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07 décembre 2010

JED: absence remarquée du président rwandais Paul Kagame lors d'un débat public

(Belga) Le président rwandais Paul Kagame a brillé lundi par son absence lors des Journées européennes du développement (JED) à Bruxelles alors qu'il devait participer à l'une des tables rondes prévues sur l'égalité entre les sexes, a-t-on constaté.

Le chef de l'Etat rwandais, qui était l'invité-vedette de ce débat, s'est fait remplacer au pied levé par sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Aucune information n'a été donnée par les officiels rwandais, injoignables, pour expliquer l'absence de M. Kagame. Le président rwandais, qui séjourne en Belgique depuis la fin de la semaine dernière pour une visite de quatre jours, a rencontré lundi matin le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Un entretien prévu lundi entre M. Kagame et le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme, ainsi que ses ministres des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, Steven Vanackere et Charles Michel, a par contre été annulé - "pour des raisons d'agenda", a précisé le porte-parole du chef du gouvernement à l'agence BELGA. La visite de M. Kagame en Belgique intervient après la publication d'un rapport controversé - notamment de la part de Kigali - de l'ONU énumérant une longue liste d'atrocités commises en République démocratique du Congo (RDC) de 1993 à 2003 par les forces armées de plusieurs pays africains, dont le Rwanda, et accusant l'armée rwandaise d'avoir commis des crimes qui pourraient être qualifiés de "génocide". (LEE)

Source: Belga

 

06 décembre 2010

Paul Kagame à Bruxelles: "Comment-est ce possible?" (Els SCHELFHOUT)

Paul Kagame à Bruxelles: "Comment-est ce possible?" (Els SCHELFHOUT)

Comment est-ce possible que notre pays, l’actuel président de l’UE, reçoive l’un des plus grands criminels de guerre depuis la Deuxième Guerre Mondiale? 

Paul Kagame, président du Rwanda est à Bruxelles. Le 6 et 7 décembre, il participera à la cinquième édition des ‘Journées Européennes du Développement’, organisées par la Commission Européenne en collaboration avec la présidence belge.

 

 

Paul Kagame et le développement.

 

 

Quel développement ? Le développement social favorisant une minorité de la population rwandaise ? Le développement démocratique comme façade d’un régime autoritaire empêchant par répression, intimidation et élimination des adversaires toute culture démocratique ? Le développement économique se réalisant avec les recettes des ressources naturelles congolaises pillées de façon éhontée?

 

 

Le développement au Rwanda n’est rien d’autre qu’un ordre oppressant, organisé par un criminel de guerre, un homme portant une coresponsabilité indéniable pour le génocide en 1994 au Rwanda et au Congo, depuis 1996. Un ordre organisé par un homme honoré déjà trop longtemps pour avoir arrêté un génocide que lui-même a commencé. Un ordre organisé par un homme responsable du chaos actuel à l’Est du Congo.

 

 

Le rapport « Mapping » des Nations Unies, publié en octobre dernier, sur la République Démocratique du Congo durant la période 1993-2003, démontre la responsabilité énorme de Paul Kagame et son Front Patriotique Rwandais (FPR) dans le génocide des réfugiés Hutu et de la population congolaise. Cela n’empêche pas que Kagame vienne discuter sans honte du développement. Assisté par son ‘grand ami’ et initiateur du groupe informel de l’Union Européenne ‘Les amis du Rwanda’. Il s’agit de l’ancien Ministre belge des Affaires étrangères, l’ancien Commissaire européen à la Coopération au Développement et l’Aide Humanitaire et l’actuel député européen Louis Michel.

 

 

Lors d’une émission à la radio VRT ‘De Ochtend’ Louis Michel appelait le rapport « Mapping » une honte pour les Nations Unies. Il nommait « peu fiables » les centaines de témoignages des personnes et organisations ayant vécu les atrocités des milices et groupes armés lors des années de guerre. « Le rapport est une insulte pour l’histoire’, se moquait-il.

 

 

Mais le rapport n’a rien évoqué de nouveau et la vérité a ses droits.

 

 

En 1996, le Ministre belge de la Coopération au Développement de l’époque, Reginald Moreels, a déclaré sur base des messages des humanitaires et des missionnaires, qu’un génocide contre les réfugiés Hutu et les expatriés congolais avait lieu à l’Est du Zaïre. Mohammed Shanooun, le Représentant des Nations Unies de l’époque, mettait l’ampleur des atrocités au même niveau que le génocide du 1994. Le Secrétaire Général Kofi Annan avouait être choqué par la cruauté des rebelles du FPR. Il parlait d’une ‘lente éradication’ des civils. UNHCR, UNICEF, WFP, Amnesty International, le Commissaire européen aux Affaires Humanitaires de l’époque Emma Bonino, des organisations humanitaires (Médecins Sans Frontières, Oxfam, Care), tous ont témoigné que le FPR chassait et tuait les réfugiés. Ils sont massacrés, battus, brûlés, coupés en morceaux, enterrés vivants. Kagame était le dirigeant de l’armée.

 

 

Maintenant, il est encore président, et a récemment obtenu un deuxième mandat. Un Chef d’Etat siégeant ne peut être inculpé par la Cour Pénal International pour des crimes commis avant juillet 2002. Kagame échappe – pour l’instant- à la justice.

 

 

Mais cessons au moins de faire semblant.

 

 

Cessons de contribuer par les programmes de développements et de l’aide budgétaire – et donc d’être coresponsable !- à la construction d’un état totalitaire violant systématiquement les droits de l’homme. C’est un état bafouant les droits de l’opposition et accordant le pouvoir à une petite élite. Cessons de soutenir un système judiciaire et la construction des prisons dans lesquelles des leaders d’opposition comme Victoire Ingabire sont détenus sur base des fausses accusations et sans aucune perspective d’un procès équitable.

 

 

Cessons de serrer la main à Paul Kagame.

 

 

Le temps de l’hypocrisie est passé. Et la carte « génocide » qui a permis Kagame durant des années, surtout grâce aux Etats-Unis et au Royaume Uni, de déstabiliser le Congo et de bombarder les camps des réfugiés, peut enfin être déjouée.

 

 

Els Schelfhout

Ancienne sénatrice

12 novembre 2010

ustice pour Floribert Chebeya en RDC? (L'Express 12/11/2010)



Il faudrait un miracle pour que le procès des assassins présumés du fondateur de La Voix des Sans-Voix, qui s'ouvre ce vendredi devant un tribunal militaire de Kinshasa, échappe à une tenace malédiction: châtier des lampistes pour mieux protéger le régime. 

Un procès pour la galerie? Ce vendredi 12 novembre comparaîtront devant une cour militaire de Kinshasa cinq policiers congolais, jugés pour "association de malfaiteurs, enlèvement, assassinat et terrorisme". Tous appartenaient au commando accusé d'avoir, le 1er juin dernier, enlevé et torturé à mort Floribert Chebeya, fondateur et directeur exécutif de l'ONG La Voix des Sans-Voix (VSV). Le corps sans vie de ce militant intransigeant des droits de l'homme, qui avait rendez-vous le mardi fatal en fin de journée avec le général John Numbi, inspecteur général de la police nationale, a été retrouvé le lendemain sur le siège arrière de sa voiture, le pantalon baissé et les mains menottées dans le dos. En revanche, nulle trace de son cousin par alliance Fidèle Bazana, membre et chauffeur de VSV, qui l'accompagnait au QG du premier flic du Congo-Kinshasa 

C'est en vain que les compagnons de lutte des deux disparus ont réclamé l'arrestation de Numbi, qu'ils tiennent pour le "suspect n°1" des "assassinats" de Chebeya et Bazana. Suspendu des ses fonctions "à titre conservatoire" dès le 5 juin, le haut-gradé, réputé proche du président Joseph Kabila n'apparaîtra pas dans le box des accusés. Le tribunal retenu ne peut juger que des officiers de rang égal ou inférieur à celui de colonel... Autant dire que le renvoi du dossier devant cette juridiction s'apparente pour les animateur de VSV à un "déni de justice". 

Chef des services spéciaux de la police et bras droit de John Numbi, le colonel Daniel Mukalay endossera donc à la barre, bien malgré lui, le costume de cerveau de l'opération. Peu après son incarcération, un conseiller de la présidence, cité par l'AFP, avait affirmé que Mukalay était passé aux aveux, tout en revendiquant le statut de "simple exécutant" soumis aux ordres de son supérieur. Il aurait même, aux dires d'un témoin, fait part de la rancoeur que lui inspirait le fait de "payer pour l'autre." 

"L'ordre était bien de l'assassiner"

Au-delà du quintet incriminé, le tribunal militaire statuera, in absentia, sur le sort de trois autres membres présumés de l'équipée sauvage. Lesquels, "en fuite", seront en outre jugés pour "désertion". Le témoignage de l'un d'eux pourrait sans doute éclairer d'une manière décisive le genèse et le scénario de l'expédition punitive fatale à "Flori". Las!, le major Amisi Mugangu, qui craint pour sa vie, se planque dans un pays voisin de la RDC. A l'en croire, il a été exfiltré vers l'Ouganda via Brazzaville et Addis Abeba sur instruction -et avec le concours financier- du général Numbi. Le 8 octobre, à la faveur d'un échange de courriels, il nous a fourni de troublants détails. 

De deux choses l'une: ou cet homme est bien celui qu'il prétend être, hypothèse que divers experts consultés tendent à accréditer; ou il est l'acteur d'une manipulation particulièrement sophistiquée. Lui affirme avoir été "arrêté et torturé" au Kenya par des agents aux ordres de Kabila et n'avoir échappé au rapatriement forcé vers Kinshasa que grâce à la bienveillance d'un policier local. Selon son récit, une embuscade avait été tendue aux abords de la maison de Chebeya dès le 23 mai, soit plus d'une semaine avant le kidnapping sans retour. Piège éventé par le retour précoce de l'intéressé. "L'ordre, affirme-t-il, était bien alors de l'assassiner". Voilà qui tend à contredire la thèse, largement répandue, d'une "correction" ayant mal tourné. Thèse corroborée, au moins en apparence, par le rapport d'autopsie qu'a rédigé une équipe composée de médecins légistes néerlandais et congolais. Si l'on en croit ce document, Chebeya a en effet succombé à un arrêt cardiaque consécutif à de mauvais traitements. 

Aussi grotesque que macabre, la mise en scène visant à maquiller le décès en crime passionnel, voire sexuel, aurait été suggérée par une femme, commissaire principale et "chef d'escorte" de son état. On avait en effet disposé autour du cadavre des préservatifs usagés, un flacon de Viagra et des mèches de cheveux féminins. Le mobile de la liquidation? Mugangu invoque les recherches que la figure de proue de VSV était soupçonnée de consacrer à la fortune amassée par "Jo" Kabila, "évaluée en millions de dollars". Lors de l'interrogatoire, précise le fuyard, Daniel Mukalay le sommait de révéler "où se trouve le rapport." "Quel rapport?", demandait Chebeya. "Le rapport sur les biens de Son Excellence Joseph Kabila", répliquait Mukalay." Enfin, notre source affirme savoir avec précision dans quelle boucle du fleuve Congo le corps de Fidèle Bazana, assassiné lui aussi selon ses dires, a été immergé. 

Qu'il s'agisse des éliminations de journalistes indociles ou de militants des droits humains, la justice congolaise -ou ce qui en tient lieu- a pour habitude de faire traîner les procédures, de les étouffer ou de châtier lampistes et seconds-couteaux. Au regard du retentissement qu'a eue, notamment à l'étranger, la mort plus que suspecte de Floribert Chebeya, pas sûr qu'elle s'en tirera cette fois à si bon compte. 

Par Vincent Hugeux, publié le 12/11/2010 à 07:00

22 octobre 2010

Jean Pierre Bemba victime d’une injustice...judiciaire

par OBJECTIF CONGO, vendredi 22 octobre 2010, à 02:29

La Cour pénale internationale a annoncé jeudi 21 octobre que le procès du président du MLC (Mouvement de libération du Congo), Jean-Pierre Bemba Gombo, va s’ouvrir le 22 novembre prochain. L’ancien vice-président de la RD Congo sera étrangement seul sur le banc des accusés pour répondre des «crimes de guerre et contre l’humanité» imputés, à tort ou à raison, aux combattants de son Mouvement déployés en République Centrafricaine à la demande de l’ancien président Ange-Felix Patassé. Sans être blanc comme neige, Bemba n’a jamais été présent sur le théâtre des opérations. Il avait placé ses «hommes» sous le commandement direct tant du chef de l’Etat centrafricain de l’époque que de l’état-major de l’armée de ce pays (FACA). L’accusation tente manifestement de faire expier un bouc émissaire en lieu et place de confronter tous les protagonistes au drame centrafricain pour savoir qui, en définitive, est responsable de quoi faisant ainsi éclater la vérité. La Chambre de première instance de la CPI va donc (enfin) juger Jean-Pierre Bemba Gombo. Il doit répondre du chef de «meurtres, viols et pillages» imputés aux éléments du MLC déployés d’octobre 2002 à mars 2003 en Centrafrique à la demande d’Ange-Félix Patassé, alors chef d’Etat de ce pays. Patassé faisait à l’époque face à une rébellion armée dont le chef n’est autre que l’actuel président de la RCA, le général François Bozizé.Le 22 novembre prochain, le risque est grand que l’on assiste à une haute farce judiciaire menée par une juridiction internationale inique. Inique parce que partiale et discriminatoire. Il faut refuser de voir pour ne pas constater que la CPI est instrumentalisée par certains groupes d’intérêts. La mansuétude affichée par le procureur près la CPI, Luis Moreno-Ocampo, à l’égard des co-accusés centrafricains est, en effet, difficilement compréhensible. Ceux-ci n’ont en aucun cas été inquiétés. Aucun mandat international n’a été délivré à l’encontre de Patassé et des ses acolytes. C’est le cas notamment du chef milicien Abdoulaye Miskine.L’e-mail en provenance de BanguiArrêté à Bruxelles en mai 2008 sur la base d’un mandat international délivré par la CPI en «extrême urgence», Bemba est privé de liberté depuis bientôt une trentaine de mois. Un comble pour une juridiction censée fonctionner selon les canons occidentaux qui consacrent la primauté de la liberté sur la détention. La date d’ouverture du procès a été reportée à maintes reprises au gré des caprices du procureur Moreno-Ocampo. Au mépris du respect des droits de la défense. Cette longue «garde à vue» ne peut s’expliquer que par les difficultés rencontrées par l’accusation à administrer les preuves de ses allégations. Il y a, en effet, trop de faits troublants dans cette affaire Bemba. Le 21 avril 2006, un courrier électronique est adressé à Léonard She Okitundu, alors directeur du cabinet de Joseph Kabila. Une copie est envoyée à l’ambassadeur de la RD Congo à Bangui Mugaruka bin Rubibi. L’objet du message est libellé comme suit : «JPB CPI». L’expéditeur s’appelle Abdel Karim Mekassoua. Il était à l’époque le ministre de la Communication : «Chers amis, écrivait-il, je vous transmets les infos nécessaires à la très haute attention du PR. Merci de mettre 2 billets A/R à disposition sur AF, pour un départ le 22 avril de Bangui et retour le 24 avril via Douala pour A. Karim Meckassoua et Me Goungaye Wanfiyo Nganatoua. Je confirme le rendez-vous avec Antoine qui a mon contact de Paris (...). Mes respects au PR et merci pour votre diligence.» Décédé depuis, Me Nganatoua est l’homme qui, avec l’aide des «experts» de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme) a pu monter de toutes pièces et les «témoignages» et autres «preuves» sur les « atrocités » commises uniquement par les combattants du MLC appelés à tort les «Banyamulenge». Ce fait montre non seulement que les «plaignants» ont été instrumentalisés mais surtout qu’une connivence a existé et continue à exister entre l’actuel chef d’Etat centrafricain et son homologue congolais. Selon des sources, «Antoine» dont il est question ne serait autre que Antoine Ghonda Mangalibi, un transfuge du MLC passé avec armes et bagages dans le camp kabiliste.Une cabaleEn août 2009, la CPI a fini par faire droit à la demande de libération conditionnelle introduite par la défense. Et ce, en attendant l’ouverture du procès. On le sait, cette décision a été cassée en appel en décembre 2009. Les juges avaient estimé que le maintien de Jean-Pierre Bemba en liberté «constituait une menace pour des témoins à son procès.» Il apparaît que cette décision a été influencée par la position prise par la FIDH dans un communiqué publié le 3 septembre 2009.Cette Organisation non gouvernementale internationale se disait «très préoccupée du risque que pourrait représenter» cette mesure «pour toutes les victimes et les témoins». Ajoutant : «La FIDH rappelle que la situation sur le terrain, tant en République Centrafricaine (RCA) qu’en République démocratique du Congo, est très tendue, et que les témoins et victimes des crimes dont Jean-Pierre Bemba est accusé se trouvent dans une situation extrêmement précaire». «La FIDH craint que l’extrême vulnérabilité des acteurs sur le terrain ne soit aggravée par une éventuelle libération provisoire de Jean-Pierre Bemba.» Le communiqué souligne en conclusion la «crainte» de la Fédération de voir Jean-Pierre Bemba échapper «à la justice internationale et que des preuves disparaissent.» Question : Quel est l’intérêt de la FIDH à voir Bemba maintenu en détention pendant que ses co-accusés centrafricains respirent l’air et ont pu bénéficier d’une amnistie au plan interne? Coïncidence ou pas, au cours de ce même mois de septembre 2009, on apprenait que les résidences de deux anciens transfuges du MLC - devenus ministres de Joseph Kabila - ont été attaqués par des inconnus. Il s’agit de José Endundo (Environnement) et d’Alexis Thambwe Mwamba (Affaires étrangères). Les "assaillants" auraient chaque fois laissé un message accompagné d’une balle : «Si tu témoignes contre Jean-Pierre Bemba, tu mourras». Selon le ministre de la Communication et des médias Lambert Mende Omalanga, d’autres personnalités ex-MLC auraient le même message par SMS. C’est le cas notamment du ministre du Plan, Olivier Kamitatu, du député Antoine Ghonda ou du Sénateur Valentin Senga. Une année après, l’opinion congolaise attend toujours les conclusions de l’enquête que la police n’a pas manqué d’ouvrir à ce sujet. Pire, la "famille" de feu Nganatoua s’est manifestée dans les mêmes circonstances de temps via une dépêche de l’AFP pour exiger le maintien de Bemba en détention. L’AFP n’a jamais citer un seul nom des membres de cette "famille". Qui tire les ficelles derrière cette rafale des dépêches d’agence?RequêteDans une requête adressée à la CPI, jeudi 25 février dernier, la défense a formulé deux demandes. Dans la première, elle a demandé à cette juridiction à déclarer "irrecevables" les poursuites engagées contre l’ancien vice-président de la RD Congo et sénateur Bemba Gombo et «y mettre un terme définitif.» Au motif que cette affaire a déjà été jugée en 2004 par la justice centrafricaine et que Bemba a été lavé de tout soupçon. Dans la seconde, elle sollicite la libération de l’accusé et dénonce toutes les «manœuvres de procédure abusive» qui entourent cette affaire. La suite est connue. Pour la CPI, «le doyen des juges d’instruction de Bangui avait abandonné les poursuites à l’encontre de Bemba en vertu de l’immunité diplomatique dont il bénéficiait en tant que vice-président de RDC.» La CPI a balayé ces arguments d’un revers de la main avant d’annoncer qu’elle est désormais en mesure d’ouvrir le procès de Jean-Pierre Bemba Gombo «pour crimes de guerre en Centrafrique». Rendez-vous est donc fixé au 22 novembre prochain. «C’est depuis deux années que le sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo est privé de sa liberté en violation de son droit à une procédure équitable, transparente et contradictoire», déclarait l’avocat bruxellois Aimé Kilolo-Musamba au cours d’un entretien avec Congoindependant.com. Il est clair que l’accusé Bemba est persécuté, pour des raisons inconnues, par une instance judiciaire internationale inique.

 

21 octobre 2010

Le procès de Jean-Pierre Bemba Gombo s’ouvrira le lundi 22 novembre 2010

 

ICC-CPI-20101021-MA75

 

 

Situation : République centrafricaine 
Affaire : Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo

Dans une décision rendue oralement aujourd’hui au cours d’une audience de mise en état, la Chambre de première instance III de la Cour pénale internationale (CPI) a fixé la date d’ouverture du procès dans l’affaire Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo au lundi 22 novembre 2010, à 14h30 (heure locale de La Haye).

Jean-Pierre Bemba Gombo serait pénalement responsable, pour avoir effectivement agi en qualité de chef militaire au sens de l’article 28-a du Statut de Rome, de deux crimes contre l’humanité (meurtre et viol) et de trois crimes de guerre (meurtre, viol et pillage), prétendument commis sur le territoire de la République centrafricaine au cours de la période comprise approximativement entre le 26 octobre 2002 et le 15 mars 2003.

11 octobre 2010

MME ARMAND TUNGULU REMET UN MESSAGE POUR OBAMA A L’AMBASSADEUR DES USA EN BELGIQUE

Grande manifestation pour Armand Tungulu ce samedi 9 octobre à Bruxelles. Plus de mille personnes ont répondu à l’appel des organisateurs et de la famille d’Armand. 

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L’événement du jour est la rencontre entre l’ambassadeur des USA en Belgique et la famille d’Armand Tungulu: épouse, enfants, cousin. Comment en est-on arrivé là ?

Il est 14h30 quand l’ordre de commencer la marche est donné. Les manifestants qui étaient rassemblés à côté de la sortie du métro Porte de Namur descendent sur la chaussée d’Ixelles, direction boulevard du Régent ou avenue Marnix. Très vite plusieurs dizaines de policiers anti-émeutes accourent et barrent la route aux manifestants.

Apparemment, la trajectoire convenue n’est pas respectée. Coups de gueule de part et d’autre. Enervement… Les organisateurs tournent le dos aux policiers, suivis par une moitié des manifestants, dont les membres de famille d’Armand Tungulu. Ils se dirigent vers la chaussée de Wavre. Et là, après concertation, la manifestation redémarre. En tête, la famille d’Armand Tungulu, chacun portant un t-shirt avec la photo d’Armand ainsi que l’inscription : Armand Tungulu Héros.

Quand la tête de la manifestation arrive au bout de la chaussée d’Ixelles, la ceinture de police est toujours là, avec derrière un véhicule anti-émeute, prêt à arroser les têtes brûlées. Nouvel affrontement. Les manifestants sont décidés de rompre la ceinture policière et marcher sur le boulevard. Survient alors une bousculade, et les coups de matraque pleuvent. Un policier arrose un manifestant avec le gaz lacrymogène. Des cris, et soudain le véhicule à eau chaude avance et arrose les manifestants. Débandade d’un côté, mais d’un autre, des manifestants ne cèdent pas malgré l’obstination de la police.

Négociations et finalement, le véhicule à eau chaude recule.  Les  manifestants peuvent enfin emprunter le grand boulevard, direction, ambassade des Etats-Unis. Au croisement avec la rue du trône nouvel arrêt. La circulation est fortement perturbée.

Au loin, j’aperçois notre confrère Bongos venu spécialement de Paris pour couvrir l’événement.

Au fur et à mesure que l’on s’approche de l’Ambassade des USA, il y a un déploiement impressionnant de policiers, même dans l’enceinte de l’ambassade. Dans le ciel, un hélicoptère s’est stabilisé au-dessus de la manifestation.

Quand la longue colone des manifestants arrive devant l’ambassade des USA, nouvel arrêt, très long. Les organisateurs ont prévu que la veuve Tungulu remette à l’ambassadeur un message. Nous sommes samedi après-midi pourtant, les bureaux doivent en principe être fermés. Nouvelles négociations avec la police pour les modalités.

Finalement, il y a un accord. Des policiers accompagneront madame Tungulu jusqu’à l’ambassade. Nous de la presse somme autorisés de suivre. Nous traversons le boulevard et nous dirigeons vers l’ambassade sur le trottoir qui est en face des manifestants.

Le diplomate américain sort et se dirige vers Madame Armand Tungulu qu’il salue. Il écoute les explications d’Alhongo, un des organisateurs, puis répond en présentant d’abord ses condoléances à la veuve et aux enfants.

Celle-ci signe alors le message écrit à transmettre au Président Obama.

 Le  contenu du message de madame Armand Tulungu est celui-ci : demander aux autorités congolaise de lui restituer le corps de son mari, et que l’autopsie soit faite ici en Belgique et non au Congo.

La petite délégation rentre alors vers les manifestants pour donner rapport de la rencontre. La manifestation continue alors vers le rond-point Schuman, siège de l’Union européenne. La manifestation devrait se disperser à Matonge. Vers 18h00, au moment où nous terminons la rédaction de cet article, un manifestant nous informe au téléphone qu’un très grand nombre de policiers sont déployés dans le quartier. Et à 18h30, la chaussée d’Ixelles était bloquée, les bus de la STIB, déviés.

Cheik FITA

Bruxelles, le 9 octobre 2010

09 octobre 2010

Un embarrassant allié de la Monusco (La Libre 08/10/2010)



Recherché par la Cour pénale internationale, il collabore avec la Mission. 
Les Casques bleus de l’Onu au Congo collaborent militairement, au Kivu, avec des troupes congolaises dont le "numéro 2" est recherché par la Cour pénale internationale (CPI). C’est en tout cas ce qu’affirme le principal intéressé, Bosco Ntaganda, dans une interview accordée mercredi soir à Reuters.

La Monusco (Mission de l’Onu pour la stabilisation du Congo) déclare, elle, avoir reçu de Kinshasa l’assurance que Ntaganda, sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la CPI, ne participerait pas aux opérations que les Casques bleus mènent avec l’armée congolaise au Kivu (dans l’est du Congo) contre les groupes terroristes FDLR (rebelles hutus rwandais issus du génocide) et LRA (rébellion mystique ougandaise). 

La Monusco - comme la Monuc (nom antérieur de l’opération) avant elle, comme l’avait exigé le Conseil de sécurité dans sa résolution 1906 du 23 décembre 2009 - a l’obligation de s’assurer qu’elle ne collabore pas militairement avec des unités congolaises qui sont, de manière persistente, "soupçonnées de violations graves des droits de l’homme", à plus forte raison avec une personne recherchée pour crime contre l’humanité par la CPI.

Or, c’est le cas, depuis 2006, de Bosco Ntaganda, pour son rôle dans le recrutement d’enfants-soldats en Ituri en 2002-2003, pour le compte du seigneur de la guerre Thomas Lubanga, actuellement jugé devant la CPI à La Haye. C’est après que Ntaganda avait rejoint le CNDP de Laurent Nkunda, rébellion, qui affirmait défendre les droits des Tutsis au Kivu, avant de renverser celui-ci - ce qui avait facilité son arrestation par le Rwanda en janvier 2009 - et de se rallier à Kinshasa.

Un rapport d’experts de l’Onu de mai 2009 (voir LLB du 26 mai 2009) indiquait qu’il était de facto le "numero deux" opérationnel de l’armée de Kinshasa au Kivu, alors lancée dans l’opération Kimia II contre les FDLR au Kivu. Le 20 octobre 2009, "La Libre Belgique" publiait le fac-similé de la signature de Ntaganda en tant que tel (voir photo).

Samedi dernier, le ministre congolais de la Justice, Luzolo Bambi, indiquait que Kinshasa "n’exécuterait pas le mandat d’arrêt" de la CPI à l’encontre de Ntaganda. "Nous avons des raisons internes au gouvernement", ajoutait-il. "Il y a plusieurs raisons qui ont fait que finalement nous avons dit : nous suspendons - non pas la coopération (avec la CPI) mais par rapport à cette situation" (sic). 

Le Congo a clairement instrumentalisé la CPI : seuls des Congolais figurent parmi les détenus de celle-ci, mais seulement des adversaires politiques du pouvoir kabiliste, comme Jean-Pierre Bemba, chef de l’opposition, ou des gêneurs, tels d’autres chefs de guerre de l’Ituri qui n’ont pas eu, comme Bosco Ntaganda, l’intelligence de négocier leur ralliement à Kinshasa.

Dans l’interview donnée à Reuters le 4 octobre à Walikale (Nord-Kivu), près d’un terrain de football qui sert de piste d’atterrissage aux hélicoptères de la Monusco, Ntaganda dit être "coordinateur militaire des opérations" "Amani Leo" (qui ont succédé à Kimia II) menées par l’armée congolaise et la Monusco contre les FDLR. Son supérieur, le général Amuli, et la Monusco nient qu’il ait un rôle officiel. Mais des sources diplomatiques et militaires savent qu’il est de facto numero deux de l’opération, comme il le fut pour Kimia II.

