faisant état des tentatives d’élimination physique, pour raisons
politiques, de Mr J.P. Bemba, leader de l’opposition Congolaise, qui représente
42% des suffrages électoraux et Sénateur en fonction, sinon qu’il se pourrait bien
que les poursuites dont il fait l’objet constituent une forme plus subtile de son
élimination de la scène politique ?
iv. Accusé des crimes les plus graves qui peuvent être imputés à un être humain, Mr
J.P. Bemba a pourtant été le principal interlocuteur de la Communauté
Internationale dans le processus de pacification de la RDC, de la réunification de
son armée et de la démocratisation de cet Etat.
Il a également été admis comme cosignataire, avec les Nations Unies, l’Union
Européenne et l’Union Africaine, des accords historiques de grande importance
(Accord de Lusaka ; Accords de Sun-City…) bien après le conflit armé en RCA.
A la suite de ces accords des fonds importants à charge des contribuables
européens et internationaux ont été débloqués (500.000.000 E pour l’UE ; +/- 1
milliard annuel au profit de la Monuc)
A ce jour, et en plein accord avec la même communauté Internationale, le MLC
représenté par Mr J.P. Bemba est désormais une composante du Pouvoir
constituant de l’Etat Congolais avec 109 députés sur 500 et 27 Sénateurs sur 110 ;
v. Pour autant que les accusations soutenues par le Procureur près la CPI étaient déjà
connues de ladite Communauté Internationale qui dispose des canaux
d’information performants, l’attitude de cette Communauté ne manque pas de
susciter des interrogations légitimes.
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Aurait-elle signé des accords d’une telle importance pour la paix et la sécurité
universelles avec Mr J.P. Bemba malgré le fait qu’elle avait déjà eu la pleine
connaissance de la responsabilité de celui-ci dans les crimes supposés ?
vi. Une condamnation éventuelle de Mr J.P. Bemba, pour les crimes allégués et en
dépit des principes de droit international énumérés plus avant , ne remettrait-elle
pas en cause, la légitimité et la légalité des institutions érigées en RDC sur la base
des accords conclus et contresignés avec lui et à grands frais, par la Communauté
Internationale ?
vii. Telle éventualité n’est-elle pas de nature, non seulement à remettre en cause les
sacrifices financiers des contribuables de l’UE et des Nations Unies, mais
également les principes de droit international universellement admis par la Charte
des N.U. (article 51), par les décisions antérieures de la CIJ ?
viii. Les décideurs politiques européens et internationaux ont-ils induit en erreur ou
trompé leurs opinions publiques respectives ? Ou au contraire, se sont-ils
impliqués et engagés à la légère, aux cotés de Jean Pierre Bemba Gombo ?
L’éventuelle responsabilité pénale de ce dernier n’évoque-t-elle pas la mise en
cause des responsabilités politiques corrélatives tant au niveau de l’Union
Européenne que des Nations Unies ?
ix. A la lumière des conséquences politico-juridiques attachées à cette éventualité, les
énormes dépenses occasionnées aux contribuables européens et internationaux
dans le processus congolais sont-elles encore justifiées, ou, en tout état de cause,
n’appellent-elles pas une reddition des comptes ?
_________________________ ______________________
Me Aimé Kilolo Musamba Me Nkwebe Liriss
Conseil Associé Co-Conseil Principal
Fait le 13 Février 2009
A La Haye, Pays-Bas
23:15 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13 février 2009
COMMUNIQUE DU MLC
MOUVEMENT DE LIBERATION DU CONGO
COMMUNIQUE
C’est avec consternation que le MLC a pris connaissance des propos tenus en ce jour par le Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga, l’Honorable KYUNGU WA KUMUANZA et de la décision prise par la plénière de ladite Assemblée.
En effet, le président de cette Institution et ses membres ont pris les décisions inouïes ci-dessous :
1. La plénière de l’Assemblée du Katanga a décidé d’accorder un ultimatum de 48 heures à tous les Députés nationaux et Sénateurs originaires de cette province et signataires de la pétition demandant la convocation de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, demande pourtant conforme à l’article 116 de la Constitution, de retirer leurs signatures de ladite pétition.
2. Les Députés nationaux originaires de Katanga qui ne se seraient pas soumis à cet ultimatum ne doivent plus mettre leurs pieds au Katanga.
A ce sujet, le MLC déclare ce qui suit :
1. La signature d’une pétition pour demander la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée Nationale procède de l’exercice d’un droit constitutionnel reconnu à tout Parlementaire par l’article 116 de notre Constitution, et ne constitue donc pas une infraction.
2. La liberté de circuler sans restriction ni entrave sur l’ensemble du territoire national est un droit garantie par la Constitution de la RDC à tout citoyen en général (article 30) et aux Députés et Sénateurs en particulier (article 109).
En considération de tout ce qui précède :
- Le MLC condamne avec la dernière énergie cette violation intentionnelle de la Constitution par le Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga et s’indigne des propos irrévérencieux et totalement irresponsables de ce dernier à l’endroit des signataires de la pétition sus évoquée.
- Le MLC s’inquiète de cette énième dérive qui met en danger le pacte républicain qui lie le MLC aux autres partis politiques et Institutions de la République ; pacte qui est le soubassement de l’engagement du MLC à jouer le jeu démocratique, à la seule condition, que toutes les parties prenantes respectent les règles du jeu.
- Le MLC interpelle le Président de la République, Chef de l’état en sa qualité de Garant de la Constitution et du bon fonctionnement des Institutions de la République ; pour qu’il mette fin aux violations délibérées et répétées, par les membres de sa famille politique, de la Constitution et des autres textes légaux et réglementaires qui régissent le pays.
- Le MLC prend à témoin la communauté nationale et internationale au sujet de ces menaces proférées contre les Députés nationaux et Sénateurs par le Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga, et attire leur attention sur les conséquences graves qui pourraient en découler, au moment même où le pays tente laborieusement de se sortir du bourbier de la guerre à l’Est.
- Le MLC réitère son engagement à contribuer à l’avènement d’un Etat de droit dans notre pays.
Fait à Kinshasa, le 12 février 2009.
« Avec Dieu nous vaincrons. »
François Muamba
Secrétaire Général
12:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12 février 2009
Tempête à l'AMP !
(Le Phare 12/02/2009)
Ceux qui croyaient au retour de l'accalmie au sein de la majorité présidentielle vont certainement déchanter. Au moment où des plénipotentiaires du gouvernement se succèdent sur les différentes chaînes pour chanter l'arlésienne du succès de l'opération rwando-congolaise contre les FDLR, les nouvelles qui nous parviennent font état d'un malaise qui couve et qui tire, cette fois, ses origines de la volonté affichée par les faucons de mettre la classe politique au pas. Au cœur du problème : encore et toujours les conséquences politiques à tirer de la déclaration du président de l'Assemblée nationale en rapport avec l'intervention des troupes rwandaises à l'Est du pays. On se rappelle qu'à la suite de la confirmation par les médias périphériques de la présence de l'armée rwandaise au Congo pour traquer les Fdlr, Vital Kamerhe avait exprimé ses inquiétudes au micro de Radio Okapi. Il s'était notamment posé la question de savoir s'il était envisageable que le gouvernement congolais invite les troupes rwandaises alors que les plaies (ndlr. des différentres agressions) ne se sont pas encore refermées, et encore moins cicatrisées.
Question. En sa qualité de président de l'Assemblée nationale, de membre important du principal parti de la coalition au pouvoir ou de citoyen tout court, Kamerhe avait-il le droit de s'exprimer librement sur une matière qui concerne la souveraineté nationale et l'intégrité du territoire ? Avait-il le droit de contrarier le point de vue officiel ? Tout le débat est là. Et la seule réponse qui y semble aujourd'hui réservée est qu'il faut congédier le parlement, à défaut d'obtenir la démission volontaire ou le départ forcé du cadre " indiscipliné " de la coalition. Selon les informations qui circulent depuis le dernier week-end, les responsables des partis politiques représentés à l'Assemblée nationale ont reçu des instructions pour mettre fin à ce qui est considéré par certains comme une dangereuse recréation. L'action devrait se dérouler à trois niveaux : convaincre chaque député individuellement sur la nécessité de donner une conclusion à une situation détestable. Ensuite, s'assurer de la fidélité de chaque groupe parlementaire et enfin, passer à l'action dès la reprise officielle des activités parlementaires. Mais ce calendrier arrêté en début du week-end semble contraint aux accélérations à la suite de la démarche des députés signataires de la pétition réclamant une session extraordinaire consacrée aux événements de l'Est. On sait maintenant que 260 députés ont apposé leurs signatures au bas de cette pétition et la parade trouvée depuis hier semble d'opposer à celle-ci une autre pétition, signée cette fois dans l'objectif de pousser Vital Kamerhe à la porte de sortie. La démarche, apprenait-on hier soir des sources proches d'un groupe parlementaire de la coalition, vise à placer chaque député au pied du mur : signer et mériter la confiance de son parti ou refuser et se mettre en difficulté. Risques La démarche n'est pas sans présenter quelques risques. On sait en effet qu'à l'occasion d'une réunion extraordinaire du parti présidentiel consacrée à la déclaration de Vital Kamerhe sur Radio Okapi, les participants avaient dans leur écrasante majorité épousé le point de vue du président de l'Assemblée nationale. Le dossier aurait pu être géré autrement à partir de ce moment là mais c'était manifestement sans compter avec l'opiniâtreté des faucons qui ont décidé et obtenu qu'il n'en soit pas ainsi. Mais en sollicitant le vote de défiance des députés, les faucons disposent-ils des moyens d'agir sur la conscience d'un chacun, dans une opération qui se déroulera, conformément aux règles, à bulletin secret ? Et qu'arrivera-t-il si la démarche ne débouchait pas sur les résultats escomptés ? Ayant réponse à tout, les faucons disent : la dissolution ! Oui, mais dissoudre pour faire quoi ensuite ? La constitution est claire en son article 148 : la dissolution doit être suivie de l'organisation de nouvelles élections dans les soixante jours. Le Congo aujourd'hui sans moyens pour organiser les élections locales peut-il se permettre un tel luxe ? L’objectif réel n’est-il pas de priver le pays d’un moyen puissant de contrôle pour le livrer aux prédateurs de tous bords ? Parlons vrai Au-delà des reproches qu'on peut faire aux uns et aux autres dans l'analyse de cette triste affaire, n'oublions pas l'essentiel : le rejet par un congolais de la présence au Kivu d'une armée connue pour ses incursions et agressions répétitives dans cette partie de la République. Quel discours peut-on tenir à l'endroit des citoyens de ce pays et particulièrement ceux des zones concernées par la présence militaire querellée, pour justifier des sanctions qui risquent de faire passer toute la classe politique de notre pays comme atteinte du " syndrome de Pavlov ". Ne va-t-on pas donner raison à ceux qui pensent très sérieusement que Paul Kagame aura cette fois réussi un coup double en République Démocratique du Congo, d’abord en obtenant le retour officiel de son armée, et ensuite en jetant le trouble au sein de nos institut-ions ? Il est temps de bien regarder ce que l’on fait au lieu de se réveiller toujours trop tard. Affaire à suivre.
(L.P.)
2009-02-11
21:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09 février 2009
Le Potentiel: Face à l’incapacité du pouvoir et la démission de l’élite, le peuple congolais doit reprendre la main
La Conférence de presse sur le thème « La fin de la guerre du Kivu, quelles perspectives d’avenir ? » organisée par le groupe de presse Le Potentiel à la paroisse Notre-Dame de Fatima le samedi 7 février 2009 a été l’occasion de faire le point et prendre la température de l’opinion nationale sur la question de l’heure, la présence des troupes rwandaises et ougandaises sur le territoire national. Outre les exposés des orateurs du jour, Arthur Kepel de l’ICG, les professeur Philippe Biyoya et Kibanda, l’assistance a eu droit, en bonus, à une intervention du député Ernest Kyaviro, l’initiateur de la pétition parlementaire pour la convocation d’une session extraordinaire du Parlement.
C’est dans une salle de Fatima bien remplie que les trois orateurs ont déroulé la toile de la guerre de l’Est. Celle-ci peut se résumer en quelques mots. Primo, la guerre de l’Est est bel et bien une guerre économique, animée principalement par les puissances anglo-saxonnes qui ont décidé de faire main basse sur les matières premières congolaises, « quel qu’en soit le prix et quel que soit le nombre de morts ». Secundo, le pouvoir congolais est bel et bien responsable de la déconvenue nationale, soit par complicité, soit par incompétence. Tertio, l’élite congolaise a bel et bien sa part de responsabilité dans le démantèlement du Congo, par son abdication.
Le professeur Biyoya, constitutionnaliste de sa spécialité, répondant à ceux qui voulaient justifier l’entente avec le Rwanda par l’accord de Nairobi, a fait remarquer qu’un tel accord ne pouvait pas prendre force sans l’adoption préalable d’une loi l’autorisant. Par conséquent, la Constitution de la République a été une fois de plus mise à mal. L’expert de l’International Crisis Group Arthur Kepel a, quant à lui, révélé aux uns et rappelé à la plupart, carte géographique en appui didactique, le projet du président ougandais Museveni de construire un barrage hydroélectrique dans la zone voisine de la frontière commune avec la RD Congo. Il a expliqué que la pacification de la région est considérée par Museveni comme un préalable pour la réalisation de ce projet. Or, selon lui, le gouvernement congolais n’est pas capable de maintenir la paix. D’où la présence des troupes ougandaises dans la Province Orientale. C’est dire, contrairement aux certitudes du chef de l’Etat, que ce n’est pas dans quinze jours, ni dans trente, ni dans six mois que les troupes étrangères partiront de notre territoire.
Malaise au palais
Avant la traditionnelle séance de questions et réponses, la parole a été accordée au député Kyaviro. Le fait qu’un membre du camp présidentiel comme lui, a-t-il laissé entendre, soit à la base d’une pétition d’une telle importance, souligne assez la gravité de la question qui doit être appréhendée dans une perspective qui transcende les clivages politiques. « La question doit être traitée au Parlement et non dans la rue ». Belles paroles, nobles intentions, mais l’on n’a pas senti la conviction dans les mots, comme si le député fauteur de troubles avait subi des pressions pour mettre de l’eau dans son vin.
Outre les habituels applaudisseurs délégués par le camp présidentiel pour faire du bruit dans la salle, on a noté la présence d’un intellectuel dont la finesse de l’intelligence et du langage n’échappent à personne. Le député Atundu a pris la parole pour parler de lieux communs. Une grandiloquence gratuite qui nous laisse sur notre soif. Quand un fin parleur comme Atundu Liongo ne laisse pas d’empreinte dans nos intelligences, c’est que le navire présidentiel prend eau. Dès lors, une question lancinante se pose à tous : Que faire ?
Le peuple doit reprendre la main
Les analystes ne nous contrediront pas. Aucun élément sérieux ne permet de prédire une amélioration du fait du pouvoir ou des politiciens actuels. Dès lors, le souverain primaire, c.-à-d. le peuple, doit reprendre la main. Deux raisons majeures rendent cette option inévitable.
1° Le gel de la pétition du Parlement.
Alors que le nombre des voix requis pour la convocation de la session extraordinaire est atteint, celle-ci n’est toujours pas à l’ordre du jour. Cela peut donner lieu à toute sorte d’hypothèses : - Le Parlement est une affaire privée du Bureau qui décide, selon son bon gré, de convoquer ou non la session. - Les députés qui ont signé la pétition ne tiennent pas réellement à son exécution, mais ils tremblent pour leurs intérêts menacés. Face aux inquiétudes de la base, particulièrement des populations de l’Est qui ont voté massivement pour le président de la République et pour les parlementaires de sa chapelle, il faut désamorcer la crise avec de feintes indignations. Les députés font donc semblant de protester, signent une déclaration (qui n’engage que celui qui y croira) et puis le temps faisant son œuvre, on oubliera, comme on a oublié la question sur la nationalité, la révision des contrats en chinoiseries, ou l’occupation de Kahemba… - Le camp présidentiel, dont un illustre représentant au sénat, un certain Jean Sharp Kakoko (si notre mémoire est bonne), avait déchiré la pétition des parlementaires, montre le poing à quiconque oserait …
2° La crise politique imminente au sommet de l’Etat
Faut-il savoir lire dans la boule de cristal pour comprendre que le PPRD et l’AMP sont en train d’imploser ? Dans son numéro 4541 du vendredi 7 février 2009, Le Potentiel titrait à la une « Vital Kamerhe dans le collimateur des faucons du PPRD. »
Sauf à vouloir jouer à la cécité politique, cette rivalité Kabila-Kamerhe va bientôt éclater en crise politique nationale. Il faut cependant savoir qu’à certains moments de la vie, d’un homme ou d’un système, les crises sont nécessaires pour amorcer un nouveau départ. Une crise de larmes, quand le cœur en a trop supporté, ou un orage qui éclate quand le ciel est trop plein de nuages noirs et tristes. Et après la pluie vient le beau temps.