L’entrée de Ntaganda et d’une partie de l’ex-rébellion CNDP dans l’armée congolaise a été appréciée par Kinshasa en ce qu’elle a renforcé la combativité de son armée contre les FDLR et parce qu’elle a mis fin à une rébellion qui a deux fois mis en fuite l’armée de Kinshasa dans le passé. Toutefois, les bénéfices de ce ralliement sont en train de pâlir dans la mesure où les hommes de Ntaganda refusent - ce fut une des raisons du soulèvement du CNDP - d’être envoyés dans d’autres provinces que la leur avant le retour chez eux des exilés tutsis chassés du Kivu et l’éradication des FDLR de la région. S’y ajoute aujourd’hui le fait que ce sont les ex-CNDP ralliés à l’armée qui, pour l’essentiel, ont mis la main sur les mines exploitées jusque-là illégalement par les FDLR.

Marie-France Cros 

Mis en ligne le 08/10/2010 

 

© Copyright La Libre

06 octobre 2010

Affaire Armand Tungulu : Le corps aurait déjà été inhumé

 

 
 
Un portrait de "Joseph Kabila" brûlé lors du sit-in du lundi 4 octobre 2010. Photo C.I.C 

Selon des sources bien informées à Kinshasa, la dépouille de Armand Mudiandambu Tungulu aurait déjà été inhumée sur ordre de «Joseph Kabila». Motif : le corps n’était plus «présentable» après le passage à tabac et les tortures infligés à ce jeune bruxellois dans un cachot de la garde personnelle du «président de la République» au Camp Tshatshi. Un certain «Major Désiré», dont la fonction est «T2», autrement dit «renseignements militaires», aurait été le «geôlier» de Tungulu. D’aucuns parlent de "bourreau". Contacté, mardi 5 octobre par la rédaction de Congo Indépendant, l’homme a nié les faits. Selon lui, le corps a été transféré à l’hôpital Mama Yemo. Mardi soir, aucun membre de la famille Tungulu n’avait pu voir le corps. Pire, le dossier est qualifié de «hautement sensible» au motif qu’il relèverait de «Kabila». En personne.

Escadron de la mort

Cinq jours après l’annonce de la mort de Armand Tungulu Mudiandambu, quelques éclaircis commencent timidement à poindre à l’horizon. La rédaction de Congo Indépendant est en mesure d’affirmer que le Bruxellois était encore en vie le jeudi 30 septembre. Il a pu en effet contacter un membre de sa famille pour lui indiquer l’endroit où se trouvait son passeport. Son décès serait intervenu le vendredi 1er octobre. «Armand» a été enfermé dans un cachot de 1,25 mètres muni de trois cadenas. Le «dossier» était géré conjointement par deux hommes : le «Major Désiré» et le colonel Ilunga Kapeta de la Maison militaire du chef de l’Etat. Selon une source militaire proche de la fameuse «Garde républicaine», «Désiré» et Ilunga seraient à la tête d’un véritable «escadron de la mort» voué au service du «raïs». Mission : éliminer les adversaires de celui-ci.

Mardi après-midi, la rédaction de Congo Indépendant a contacté les deux hommes à tour de rôle. Questions : Quelles sont les circonstances exactes du décès de Armand? Où se trouve son corps? A quelle autorité la famille Tungulu doit se référer pour obtenir la restitution de la dépouille mortelle? «Qui vous a donné mon numéro?», c’est la première réaction du «Major Désiré» joint au numéro +243 997013992. Après un bref échange, l’homme est devenu un peu plus coopératif. La conversation s’engage : «Il {Armand} s’est suicidé non !» Comment a-t-il pu le faire alors qu’il mesurait plus de 1,80 m? «Je n’en sais rien. Le corps se trouve dans un établissement funéraire.» Lequel ? «C’est à l’hôpital général de référence Mama Yemo.» Que dit-il à ceux qui affirment que Armand a été battu et torturé par des éléments de la garde présidentielle? «C’est faux ! Je ne suis pas un geôlier.» Les réponses deviennent évasives. Selon une source militaire locale, c’est «Joseph Kabila» qui a donné l’ordre d’exécuter Tungulu. La mise en œuvre de cette «opération» a été supervisée par le «Major Désiré» et le colonel Ilunga. «Armand avait un pantalon militaire autour de son cou». Contacté à son tour au numéro +243 813600088, le colonel Ilunga Kapeta n’est au courant de rien. «Je n’en sais rien !», répète-t-il avec un petit sourire. Où se trouve le corps du défunt? «La Maison militaire ne s’occupe pas de ça.» Que dit-il à ceux qui allèguent que le corps de Armand a été enterré ? «Je n’en sais rien !». En réalité ces deux hommes sont au courant des circonstances exactes du décès de Tungulu. Selon notre source militaire, les Congolais de la diaspora (Bruxelles, Paris, Londres) seraient dans le collimateur des sbires du «raïs». 

Rappel des faits

Le mercredi 29 septembre aux environs de 13 heures, Armand Tungulu lance un caillou sur le cortège de «Joseph Kabila». Il est copieusement tabassé avant d’être embarqué dans une Jeep par des éléments de la garde de "Kabila". Selon des sources locales, il aurait été emmené à la ferme de Kingakati. «Corrigez-moi ce Congolais de Bruxelles.» C’est l’ordre que le «raïs» aurait donné à ses sicaires. Le jeudi 30 septembre le journaliste - propagandiste ?- Jean-Marie Kasamba, étiqueté PPRD, s’est fendu d’une déclaration tonitruante en sa qualité de «chargé de la visibilité de «Cinq chantiers de la République». Il a qualifié l’acte posé par Tungulu de «comportement incivique et irresponsable d’un citoyen qui serait apparemment déséquilibré mentalement». Ajoutant que «cet acte est condamnable». «La population (…) a mal digéré ce comportement incivique et s’était jetée sur son auteur avant qu’il ne soit plus tard maîtrisé complètement par les éléments de la sécurité rapprochée du président de la République». Dans cette déclaration, Kasamba dira par la suite que «la RDC étant un pays où les exécutions extrajudiciaires sont sévèrement réprimées, Armand Tungulu se trouve présentement entre les mains des services de sécurité. Il sera transféré devant le parquet dans les tout prochains jours». Kasamba de se contredire en disant «que l’incivique qui a lancé des pierres sur le cortège présidentiel est, pour l’heure, mis à la disposition de la justice pour répondre de son acte incivique et irresponsable.» Jean-Marie Kasamba n’a pas dit la vérité. Tungulu n’a jamais été mis à la disposition de la justice. Depuis son arrestation, il était enfermé dans un cachot du Camp Tshatshi.

Investigation

Dans un communiqué signé par le directeur de cabinet du procureur général de la République en date du samedi 2 octobre, on apprenait que Armand Tungulu était décédé. «Il se serait «suicidé» dans la nuit du 1er au 2 octobre au sein de l’Amigo de la Garde républicaine à l’aide d’un tissu dont il se servait comme oreiller», dit le communiqué. Et d’ajouter : «Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes du décès de M. Tungulu Mudiandambu Armand; de même que le médecin légiste a été requis pour fixer les enquêteurs sur les causes réelles et l’heure de son décès.». 

Selon une source proche de l’ANR (Agence nationale de renseignements), le «dossier Tungulu» n’a jamais été géré au niveau de l’Agence. A en croire cette source, après le décès de «Armand» des magistrats militaires et civils ont été requis pour aller constater «les faits» au Camp Tshatshi. Un doux euphémisme pour ne pas parler de «décès». A l’ANR, on semble boire du petit lait face à la «bavure» commise par des éléments de l’ex-GSSP. «Ces magistrats étaient accompagnés par des médecins légistes. Ce sont les magistrats qui ont autorisé la levée du corps et son transfert à l’hôpital Mama Yemo.» Que pense notre source de l’information selon laquelle le corps a déjà été enterré pour le soustraire à l’autopsie? Notre interlocuteur se fait pédagogue : «Il faut d’abord aller vérifier à Mama Yemo. Si la dépouille n’y est pas vous pouvez l’annoncer. Ne le faites pas avant de peur que vous soyez ridicule en cas de preuve contraire.» C’est à voir. Question : Si le corps était effectivement à Mama Yemo pourquoi entretiendrait-on ce macabre suspens? 

Mardi 5 octobre, votre serviteur a joint Jean-Marie Kasamba au téléphone. Une seule question : Où se trouve le corps de Tungulu Mudiandambu? Sur un ton empreint d’arrogance voire de suffisance, il répond : «Vous êtes journaliste, il faut aller à la bonne source. Il y a un gouvernement dans ce pays dont le porte-parole s’appelle Lambert Mende. Il faut contacter M. Mende.» Comment peut-il se barricader derrière le porte-parole du gouvernement alors qu’il a été le premier officiel à réagir au nom de la Présidence de la République. Le ton devient de plus en plus cassant : «J’ai fait cette déclaration en tant que citoyen congolais. Avant d’être chargé de la visibilité des Cinq chantiers, je suis d’abord un Congolais». Il ajoute : «Si vous voulez qu’on parle entre confrères, je ne vois aucun inconvénient.» Après lui avoir dit que ses propos seront publiés, Kasamba perd son sang froid : «Si vous écrivez des choses que je n’ai pas dites, je vous attaquerais en justice.» Inutile de dire que la conversation a pris la tournure d’un «pugilat verbal». La rédaction de CIC a poursuivi ses investigations au Conseil national de sécurité (CNS). Même question : Où se trouve le corps de Tungulu? Réponse d’un conseiller : «Je suis tenu au devoir de réserve. Je ne peux pas vous répondre.» 

Des Congolais de Belgique en colère

Lundi 4 octobre, une centaine de Congolais de Belgique ont manifesté devant l’ambassade de la RD Congo à Bruxelles. Dès 12 heures, la circulation était bloquée aux croisements des rues Marie de Bourgogne et Luxembourg. «Kabila assassin !» «Nous exigeons le retour en Belgique du corps de Armand», scandaient les protestataires. La veuve Tungulu était assise à même le sol avec ses deux fillettes âgées respectivement de cinq et six ans. Vers 13 h15, les policiers se sont mis à charger les manifestants. Motif : les autorisations nécessaires n’auraient pas été demandées. Les organisateurs, eux, soutiennent qu’il s’agissait d’un sit-in et non d’une «manif». 

Vers 16 heures la veuve Tungulu est reçue au ministère belge des Affaires étrangères par un conseiller du ministre Steven Vanackere. Elle était accompagnée notamment de son conseil, l’avocat bruxellois Jean-Claude Ndjakanyi. Celui-ci a remis une lettre qu’il adressait au chef de la diplomatie belge. «Je vous écris la présente en ma qualité de conseil de madame Nzomina Maloka ainsi que des enfants Tungulu Karen, Gemima et Sarah, épouse et filles 
(de nationalité belge) de monsieur Tungulu bien nommé ci-haut», écrit le juriste qui relate brièvement les faits. «Mes clientes m’instruisent de vous informer qu’il pèse une forte présomption d’inhumation précipitée dans le chef des autorités de Kinshasa. Elles s’opposent donc à toute inhumation de leur époux et père sans leur consentement écrit. Elles voudraient vous informer par ailleurs, qu’un examen des conditions techniques leur permettant d’introduire une action en justice en Belgique est en cours et que la nécessité de rapatrier le corps pour des expertises médicales est indiquée. (…).» 

On apprenait mardi 5 qu’une plainte contre "X" a été déposée par Me Ndjakanyi. A Kinshasa, des militants des droits humains ont dénoncé, lundi 4 octobre, la détention de leurs camarades Me Nicole Bondo Mwaka et Mme Madeleine Mangabu à l’ANR. Elles ont été arrêtées le mercredi 29 septembre lors de l’incident de l’avenue du 24 novembre. Me Bondo est accusée d’avoir filmé le passage à tabac de Tungulu par des éléments de l’escorte de «Kabila». 

Ramener le corps en Belgique

Sur le plan diplomatique, l’affaire Tungulu a scandalisé plus d’un diplomate en poste à Kinshasa. Etrangement, il n’y a aucune déclaration forte. Des diplomates confient en privée leur indignation de voir un homme perdre la vie pour avoir lancé un caillou sur le cortège d’un chef d’Etat. A Paris, la mort de Tungulu a été évoqué, mardi 5 octobre, par le porte-parole du Quai d’Orsay lors d’un point de presse. Répondant à des questions, il a déclaré que «la France est vivement préoccupée par la mort en détention de Armand Tungulu ainsi que par la situation des membres de l’ONG «Toges noires» encore détenus.» «Toute la lumière doit être faite sur les circonstances de la mort de M. Tungulu», a-t-il ajouté 

Il a par ailleurs déclaré que l’ambassade de France à Kinshasa a été chargée de suivre «de très près, de manière attentive» la situation des deux membres de l’ONG «Toges noires» détenues à l’ANR. Il a souligné que les autres missions diplomatiques européennes suivent ce dossier. Le porte-parole du «Quai» a parlé aussi des prochaines échéances électorales en RD Congo. 

Selon des sources militaro-sécuritaires à Kinshasa, les prochaines consultations politiques en RD Congo seront «sanglantes». «Joseph Kabila» est décidé à «neutraliser au propre comme au figuré ses rivaux…». Et ce y compris des Congolais de la diaspora. Au moment où nous bouclons ce "papier", la famille Tungulu n’avait toujours pas eu accès au corps de Armand. Plus grave, elle ne sait à qui s’adresser pour avoir des informations utiles. Le "dossier Tungulu" est du ressort de "Joseph Kabila". C’est tout simplement révoltant!

Baudouin Amba Wetshi 
© Congoindépendant 2003-201

04 octobre 2010

Armand Tungulu, l’auteur d’un jet de pierre contre le convoi de Kabila, est décédé

Joseph Kabila.
Joseph Kabila.
(Photo: AFP)
Par RFI

On vient d'avoir la confirmation de la mort en prison d’Armand Tungulu Mudiandambu qui a jeté une pierre contre le convoi du président Joseph Kabila dans une rue de Kinshasa, mercredi 29 septembre. Sa mort a été confirmée ce dimanche 3 octobre par le procureur général de la République.

Joint au téléphone par RFI, le procureur général de la République, Flory Kabange Numbi, a confirmé la nouvelle du décès d’Armand Tungulu Mudiandambu, cet homme d’une trentaine d’années qui avait lancé une ou deux pierres sur la voiture à bord de laquelle se trouvait le président Joseph Kabila mercredi 29 septembre, dans une rue de Kinshasa.

Arrêté sur les lieux mêmes de son forfait, il avait été gardé dans les installations de la garde républicaine jusqu’à sa mort survenue samedi 2 octobre dans l’après-midi. Au moment de son interpellation, il avait opposé de la résistance, ce qui aurait amené les militaires à utiliser des moyens forts.

A la suite de cet événement, au moins cinq autres personnes qui se trouvaient sur place avaient également été arrêtées. Parmi elles, une avocate activiste des droits de l‘homme.

Armand Tungulu Mudiandambu vivait en Europe. Il était revenu au pays il y a environ trois semaines.

TAGS: DROITS DE L’HOMME - JOSEPH KABILA - RDC

27 août 2010

27.08.10 Le Potentiel / LA UNE: Crimes de guerre en RDC : Kagame dos au mur

27.08.10 Le Potentiel / LA UNE: Crimes de guerre en RDC : Kagame dos au mur

Est-ce la fin de l’état de grâce pour le Rwandais Paul Kagame ? En tout cas, c’est ce qui ressort du rapport que s’apprête de rendre public en septembre prochain le Haut Commissariat des Nations -nies aux droits de l’homme (HCDH). La lecture de ce document dont certains médias européens ont obtenu des copies, indique que le régime de Kigali pourrait répondre devant la justice internationale des actes commis par ses troupes en RDC entre 1996 et 2003. Actes que l’ONU assimile aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et au génocide. La réaction du gouvernement congolais ne s’est pas fait attendre. Dans un volumineux document de plusieurs centaines de pages, Kinshasa a rejeté certaines allégations contenues dans le rapport de HCDH. 
A première vue, le rapport du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) est accablant. C’est l’avis émis par le journal Le Monde qui a pu se procurer une copie du document dont la parution est projetée pour septembre prochain.

En réalité, le HCDH dresse le bilan de dix ans des guerres sur la période allant de 1993 à 2003. Il s’est appesanti sur les crimes commis entre 1996 et 1998, période où il est répertorié le plus grand nombre d’exactions que l’organe spécialisé de l’Onu assimile aux « crimes de guerre, crimes contre l’humanité voire au génocide ».

Ce rapport a l’avantage de changer la donne dans la région des Grands Lacs, dominée pendant longtemps par le spectre de la victimisation des Tutsi par leurs frères Hutu. Le HCDH ne bronche pas sur les faits. Sans détours, il conclut qu’il y a bel et bien génocide sur les Tutsi autant il y en a eu sur les Hutu. Et, lorsque l’organe spécialisé des Nations unies se lance dans ses affirmations, il se base sur des éléments fort probants pour faire passer sa thèse. Des faits et des témoignages ont été rassemblés pour soutenir cette thèse.

GENEALOGIE DES FAITS

Le rapport fait mention de la nature systématique, méthodologique et préméditée des attaques contre les Hutu qui se sont déroulées dans chaque localité où des réfugiés ont été dépistés par l’AFDL/APR sur une très vaste étendue du territoire de la RDC. Des camps entiers détruits. Des survivants poursuivis et privés d’aide humanitaire. « L’usage extensif d’armes blanches et les massacres systématiques des survivants après la prise des camps démontrent que les nombreux décès ne sont pas imputables aux aléas de la guerre », note le HCDC. Parmi les victimes se comptaient des enfants, des femmes, des personnes âgées et des malades.

D’ores et déjà des analystes pensent qu’il est temps de conjuguer le règne de Paul Kagame au passé, car malgré toutes les tentatives d’étouffer le rapport du HCDH, il devra répondre de toutes les exactions commises par ses troupes en RDC.

A ce propos, le quotidien français indique qu’ayant eu vent du rapport, le président rwandais avait menacé directement le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, de retirer ses troupes des missions de maintien de la paix de l’ONU. C’était en juillet dernier à Madrid, fait observer Le Monde.

Tout récemment, c’est-à-dire début août, Kigali est revenu à la charge, cette fois par le biais d’une lettre dans laquelle il entendait « revenir sur ses divers engagements auprès des Nations unies tout particulièrement dans le domaine du maintien de la paix dans le cas où ledit rapport serait rendu public ou ferait l’objet des fuites dans la presse ». Le Monde fustige dans le même ordre la tentative ratée de Ban Ki-moon de pousser la Haut Commissaire pour les droits de l’Homme, Navanethem Pilay, à retirer le mot génocide du rapport. Peine perdue.

Les complices de Paul Kagame dans cette épopée meurtrière dont le bilan macabre avoisine les 6 millions de morts devraient se tenir prêts à répondre de leur participation.

Le rapport n’est pas tendre sur les présumés coupables de ce désastre qui se recrutent bien au-delà du territoire rwandais. Le rapport note que l’offensive militaire de l’armée de Paul Kagame a été menée sous le couvert de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) dont les troupes, l’armement et la logistique étaient fournis par le Rwanda.

Il faut noter ici que le Rwanda n’est pas le seul pays indexé. L’Ouganda, l’Angola, le Burundi, entre autres, sont cités et des faits précis sont expressément mis à leur charge.

ASSAINIR LES MŒURS DANS LES GRANDS LACS

Si jamais elle était mise en marche, la machine judiciaire internationale n’épargnera pas non plus les parrains de l’homme fort de Kigali. Le but poursuivi par l’ONU étant de rendre justice aux victimes et de rompre le cycle d’impunité qui prévaut dans la région des Grands Lacs avec l’appui des puissances occidentales. Et dans le cas précis, suggère le HCDH, de nouveaux mécanismes judiciaires devront être vite trouvés, car la plupart des crimes commis l’ont été avant la mise en œuvre de la Cour pénale internationale.

Il s’ensuit que le règne des hommes forts dans les Grands Lacs touche à sa fin et que l’on ne devrait plus se leurrer sur l’aboutissement du processus démocratique, de la promotion des droits de l’homme et de l’instauration de l’Etat de droit.

Le glas a sonné pour l’état de grâce jusque-là reconnu à Paul Kagame mais également à tous les faiseurs de guerres et auteurs ou co-auteurs de divers crimes décrits dans le rapport coupe-gorge du HCDH.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le Potentiel

20 juillet 2010

CPI : nouveau revers pour le procureur

JUSTICE INTERNATIONALE

Mis en ligne le 17/07/2010

Commentaire Marie-France Cros

La Cour pénale internationale (CPI) a ordonné jeudi soir la libération de l’ancien seigneur de la guerre de l’Ituri (est du Congo) Thomas Lubanga, parce que le procureur Luis Moreno Ocampo refuse de communiquer des éléments de l’accusation à la défense - ce qui prive l’accusé d’un procès équitable, a estimé le juge Adrian Fulford.

Le procureur a fait appel de cette décision et Thomas Lubanga, détenu depuis quatre ans, reste donc dans la prison de la CPI à La Haye.

 

C’est un nouveau revers pour le procureur argentin. En février 2010, la CPI avait déjà refusé de confirmer les charges contre le Soudanais Bahar Idriss Abu Garda - qui comparaissait libre, s’étant livré de son plein gré - faute d’indices suffisants présentés par l’accusation pour le juger. Le procureur de la CPI l’estimait responsable de l’attaque, en septembre 2007, d’un camp de soldats de maintien de la paix envoyés par l’Union africaine au Darfour.

Il y a des précédents de ce type d’impréparation du procureur : en août 2009, une chambre de la Cour avait décidé que Jean-Pierre Bemba devait être mis en liberté provisoire. Là aussi, le bureau de Luis Moreno Ocampo avait fait appel et fini par obtenir, en décembre 2009, en raison d’un "risque de fuite" de l’accusé, son maintien en détention.

Autre revers encore : il y a un an, la CPI avait décidé de ne pas entériner l’inculpation du président soudanais Omar El Bechir pour génocide en raison, là aussi, de l’absence d’indices sérieux de culpabilité. En février dernier, le procureur avait demandé l’autorisation de présenter une nouvelle accusation et il vient de lancer un nouveau mandat d’arrêt contre le chef d’Etat.

Entre-temps, l’Afrique tout entière - sauf le Botswana - a refusé d’arrêter Omar El Béchir. Le fait que seuls des Africains soient poursuivis par une cour"internationale" chargée de juger des crimes de génocide, de guerre et contre l’humanité dans le monde entier, n’est pas étranger à leur mauvaise humeur.

 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le procureur a du mal à préparer des dossiers sérieux. Cela s’ajoute à d’autres tares de la Cour pénale internationale, dont on avait tant espéré.

Ainsi, il n’y a jusqu’ici que des détenus congolais dans les prisons de la CPI à La Haye : outre Bemba et Thombas Lubanga, Germain Katanga et Mathieu Ngujolo, deux autres seigneurs de la guerre d’Ituri, y sont prisonniers. Tous sont des adversaires du président Joseph Kabila. En revanche, reste en liberté Bosco Ntaganda, objet d’un mandat d’arrêt de la CPI mais allié du président Kabila, qui l’utilise comme commandant en second de ses troupes au Kivu. Voilà la CPI transformée en instrument de pouvoir particulier.

Autre instrumentalisation de la CPI en Ouganda. Il y a cinq ans, la Cour a délivré des mandats d’arrêt contre cinq dirigeants de la guérilla mystico-traditionnaliste Lord’s Resistance Army (LRA), qui commet des atrocités au nord du pays depuis la fin des années 80, sur plainte de Kampala.

Lorsque le gouvernement Museveni a entamé des négociations avec cette dernière, il a demandé la levée des mandats d’arrêt de la CPI réclamée par la LRA en promettant qu’elle serait jugée selon la "justice traditionnelle", soit la négociation de compensations matérielles.

La CPI avait refusé : "Si nous n’exécutons pas ces mandats d’arrêt, les crimes peuvent reprendre", avait déclaré le procureur Luis Moreno Ocampo. Mais aucun de ces mandats d’arrêt n’a été exécuté jusqu’ici et si la pression terroriste de la LRA a fortement diminué au nord de l’Ouganda, elle déstabilise maintenant le nord-est du Congo-Kinshasa, le sud-est de la Centrafrique et le Sud-Soudan. Entretemps, deux des cinq accusés sont morts, le ciel semblant plus rapide à faire justice que la CPI.

En Centrafrique aussi on instrumentalise la CPI. Le Congolais Jean-Pierre Bemba est poursuivi en raison de crimes commis, de fin 2002 à début 2003, par ses troupes prêtées au président centrafricain Ange Patassé, alors menacé de coup d’Etat par le général Bozizé. Ce dernier ayant fini par s’emparer du pouvoir, qu’il garde jusqu’aujourd’hui, Patassé était parti en exil - sans être jamais poursuivi par la CPI, bien qu’il ait été en Centrafrique le commandant suprême des troupes congolaises prêtées - avant de bénéficier d’une amnistie en Centrafrique, en octobre 2008. Amnistie qui, toutefois, ne concerne pas Bemba, qui fait ainsi figure de bouc émissaire des affaires intérieures centrafricaines.

L'inconscient Koffi Olomide soutient l'homme qui a tué 6.000.000 de Congolais

Mardi 20 juillet 2010
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'inconscient Koffi Olomide soutient l'homme qui a tué 6.000.000 de Congolais et deux millions de Rwandais dans la campagne électorale du 9 août au Rwanda. Que ne ferait pas cet homme lorsqu'il a devant lui des espèces sonnantes et trébuchantes? A-t-il seulement conscience qu'il travaille pour le plus grand nazi africain après Hitler ou plus que Hitler lui-même. A-t-il conscience qu'il travaille contre son peuple, contre le peuple rwandais et contre le peuple congolais lui-même. Il est vrai qu'il est poursuivi en France pour  viol séquestration et détournement de mineurs et qu'il ne peut plus voyager. Le seul endroit où il peut ramasser des sous c'est le Rwanda! Là il peut se promener sans craindre d'être arrêté! Et cela s'entend, Paul Kagame aussi a deux mandats d'arrêts internationaux sur le dos s'il ne gagne pas les élections! Entre criminels (pardon présumés criminels), on doit se serrer les coudes!


Koffi Olomide to spice RPF campaigns

By Linda Mbabazi
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Koffi Olomide gives an interview at the Airport. (Photo F Goodman)

 

KIGALI - Renowned Congolese musician, Koffi Olomide arrived in the country yesterday to perform at the official launch of the Rwanda Patriotic Front (RPF) presidential election campaign drive today at Amahoro National Stadium.

Speaking to journalists at Kigali International Airport, the musician said “I didn’t compose any specific song for the campaign because my music has a great message and suits all seasons.”

Jean Pierre Karabaranga, the head of the entertainment committee, said that the singer was approached and asked to perform and support the party’s campaigns.

Olomide, 54, who is also scheduled to perform during the biennial Pan- African festival  Fespad slated for July 24—31, said, “It is my pleasure to support the candidate, President Paul Kagame in the campaigns—I respect and admire him.”

08 juillet 2010

08.07.10 RTL - Les bijoux offerts par M. Kabila à la reine Paola confiés à la donation royale

Les bijoux reçus par la reine Paola lors de la visite la semaine dernière des souverains en République démocratique du Congo (RDC) ont été confiés à la donation royale, a-t-on appris mercredi au palais.
Le cadeau reçu par la reine de la part du président congolais Joseph Kabila a été donné à la donation royale, qui est la propriété de l'Etat belge, a indiqué le porte-parole du palais, interrogé par l'agence BELGA. Ces bijoux - un collier, un bracelet et des boucles d'oreilles - sont donc incorporés au patrimoine de l'Etat et restent à la disposition de la famille royale, a précisé Pierre-Emmanuel De Bauw.

Le quotidien 'La Dernière Heure' avait révélé mardi l'existence de ce cadeau présidentiel à la reine, écrivant qu'il s'agissait d'une "magnifique parure en diamants et pierres précieuses, offerte le dernier soir du voyage". "Un présent de choix et certainement de grand prix", ajoutait le journal. Cette révélation avait provoqué de nombreuses réactions sur les forums internet consacrés à la RDC.

© RTL, 07.07.10

31 mars 2010

COMMUNIQUE POLITIQUE DE L'OPPOSITION PARLEMENTAIRE

COMMUNIQUE POLITIQUE

A la suite du compte rendu de la réunion inter institutionnelle rendu public le lundi 29 Mars 2010 par le Vice Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, l’Opposition politique s’est réunie c e mardi 30 mars 2010 dans la salle Kivu du Palais du peuple.