Ceux qui lisent avec des œillères croient que la crise frappe le PPRD et le PPRD seul. Que non ! Il s’agit d’une crise généralisée qui n’épargne personne. Il y a quelques jours, nous suivions à la télévision avec stupéfaction Félix Tshisekedi, probablement le fils de son père, occupé à vilipender une partie des cadres de l’UDPS qui avaient désobéi au président national historique.
C’était burlesque de voir cette bataille de chiffonniers au moment où l’on aurait attendu un parti de telle envergure au front pour conduire l’opinion contre l’occupation rwandaise.
La crise n’a pas épargné le Palu dont le leader lumumbiste a perdu l’usage de la parole au moment où toute l’opinion s’émeut pour la souveraineté et l’intégrité nationales. Le MLC François Muamba peut encore donner le change en ne faisant rien et en profitant du martyr de JP Bemba.
La crise politique est générale, et elle est salutaire. Elle répond à la loi des cycles, une loi de la nature. Nous devons aider tous ces partis d’un autre siècle à mourir «na malembe», afin de renaître peut-être demain avec un nouveau corps, un nouvel esprit. C’est ça l’amour du prochain, et non le fait de vouloir maintenir artificiellement en vie des structures largement ménopausées.
Pour revenir à la dissension entre Kabila et Kamerhe, la démission annoncée du président de l’Assemblée nationale provoquera, on s’en doute, des remous, car l’homme est populaire dans son hémicycle, et il faut avouer qu’il ne sera pas facile de lui trouver un successeur capable de « dribbler » les députés de droite et de gauche comme il sait si bien le faire. Probablement l’Assemblée nationale deviendrait ingouvernable et il faut s’attendre à ce que les « Faucons de la capitale » conseillent au chef de l’Etat la dissolution du Parlement. Imaginez la suite. Apocalypse !
Mais nous n’avons pas le choix. Il faut coopérer à cette crise de toutes nos forces : Kabila et Kamerhe doivent divorcer, pour leur propre bien et pour le bien de tous. Souvenons-nous de ce récit biblique où Pierre, zélé mais d’un zèle sans intelligence, coupe l’oreille au soldat Malthus de la cohorte qui venait pour arrêter Jésus. Mais Jésus répondit : Comment s’accompliraient les écritures si je ne meurs pas ? Comment le Congo peut-il être sauvé si les crises salvatrices sont esquivées pour un confort précaire des gouvernants ?
Voici notre contribution à la crise. Il y a une pétition en ligne intitulée « RD Congo : toute la vérité sur les accords avec le Rwanda ». Vous la trouverez sur le site www.lapetition.be, dans la rubrique (Menu) « Politique ». Cette pétition est adressée aux Présidents de l’Assemblée nationale (Vital Kamerhe) et du Senat (Léon Kengo). L’article 27 de la Constitution stipule ce qui suit : « Tout Congolais a le droit d’adresser individuellement ou collectivement une pétition à l’autorité politique qu y répond dans les trois mois. Nul ne peut faire l’objet d’incrimination, sous quelque forme que ce soit, pour avoir pris pareille initiative ». Le fait de signer une pétition est comparable à introduire son bulletin dans l’urne. Un petit geste citoyen, mais qui participe à la force du peuple. Cela ne coûte vraiment rien d’exercer ce droit, et le seul risque que l’on court c’est d’apprendre à naviguer sur l’Internet.
Si le peuple congolais ne peut pas prendre cette peine d’exercer sa liberté d’expression, s’il ne préfère que des discours, des jérémiades à la télévision et regarder des matches de la champions league, alors le Congolais mériterait bien son sort. Mais nous croyons que tel n’est pas le cas. Alors, allons signer, en attendant le moment venu, d’aller déposer la pétition physique.
Commençons par là, et demain sera bien. A chaque jour suffit sa peine.
Serge Gontcho
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05 février 2009
En proposant un « Sud Soudan » congolais: Museveni dévoile le « plan anglo-saxon »
En proposant un « Sud Soudan » congolais: Museveni dévoile le « plan anglo-saxon »
(Le Potentiel 05/02/2009)
Le vaste complot contre la RDC est désormais une réalité. La preuve incontestable est cette litanie de « plans » pour soi-disant sécuriser la Rdc, et la région des Grands Lacs. Mais en réalité, tous ces plans ne visent qu’à balkaniser le Congo. Après les plans Cohen, Sarkozy, Obama, le président ougandais Yoweri Museveni, vient de se distinguer. Juste au moment où ses troupes sont encore en RDC pour proposer aux Congolais le « schéma » soudanais. Pas du tout le fait du hasard. Selon les personnes averties, il serait exact de parler plutôt d’un « Plan anglo-saxon ».
Marie-France Cros de Libre Belgique, écrit ceci dans l’édition du 4 février 2009 en ce qui concerne l’opération militaire conjointe RDC-Ouganda au regard du malaise qui prévaut à Kampala : « Selon MRB (Southern African Monthly Regional Bulletin, janvier 2009), le chef des Affaires politiques du bureau présidentiel ougandais, Moses Byaruhanga, a déclaré que Kampala appuierait… une fédération des provinces congolaises du Kivu et Orientale, voire leur indépendance si Kinshasa l’acceptait. Ce point de vue serait soutenu par le porte-parole de l’armée ougandaise, le major Félix Kulayigye, qui a évoqué le précédent Sud Soudan, dans l’attente d’un référendum sur son autodétermination. Il s’agirait, selon MRB, de stabiliser la région.
La publication lie ces déclarations à la découverte de nouveaux gisements de pétrole côté ougandais de la frontière par un consortium privé « Tullow Heritage Oil » qui cherche à obtenir de Kinshasa son accord pour exploiter l’or noir du côté congolais. Connaissant la sensibilité du Congo au sujet de l’autonomie de ses provinces minières, il semble peu probable qu’un tel schéma soit accepté. Le fait qu’il soit publiquement évoqué à Kampala ne peut qu’inquiéter les Congolais – qui pour le moment, pourtant, ne s’en préoccupent guère, obnubilés qu’ils sont par leur hostilité au Rwanda ».
Coïncidence troublant
La journaliste belge a toutes les raisons de dire que les Congolais ne peuvent que s’inquiéter. Et ce, pour des coïncidences totalement troublantes. Tenez.
Museveni fait sa proposition après la publication des plans Cohen, Sarkozy et Obama. Or, en lisant attentivement les observations du MRB, cette proposition de Museveni rejoint celles de Cohen et de Sarkozy sur la revisitation des frontières héritées de la colonisation et la fragilisation de l’économie congolaise pour renforcer celles des pays anglophones. Particulièrement, l’Ouganda et le Kenya.
Fait plus grave, Museveni émet cette proposition au moment où ses troupes sont en RDC pour traquer la LRA. Or, cette opération a suscité un malaise en Ouganda, au sein des officiers ougandais. Libre Belgique relate que cette opération est critiquée à Kampala dans la mesure où l’Etat-major général ougandais aurait été « court-circuité. D’où cette absence de stratégie. Le chef des opérations n’est autre que le propre fils de Museveniu, le Lieutenant-Colonel Muhoozi Kainerugaba. Pourquoi ?
En attendant la réponse à cette interrogation, à Kampala l’on parle de ce que l’opération a récolté un résultat mitigé au regard de la capacité militaire de l’armée ougandaise. Même l’ancien président mozambicain, Joachim Chissano, aurait fait observer au président Museveni de ne pas sous-évaluer la capacité militaire de la LRA
Plan Anglo-Saxon
Une analyse profonde de ces observations laisse entrevoir que cette opération militaire, pour l’Ouganda, a un double objectif : s’assurer du contrôle des richesses congolaises, notamment le pétrole de l’Ituri ou du Lac Albert. Ensuite, affaiblir économiquement et politiquement la RDC pour continuer à avoir un droit de contrôle sur l’exploitation de ses richesses, sous le prétexte des « accords secrets » qui auraient été signés. Qu’un malaise sévisse dans les rangs des officiers ougandais qui condamnent le « manque de stratégie dans l’opération » ; qu’une autre partie des officiers soutienne cette proposition, il y a risque de voir la présence des soldats ougandais en RDC prendre plus de temps que prévu.
Mais là une réflexion sérieuse s’impose, c’est que des observateurs qui analysent cette succession de « propositions ou de plans », sont convaincus que cette proposition n’est pas de Museveni. Mais de ce groupe obscur anglo-saxon dont l’influence dans les conflits en Afrique des Grands Lacs ne serait qu’un secret de polichinelle. Influence néfaste stigmatisée par bon nombre de groupes de réflexion favorables à une Afrique sereine, tirant des rémunérations conséquentes de ses ressources naturelles. Lesquelles ressources malheureusement sont pillées par ces forces centrifuges, ces gouvernements étrangers, comme le disait si bien Barack Obama, et qui se servent de certains Etats ou personnalités politiques africaines pour aliéner les attributs de l’indépendance des Etats africains souverains.
La bataille est rude, longue
De ce qui précède, les Congolais doivent savoir que le cauchemar est loin d’être fini. Ils doivent s’armer davantage de détermination, de volonté politique pour lutter contre la spoliation, le pillage des richesses de la communauté et la balkanisation de la République démocratique du Congo.
Certes, qu’il existe des accords de défense mutuelle dans la région des Grands Lacs pour mettre fin à l’insécurité et instabilité dans la région. C’est de bonne guerre. Mais que l’on soit naïf pour hypothéquer l’avenir de tout une Nation, voilà qui doit pousser les Congolais à être toujours vigilants. Les agresseurs d’hier ne peuvent en aucune manière devenir subitement des « enfants de chœur ». Tout doit être mis en œuvre pour déjouer tout plan machiavélique et funeste, d’où qu’il vienne.
Car, le péril est toujours en la demeure. La bataille est rude et longue qu’il faut absolument motiver les Congolais pour susciter toujours en eux un élan de nationalisme et de solidarité. Devoir de mémoire collective oblige. La balle est dans le camp des autorités, des partis politiques, des juristes...
Par Le Potentiel
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03 février 2009
Réagissant au point de presse du chef de l’Etat
Par Le Potentiel
Le Mouvement de libération du Congo (MLC) a réagi lundi à Kinshasa au point de presse du président de la République, Joseph Kabila, disant « craindre » la création de nouvelles rébellions à la suite d’une « intégration accélérée » du CNDP au sein des FARDC.
«Nous constatons avec étonnement l’intégration accélérée des éléments du CNDP au sein des FARDC, sans l’identification des personnes, sans aucun critère de moralité et de patriotisme. Il est à craindre que cette façon de procéder ne conduise encore à la création d’autres rébellions », s’est inquiété son secrétaire général, François Muamba, au cours d’une conférence de presse au cercle Elaeis, à Gombe.
A propos de l’accord conclu entre la RDC et le Rwanda le 5 décembre 2008, il a stigmatisé « l’illisibilité et l’opacité » que le chef de l’Etat « a installées sur les accords des opérations combinées entre les FARDC et les RDF contre les FDLR, concernant la durée des opérations, l’espace opérationnel, le mode d’intégration dans les FARDC des éléments du CNDP, Pareco et autres bandes armées ainsi que le sort de Nkunda ».
De ce fait, le MLC « redoute » que ces « opérations planifiées » ne provoquent, une fois de plus, des menaces sur les populations civiles en RDC « et dont les autorités congolaises seront rendues responsables et coupables dans l’avenir».
S’agissant de la crise financière internationale, François Muamba a promis une « approche » du MLC.
Il a justifié cette démarche par le fait que le MLC « a pris acte de ce que le leadership de notre pays ne semble disposer d’aucune vision sur la manière de relancer notre économie, abandonnant le citoyen congolais, désormais contraint de vivre d’expédients au 21ème siècle, comme s’aucuns vivaient de la cueillette au Moyen-âge ».
Parlant de « la réconciliation nationale sur laquelle le chef de l’Etat est maintes fois revenu depuis le début de son mandat », le secrétaire du général du MLC a constaté qu’elle « a de moins de chance de se réaliser ». Car, selon lui, « les accords secrets passés entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, sans que l’opinion nationale à travers le parlement n’en soit informée, divisent les populations congolaises, la classe politique et, bien plus grave, les institutions de la République ». LE POTENTIEL
Déclaration du secrétaire général du MLC
Chers compatriotes, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs
Au moment où notre Patrie, la RDC, plus que jamais auparavant, devient la risée du monde, donnant l’impression de ne savoir que faire de ses espaces et ses richesses naturelles ; en même temps que les Congolais croupissent dans une misère sans nom, le président de la République a choisit de s’exprimer à la Nation.
Compte tenu de la rareté d’un tel exercice de sa part, le moment était solennel. Le peuple a pour la circonstance ouvert ses yeux pour voir et les oreilles pour entendre ce que le chef de l’Etat allait dire, sur des questions d’intérêt national, à savoir, la guerre et les nouvelles alliances à l’Est du pays, la conséquence et la résolution chez nous de la crise internationale, le bilan à mi-parcours de l’exécution des cinq chantiers et la nécessaire réalisation de la réconciliation nationale.
Le chef de l’Etat a bien abordé tous ces sujets sans conviction et, surtout, sans convaincre. Aussi, l’objet de cette conférence de presse est-il, non seulement, de partager cette déception avec l’opinion mais, plus substantiellement, d’indiquer à notre peuple qu’il est possible de nous en sortir, à condition de faire fi du pouvoir actuel sans vision, et de faire bloc autour de la nécessité d’une alternance démocratique.
DE LA SITUATION A L’EST
1. Concernant la nature de l’accord conclu entre la RDC et le Rwanda sur les opérations militaires conjointes dans le Nord-Kivu
On constate que le chef de l’Etat a installé davantage l’illisibilité et l’opacité sur les accord des opérations combinées entre les FARDC et les RDF contre les FDLR, concernant :
- la durée des opérations ;
- l’espace opérationnel ;
- le mode d’intégration dans les FARDC des éléments du CNDP, PARECO et autres bandes armées ;
- Ainsi que le sort de Nkunda
Nous redoutons que les opérations ainsi planifiées ne provoquent, une fois de plus, des massacres de nos compatriotes civiles sur notre sol et dont les autorités congolaises seront rendues responsables et coupables dans l’avenir.
2. Concernant l’intégration accélérée des éléments du CNDP au sein des FARDC, sans l’identification des personnes, sans aucun critère de moralité ni de patriotisme.
Il est à craindre que cette façon de procéder ne conduise encore à la création d’autres rébellions.
3. Concernant les armés Nous avons entendu de la bouche du chef de l’Etat que cette opération vise, entre autres, la décapitation des milices tribales pour permettre l’intégration du CNDP ; ce qui correspond à un objectif totalement nouveau et contraire au Programme Amani auquel il semblait, tout récemment encore, fortement attaché.
DE LA CRISE FINANCIERE INTERNATIONALE
Le monde est en crise. Une crise dont tous les spécialistes indiquent qu’elle est, pour le moins, aussi grave que celle qui ébranla l’économie mondiale dans les années 1929/1930. Si cette crise frappe indistinctement les pays riches et les pays émergents, elle sévit avec plus d’acuité encore dans les pays sous-développés, singulièrement dans ceux qui sont mal, voire pas gérés du tout, comme c’est le cas de la RDC, notre pays
Prenant la parole d’une manière solennelle devant les Congolais, le chef de l’Etat se devait d’indiquer à ses compatriotes, sa vision sur la manière dont l’Etat allait agir pour relancer l’activité génératrice d’empolis et, surtout, pour protéger les familles congolaises les plus vulnérables.
Or, qu’avons-nous entendu ? La crise est là, il faut diversifier l’économie, il faut davantage d’agriculture et pour ce faire, l’Etat a commencé à acheter 700 tracteurs, et il en sera ainsi chaque année ! Doit-on comprendre que pour le chef de l’Etat, pour faire face à la crise financière, à la chute brutale des cours des matières premières, à la fermeture des PME/PMI un peu partout dans le pays, jetant des millions de Congolais au chômage, la réponse est : chaque année vous aurez 700 tracteurs !
Voici donc pourquoi, prenant acte de ce que non seulement le leadership de notre pays ne semble disposer d’aucune vision sur la manière de relancer notre économie, abandonnant le citoyen congolais, désormais contraint à vivre d’expédients au 21ème siècle, comme d’aucuns vivaient de la cueillette au Moyen-Âge.