A ce sujet, l’Opposition politique :

Condamne la violation de la Constitution par l’institutionnalisation des rencontres informelles des animateurs des Institutions de la République et des «experts»

.Condamne l a participation sans mandat des présidents des deux chambres du parlement et leur instrumentalisation par le pouvoir exécutif.

Condamne la participation des animateurs du pouvoir judiciaire à des rencontres à caractère politique en violation des principes de la séparation des pouvoirs et de l’Indépendance de la magistrature ;

Condamne la tentative insidieuse de violer intentionnellement l’esprit et la lettre de l’article 220 de la Constitution qui dispose que le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle, sous peine de haute trahison.

Condamne toutes les manœuvres visant à prolonger indûment le mandat de la CEI et de l’abbé MALU MALU ainsi que ses décisions unilatérales.

En conséquence

L’opposition politique demande au Président de la République, Chef de l’Etat, garant du respect de la Constitution, de mettre fin à ces violations répétées de la Constitution.

L’opposition politique réitère son engagement à poursuivre la lutte pour l’avènement d’un Etat de droit et invite le Peuple congolais à rester vigilant.

Fait à Kinshasa, le 30 Mars 2010 ;

 

Pour les groupes parlementaires

Assemblée Nationale

MLC François MUAMBA

CD Gilbert KIAKWAMA

ODR Emery OKUNDJI

 

SENAT

MLC Raymond RAMAZANI

CDA Florentin MOKONDA BONZA

RCD Moise NYARUGABO

21 février 2010

Ordonnance n° 10/ du portant nomination des vice-premiers ministres, des ministres et des vice-ministres

Ci-après l’intégralité de l’ordonnance portant nomination des membres du Gouvernement..

Ordonnance n° 10/ du portant nomination des vice-premiers ministres, des ministres et des vice-ministres

Le Président de la République,

Vu la Constitution, spécialement en ses articles 78, 79 et 90 ;

Revu l’Ordonnance n° 08/067 du 26 octobre 2008 portant nomination des Vices-Premiers Ministres, Ministres et Vice-Ministres ;

Sur proposition du Premier Ministre ;

ORDONNE :

Article 1er :

Sont nommées Vice-Premiers Ministres, les personnes ci-après :

1. Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale : Monsieur François-Joseph NZANGA MOBUTU NGBANGAWE

2. Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité : Monsieur Adolphe LUMANU MULENDA BWANA N’SEFU

3. Vice-Premier Ministre, Ministre des Postes, Téléphones et Télécom-munications : Monsieur Simon BULUPIY GALATI

Article 2 :

Sont nommées Ministres aux fonctions en regard de leurs noms, les personnes ci-après :

1. Ministre des Affaires Etrangères : Monsieur Alexis THAMBWE MWAMBA

2. Ministre de la Coopération Internationale et Régionale : Monsieur Raymond TSHIBANDA N’TUNGAMULONGO

3. Ministre de la Défense Nationale et Anciens Combattants : Monsieur Charles MWANDO SIMBA

4. Ministre de la Justice et Droits Humains : Monsieur LUZOLO BAMBI LESSA

5. Ministre de la Décentralisation et Aménagement du Territoire : Monsieur Antipas MBUSA NYAMWISI

6. Ministre des Relations avec le Parlement : Monsieur Richard MUYEJ MANGENZ

7. Ministre de la Communication et Médias : Monsieur Lambert MENDE OMALANGA

8. Ministre des Finances : Monsieur MATATA PONYO MAPON

9. Ministre du Budget : Monsieur Jean-Baptiste NTAHWA KUDERWA BATUMIKE

10. Ministre du Plan : Monsieur Olivier KAMITATU ETSU

11. Ministre du Portefeuille : Madame Jeannine MABUNDA LIOKO

12. Ministre de l’Economie Nationale : Monsieur Jean-Marie BULAMBO KILOSHO

13. Ministre des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction : Monsieur Fridolin KASWESHI MUSOKA

14. Ministre de l’Energie : Monsieur Gilbert TSHIONGO TSHIBINKUBULA WA TUMBA

15. Ministre des Mines : Monsieur Martin KABWELULU LABILO

16. Ministre des Hydrocarbures : Monsieur Célestin MBUYU KABANGO

17. Ministre de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme : Monsieur José ENDUNDO BONONGE

18. Ministre des Transports et Voies de Communication : Madame Laure-Marie KAWANDA KAYENA

19. Ministre de la Santé Publique : Monsieur Victor MAKWENGE KAPUT

20. Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire : Monsieur Leonard MASHAKO MAMBA

21. Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel :Monsieur Maker MWANGU FAMBA

22. Ministre de l’Agriculture : Monsieur Norbert BASENGEZI KATINTIMA

23. Ministre du Développement Rural : Monsieur Philippe UNDJI YANGYA

24. Ministre de l’Industrie : Monsieur Anicet KUZUNDA MUTANGIJI

25. Ministre du Commerce, Petites et Moyennes Entreprises : Monsieur Bernard BIANDO SANGO

26. Ministre du Genre, Femme et Enfant : Madame Marie-Ange LUKIANA MUFWANKOLO

27. Ministre des Affaires Foncières : Monsieur KISIMBA NGOY MAJ

28. Ministre de l’Urbanisme et Habitat : Monsieur César LUBAMBA NGIMBI

29. Ministre des Affaires Sociales, Action Humanitaire et Solidarité Nationale : Monsieur Ferdinand KAMBERE KALUMBI

30. Ministre de la Fonction Publique : Monsieur Dieudonné UPIRA SUNGUMA KAGIMBI

31Ministre de la Recherche Scientifique : Monsieur Jean-Pierre BOKOLE OMPOKA

32. Ministre de la Culture et Arts : Madame Jeannette KAVIRA MAPERA

33. Ministre de la Jeunesse et Sports : Monsieur Claude BAZIBUHE NYAMUGABO

Article 3 :

Sont nommées Vice-Ministres aux fonctions en regard de leurs noms, les personnes ci-après :

1. Vice-Ministre de l’Intérieur : Monsieur Georges ZUKA MON’DO UGONDA-LEMBA

2. Vice-Ministre des Affaires Etrangères : Monsieur Ignace GATA MAVITA WA LUFUTA

3. Vice-Ministre des Finances : Monsieur Joas MBITSO NGEDZA

4. Vice-Ministre du Budget : Monsieur André SHIKAYI LUBOYA BANKINA

5. Vice-Ministre du Commerce : Madame Xaverine KAROMBA MITIMITUJE

6. Vice-Ministre des Travaux Publics : Monsieur Gervais NTINUMENYERWA KIMONYO

7. Vice-Ministre de l’Enseignement Professionnel : Monsieur Arthur SEDEA NGAMO ZABUSU

Article 4 :

Sont abrogées, toutes les dispositions antérieures contraires à la présente Ordonnance.

Article 5 :

Le Premier Ministre est chargé de l’exécution de la présente Ordonnance qui entre en vigueur à la date de sa signature.

Fait à Kinshasa, le

Joseph KABILA KABANGE

Président

Adolphe MUZITO

Premier Ministre

05 février 2010

Assemblée nationale : le MLC exige le départ de D. Sesanga de la tête de la commission PAJ

Le Mouvement de libération du Congo (MLC), parti de Jean-Pierre Bemba Gombo, a saisi, jeudi, le président de l’Assemblée nationale pour obtenir le départ de Delly Sesanga de la direction de la commission Politique, administrative et judiciaire (PAJ). Ce dernier refuse de céder aux pressions de son parti, rapporte radiookapi.net

La Commission politique, administrative et judiciaire (PAJ) est l'une des grandes commissions de l’Assemblée nationale, sur laquelle repose l'élaboration de certaines lois importantes. Delly Sesanga, un des pionniers du MLC et ancien directeur de cabinet de de l'ex-vice-président de la République l’a présidée depuis l'installation de l'actuelle représentation nationale. La question de son limogeage a été soumise depuis jeudi par son parti à la conférence des présidents de la chambre basse.

L’affaire est politique, affirment la plupart de députés interrogés sur cette affair qui oppose Delly Sesanga au secrétaire général de son parti et président du groupe parlementaire du MLC à la même institution, François Mwamba.

Dans une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, François Mwamba demande le limogeage de Delly Sesanga à la tête de la commission PAJ. Il est reproché à dernier de prendre de plus en plus de distance vis-à-vis du MLC, depuis la création de son association "Envol", une organisation à coloration politique, estime la direction du plus grand parti de l'opposition institutionnelle.

Au regard du règlement intérieur, selon les observateurs, il sera tout de même difficile au MLC de limoger le chef de la commission PAJ. Il a été élu par ses pairs de la commission et non comme représentant du MLC au sein de la commission. Pour sa part, M. Sesanga se déclare déterminé à garder son poste. Mais, le MLC ne l’entend pas de cette oreille. Il tient à tout prix le confier à un autre cadre fidèle aux idéaux de ce parti.

Les «hallucinations» de l’eurodéputé Louis Michel

 

Reçu mardi 2 février, à Kinshasa, par Joseph Kabila, l’eurodéputé libéral francophone belge Louis Michel assure avoir constaté un certain changement. Une manière de faire oublier les critiques articulées le 16 décembre dernier, au Parlement européen à Strasbourg, par le commissaire européen libéral flamand Karel De Gucht selon lesquelles la RD Congo serait devenue un «énorme gâchis». Applaudis par les «kabilistes», Louis Michel - qui est également co-président de l’Assemblée paritaire ACP-UE – n’a pas manqué d’exaspérer une certaine opinion congolaise déçue par l’incapacité des gouvernants en place à répondre aux attentes les plus basiques de la population (sécurité des personnes et des biens, approvisionnement en eau et en électricité, nourriture, soins de santé, éducation etc.). Des milieux congolais suspectent des personnalités politiques et médiatiques francophones belges d’être impliqués dans un «complot international» dont le but se résume au maintien de Joseph Kabila au pouvoir.

Quel était le but de la visite que vient d’effectuer l’eurodéputé Louis Michel au Congo ? Etait-ce un voyage d’agrément à l’occasion du 9ème anniversaire de l’accession de Joseph Kabila à la tête de l’Etat ou un déplacement dans le cadre de ses nouvelles fonctions de co-président de l’Assemblée paritaire ACP-UE ? Etait-il allé «consoler» son ancien «protégé»? Au regard des déclarations faites par l’intéressé, il apparaît que l’ancien chef de la diplomatie belge s’est rendu à Kinshasa pour «panser les plaies» infligées au «raïs» par les déclarations décapantes faites par le commissaire Karel De Gucht lors du débat du 16 décembre dernier au Parlement européen. «Karel» regrettait de ne pas trouver des «interlocuteurs appropriés» dans ce Congo qui est devenu, selon lui, un «énorme gâchis». Rappelons que l’eurodéputé Louis Michel avait choisi de hurler avec les loups dans son intervention ce 16 décembre. Il relevait notamment que «les carences du système judiciaire congolais créent un sentiment généralisé d’impunité» avant de souligner que «ce qui reste à reconstruire au Congo, c’est un Etat de droit avec de véritables fonctions régaliennes qui, aujourd’hui, sont totalement inexistantes et donc créent un vide extrêmement grave.»

Fourberie

A Kinshasa, c’est un tout autre homme qui est apparu. Un Louis Michel mielleux, frisant la fourberie. L’homme use et abuse des paraboles. Sans convaincre. Preuve, si besoin en était qu’il n’a pas d’éléments matériels pour démontrer les fondements de ses éloges. «Le malade était gravement malade. Mais le malade sort petit à petit de sa convalescence et retrouve les couleurs», a-t-il déclaré à l’issue de ses entretiens avec le «raïs». De qui, de quoi parle-t-il ? Michel poursuit son monologue en se disant persuadé que la RD Congo dispose des atouts indiscutables pour que la machine se remette à «fonctionner». L’eurodéputé d’ajouter : «Chaque fois que je viens ici je trouve des éléments nouveaux». Lesquels ? On peut imaginer qu’il fait allusion aux travaux de réfection de quelques altères de la capitale – à ne point finir - autant qu’au «boom immobilier» perceptible à travers la ville. Michel s’est dit «impressionné» par la volonté de Kabila à «accélérer le processus». Qu’en est-il de la qualité de vie de la population? Pas un mot.

Michel a fait l’éloge du Parlement de la RD Congo. «Je trouve dans ce Parlement un véritable esprit de débats, de contrôle démocratique, a-t-il estimé. Je vais suffisamment dans des pays en développement pour vous dire et vous témoigner qu’on ne voit pas cela partout». Le parlementaire européen feint d’ignorer que la présidence de l’Assemblée nationale a été décapitée par le président de la République. On peut gager que l’homme n’a pas évoqué les sujets qui fâchent avec le "raïs". C’est le cas des députés provinciaux qui ont passé à tabac à Lubumbashi par des membres de la «Jeunesse» du parti du président de l’assemblée provinciale du Katanga.

Tiraillement

Notons que le commissaire européen Karel De Gucht était, dimanche 31 janvier, l’invité du journaliste Pascal Vrebos de la télévision commerciale RTL-Tvi. L’homme n’a pas voulu remuer le couteau dans la plaie en commentant les récentes critiques qu’il a formulées à l’encontre du tout nouveau ministre belge des Affaires étrangères, le CD&V Steven Vanackere, qui a été photographié entrain de trinquer avec Kabila. N’aime-t-il pas le Congo parce qu’on y parle français ?, demande le journaliste. «J’aime beaucoup le Congo, répond De Gucht. J’ai beaucoup visité ce pays. Je suis peiné de voir le Congo dans sa situation actuelle.»

Depuis le début des années 90, les hommes politiques flamands et francophones belges semblent s’affronter au sujet de l’attitude à adopter vis-à-vis du Congo-Zaïre. Si un certain unanimisme était perceptible sous le régime Mobutu, cette unité de vue est partie en éclat depuis l’arrivée des Kabila au pouvoir. Le monde politique flamand est resté globalement «très critique» sur le processus démocratique, la gouvernance et les droits et libertés. Les milieux francophones paraissent plus accommodants. On entend des formules du genre «il faut donner le temps au temps.»

On peut comprendre que certains citoyens congolais suspectent des personnalités politiques et médiatiques francophones de faire partie d’une «vaste conspiration internationale» dont le but est de maintenir Joseph Kabila au pouvoir pour conforter certains intérêts étrangers. Et ce, en dépit de son bilan «globalement négatif» au plan sécuritaire, économique et social. Les partisans de cette thèse épinglent quelques faits. Dans un article publié dans son édition daté 20 janvier 2001, le quotidien bruxellois annonçait que Joseph Kabila, désigné pour succéder au «Mzee», «est à moitié tutsi», par sa mère. Cette information a fait le tour du monde. Une semaine après, soit le 26 janvier, «Le Soir» s’est rétracté en soutenant cette fois que la mère de «Joseph» «est bien Congolaise». Son nom : Safi (Sic !) Manya. Depuis l’arrivée de Joseph au pouvoir les articles revêtus de la signature de la journaliste Colette Braeckman ressemblent de plus en plus à de «papiers de propagande». C’est le cas notamment d’un commentaire intitulé : «Botika Mwana». En lingala dans le texte. Traduction littérale : Foutez la paix au gamin ! Un étrange revirement éditorial de la part d’un organe de presse qui avait fait mine un moment de «se battre» pour la promotion des valeurs démocratiques et du respect des droits de l’homme au Congo-Zaïre.

Hallucinations

En octobre 2004, Karel De Gucht, tout nouveau ministre des Affaires étrangères, entame sa première tournée africaine. A l’étape de Kigali, il lâche : «Je n’ai pas rencontré des hommes d’Etat au Congo». De Gucht aurait été surpris par le peu de souci que les dirigeants congolais – le chef de l’Etat en tête - accordaient aux questions d’intérêt général. Le libéral francophone Armand de Decker, alors ministre de la Coopération au développement réagit vivement : «Cette prise de position est de nature à affaiblir le président Joseph Kabila et à renforcer les mobutistes qui risquent de revenir au pouvoir.» Au lendemain des affrontements entre les soldats attachés à la sécurité de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba et les hommes de la garde prétorienne de Kabila en mars 2007, De Decker est interrogé au journal télévisé de RTL-Tvi à 13 heures. Sans attendre les conclusions de l’enquête ouverte par la Monuc, il désigne le coupable et les innocents: «J’espère que Jean-Pierre Bemba est conscient de la responsabilité politique très, très grande qu’il porte». Il ajoute : «Nous sommes dans une situation où, après des élections transparentes, un gouvernement légitime est en place. Et le perdant ne veut pas accepter sa défaite. Aussi, lance-t-il ses hommes dans la ville pour déstabiliser le régime». «Jean-Pierre Bemba doit comprendre qu’il ne peut pas prendre la reconstruction du Congo en otage pour ses intérêts personnels. Maintenant le président Kabila et le Premier ministre Gizenga peuvent poursuivre leur travail avec une détermination plus grande», conclut-il. Rappelons que lors d’un voyage à Kinshasa, De Decker avait trouvé des mots pour justifier le massacre des adeptes de Bundu dia Kongo par des policiers, qualifiés de "membres d’un mouvement insurrectionnel". On devrait parler d’aveuglement.

Inutile de rappeler les interventions partisanes du commissaire européen Louis Michel sur la même chaîne au cours desquelles il a présenté l’actuel président congolais comme étant «l’espoir pour le Congo» ou encore «L’homme de la situation.»

Tous ces compliments laissent sceptiques les premiers intéressés en l’occurrence les Congolais. La grande majorité des Congolais attendent depuis neuf ans les premiers signes du changement dans sa vie quotidienne. A Kinshasa, Louis Michel n’a rien vu. Il a été victime de ses hallucinations.

Madeleine Wassembinya/B.A.W

03 février 2010

Le Potentiel / APOSTROPHE: On tabasse au Katanga, par Ben-Clet Ca tabasse fort au Katanga.

 Les cibles sont, contre toute attente, les acteurs politiques. Qu’ils soient indigènes du Katanga ou « étrangers », selon la définition katangaise du terme.

Avant-hier, c’était le ministre des Affaires foncières. Il avait eu le tort d’effectuer une mission officielle – donc d’Etat – dans la province cuprifère pour se voir infliger une bastonnade en règle. Des « kuluna » agissant sur ordre étaient allés le chercher à son hôtel. Non pas pour lui présenter leurs civilités. Mais dans l’intention de le « corriger » à cause de ses affinités avec un politicien local mais adversaire d’un certain Kyungu.

Les « kuluna » exécutèrent si bien l’ordre reçu que le pauvre ministre du gouvernement central s’en sortit avec des mauvais souvenirs. Son mandant, le gouvernement de Kinshasa, avait seulement pris acte et, du bout des lèvres, exprimé son indignation. Un point. C’est tout.

Voilà que, la semaine dernière, quatre députés provinciaux, tous originaires de la province, ont eu tort, eux, d’avoir dénoncé la manière dont le président de l’Assemblée provinciale, un nommé Kyungu wa Kumuanza, dirigeait la police de débat. Ils ont exprimé leur désapprobation en sortant de la séance. Affront suprême !

Ignorant que la liberté d’expression est, chez eux, conditionnée à l’aval préalable du président de leur Assemblée, les députés « pétitionnaires » ont été cueillis par une milice à la solde. Juste sur le perron de l’Assemblée.

Quel traitement dégradant ils n’ont pas subi ! La frappe suivie des blessures, sur fond des pleurs des victimes et des cris de guerre des assaillants ! Des députés en costumes déchirés, maculés de sang, devant la porte de leur propre institution ! Le Katanga a voulu concurrencer le Far West.

La barbarie politique ayant dépassé les bornes, le gouvernement central a levé son petit doigt. Mais il s’est borné à sceller les portes de l’Assemblée provinciale. Un dispositif policier a même été installé pour que nul ne s’approche du bâtiment « jusqu’à nouvel ordre ».

Les politiciens congolais ne pourraient jamais être pris au sérieux après la démonstration de telles mœurs ! N’en déplaise aux forces centripètes qui écument la scène.

Là où les observateurs s’apprêtaient à vivre, comme un feuilleton, une page d’interpellations d’origine politique et/ou judiciaire, ils n’ont droit qu’aux masturbations politiciennes. C’est ça le sacre de l’impunité. Elle va inspirer d’autres Katanga

25 janvier 2010

Belgique-RD Congo : Quand «Karel» blâme «Steven»

Lors d’une intervention, dimanche 24 janvier, à la célèbre émission «Zevende Dag» (le septième jour) de la télévision publique flamande (VRT), le commissaire européen au Développement et à l’aide humanitaire, le libéral flamand Karel De Gucht, a littéralement tancé son successeur à la tête de la diplomatie belge, le démocrate-chrétien flamand Steven Vanackere pour son comportement lors de l’entretien avec Joseph Kabila. Cette polémique semble préfigurer le débat à venir sur la visite éventuelle du roi Albert II en RD Congo.

"Ce qui se passe au Congo est un drame inconcevable. En tant qu’être humain, je n’aurais pas pu me résoudre à avoir un entretien agréable avec Kabila, un verre de bière à la main", a déclaré Karel De Gucht au cours de cette émission. Celui-ci faisait allusion à la rencontre entre Joseph Kabila et Steven Vanackeren dans la province du Katanga. C’était le mardi 19 janvier. Rencontre qui a été immortalisée par quelques images où l’on voit les deux responsables politiques deviser avec un verre de bière à la main. De Gucht de s’interroger sur un ton ironique si, depuis qu’il n’est plus ministre des Affaires étrangères, «cela va mieux au Congo, il y a moins de viols, la situation dans l’Est s’arrange et la corruption est combattue». Et d’ajouter : «Si ce n’est pas le cas, je ne pourrais pas imaginer que le ministre Vanackere, si bien intentionné, aille boire un verre de bière avec Kabila. Je ne l’ai d’ailleurs jamais fait».

Contacté par la VRT afin de réagir aux «amabilités» de son prédécesseur, Vanackere a commencé par dire qu’il n’appartient pas à un ministre belge de décerner de «bonnes ou mauvaises notes», évoquant ainsi les positions de De Gucht sur la RD Congo, à l’origine de multiples brouilles avec Kinshasa. Le patron de la diplomatie belge a démenti s’être «aplati» devant Joseph Kabila. Il a qualifié son entretien avec le numéro un Congolais de «rencontre courtoise». Il assure n’avoir évité aucun sujet.

Le roi Albert II à Kinshasa ?

S’agissant de la visite éventuelle du Souverain belge à Kinshasa le 30 juin prochain, le chef de la diplomatie belge a estimé que cette présence royale ne constituerait pas forcément une «légitimation» pour le gouvernement congolais. Et ce, dans la mesure où de nombreux chefs d’Etat seraient attendus dans la capitale congolaise. "J’ai le sentiment que, pour gagner la confiance, l’on doit aussi donner quelque chose", a-t-il conclu.

Pour les observateurs de la politique intérieure belge, cette passe d’armes entre De Gucht et Vanackere préfigure l’apprêté du débat politique à venir - au sein du monde politique belge en général et flamand en particulier - au sujet du principe même d’un voyage du roi Albert II à Kinshasa. Il semble que le Palais n’y verrait aucun inconvénient. Seulement voilà. En Belgique, le Roi est politiquement irresponsable. «(…), ce n’est pas Albert II qui décidera d’accepter ou de refuser le voyage, précise le quotidien «Le Soir» dans son édition datée vendredi 22 janvier ; cette responsabilité relève du gouvernement, qui couvre le roi – même s’il y aura bien sûr concertation entre les deux.»

Il faut dire que la Belgique est divisée sur l’idée même de ce voyage. La Belgique francophone est plutôt «pour». En 2007, le roi Albert II a été invité à effectuer une visite au Congo. L’annonce a été faite à l’époque par le libéral francophone (MR), Armand De Decker, alors ministre de la Coopération au développement, appuyé par le socialiste francophone (PS) André Flahaut, alors ministre de la Défense nationale. Plusieurs journaux flamands ont sorti l’artillerie lourde en dénonçant «l’arbitraire pratiqué par Kabila et ses hommes». Et de souligner au passage qu’il n’était pas question que Albert II soit photographié avec le «satrape» congolais. Face au chahut suscité en Flandre, le Premier ministre d’alors, Guy Verhofstadt, finit par se plier en reportant sine die la visite royale. L’opinion flamande a-t-elle évolué sur la question depuis que les socialistes flamands ont été contraints à une cure d’opposition ? C’est à voir.

B.A.W (avec Belga)

07 janvier 2010

Présentation des voeux du MLC à la Nation par François Muamba, secrétaire général

Congolaises, Congolais,

Chers compatriotes,


L’année 2009 vient de s’achever, en même temps que sonne le début de cette nouvelle année 2010. c’est sans doute l’heure du bilan ; mais puisqu’une année nouvelle apporte toujours l’espoir, c’est aussi l’occasion de faire le pari de l’avenir.

Au-delà des vœux de bonheur, de réussite, de prospérité et de bonne santé que j’adresse à chacune et à chacun d’entre vous, ma pensée ira d’abord vers les martyrs de l’indépendance, ces personnes qui ont sacrifié leurs vies pour que notre pays recouvre sa liberté.

Ma pensée va également vers nos compatriotes qui ont faim et qui peinent à vivre puisque privés d’emplois, vers ceux qui souffrent de maladies de toutes sortes, tout simplement puisqu’ils appartiennent à un pays qui ne dispose d’aucun système de prise en charge de la santé de ses citoyens, vers ceux qui n’ont accès ni à l’eau potable ni à l’électricité alors même que le reste du monde voudrait s’accaparer de ces ressources si abondantes chez-nous, vers tous ces oubliés, tous ces laissés pour compte par un gouvernement qui prend plaisir à se vautrer dans l’autosatisfaction.

C’est donc avant tout, vers tous ces chefs de familles qui tentent malgré tout de rester dignes, vers ces mamans qui croulent sous la responsabilité inédite de nourrir maris et enfants au moyen d’expédients et vers ces jeunes filles et garçons déboussolés qui tous ont besoin de notre soutien et de notre solidarité, que va prioritairement ma compassion.

Enfin, puisqu’il nous faut rendre hommage à nos martyrs de l’indépendance et à tous les êtres chers qui nous ont quitté au cours de l’année écoulée, je vous prie de bien vouloir observer une minute de silence en leur mémoire.

Congolaises, Congolais,

Le discours gouvernemental est aujourd’hui à la confiance et à l’autosatisfaction, mélangé d’une bonne dose de méthode coué. Malheureusement, l’année 2010 s’ouvre sous le signe de l’aggravation de la misère sociale chez le plus grand nombre d’entre nous, cela en dépit d’énormes potentialités dont dispose la République démocratique du Congo.

En effet, sous les gouvernements qui se succèdent à Kinshasa depuis décembre 2006, non seulement la situation sociale des Congolais n’a jamais été aussi catastrophique, mais des incertitudes politiques, économiques et sécuritaires s’amplifient dans notre pays, pendant qu’au plan international la nation congolaise voit son rang décliner inexorablement dans le concert des nations. ceci est d’autant paradoxal que notre pays était encore, à la distance de seulement une génération, ce grand congo respecté, voire envié !


Congolaises, Congolais,

Dénoncer cet état de fait était pour moi une raison nécessaire de prendre la parole. mais, il y a un autre motif qui m’a incité à m’adresser à notre peuple ; celui d’éclairer l’opinion, en ce début du mois de janvier 2010, sur la partie qui se joue dans notre pays où tous les tournants de son histoire moderne ont débouché sur des rattrapages spectaculaires et souvent sanglants.

En effet, cette année qui commence est celle au cours de laquelle la RDC, notre pays, commémore le cinquantenaire de son accession à la souveraineté internationale. le moment m’a semblé donc indiqué pour marquer d’une certaine manière une pause et regarder notre nation au fond des yeux, en vue de la scruter dans tous ses états, dans toutes ses strates, sans aucune complaisance, pour non seulement savoir où nous en sommes au bout de cinquante années d’indépendance, dont neuf sous l’actuel chef de l’Etat, mais aussi tenter de cerner les raisons précises qui, en attirant inlassablement la RDC vers les abimes, malgré que nous soyons allés aux urnes en 2006, semblent l’avoir condamné à une perpétuelle régression dans un monde pourtant en pleine mutation.

Le secrétaire général du MLC, deuxième force politique du pays et première de l’opposition parlementaire, ne pouvait pas se permettre de ne parler que pour établir un simple bilan ni se contenter de fustiger le gouvernement, même si cela est par ailleurs justifié. Car, de par son histoire et son parcours, le MLC est investi d’une mission particulière aux yeux des Congolais. il incombe en effet à ce parti de forger, y compris dans la douleur, les termes de référence d’une alternance politique crédible pouvant conduire au changement que notre peuple appelle de ses vœux.

Dès lors qu’un tel agenda stipule que la RDC doit recouvrer la prospérité et la grandeur auxquelles son peuple a droit, il s’agit également pour le mlc d’indiquer le chemin critique de la réalisation d’un tel dessein qui, de toute manière, postule nécessairement le rassemblement de tous les patriotes, de toutes les forces-vives de la nation qui refusent un congo qui mendie à genou la jouissance de ses propres ressources. cette responsabilité historique est donc le troisième et dernier motif qui m’amène au message de ce jour sur la nation dans tous ses états.

Congolaises, Congolais,

Trois ans après que nous ayons, ensemble, lancé le processus de refondation de notre patrie, il faut malheureusement constater que les espérances suscitées par les élections sont en deçà de ce que le peuple attendait. C’est dire que l’espoir a cédé au désespoir. Dans ce climat de doute et d’incertitude que traverse la société congolaise, provoquant le rejet de la classe politique, une espèce de morosité et de malaise profond s’est installé partout dans notre pays, faisant planer le spectre du chaos.

Les ressources naturelles dont regorge notre pays sont toujours là, de même que les Congolais continuent à croupir dans une misère incompréhensible à l’esprit du reste du monde qui nous observe. Si la maison Congo n’est pas encore tombée, elle en prend dangereusement le chemin.

Au lendemain des élections de 2006, le peuple congolais espérait que le gouvernement issu des urnes, fort de cette légitimité, allait se donner la capacité de prendre possession de l’ensemble de l’espace Congo, d’en domestiquer les paramètres pour transformer cette aire en un endroit humain, dans le vrai sens de ce terme. C’est-à-dire un lieu où vivent des hommes et des femmes, régis par des valeurs morales et éthiques, où règne la paix qui inclut la justice et où est créée la richesse au bénéfice de toutes ses composantes. Or, rien de tel ne nous est arrivé depuis trois ans. La cause primordiale de cet échec, tient au fait que le Régime en place a totalement bloqué la vie politique dans notre pays.

En effet, il faut noter que la vie politique dont nous parlons est une réalité qui, dans un pays normal, se nourrit du débat démocratique exercé au sein et en dehors des Institutions publiques, elles-mêmes fonctionnant d’une manière républicaine. Le tout étant codifié par des textes fondamentaux. Chez-nous, nous avons fait le choix de nous doter à cet égard d’une Constitution, dont la dernière version date du 18 février 2006, et de nous y conformer scrupuleusement. Celle-ci désigne à son article 69 le chef de l’Etat comme garant de son application et érige sa violation intentionnelle en un crime de haute trahison à son article 165.

Dans ce texte fondamental, il s’est agit pour le législateur de jeter les bases de la refondation de l’Etat Congo. A moins que la situation politique en RDC ne découle d’aucune théorie politique, en principe, l’Etat est un service, et les institutions sont des instruments dont l’Etat se dote pour servir le peuple souverain primaire. Pour ce qui est précisément de la RDC, un fonctionnement harmonieux des institutions, conformément à la Constitution, apparait ainsi comme la seule garantie dont dispose le peuple que, l’Etat existe bien et qu’il lui rendra un service à la hauteur de ses attentes.

Mais, qu’en est-il chez-nous ?

En examinant les institutions mises en place dans notre pays au lendemain des élections de 2006, nous relevons un déficit criant de gouvernance et un manque de volonté politique dans le chef de leurs animateurs qui, in fine, favorisent leur instrumentalisation. A ce sujet, l’opposition a beau dénoncer depuis l’avènement de «Gizenga 1», les graves disfonctionnements de l’Etat qui résultent entre autres, de l’existence d’un «gouvernement parallèle». Rien n’y fait. au lieu de diminuer, ces pratiques propres à des Républiques bananières se sont encore poursuivies en 2009.

Omniprésent, le gouvernement parallèle ne se contente plus de plomber le fonctionnement du gouvernement de la République puisque, depuis peu, sa pesanteur se ressent lourdement notamment, sur le climat qui règne désormais au sein de l’hémicycle de l’Assemblée Nationale.

Dans notre pays, la Constitution, notre loi fondamentale, socle des institutions, qui organise l’Etat, est donc violée en permanence par ceux-là mêmes qui sont chargés d’en garantir le respect, faisant qu’en RDC, l’Etat n’existe que d’une manière virtuelle. Ce qui entraine parfois la confusion que revêt le centre de prise de décision et de résolution des problèmes, dès lors que chez-nous les rôles du conseiller à la présidence, vice-ministre, ministre ou premier ministre se chevauchent, se confondent ou se télescopent au quotidien. cette faiblesse entretenue enlève naturellement toute crédibilité à nos institutions et donne l’occasion à certains de nos partenaires de tenir des propos discourtois et d’utiliser des qualificatifs choquants, à l’endroit de notre pays et de ses dirigeants qui sont toujours prompts à s’offusquer de ce qu’ils qualifient d’atteinte à la souveraineté de la RDC, sans s’interroger sur leur propre comportement.

Congolaises, Congolais,

En ce qui concerne l’Assemblée nationale et les assemblées provinciales, il n’est pas surprenant qu’elles ne soient jamais parvenues, toutes, à mener à bien l’une de leurs missions essentielles qu’est le contrôle du pouvoir exécutif. Ainsi, de nombreuses résolutions des commissions d’enquête parlementaires sont-elles restées sans suite, superbement ignorées par les exécutifs national et provinciaux.

Ce que dans notre pays, l’expression de la position de la majorité au sein de ces assemblées est devenue un phénomène à ce point mécanique, qu’on est en droit de se poser la question de savoir si les élus du peuple ont conscience de la portée du mandat que ce même peuple leur a confié dans ces institutions. D’une manière particulière, en ce qui concerne l’AMP qui incarne la majorité au sein de ces Assemblées, le péché est originel.

En effet, si pour des raisons électorales, les différentes forces qui composent cette coalition ont en commun de s’être accordées sur le soutien à apporter au candidat Joseph Kabila, pour qu’il soit élu président de la République, trois ans après, on peut constater que les forces qui composent ce regroupement politique, n’ont pas su transformer leur entente électoral en un programme de gouvernement. La victoire ayant précédé le projet, les membres de l’Amp en sont ainsi réduits à défendre ce qu’ils peuvent, à savoir, la conservation de leurs postes envers et contre tout.

L’Assemblée nationale et les assemblées provinciales sont ainsi devenues des simples chambres d’enregistrement. L’opposition républicaine que nous incarnons essaie de remplir sa part du contrat dans ce contexte vicié, en refusant de prêter le flanc à cette parodie de démocratie.

Une autre forme, insidieuse, de violation de la violation de la Constitution est le fait que le gouvernement traine les pieds dans la mise en œuvre de certaines dispositions de la Constitution, notamment en ce qui concerne la territoriale.

Alors que la Constitution stipule clairement la création des 26 Provinces endéans 36 mois suivant l’installation des Institutions de la troisième République, le gouvernement n’a pris aucune mesure particulière en la matière, au point d’amener le pays à devoir réviser la Constitution.

Outre les violations répétées de la Constitution et l’instrumentalisation des Institutions, l’autre élément de pollution de la vie politique dans notre pays est la corruption. Celle-ci a pris en RDC des proportions d’une ampleur telle qu’elle est érigée quasiment en une méthode de gouvernance. ceux qui nous gouvernent la pratique partout, pour tout, au vu et au su de tous, avec une désinvolture déconcertante.

Que ce soit dans certaines «fermes», dans les hémicycles des assemblées de Kinshasa, du Kasaï occidental, du Bas-Congo ou comme dernièrement encore dans celui de l’Equateur, ce sont les bénéficiaires des largesses gouvernementales eux-mêmes qui se «confessent», certainement taraudés par leur conscience qui les fait balloter tour à tour, entre la joie pour eux-mêmes et les remords pour la nation.

Il est clair que, pour notre gouvernement, tout se passe comme s’il n’y avait plus lieu d’agir en faveur des aspirations de la population, dès lors que par l’argent public, indûment distribué, tout peut être imposé au citoyen congolais, par ailleurs, paupérisé !

Congolaises, Congolais,

Un autre facteur de blocage de la vie politique dans notre pays est l’état dans lequel se trouve l’opposition, en l’occurrence, celle qui siège au Parlement. Reconnaissons-le, nous avons nos propres turpitudes qui contribuent parfois à nous empêcher nous-mêmes d’aller de l’avant. Ainsi en est-il, par exemple, du débat interne que nous menons sans succès depuis deux ans sur le mode opératoire qui permettrait à l’opposition congolaise de se doter d’un porte-parole, en application de la loi y afférente.

Je voudrais rappeler que lorsqu’au mois de mai 2009, le MLC écrit aux deux présidents des bureaux du Parlement pour que soit accélérée la convocation d’une plénière élective, ce sont bien d’autres responsables de l’opposition qui ont réagi pour bloquer cette démarche. Mais, comme les temps qui s’ouvrent en ce début d’année 2010 sont favorables à des nouvelles tractations sur le sujet, gageons que non seulement ces pourparlers vont s’engager rapidement, mais que cette fois, cela puisse aboutir à la mise en place effective des structures officielles de l’opposition, de préférence, avant la fin de la session parlementaire de mars 2010.

Congolaises, Congolais,

L’harmonie au sein de l’opposition, que nous appelons de tous nos vœux, ne sera pas de trop pour lutter plus efficacement contre un pouvoir qui s’est rendu expert dans l’art d’empêcher, redisons-le de tout empêcher. Ainsi, n’allez pas chercher des réalisations significativement visibles du gouvernement en faveur de la population. Vous risqueriez de vous fatiguer, elles sont quasiment introuvables. Par contre, à la question de savoir ce que ce gouvernement a réussi à empêcher depuis trois ans, là des exemples de succès foisonnent.

Le premier cas qui vient à l’esprit concerne évidemment la dernière désignation du gouverneur de la Province de l’Equateur. Quelques jours avant cette mascarade, la population était descendue dans la rue, pour demander aux députés provinciaux de désigner le candidat présenté par le MLC. Combien étaient-ils ainsi à marcher sur Mbandaka le 7 novembre 2009? Deux, trois cents mille? En tout cas les images de cet événement ont fait le tour du monde. Pendant ce temps là, le gouvernement quant lui, s’est simplement contenté de «contrôler», de la manière que l’on sait, soixante députés dans une salle pour arriver à placer un gouverneur soupçonné de corruption dans le rapport de la commission d’enquête du Sénat, conduite par le professeur Lunda Bululu. Désormais, par la volonté du gouvernement, l’Opposition est empêché de diriger démocratiquement la Province de l’Équateur. Toutes choses restant égales par ailleurs, il en était déjà ainsi à Kinshasa, au Bas-Congo et au Kasaï Occidental.

Un autre exemple, parmi les «réussites» du gouvernement, est en rapport avec la situation du président national du MLC. L’on se souvient que Jean-Pierre Bemba a été contraint par le gouvernement de quitter son propre pays en avril 2007. Il n’avait guère de choix à l’époque, dès lors que successivement en août 2006 et en mars 2007, il avait de peu manqué de perdre la vie consécutivement à des affrontements qui avaient transformé Kinshasa en un champ de batailles, entre des éléments FARDC commis à la garde rapprochée du vice-président sortant d’une part, et ceux qui avaient été lancés contre ceux-ci par l’état major général, d’autre part. Et depuis, le Sénateur Bemba est emprisonné à la CPI en Hollande, suite à un mandat émis par cette Cour, cette fois en rapport avec des événements qui ont eu lieu en RCA en 2002 et 2003, depuis le mois de mai 2008.

Rappelons, que la procédure qui a été ainsi lancée au mois de mai 2008 par le procureur contre le président national du MLC tendait à poursuivre celui-ci en tant qu’une personne soupçonnée d’être personnellement responsable des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, dans ces événements en RCA. Toutefois, au mois de juin 2009, les juges de la CPI ont rejeté ces allégations de charges là, pour ne retenir à l’encontre de Jean-Pierre Bemba que l’aspect où il aurait été le chef hiérarchique des éléments de l’ALC que le MLC avait, mis à cette époque à la disposition de Monsieur Patassé, suite à la demande expresse de celui-ci, alors chef de l’Etat élu de la RCA dont les institutions issues des élections étaient menacées par une rébellion armée.

Considérant que leur client n’est plus poursuivi pour les charges en rapport avec le mandat d’arrêt qui avait été émis contre lui, qu’il était totalement absorbé par les négociations qui devaient ramener la paix dans son propre pays et qu’il y avait sur terrain un commandant suprême et un chef d’état major général ; les avocats de la défense ont depuis multiplié, sans succès, des demandes de mise en liberté provisoire en faveur de leur client. Quoi qu’il en soit, le procès de jean-pierre bemba aura bien lieu.

Notre espoir est qu’enfin justice soit rendue au président national du MLC. A nos yeux, la faiblesse de la démarche du procureur n’appelle autre chose que l’acquittement pur et simple de notre Compatriote.

Cela étant, fallait-il pour autant le maintenir coûte que coûte en détention, en dépit du décès de son père qu’il n’a pu enterrer, en dépit des garanties d’honorabilité liées à sa personne, telles une adresse, une vie de famille, un statut de sénateur et de président national de la deuxième force politique dans son pays ?

Voilà donc pourquoi, au MLC, nous avons condamné à maintes reprises et continuons à fustiger cet acharnement qui confine au complot politique. De la même manière et dans la mesure où, de toute évidence, une partie de la communauté internationale est impliquée dans ce dossier, il y a lieu de s’interroger, au-delà de la personne de Bemba, si ce n’est pas notre pays en tant que tel que l’on voudrait ainsi fragiliser. Notre démocratie naissante pourrait-elle grandir sans une Opposition agissant dans un jeu politique ouvert, y compris à des adversaires charismatiques tel que Bemba ? Sans une réelle possibilité d’alternance politique, peut-on espérer conjurer la dérive dictatoriale qui menace tout système politique sans contrepoids ?

Congolaises, Congolais,

Mesdames, Messieurs et chers Compatriotes,

Bien que, et cela va de soi, les réponses aux deux questions qui précèdent ne peuvent qu’être négatives, on ne peut occulter le fait qu’au minimum les 42% de nos Compatriotes, qui ont fait confiance à Jean-Pierre Bemba au second tour, se posent ces mêmes questions. Cela signifie que ce dossier Bemba interpelle la Nation congolaise dans son ensemble et, d’une manière particulière, ses Représentants et ses Dirigeants. Par conséquent, peu importent les visées provenant de l’extérieur auxquelles j’ai fait allusion tout à l’heure. Peu importe que les faits allégués par le procureur contre notre Compatriote se soient déroulés dans un pays étranger. Il nous semble que l’heure est venue de nous interroger nous-mêmes sur notre aptitude à nous réapproprier ce dossier dans l’intérêt bien compris de notre Nation. Car enfin :

Que faut-il donc avoir réalisé dans notre pays pour qu’un Citoyen puisse être reconnu comme ayant mérité de la Nation ?

Qui peut nier qu’en 1998, le pouvoir AFDL avait fini par placer la RDC dans une impasse politique et diplomatique telle que cela a engendré la guerre qui démarre cette année là, au mois d’août.

Qui peut nier, qu’en créant le MLC dès le mois de septembre suivant, au moment où cette guerre de 1998 prenait les allures d’une simple agression extérieure, Jean-Pierre Bemba ait contribué significativement à repositionner l’axe central du conflit sur les véritables revendications des Congolais qui voulaient la démocratie et le bien être social.

Qui peut nier, qu’en signant plus rapidement que les autres belligérants l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka en juillet 1999, Jean-Pierre Bemba ait, par ce geste, adressé un signal fort à la Nation, à savoir que la guerre ne pouvait devenir une fin en soi. De même qu’à la tête de la délégation duu le MLC, il avait bataillé durement en faveur de l’intégration de la Société civile et de l’Opposition politique de l’époque à ce processus de Lusaka, prologue au Dialogue inter Congolais.

Qui peut nier que, dans la suite du processus, Jean-Pierre Bemba ait mis la totalité des troupes ex-ALC à la disposition de l’état-major général des FARDC, conformément aux Résolutions pertinentes du Dialogue Inter Congolais et des dispositions particulières arrêtées, notamment, dans le cadre du Comité de Suivi de l’application desdites Résolutions.

Qui peut nier que, amené à participer à l’animation de la période de transition à la tête de la Composante MLC, Jean-Pierre Bemba ait servi loyalement et efficacement l’Etat sous la Présidence de Joseph Kabila.

Qui peut nier que tout le mérite de Joseph Kabila, en tant que chef d’Etat élu, tient au 58% des suffrages qu’il a réalisés au second tour, face à un adversaire crédible qui a récoltés 42%. Le chef de l’Etat aurait-il vaincu sans péril, qu’il aurait assurément triomphé sans gloire.

Qui peut nier enfin, qu’en reconnaissant rapidement la victoire de Joseph Kabila, Jean-Pierre Bemba ait, de ce fait, contribué à éviter au pays le chaos qui le menaçait, en cas de contestations électorales au lendemain du second tour.

Au demeurant, même si bien sûr, il faut considérer qu’il y a eu des problèmes. Notre notre propos n’est pas de denier cela rouvrir ce débat ici, mais celui de poser la problématique du dossier Jean-Pierre Bemba par rapport à son pays. Pour nous, il tombe sous le sens que ce Citoyen Congolais, qui a rendu autant de services à la Nation, mérite d’être défendu, et non pas d’être enfoncé, par son propre pays dans l’épreuve qu’il connaît.

Ailleurs, une telle logique est de mise. C’est notamment le cas au Soudan, où la CPI veut poursuivre le président El Béchir. C’est également le cas en RCA même, où Monsieur Félix Patassé est protégé par le pouvoir en place. En RDC, les choses sont encore plus précises. Le président Joseph Kabila, faisant fi de la position de la CPI, n’a-t-il pas proclamé haut et fort qu’il n’allait pas livrer Bosco Ntaganda pour besoin de construction de la paix à l’Est ? Et Bemba lui, à défaut d’être considéré par le régime en place comme un acteur pouvant contribuer à la paix civile dans notre pays, ne constitue-t-il pas un facteur pouvant favoriser le renforcement des capacités de notre Nation à prospérer et à se faire respecter ?

Congolaises, Congolais,

C’est à toutes ces questions et à bien d’autres auxquelles, ensemble, nous avons à apporter des réponses dans l’intérêt de notre Nation et de son devenir. Prenant la mesure du temps et des circonstances, et avant nous tous, il appartient au Président Joseph Kabila, puisqu’il est le garant de la cohésion nationale, d’apprécier l’opportunité d’engager notre pays dans cette voie salutaire de la réconciliation nationale. Toutefois, nous prenons d’ores et déjà à témoins notre Nation pour indiquer que, de toutes manières, l’agenda que nous indiquons obligera les Forces du changement en cas d’alternance. La véritable réconciliation nationale sera bien au cœur de notre démarche commune tout au long de cette année 2010, jusqu’aux échéances de 2011.

Congolaises, Congolais,

La réconciliation nationale, nous y voici. en effet, après plusieurs années de conflits meurtriers, la nation a besoin de cicatriser ses plaies et de panser ses blessures. sans un processus de réconciliation nationale qui prenne en compte les grandes fractures apparues dans notre société, il est illusoire de prétendre construire une société stable et de lui procurer la paix véritable. Cette paix, si nécessaire au processus du développement, est inséparable de la justice et de la vérité, comme son excellence monseigneur laurent monsengwo, archevêque de kinshasa, nous l’a si justement rappelé à Noël.

Or, rien dans les politiques menées actuellement par le gouvernement ne nous permet de croire en l’existence d’une volonté de réconcilier les Congolais, en instaurant cette paix là entre les différentes forces sociales du pays.

Au contraire, depuis trois ans, le gouvernement rend chaque jour qui passe des arbitrages qui brisent la cohésion nationale et qui posent les germes des conflits cycliques. Dans notre pays, la Justice est un déni permanent, non seulement du fait de l’absence d’une politique sociale – salaires dérisoires, irrégulièrement versés, impunité généralisée, confiscation de la grande partie des ressources nationales entre les mains d’un petit groupe des Citoyens, insécurité sévissant partout sur le territoire national, justice rendue à la tête du client et, last and not the least, inversion de l’échelle des valeurs qui complique terriblement aux parents l’éducation de leur enfants.

Congolaises, Congolais,

Alors que nous avions, dans l’unité, fixé le cap, en organisant avec l’aide de la communauté internationale, les élections qui nous ont permis de mettre en place les institutions provinciales et nationales, depuis lors, le système semble grippé. il suffit notamment de constater le manque d’un chronogramme officiel des opérations électorales, la suspension de la révision du fichier électoral et la rupture entre la cei et les bailleurs internationaux, faute de versement de notre quote-part.

Dans le même temps, en violation de la loi, le chef de l’etat se substitue à la cei pour annoncer un calendrier électoral. l’avenir s’assombrit. comment dans ces conditions tenir les promesses de doter le pays des institutions politiques à la base ?

Pour nous, la tenue des élections à la base sont une obligation constitutionnelle et à ce titre, elles doivent être organisées sans délais.

Congolaises, Congolais,

Notre état, comme tous les autres états modernes, devrait, pour défendre ses frontières, pour assurer l’ordre et la sécurité publique, pour prévenir toute menace ou tout évènement, disposer respectivement d’une armée, d’une police et des services d’intelligence dignes de ce nom.

Il faut regretter que l’absence de ces trois piliers qui fondent la puissance publique laisse croire qu’il n’existe pas d’etat en tant que tel dans notre pays. quand on parle de notre armée, de notre police et de nos services de renseignements, malheureusement et très souvent, c’est en termes de violations de droits de l’homme, d’inefficacité, d’indiscipline, de manque de logistique et j’en passe. préférant naviguer à vue, le gouvernement de la république ne manifeste aucune volonté politique réelle de mettre en œuvre un plan de restructuration de ce secteur.

Congolaises, Congolais,

Il y a tout juste un an, nous avions pris la parole pour fustiger la nature de l’accord qui avait été conclu entre la RDC et le rwanda sur les opérations militaires conjointes dans le Nord-Kivu. Notre propos d’alors avait été de condamner l’illisibilité et l’opacité que le gouvernement avait délibérément installées sur ces accords en faveur des opérations impliquant les FARDC et les RDF contre les FDLR. Ce que nous redoutions est hélas arrivé.

Les opérations ainsi planifiées et exécutées sous le nom de code «umoja wetu», officiellement clôturées le 25 février 2009, n’ont conduit qu’à la dispersion des éléments fdlr à l’intérieur des terres congolaises. en dépit du lancement au mois de mars dernier de l’opération «kimia ii», sensée corriger les défaillances de l’opération « umoja wetu », les fdlr continuent à massacrer des paisibles populations civiles, à violer femmes et enfants, à provoquer des déplacements des populations, qui font des congolais, des réfugiés dans leur propre pays. pendant ce temps, l’ordre et la paix règnent au rwanda, pays d’où les fdlr sont pourtant originaires.

En dépit des engagements pris par nos deux pays, nkunda n’est toujours pas livré aux autorités de la rdc par le rwanda et ntaganda vit paisiblement dans notre pays, en dépit du mandat d’arrêt émis contre lui par la cpi pour des crimes qu’il aurait commis contre des congolais.

Quant à la conversion précipitée du cndp en parti politique et à l’intégration de ses éléments au sein des fardc, sans l’identification des personnes, sans aucun critère de moralité ni de patriotisme, cette double opération ne pouvait qu’aboutir à un échec. une partie des anciens membres du cndp donne l’impression de jouer le jeu ; mais en réalité, ils constituent des groupes homogènes qui établissent et contrôlent des administrations parallèles, notamment dans le massissi, au vu et au su de notre gouvernement. d’autres anciens miliciens ont refusé de se mélanger avec les fardc. ils s’organisent, lancent des attaques contre les forces régulières, toutes choses faisant craindre la gestation de nouvelles rébellions.

Face à ces échecs des opérations «Umoja Wetu» et «Kimia II», l’heure était à la réaction du gouvernement. Qu’a-t-on entendu ? D’une part, qu’au nom de notre souveraineté le gouvernement demandait à la MONUC de quitter la RDC et, d’autre part, que le même gouvernement lançait une nouvelle opération, nommée «Kimia leo», dont la nouveauté par rapport au passé est qu’elle sera effectuée par des éléments FARDC, placés côte-à-côte avec ceux, tenez-vous bien, de la MONUC ! Voilà où on en est une fois de plus avec ce gouvernement, sensé nous diriger, mais qui peine tant à déterminer ce qui serait bon pour la République. Voyez-vous, en RDC, la classe politique commence toujours par tout faire, je dis bien tout, pour accéder ou demeurer au pouvoir et, seulement après y être arrivé, elle donne l’impression de chercher à savoir ce qu’il faut en faire !

Parallèlement à l’accord avec le Rwanda, le gouvernement congolais avait conclu un autre accord avec l’ouganda. au terme de cet arrangement, des opérations militaires conjointes lancées sous le nom de code «coup de tonnerre», devaient débarrasser le Nord-Est de la RDC de la présence du seigneur de guerre ougandais Kony et de ses acolytes de la LRA. Ici aussi, le gouvernement a enregistré un échec. non seulement le sieur Kony se promène toujours, passant de frontière en frontière au soudan et en RCA, il continue à se livrer aux massacres, aux viols et aux pillages des populations congolaises. Au cours de l’année qui s’achève, la lra a tué plus de 1200 de nos compatriotes. Les survivants et autres membres des familles des victimes sont en ce moment même abandonnés à leur triste sort.

Chers compatriotes, le bilan humain de l’insécurité qui règne sur une grande partie de notre territoire national est particulièrement lourd. Notre pays enferme aujourd’hui, plus d’un million de personnes déplacées à l’intérieur de nos frontières. D’autres dizaines de milliers de nos frères et sœurs ont été contraints de se réfugier dans des pays voisins, la République du Congo, la République Centrafricaine, le Soudan, l’Ouganda et bien d’autres.

D’autre part, il convient aussi de déplorer les incursions de soldats de certains pays voisins qui ont été signalées aussi bien au Nord qu’au Sud du pays, sans émouvoir outre mesure le gouvernement de la république.

Congolaises, Congolais,

Le système éducatif de notre pays est déficient. Depuis la mise en place du gouvernement issu des élections celui-ci n’a toujours pas engagé des réformes de notre système éducatif.

Les écoles primaires, en nombre insuffisant, ne sont pas en mesure d’offrir à chaque enfant l’enseignement obligatoire que lui garantit la constitution.

Les écoles secondaires, professionnelles et supérieures, surpeuplées, manquent d’équipements, de laboratoires et d’autres installations pour les exercices pratiques.

Le niveau général de l’enseignement a considérablement baissé et les diplômes que délivrent nos établissements scolaires et autres centres de formation sont dévalorisés.

Congolaises, Congolais,

Qu’en est- il de la justice dans notre pays ?

La justice doit être la même pour tous. Le principe est constitutif du pacte démocratique. Or, dans notre pays, la justice est discriminatoire, instrumentalisée, et les textes qui la régissent sont archaïques. C’est aussi et surtout, une justice à la carte, administrée de façon variable et incapable de garantir le respect de la loi au quotidien, comme nos concitoyens sont en droit de l’attendre. Bien que notre constitution consacre l’indépendance de la justice comme affirmation d’un etat de droit, la justice congolaise, comme vous le savez, ne garantit ni l’égalité de traitement, ni l’équité des jugements. Et parce qu’une justice forte et équitable apporte la paix du cœur que notre peuple recherche désespérément à travers les «sociétés de prière», le magistrat congolais, pièce maitresse de la justice, n’est pas protégé de la corruption par manque d’un meilleur encadrement social et professionnel.

En somme, l’appareil judiciaire reste grippé dans un environnement désordonné et indiscipliné où l’indépendance du pouvoir judiciaire n’est toujours pas réalisée. ainsi, assiste-t-on à la fois, à la mauvaise distribution de la justice et a la prolifération des cas d’arrestations arbitraires sur l’ensemble du territoire national.

Par ailleurs, des milliers de compatriotes civils et militaires, croupissent dans les prisons, depuis plusieurs années, sans jugement et ce, en violation flagrante des règles et des impartis de la procédure.

Congolaises, Congolais,

Alors qu’ailleurs les mouvements associatifs s’activent et se mobilisent pour la défense des droits des animaux, en RDC hélas, les droits de l’homme sont constamment bafoués.

Faut-il rappeler que dans son rapport particulièrement accablant publié le 25 novembre 2009, le rapporteur spécial des Nations unies pour la RDC fait état des exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires. Ce document, comme ceux de l’Union Européennes et des autres organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme, atteste que la détérioration de la situation des droits de l’homme en rdc s’est accentuée au cours de l’année 2009, en particulier en ce qui concerne les violences faites aux femmes.

Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent également les méfaits des services de sécurité, qui se comportent en police politique, qui opèrent dans l’impunité la plus totale et face auxquels le citoyen ne dispose d’aucun recours.

Des journalistes, des activistes et défenseurs des droits de l’homme sont l’objet de nombreuses exactions tant à Kinshasa qu’en provinces. Certains d’entre eux sont emprisonnés, subissent des traitements dégradants et sont parfois soumis à des simulacres de procès.

Dans notre pays, l’exercice de la liberté de presse n’est pas garanti. les médias d’Etat sont redevenus des outils de propagande au service exclusif du gouvernement. Comme tout le monde peut le constater, la presse privée, empêtrée dans d’inextricables difficultés économiques et ne bénéficiant d’aucune aide publique, évolue dans un système complètement perverti.

Congolaises, Congolais,

Concernant la situation économique et financière que traverse notre pays depuis la formation du gouvernement "Gizenga I" jusqu’à ce jour, l’observation des faits conduit à un constat pénible. Là où les autres pays africains réussissent, la rdc, elle, aligne des échecs.

En effet, tous les indicateurs macroéconomiques ont atteint des seuils inacceptables et insupportables, entrainant une dégradation continuelle et persistante des conditions de vie des Congolais. Point n’est besoin de dire que le gouvernement actuel peine à trouver des solutions, pour soulager tant soit peu les souffrances des populations.

L’absence à la fois d’une politique budgétaire prudente et monétaire indépendante a entrainé l’expansion de la masse monétaire, la dépréciation du taux de change et l’accélération de l’inflation.

A la clôture de l’année 2009, le comportement du cadre macroéconomique de la nation, plusieurs fois revu et corrigé, est plus qu’inquiétant.

Tenez, le taux de croissance du PIB, projeté initialement à 9%, puis arrêté à 5,7%, s’est clôturé à fin décembre à 2,8%. autrement-dit, l’économie a généré moins de richesses que celles prévues par le gouvernement, sans contrepartie réelle, notamment, sur la création d’emplois.

Le taux annuel d’inflation initialement prévu à 11,5% se chiffre à plus de 54%, entrainant ainsi une hausse généralisée des prix des biens et services sur le marché. Le taux de change arrêté en prévisionnel était de 585 francs congolais pour 1 dollar américain ; alors qu’il s’est changé à fin décembre à plus de 900 francs congolais. Ce yoyo qu’on enregistre sur le marché de change n’est pas de nature, ni à améliorer, ni à stabiliser notre pouvoir d’achat. comme on peut s’en rendre compte, la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des finances publiques ne sont toujours pas au rendez-vous.

Un sentiment de fatalité pèse lourdement sur nos épaules en ce début d’année, parce que vous et moi, ne croyons pas en la capacité du gouvernement de la République à stabiliser le cadre macroéconomique sur lequel reposent nos espoirs pour atteindre le point d’achèvement de l’initiative ppte.

Congolaises, Congolais,

Dans ce pays aux dimensions d’un sous-continent, plus rien ne fonctionne. Le citoyen congolais continue à être confronté à un casse-tête quotidien qui s’appelle, l’eau potable qui manque, des coupures intempestives d’électricité, des bouchons monstrueux qui paralysent la circulation, les transports en commun qui font défaut, la sous-alimentation, le cadre de vie affecté par les nuisances et la pollution, les maladies, les constructions anarchiques, les bâtiments publics en ruine, les routes cassées et les caniveaux bouchés, les hôpitaux transformés en mouroirs et les écoles en taudis, et j’en passe…

Jamais de mémoire de congolais, la situation socio-économique n’a été aussi dégradée. La majorité des Congolais vit avec moins d’un dollar américain par jour, donc en dessous du seuil de pauvreté.

Au total, cela se traduit par un indice de développement humain de 0,389 qui classe la république démocratique du congo à la 176 ième place sur 182 pays, juste derrière le burundi et le tchad.

Congolaises, Congolais,

La mauvaise gouvernance n’a pas permis d’améliorer le climat des affaires, si bien qu’au classement «doing business» de la Banque mondiale, notre pays occupe la 182ième place, juste derrière la Guinée Bissau et devant la République Centrafricaine qui clôture la liste.

Permettez-moi de vous dire, qu’à cause de sa mauvaise gouvernance, le gouvernement de la République n’a jamais pu exécuter les budgets de l’Etat, dans le respect de la chaîne de la dépense publique qui en assure la transparence et la traçabilité et ce, conformément aux prescrits de la loi financière.

Malgré nos mises en garde sans cesse répétées, le gouvernement de la république, sans doute par manque de prospective, n’a pas été à même d’anticiper sur les effets de la crise financière internationale et de mettre en œuvre un dispositif d’accompagnement. Il s’en sert hélas aujourd’hui, comme alibi, pour justifier ses contreperformances sur le plan économique.

En tout état de cause, selon des sources crédibles, la récession mondiale semble être derrière nous et les pays sérieux s’attèlent déjà à mettre en place les stratégies globales de sortie de crise, basées sur des chiffres réalistes et crédibles.

A l’inverse, notre gouvernement continue à présenter des chiffres surréalistes, notamment en ce qui concerne le taux de croissance du pib estimé à 5,7% pour 2010, alors du sahara est de l’ordre de 3%.

Congolaises, Congolais,

Je voudrais vous rappeler, en ce qui concerne le secteur minier, qu’en 2002, le gouvernement de la république avait décidé de s’engager dans la libéralisation de ce secteur, par l’adoption du code minier. celui-ci devait permettre au secteur privé de s’engager, aux cotés des entreprises d’Etat, dans des partenariats pour exploiter les immenses réserves minières du pays.

Malheureusement, force est de constater que sept ans après la mise en place de ce code, le processus connaît de nombreuses ratées. les grandes décisions prises dans ce domaine ont, non seulement énervé le climat des affaires, mais ont aussi encouragé la fraude fiscale sur une grande échelle. un récent rapport du sénat a évalué à 450 millions de dollars américains, le manque à gagner de l’Etat dû à la fraude et à la corruption.

C’est dans cette ambiance qu’est intervenue la révisitation des contrats miniers, en vue de rééquilibrer les participations de l’etat. Cette révisitation a imposé aux investisseurs étrangers, des nouvelles négociations, sans tenir compte du cadre juridique qui les liait au gouvernement.

Prévue pour trois mois, cette opération s’est étendue sur deux ans, empêchant différents projets d’accéder à la phase d’exploitation. Ces dérapages ont renforcé l’image d’insécurité juridique qui colle à notre pays.

Aujourd’hui la RDC risque un arbitrage international pour n’avoir pas abouti à un compromis avec ses partenaires dans certains cas. je dois vous dire qu’au delà de la procédure qui est longue et coûteuse, l’arbitrage international implique le gel du projet concerné, privant ainsi le pays des recettes sûres et des emplois certains.

Tenez, dans le seul district du Lualaba, au cours de l’année 2009, on a enregistré plus de 3700 pertes d’emplois à raison de 2500 à Tenke Fungurume, 450 à Kaol et 700 à KMT. Alors que plusieurs pays producteurs des métaux de base ont profité du boom minier, suite à la demande croissante des pays émergents, la rdc a, par ce processus long et contre-performant, empêché le développement de son industrie minière.

Congolaises, Congolais,

Les entreprises du portefeuille de l’Etat constituent des bras séculiers du gouvernement. Depuis plusieurs années, l’essentiel de ces entreprises sont devenues des canards boiteux. Dans le cadre de leur restructuration et de leur réorganisation, le parlement a voté quatre lois dites de réforme des entreprises publiques. Depuis la promulgation de ces lois, leur mise en application par le gouvernement se fait dans l’opacité la plus totale.

Congolaises, Congolais,

Les infrastructures de base héritées de la colonisation sont toutes dans un état de délabrement très avancé. La population de la rdc est passée de 13 millions en 1960 à plus de 60 millions actuellement et les infrastructures n’ont pas été adaptées. tous les réseaux de transport, ferroviaires, lacustres, routiers sont dans un état de détérioration avancée.

Aussi, permettez-moi de m’attarder quelque peu sur le volet Infrastructures des 5 chantiers du gouvernement.

Comme je l’avais dit en novembre 2008 du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, personne ne peut logiquement s’opposer à la reconstruction du pays et donc aux 5 chantiers qui à notre sens semblent être, au regard des défis à relever, un service minimum. Mais, mon inquiétude et ma crainte d’alors se situaient au niveau des termes déséquilibrés des contrats signés avec les entreprises chinoises.

Ce que je disais en novembre 2008 et qui semblait choquer certains de nos compatriotes, a depuis été repris par les institutions de Bretton Woods, exactement dans les mêmes termes, et cette fois, le gouvernement l’a accepté. Quel gâchis, quelle perte de temps !

Néanmoins, les travaux des infrastructures ont commencé sur quelques sites, mais dans une suspecte précipitation. Aucune étape n’a été respectée. L’identification des projets, la formulation des besoins, l’étude de faisabilité technique et financière ont été négligées.

Le cas du boulevard du 30 juin en est une illustration. en effet, les travaux ont débuté il y un an jour pour jour, pour une durée annoncée de 90 jours. Ce n’est un secret pour personne que ces travaux ont débuté sans aucune étude. De même que le financement de cet ouvrage, contrairement à la propagande, n’a rien à avoir avec le montage financier avec les entreprises chinoises. Les fonds proviennent dans leur totalité, du Trésor public.

Au demeurant, dans la plupart des cas, les travaux routiers qui ont commencé le sont sur financement des bailleurs de fonds traditionnels.

Je profite de cette occasion pour remercier les partenaires traditionnels, l’Union européenne et la Banque africaine de développement qui financent les travaux routiers entre Kinshasa et Kenge sur la route nationale numéro 1 en direction de Bandundu, la Banque mondiale qui finance des travaux de voirie dans la ville de Kinshasa, dans les communes de Kintambo, Ngiri-Ngiri, et Ngaliema.

Congolaises, Congolais,

La RDC, au passé glorieux et prestigieux, peine à faire son grand retour dans le concert des nations. Elle ne parvient toujours pas à faire respecter son rang en Afrique et dans le monde.

Notre pays est constamment absent du théâtre où se jouent les enjeux internationaux majeurs. Par exemple, au cours de l’année 2009, la RDC s’était portée candidate pour organiser le prochain sommet de la Francophonie, qui a lieu cette année. Ambition oh combien légitime, puisque désormais nous sommes la première puissance démographique dans cette Organisation, à égalité avec la France. Mais, lorsqu’il a fallu défendre cette thèse, la RDC était tout simplement absente du Canada où le match se jouait. Ainsi, c’est tout à fait généreusement que les Chefs d’Etat présents nous ont réservé un lot de consolation en nous qualifiant pour 2012.

Autre illustration, toujours en 2009, notre pays a eu l’honneur de présider en même temps, et la CEEAC et la SADEC. Quelle occasion inespérée de rendre enfin visible notre diplomatie ! Et, il y a eu un endroit où nous aurions pu aller le dire haut et fort: c’était à New-York. Hélas, les Assemblées des Nations-Unies se sont tenues en 2009 en présence de tous les Grands de se monde, sauf de celui qui incarnait en ce moment là les Afriques Centrale et Australe.

Le dernier sommet de copenhague illustre bien aussi l’inconséquence de la diplomatie congolaise. En effet, il est inconcevable que la RDC qui représente 56,8% de la forêt du bassin du congo, soit quasiment le même poids que le brésil qui détient 60% de la forêt amazonienne, n’ait joué qu’un rôle marginal, alors que le brésil a été l’objet de toutes les attentions.

Pourtant, après le sommet de la terre de rio de janeiro au brésil en 1992 et quatre ans après l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre, la conférence de copenhague représentait un enjeu crucial pour la RDC et le monde.

Par la faiblesse de sa diplomatie, les incohérences et les contradictions de sa politique extérieure, la RDC a cessé d’être l’un des vecteurs que toute l’Afrique attendait pour son développement accéléré, intégré et harmonieux.

D’autre part, la position géostratégique de la RDC, au centre de l’Afrique avec une ouverture sur neuf pays, lui confère un caractère inédit et lui donne un exposant élevé, facteur de risques certes, mais aussi porteur de chances. De ce fait, la RDC a une vocation normale, imposée par sa situation géographique, de prendre la tête du panafricanisme si cher à Lumumba et aux autres pères des indépendances africaines.

Autre problème, qui se pose à notre diplomatie, concerne la présence de la rdc au sein d’une kyrielle de structures régionales et sous-régionales. Membre de l’organisation internationale de la francophonie, de l’organisation des nations unies, ainsi que de ses institutions spécialisées, la RDC figure aussi parmi les 30 Etats indépendants qui ont adopté à l’unanimité, en 1963 à Addis-Abeba en Ethiopie, la charte constitutive de l’organisation de l’Union africaine, devenue depuis 2002, l’Union africaine. Elle appartient également aux organisations régionales et sous-régionales à savoir, la communauté economique des etats d’afrique centrale, la communauté de développement d’afrique australe, la communauté economique des pays des grands-lacs.

Cependant, force est de constater que, pour l’essentiel, il s’agit là d’un héritage de la période de la deuxième République dont le pouvoir actuel ne sait plus que faire. Si, à son époque, cette présence tous azimuts de l’ex-Zaïre dans ces organisations était un instrument de puissance et de prévention en matière sécuritaire, aujourd’hui, faute de vision en ces matières, la RDC se contente uniquement d’appartenir et de siéger.

C’est ainsi qu’en dépit des virtualités de tout premier plan dont dispose notre pays, nous ne jouons aucun rôle majeur dans aucune de ces organisations. au contraire, dans bien des cas la RDC y a accumulé tellement d’arriérés de cotisations qu’elle y a même perdu les droits de vote. Devenant ainsi, et ce n’est pas le moindre de ses paradoxes, simple figurant dans des structures qu’elle a parfois contribué à créer !

Congolaises, Congolais,

Les Congolais qui vivent à l’étranger, on l’oublie souvent, sont des congolais. Si certains d’entre - eux ont délibérément choisi de s’expatrier, beaucoup d’autres ont quitté le pays par contrainte de ne plus pouvoir y vivre dignement et, sont quasiment tous devenus des opposants radicaux. Il est vrai, au vue de la manière dont la rdc est gouvernée, qu’il ne viendrait à l’esprit de personne de nier le bien fondé des oppositions radicales d’un bon nombre de congolais de l’étranger aux différents régimes politiques qui se succèdent, depuis l’indépendance, dans notre pays.

Mais, la raison majeure de cette exception congolaise est plus précise. En effet, la RDC est un des rares pays qui n’ont aucun accord avec un autre pays qui puisse permettre à ses citoyens de travailler légalement à l’étranger. Or, compte tenu de la grande pauvreté qui sévit chez-nous, nos compatriotes qui s’expatrient deviennent, de fait, le seul espoir de survie des parents restés au pays. On attend tout d’eux, qu’il s’agisse des aides humanitaires ou des financements des petits projets familiaux.

Dans ces conditions, ne pouvant légalement travailler dans leurs pays d’accueil, les Congolais de l’étranger cultivent alors volontiers la rupture systématique avec leur pays d’origine.

Mais, ce n’est pas tout. D’une manière tout à fait curieuse, notre pays rechigne à promouvoir ses propres citoyens, même au sein des organismes internationaux ou régionaux, préférant ignorer ou céder les postes auxquels les citoyens congolais ont légitimement droit, à des candidats des pays «amis». Souvent, le Congolais qui arrive à obtenir une place au sein de ces organismes, y parvient consécutivement à ses propres efforts.

Ces pratiques, tout comme le reste des hérésies des dirigeants congolais à l’égard de ceux des nôtres qui vivent à l’étranger, ne sont pas nouvelles. Le fait est que, au lieu de changer cela, de mettre fin à ces pratiques d’un autre âge, où l’on voit un pays discriminer ses propres enfants, l’actuel gouvernement brille là aussi par une absence totale de politique.

Congolaises, Congolais,

Chers Compatriotes,


Dieu nous a donné un pays merveilleux à tous égards. L’étendu, le sol, le sous-sol, le climat et une population abondante. Qu’avons-nous fait de tout cela ? Cinquante ans après son indépendance, quatre régimes se sont succédés au pouvoir en rdc, mais le pays ne parvient toujours pas à nourrir, soigner, éduquer et protéger correctement ses enfants.

Il en est en particulier, nous venons de le voir, de ce qui se passe dans le pays depuis les élections générales de 2006, dont le peuple congolais attendait tout. Pourtant, la RDC a reculé dans tous les compartiments de la vie de la nation. La RDC est dans l’impasse.

Notre propos de ce jour est de dire aux congolais, fêtons le cinquantenaire certes, mais tournons le dos à ce passé. Ne désespérons pas non plus du présent, mais regardons résolument devant nous. Bâtir un congo nouveau qui soit un véritable etat de droit, qui soit un congo respectueux des valeurs morales et des droits humains, un Congo qui crée la richesse et qui assure le progrès social au bénéfice de tous, un Congo qui protège ses enfants, tout en coopérant avec tous ses partenaires.

Chers compatriotes, nous pouvons le bâtir ici et maintenant. Cela est en effet possible. En voici des éléments :

Nous rassembler et croire dans l’étoile du congo est une condition sine qua non. bien entendu, chaque Congolais a une opinion qui lui est propre. Alors cela paraît une gageure. Or, tous nous aimons notre patrie et nous avons tous envie de le servir selon nos capacités respectives. Et, en nous mettant tous au travail, nous sommes convaincus de notre capacité de faire rapidement de notre pays un géant politique et économique au centre de l’Afrique. Nous appelons donc les Congolaises et les Congolais, dans un élan patriotique, à dépasser leurs clivages théoriques pour se rassembler autour de ces valeurs que nous avons en partage.

Nous devons rejeter toute forme d’exclusion. Qu’il s’agisse de la jouissance des fruits de la production nationale, de la différence ethnique ou tribale, de l’accès à la justice ou à la sécurité, tout Congolais où qu’il se trouve, au pays où à l’étranger, doit pouvoir être impliqué dans la vie de la nation et compter sur la protection de l’etat. Nous appelons donc les Congolaises et les Congolais à cultiver entre eux les valeurs d’amour et de pardon et d’inscrire la réconciliation nationale au cœur des priorités du projet que nous voulons construire pour un Congo nouveau.

Nous devons affirmer notre détermination à faire de notre pays un Etat de droit et une démocratie moderne. Pour ce faire, nous avons un dénominateur commun, notre Constitution. Ce texte fondamental fixe les bases de la structuration et du fonctionnement de l’etat, de même qu’il organise les mécanismes qui mettent en œuvre et font vivre la démocratie dans notre pays. En adoptant notre Constitution par référendum, nous nous sommes appropriés de son contenu en tant que peuple.

Nous appelons donc les Congolaises et les Congolais à défendre cet instrument juridique essentiel, si malmené par nos dirigeants. Une Constitution doit être respectée et ne se change pas au gré du bon vouloir du prince. Au cours de cette année en particulier, notre vigilance s’impose. Nul ne devrait se sentir libre de disposer unilatéralement de ce socle qui fonde notre etat.

Nous devons considérer que la sécurité collective et la défense de notre territoire national est avant tout une affaire des Congolais. C’est une vérité première. De toutes façons, c’est une hérésie de prétendre qu’au sein d’un peuple de plus de 60 millions d’habitants il ne soit pas possible de trouver 100 mille patriotes, jeunes, vigoureux, disciplinés et prêts au sacrifice suprême pour que vive la nation. Mais, pour cela, il faut une volonté politique aujourd’hui hypothétique. Il faut former ces jeunes, les équiper et les rémunérer correctement. Cela nécessite des moyens financiers importants.

A partir de là, il s’agira d’examiner avec la communauté internationale la possibilité de créer des vases communicants, sur base de mesures d’encadrement à convenir, entre une partie des fonds de fonctionnement d’une mMonuc, qui a vocation à se retirer progressivement de la RDC, et les besoins nécessaires à l’érection d’une véritable armée républicaine et pluriethnique en RDC. Nous appelons donc les Congolaises et les Congolais à considérer que sans une armée dissuasive, l’instabilité dans l’est demeurera et il n’y aura pas de développement possible pour l’ensemble du pays. Les relations internationales étant dictées avant tout par le rapport de forces.

Nous devons nous débarrasser du complexe d’ancien colonisé. Nous mettre au travail et construire en RDC une économie forte, dynamique, tractée par une croissance à deux chiffres. Cela ne dépend que de nous-mêmes. nous appelons donc les Congolaises et les Congolais, toutes affaires cessantes, à constituer partout dans nos quartiers, à Kinshasa, en provinces et à l’étranger, des ateliers pour réfléchir et contribuer à la confection d’un programme de développement ambitieux, qui soit un instrument traduisant la volonté collective de tous les patriotes de faire décoller notre pays, à l’exemple de la Chine ou de l’Inde.

Congolaises et Congolais,

Le MLC, qui a l’avantage d’avoir déjà entamé une réflexion approfondie et multisectorielle sur l’ensemble des éléments de projet pour un Congo nouveau ci-dessus annoncés, vous propose d’assurer la coordination de cette démarche innovante durant les cinq mois qui viennent. De la sorte, au mois juin de cette année, une grande rencontre patriotique pourrait nous réunir tous, en un lieu à déterminer ensemble, pour valider nos choix, nous donner une nouvelle feuille de route vers 2011.

Congolaises et Congolais,

Après avoir partagé avec vous notre lecture de l’état actuel de notre nation, nous espérons que nous venons, malgré l’ampleur de la tâche, de vous montrer également que, pour les temps qui viennent, l’espoir est de mise. A cet effet, nous vous avons indiqué des objectifs, une méthode et un calendrier. Place à présent au travail et que vive le Congo nouveau.

Une fois encore, bonne année 2010 à tous.

Je vous remercie.

UE : De Gucht persona non grata à Kinshasa

RDC | Jeudi 07 Janvier 2010 à 12:29:19

 

Toute demande de visa pour Karel De Gucht, commissaire européen au Développement, à la République Démocratique du Congo, sera considérée par les autorités de ce pays comme une provocation, a signifié le ministère congolais des Affaires étrangères dans une note verbale au chargé d’affaires européen à Kinshasa, selon La Libre Belgique, rapporte radiookapi.net

Karel De Gucht, commissaire européen au Développement

Le journal belge parle d’un « nouveau coup de chaud à Kinshasa contre le Belge », entendez l’actuel commissaire européen au Développement. Citant des indiscrétions en provenance de la Commission européenne, La Libre Belgique indique que cette dernière (Commission européenne) a reçu le 2 janvier une note verbale du ministère congolais des Affaires étrangères. Une note s’indignant de propos tenus par Karel De Gucht le 16 décembre dernier lors d’un débat sur la RDC au Parlement européen. Pour le gouvernement congolais, explique la source, la déclaration du Belge a été considérée comme « un procès de fonctionnement de l’Etat congolais dans des termes aux relents noitoirement racistes, irrespectueux et irresponsables ».

A cet effet, ajoute La Libre Belgique, les autorités congolaises ont communiqué au chargé d’affaires européen en poste à Kinshasa, que « dans l’état actuel des choses, la venue du commissaire (à Kinshasa) n’était pas souhaitée » et que « toute demande de visa serait considérée comme une provocation ».

Surprise à Bruxelles

En effet, selon la même source, de Gucht dont les fonctions de commissaire européen au Développement s’arrêtent fin janvier pour laisser place à celles de commissaire europén au Commerce, se préparait pour une visite à Kinshasa au cours de ce mois de janvier. La Libre Belgique poursuit en disant que l’initiave des autorités congolaises a surpris Bruxelles « où avait déjà étonné, par sa virulence, une réaction du porte-parole du gouvernement congolais au lendemain du débat européen. »

Le quotidien belge estime par ailleurs que le gouvernement congolais « semble s’être imprudemment avancé en traitant le commissaire européen au Développement comme [il] traite parfois des membres du monde politique belge, habitué aux relations chaotiques qui sont les siennes avec son ancienne colonie. »

« Comment va réagir l’Union euopéenne

« Les autorités congolaises s’en prennent en effet cette fois à la Commission européenne, responsable collectivement de la déclaration de M. De Gucht, ensuite endossée par le Parlement européen, qui a adopté le 17 décembre une résolution ne critiquant en aucune manière le commissaire et allant dans le sens appuyé par ce dernier, fait observer La Libre Belgique.D’après le journal belge, Karel De Gucht s’était en outre exprimé sur la RDC avec l’aval du Haut représentant européen pour la politique étrangère, Catherine Ashton. D’où cette question que pose le journal : « Comment va réagir l’institution européenne - dépourvue du paternalisme belge vis-à-vis de Kinshasa mais donc aussi de son indulgence - face à cette attaque contre elle ? »

Dans l’immédiat, le refus de recevoir le commissaire au Développement, explique La Libre Belgique, va retarder la mise en oeuvre de dix projets d’aide, pour un montant total de 278,5 millions d’euros, dont M. De Gucht devait signer ce mois-ci à Kinshasa les conventions de financement. «Sans compter qu’on peut se demander si le successeur de M. De Gucht, le Letton Andris Pielbags, sera aussi intéressé qu’un Belge par les dossiers congolais et leur donnera l’indispensable impulsion », ajoute dans son raisonnement la même source.

"La prochaine fois, il y aura certainement un incident"

Entre les autorités congolaises et Karel De Gucht il y a en fait des vieux comptes à régler. En avril 2 008, en mission à Kinshasa à la tête d’une délégation gouvernementale belge, De Gucht, alors ministre des Affaires étrangères de son pays avait tenu un discours, presque dans les mêmes termes qui ne plut pas à ses hôtes congolais. Il avait notamment, dénoncé le manque de transparence dans l’exploitation des ressoures minières de la RDC et la corruption, tout en exigenat des autorités congolaises plus d’actes que de paroles.

Ces propos tenus à Kinshasa devant les gouvernants congolais iritèrent le gouvernement hôte avec Joseph Kabila en tête. Au point que dans sa réaction, le président du Congo démocratique lança un avertissement aux autorités belges. « Il n’y a pas d’incident, car je n’ai pas voulu qu’il y en ait. La prochaine fois il y aura certainement un incident… », avait-il déclaré.

Et donc, les derniers propos du Belge, tenus cette fois avec la casquette de commissaire européen, sont une récidive que Kinshasa semble ne pas être disposé à accepter. Dans ces propos, Karel de Gucht a notamment qualifié, devant le Paralement européen, les dirigeants congolais de partenaires inappropriés, et l’aide humanitaire que la communauté internatiomale accorde à la RDC d’un gâchis.

Copyright Radio Okapi

28 décembre 2009

Radio Okapi - L’UDPS invite les forces vives à s’activer pour «sauver» la patrieKinshasa |«

Réveillons-nous», tel est le message clé de la campagne de sensibilisation lancée, dimanche à Kinshasa, par les quatre fédérations de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de la ville aux associations de la société civile, aux leaders et personnalités politiques. Ce parti a appelé à la solidarité de toutes les forces du pays pour « sauver» la nation congolaise, rapporte radiookapi.net

Les quatre présidents de fédération de Tshangu, Funa, Mont Amba et Lukunga ont, dans leur rencontre, dimanche, brossé un réquisitoire contre les 3 années du pouvoir sous la gouvernance de la majorité issue des dernières élections en République démocratique du Congo.
Le parti avance que toute les batteries sont mises en marche pour arracher le pouvoir à ce qui, selon lui, gèrent le pays dans l’anarchie. « Il n’est pas ici question de révéler les stratégies apprêtées pour ce faire. Néanmoins, retenez qu’il y a des stratégies qui seront mises à la disposition du peuple pour un changement total, avec l’UDPS au pouvoir», a annoncé Apollinaire Panzu, président de la fédération de l’UDPS/Funa.

Le parti que chapeaute Etienne Tshisekedi est rassuré de remporter les prochaines élections, mais il pose tout de même certains préalables. « Les élections sont aussi une manière de prendre le pouvoir. Mais, pas de la manière dont ils sont en train de le faire. C’est ce que nous avons dénoncé dans les dépliants. Nous devons commencer par le recensement, l’identification des nationaux, enrôlement et ensuite élection », indique le président de la fédération de l’UDPS/Funa.

21 décembre 2009

Déclaration de la Commission sur la violence

Déclaration de la Commission sur la violence

en République Démocratique du Congo


 


Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés

Il y a environ un an, la situation de Goma assiégée par les troupes du CNDP menées par Laurent Nkunda était la préoccupation principale des autorités congolaises et de la Communauté internationale.