A cet effet, le MLC présentera très prochainement aux Congolais son approche de la résolution de la crise économique dans notre pays, étant donné que nous avons pris l’engagement d’offrir à notre peuple la possibilité d’une alternance démocratique et nous tiendrons parole.
DES CINQ CHANTIERS
En ce qui concerne les Cinq chantiers dont le financement devait provenir des entreprises chinoises, en échange de nos minerais, nous avons noté avec étonnement que le président de la République, initiateur déclaré de ce vaste programme de reconstruction nationale, n’ait été en mesure, à mi parcours de son mandat, d’en esquisser même un état d’avancement sommaire, se contentant encore et toujours d’en annoncer le démarrage. Des 8 milliards Usd attendus, contre l’exploitation de nos ressources minières pendant une période inconnue et qui pourrait correspondre ce jour, à un bail emphytéotique (99 ans) : suite à la chute des cours du cuivre et d’autres minerais, le président de la République annonce que 750 millions Usd seront décaissés en 2009, un milliards Usd en 2010 et 750 millions en 2011, soit un total de 2,5 milliards Usd. A quand la différence pour solder cet échéancier ?
Tel qu’il ressort des propos du chef de l’Etat, il y a lieu de craindre que ses Cinq chantiers ne soient un mort-né, d’autant plus que la tricherie, par la manipulation et la propagande ont poussé le gouvernement à présenter à l’opinion les réalisations financées par des partenaires traditionnels, comme faisant partie des 5 chantiers.
Pour rappel, les 5 chantiers sont : l’eau et l’électricité, l’éducation, la santé, l’emploi et les infrastructures. La réalité sur terrain montre que la desserte en eau et en électricité continue à se limiter aux fournitures habituelles de la Regideso et de la Snel, avec une détérioration persistante. Dans l’éducation, aucune réforme n’a été enregistrée quant à l’amélioration de la qualité de l’enseignement ni des conditions des enseignants. En matière de santé, le chef de l’Etat n’a même pas eu à évoquer le cas du virus Ebola ni du sida.
Quant à l’emploi, le président de la République propose d’envoyer tous les jeunes chômeurs sans distinction (médecins, pharmaciens, informaticiens, infirmiers, etc.) aux travaux agricoles et d’élevage. Peut-on mécaniser l’agriculture avec seulement 700 tracteurs pour une étendue de 120 millions d’hectares de terres cultivables ? La politique agricole se limiterait-elle uniquement à la mécanisation ? Que fait-on des problèmes d’évacuation, de commercialisation, de consommation, etc. ?
Quant aux travaux de réhabilitation des infrastructures, comme dit plus haut, nous notons une fois de plus que seuls les programmes initiés avec nos partenaires traditionnels –Banque mondial, BAD, Union européenne, Fonds Koweitien, CTB, DFID) ont réellement démarré.
DE LA NECESSITE D’UNE RECONCILIATION NATIONALE
Il sied de noter que la réconciliation nationale, sur laquelle le chef de l’Etat est maintes fois revenue depuis le début de son mandat, a de moins en moins de chance de se réaliser. En effet, les accords secrets passés entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, sans que l’opinion nationale, à travers le Parlement, en soit informée divisent les populations congolaises, la classe politique, et bien plus grave les Institutions de la République. L’aveu du chef de l’Etat, quant au rôle prépondérant qu’il a joué dans sa collaboration active avec la CPI pour faire des Congolais les premiers et, peut-être, les seuls justiciables de cette juridiction internationale est absolument étrange. Son option à ne point livrer Jean-Bosco Ntagana à la même CPI, démontre à suffisance à quel point le chef de l’Etat est adepte de la justice à deux vitesses, pour n’envoyer à la Cour pénale internationale que des adversaires politiques gênants tel le sénateur Jean-Pierre Bemba et s’accommoder des autres, même si de graves présomptions de charge pèsent sur ces derniers.
Dès lors, comment pourrait-on réaliser la pacification de l’Est, qui postule la mobilisation des forces politiques et sociales sur l’ensemble du pays, dans un contexte de rupture du consensus national ?
Bien plus encore, il n’y a pas que le consensus national qui a été rompu. En effet, le récent communiqué de la Monuc annonçant son refus de participer à toute opération dans laquelle M. Bosco Ntagana serait associé, ouvre la voie à une rupture de consensus international quant aux opérations qui se déroulent dans l’Est du pays.
Ceci démontre, une fois encore, que le pouvoir actuel continue à s’enfermer dans une logique de triomphalisme arrogant qui risque, si l’on y prend garde, d’entraîner le pays dans un chaos politique, économique et diplomatique.
10:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01 février 2009
Kabila doit partir" scandé lors d'une manif à Bruxelles
Une manifestation d'opposants congolais au régime de Joseph Kabila a été organisée samedi après-midi dans les rues de Bruxelles afin d'exiger le retrait immédiat des troupes rwandaises des territoires congolais et la démission du président.
Quelque 270 manifestants, selon les chiffres de la police, sont partis du boulevard Albert II à Bruxelles vers 14H30 et ont rejoint en fin de parcours la Bourse.
La dislocation des manifestants a eu lieu vers 17H00. "Le génocide au Congo : 10 millions de morts, l'extermination du peuple", "Le Congo est notre chère patrie, nous sommes un peuple souverain", "Kabila doit partir", pouvait-on lire sur des calicots.
A mi-parcours, plusieurs manifestants se sont couchés sur le boulevard Anspach, perturbant le trafic automobile dans les deux sens du boulevard. La manifestation s'est déroulée sans incident, selon la police.
"En autorisant l'armée rwandaise à entrer sur le territoire congolais, Kabila a trahi officiellement le peuple congolais et violé la constitution du pays. On ne peut accepter cela. Nous demandons la démission de Kabila qui est un allié du président rwandais Kagamé. Kabila veut fragiliser notre pays et notre armée", a déclaré Henry Muke, l'un des organisateurs de la manifestation.
A l'occasion de cette manifestation, les organisateurs avaient publié un mémorandum destiné aux autorités des institutions de la communauté internationale et aux chefs d'Etat de pays de l'Union européenne et des Etats-Unis.
"Le peuple congolais dans son ensemble s'indigne de l'accord récent de collaboration signé entre le gouvernement de Joseph Kabila et la régime rwandais de Paul Kagamé consacrant le retour officiel des troupes rwandaises sur le territoire congolais. Personne n'ignore la barbarie et la cruauté dont les forces armées étrangères ont fait preuve sur les populations civiles congolaises", écrivent les auteurs du mémorandum.
"Le peuple congolais prend à témoin la communauté internationale sur les conséquences désastreuses qui découleront de ces opérations 'Congo-Rwanda' sur les citoyens et le territoire congolais. Car là où le Rwanda opérait en cachette, M. Joseph Kabila vient de lui donner une voie officielle, c'est-à-dire permettre que l'armée rwandaise envahisse le territoire congolais", écrivent-ils encore à l'adresse des chefs d'Etats européens et américain.
10:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27 janvier 2009
Vital Kamerhe n’était pas au courant...
En votre qualité de président de l’Assemblée nationale, aviez vous été informé de l’entrée des troupes rwandaises en territoire congolais ?
Ma réaction a été celle de l’étonnement, comme je l’ai déclaré aux élus du Kivu et à Radio Okapi : je n’ai jamais été informé de quoi que ce soit et je crains que le Congo ait conclu un marché de dupes. Voici que l’armée rwandaise a été autorisée à manœuvrer au Nord Kivu et au Sud Kivu, tandis que l’armée ougandaise mène déjà des opérations en Province Orientale contre l’Armée de résistance du Seigneur, la LRA…C’est comme si nous étions ramenés aux débuts de la première guerre, en 1996, lorsqu’avaient été conclus les fameux accords de Lemera entre Laurent Désiré Kabila et ses alliés du moment, le Rwanda et l’Ouganda…
A l’époque, ces deux pays voulaient intervenir militairement sur notre territoire pour neutraliser leurs opposants, mais en fait, ils voulaient accéder aux ressources du Congo et être présents dans les structures politiques congolaises. C’est pour mettre fin à cela que le 27 juillet 1998, Laurent Désiré Kabila avait exigé le départ de James Kabarebe, qui, à l’époque, était chef d’état major de l’armée congolaise ! Le 2 août, le même Kabarebe avait entamé la guerre à l’Est. Et le voilà qui revient maintenant au Kivu, avec l’accord de Kabila !
Ne s’agît-il pas de combattre les Hutus du FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) avec, en contrepartie l’arrestation de Laurent Nkunda ?
Lorsqu’après les accords de paix, tous les dirigeants du RCD Goma, la rébellion soutenue par Kigali, avaient gagné Kinshasa, Nkunda était resté en arrière. Il avait refusé de prêter serment, comme s’il demeurait en réserve, à la disposition de Kigali. Aujourd’hui, soumis à la pression de certains pays occidentaux (la Suède, les Pays Bas et même les Britanniques) Kagame le lâche. Et Kabila, lui, désamorce la pression qui était mise sur le Rwanda, comme Louis Michel, en disant que ça va aller, qu’un accord est en vue !
Quelles sont vos craintes ?
Je constate qu’en Province Orientale, où se déroulent des opérations conjointes contre la LRA, ce sont déjà 650 civils congolais qui ont été tués. J’ai bien peur pour les populations du Kivu :comment va-t-on faire pour distinguer les Hutus congolais des Interhahamwe, ces génocidaires rwandais qu’ils viennent chasser sur notre territoire ? A-t-on pensé aux dégâts collatéraux ?
Ensuite, je me demande comment, en quinze jours, une telle opération militaire peut réussir, si l’on sait que ces Hutus Interhahamwe sont chez nous depuis quinze ans, que l’armée rwandaise elle-même, alors qu’elle se trouvait au Kivu de 98 à 2002 n’y a pas réussi, pas plus que ses alliés du RCD, pas plus que Nkunda lui-même…Moi, ce que je crains, c’est que l’on plonge la région dans le chaos…
Où en sont le plan de sortie de crise proposé par l’Assemblée nationale et le Programme Amani ?
Tout cela a été balayé. Cependant, le plan de sortie de crise, que l’Assemblée avait soumis au gouvernement, traçait le cadre de nos relations avec le Rwanda et prévoyait le rétablissement des relations diplomatiques. Il proposait aussi une grande action humanitaire pour subvenir aux populations en détresse. Sur le plan politique, il était prévu d’examiner le cahier des charges présenté par le CNDP (Conseil national pour la défense du peuple) le mouvement de Nkunda.
Il était aussi prévu d’éradiquer les ex-FAR Interhahamwe, mais pas n’importe comment. Compte tenu de la faiblesse de notre armée, nous avions demandé qu’une force régionale de la SADC (conférence des Etats d’Afrique australe) l’Angola ou tout autre pays, appuyée par nos forces armées et par la MONUC puisse venir dans notre pays faire ce travail. Pour rassurer nos voisins, nous avions prévu qu’ils envoient ici quelques éléments chargés de faire du renseignement. Nous avions aussi souhaité l’appui d’une force européenne de type Artemis. Or voilà que nous invitons les troupes rwandaises sur le territoire congolais alors que nous sommes encore dans un processus de normalisation des relations diplomatiques ! N’est ce pas mettre la charrue devant les bœufs ?
LeCarnet de Collette Braeckman
10:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21 janvier 2009
Traque des FDLR: entrée des troupes rwandaises au Kivu : Kinshasa piégé
(Le Potentiel 21/01/2009)
Fin de la guerre CNDP-FARDC. Début de la guerre FARDC-DFR contre les FDLR. Comme si jamais les armes ne devaient se taire au Kivu empêchant les populations locales à vivre en paix.
Quelles que soient les causes profondes de cette nouvelle guerre, on sait toujours comment une guerre commence mais jamais quand elle se termine. Exactement ce qui se passe en Ituri avec l’opération conjointe Ouganda-RDC-Soudan contre la LRA. Sans succès jusqu’ici, mais l’armée ougandaise est rentrée officiellement en RDC. Il en serait peut-être le cas avec le retour de l’armée rwandaise en RDC. Remake de 1996 ? La question reste posée.
Un ou deux bataillons de l’armée rwandaise est (sont) entré (s) en République démocratique du Congo, au Nord-Kivu à la hauteur de la localité Kibumba. Le nombre de soldats est estimé à 1500 ou 2000 hommes de troupe. Si l’on s’en tient aux premiers éléments d’information, il s’agit d’une opération militaire conjointe « FARDC-DFR » (armée rwandaise) pour neutraliser les hutu rwandais des FDLR.
Le retour officiel de l’armée rwandaise a été constaté hier mardi matin. Selon Mende Omalanga, ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, dans une déclaration à Radio Okapi et Télé 7, il a confirmé cette présence de l’armée rwandaise en RDC : « Nous avons lancé une invitation à l’armée rwandaise qui est venue avec des officiers de renseignements. C’est ça leur mandat. C’est une opération menée conjointement par les FARDC appuyées par la Monuc ».
Si cette opération est conforme aux accords du 5 décembre 2008 signés à Goma entre les responsables congolais et rwandais, accords dont le contenu n’est pas connu, la question est celle de savoir si cette opération a été planifiée en évaluant toutes les conséquences. Notamment, la durée de cette mission militaire, la protection des populations, l’implication de la Monuc, de l’Union européenne et du Parlement congolais.
Nkunda contre les FDLR
Les points soulevés sont d’une importance capitale. Certes, il est temps que l’on finisse une fois pour toute avec cette histoire des forces négatives étrangères. Particulièrement, les Hutu des FDLR qui causent désolation au sein des populations congolaises. Non seulement ils ont chassé les autochtones de leurs villages, ils volent, pillent, violent et tuent.
Ensuite, il fallait enlever tout prétexte au Rwanda de renvoyer ses troupes au Congo ou de continuer à soutenir les groupes armés en RDC pour déstabiliser les institutions nationales. Aussi, a-t-on soutenu le processus de normalisation des rapports avec le Rwanda. D’autre part, sur le plan régional et international, un programme existe, DDRRR, pour neutraliser et rapatrier les rebelles rwandais dans leur pays. En cas d’échec de ce programme, l’Accord de Lusaka prévoit la traque des FDLR avec le concours de l’Onu, disons de la Monuc.
Curieusement, les choses ne se déroulent pas selon ce schéma. L’armée rwandaise est rentrée, et à en croire les autorités congolaises, elles mèneront cette opération conjointe avec les FARDC. Or, l’armée congolaise, en pleine restructuration, devrait bénéficier du concours de la Monuc. Ce qui n’est pas fait pour autant que les autorités de la Monuc affirment qu’elles ne sont pas concernées par cette opération. C’est dire que tout sera fait par l’armée rwandaise conjointement avec les éléments du CNDP. Une opération qui prendra le temps qu’il faudra dans la mesure où le commandement échappe à Kinshasa. Pour arriver à ce stade, les sources concordantes parlent « d’un contrat passé » entre Kigali et Kinshasa. C'est-à-dire, neutraliser Nkunda pour permettre à l’armée rwandaise de rentrer au Congo sous prétexte de traquer les FDLR.
Opération contre la LRA
Tout indique que Kinshasa est tombé dans le piège sans tirer les leçons de l’opération contre la LRA. Jusqu’à ce jour, il est hasardeux de parler d’un quelconque succès de l’opération militaire menée par le Soudan, l’Ouganda et la RDC contre la LRA. Pire, ce sont les populations congolaises qui continuent à payer le lourd tribut avec 620 morts et des villages incendiés. Curieusement, l’armée ougandaise s’est bien installée à Dungu et ne pourchasse plus les rebelles ougandais. Bien au contraire, l’Ouganda demande à Kinshasa de prolonger sa présence au Congo en occupant les zones minières et pétrolières de la province Orientale.
Le même scénario risque de se produire au Nord-Kivu. D’abord, après deux agressions contre la RDC, en 1996 et 1998, l’armée rwandaise n’a jamais réussi à déloger les FDLR, même avec l’appui du RCD-Goma. Le CNDP n’a pas fait mieux. Il a préféré faire la guerre contre les FARDC plutôt que de traquer les FDLR. « Nous ne craignons pas cette opération. Jusqu’à présent, il n’y a pas encore d’affrontements et nos troupes ne sont pas à Kibumba. Une coalition pour une cause injuste ne peut atteindre ses objectifs. Nous n’avons pas peur. Le Rwanda est en train de distraire la RDC et la communauté internationale », a déclaré Ignace Murwarashhyale, président des FDLR.