Tout a été mis en œuvre pour éviter le pire. Promouvoir d'abord un accord politique entre la RDC et le Rwanda et ensuite entre le Gouvernement congolais et le CNDP et les autres groupes armés a permis, à court terme, de désamorcer le détonateur d’une explosion de violences dont le potentiel déstabilisateur reste aujourd'hui néanmoins intact.

Intact parce que les  causes sous-jacentes ont été abordées de façon superficielle et dans une pure logique politique de court terme. N'ayant devant soi que de mauvaises solutions, la Communauté internationale a opté pour la moins grave ; ce n'est pas une critique, juste une évidence,  une constatation.

La Communauté  internationale et l'Union Européenne n'ont pas pu se décider d'envoyer une force de protection. Les renforcements de la MONUC demandés depuis plus d’un an commencent à peine à arriver.

Le récent rapport du groupe d'experts indépendants des Nations Unies ainsi que celui que Human Rights Watch font un constat accablant de la situation actuelle qu'il n'est pas possible d'ignorer ou passer sous silence.

Il est maintenant temps que ces causes profondes soient abordées, traitées et que des solutions durables soient envisagées.

Pour ce faire, il faut néanmoins la coopération de tout le monde, des Gouvernements congolais et rwandais en premier lieu, de la MONUC et des Nations Unies et du reste de la Communauté Internationale et de l'Union Européenne ensuite.

Nul ne doute que le rapprochement politique et diplomatique entre le Rwanda et la RDC puisse être bénéfique pour la stabilité de la région et permettre, si la bonne volonté existe, de deux cotés, de conduire à une coexistence pacifique et une coopération profitable aux deux pays au sein d’une CEPGL redynamisée.

Toutefois ceci n'est que le  début d'un chemin qui est encore long et plein de difficultés.

La question des FDLR est au cœur du problème ainsi que toutes les problématiques annexes qu'elle entraîne et qui compliquent la donne:   

-       l'exploitation illégale des ressources naturelles,

-       le manque de protection des minorités,

-       l'impunité dans une vaste zone de non-Etat où la puissance publique non seulement est incapable d'assurer le contrôle du territoire  mais dont les représentants ont souvent fait partie du problème.

L'accord Rwanda-RDC a permis de neutraliser temporairement le CNDP et les revendications inacceptables de Laurent Nkunda:   l’accord s’est tout simplement soldé par le remplacement de Nkunda par Bosco Ntaganda, plus malléable et prêt à n’importe quel compromis,  en échange d’une immunité en violation de toutes les dispositions internationales en matière de crimes contre l’humanité que ni le Rwanda ni la RDC ne sont en droit ni en position de lui accorder.

A ce jour,

-       l'intégration hâtive du CNDP dans une armée inefficace et proie de la gabegie comme les FARDC ;

-       l'accroissement d'un pouvoir autonome de Bosco Ntaganda par la mise en place d'une chaîne de commandement parallèle au sein des FARDC auquel le paiement irrégulier des militaires et l'absence de toute forme de discipline et hiérarchie fournissent un terrain fertile;

-       un appui de la MONUC aux opérations militaires contres les FDLR qui n’est pas suffisamment encadré et calibré ;

-       le manque de réponse face  aux revendications des minorités rwandophones   

Tous ces facteurs risquent de créer des problèmes encore plus graves que celui auquel nous étions confronté il y a un an.

Des problèmes que ni le Rwanda ni la RDC ne seront plus à même de gérer.

Sur cette toile de fond, la situation ne s'est guère améliorée: la crise humanitaire se poursuit sans signaux évidents d'amélioration ainsi que les violations des droits de l’homme comme le phénomène exécrable des violences, voire des atrocités sexuelles, l'impunité pour toutes sortes de crimes, le pillage des ressources naturelles.

Il suffit de lire les rapports des Nations Unies et de Human Right Watch que j'ai mentionnés pour prendre la mesure de l'ampleur de cette tragédie sans fin. Il est clair que les actions visant la mise hors d’état de nuire des FDLR doivent se poursuivre, mais pas à n'importe quel prix, pas sans d'abord mettre tout en place pour minimiser les risques que la pression militaire entraîne pour les civils innocents.

Cela requiert une meilleure planification, le recentrage des priorités et une capacité accrue de la MONUC d'assurer la protection des populations, sa première tâche selon son mandat.

Il faut aussi que les conditions dans lesquelles la MONUC peut opérer soient claires et sans ambiguïtés.

Il n'est pas question ici de demander un retrait ou un désengagement de la MONUC.  Un départ hâtif de la MONUC serait catastrophique car il rendrait le vide encore plus vide: les événements récents de l'Equateur, qui sont avant tout un symptôme supplémentaire du mal congolais, le démontrent.

Il est clair qu’il faut aussi mettre fin aux connivences politiques et économiques dont continuent à bénéficier les FDLR dans la région et ailleurs dans le monde, dans nos Etats membres entre autres. Le combat des FDLR n’est pas un combat politique, mais une action criminelle dont la population congolaise est la première victime et c’est ainsi qu’il doit être traité comme tous ceux qui s'y associent directement ou indirectement.  Pour cela il faut plus de fermeté face à toutes sortes de trafics.  En même temps, au delà du processus de démobilisation, désarmement et réinsertion /réintégration/rapatriement  (DDRRR), une plus grande clairvoyance des autorités rwandaises et congolaises vis-à-vis  de ceux qui ne sont pas nécessairement des criminels est  de mise.

Cela étant, une bonne partie du problème doit également trouver une solution en RDC. Je pense bien entendu aux racines locales du conflit.

A ce propos les accords du 23 mars doivent être intégralement appliqués sous peine de voir tôt ou tard les frustrations des populations locales prendre le dessus.  C’est une condition sine qua non  pour que les efforts de stabilisation et la volonté de relancer l’activité économique dans les Kivus puissent réussir. Le rôle de la communauté internationale pourra alors être vraiment utile (COM, vient d’octroyer 35 M € au plan Starec du gouvernement, outre une contribution annuelle au titre de l’aide humanitaire de l’ordre de 50 M €).

Cependant, au-delà des Kivus, je pense aussi à l’énorme gâchis qu’est devenue depuis une vingtaine d’années la RDC. Un pays où presque tout est à refaire, à commencer par la reconstruction de l’Etat dont l’absence est au cœur de tous les problèmes.  

Pour ce faire, quelques éléments sont cruciaux.

En premier lieu, la consolidation de la démocratie. Je pense bien entendu aux élections, locales, législatives et présidentielles qui s'annoncent pour 2011.

Les élections sont un élément de la démocratie mais il ne faut pas oublier la nécessité de continuer à soutenir les institutions et les forces politiques dans une dimension dialectique avec l’opposition, sans laquelle nous ne serions pas dans un véritable système politique ouvert.

 

Le deuxième élément c’est assurément la nécessité d’approfondir la bonne gouvernance. Or, s’il est vrai que, devant l’ampleur des problèmes, la RDC ne peut pas tout faire à la fois, il est clair qu’il faut une volonté politique sans faille pour avoir une chance de réussir.

Le Parlement a mentionné la question de l’impunité. C’est un bon exemple. Car il s'agit d'une question de volonté politique qui sous-tend par ailleurs toute la question de l’affirmation de l’Etat de droit.

Le problème est que les choses ne peuvent pas se faire isolément. L’Etat de droit requiert aussi une réforme du secteur de la sécurité et des progrès réels dans la gouvernance économique.

L’ampleur des défis implique des politiques  sur le long terme. Toutefois, cela ne doit pas constituer une excuse pour que des actions plus immédiates ne voient pas le jour. Je pense notamment à la question des violences sexuelles et des droits de l’homme que le Parlement a mis en exergue. La volonté politique peut y jouer un rôle déterminant et il faut saluer à ce titre l’engagement de tolérance zéro de la part du Président Kabila. Il faut maintenant l’appliquer.

La Commission, qui fait d’ailleurs déjà beaucoup dans ce domaine (appui à la justice, aide aux victimes) est prête à poursuivre son appui à la RDC. A ce titre j’ai également souhaité qu’une coopération plus étroite dans le domaine de la lutte contre les violences sexuelles se mette en place, sur le terrain, entre la CPI et la Commission.

Consolidation du système démocratique, bonne gouvernance, volonté politique: voici les éléments clés sur lesquels nous voudrions bâtir notre partenariat d'égal à égal avec la RDC.

 

Karel De Gucht,

Commissaire au Développement et à l'Aide Humanitaire,

Strassbourg, 16 décembre 2009

09 novembre 2009

Le Mlc a Mbandaka pour introniser son candidat

 

 

 

 

Véritable démonstration de force, le Mlc l’a prouvée le samedi 7 novembre à Mbandaka. Partie de Kinshasa au motif de présenter officiellement le candidat de ce parti au prochain scrutin devant élire le nouveau chef de l’exécutif provincial après la décision de la Cour suprême de justice de débouter José Makila, la délégation que conduisait François Muamba, secrétaire général du Mlc, a eu droit à un accueil délirant lui réservé par les populations de la capitale provinciale de l’Equateur. A à sa descente d’avion, elle a été accueillie par 70 députés provinciaux membres du Mlc, CRD et Udemo qui font front commun pour gagner cette élection. C’est une foule immense qui attendait au sortir de l’aéroport le secrétaire général et sa suite. Des danses et chants à la gloire du parti ont été entonnés. A la demande des militants, la délégation de Kinshasa a marché à pied de l’aéroport jusqu’au siège du parti en passant par le quartier Air Congo, Mbandaka III, Mbandaka II, Mbandaka I. Branches des rameaux en mains, tous scandaient « mayi ya sika » c’est-à-dire, un nouvel homme avec une nouvelle vision. Tout le long du parcours qu’a emprunté la délégation, l’on notait une marée humaine curieuse de voir l’homme sur qui le parti cher à JP Bemba avait jeté son dévolu pour succéder à José Makila. Par moment, le cortège est intercepté par des femmes, hommes, jeunes et vieux qui tous interpellent les députés provinciaux de ne faire que la volonté du peuple. C’est ainsi que l’on peut entendre dans la foule « prenez tous qu’on vous propose, mais faites la volonté du peuple, sinon, nous vous attendons en 2011 ». Après plus de trois heures de marche et un parcours de plus ou moins 15 km, le cortège à la tête duquel se trouvaient les tolékistes et autres motards arrivèrent au siège du parti sous une pluie battante.

S’adressant à la population, François Mamba a commencé à expliquer l’évolution du dossier JP Bemba à la CPI. Et de dire qu’il faut garder bon espoir que leur leader tant aimé recouvrira sa liberté et ce, à l’issue du procès fixé pour le 27 avril 2010. Toutefois, il n’a pas manqué de souligner que la Cour pourra se prononcer également sur sa liberté provisoire, car, a-t-il souligné, la charge des crimes contre l’humanité qui pesait sur Bemba a été balayée d’un revers de la main par les juges.

Puis vient le moment tant attendu. Le secrétaire général fait monter à la tribune Jean-Lucien Busa qu’il présente sous les applaudissements du public qui scande à nouveau « mayi ya sika ». Après avoir vanté les qualités intellectuelles du candidat du Mlc, François Muamba a profité de l’occasion pour fustiger le comportement de certains cadres du parti qui, malgré le choix démocratique opéré pour désigner le successeur de Makila, ont choisi de défier le Mlc en présentant leur candidature. C’est le cas de Gabriel Bolenge et Michel Bongongo Ikoli. Le secrétaire général a annoncé publiquement leur radiation du parti, Toutefois, a-t-il souligné, ’ils ont un mois pour s’amender et obtenir la grâce du parti.

C’est tard dans la soirée que la délégation est retournée à Kinshasa par le vol des LACS affrétés pour la circonstance.

Monulphe BOSSO/ Télé7

07 novembre 2009

La CPI sommée de démontrer le sérieux et l'impartialité de son travail

*Décidément, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, FIDH en sigle, sonne le tocsin. Dans un communiqué, cette Organisation Non Gouvernementale basée à Paris, en France, demande à Luis Moreno Ocampo, le Procureur de la Cour Pénale Internationale, de démontrer le sérieux et l’impartialité de son travail en République Centrafricaine, en délivrant une série d’autres mandats d’arrêts contre des présumés auteurs des crimes odieux, en 2002 et 2003. Selon la FIDH, nul grand criminel ne peut échapper à la justice internationale. Souhayr Belhassen, Président de la FIDH, affirme que Bemba ne doit pas être le seul suspect à répondre de ses actes, dans cette affaire. Il cite notamment, Ange-Félix Patassé, un ex-Président Centrafricain, Miskine, son ancien Chef de sécurité présidentielle. Il n’épargne pas, non plus, dans ce même communiqué, François Bozizé, l’actuel Président, en RCA. Doit-on considérer que les congolais œuvrant autrefois sous le drapeau du Mlc, sont aussi visés ? La FIDH n’en dit mot. Mais, toujours est-il que le procès Jean-Pierre Bemba Gombo, 47 ans, prévu au début de l’année 2010 fera certainement tache d’huile. C’est un brûlot, un vrai alors, qui risque d’entraîner plusieurs cadres de ce parti, dans un précipice. Sauve qui peut !



SOURCE International Federation of Human Rights (FIDH)

06 novembre 2009

Le procès de Jean-Pierre Bemba Gombo s’ouvrira le mardi 27 avril 2010

ICC-CPI-20091105-PR472

 

Situation : République centrafricaine
Affaire : Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo

Dans une décision rendue aujourd’hui, la Chambre de première instance III de la Cour pénale internationale (CPI) a fixé la date d’ouverture du procès dans l’affaire Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo au mardi 27 avril 2010.

Jean-Pierre Bemba Gombo serait pénalement responsable, pour avoir effectivement agi en qualité de chef militaire au sens de l’article 28-a du Statut de Rome, de deux crimes contre l’humanité (meurtre et viol) et de trois crimes de guerre (meurtre, viol et pillage), prétendument commis sur le territoire de la République centrafricaine au cours de la période comprise approximativement entre le 26 octobre 2002 et le 15 mars 2003.

Après son arrestation par les autorités belges, conformément à un mandat d’arrêt délivré par la Chambre préliminaire de la CPI, il a été transféré à la Cour le 3 juillet 2008. Il est actuellement détenu au quartier pénitentiaire de la CPI à Scheveningen, à La Haye.

24 septembre 2009

La Libre : Corruption : opération "Tolérance zéro" à Kinshasa

 

Le président Kabila a lancé une opération de nettoyage contre les corrompus. Mais seuls des "petits" paient, jusqu'ici, notent les Kinois.
 

Tolérance zéro", le slogan est dans la bouche de tous les officiels. Prononcé du ton offensif de celui qui est bien décidé à se mettre du côté des chasseurs de corrompus, l’ouverture de la saison ayant été annoncée du sommet de l’Etat, ou de l’air désabusé de celui qui n’en attend rien de plus que de la précédente opération, "La récréation est finie", retombée comme un soufflé après avoir soulevé les espoirs de nombreux Congolais.

Le président Joseph Kabila a annoncé lors de la fête nationale, le 30 juin, son intention de mettre de l’ordre dans le secteur de la Justice. Les premières têtes sont tombées en juillet : nonante mises à la retraite et révocations. Puis est venu le tour du ministère des Affaires foncières. "Quelque 80 % des procès au Congo sont des affaires foncières", explique un proche du chef de l’Etat, "nées des magouilles des fonctionnaires. Il y a parfois quatre certificats d’enregistrement originaux pour la même parcelle de terrain ! C’est le ministre qui choisit ceux qui doivent être révoqués. Par la date du certificat litigieux, on sait qui en est responsable."

Les Congolais sont partagés dans leur approbation ou leur rejet de l’opération de nettoyage des écuries d’Augias. Il s’agit surtout de présenter le verre comme à moitié plein ou à moitié vide, car tous, au fond, sont d’accord sur les avantages et les défauts de "Tolérance zéro".

"Quand Kengo était aux affaires (NdlR : au début des années 80), la situation était normale", commente cet ancien fonctionnaire du ministère de la Justice : "Il y avait un peu de corruption et beaucoup de magistrats intègres. Puis est arrivée la crise économique. Dans les années 90, la corruption des magistrats a augmenté. Aujourd’hui, quand un juge voit un avocat, il lui dit : "Maître ! J’ai ton dossier, hein !", une manière de lui dire que, s’il paie, son affaire est dans le sac. Et il gagne le procès. Si la partie adverse décide de faire appel, on va voir l’avocat de celle-ci en lui disant que s’il laisse dépasser le délai d’appel, il sera payé sous la table"


Feu Laurent Kabila avait cru régler le problème en plaçant d’office à la retraite 315 magistrats. "Du coup, il n’y a plus eu assez de juges expérimentés pour la Cour de cassation et la Cour constitutionnelle", poursuit notre ancien fonctionnaire. "Et beaucoup de bavures y ont été commises, y compris pour les élections. A cela s’ajoutent les effets de la crise économique sur l’enseignement, qui a beaucoup baissé en qualité. Au final, on trouve des juges qui ne savent pas rédiger un jugement. Certains font écrire leur sentence par un avocat et signent. Pas gratuitement, bien sûr. Car la première chose à laquelle pensent juges et avocats, c’est "la coop"(1). Dans les années 80, on voyait souvent des avocats dire à leur client : "Je vous conseille de plaider les circonstances atténuantes; si vous ne voulez pas, adressez-vous ailleurs parce que je ne crois pas que vous puissiez convaincre de votre innocence". Aujourd’hui, tous les avocats disent à leur client qu’il va gagner son procès, pour lui soutirer de l’argent. Mais comment s’en étonner, un jeune avocat est si mal payé qu’il ne peut même pas s’acheter du mobilier pour s’installer. Un de mes vieux amis, un avocat qui enseigne le droit, est si dégoûté de voir ses anciens élèves, aujourd’hui juges, tordre le cou au droit parce qu’ils ont été corrompus, qu’il ne se dérange même plus pour plaider Evidemment, cela a des conséquences : les investisseurs ne risquent plus leur argent dans un pays où les juges n’ont pas honte de ruiner une entreprise parce qu’ils ont été payés pour le faire."


Si les juges ne trouvent personne pour plaider qu’ils sont honnêtes, les avis sont plus partagés sur l’opération "Tolérance zéro". Non loin d’un calicot invitant à dénoncer la corruption, "acte héroïque et patriotique", ce cadre d’entreprise publique (non frappée par l’opération) soupire, goguenard. "Bien sûr, on espère que la peur de la sanction diminuera la corruption. Mais ce sera sans doute "chassez le naturel, il revient au galop". On y croira si cette opération n’est pas un feu de paille et si elle touche tout le monde. Mais jusqu’ici, ce ne sont que les faibles - ceux qui n’ont pas de relations qui sont punis. Il y a combien d’administrateurs d’entreprises publiques en prison ? Combien de ministres ? De députés ?"

Un prêtre renchérit : "Le Président a dit qu’il n’y avait pas, autour de lui, quinze personnes capables de gérer; mais aucun ministre n’a démissionné. Et quand le ministre des Finances, surnommé "Monsieur 40 %" , va faire une causerie morale au Bas-Congo, peut-on faire autre chose qu’en rire ?" Et de s’inquiéter de la fonction éducative de l’opération "Tolérance zéro". "On ne sait pas ce qui est reproché aux révoqués, qui n’ont pu présenter de défense. Dans ces conditions, quelle fonction formatrice peut avoir cette opération ? Ont-ils été éjectés parce qu’ils sont mauvais ou pour faire de la place à des amis ou des frères d’ethnie, se demande-t-on . "

Notre cadre offre une réponse : "La peur de la sanction ne sera éducative que si elle s’accompagne d’un effort pour éliminer les causes de la corruption, à savoir l’impossibilité de vivre avec son salaire et l’absence de contrôle. Pourquoi ne vérifie-t-on pas d’où vient l’argent de tous ceux qui construisent des villas ? Sinon, entre la peur d’être révoqué et la peur d’avoir faim, le fonctionnaire n’hésitera pas longtemps !"

(1) Argot kinois pour dire "la coopération", c’est-à-dire la corruption.
Marie-France Cros

22 septembre 2009

Radio Okapi - Déchéance de J. Makila : le MLC à la reconquête du gouvernorat,

 Mbandaka observe un calme relatifAu lendemain de l'arrêt de la Cour suprême de justice (CSJ) dans l'affaire José Makila, on enregistre des réactions. Son parti, le MLC dit respecter la décision de la haute cour et s’apprete à présent pour la reconquête du gouvernorat de l'Equateur. Un sénateur AMP estime que le dossier a été trop politisé. Pendant ce temps, un calme relatif règne à Mbandaka, capitale de la province de l’Equateur, rapporte radiookapi.net

Siège de la Cour suprême de justice à Kinshasa

Le Mouvement de Libération du Congo, MLC, parti auquel appartient l'ex gouverneur de l'Equateur, déclare que même s'il n'est pas satisfait par cette décision, il respecte la décision de la haute cour. Le Mlc attend maintenant s'engager dans la reconquête du gouvernorat de l'Equateur.
Et dans cette bataille démocratique, il espère que l'Alliance de la majorité présidentielle, AMP, ne va pas utiliser les deniers publics pour corrompre les députés, comme le soutient le secrétaire exécutif adjoint du MLC, Thomas Luhaka : «Même si la décision de la Cour suprême de justice ne nous enchante pas, nous ne discutons pas sa décision. Donc, nous prenons acte. La dernière des choses : nous espérons sincèrement qu’en ce qui concerne la province de l’Equateur, l’AMP va se soumettre à un combat politique loyal et ne va pas utiliser l’argent du trésor public ou des moyens sordides pour opérer un énième « old up » électoral en province
Du côté de l’AMP, le sénateur Henri Thomas Lokondo, s'incline également devant la décision de la cour. Mais, placé devant sa conscience, le parlementaire originaire de l'Equateur, pense que ce dossier a été trop politisé : «Je suis légaliste. Je respecte la sentence de la Cour suprême de justice. Mais je suis aussi juste vis-à-vis de ma conscience, pour dire que ce dossier a été trop politisé et quand un dossier judiciaire est trop politisé, dans la conscience des citoyens, il perd sa valeur populaire. C’est le cas de du dossier Makila »

Pour le sénateur Lokondo, ce dossier a été politisé. Car comment peut on expliquer qu’un petit dossier comme celui-là puisse prendre 9 mois au niveau de la justice ? S’interroge-t-il. Comme on ne cessait de le dire, dans d’autres provinces, il y a eu des cas similaires mais qui avaient pris deux ou trois semaines, poursuit-il, avant de constater la manière dont les choses se sont déroulées.

Mbandaka : calme relatif
Pas de controverse à Mbandaka sur un arrêt attendu par la population, pour mettre fin a la crise politique qui régne dans la province de l’Equateur depuis janvier dernier. Aussitôt après l’annonce de l’arrêt de la Cour suprême de justice, quelques motards membres de l’ADH, parti du vice-gouverneur de l’Equateur, sont descendus dans le centre-ville de Mbandaka. Ils klaxonnaient pour fêter la destitution de José Makila à la tête de l’Equateur. Mais la soirée a été plutôt calme sur l'ensemble de la province et à Mbandaka même, où aucun mouvement particulier n'a été signalé. Toutefois, à la permanence de la Fédération du Mouvement de Libération du Congo, parti de l’ex-gouverneur Makila, quelques militants se sont spontanément réunis, dans le calme.

Dans plusieurs villes et localités de l’arrière province, la population dit ne pas être au courant de cette information. Notamment à Gbadolite, Bumba, Gemena et Boende. Les nombreux militants du MLC sont dans la désolation et le mutisme. Car, José Makila était, selon eux, leur dernier rempart, après l’arrestation de leur leader charismatique Jean-Pierre Bemba à la CPI.
Les militants de la majorité présidentielle estiment pourtant que la déchéance de José Makila est l’application de la tolérance zéro prônée par le chef de l’Etat. Et pour la société civile, la force reste à la loi. Mustafa Bosenge, président de la société civile de Boende, appelle les députés provinciaux de l’Equateur à élire cette fois un gouverneur à même de faire sortir l’Equateur du gouffre.

Copyright Radio Okapi

20 septembre 2009

LOUIS MICHEL PRESIDENT DU « MONDE » POUR UN AN ?

(Cheik Fita)Louis Michel va-t-il présider l'assemblée générale de l'ONU pour un an, et parmi les dossiers, le dossier RD Congo, nous tous les congolais dedans?

 

Yves Leterme, ministre belge des affaires étrangères a proposé vendredi à ses pairs du gouvernement, le nom de Louis Michel pour la présidence belge de l’assemblée générale de l’ONU

Un consensus s’est dégagé dans les milieux politiques belges autour de cette désignation.

Pour les Congolais cela n’est pas du tout une bonne nouvelle. Bien au contraire.

De un, lors des élections de 2006, l’homme politique belge a joué un rôle de premier plan pour le processus électoral bien sûr, mais surtout pour des résultats prévus d’avance.

De deux, 2010 marque le cinquantenaire de l’indépendance de la RD Congo par rapport à la Belgique. En filigrane les images de la table ronde, de la sécession katangaise soutenue par la Belgique,  de l’assassinat de Lumumba commanditée de Bruxelles, des rebellions, bref, une décolonisation bâclée.

De trois, 2010 doit en principe marquer les élections locales, toujours pilotées à la Zorro par l’abbé Malu Malu , à la tête d’une CEI anticonstitutionnelle.

De quatre, 2010 sera le début de la campagne pour les élections générales de 2011. Au vu des contreperformances du régime issu des urnes en 2006, un grand désir de changement et d’alternance souffle sur le Congo.

Quel pourrait être la position de monsieur Louis Michel dans le dossier « RD Congo » ?

L’homme politique belge avait été en procès contre le représentant de l’UDPS en Belgique, il est actuellement en procès contre deux Congolais pour le dossier Congo.

Peu de Congolais sont enclin à assister un remake de 2006.

Si l’ONU est pour tout le monde,

Si l’administration Obama veut se démarquer de la politique africaine de Bush,

Si la Belgique ne veut pas radicaliser la position des Congolais contre elle, il est préférable qu’une autre personnalité politique soit désignée à la place de Louis Michel. Yves Leterme, actuel ministre belge des affaires étrangères a encore entre ses mains toutes les cartes.

Il n’y a pas de honte à faire machine arrière quand on s’est trompé.

14 septembre 2009

Jeune Afrique: De Gucht, l'autre Belge

«

 Nous sommes des gens qui ont l’habitude d’appeler un chat un chat, et une carpe une carpe. Et de ne pas prendre une carpe pour un lapin. » C’est sous la forme de ce portrait chinois que, le 1er septembre, Louis Michel a vanté les qualités de son compatriote et successeur, Karel De Gucht, 55 ans. Ce jour-là, le nouveau commissaire au Développement et à l’Aide humanitaire passait son audition devant le Parlement européen.

Un exercice dont le libéral flamand, réputé pour son franc-parler, s’est globalement bien tiré, malgré les pièges que les eurodéputés n’ont pas manqué de lui tendre. La socialiste belge Véronique De Keyser lui a ainsi demandé s’il se laisserait à nouveau aller à des « dérapages diplomatiques incontrôlés », allusion à ses propos de 2004 fustigeant le manque de crédibilité des hommes politiques congolais. « Je peux essayer. Quand on dit la vérité, il y a des gens qui réagissent », a-t-il rétorqué. Et de préciser qu’avant de dire publiquement ce qu’il pensait de la classe politique de ce pays, il en avait fait part, en tête à tête, au président Joseph Kabila.

De Gucht a par ailleurs affirmé son intention d’agir au Congo pour lutter contre les violences sexuelles faites aux femmes et contre le commerce minier illicite, qui nourrit les réseaux criminels. Il s’est également engagé en faveur du maintien de l’aide au développement en cette période de crise.

En libéral convaincu, il s’est fait l’avocat des accords de partenariat prônant le libre-échange avec les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique). Et a lancé un avertissement à Pékin : « La Chine peut apporter son concours en Afrique, mais il faut qu’elle respecte le cadre international. » Même fermeté affichée sur la question des droits de l’homme. De Gucht a rappelé que les Occidentaux avaient réduit leur aide financière au Rwanda avant que Kigali ne lâche la rébellion de Laurent Nkunda, dans l’est du Congo.

Président du Parti libéral flamand de 1999 à 2004, De Gucht passe pour un homme fidèle à ses convictions et peu enclin à composer. Impression confirmée lors de l’audition du 1er septembre. Ancien ministre des Affaires étrangères, il connaît ses dossiers internationaux sur le bout des doigts et s’est acquis une réputation de travailleur acharné.