A en croire les premières analyses, l’armée rwandaise s’installera à Masisi et Rutshuru, une « zone très riche ». Elle s’apprête à obliger les éléments du CNDP-Nkunda qui disposerait de 30% de l’effectif total du CNDP à rejoindre le CNDP-Bosco. Il s’ensuivrait une opération de mixage contrôlée par l’armée rwandaise qui prépare un long séjour au Nord-Kivu. Une zone qui échappera alors totalement à la gouvernance de Kinshasa.
Mais là où cela devient intrigant et inquiétant, c’est de savoir pourquoi a-t-on décidé de débuter cette opération conjointe militaire au moment où le Parlement congolais est en vacances et que le président de la République, conformément à la Constitution, n’a pris aucun décret pour confirmer officiellement le retour des armées ougandaise et rwandaise au Congo.
Les Communautés du Nord-Kivu protestent
En attendant des réponses à ces interrogations pertinentes, les représentants des communautés du Nord-Kivu, dans une déclaration rendue publique hier 20 janvier, protestent contre le retour de l’armée rwandaise au Congo. Ils dénoncent le caractère illégal et anticonstitutionnel de cette opération et invitent l’armée rwandaise à regagner son pays. Ils menacent de retirer tous les élus ou représentants des communautés du Nord-Kivu de toutes les institutions de la République si cette opération militaire se poursuivait.
Déclaration des communautés du Nord-Kivu face au retour de l’armée rwandaise en RDC
Depuis le dimanche 18/01/2009, la population du Nord-Kivu constate avec surprise et indignation l’entrée massive de l’armée rwandaise en République démocratique du Congo.
Cette entrée a surpris principalement à cause de l’annonce, quelques jours plus tôt, de la fin de la guerre par le CNDP, les FARDC et le PARECO à l’hôtel Ihusi à Goma la veille même, le samedi 17/01/2009.
Devant cet inquiétant développement de .la situation, ressenti par les natifs comme une nouvelle agression cautionnée par certains fils du pays animé par des intérêts personnels aux contours obscurs, les communautés du Nord-Kivu dénoncent : 1. Le caractère illégal et anticonstitutionnel de l’opération, engagée par des personnes non habilitées et ne figurant ni dans les Actes d’engagement signés par nous tous à Goma, ni dans le Communiqué conjoint de Nairobi, ni par les Recommandations de l’Union Européenne, ni dans les Résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de l’ONU, ni dans ce qui était présenté comme agenda officiel des récentes négociations de Nairobi. 2.
L’inversion des priorités de la République: Les Congolais du Kivu, qui s’attendaient à voir tous les déplacés et réfugiés congolais retourner dans leurs milieux d’origine se voient plutôt imposer une nouvelle guerre entre étrangers sur notre sol, synonyme de nouvelles atrocités, de nouveaux génocides, de la poursuite de l’extermination des populations locales en vue d’un dépeuplement systématique. 3. L’absence j’un accord cadre déterminant les termes de référence, les limites spatiales et tempore les, le rôle de chaque intervenant, les conditions d’arrêt et surtout le chronogramme du retrait rapide et obligatoire des militaires étrangers et ce, au mépris des populations, des élus, des notables et des Institutions de la République. 4. L’absence totale de mesures de protection des populations au cours des opérations à venir, au retard des graves faiblesses observées par les opérations menées contre les rebelles de la LRA au détriment de nos compatriotes de la Province Orientale. 5. L’absence totale de toute implication de la Communauté Internationale et nos partenaires régionaux (SADEC, Union Africaine, CEAC, MONUC, UNION EUROPEENNE) alors que ces derniers ont, selon les accords de Goma, la responsabilité de la garantie de bonne fin du processus en cours.
Eu égard à ce qui précède, les communautés du Nord-Kivu: 1. Condamnent cette trahison et se réservent le droit d’user de tous les moyens à leur disposition pour faire échec à ce plan diabolique dont la finalité manifeste est de matérialiser la balkanisation de la République démocratique du Congo. 2. Demandent que l’armée rwandaise retourne chez elle sans délai. 3. Exigent que les filles et fils du Nord-Kivu se trouvant dans les institutions accordent au gouvernement 48 heures pour mettre un point final à la présence rwandaise en RDC. Passé ce délai, les ministres, Vices ministres tant nationaux eue provinciaux, les députés provinciaux et nationaux, les sénateurs, les mandataires publics de l’Etat devront faire le constat de la haute trahison et se retirer en vue de rejoindre le peuple qui doit se prendre en charge. 4. Demandent à la RDC, en cas d’opération nécessitant des interventions étrangères, de s’abstenir d’utiliser le voisin problématique et de se tourner plutôt vers d’autres partenaires, tels que la SADEC qui devront alors opérer sous mandat international. 5. Proposent à la communauté internationale d’inciter le Rwanda à organiser un dialogue inter rwandais pour mettre fin à ses contradictions interne~ et non les exporter indéfiniment en RDC. 6. Demandent aux congolais originaires de toutes les provinces, où qu’ils se trouvent de part le monde, de se souder comme un seul homme pour sauver la patrie en danger.
7. Demande à l’ONU, à l’Union Africaine, à la SADEC, à l’Union Européenne, d’user de toutes formes de pression pour arrêter la dérive du pouvoir en pic ce à Kinshasa qui, manifestement, ne respecte ni sa constitution, ni ses lois, ni l’intégrité de son territoire, ni même la vie de ses citoyens. Ainsi fait à Kinshasa, le 20/01/2009
Pour les Communautés du Nord-Kivu
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14 janvier 2009
CPI : LE « DIESE » DE MORENO ASSAILLI PAR LES AVOCATS DE BEMBA
Le public venu assister au deuxième jour de l’audience CPI/Bemba a eu droit à un flot immense d’informations tant du coté de l’accusation que du côté de la défense.

L’accusation a ouvert les hostilités avec des récits pathétiques des personnes ayant en principe été violés ou torturés ou tués : enfants, femmes, hommes. En conclusion de tous ces récits : « Motifs substantiels de croire qu’il y avait assez d’éléments » pour condamner Bemba…
Si le procureur a eu beaucoup de temps pour enquêter, rechercher les témoins, les interroger et ficeller son dossier de près de dix mille pages, la défense elle s’est donnée comme stratégie de se servir des propos des témoins du procureur afin d’y déceler des failles : contradictions, invraisemblances, anachronismes si pas tout simplement mensonges !
Ainsi, certains témoins, dont le N° 006 ou le n° 0036 étaient à l’époque des faits, des proches du chef rebelle Bozizé dont le coup d’Etat avait été condamné par l’Union africaine.
Aujourd’hui, ils sont des hauts responsables du pouvoir en place. Ils ont été pour le procureur Moreno, des éléments clés dans la recherche et la collecte des témoignages. Pouvaient-ils résister à la tentation de s’attribuer ainsi le beau rôle ?
Les détails sur leur situation actuelle dans le pouvoir de Bangui, ont poussé l’accusation à solliciter auprès de la juge-président un huis clos. Car, ils risquaient d’être reconnus. La CPI ne peut enfreindre ses propres principes à savoir : « Protéger les témoins. »
Accusations pour vols…
Dans la déclaration du témoin 026, la défense épingle les propos suivants :
« Nous n’avons effectué aucune descente, il n’est pas possible de vérifier si les vols avaient eu lieu. »
Ce témoin ayant été entendu pour confirmer les accusations de vol contre les soldats du MLC, il ne pouvait pas être là pour accuser et en même temps ne pas accuser.
Idem pour les accusations de fosses communes où l’on aurait jeté les victimes : il n’y a eu, ni descente sur les lieux, ni exhumation.
En ce qui est des accusations pour le viol, le témoin dont référence est ERM 0159 dit quelque part à peu près ceci : « Plusieurs jeunes prostituées se rendaient volontairement au camp des militaires de Bemba où elles avaient des copains… » Devrait-on alors les considérer comme des femmes ayant été violées ? En passant, nous signalerons que l’équipe du procureur s’offusquera de l’emploi par la défense du mot « prostituée ». Ce à quoi l’avocat de Bemba répliquera : « J’ai retiré ce mot dans votre propre rapport. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas de respect pour celles qui pratiquent ce métier. »
L’accusation a plusieurs fois affirmé que les victimes ne pouvaient plus concevoir ou étaient atteintes du SIDA. Ainsi des documents médicaux avaient été délivrés. La défense de s’interroger : « Quelle es la fiabilité de ces documents …délivrés bien longtemps après les faits ?
Un autre témoin du procureur (40) dira : « Je ne suis pas au courant des viols et des tueries… » Harcelé pour qu’il dise la vérité, il ajoutera : « La vérité, est-ce de vous dire ce que vous voulez que je vous dise ? C’est moi qui y étais. S’il faut me poursuivre pour cela, je l’accepte. »
Des propos qui soulèvent des interrogations sont aussi celles du témoin n°7, actuellement refugié en Europe et qui avait avancé comme raisons pour son exil qu’il avait fui La Centrafrique en 2001, ayant peur que la victoire de Bemba risquait de ramener Mobutu au pouvoir au Congo. Et l’avocat de Bemba d’ajouter : « Alors que Mobutu était déjà mort depuis 4 ans ! »
BEMBA DONNAIT-IL DES ORDRES POUR LES CRIMES ?
Bemba est accusé d’avoir donné des instructions à ses hommes en Centrafrique. Directement sur terrain ? Pour le procureur, s’il y a eu des crimes, cela devrait être imputé à Bemba.
Les propos des témoins du procureur ne semblent pas étayer valablement cette thèse.
Ainsi le témoin 31 dit : « Les troupes du MLC en Centrafrique étaient sous la responsabilité du ministre de la défense qui en répondait directement du chef de l’Etat. »
Et plus loin : « Tout le monde rendait compte au chef de l’Etat, même les Banyamulenge » (ndlr : En Centrafrique, « Banyamulenge est devenu synonyme de « soldat congolais ! )
Plus loin encore : « Au moment des faits, Mr Patassé était le chef de l’Etat et à ce titre, il est de fait… Le chef des troupes de Bemba. »
Dans sa quête de prouver que toutes les accusations sont imputables aux hommes de Bemba, le procureur se livre à un exercice d’identification du soldat de Bemba : bottes en plastique, mal habillé, parlant mauvais français, parlant lingala, mal chaussés…
Ce qui poussera l’avocat de Bemba à balancer cette phrase :
« La cour pénale internationale est trop haute pour descendre au niveau des pieds et renifler. »
Collusion politique
Le pouvoir politique de Kinshasa a-t-il ou pas trempé dans cette affaire ?
Selon un document vidéo projeté, l’association congolaise JED (Journalise en danger) témoigne : un caméraman congolais pris en charge par l’ambassade du Congo en Centrafrique et payé 2000 € avait été mis à contribution pour filmer les différents sites qui serviraient de preuve au procureur de la CPI.
Alors, y a-t-il eu ou pas collusion politique dans cette affaire ?
Gravité des accusations
Me Kilolo, un des avocats de Bemba signale à la cour : « Les accusations de crime contre l’humanité sont très graves. »
Sous-entendu : Il sied parallèlement ,d’étayer ces accusations de preuves canons qui ne laissent la place à aucun doute.
Est-ce cela que l’accusation nous sert jusqu’à présent ?
Si la CPI doit être un rempart contre l’arbitraire, ne doit-elle pas en même temps éviter la tentation d’envoyer quelqu’un à l’échafaud sur base d’éléments approximatifs ?
Cela y va de sa crédibilité, elle qui est encore à la recherche de ses marques.
A l’issue de cette deuxième journée d’audience, un certain nombre d’éléments et de réflexions se dégagent :
Ne sommes-nous pas en présence d’une exagération des faits imputés au MLC ?
Bemba a été accusé de crimes très graves : crime contre l’Humanité, crime de guerre.
Il appartient à l’accusation d’étayer ses propos avec des témoignages et de preuves en béton et irréfutables.
Il appartient à l’accusation de démontrer que Bemba avait l’intention d’exécuter tous ces crimes, qu’il avait donné des ordres directement et mieux, qu’il était sur le terrain des opérations, suivant l’exécution du plan détails par détails, point par point, pourquoi pas, dressant un registre de toutes ces exécutions macabres ?
Il appartient à l’accusation de démontrer les dividendes politiques ou autres dont Bemba aurait tiré profit.
Il appartient à l’accusation d’être précis même dans l’usage de certains mots ou termes. Si en Centrafrique Congolais est synonyme de Banyamulenge, et si le lingala devrait être suffisant pour reconnaitre le congolais alors que cette langue est fortement véhiculée par notre musique, ce serait vraiment le bouquet ! Pourtant, cela fait partie de l’argumentaire de l’accusation !
L’enjeu de cette affaire CPI/BEMBA n’est-il pas la réponse à la question suivante :
Le procureur Moreno a-t-il tiré ses conclusions à savoir poursuivre Bemba suite aux données en sa possession après enquête,
Ou, le procureur avait-il d’abord comme objectif d’attraper dans ses filets « un gros poisson » alors, il faut diligenter des enquêtes pour cela ?
Nous souhaitons beaucoup que ce ne soit pas le dernier cas. Car cela risquerait fort de ressembler aux « dièses » que certains exilés fabriquent pour obtenir le statut de réfugiés. Beaucoup y parviennent. Mais d’autres sont également déboutés !
Cheik FITA
LA HAYE, le 14 janvier 2009
20:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 janvier 2009
AU PROCES CPI/BEMBA, HUIS CLOS DE 23 MINUTES
!La journée de ce mardi 13 janvier 2009 était consacrée à l’audition détaillée des charges, par le groupe du procureur, suivie par la réplique de la défense.
Les avocats de Bemba ont commencé alors à démonter point par point les différentes allégations du procureur.
Vers la fin de la matinée, plus exactement à 12h37, la juge-président ordonnera un huis clos et ce jusqu’à 13h00, heure officielle des auditions de l’avant-midi. Rideau baissé, micro et écrans coupés. Pourquoi?
Pour plus de détails, dans notre article complet du soir.
Cheik FITA
La Haye, le 13 janvier 2009
18:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09 janvier 2009
MESSAGE DE VŒUX AU PEUPLE CONGOLAIS
Congolaises et Congolais, chers compatriotes,
Au moment où notre patrie franchit dans la douleur des aspirations déçues le seuil de l’année 2009, je voudrais par ce mot vous présenter, au nom du MLC, mes vœux les meilleurs pour l’année nouvelle, et vous inviter à garder malgré tout l’espoir pour les années qui viennent.
Espoir, parce que notre combat quotidien pour l’édification d’un Congo meilleur reste le socle sur lequel reposent nos convictions et notre sens de l’engagement.
Espoir, parce que l’échec de l’actuel gouvernement, quoique déjà patent, ne doit pas annihiler l’énergie constructive mobilisée pendant et au lendemain des élections de 2006. L’absence de résultats dans le chef des tenants du gouvernement renvoie à la défaillance de ses acteurs ; et ne doit pas être interprétée comme l’échec de la démocratie en tant que mécanisme à même de favoriser le développement dans notre pays.
Mes chers Compatriotes,
La guerre a repris dans le Nord et le Sud-Kivu, avec son lot d’atrocités imposées injustement à nos enfants, à nos frères et sœurs ainsi qu’à nos parents. Dans la Province Orientale, les territoires frontaliers avec nos voisins du nord sont devenus des sanctuaires pour des milices étrangères. Celles-ci y sèment impunément la mort et la désolation à l’encontre des populations innocentes. A tous ces morts inutiles, à tous ces Congolais et Congolaises totalement abandonnés à leur triste sort par le gouvernement de notre pays, ayons une pensée pieuse.
Comme si tout cela ne suffisait pas, à l’incurie de ceux qui ont en charge la gestion des intérêts économiques et sociaux des Congolais, la crise mondiale vient ajouter de graves incertitudes pour l’année 2009. Les minerais du Katanga, le diamant de deux Kasaï, le bois de l’Equateur ou du Bandundu, le pétrole du Kongo-Central …, tous ces produits qui sont les principales sources de croissance de notre PIB se vendent désormais si mal que partout dans notre pays, des entreprises marchent au ralenti ou ferment carrément, jetant à la rue de centaines de millions des familles.
Face à ce désastre, que fait l’Exécutif ? RIEN ! Le Chef de l’Etat se contente de commenter l’actualité et d’annoncer des lieux communs du genre : « l’année 2009 sera difficile » ! Mais alors, qui va résoudre les problèmes des Congolais ? Le gouvernement ? Celui-ci, quant à lui, « négocie » à Nairobi un agenda inconnu des Congolais ; il s’en remet à la volonté des troupes étrangères pour remettre de l’ordre dans le Nord-est du pays et fait voter, par une majorité parlementaire complaisante, un budget 2009 de propagande qui ne prévoit aucune mesure d’envergure pour atténuer tant soit peu la misère qui sévit partout dans le pays.