19 août 2009

AMNESTY INTERNATIONAL DEMANDE AU GOUVERNEMENT NÉERLANDAIS D’ACCUEILLIR JEAN-PIERRE BEMBA COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International a demandé le vendredi 14 août aux Pays-Bas et à d’autres pays d’accepter de toute urgence d’accueillir Jean-Pierre Bemba, après la décision de la Cour pénale internationale (CPI), qui siège à La Haye, de remettre cet homme en liberté provisoire dans l’attente de son procès.



Selon la décision de la Chambre préliminaire de la CPI, l’Afrique du Sud, l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal, pays où Jean-Pierre Bemba a souhaité être libéré, ont tous exprimé des réserves ou des objections à l’idée de l’accueillir.
« Si aucun État n’accepte de le recevoir, Jean-Pierre Bemba pourrait rester détenu par la CPI pendant une durée indéfinie, a déclaré Christopher Keith Hall, juriste à Amnesty International.
« Jean-Pierre Bemba a le droit d’être présumé innocent jusqu’à ce que la CPI ait statué dans son affaire. À l’issue d’un examen approfondi, la CPI a estimé qu’il devait être remis en liberté provisoire et sous certaines conditions. Après cette décision, son maintien en détention pour une durée indéterminée constituerait une violation de son droit de bénéficier d’un procès équitable.
« La CPI va tout simplement se trouver dans l’incapacité de fonctionner si les États ne coopèrent pas, a poursuivi Christopher Keith Hall. Les Pays-Bas, où siège la CPI, ont à cet égard une responsabilité particulière. »
Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, le droit international relatif aux droits humains et le droit interne de la plupart des pays reconnaissent qu’une personne peut, si certains critères sont remplis, bénéficier d’une libération provisoire plutôt que demeurer en détention durant une période parfois longue, avant et pendant le procès.
La Chambre préliminaire a invité les États pressentis pour accueillir Jean-Pierre Bemba à présenter leurs observations à la CPI avant la tenue des prochaines audiences dans cette affaire, prévues entre le 7 et le 14 septembre.
Lorsque la Chambre préliminaire aura établi quel est le pays devant de préférence accueillirJean-Pierre Bemba pour sa période de liberté provisoire, cet État aura, aux termes de l’article 86 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, l’obligation inconditionnelle de donner suite à la demande d’accueil de la CPI.
Amnesty International a engagé les États pressentis à revoir leur position sans attendre et à se conformer à l’obligation que leur impose le Statut de Rome de coopérer pleinement avec la CPI, en acceptant d’accueillir Jean-Pierre Bemba et en apportant assistance à la CPI pour la mise en œuvre de la mesure de libération provisoire.

Complément d’information
Le procureur de la CPI a fait appel de la décision de la Chambre préliminaire de remettre en liberté Jean-Pierre Bemba. Celui-ci restera détenu jusqu’à ce qu’il ait été statué sur l’appel, dont l’examen est prévu le 24 août 2009.
Dans de nombreux cas, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a, après examen des implications en matière de sécurité, remis en liberté provisoire dans l’attente de la fin de leur procès des personnes accusées de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre. Trois accusés sont ainsi actuellement en liberté provisoire.
Aux termes de l’article 9-3 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui établit des principes généraux du droit :
« Tout individu arrêté ou détenu du chef d’une infraction pénale sera traduit dans le plus court délai devant un juge ou une autre autorité habilitée par la loi à exercer des fonctions judiciaires, et devra être jugé dans un délai raisonnable, ou libéré. La détention de personnes qui attendent de passer en jugement ne doit pas être de règle, mais la mise en liberté peut être subordonnée à des garanties assurant la comparution de l’intéressé à l’audience, à tous les autres actes de la procédure et, le cas échéant, pour l’exécution du jugement. »
L’article 86 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale prévoit expressément que :
« Conformément aux dispositions du présent Statut, les États Parties coopèrent pleinement avec la Cour dans les enquêtes et poursuites qu’elle mène pour les crimes relevant de sa compétence. »

14 août 2009

La Chambre préliminaire II rend une décision relative à la mise en liberté sous condition de Jean-Pierre Bemba Gombo

ICC-CPI-20090814-PR443

Situation : République centrafricaine
Affaire : Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo


Aujourd’hui 14 août 2009, la Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale a décidé de faire droit, sous condition, à la demande de mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba Gombo.

L’exécution de cette décision est reportée dans l’attente de la détermination de l’Etat sur le territoire duquel Jean-Pierre Bemba Gombo sera libéré et de la détermination des conditions qui lui seront imposées.

Conformément à l’article 60 (3) du Statut de Rome et à la règle 118 (3) du Règlement de procédure et de preuve, la Chambre préliminaire II a réexaminé sa décision précédente relative au maintien en détention de Jean-Pierre Bemba Gombo du 14 avril 2009. Préalablement à la décision de ce jour, la Chambre préliminaire II avait tenu une audience le 29 juin 2009 sur toutes les questions relatives au maintien en détention de Jean-Pierre Bemba Gombo avant son procès.

La Chambre préliminaire II a conclu que l’évolution des circonstances depuis le 14 avril 2009 justifiait la modification de sa décision précédente sur la détention, dans la mesure où les conditions pour un maintien en détention telles que prévues par l’article 58 (1) (a) et (b) du Statut de Rome n’étaient plus réunies. En effet, après avoir évalué tous les éléments pertinents de l’affaire dans leur globalité et après les avoir mis en perspective, la Chambre préliminaire II a conclu que le maintien en détention de Jean-Pierre Bemba Gombo ne paraissait plus nécessaire pour garantir (i) la comparution de ce dernier, (ii) qu’il ne fera pas obstacle à l’enquête ou à la procédure devant la Cour, ni n’en compromettra le déroulement et (iii) qu’il ne poursuivra pas l’exécution du même crime ou d’un crime connexe relevant de la compétence de la Cour et se produisant dans les mêmes circonstances que dans la présente affaire.

La Chambre préliminaire II a invité tous les Etats sur le territoire desquels Jean-Pierre Bemba Gombo a souhaité être libéré, à présenter leurs observations détaillées sur les questions relatives à sa mise en liberté provisoire ainsi que sur les conditions restrictives de liberté qui pourraient être imposées.

Les audiences devraient avoir lieu entre le 7 et le 14 septembre 2009.

LA CPI ORDONNE LA"MISE EN LIBERTE PROVISOIRE"DU SENATEUR JEAN-PIERRE BEMBA

La Cour pénale internationale (CPI) a ordonné vendredi la "mise en liberté provisoire" de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), mais doit encore décider quel Etat pourra l'accueillir dans l'attente de son procès.

"Aujourd?hui 14 août 2009, la Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale a décidé de faire droit, sous condition, à la demande de mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba Gombo", a indiqué la CPI dans un communiqué.

"L?exécution de cette décision est reportée dans l?attente de la détermination de l?Etat sur le territoire duquel Jean-Pierre Bemba Gombo sera libéré et de la détermination des conditions qui lui seront imposées", précise la Cour.

La CPI va tenir entre le 7 et le 14 septembre des audiences pour entendre les observations des Etats susceptibles d'accueillir l'accusé, à savoir la Belgique, la France, le Portugal, l'Afrique du sud, l'Italie et l'Allemagne, selon cette source.

Son avocat Me Aimé Kilolo avait réclamé la remise en liberté de M. Bemba lors d'une audience devant la CPI le 29 juin. L'accusé possède notamment des propriétés et des comptes bancaires en Belgique où ses enfants sont scolarisés et a des "liens sociaux importants" en France, avait expliqué Me Kilolo.

M. Bemba est accusé de meurtre, viol et pillage notamment, des crimes de guerre et crimes contre l'humanité, selon le procureur de la Cour pénale internationale. La date de son procès n'a pas encore été fixée.

Jean-Pierre Bemba, 46 ans, avait comparu devant la CPI du 12 au 15 janvier lors d'audiences de confirmations de charges concernant des exactions commises par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.

Après avoir estimé que les allégations comportaient "suffisamment d'éléments de preuves" pour justifier la tenue d'un procès, la CPI avait ordonné le 15 juin de renvoyer M. Bemba en jugement en sa qualité de "chef militaire" du MLC.

La CPI estime qu'il n'y a pas de risque que M. Bemba fasse obstacle à l'enquête ou commette à nouveau les mêmes crimes s'il attend le début de son procès en liberté, selon le communiqué.

Jean-Pierre Bemba, qui avait quitté la RDC en avril 2007 après avoir perdu les élections présidentielles de 2006 face à Joseph Kabila, avait été arrêté en mai 2008 à Bruxelles. Il avait été transféré puis placé en détention à La Haye, où siège la CPI, début juillet 2008.

12 août 2009

HILLARY CLINTON AU CONGO,PAROLE,PAROLE,PAROLE

LA UNE: Pillage des richesses minières. H. Clinton dénonce « un très petit groupe » de profiteurs

Le message des Congolais a été entendu. Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, bien que diplomate, a prononcé le discours attendu par le peuple congolais. Elle a solennellement déclaré que les « Etats-Unis sont désormais un partenaire d’espoir pour aider la RDC à écrire une nouvelle page de l’histoire du peuple congolais ». Elle a eu également un courage exceptionnel en dénonçant le mal, au plan interne en mettant le doigt dans la plaie: « Que les richesses minières et autres de ce pays devraient être utilisées au profit du peuple congolais, pas pour un très petit groupe qui en a traditionnellement bénéficié ». De condamner ensuite « les entreprises ou les pays étrangers qui extraient les richesses pour les emporter sans un rien en retour ». Message clair contre l’enrichissement illicite et le pillage des richesses congolaises, causes des guerres en RDC.

Fin de la visite de 48 heures de Mme Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine en République démocratique du Congo. La ville de Goma a été la porte de sortie où elle s’est entretenue avec le président de la République, Joseph Kabila Kabange.

Mais que faut-il retenir de cette visite ? A-t-elle répondu aux attentes du peuple congolais ? S’il est encore prématuré de répondre à ces interrogations, tant il est vrai que c’est la suite de cette visite qui demeure jusqu’à preuve de contraire intéressante, il y a lieu d’admettre que les déclarations de Hillary Clinton ont été encourageantes.

Certes, le côté classique et diplomatique a été respecté. C’est ainsi qu’elle est revenue sur le discours de tous les temps, c’est-à-dire, du déjà entendu : lutte contre la corruption, respect des droits de l’homme et bonne gouvernance. Mais l’autre discours attendu par les Congolais devrait tourner autour de la nouvelle vision de la politique africaine des Etats-Unis. Elle ne pouvait se dérober et ne pas faire faire allusion aux causes principales de ces guerres qui ont endeuillé la République démocratique du Congo, déstabiliser la région de l’Afrique des Grands Lacs.

COURAGE POLITIQUE

Il faut reconnaître que la secrétaire d’Etat américaine a fait preuve d’un courage politique que réjouit plusieurs observateurs congolais. Quittant le sentier « poli et de réserve » de la diplomatie ainsi que des discours classiques, elle a précisé clairement les intentions des Etats-Unis, dénoncé sans atermoiements le mal qui ronge la société congolaise, allant jusqu’à mettre le doigt dans la plaie. D’entrée de jeu, elle a invité les Congolais à tourner la page de l’histoire en regardant vers l’avenir. Elle a exprimé sans équivoque « l’engagement fort des Etats-Unis à réchauffer les relations avec la République démocratique du Congo ». Aussi, estime-t-elle qu’il s’agit d’un moment « décisif pour la RDC qui doit consister également à faire un bon choix de ses partenaires ». Et d’ajouter que les « Etats-Unis sont un partenaire de l’espoir pour permettre à la RDC d’écrire une nouvelle page de l’histoire du peuple congolais ».

Mieux, elle a réaffirmé que sa visite en RDC vise « à explorer les voies par lesquelles la RDC et les Etats-Unis pourront travailler ensemble. Mais je crois fermement qu’il doit y avoir une fin à l’impunité, une fin à la corruption, et davantage de transparence et d’obligation de rendre des comptes, et que les richesses minières et autres de ce pays devraient être utilisées au profit du peuple congolais, pas pour un très petit groupe qui en a traditionnellement bénéficié ».

Allusion faite à cette « bourgeoisie compradore » qui a pris en otage le peuple congolais. Elle a également dénoncé cet amateurisme politique qui sous-tend la mauvaise gouvernance et l’impunité.

Mais Hillary Clinton est allée plus loin, en touchant à l’une des causes principales qui favorisent les guerres ou conflits armés en RDC, entretenant ainsi les violences sexuelles. Il s’agit justement du pillage des richesses congolaises par « des groupes d’intérêts financiers » et qui se recrutent tant en Occident qu’en Asie. Non pas seulement ce « très petit groupe » congolais qui a institué un système (traditionnellement) de prédation économique pour s’enrichir illicitement en prenant goût à signer des contrats léonins avec «des entreprises ou les pays étrangers qui extraient les richesses pour les emporter sans en retour effectuer dans le pays un investissement proportionnel ». Voilà qui est bien dit. Hillary Clinton renforce ainsi le discours déjà prononcé par le président Barack Obama, alors sénateur de l’Illinois. Il rendait « responsables les pays étrangers qui déstabilisent la RDC en pillant des richesses congolaises ». En ces temps, il avait élaboré un « rapport intéressant » sur les causes des guerres en RDC. Que la secrétaire d’Etat américaine remue le couteau dans la plaie, c’est que les Etats-Unis ont effectivement décidé, eux aussi, « de tourner la page ». Voilà qui augure de perspectives encourageantes entre la République démocratique du Congo et les Etats-Unis. Cette visite de Hillary Clinton se termine donc sur une note d’espoir.

11 août 2009

Arrivée à Kinshasa ce lundi: Hillary Clinton ou le signal fort d’Obama


La République démocratique du Congo et les Etats-Unis s’apprêtent à s’engager dans un tournant déterminant dans le cadre de leur coopération bilatérale. La visite de Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, devrait servir de déclic. Il s’agit des moments difficiles, car d’un côté les Etats-Unis doivent donner un signal fort après douze ans de coopération timide et de guerres de déstabilisation contre la République démocratique du Congo. Et de l’autre, la RDC de réaffirmer sa détermination à prendre en mains sa propre destinée. Washington a-t-il décidé de revenir à de bons sentiments vis-à-vis de la RDC ?

En d’autres circonstances, l’on se serait permis de dire que « l’assassin revient toujours sur les lieux du crime » quand on sait que ce sont des « groupes d’intérêts financiers occidentaux qui ont allumé le feu en RDC ». Avec toutes ces guerres « commanditées » qui ont endeuillé la RDC, détruit ses infrastructures socio-économiques et exécutées par nations interposées.

Mais au regard de la détermination des Etats-Unis d’Obama de faire de l’Afrique une priorité pour qu’elle ne se considère plus comme exclue du monde, l’arrivée à Kinshasa de Mme Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, devrait marquer une nette rupture avec les « faiseurs de guerre ». Elle intervient douze ans après celle de Madeleine Albright, alors également secrétaire d’Etat américaine.

Les Congolais rejettent déjà tout discours académique ou classique, de bonnes intentions. Ils attendent un discours de clarification, de précision pour inaugurer une nouvelle ère de partenariat positif entre la RDC et les Etats-Unis.

Ainsi, après le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Angola, Mme Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine est attendue ce lundi 10 août à Kinshasa. Une visite qui soulève déjà plusieurs interrogations compte tenu des rapports timides, depuis quelques années, entre la République démocratique du Congo et les Etats-Unis d’Amérique. Que faut-il attendre de cette visite ? Question pertinente du fait du changement intervenu à Washington, avec l’élection de Barack Obama à la présidence des Etat-Unis. Mais aussi aux lendemains de graves événements qui se sont précipités en RDC. Or, certaines analyses ont présenté jusque-là, les Etats-Unis comme des « suppôts de ces guerres de 1996 – 1998 » qui devraient conduire à la balkanisation de la République démocratique du Congo grâce au soutien financier consenti par des «groupes d’intérêts financiers occidentaux », politique et militaire fournis aux pays agresseurs.

Aussi, les Congolais refusent ou rejettent tout discours académique ou classique qui se limiterait seulement à de simples bonnes intentions. Ils attendent un discours de clarification et de précision. Mieux, un discours de changement qui doit souligner la nouvelle vision de la politique africaine des Etats-Unis de manière à bien apprécier le rôle que le gouvernement américain entend jouer sur le continent.

LE LIEU DU CRIME

Il est un fait que depuis la fin de la guerre froide, Washington qui passe pour être la première grande puissance dans le monde, a pris ses distances vis-à-vis de Kinshasa pour se rapprocher plus d’autres capitales de la région des Grands Lacs. Cette attitude a renforcé le comportement « arrogant » de ces pays voisins, allant jusqu’ à provoquer deux guerres d’agression contre la RDC, en plus du pillage systématique des richesses congolaises.

Aujourdhui, la RDC compte plus de 5 millions de morts - qu’on n’aborde même pas sur le plan international - et autant de femmes et filles violées. D’ailleurs, Madame Hillary Clinton se rend demain à Goma, au Kivu, là où « ces crimes contre l’humanité » ont été commis pour balkaniser la RDC. En se rendant sur le « lieu du crime », Hillary Clinton constatera sûrement l’étendue des dégâts et se fera une idée plus ou moins exacte des atrocités que les populations congolaises ont endurées. Leur malheur, c’est de disposer d’un vaste territoire que certains milieux occidentaux s’acharnent à faire couper. Leur péché, c’est d’habiter dans un territoire aux immenses ressources, suscitant la convoitise de groupes d’intérêts financiers régionaux et internationaux.

LES ENJEUX DE CETTE VISITE

Comment les Etats-Unis entendent-ils remédier à cette situation et permettent à ce que les richesses congolaises profitent avant tout au peuple congolais ?

Cette interrogation soulève les enjeux de cette visite. Les Etats-Unis ont promis de travailler avec l’Afrique, d’améliorer la coopération économique avec les Etats africains. Très intéressés par le pétrole, des opportunités sont réelles pour permettre à la République démocratique du Congo et aux Etats-Unis d’envisager des accords commerciaux réciproquement bénéfiques dans ce domaine. Mais également dans d’autres secteurs producteurs. Notamment dans les minerais comme l’or, cuivre, étain, colombo tantalite (coltan), bauxite, fer, manganèse, cobalt, charbon et gaz méthane congolais.

Les Etats-Unis peuvent également aider la RDC à améliorer l’agriculture, à rentabiliser ses ressources énergétiques. Il revient aux dirigeants congolais de saisir cette opportunité pour présenter des projets rentables dans le but d’attirer les investisseurs américains.

Il est bien entendu qu’un accent particulier sera mis sur l’environnement politique et celui des affaires. D’une part, sécuriser les institutions nationales en faisant de l’Armée et de la Police de véritables socles des institutions républicaines. De l’autre, assainir les milieux des affaires grâce à des réformes au niveau de l’Administration publique.

Partout où elle est passée, Hillary Clinton a insisté sur la bonne gouvernance et le respect de la démocratie. Elle relaie le discours de Barack Obama qui avait tenu à dire à Accra que les Etats-Unis travailleront avec les pays africains qui feront preuve de bonne gouvernance et de démocratie. Cette question ne manquera pas de faire le tour de la table

01 août 2009

Golden Misabiko-Joseph Kabila : Chronique d’un duel

Officiellement arrêté le 24 juillet dernier pour avoir écrit que la RD Congo aurait vendu du minerai d’uranium aux régimes iranien et nord-coréen, Golden Misabiko a, en réalité, quelques vieux comptes à régler avec le «raïs» Joseph Kabila. Les deux hommes se détestent «chaleureusement». Congoindependant a fouillé des documents d’archives pour comprendre la problématique.

«Exigeons de la Justice congolaise, la libération de Monsieur Golden Misabiko, car les faits mis à sa charge (atteinte à la sûreté de l’état et diffamation) sont imprécis et obscurs». C’est un passage tiré de la Déclaration publiée jeudi 30 juillet par des organisations de la société civile de la province du Katanga suite à «l’arrestation arbitraire et la détention» du président de la section «katangaise» de l’Asadho. Ces organisations appuient sans réserve «les conclusions du rapport publié par Asadho/ Katanga» sur la mine d’uranium de Shinkolobwe et assurent que les pouvoirs publics sont en possession «de toutes les informations relatives à la continuité de l’exploitation clandestine de cette mine uranifère». Au-delà de la question relative à l’exploitation de l’uranium, il existe un «vieux contentieux» entre «Golden» et «Joseph». A Kinshasa, le ministre de la Communication et des médias a déjà qualifié les faits en parlant de «haute trahison». Question : Va-t-on assister à une «lutte finale» sous la forme d’une parodie de procès ?

L’exécution du commandant Masasu

Qui est Golden Misabiko Muchega ? Originaire de la province du Sud Kivu, «Golden» est ce qu’on pourrait appeler un «combattant» des droits et libertés. C’est aussi un combattant de la vérité. La vérité vraie. L’homme a acquis une notoriété planétaire pour avoir été le premier à annoncer, l’exécution du commandant Anselme Masasu Nindaga, un des quatre têtes d’affiche de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre) et ancien conseiller spécial du président Laurent-Désiré Kabila. Interrogé par «La Voix de l’Amérique», en décembre 2000, Misabiko révélait que la mise à mort a eu lieu le 25 novembre 2000 à Pweto, dans la province du Katanga. En bon défenseur des droits humains, il a dénoncé au passage que cette exécution ait eu lieu en application d’un procès expéditif mené par la Cour d’ordre militaire laquelle ne laissait aucune place au droit de la défense. Embarrassé par ce «scoop», She Léonard Okitundu, alors chef de la diplomatie congolaise, finit par confirmer l’information. Reste que Misabiko est arrêté par des agents de l’ANR (Agence nationale de renseignements). Il est relâché quelques jours après.

Kabila est mort, vive Kabila !

Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila meurt dans des conditions mystérieuses non élucidées à ce jour. Dix jours après soit le 26 janvier, le général-major Joseph Kabila est investi en qualité de président de la République dans des circonstances toutes aussi énigmatiques. Pendant que les Congolais s’époumonaient sur le «caractère dynastique» de cette succession, le nouveau président américain Georges W. Bush, interrompt le débat en adressant ses «félicitations» à son homologue de la RD Congo. Son message commence par deux mots magiques: «Mister Président, …». Pour la «communauté internationale», la cause est entendue. Adoubé par la puissante Amérique, «Joseph» a les coudées franches pour «travailler». Et dire que le monde occidental – Washington, en tête - a œuvré à l’éviction de Mobutu Sese Seko au motif que celui-ci constituait un «obstacle» à la démocratisation dans l’ex-Zaïre.

GLM

Le 5 février 2001, Misabiko est à nouveau interpellé à Lubumbashi par des agents de l’ANR. Vingt-quatre heures après, il est transféré à Kinshasa. Ses déclarations sur l’exécution du commandant Masasu continuent à le poursuivre. Destination : l’immeuble GLM (Groupe Litho Moboti). Les «libérateurs» du 17 mai 1997 ont transformé ce paisible endroit situé dans la très huppée commune de la Gombe en un lieu de détention et de tortures où officient des agents de la sécurité présidentielle (GSSP). A quelque chose malheur est bon, Golden partage sa cellule avec plusieurs «Kadogo», les fameux enfants soldats partis d’Uvira jusqu’à Kinshasa en compagnie d’un certain «commandant Hyppo», mieux connu désormais sous le patronyme de Kabila. Prénom : Joseph.

Exil en Suède

Après plusieurs semaines passées au «GLM», Golden est transféré à la prison centrale de Makala. Il est relaxé le 13 septembre 2001. Son retour à Lubumbashi ne se passe pas sans heurts. Il fait l’objet d’une filature permanente de la part des «James Bond» de l’ANR locale. C’est ainsi qu’il décide de partir en exil. Destination : la Suède. Une sorte de repli stratégique. L’homme regagne le pays en juin 2004. Il reprend aussitôt ses activités. Fils du leader de la sécession katangaise Moïse Tshombe, «André» est arrêté mi-mai pour complicité dans «une tentative de sécession ». Le 2 juin 2005, Misabiko qui enquêtait sur cette affaire est «enlevé» par des éléments de l’Agence. L’acte est dénoncé dans un communiqué de l’Asadho : «L’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme, représentation du Katanga, Asadho/Katanga en sigle, dénonce l’enlèvement de l’un de ses membres en la personne de Monsieur Golden Misabiko ce jeudi 02 juin 2005 par trois agents armés de l’Agence nationale de renseignements, ANR/Katanga, en sigle sur ordre de Messieurs Jules Katumbwe et Théo Kiakwima respectivement directeur provincial et directeur adjoint chargé des opérations de ses services.»

Que reproche-t-on à Misabiko ? «Il lui est reproché d’avoir enquêté et fait des déclarations déniant tout fondement aux poursuites menées contre Monsieur André Tshombe et consorts dans le dossier de «la sécession au Katanga», note le communiqué. L’association de relever que depuis que Misabiko est rentré de son exil en Suède, «il fait toujours l’objet de harcèlement et de filature de la part des agents de l’ANR/Katanga.»

Lettre ouverte à Joseph Kabila

Le 20 octobre 2006, Golden prend son courage à deux mains. Il adresse au «raïs» Joseph Kabila une «lettre ouverte» digne d’un réquisitoire. Le courage cohabite allègrement avec la témérité. L’homme reste courtois mais d’une fermeté impitoyable : «A Monsieur Joseph Kabila, président de la République. Je vous écris cette lettre que j’estime très grave pour exprimer l’indignation et la honte que votre personne cause à toute l’humanité en général et au peuple congolais, votre victime en particulier», écrit-il en liminaire. Et d’ajouter : «J’espère que cette lettre grave vous parviendra en main propre pour que vous puissiez vous rendre compte que les Congolais ne sont pas des imbéciles. Cette lettre est l’expression des frustrations des millions de mes compatriotes que vous tuez quand vous voulez ou dont vous crachez dans les bouches quand il vous plaît. Je suis de ceux courageux, qui malgré vos armes, vos poisons et vos intimidations vous adressent cette lettre grave qui vous rappelle ce que vous êtes. Monsieur, vous devez cesser d’être le Président de ce pays et d’en avoir l’ambition de devenir un jour. Je vous le rappelle c’est une honte pour le peuple.»

Golden change le fusil d’épaule. Il élude le mot «président» et déverse aussitôt un tapis de bombes. Il évoque quatre sujets majeurs : l’identité de «Joseph», le massacre des Hutus lors de la guerre dite des «Banyamulenge», l’exécution du commandant Masasu et la disparition de LD Kabila. Les accusations sont graves. «Monsieur Joseph Kabila,, assène-t-il, voici quelques graves vérités sur vous : votre identité est fausse. Vous le savez, et je le sais aussi que les noms que vous portez sont faux. Quelle légèreté et bassesse pour le pays !» «Vous avez participé personnellement dans les crimes contre l’humanité et le génocide du Rwanda, vos mains ont versé le sang et ont été dénaturées vous le savez pertinemment bien. Votre commando redouté a massacré hommes, femmes et enfants dans les camps des réfugiés de Sake, Mugunga, Rutshuru ; vous avez ordonné de creuser des fosses communes et vos victimes y furent jetées.» «A Tingi-Tingi, en présence des organisations humanitaires, vous avez impitoyablement et sans cœur, massacré une population fuyant la guerre, estimée à plus de douze mille âmes qui était entrain d’être soulagée par ces Ong de charité dans des gares de la voie ferroviaire entre Kindu et Kisangani. A Kisangani, vous, en tant que commandant de l’axe, avez massacré plus de 350.000,( trois cent cinquante mille) êtres humains ( ceci est documenté dans les rapports des Nations unies, voir Garreton Roberto). Dans la province de l’Equateur, sous votre commandement, vous avez beaucoup tué. Les corps de vos victimes étaient jetés dans le fleuve ou enterrés dans les fosses communes.»

S’agissant de la mort de Kabila père, Golden accuse l’ancien chef d’état-major des forces terrestres d’en être l’auteur : «C’est vous qui avez tué Laurent Désiré Kabila. Ne croyez pas que les Congolais sont si idiots pour ne pas connaître vos crimes. Vous avez, dans ce processus d’assassinat de LD Kabila, tué le commandant Masasu Nindaga Anselme à Pweto. Vous avez, vous-même, accompagné l’expédition de la mort et vous avez assisté à son exécution et ainsi que celle d’autres infortunés. Cela fut la première étape d’une action qui vous amenait à abattre LD Kabila.» «De retour à Kinshasa, vous avez massacré, des jeunes gens civils ou militaires originaires des Kivu ( Bashi, Bavira, Nande, Rega, Bembe, …)».

Parlant de l’immeuble «GLM», son ancien lieu d’incarcération, Misabiko écrit : «A cet endroit, vous avez gardé, torturé et tué plus de 475 jeunes gens que vous preniez par groupes de 25 pour aller les exécuter à Kibomango ou les jeter dans le fleuve Congo. J’ai subi, j’ai vu et j’ai survécu.»