Mes chers Compatriotes,
Il n’y a pas de fatalité ni à la misère, ni à la grande pauvreté à laquelle l’on semble nous habituer. A considérer ses énormes potentialités tant naturelles qu’humaines, notre pays a simplement un besoin urgent d’alternance démocratique.
Bâtir un Congo nouveau et prospère procède avant tout d’une volonté politique. Le reste est une question d’imagination et d’action, à condition de rassembler et de mobiliser tous les patriotes autour de ce dessein. Ainsi formulé, un tel objectif est à notre portée. Rendre les années qui viennent différentes, faire en sorte qu’elles soient porteuses d’espérance pour chaque Congolais et pour chaque Congolaise en lieu et place d’être l’étendard de la désolation : cela est possible et postule notre vigilance notamment à l’égard des nouvelles échéances électorales qui doivent être organisées dans notre pays conformément à la Constitution.
En effet, en attendant 2011, l'année 2009 qui commence est sensée être celle au cours de laquelle les élections urbaines et locales devraient se tenir dans notre pays. Nous exigeons que cette échéance soit tenue par le gouvernement. A cet égard, nous avons pris bonne note de l'inscription au Budget de l'Etat, pour cette année, de crédits en rapport avec la poursuite de ce processus électoral. Au regard de l'ampleur de la tâche, ces crédits budgétaires sont insuffisants. Aussi, le MLC en appelle à la communauté internationale pour qu'elle accompagne d'une manière particulière la RDC dans ce dernier acte de mise en place des institutions de la troisième République.
Car, ne nous y trompons pas, ces élections ne sont pas un détail, mais une des exigences qui doivent ponctuer et faire respirer notre démocratie naissante. Pour éloigner notre pays à la fois de la dérive totalitaire, qui semble tenter le gouvernement actuel et du retour à la solution par les armes comme on peut l'observer à l'Est, il est essentiel que les échéances électorales, telles que postulées dans la Constitution de notre pays, soient respectées. Dans le même ordre d'idée, toute forme d'exclusion, source de tant de conflits qui auraient pu être évités, est à bannir en RDC. C'est pourquoi, il nous paraît indispensable que les listes d'électeurs soient rapidement ouvertes afin de permettre l'enrôlement tant des compatriotes qui ne s'étaient pas inscrits pour l’échéance de 2006, que des jeunes qui ont depuis acquis l'âge requis pour voter.
A vous, Cadres et militants du MLC, l’année qui vient de s’écouler a été particulièrement douloureuse. La perte de notre camarade Daniel Botethi dans des conditions odieuses en a certainement été le point culminant. De même, l’arrestation arbitraire de notre Président National, Jean-Pierre Bemba Gombo, maintenu injustement en prison à La Haye, est certes à inscrire dans le registre des épreuves que nous impose l’adversité. Mais, à mes yeux, le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo est un prisonnier politique. Je gage, qu’au cours de cette nouvelle année, Dieu écoutera nos prières et rendra le Chairman à la place qui est la sienne, c’est-à-dire, aux côtés de sa famille et au milieu de nous tous. Bien qu’absent du pays, notre Président National demeure de cœur et d’esprit avec nous.
Ainsi, mes chers Camarades, je vous invite à garder la foi, car les mois et les années qui viennent verront certainement triompher les idées que nous avons en partage avec notre Leader, ainsi que la vision qui est la nôtre pour la Patrie nous léguée par nos ancêtres. C’est inéluctable.
Congolaises et Congolais, chers compatriotes,
Je voudrais terminer ce message en renouvelant, à chacun de vous, mes vœux les meilleurs pour l’année 2009.
Avec Dieu, nous vaincrons!
Fait à Kinshasa, le 7 janvier 2009
François Muamba
Secrétaire Général
16:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 janvier 2009
La République : Coup de théâtre au Cndp : Laurent Nkundabatware limogéSelon Désiré Kamanzi, l’un des cadres du mouvement rebelle, il serait reproché au général déchu sa mégestion.
Ce que les analystes politiques attendaient depuis quelques jours est enfin arrivé: le général déchu Laurent Nkunda est limogé de la tête du Conseil national pour la défense du peuple (Cndp) par la haute direction du commandement militaire, l’organe suprême de ce mouvement politico-militaire. La nouvelle annoncée en début de soirée par Digital Congo FM captée à Kinshasa venait de Désiré Kamanzi, un haut cadre du Cndp qui n’a donné aucune justification de cette décision ni le lieu où cette décision a été prise.
Le concerné a néanmoins promis de donner de plus amples détails dans les prochaines heures. Mais, le porte-parole officiel du Cndp, Bertrand Bisimwa n’a infirmé ni confirmé cette information selon la même source. Bisimwa a néanmoins assuré qu’il sera présent aux négociations de Naïrobi.
A quelques heures du troisième round
A quelques heures du troisième round des négociations de Nairobi entre le Cndp et le gouvernement de la République démocratique du Congo, l’incertitude est palpable dans le camp des médiateurs sur la participation des rebelles et leur cahier des charges.
Car, selon l’agenda des concertations entamées à Nairobi depuis l’année dernière, le troisième round des pourparlers devrait, en principe, s’ouvrir ce 07 janvier dans la capitale kenyane entre les deux parties. Cependant la non visibilité observée à l’horizon empêche justement la reprise de cette rencontre pourtant nécessaire pour le retour de la paix dans les Kivu. Au terme du second round, le 18 décembre 2008, le mouvement politico-militaire a opposé un refus catégorique à signer le texte de formalisation du cessez-le-feu alors que le gouvernement a, à travers, le ministre de la Coopération Internationale et Régionale, Raymond Tshibanda, fait preuve de bonne foi en s’engageant pour la paix.
En même temps, le Cndp conditionnait déjà à l’époque sa participation à la poursuite des discussions au retrait des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) de l’axe Goma-Kibati, à 12 kilomètres au Nord de Goma. Pour le mouvement rebelle, les forces gouvernementales occuperaient les zones considérées comme tampon. Pour sa part, la Monuc n’est pas de cet avis puisqu’elle déclare n’avoir pas observé le moindre mouvement des Fardc. Cela a été confirmé plus d’une fois par le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, Alan Doss qui, en réponse à une correspondance datée du 24 décembre lui envoyée par le chef du Cndp, Laurent Nkunda, a confirmé les mêmes faits. Malgré les assurances lui données par le patron de la mission onusienne, le général rebelle se cabre dans sa position et n’entend nullement lire les signes de temps.
Pour le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, en agissant de la sorte, le Cndp trahit sa volonté de ne pas faciliter la paix car, il n’y trouve pas son intérêt. N’empêche que la Monuc n’a cessé d’inviter le Cndp à reprendre le dialogue. Peine perdue pour un mouvement qui a d’autres visées que celles qui sont présentées pour la consommation publique.
Le pavé dans la mare
C’est dans ce contexte que le pavé est tombé dans la mare : Laurent Nkunda est déboulonné de son piédestal par ses comparses. Les Congolais, les Rwandais, la Communauté internationale devraient désormais évoluer autrement dans ce processus. Son départ va-t-il faciliter le processus de pacification du Nord-Kivu ? Quel est l’agenda de son successeur ?
Mais, pour la société civile du Sud-Kivu qui donnait son avis sur le processus quelques heures avant le limogeage de Nkunda, ça ne servait à rien de traiter avec Nkunda et le Cndp. Pour elle, il faudrait dialoguer directement avec le Rwanda qui est derrière toute cette affaire.
Des analystes politiques qui partagent cette opinion affirment que le limogeage de Nkunda est une des conséquences du dernier rapport de la Monuc sur la guerre du Nord-Kivu. Ce rapport évoquant des massacres de sang froid des civils à Kiwanja et à Rutshuru était porteur des répercussions dangereuses pour toutes les personnes physiques ou morales impliquées aux côtés du Cndp.
Car, le Rwanda accusé de fournir troupes, armes, minutions et finances au mouvement rebelle ne pouvait plus continuer à assurer la couverture de cet allié devenu trop encombrant. Cela d’autant plus que les bailleurs de fonds allaient fermer les robinets à l’instar de la Suède et de la Hollande qui ont récemment suspendu leurs aides au régime de Kigali. D’où la nécessité de lâcher du lest pour sauver l’essentiel.
Par ailleurs, ces analystes rappellent que le RCD, un autre mouvement rebelle congolais proche de Kigali procédait toujours au changement de chef avant de négociations importantes. C’est ainsi que l’on verra Onosumba remplacer Wamba dia Wamba avant l’Accord de Lusaka, et Onusumba cédera, à son tour, la place à Azarias Ruberwa à la veille du partage du pouvoir dans le cadre de 1 + 4 peu après Sun City. C’est à peu près le même schéma qui est suivi ici. Avec l’espoir que le Rwanda a boutiqué un cahier de charge acceptable par le gouvernement de la Rdc, lequel cahier sera brandi par les délégués du Cndp.
Nkunda en route pour la Cpi
Mais Laurent Nkunda indexé comme auteur intellectuel des exactions et massacres perpétrés par le Cndp est désormais en bon pour la Cpi qui le recherche depuis plusieurs mois. Car, l’amnistie accordée dans le cadre du processus Amani ne couvre nullement les crimes poursuivis par la justice internationale. A l’Onu, on ne lui pardonne pas non plus d’avoir tourné en bourrique Olusegun Obasanjo, l’émissaire du Sg de l’Onu lui envoyé pour trouver des voies de sorties à ce conflit. Les heures qui viennent vont éclaircir davantage la situation.Et ce, à moins que le limogeage de Nkunda ne soit une diversion pour distraire l’opinion.
(Ern/GW/PKF)
Mayonde Kolongo/Ndongala Mbizi-a-Nkadi/La République
21:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26 décembre 2008
Opération « mains propres » : aller jusqu’au bout (POT)
Le secrétaire général près le ministère du Budget est aux arrêts pour, dit-on, « malversations financières ». D’autres personnes, poursuivies pour détournement des deniers publics, figurent sur l’avis de recherche lancé par le Parquet général.
Mais, on craint que l’opération « mains propres » bute sur « des coups de fil qui pleuvent partout pour paralyser l’action publique ». Le président de la République s’en est inquiété devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès, le 13 décembre 2008 au Palais du peuple. Alors, pas question d’une « œuvre inachevée ». Il faut aller jusqu’au bout.
Faut-il croire que la récente arrestation du secrétaire général près le ministère du Budget va donner le « go » à la grande opération « mains propres » promise par le nouveau ministre de la Justice ? On ne saurait l’affirmer. Quoique des sources judiciaires aient indiqué à la presse que « le secrétaire général au Budget serait poursuivi pour malversations financières ».
« Sur l’avis de recherche lancé par le Parquet général, on indique que la liste des Congolais poursuivis pourrait s’allonger dans les jours à venir au vu des indices de la gravité à leur charge. Au sujet des entrepreneurs étrangers accusés de détournement des fonds perçus pour la réhabilitation des infrastructures, d’aucuns estiment que cette affaire pourrait avoir des ramifications politiques, du fait qu’il n’y a que ces entrepreneurs étrangers qui sont arrêtés alors que des Congolais, passés maîtres dans le détournement des fonds, restent impunis », selon Digitalcongo.net.
Détournement à outrance
Le gouvernement congolais éprouve d’énormes difficultés pour faire face aux multiples problèmes qui se posent au pays, les recettes prévues à chaque budget étant détournées dans des opérations de fraude fiscale et de corruption sur l’ensemble du territoire national.
« Plus de 38 millions de francs congolais de reliquat de la paie des militaires de Kananga et de Tshikapa, dans la province du Kasaï Occidental, ont été détournés », a révélé il y a quelques jours l’Etat-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), cité par la radio onusienne.
« Quelques conseillers du gouverneur, comptables et agents chargés de la paie dans certains territoires, spécifiquement celui de Luiza s’évertuent à annihiler les efforts du gouvernement », a accusé le député national Cyrille Mbuembue (élu de Luiza) dans une motion à l’Assemblée nationale dénonçant « un réseau maffieux réputé en détournement des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat ».
« C’est depuis mars 2008 que les agents et fonctionnaires de l’Etat de cette partie du Kasaï Occidental ne sont pas régulièrement payés. Pire encore, ces travailleurs ne reçoivent pas la totalité de leur salaire », a-t-il précisé, signalant que les détourneurs recourent, notamment, à la falsification des listes de paie et au retrait d’un forfait sur chaque agent.
« Et cela, se fait service par service. C’est le cas, par exemple, du service de santé où l’on a défalqué un montant de 7.650 FC sur chaque salaire pour les mois d’octobre et novembre derniers. Pour d’autres services, 4.000 FC ont été défalqués, a-t-il encore indiqué.
Au Katanga, certains fonctionnaires des territoires de Kabongo et de Kanyama n’ont pas encore touché leurs salaires des mois d’octobre et novembre de l’année en cours, à cause d’un déficit de plus de 13 millions de francs congolais, soustraits des enveloppes salariales globales.
Il ressort d’une enquête diligentée par l’avocat général des FARDC, le colonel Eddy Nzabi, lors du contrôle biométrique effectué il y a quelques mois à la 4ème région militaire, que des listes de paie avaient été gonflées sciemment par certains officiers pour le besoin de la cause.
On signale au Kasaï Occidental la disparition de plus de 33 millions de francs congolais à la garnison militaire de Kananga et de plus de 4 millions à celle de Tshikapa, au Kasaï Occidental tandis qu’une partie de la solde des militaires en province Orientale a été détournée par des officiers.
Mettre fin à l’impunité
Personne n’étant au-dessus de la loi, tous ceux qui sont impliqués dans le détournement des deniers publics doivent être traduits devant les Cours et Tribunaux, afin d’être sévèrement punis une fois établie leur culpabilité.
Devant le Congrès, le président de la République, Joseph Kabila Kabange, a fustigé les « trafics d’influence » qui interfèrent dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire, constitutionnellement « indépendant ». « Il est important que cessent les trafics d’influence qui, faut-il le rappeler, constituent une infraction. Très souvent, alors que les magistrats posent des actes conformément à leur devoir, et avant même qu’ils aient clôturé l’instruction préparatoire, des coups de fil pleuvent de partout pour paralyser l’action publique », a-t-il stigmatisé le 13 décembre 2008 au Palais du peuple.
« Cela est inadmissible, au risque d’accréditer l’idée d’une République d’intouchables », s’est-il indigné, promettant que « quiconque viole la loi sera poursuivi ». Actuellement, une dizaine d’entrepreneurs étrangers sont aux arrêts. Ils sont accusés de malversations financières après avoir reçu l’ argent de l’Etat auprès de l BCECO pour des travaux d’utilité publique à exécuter. Il nous revient que dans ce dossier, les « commanditaires » ne sont pas encore inquiétés. En arrêtant le secrétaire général du Budget, l’on s’attend à ce que soit ouverte la boîte de Pandore.
Qu’en est-il des Régies financières avec ce détournement de plus d’ 1 milliard de dollars ? Ou encore du dossier SNEL et Mag Energy ? Nous ne doutons pas que le Justice instruise en ces instants ces cas. Alors que l’on ne s’arrête pas seulement au niveau des « menus frétins » pour protéger les « gros poissons ». Il faut que la pêche soit abondante dans de nettoyer les écuries d’Augias en vue de décourager des futurs émules, au nom de la bonne gouvernance et de la lutte contre l’impunité.
Or, il s’avère qu’ils sont nombreux ceux qui « violent la loi » mais qui ne sont « pas poursuivis » en justice. Dès lors, il est plus que temps que le pouvoir judiciaire exerce pleinement ses attributions constitutionnelles, en allant jusqu’au bout dans l’actuelle opération « mains propres ». Etant entendu que les criminels économiques à col blanc constituent actuellement une caste d’ « intouchables » en République démocratique du Congo.
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14 décembre 2008
Un conseiller de Kagame et un exilé en Belgique financent Nkunda » - (La Libre)
Un conseiller officieux du président rwandais Paul Kagame et un opposant congolais, deux richissimes hommes d'affaires, apparaissent dans un rapport de l'ONU comme d'importants financiers de la rébellion du général tutsi Laurent Nkunda dans l'est de la République du Congo (RDC).
Les deux sexagénaires sont les seuls individus nommément cités comme bailleurs de fonds du Congrès national pour la Défense du Peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, dans un rapport d'experts des Nations Unies publié vendredi, qui accuse également le Rwanda d'avoir apporté un soutien multiforme à la rébellion.
Ses auteurs recommandent l'adoption de sanctions, gel des avoirs financiers et interdiction de voyager, contre un certain nombre d'acteurs impliqués dans le conflit au Nord-Kivu (est de la RDC). "Tribert Rujugiro Ayabatwa, un conseiller du président rwandais et fondateur du Rwandan Investment Bank (RIB), un conglomérat privé soutenu par le gouvernement, joue un rôle dans le financement du CNDP", écrivent-ils. Décrit dans la presse rwandaise comme "l'homme le plus riche du pays", il a des intérêts dans le secteur de l'énergie, du ciment, du thé, des banques, de l'immobilier.
Tribert Rujugiro possède également des fermes au Nord-Kivu sur un territoire contrôlé par les rebelles de Laurent Nkunda. Il y a rencontré fréquemment en 2006 des leaders du CNDP qui "l'accueillaient avec honneur", selon un témoin cité dans le rapport. Des documents légaux montrent qu'il a donné procuration sur une des fermes au colonel Innocent Gahizi, un haut responsable du CNDP en charge de la logistique du mouvement. Les experts de l'ONU ont eu accès à un e-mail échangé le 6 juin 2008 entre les deux hommes: le colonel Gahizi y explique que "le matériel" et "les hommes sont prêts" à avancer vers "la ville".
Deux mois et demi plus tard, le 28 août, les combats ont repris au Nord-Kivu entre l'armée congolaise et le CNDP. Les rebelles ont rapidement conquis de nouvelles zones avant de s'arrêter aux portes de Goma, le chef-lieu de la province.
Dans un autre courrier électronique, d'août 2007, M. Rujugiro remercie un de ses employés, basé à Dubaï, de s'être occupé du versement de 120.000 dollars pour "les soldats" de "notre ami Laurent N."
M. Rujugiro est connu pour avoir été l'un des principaux bailleurs du Front patriotique rwandais (FPR, une ex-rébellion) pendant la guerre civile rwandaise de 1990-1994, qui s'est conclue par l'arrivée au pouvoir du FPR et de son leader Paul Kagame.
Ses liens actuels avec le régime sont plus difficiles à documenter. Seule une page d'archives du site officiel du FPR évoque son élection fin 2005 au sein du comité national exécutif du parti.
Le 13 octobre dernier, il a été arrêté à Londres en application d'un mandat d'arrêt émis par la justice sud-africaine qui le soupçonne de fraude fiscale à grande échelle. Une procédure d'extradition est en cours.
Ses déboires judiciaires sont un autre point commun avec Raphaël Soriano alias Katebe Katoto, "un riche opposant congolais originaire de la province du Katanga (sud-est) aujourd'hui de nationalité belge", également mis en cause par les experts de l'ONU.
M. Soriano est poursuivi par la justice britannique pour détournement de fonds publics. Il est accusé d'avoir participé à la disparition de millions de dollars de l'Etat zambien. Homme d'affaires qui a fait fortune notamment dans les pêcheries, il n'est pas un poids-lourd de la scène politique congolaise, même s'il a toujours été très actif en coulisses. Il fut brièvement vice-président en 2003 du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD, à l'époque une rébellion soutenue par le Rwanda) avant de s'établir à Bruges.
Les experts de l'ONU l'accusent de financer le CNDP, ainsi que les Forces républicaines fédéralistes (FRF), un groupe armé tutsi du Sud-Kivu. Ils ont établi qu'en 2006 un transfert de 25.000 dollars a eu lieu entre le compte de son épouse, Nele Devriendt, et celui d'Elisabeth Uwasse, la femme de Laurent Nkunda, au départ d'un compte bancaire ouvert à la Banque ING à Bruges.
23:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 décembre 2008
CONFERENCE DE PRESSE DU SECRETAIRE GENERAL DU MLC FRANCOIS MWAMBA
CONFERENCE DE PRESSE
François MUAMBA
Secrétaire Général du MLC
CAPE 12 DECEMBRE 2008 A PARIS
1. L’AFFAIRE CPI / RCA : JEAN-PIERRE BEMBA PRISONNIER POLITIQUE
C’est avec stupéfaction et indignation que le Mouvement de Libération du Congo (MLC) a appris le report de la séance de confirmation des charges, dans l’affaire opposant le Procureur près la CPI au Sénateur Jean-Pierre Bemba, séance qui devait se tenir le 8 décembre 2008. Pour le MLC, ce nouveau report, faisant suite à celui du 4 novembre 2008, vient confirmer notre conviction qu’il s’agit là de manœuvres dilatoires tendant à maintenir en prison le Président national du MLC en évitant d’aborder le dossier de son accusation quant au fond.
Au demeurant, la légèreté qui frise la désinvolture avec laquelle la CPI a argumenté pour justifier ce second report, indique clairement que Monsieur Jean-Pierre Bemba est désormais un prisonnier politique entre les mains d’une justice dite internationale, mais qui s’avère partisane quant aux champs d’investigations et sélective quant aux personnalités visées.
En effet, ce qui se passe depuis plus de 10 dans l’Est de la RDC n’est pas moins grave que les faits survenus en RCA en 2002 / 2003. Or, sur ce point le silence est total du côté du Procureur de la CPI. De même, tout le monde peut constater que, dans le dossier de la RCA, Jean-Pierre Bemba est curieusement le seul à être inquiété !
Comment par ailleurs, ne pas crier au complot contre la RDC lorsqu’on réalise que l’Honorable Jean-Pierre Bemba est enfermé à La Haye au moment même où, tant les événements de l’Est de la RDC, l’effondrement qui parait inéluctable de son économie, que la dégradation de la situation sociale des Congolais, montrent que le pays a besoin, en ce moment, de tous ses fils, y compris du Sénateur J-p Bemba ?
Pour toutes ces raisons, le MLC demande aux Juges de la CPI de sommer le Procureur de produire dans les meilleurs délais les preuves des accusations portées contre le Sénateur Jean-Pierre Bemba. A défaut, d’ordonner sa libération pure et simple comme ses Avocats l’exigent.
2. LE BILAN A MI-MANDAT DU REGIME DU PRESIDENT KABILA
Depuis l’avènement du régime du Président Joseph Kabila, l’Opposition congolaise, tant institutionnelle qu’extraparlementaire en général et, le MLC en particulier :
CONSTATE :
La violation caractérisée de l’esprit et de la lettre de la Constitution par le Chef de l’Etat
- la décision du Président de la République de s’installer dans les locaux abritant le Parlement viole le principe de la séparation des pouvoirs et des dispositions des règlements intérieurs de l’Assemblée nationale (art 6), et du Sénat (art 6) au mépris des immunités parlementaires ;
- la mise en place effectuée par le Chef de l’Etat au sein de l’appareil judiciaire, viole le principe de l’indépendance de la Magistrature consacrée par les articles 149 et 152 de la Constitution ;
- la promulgation hors délai constitutionnel des deux dernières lois organiques du 07 octobre 2008, portant respectivement sur le fonctionnement de la Conférence des Gouverneurs de province, le fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées et leurs rapports avec l’Etat et les provinces, viole d’une manière flagrante l’article 140 de la Constitution ;
- la mise en place dans la petite territoriale, effectuée dernièrement par le Chef de l’Etat, s’est déroulée en violation de l’esprit démocratique prôné par la Constitution ; elle donne tout l’air d’être en outre motivée par le souci de préparer une fraude électorale à grande échelle, en faveur de la majorité au pouvoir le moment venu ;
- la gestion partisane des médias publics, cas de la RTNC, viole l’article 24 de la Constitution.
L’incapacité du Gouvernement de juguler la crise dans l’Est du pays
- la menace rampante de la balkanisation du territoire national, du fait des options contradictoires du Gouvernement dans la résolution de la crise au Kivu et la cacophonie des institutions de la République, offrant ainsi à l’opinion l’image d’un Congo divisé et géré par des amateurs ;
- la démobilisation aux fronts des forces combattantes, conséquence du manque d’encadrement des troupes, du détournement des soldes, des rations militaires, d’armes et des munitions par les officiers supérieurs ;
- l’échec du programme budgétivore « Amani », du fait de sa mauvaise conception, de la perception erronée des objectifs, du caractère réductionniste de l’approche et des engagements pris par le Gouvernement en sachant parfaitement qu’ils ne seront pas tenus ;
- l’option militaire retenue comme seule mode de résolution des problèmes de l’Est, en dépit des gesticulations actuellement en cours à Nairobi, rejetant ainsi la résolution pertinente de l’Assemblée nationale, pour une solution réellement politique et diplomatique.
Le recours à la violence d’Etat comme moyen d’écraser l’Opposition
- la répression violente et disproportionnée des adeptes de Bundu-dia-Kongo au Bas Congo en 2006, 2007 et 2008 ;
- la répression contre les militants du MLC, notamment le 8 décembre à Kinshasa, et contre les originaires de l’Equateur, par exemple le 23 novembre à Boma ;
La gouvernance patrimoniale et partisane
- la nomination des mandataires dans les entreprises publiques qui s’est effectuée dernièrement, l’a été dans un esprit de partage du gâteau et de bradage du patrimoine de l’Etat, sans tenir compte des critères de compétence et d’intégrité morale ;
- la corruption généralisée, les détournements des deniers publics et l’impunité gangrènent le fondement des institutions ;
- la signature de contrats léonins, notamment avec des groupes financiers chinois, hypothèquent les ressources naturelles du pays et l’avenir de nos enfants ;
- le disfonctionnement de l’appareil judiciaire et son allégeance au pouvoir exécutif donnent lieu à la mauvaise distribution de la justice ;
- la soumission du Premier Ministre, chef du gouvernement, à un « gouvernement parallèle » alors qu’il devrait être seul maître de la conduite de la politique de la nation ;
INVITE :
Le Chef de l’Etat
- de respecter la constitution afin de pouvoir jouer le rôle de régulateur et d’arbitre du fonctionnement régulier des institutions de la République que lui reconnaît loi suprême de la RDC ;
- de se défaire de l’esprit militariste, partisan et revanchard qui caractérise sa gestion de la chose publique en général et de la crise de l’Est en particulier ;
- de relancer, par le dialogue avec les forces politiques, le processus de réconciliation politique et de renforcement de la cohésion nationale, en vue d’une paix durable et de l’avènement d’un ordre démocratique, porteur du bonheur, et de la prospérité pour toute la Nation congolaise.
La Communauté internationale
- d’être attentive aux dérives dictatoriales de l’actuel pouvoir d’Etat en RDC, maintes fois dénoncées par les membres de l’Opposition et confirmées dans le dernier rapport de Human Rights Watch ;
- de considérer que, en dépit de l’ampleur de la tâche, la fragilité du processus de démocratisation en RDC postule que soit poursuivi l’effort de monitoring de ce qui se passe au Congo et, de même, d’encourager la tenue dans ce pays des élections réellement libres et démocratiques, conformément à la constitution, comme mode de prévention des conflits. Sans cette respiration, sans la correction de la trajectoire prise par l’actuel leadership du pays, l’édifice qui a tant couté jusqu’à présent en vies et ressources financières, va s’écrouler.
Fait à Paris, le 12 décembre 2008
François Muamba
01:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09 décembre 2008
«Dialogue politique inclusif» à Bangui
Sous le parrainage des Nations Unies, le gouvernement centrafricain, l’opposition, la société civile et les représentants des mouvements rebelles ont entamé, depuis lundi 8 décembre, à Bangui, un «dialogue inter-Centrafricain» afin de trouver une solution à la crise qui secoue la République Centrafricaine (RCA) depuis 2005. Ce dialogue politique doit se clôturer le 20 décembre prochain. Les observateurs attendent de connaître le sort qui sera réservé à la plainte déposée, par l’Etat centrafricain, auprès de la Cour pénale internationale, à l’encontre notamment de l’ancien président Ange-Félix Patassé et Jean-Pierre Bemba Gombo.
Kinshasa. Correspondance particulière.
Ange-Felix Patassé, ancien président élu de la République Centrafricaine (RCA), renversé en 2003 par un certain général François Bozizé, alors chef d’un mouvement rebelle, est donc arrivé dimanche 7 décembre à Bangui. C’est un événement qui mérite d’être souligné. L’homme vit en exil depuis cinq ans au Togo. Il répond ainsi à l’invitation lui adressée par le gouvernement centrafricain de prendre part au «Dialogue politique inclusif». A l’instar de Patassé, plusieurs représentants des forces politico-militaires et sociales se trouvent dans la capitale pour participer à ces pourparlers censés ramener la paix dans ce pays voisin de la RD Congo. On peut citer notamment l’ancien ministre de la défense (sous Patassé) Jean-Jacques Demafouth, dirigeant de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) qui opère dans le Nord-Ouest, et Damane Zakaria, de l’Union des Forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), active dans le Nord-Est, ainsi qu’Abakar Saboné, ancien porte-parole de l’UFDR entré en dissidence. Seul absent, Abdoulaye Miskine, chef des Forces démocratiques pour le peuple centrafricain (FDPC).
Depuis l’arrivée du général François Bozizé au pouvoir en 2003, plusieurs mouvements rebelles ont fait leur apparition au Nord-Est. Incapable d’écraser les différentes forces insurrectionnelles par la voie militaire, le gouvernement de Bangui a signé avec celles-ci un cessez-le-feu et un accord de paix. Le gouvernement a également promulgué une loi d’amnistie pour ouvrir la voie aux négociations. Il semble que la France de Nicolas Sarkozy appuie à fond cette solution politique. Le chef d’Etat français aurait bénéficié du «soutien» de son homologue gabonais Omar Bongo Ondimba. Celui-ci a pesé de tout son poids afin d’encourager les insurgés à participer à ces négociations. Dans son allocution d’ouverture, Bozizé a assuré que son gouvernement respecterait les propositions qui émergeraient de ce forum en ajoutant : "Il faut retenir que la reconstruction du pays exclut toute réaction armée (...) Trop, c’est trop." Patassé a réclamé, en ces termes, l’arrêt des actes de violence qui persistent : "Il ne se passe pas un jour sans que les fils et les filles de la République centrafricaine ne soient battus, humiliés, torturés, emprisonnés, assassinés. Nous en sommes tous responsables. Que cela ne puisse plus jamais se répéter."
Que va advenir de la plainte déposée par l’Etat Centrafricain à la CPI à l’encontre notamment de l’ancien président Patassé et de l’ancien vice-président de la RD Congo, Jean-Pierre Bemba Gombo ? Depuis le dépôt de cette plainte en 2005, un seul mandat d’arrêt international a été lancé par le procureur Luis Moreno-Ocampo. Il s’agit de celui délivré à l’encontre de Bemba. Interpellé le 24 mai dernier à Bruxelles, Bemba vient d’entamer le septième de sa détention. Par deux fois, le procureur a fait reporter l’audience de confirmation des preuves à charge. Ce qui fait dire à des analystes que le magistrat argentin éprouverait des sérieuses difficultés à étayer les chefs d’inculpation de crimes de guerre et crimes contre l’humanité retenus contre le leader du MLC. Un avis partagé par ailleurs par les avocats de la défense. Contre toute attente, depuis six mois, le procureur près la CPI s’acharne sur les biens de la famille Bemba. Tous les biens se trouvant au Congo, au Portugal et en Belgique ont été mis sous séquestre. Et dire que l’accusé reste présumé innocent. Des voix commencent à s’élever dans la presse anglo-saxonne pour fustiger la lenteur de la procédure et l’incompétence du procureur Moreno-Ocampo. «La CPI étant une juridiction internationale placée sous la tutelle du Conseil de sécurité de l’ONU, le procureur Moreno-Ocampo n’ose pas lancer des mandats d’arrêt à l’encontre des personnalités centrafricaines de peur de contrarier la France qui s’est investie dans le Dialogue en cours à Bangui», estime, pour sa part, un analyste kinois. Bemba Gombo aurait-il un contentieux secret avec tous ces chefs d’Etats francophones lesquels semblent se désintéresser royalement de son sort?
Madeleine Wassembinya (avec Reuters)
22:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 décembre 2008
NKUNDA POUR UN GOUVERNEMENT D'UNION NATIONALE
RDC: première rencontre directe à Nairobi entre rebelles et gouvernemen Par Lucie PEYTERMANN
La rébellion congolaise de Laurent Nkunda et le gouvernement de République démocratique du Congo (RDC), qui s'affrontent depuis fin août dans l'est du pays, s'entretenaient directement pour la première fois lundi à Nairobi, un rendez-vous crucial pour l'issue du conflit.
La rencontre a commencé lundi après-midi à huis clos entre la délégation du gouvernement de Kinshasa et celle du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda au siège des Nations unies à Nairobi. Ces discussions pourraient se prolonger jusque mercredi selon les participants.
"C'est une occasion qui ne devrait être ni perdue, ni gâchée", a déclaré en préambule le médiateur de l'ONU dans la crise et ex-président nigérian Olusegun Obasanjo.
"J'espère que vous serez capables de mettre de côté vos divergences et que vous réaliserez qu'il n'y a qu'un seul Congo et que la communauté internationale est là pour vous encourager et vous aider", a pour sa part estimé le ministre kényan des Affaires étrangères Moses Wetangula
La délégation du CNDP est composée de cinq personnes, dont le porte-parole Bertrand Bisimwa, le secrétaire exécutif adjoint du CNDP, Serge Kambasu Ngeve et le commissaire en charge des Relations extérieures du mouvement, René Abandi.
La délégation gouvernementale est conduite par le ministre de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda.
La RDC est confrontée à une reprise des combats dans la province du Nord-Kivu (est) entre l'armée et la rébellion du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, qui campe depuis fin octobre aux portes de Goma, capitale du Nord-Kivu.
Ces combats ont jeté sur les routes plus de 250.000 personnes, survivant dans des conditions catastrophiques.
Le CNDP a toutefois adopté unilatéralement un cessez-le-feu fin octobre, qui a permis le maintien d'un calme précaire. Mais des affrontements sporadiques se poursuivent entre d'un côté le CNDP, et de l'autre des groupes armés pro-gouvernementaux et des rebelles hutus rwandais.
Le gouvernement congolais, qui a longtemps refusé de discuter avec Laurent Nkunda, avait annoncé vendredi la tenue de cette réunion à Nairobi avec des représentants de la rébellion, sous les auspices de M. Obasanjo. Pour Kinshasa, la réunion doit servir à "formaliser" le cessez-le-feu.
Mais selon M. Bisimwa, "certains points" de la discussion doivent encore être clarifiés, notamment le "cadre" et les "participants".
Des doutes demeuraient selon lui sur la possible volonté de Kinshasa d'inclure d'autres groupes armés actifs au Nord-Kivu et participant au programme Amani.
Ce programme, lancé en janvier pour tenter d'imposer un cessez-le feu dans l'est de la RDC, inclut tous les mouvements armés congolais actifs dans les provinces du Sud et du Nord-Kivu.
La rébellion a dénoncé ce programme et exige des négociations directes avec Kinshasa. Dimanche, M. Bisimwa a encore menacé de quitter Nairobi si le gouvernement persistait à inclure d'autres groupes armés dans les pourparlers.
"Nous avons un problème de leadership. Le régime actuel a échoué", a affirmé lundi à l'AFP M. Bisimwa. "Il faut refonder l'Etat et la nation congolaise. Nous pensons que cela doit passer par un gouvernement d'union nationale auquel nous participerions".
Parallèlement, un diplomate européen a indiqué lundi que l'UE allait étudier toutes les options possibles avant de répondre à la demande des Nations unies d'envoyer une "force relais" en attendant l'arrivée en RDC des 3.000 Casques bleus prévus pour renforcer les 17.000 hommes de la force de l'ONU en RDC.
18:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 décembre 2008
L'ONU demande formellement à l'UE l'envoi d'une force relais en RDC
Mis en ligne le 06/12/2008 à 17:48
Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a formellement demandé vendredi à l'Union européenne d'envoyer une force relais dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé samedi le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, qui a indiqué soutenir cette demande. Dans un communiqué, M. De Gucht indique avoir "pris connaissance de la lettre adressée par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, au haut représentant (pour la politique étrangère de l'UE), Javier Solana" ce vendredi. Dans cette lettre, précise le ministre, M. Ban demande de manière formelle à l'UE d'envoyer à l'Est du Congo une force relais en attendant le renfort promis pour la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) de près de 3.000 Casques bleus, qui n'arriveront que dans plusieurs mois. La porte-parole de M. Solana, Cristina Gallach, a confirmé l'existence de cette lettre, ajoutant que cette demande serait examinée lundi par les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept, lors de leurs réunion mensuelle à Bruxelles. (GFR)
© BELGA
18:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04 décembre 2008
Congo : la solution est à Kinshasa
Les Européens n’étant pas prêts à constituer une force armée pour intervenir au Kivu, on se fixe à nouveau sur un renforcement de la Monuc (Mission de l’Onu au Congo).
Celle-ci fait valoir qu’elle compte au Nord-Kivu un Casque bleu pour défendre 1 000 personnes; 17 500 hommes pour un pays grand comme l’Europe de l’ouest. Mais ce n’est pas neuf : on le sait depuis que ce nombre a été fixé. Il représente la moitié des militaires qui furent envoyés en Somalie, en 1993, pour l’opération "Restore Hope", qui avait lamentablement échoué - pour la même raison que la Monuc échoue à remplir sa mission aujourd’hui : les combattants n’avaient pas décidé de faire la paix. Ni Nkunda ni Kinshasa.
Car si Joseph Kabila s’est fait élire comme candidat "de la paix", il a démontré, depuis son élection, un choix constant pour l’utilisation de la violence plutôt que la négociation avec ses adversaires, qu’il s’agisse de la secte Bundu dia Kongo, du MLC (les persécutions envers les partisans supposés de Jean-Pierre Bemba se poursuivent) ou de Laurent Nkunda.
Dans les salons des diplomates, on souligne avec acidité sa tendance à appeler la communauté internationale à son secours quand il perd une bataille, puis à relancer le conflit lorsqu’il croit son armée forte, voire à faire faire "sa" guerre par d’autres soldats que les siens quand ceux-ci - guère payés, guère ravitaillés, pourris par l’impunité - s’effondrent.
Aujourd’hui, le président Kabila est face à un tableau bien noir : son armée en débandade au Kivu; la crise financière qui, frappant les mines et l’industrie, menace ses rentrées financières; le mécontentement social qui va se gonfler du chômage créé par la crise; la Chine qui, à cause de celle-ci, n’achète plus de cobalt et risque de ne pas pouvoir être le sauveur que Kinshasa attendait.
Que reste-t-il à faire, aux dirigeants congolais, sinon prendre le taureau par les cornes ? Résoudre le conflit du Kivu en honorant leurs engagements écrits à rapatrier les supplétifs hutus rwandais et en négociant avec le rebelle Nkunda, qui perdrait alors ses appuis. S’atteler à une vraie réforme de l’armée. Mettre fin à la grande corruption qui nuit à leur crédibilité et aux relations avec leurs partenaires extérieurs. Gouverner, enfin, au lieu de se contenter de gérer les cagnottes du pouvoir.
Mis en ligne le 04/12/2008
10:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30 novembre 2008
Ban Ki-moon favorable à l'envoi d'une force européenne
AFP) - Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est favorable à l'envoi d'une force européenne dans l'est de la République démocratique du Congo, en attendant le renfort promis sur place des troupes de l'ONU, a indiqué dimanche le ministre belge des Affaires étrangères.
"Le déploiement de la force de la paix de l'ONU (les plus de 3.000 hommes supplémentaires promis de la Monuc, NDLR) va prendre un certain temps, c'est la raison pour laquelle l'ONU souhaite qu'une force militaire européenne vienne pour faire la jonction durant la période", a déclaré Karel De Gucht à la télévision flamande VRT.
Un porte-parole de M. De Gucht a précisé à l'AFP que M. Ban Ki-moon avait fait cette "demande de force d'interposition" intérimaire cette semaine lors d'une entrevue à New York avec le chef de la diplomatie belge.
"Le renforcement des 3.000 hommes va prendre plusieurs mois, dans l'intervalle M. Ban Ki-moon juge qu'une force européenne de transition serait nécessaire", si elle peut être mise en place, a-t-il ajouté.
Toutefois avant de prendre une décision, "il faut voir à présent s'il y aura un engagement suffisant de pays européens" pour la constituer, a souligné le porte-parole, Bart Ouvry.
Il a ajouté que la Belgique comptait "reprendre des consultations la semaine prochaine à ce sujet" avec ses partenaires européens, et en particulier la présidence française de l'UE, notamment à l'occasion de deux grandes réunions ministérielles programmées.
Il s'agit d'une part de celle des chefs de la diplomatie de l'Otan à Bruxelles, mardi et mercredi, d'autre part de celle la réunion ministérielle de l'OSCE qui s'ouvre jeudi à Helsinki.
M. Ban Ki-moon a dans l'immédiat demandé à la Belgique d'étudier la faisabilité d'une contribution nationale à l'envoi de cette force européenne intérimaire éventuelle, pour aider à faire à la situation humanitaire critique dans l'est du Congo, selon le porte-parole.
Fin octobre, la France, soutenue par la Belgique, ancienne puissance coloniale, avait déjà proposé d'envoyer des soldats au Nord-Kivu (est de la République démocratique du Congo) pour y accomplir une mission humanitaire en appui à la Mission de l'ONU en RDC.
Mais cette option n'avait pas été retenue par les 27 pays de l'Union européenne, du fait de refus de plusieurs pays, dont l'Allemagne. Ils avaient préféré se concentrer dans l'immédiat sur le travail humanitaire, le soutien à la Monuc et les efforts de médiation politique.
"Les réactions au niveau européen ne permettaient pas de conclure à l'envoi" d'une telle force, mais "le sujet reste d'actualité", a souligné le porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères.
Jeudi, 16 personnalités mondiales, parmi lesquelles d'influents anciens responsables politiques et religieux, ont envoyé une lettre ouverte aux dirigeants européens réclamant l'envoi par l'UE d'une telle force intérimaire en RDC pour y protéger les civils.
Parlant d'une "vraie catastrophe humanitaire" dans l'est de ce pays, ils exhortent les chefs d'Etat et de gouvernement européens à faire preuve de "leadership politique personnel" sur cette question.
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27 novembre 2008
27.11.08 16 personnalités mondiales demandent l'envoi rapide de troupes de l'UE (Eurac)
LONDRES, 27 nov 2008 - D'influents anciens responsables politiques et religieux du monde entier ont envoyé jeudi une lettre ouverte aux dirigeants européens réclamant l'envoi par l'Union européenne (UE) d'une force intérimaire en République démocratique du Congo (RDC), pour y protéger les civils.
Les 16 signataires, dont l'ancien archevêque du Cap Desmond Tutu ou l'ancien président tchèque Vaclav Havel, constatent que les combats dans l'est de la RDC ont provoqué une "vraie catastrophe humanitaire".
Ils appellent donc les chefs d'Etat et de gouvernement européens à faire preuve de "leadership politique personnel" en envoyant une force d'interposition, absolument nécessaire selon eux pour éviter une répétition du génocide d'avril 1994 au Rwanda.
Parmi ces signataires figurent deux prix Nobel de la paix, Desmond Tutu et l'ancien président sud-africain Frederik de Klerk, ainsi que Romeo Dallaire, le général canadien qui dirigeait la mission des Nations unies au Rwanda en 1994, ou encore l'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson et Vaclav Havel.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé, le 20 novembre, d'envoyer 3.000 Casques bleus pour renforcer la mission des Nations unies en RDC (Monuc), mais "cela prendra vraisemblablement entre trois et six mois pour les déployer", notent-ils. Or, "le peuple congolais ne peut pas attendre".
L'envoyé spécial de l'ONU en RDC a demandé le déploiement d'urgence d'une force intérimaire pour protéger les civils avant l'arrivée des Casques bleus, remarquent-ils. "Il est de plus en plus clair que l'UE est la mieux placée (...) pour jouer ce rôle et se déployer maintenant", écrivent-ils.
"Nous vous exhortons à accepter très rapidement le déploiement d'une force de l'UE", poursuivent-ils. "De notre point de vue, cela aiderait à protéger les vies de centaines de milliers de civils actuellement en danger. Cela nécessite votre leadership politique personnel pour faire en sorte que ça se produise et nous assurer que +plus jamais+ signifie réellement plus jamais."
Depuis fin août, de violents combats ont repris dans le Nord-Kivu, à l'est de la RDC, entre d'une part la rébellion de Laurent Nkunda et d'autre part l'armée congolaise et des groupes armés alliés. Ils ont provoqué le déplacement de plus de 250.000 personnes.
23:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25 novembre 2008
HRW dénonce la répression menée par le régime Kabila
(RTBF 25/11/2008)
25.11.08 - 12:17 Human rights watch (HRW) a dénoncé la "répression brutale" menée par le régime du président Joseph Kabila en République démocratique du Congo (RDC), où 500 opposants ont été tués par les services de sécurité depuis deux ans, selon un rapport publié mardi.
Depuis les élections "censées apporter" la démocratie, "les forces de sécurité gouvernementales ont tué délibérément ou exécuté sommairement au moins 500 opposants présumés et en ont détenu environ 1000 autres, dont beaucoup ont été torturés", affirme ce rapport de l'organisation de défense des Droits de l'Homme.
Cette "répression brutale (...) a commencé pendant les élections de 2006 qui ont porté au pouvoir le président Kabila, et elle s'est poursuivie jusqu'à aujourd'hui", estime HRW, qui dénonce "le silence" des gouvernements étrangers.
Selon le document de 96 pages, "les agents de l'Etat ont particulièrement pris pour cible les personnes originaires de la province de l'Equateur ainsi que d'autres soupçonnées de soutenir le candidat présidentiel vaincu, Jean-Pierre Bemba".
Ils s'en sont pris également "à des adhérents du Bundu Dia Kongo (BDK), un groupe politico-religieux basé au Bas Congo qui encourage une plus grande autonomie provinciale et a recueilli un appui considérable aux élections législatives".
En février 2007 et en mars 2008, les forces de sécurité ont tué respectivement 104 et 200 personnes dans le Bas Congo lors d'interventions contre le BDK, assure l'organisation américaine.
Depuis deux ans, près de 150 personnes ont été exécutées sommairement à Kinshasa, a précisé Anneke Van Woudenberg, chercheuse de HRW.
"Tandis que tout le monde se concentre sur les violences dans l'est du Congo, les exactions du gouvernement contre les opposants politiques attirent peu d'attention", a-t-elle déploré.
Toujours selon HRW, "les subordonnés de Kabila ont agi par le biais de plusieurs forces de sécurité gouvernementales, notamment la Garde républicaine paramilitaire, une ‘commission secrète’, le bataillon spécial Simba de la police et les services de renseignement".
"Des agents de l'Etat ont tenté de dissimuler les crimes en jetant des corps dans le fleuve Congo ou en les enterrant en secret dans des fosses communes", explique l'organisation basée à New York.
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L’Adg de la Snel aux arrêts, pourvu que le gouvernement ne lâche pas prise (Pot)Par Faustin Kuediasala
Adolphe Muzito vient de lier l’acte à la parole dans sa volonté de lutter farouchement contre la corruption dans l’exercice d’un mandat public. Pour preuve, certains hauts cadres de la Snel, dont l’Adg Yengo et son Adf, sont aux arrêts depuis hier lundi. Un petit pas certes, mais un grand bond qui promet de s’étendre à tous les secteurs de la vie nationale.
Bonne nouvelle pour ce qui appelait depuis toujours le gouvernement à sévir dans le portefeuille de l’Etat. En effet, des sources concordantes, confirmées dans la soirée par la RTNC, renseignent de l’arrestation hier lundi de l’Administrateur délégué général (ADG) de la Société nationale d’électricité, M. Yengo Masampu.
Dans la geôle, l’Adg Yengo ne sera pas seul. Il devra partager ce temps de rééducation pour une gestion saine du patrimoine de l’Etat avec son Administrateur directeur financier. D’autres sources indiquent aussi que le directeur des approvisionnements serait également tombé dans les filets de la justice.
Que reproche-t-on à ces hauts cadres de la Snel ? La RTNC a fait état d’un prêt de huit millions de dollars américains que le Comité de gestion de la Snel a contracté auprès de la Banque internationale de crédit pour la réhabilitation d’une turbine à Inga. Si aucune unanimité n’est faite jusqu’à ce jour sur le hauteur du montant en cause, il faut dire ce sont des fuites évaluées à des millions de dollars qui seraient reprochés à ces hautes cadres de la Snel, société d’Etat qui détient le monopole dans le secteur de l’énergie électrique en RDC.
Quand on se rappelle de nombreux désagréments imposés à la population congolaise en général, et kinoise en particulier, l’acte posé par les services judiciaires ne peut qu’être applaudi. Mais, il faut dire l’arrestation de deux poids lourds du Comité de gestion de la Snel n’est peut-être que l’arbre qui cache la forêt. Car, dans le portefeuille de l’Etat, y incluant les entreprises d’économie mixte, il y a à boire et manger dans les actes commis ou qui continuent à se commettre des mandataires publics.
D’où, l’appel au gouvernement à secouer sérieusement le cocotier pour débarrasser des entreprises du portefeuille de tous les gestionnaires véreux qui n’ont eu pour seul mode de gestion que le renflouement de leurs comptes en banques, se souciant de moins en moins de l’objet social de ces unités de production, détenues en majorité ou en partie par l’Etat congolais.
Après la Cinat, où l’on a vu la révocation puis l’arrestation de son Administrateur directeur financier, c’est le tour aujourd’hui de la Snel de faire les frais de la détermination - que l’on souhaite durable - du gouvernement, par l’entremise du ministère de la Justice, de mettre fin à l’impunité en RDC.
Il va sans dire que la refondation de l’Etat congolais passe aussi par le démantèlement dans la vie quotidienne de ceux qui se croient relever de la caste des « intouchables ».
Comme l’a si bien exprimé le président de la République dans son discours d’investiture le 6 décembre 2006, la population entend voir les portes de prison grandement ouvertes à qui auraient abusés des deniers publics.
Et, ce n’est pas seulement dans les entreprises publiques que se sont exercés ces hors-la-loi, ils se recrutent aussi dans différents secteurs de la vie nationale, notamment dans l’armée, la police et
l’administration publique. Si le gouvernement veut retrouver sa crédibilité, il doit prendre son courage à bras-le-corps pour sévir là où l’action publique est attendue avec vigueur et véhémence.
Alors que grondent les armes à l’Est, la population entend le voir à l’œuvre pour traduire en justice tous ceux qui se seraient compromis dans la gestion des frais alloués aux services de défense et de sécurité de la Nation.
Le ministre de la Justice et Garde des sceaux a aujourd’hui le devoir de prouver que le gouvernement est prêt, au nom de la séparation du pouvoir, à laisser à la justice les mains pour mieux exercer sa tâche. Le plus dur a commencé, et ne lâchez pas prise, pionniers de la justice.
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19 novembre 2008
19.11.08 FARDC : nécessité de changer la chaîne de commandement (POT)
Un nouveau chef d’Etat-major général à la tête des FARDC, c’est une bonne chose. « On est sur la bonne voie », affirme-t-on, tout en mettant vite un bémol. « Ce n’est pas assez. La situation est tellement préoccupante qu’il ne serait pas de bonne politique de s’arrêter en si bon chemin. Dans tous les cas, il y a nécessité de changer la chaîne de commandement des FARDC, susurre-t-on. Comme pour dire que le processus n’est qu’à ses débuts.
Une très bonne nouvelle. C’est, à en croire l’opinion nationale, la première réaction émise par des Congolais à la suite de la nomination, lundi soir, du lieutenant général Didier Etumba Longila, 53 ans, au poste de chef d’Etat-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
La décision du chef de l’Etat d’élever le lieutenant général Etumba à ce poste est judicieuse tout comme elle tombe à point nommé. Mais elle ne suffit pas. C’est ce que l’on pense dans bien des milieux au regard de nombreux défis qui doivent être relevés dans la conduite de la guerre, dans l’Est de la RDC. A elle seule, fait-on remarquer, la décision du Commandant suprême de notre armée peut ne pas donner les résultats escomptés si elle n’est pas appuyée par d’autres mesures que requiert la nécessité de changer la chaîne de commandement de l’armée, principalement sur le front militaire. Il s’y passe tellement de choses inadmissibles qu’il y a lieu de nettoyer les écuries d’Augias.
Il est question de bien s’y prendre, car le mal est profond et complexe dans la mesure où l’on se trouve devant une sorte de toile d’araignée tissée à la suite de relations entre de vieux copains, entre des camarades… En fait, une affaire de « compagnonage » qui a pour toile de fond, le RCD. Pas étonnant que, sur le théâtre des opérations, le vent ne tourne pas en faveur de Kinshasa, mais au profit de la rébellion de Laurent Nkunda.
Franchement, on est comme dans une sorte de pièce de théâtre où tout se joue autour du Rassemblement congolais pour la démocratie. Tout est parti du brassage de troupes qui s’est mué à un moment donné en mixage. Une opération très mal concoctée à tel point qu’elle a finalement tourné au désastre. Surtout pour Kinshasa qui n’en est pas sorti à bon compte. Et ce, sur tous les plans. Qu’est-ce qui est arrivé à la suite de cette opération de « triste mémoire » ?
LE VIVIER RCD DESSERT KINSHASA
Après le brassage ou le mixage, c’est selon, presque toutes les troupes en provenance du RCD sont restées sur place dans leur ancien bastion. « Regroupés au même endroit, non seulement que ces éléments ont gardé leurs positions intactes mais ils ont conservé à cent pour cent leur puissance de feu, s’ils ne l’ont pas tout simplement accrue », s’est indigné un officier militaire qui a requis l’anonymat.
Jusqu’aujourd’hui, accuse le même officier, c’est ce vivier-là, portant la marque RCD, qui occupe les postes les plus importants dans la conduite, sur place, de la guerre qui oppose l’armée nationale aux rebelles fidèles au général déchu, Laurent Nkunda. « Ces éléments sont toujours en place, toujours aux premières loges, même lorsqu’on sait – c’est un secret de polichinelle – qu’ils sont à la base de tous les « coups » qui arrivent aux éléments de FARDC au front.
Tant que des changements ne seront pas apportés au niveau de la chaîne de commandement militaire au front, notamment en déplaçant tous ceux à qui revient l’initiative des opérations, il est difficile de pouvoir s’attendre à des nouvelles de plus en plus rassurantes en ce qui concerne l’engagement des FARDC sur le champ de bataille. La même démarche est requise quant à la lutte contre l’impunité qui a élu domicile au sein des FARDC. Comment expliquer que des soldes de militaires soient continuellement détournées sans que l’on arrive à mettre hors d’état de nuire tous ceux qui en sont coupables ? Comment expliquer que des kits de rations alimentaires destinés aux militaires déployés au front connaissent le même sort sans qu’aucun officier soit inquiété par la Justice militaire ?
C’est à peine inadmissible, surtout que le pays se trouve en temps de guerre. Les mêmes précautions doivent rapidement être prises au niveau des Services de renseignement militaire où la remise en ordre est plus qu’une nécessité. Quoi qu’il en soit, l’urgence exige des mesures draconiennes. Dans tous les cas, il en faut car l’heure est grave.
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17 novembre 2008
Il faut remettre l'armée en ordre"
Dans une "situation difficile", l'armée congolaise "a besoin d'une remise en ordre" pour faire cesser retraites injustifiées et contre-attaques intempestives, estime le commandant des casques bleus en République démocratique du Congo, le général Babacar Gaye.
"Quand on voit la situation à Kanyabayonga" (est), où des soldats "ont quitté la ville un peu précipitamment" en début de semaine face aux rebelles de Laurent Nkunda, "il y a besoin d'une remise en ordre" de l'armée, a déclaré le général Gaye lors d'un entretien avec l'AFP samedi à Kinshasa.
"Moi je ne dis pas que l'armée est en débandade, je dis qu'elle est en situation difficile", a-t-il ajouté, de retour d'un voyage dans la province du Nord-Kivu (est), où les combats ont repris depuis fin août entre armée et rébellion de Laurent Nkunda. L'armée congolaise, qui selon l'ONU a commis cette semaine des pillages à grande échelle dans plusieurs villes de l'est, est victime d'"excès" de la part de certains de ses éléments, selon le chef militaire de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc).
Il faut "éviter" que des militaires fuient "parce qu'on leur a annoncé une attaque", mais aussi éviter que d'autres, "sans coordination, se lancent dans des contre-attaques", comme cela a été le cas la semaine dernière près de Goma, la capitale du Nord-Kivu, a-t-il expliqué. Le général sénégalais, qui est à la tête de la plus importante mission actuelle de paix de l'ONU avec 17.000 soldats, a aussi accusé les forces armées congolaises (FARDC) d'être en partie responsable de la dégradation de la situation dans le Nord-Kivu.
"Nous étions à la fin du mois de septembre dans une dynamique de progrès", dit-il. "Malheureusement, les FARDC ont enregistré des succès locaux sur le terrain et ont eu la tentation de continuer (...), alors qu'au contraire, j'avais préconisé (...) que les FARDC donnent le bon exemple, qu'ils se déploient sur les lignes prévues" par l'accord de paix de Goma de janvier.
Selon le général Gaye, la résolution du conflit passe par une "approche globale", qui implique une "stabilisation" sur le plan militaire. Il faut que l'armée "s'en tienne à une attitude strictement défensive". "Il appartient au plus haut niveau des autorités congolaises de donner des instructions claires aux militaires" sur le terrain, a-t-il estimé. L'approche globale qu'il préconise passe aussi par "des initiatives d'abord politiques" et diplomatiques.
Concernant la Monuc elle-même, le général Gaye a annoncé qu'elle disposerait dans le Nord-Kivu de 6.000 casques bleus d'ici "au maximum une dizaine de jours", contre 5.000 actuellement. Ce millier d'hommes supplémentaires viendra "principalement" de l'Ituri, province frontalière du Nord-Kivu. "Nous n'avons pas renforcé les troupes du Nord-Kivu au détriment du Sud-Kivu", où il "y a suffisamment de menaces", selon le général Gaye. La politique de la Monuc actuellement est de "protéger les grands centres urbains", tels que Goma, aux portes de laquelle sont positionnés depuis fin octobre les rebelles. "Il faut faire des choix, on ne peut pas être partout", a-t-il justifié.
Le général a par ailleurs catégoriquement démenti la présence éventuelle en RDC de soldats angolais, dont le pays est un fidèle allié de l'ex-Zaïre. Le général Gaye a dirigé la Monuc de mars 2005 à octobre 2008. Il a repris ce poste en novembre, après la démission au bout d'un mois de son successeur. "Si je n'étais pas optimiste, je ne serais pas revenu", a-t-il conclu.
AFP
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15 novembre 2008
Des arrestations des proches de J P Bemba signalées à Kinshasa
La rébellion de Laurent Nkunda progresse lentement mais sûrement vers le grand Nord pendant que les éléments de Forces armées de la RDC pillent les localités de Kanyabayonga, Kaina et Kirumba vers le nord de Rutsuru. Selon Bertrand Bisimwa, porte-parole de CNDP, leurs troupes ont progressé d’une vingtaine de Km vers le nord de Rutsuru et occupent la station de Ruindi, situé dans le Parc de Virunga. Les rebelles viennent de s’emparer en l’espace de deux jours de trois localités stratégiques menant vers Kanyabanyonga. Il s’agit de Nyanzale, Kikuku et Kiberezi.
Les troupes du CNDP sont à la porte de Kanyabayonga, signale le porte-parole de CNDP, qui indique qu’ils sont à une dizaine de Km de cette ville séparant les territoires de Rutsuru à celui de Lubero. Cette progression du CNDP vers le grand Nord (Butembo, Beni) se fait sans beaucoup de résistance, car les soldats gouvernementaux ont déjà fuit Kanyabayonga, après avoir perpétré des pillages de populations civiles, affirme Bertrand Bisimwa.
Le mercredi dernier, le Chef d’Etat-major de Forces terrestres de l’Armée gouvernementale, le général Gabriel Amisi et le commandant de la Force de la MONUC, le général Babacar Gaye se sont rendus à Kanyabayonga pour ramener le calme et réorganiser les quelques unités de FARDC sur le terrain afin d’éviter la chute de cette ville. Des troupes ont été ramenés de Butembo, ville située à 350 Km au Nord de Goma, vers Kanyabayonga, ont indiqué des sources militaires congolaises. Selon les mêmes sources, quelques butins pillés par les soldats gouvernementaux, ont été récupérés et d’autres soldats arrêtés et traduits devant les juridictions militaires opérationnelles dans la Région.
Le Premier Ministre, Adolphe Muzito a haussé le ton en instruisant la haute hiérarchie militaire et la Justice congolaise à sanctionner avec la grande rigueur tout soldat ou officier coupable de détournement de fonds ou matériels destinés à la guerre de l’Est.
Arrestation des proches de JP Bemba
Entre temps à Kinshasa, l’organisation non gouvernementale de défense des Droits de l’homme, ‘‘La Voix des sans voix’’ (VSV), s’inquiète de l’arrestation de sept personnes proches de Jean-Pierre Bemba. La VSV dénonce aussi une vague d’enlèvement à Kinshasa des militaires, policiers et des personnes civiles originaires pour la plupart de la Province de l’Equateur.
Selon la VSV, ces arrestations sont perpétrées par les Services de Sécurité et ce depuis fin octobre de cette année. Le Colonel de police Josué Samba Nzapa Bata Zakato, un ex commandant de la Sécurité de Jean-Pierre Bemba qui est l’une des victimes, a été interpellé le 20 octobre dernier et reste détenu sans droit de visite au centre de rééducation pénitentiaire de Kinshasa (CRPK). Dans cette vague d’arrestation, souligne VSV, on retrouve plusieurs membres de famille du colonel et trois autres personnes d’une même famille dont une mère avec son nourrisson.
Ces personnes sont accusées en à croire l’organisation non gouvernementale, d’avoir appuyé l’ex Vice-président lors des affrontements de mars 2007, l’ayant opposé aux éléments de troupes gouvernementales. La VSV note également que ces personnes ont été citées par les autorités gouvernementales pour avoir des liens avec la cache d’armes découverte à la mi-octobre à Kintambo, à Kimwenza, au site Tembe na Tembe.
Des informations concordantes renseignent que ces personnes sont détenues dans les locaux de Services Spéciaux à Kin-mazière dans la commune de la Gombe, privées de toutes visites.
La VSV qui condamne cette vague d’arrestation, demande aux autorités congolaises, la libération immédiate de toutes les personnes détenues.
Le Révélateur
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12 novembre 2008
LA GUERRE A L'EST DE LA RDC UN BUSINESS JUTEUX POUR LES GENERAUX ET POLITIQUES CONGOLAIS
No Nkunda, no business (POT)
La crise de l’Est nourrit son homme. Aussi bien l’investisseur étranger voulu véreux que les dignitaires congolais qui se complaisent dans la poursuite de la guerre afin de mettre à sac le Trésor public. Le plus officiellement possible. Les ponctions sont faites légalement, avec le sceau des plénipotentiaires institutionnels. Dès lors, il y a de quoi comprendre les caisses de l’Etat sont toujours déclarées vides.
Tout simplement parce que les finances publiques en RDC ressemblent à des coopératives où les membres peuvent aller s’approvisionner à gré.
La dernière révélation en date a été étalée au grand jour le mardi 11 novembre 2008 à la plénière de l’Assemblée nationale. Un député membre du PPRD, excédé par les discours hypocrites et sournois déversés dans l’opinion, a voulu rabattre le caquet aux gueulards de sa famille politique.
L’élu du peuple a informé ses collègues avoir eu la preuve du détournement de la solde des militaires au front. C’était à l’occasion de la dernière visite du Premier ministre à l’Est. A la question de savoir la hauteur de l’enveloppe reçue du gouvernement au titre de prime aux hommes des troupes combattantes, un commandant répondra, innocemment : 5.000 Usd (cinq mille). Or, selon le ministre des Finances, le montant décaissé était de 100.000 Usd pour ce front-là. Cela est passé comme un fait divers, anodin et normal. Et vive la gouvernance en RDC. Excellente même en période de guerre.
Pour mon voisin de gauche, il s’agit d’un secret de polichinelle. Cela se chuchotait, les médias internationaux l’avaient dénoncé sans que les auteurs ne s’en émeuvent.
Troublé, mon vis-à-vis lâche : si c’est cela le patriotisme-nationalisme dont on nous rabat les oreilles dans les médias au quotidien, alors les vessies ressemblent bien aux lanternes.
L’occasion faisant le larron, le président de l’Assemblée a saisi la balle au bond pour effacer de la mémoire de ses collègues et de l’opinion une fausse inscription : l’hôtel Venus qui surplombe un quartier huppé de la commune de la Gombe ne lui a jamais appartenu. Au contraire, révélera Vital Kamerhe, le « trois étoiles » de l’avenue de la Gombe appartiendrait à un général de la police chargé de la paie de la solde depuis 10 ans.
Au fil des jours, la guerre de l’Est n’est qu’un business juteux qui fleurit au bout du canon. Et il rime avec impunité. Dignitaires, généraux et civils y trouvent leur compte. De quoi dire que « no Nkunda « no job », pour les uns et, « no business » pour les autres.
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