En guise de conclusion, Golden parle de l’uranium : «Vous vendez de l’uranium en provenance de Shinkolobwe, à l’Iran et à la Corée du Nord. Ce minerai dangereux que vous faites exploiter sans normes expose le monde entier, en général et le Congo en particulier.» Il poursuit : «Les faits criminels ci haut cités sont aggravés par le fait que vous vous droguez chaque jour. En effet, vous prenez la cocaïne par la voie intraveineuse chaque jour, une fois le matin et une fois le soir. Cette pratique non seulement qu’elle rend le Congolais ridicule, pour ceux qui vous connaissent, mais elle met toute la nation en danger de mort. Nous courrons le risque de vous voir un jour, sous l’effet de la cocaïne, tuer les gens à volonté. Il sera trop tard.»

Golden persiste et signe

Dans un entretien avec Congoindependant en date du 21 octobre 2006, Misabiko persiste et signe. Questions : Dans votre lettre ouverte à Joseph Kabila, vous écrivez ce qui suit : «Votre identité est fausse. Vous le savez et le je le sais que les noms que vous portez sont faux ». Quels sont les éléments en votre possession ? «Je persiste et signe : l’homme qui est à la tête de la République démocratique du Congo ne s’appelle pas Joseph Kabila. Son identité est fausse.» Quelle est, selon vous, son identité réelle ? «Son identité réelle est Hyppolite Christopher Kanambe». Certains pourraient objecter que c’est «du déjà entendu» ! Que répondez-vous ? «C’est vrai que tout le monde le dit. Il reste que c’est la vérité. Pour le moment, je n’entre pas dans les détails. Je tiens à ajouter qu’il n’est pas le fils de Laurent-Désiré Kabila.»

Pourquoi, selon vous, la famille biologique de feu Kabila ne dit pas sa part de vérité pour mettre fin à cette controverse ? «Cette famille ne pourra pas clarifier cette situation. Le «Monsieur» qui a usurpé le nom de Kabila est entrain d’utiliser ce patronyme pour garder le pouvoir. La famille biologique de Laurent-Désiré Kabila est entrain de se faire corrompre politiquement du fait que le nom de «Laurent» est faussement pérennisé par «Joseph». Sur le plan économique, cette famille garde le silence pour continuer à jouir de sa part du «butin». Les membres de la famille de LD Kabila jouissent des faveurs pour l’exploitation minière. Le pouvoir leur accorde diverses facilités notamment en argent. La famille de Laurent-Désiré est corrompue par l’homme qui se fait appeler Joseph Kabila.»

Dans votre lettre ouverte, vous écrivez que Joseph Kabila se drogue à la cocaïne par voie intraveineuse. C’est une déclaration grave ! Pouvez-vous le prouver ? «Je suis un fouineur. Je suis un investigateur. Je peux prouver ce que je dis. Toutefois, même devant un peloton d’exécution, je ne révélerai jamais l’identité de ma source. Je peux en revanche vous affirmer qu’il s’agit d’une source digne de foi. Une source sûre. Je répète que Joseph se drogue à la cocaïne chaque matin et soir. A une personne qui l’exhortait à arrêter l’usage de stupéfiants, Joseph lui a répondu qu’il se «shoote» depuis l’âge de douze ans et qu’il ne sait plus se passer de la drogue. La personne en question m’a avoué qu’il a fait l’objet d’un attentat au cours de la même soirée.»

N’avez-vous pas de craintes pour votre propre sécurité ? «Pas du tout. En faisant cette déclaration, je n’ai en tête qu’un seul but : le salut de notre pays et celui de notre peuple. Je ne peux en aucun cas avoir peur de dénoncer la cocaïne que prend un soi-disant président de la RD Congo. C’est une situation qui risque à la longue d’entraîner tout le pays dans un gouffre. Et ce sur le plan tant moral que du bien-être collectif.»

Vous évoquez l’affaire relative au trafic de l’uranium de Shinkolobwe. Avez-vous un complément d’informations ? «Selon les informations en ma possession, Augustin Katumba Mwanke s’est régulièrement rendu à Téhéran en vue de conclure le contrat de vente du minerai d’uranium à l’Iran ainsi qu’à la Corée du Nord. Joseph utilise quelques hommes de son entourage pour ne pas faire apparaître son implication dans ce dossier. Outre Katumba, je peux citer Didier Kazadi Nyembwe, John Kahozi. Sans oublier l’ancien responsable, à Lubumbashi, de l’ANR (Agence nationale de renseignements) qui vient d’être transféré à Kisangani. Il s’appelle Katumbwe Bin Mutindi. Celui-ci a organisé la sortie de l’uranium à partir de Lubumbashi vers l’Iran. Au moment où je vous parle, Katumbwe doit être auditionné à Kinshasa à ce sujet. C’est une affaire vraie.»

Des témoins assurent que Joseph Kabila se trouvait, le 16 janvier 2001, à Lubumbashi. Dans votre lettre, vous l’accusez pourtant d’avoir «tué» Laurent-Désiré. «Joseph avait quitté Kinshasa un jour avant l’annonce de la mort de Laurent-Désiré Kabila. Avant de quitter la capitale, il avait ordonné le désarmement des soldats notamment du camp Ceta et Kokolo de peur que les militaires de ces garnisons réagissent à l’annonce du décès de «Laurent». Au palais de marbre, tous les éléments de la garde rapprochée ont également été désarmés. Après avoir planifié l’heure à laquelle Laurent-Désiré devait être abattu, Joseph a pris son avion pour aller à Lubumbashi. C’est lui qui a coordonné l’assassinat à partir de Lubumbashi. Je voudrais ajouter que le 15 janvier 2001, Sifa Mahanya se trouvait en détention à la prison de Makala. C’est Joseph qui l’a fait extraire ce même jour. En contrepartie, Sifa a accepté de jouer le jeu en se présentant comme la maman du nouveau président.»

Vous imputez également à Joseph Kabila l’exécution du commandant Anselme Masasu Nindaga ! «En organisant l’exécution de Masasu à Pweto en compagnie de John Numbi et de Charles Alamba, Joseph voulait provoquer une sorte de psychose à Kinshasa. Je peux vous affirmer que c’est John Numbi qui avait abattu Masasu. Alamba est venu l’achever. Dès ce moment, Joseph a fait répandre des bruits selon lesquels les jeunes soldats venus du Kivu ne voulaient plus de Laurent-Désiré Kabila après la mort de Masasu. Joseph ne cessait de dire à qui voulait l’entendre que les soldats originaires du Kivu préparaient un complot visant à assassiner LD Kabila. (…). Durant la journée du 16 janvier 2001, Joseph était accroché aux nouvelles de Kinshasa jusqu’au moment où un correspondant l’a assuré que «le baobab est tombé». C’est ainsi qu’il a pris un aéronef pour rejoindre Kinshasa dans la soirée. Ce n’était nullement pour participer au deuil. Le corps de Laurent-Désiré a été emmené à Harare, via Lubumbashi, afin d’ouvrir le coffre du disparu - grâce à ses empreintes - dans la capitale zimbabwéenne. Voilà pourquoi je dis que Joseph a tué Laurent-Désiré Kabila. Je sais que celui-ci n’était pas un saint homme. Il reste qu’aucun crime ne peut rester impuni. En tant que défenseur des droits de l’homme, je ne peux que dénoncer et condamner ce genre d’actes.»

Qui est finalement l’homme qui s’appelle Joseph Kabila? «Joseph est un citoyen rwandais. Avant d’arriver au Congo, il a évolué au sein de l’armée patriotique rwandaise sous les ordres du général Paul Kagame. Lorsque les Hutus ont fui le Rwanda pour se réfugier dans les provinces du Kivu, le nouvel homme fort de Kigali se sentait en insécurité. Joseph fait partie des soldats qui ont été chargés, fin 1996, par Kagame, d’«éloigner» les Hutus le plus loin possible des frontières du Rwanda. Hyppo Kanambe et James Kabarebe conduisaient cette opération. Dès que Laurent-Désiré a été assassiné, le régime de Kigali a retrouvé sa quiétude. Kagame était aux anges quand Joseph est arrivé au pouvoir. D’ailleurs, le RCD-Goma a trouvé son compte en trouvant sa place dans les institutions gouvernantes du pays. J’ai aujourd’hui la conviction que l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) a bénéficié du soutien de certaines multinationales pour chasser Mobutu du pouvoir. Les mêmes multinationales soutiennent aujourd’hui Joseph. Il suffit de voir la tolérance de la communauté internationale à l’égard du chef d’Etat sortant.» (L’interview a été réalisée avant le second tour de l’élection présidentielle de 2006, Ndlr).

Tout ceci n’explique pas les raisons ayant poussé Laurent-Désiré à présenter Joseph comme étant son fils. «Beaucoup de gens allèguent effectivement que Laurent-Désiré l’avait présenté comme son fils. Je n’ai souvenance d’une quelconque présentation officielle dans ce sens.»

Comment expliquez-vous le fait que l’actuel président se nommait Joseph Kabila du vivant de Laurent-Désiré ? «C’est à l’étape de Kisangani, en mars 1997, qu’il avait adopté l’identité de Joseph Kabila. C’était un subterfuge pour le faire accepter par la population. C’est Eddy Kapend qui avait proposé qu’il prenne cette identité. Au moment où il atteint Kisangani, tout le monde désignait Joseph sous l’appellation de «commandant Hyppo». A Lubumbashi, le bruit s’est répandu qu’il y a un certain Joseph Kabila parmi les soldats. Je tiens à vous dire que Joseph connaissait Laurent-Désiré. Celui-ci n’a jamais fait faire un acte juridique reconnaissant Hyppolite Kanambe comme son fils. Des journalistes disent qu’ils n’ont jamais entendu Laurent-Désiré désigné Joseph sous les termes «mon fils». Je peux vous dire également que Joseph n’a jamais dit «mon père» pour désigner LD Kabila. J’ai des témoins qui ont surpris un jour Joseph, parlant de Laurent-Désiré de son vivant, dire en swahili : «Ule muntu iko n’akili ?». Traduction : cet individu est-il vraiment intelligent ?

Vous affirmez avoir été témoin de l’élimination physique de plusieurs centaines de soldats originaires du Kivu. «Après avoir dénoncé l’exécution de Masasu, j’ai été arrêté et «enlevé» de Lubumbashi avant d’être transféré au «GLM» à Kinshasa. J’ai été le témoin malheureux des «disparitions». Chaque jour aux environs de minuit, des militaires venaient prendre une trentaine de jeunes militaires détenus qui partaient pour ne plus revenir. J’ai pu obtenir des témoignages dans les cellules où ils étaient. Certains ont été tués dans les couloirs du GLM. On leur passait un sac à la tête jusqu’à la taille avant de leur tordre le cou à un angle de 100 degrés…»

Clandestinité

La lettre ouverte destinée au "raïs" a provoqué le plus grand courroux dans la "Kabilie". Les agents de l’ANR sont lancés aux trouses de Golden. Celui-ci n’a pas d’autre choix que d’entrer en clandestinité. Une situation devenue coutumière pour les journalistes et les défenseurs des droits humains en RD Congo. Coup de théâtre : le 21 juillet 2007, Misabiko est élu président de l’Asadho/Katanga. Il déclare : «J’entends placer mon mandat au service de l’intérêt général, de la lutte pour la promotion de la dignité de l’homme congolais, de l’instauration de la démocratie et de la bonne gouvernance. L’Asadho Katanga se veut un espace d’écoute des véritables attentes de la population. En ma qualité de président provincial, je n’hésiterais pas à stigmatiser, le cas échéant, les dysfonctionnements qui affectent la vie socio-politique au Katanga».

Les organisations de défense des droits humains basées au Katanga exigent la libération pure et simple de Golden Misabiko. Elles redoutent sans doute que les antécédents énumérés ci-haut privent leur camarade du bénéfice d’un procès serein, juste et équitable. A tort ?

B.A.W

11 juillet 2009

QUAND JEAN-PIERRE BEMBA DISAIT:"MBOKA NA BISO ETEKAMI"PERSONNE N'Y CROYAIT

Radio Okapi 85% du Katanga, découpé en carrés miniers, est déjà vendu

La quasi totalité du territoire du Katanga découpé en carrés miniers a déjà été vendu à des tierces personnes. Seul reste de petits espaces occupés par des marécages sans grand intérêt. Même les emplacements occupés par les villes et les villages sont déjà attribués, indique radiookapi.net
  C’est le résultat d’une longue enquête menée par une équipe de chercheurs et techniciens dirigés par un professeur belge Yan Gorus. Ce professeur indique que la plupart des acquéreurs des ces carrés, n’ont ni moyens, ni technique pour explorer ou pour exploiter ces surfaces. De leur coté, les autorités du Katanga craignent d’éventuel conflits de grandes ampleurs.

L’équipe du professeur Yan Gorus a établi la carte minière du Katanga. On peut y distinguer la répartition des carrés miniers. Ils couvrent les surfaces des villes, des villages et même des parties de lacs et rivières. le professeur Yan Gorus parle ici de la surface du katanga concerné par cette vente de carrés miniers : « sur les 85 % du territoire. il n y a que les marécages autour du Lualaba,du fleuve qui sont libre de toutes concessions. On a pu constater que dans certaines réserves naturelles, dans certains parc,on a accordé des permis de recherches ».

En cas de conflit entre un propriétaire de terrain foncier et celui d’un carré minier, c’est ce dernier qui, au terme de la loi, aura gain de cause. Ce qui fait craindre des tensions entre les propriétaires terriens et ceux des carrés miniers.
Le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, souhaite que le professeur Yan Gorus explique cette situation à Kinshasa à partir d’où ces carrés miniers ont été vendus : « il faudrait descendre avec le professur Yan Gorus à Kinshasa pour qu’ils leur montre. Parcequ’un jour, cela va amener des désordres, les gens vont s’entretuer ».
Les responsables du cadastre minier sont restés injoignables.

09 juillet 2009

Jean-Pierre Bemba aux funérailles de son père à Bruxelles

 

La cérémonie religieuse en hommage à Jeannot Bemba Saolona, sénateur et important homme d’affaires congolais, a eu lieu à la cathédrale Saints-Michel- et-Gudule. Son fils, Jean-Pierre Bemba, avait été autorisé par la Cour pénale internationale à y assister. De légers débordements ont eu lieu au sortir de la cathédrale.
Jeannot Bemba Saolona est décédé le 2 juillet dans une clinique bruxelloise. Il était âgé de 67 ans.

Son fils Jean-Pierre Bemba a été autorisé par la Cour pénale internationale (CPI) à assister à la cérémonie. Cet opposant farouche au président Kabila est détenu provisoirement à La Haye depuis juillet 2008 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Des crimes présumés commis en Centrafrique par sa milice, le MLC, entre octobre 2002 et mars 2003. Il avait été arrêté à Bruxelles en mai 2008 en exécution d’un mandat d’arrêt de la CPI.

Tout le quartier de la cathédrale est étroitement surveillé par de nombreuses patrouilles de police depuis mercredi matin. Une centaine d’agents étaient mobilisés.

Jean-Pierre Bemba est arrivé peu avant 13 heures place Sainte-Gudule. Il est entré dans la cathédrale par une porte latérale. Il a été transporté dans une voiture banalisée escortée par d’autres véhicules de police également banalisés. Tous ces agents étaient en civil.

Jean-Pierre Bemba a pu prendre place au premier rang dans la cathédrale, qui est comble. De nombreux hommes d’affaires étaient présents à la cérémonie ainsi que des avocats bien connus.

Le service d’ordre à l’intérieur de la cathédrale est réglé par des agents en civil et par des proches de la famille Bemba.

La fin de la cérémonie religieuse en hommage au sénateur et homme d’affaires congolais Jeannot Bemba Saolona a été marquée par des acclamations et de légers débordements de nombreux supporters du fils du défunt et ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba, mercredi peu après 14h30, alors que le corps était emmené vers une chapelle annexe de la cathédrale des Saints Michel et Gudule.

L’ancien vice-président de la RDC, dans une importante bousculade, a été acclamé aux cris de «Jean-Pierre Bemba président» à sa sortie de la cathédrale. Le service d’ordre, assez imposant, qui avait été mis en place par les organisateurs de la cérémonie, est néanmoins parvenu à rapidement calmer les ardeurs des supporters.

Belga

07 juillet 2009

AfricaNews: LES LEÇONS DU SOMMET DE SYRTE. JP BEMBA, Le soutien des Africains

 

Au cours desdites assises, l'Afrique a parlé d'une même voix en mettant Moreno Ocampo devant ses responsabilité s. La plupart des Etats non signataires des Statuts de Rome instituant la CPI ont été réconfortés dans leur position à l'image de la Libye, hôte du sommet. Des délégations des Etats signataires des statuts de Rome présentes à ces assises ont été contraintes, par la force des choses, à se mettre au pas et à se ranger derrière la majorité.
  Cette prise de position de l'Afrique exprimée à Syrte se présente comme un soutien à tous les RD-Congolais qui croupissent à La Haye dont les procès prennent les contours d'une véritable éternité. Les RD-Congolais qui y sont détenus ne bénéficient à tous égards de l'exercice de principes universellement admis applicables dans les procédures judiciaires. Ils sont tout à fait laissés en pâture au bon vouloir de Moreno qui règle la  procédure à son souhait et détermine même la cadence des audiences. On a l'impression que la vie et la mort de ces détenus sont entre les mains du Procureur Moreno au lieu qu'elle soit entre celles de la justice internationale qui les poursuit pour des supposés crimes leur imputés.

La RD-Congo qui passe pour le grand fournisseur de la CPI, aura vu ses concitoyens remplir en un temps record, les cellules de la Cour. Il s'agit de Thomas Lubanga, Matthieu Ngudjolo, Germain Katanga et JB Bemba. Ce qui, de l'avis de nombreux analystes, fait penser à un acharnement en règle contre le pays de Patrice Lumumba. Le cas JP Bemba dont les charges ont plus d'une fois été modifiées selon le temps et les circonstances, est symptomatique de la fixation démentielle faite sur cette personnalité au point d'hypothéquer tout un destin politique. A cet égard, que les Africains réunis à Syrte puissent se convaincre de l'instrumentalisation de la CPI, il ne s'agit là ni plus ni moins que d'un soutien déclaré et du désaveu de la Cour. Ce soutien, le Chairman en a vraiment besoin surtout en ce moment où sa demande de liberté provisoire attend encore la réaction des pays où il a choisi de vivre jusqu'à ce que la CPI aille déterminer son cas. Bemba retient don son souffle.

 
Dans quelles proportions les conclusions de Syrte peuvent-elles influer sur le cours des événements? Dieu seul sait. Certes, rien ne va fondamentalement changer dans le fond du dossier, mais il reste que l'image de la CPI a été écornée.

Elle va de plus belle se désagréger dans l'opinion internationale au risque de freiner quelques appétences d'adhésion de certains Etats africains. C'est fort de ce soutien que JP Bemba pourra donc effectuer, sous forte escorte, le déplacement de Belgique pour s'incliner sur la tombe de son géniteur Jeannot Bemba. Une situation qui auréole davantage sa forte personnalité.

Bastion de l'opposition occidentale, la Belgique risque, à l'occasion, de le porter en triomphe. De quoi donner des insomnies au pouvoir de Kinshasa obligé d'imaginer des stratégies pour arrêter cette spirale de popularité qui, depuis quelques temps, recouvre la personne du leader du MLC.

Entre-temps, nombreux sont des RD-Congolais qui s'interrogent sur ce que sera l'attitude de Joseph Kabila, une fois que la dépouille de Jeannot Bemba va échoir à Kinshasa, en transit pour son village natal.

Déjà, pour compatir à la douleur qui frappe la famille du sénateur décédé, Joseph Kabila avait transmis un message au président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, le priant de lui transmettre ses condoléances. De ne l'avoir pas fait directement en passant par l'entremise de Kengo a suscité des interrogations dans les salons huppés de Kinshasa. Au vu de ce qui précède, la réaction de Kabila, à l'arrivée de la dépouille dans la capitale, demeure jusqu'à ce jour la grande inconnue. L'avenir nous le dira.

KISUNGU KAS

06 juillet 2009

Bemba autorisé à assister à une cérémonie à la mémoire de son père

 

L'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, détenu à la prison de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, assistera mercredi à une célébration religieuse à Bruxelles en mémoire de son père récemment décédé, a-t-on appris lundi auprès son avocat.

"Une permission de sortie lui a été accordée par la Cour", a indiqué à l'AFP son avocat, Me Pierre Legros, joint par téléphone.

 

Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du COngo (RDC), "participera à une célébration religieuse mercredi à 13H00 (11H00 GMT) à Bruxelles", a-t-il précisé.

Le père de Jean-Pierre Bemba, le sénateur et homme d'affaires Jeannot Bemba Saolana, proche de l'Ex président zairois, Mobutu Sese seko, est décédé le 2 juillet dans un hôpital de Bruxelles, à 67 ans, à la suite d'un malaise.

Ses funérailles se dérouleront en RDC, "peut-être vers la fin de la semaine", selon Me Legros.

Jean-Pierre Bemba est en détention provisoire à La Haye depuis juillet 2008, dans l'attente d'un procès pour des supposés crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Centrafrique par son armée, le Mouvement de libération du Congo (MLC), entre octobre 2002 et mars 2003. Il avait été arrêté à Bruxelles en mai 2008 en exécution d'un mandat d'arrêt de la CPI.

03 juillet 2009

La Prospérité : Bemba Saolona s’en va, Muzito et Mokolo pleurent !

 Derrière lui, il laisse une veuve et de nombreux enfants dont l’ex-Vice-Président de la République, le Sénateur comme lui, Jean-Pierre Bemba Gombo qui, depuis lundi 29 juin, aspire à la liberté provisoire, si jamais la Belgique, la France ou le Portugal présentaient, d’ici le 10 juillet, à la Cour Pénale Internationale, des garanties de sécurité suffisantes.



A 67 ans, Bemba Saolona s’est éteint dans la nuit du 1er au 2 juillet, à St Jean, un Hôpital mieux coté à Bruxelles, pour la qualité de soins assurés à ses patients. Si les uns et autres se perdent en conjectures sur l’exégèse du mal ayant causé cette disparition brutale, le Sénat Congolais, la chambre des sages, est en émoi. Dans un communiqué, Mokolo wa Pombo, le Premier Vice-Président, console la famille, le Mouvement de Libération et le Groupe sénatorial de l’Equateur, par des condoléances les plus atterrées.

Aussitôt revenu de Goma hier, dans la soirée, Adolphe Muzito n’a su retenir ses larmes. Dans cette édition, il compatit aux malheurs des Bemba, en ce temps difficile. Bemba Saolona n’est plus de ce monde. Il a tiré la révérence dans la nuit de mercredi à jeudi, à Saint Jean, à Bruxelles. L’information qui est tombée telle, une traînée de poudre à Kinshasa, a vite fait de remuer dans une plaie dont la douleur était déjà exacerbée par la situation d’un des fils Bemba qui, depuis une année, est geôlier de Luis Moreno Ocampo, le Procureur de la Cour Pénale Internationale, à la Haye, aux Pays-Bas.

Lundi 29 juin, Bemba Jeannot, 67 ans, était à l’audience du fils. Les deux hommes auront eu là, l’ultime occasion de se voir, sur cette terre enragée. Bemba père qui, comme tous les cadres du Mouvement de Libération du Congo, comptait les jours au bout de doigts, en espérant l’éventuelle libération du fils, n’a plus survécu aux vicissitudes d’une courte maladie. Si les uns et autres pouvaient encore se perdrent en conjectures sur l’exégèse du mal profond à l’origine de cette si brutale disparition, il n’en est pas autant du Sénat, la Chambre des sages dont il était l’un des 108 membres.

Mokolo wa Pombo, le Premier Vice-Président, console sa famille et le Mouvement de Libération du Congo et le Groupe Sénatorial de l’Equateur, pour cette perte immense. Dans un communiqué, il leur présente ses condoléances les plus atterrées. Il promet, très prochainement, les détails du programme des funérailles en mémoire de l’ancien Patron des patrons, l’homme d’affaires patenté et le politicien, Jeannot Bemba Saolona. Déjà, Mokolo wa Pombo parlait, sur une des radios de la place, de la mort d’un grand frère.

Muzito, le Premier Ministre, l’a, lui aussi, appris à ses dépens. Aussitôt revenu hier soir de Goma où il a participé aux festivités du 30 juin, il s’est dit ému. Dans un message officiel, il engage l’ensemble du gouvernement à honorer la mémoire de l’illustre disparu et présente ses condoléances les plus affligées, à sa famille. Bemba Saolona, le Baobab… Né en 1941, à Libenge, à l’Equateur, Jeannot Bemba Saolona fut un grand homme d’affaires. S renommée a traversé les frontières, dans les années où il dirigeait ses entreprises personnelles Scibe-Zaïre, Scibe Airlift et consorts. Il a passé du temps à vouer un culte au café. Des plantations dans l’Equateur firent la beauté de sa ceinture financière, à l’échelle internationale.

Plus d’une fois, il a été administrateur des sociétés à la Sofide et Bralima, avant de devenir, plus tard, le Patron des patrons, à la tête de l’ex-ANEZA devenue avec l’avènement de Mzee Kabila, la Fédération des entreprises du Congo, Fec en sigle. Il a passé quelques temps en prison, avant d’être nommé Ministre de l’Economie, sous l’empire Afdl. En 2006, les Députés de Gemena lui ont confié le mandat de Sénateur ; fonction qu’il a exercée jusqu’à ses dernières vacances parlementaires qui l’ont littéralement emporté, pour l’éternité.

Marcel Ngoyi  

02 juillet 2009

LA FAMILLE BEMBA EST EN DEUIL

LE MLC-DIASPORA A LA PROFONDE DOULEUR D'ANNONCER LA MORT DU SENATEUR BEMBA JEANNOT,PERE DE L'EX VICE-PRESIDENT BEMBA, MORT SURVENUE DANS LA NUIT DU 01 AU 02 JUILLET A LA SUITE D'UNE COMPLICATION CARDIAQUE.NOS PENSEES VONT A LA FAMILLE,AINSI QU'A SON FILS AINE,LE PRESIDENT JEAN-PIERRE BEMBA.LA SUITE DU PROGRAMME VOUS SERA COMMUNIQUE ULTERIEUREMENT.

QUE SON AME REPOSE EN PAIX.

01 juillet 2009

Le Potentiel : Le sort de J.P. Bemba sera connu le 10 juilletTout est possible.

 

Le sénateur Jean-Pierre Bemba pourrait bénéficier d’une libération provisoire. Mais il faut retenir son souffle jusqu’au 10 juillet, date à laquelle la juge de la Cour pénale internationale pourra, oui ou non, accéder à la demande de avocats de Bemba. Le compte à rebours a commencé.
Le sort du président national du Mouvement de libération du Congo

(MLC), le sénateur Jean-Pierre Bemba, sera connu au plus tard, le 10
juillet 2009. C’est du moins, ce qui ressort de l’audience de la Cour
pénale internationale (CPI) tenue, le lundi 29 juin à La Haye. A
l’issue de cette audience, la juge de la Cour, Trenda Cilova, a
indiqué : « La CPI se prononcera dans un délai raisonnable sur la
libération provisoire ou non ». Entre-temps, elle a rendu une
ordonnance demandant aux autorités du Portugal, de la France, de la
Belgique et des Pays-Bas de soumettre avant le 10 juillet prochain
leurs observations sur la requête de mise en liberté provisoire de
Jean-Pierre Bemba ainsi que sur les conditions que ces pays pourraient
lui imposer s’ils l’accueillaient sur leurs territoires en cas de
liberté provisoire, a-t-on appris des médias étrangers.

En d’autres termes, ces pays devront présenter toutes les
garanties qu’ il n’y aurait pas de fuite et être à même de renvoyer
Bemba à La Haye dans l’hypothèse de la poursuite du procès pour qu’ il
comparaisse cette fois-là en homme libre. Il s’agit là, à en croire
certains juristes, d’une forme de mise sous surveillance judiciaire.

A en croire le chargé de communication de la CPI en RDC,
Paul Madidi, cité par radiookapi.net, toutes les parties ont présenté
leurs arguments au cours de cette audience. Pour la défense, il y a
lieu de remettre Jean-Pierre Bemba en liberté, parce qu’elle estime que
le risque de fuite n’a jamais existé et les charges contre lui ont
changé. En revanche, l’accusateur estime que le prévenu devrait rester
en détention.

Selon ses avocats, le sénateur Jean-Pierre Bemba a souhaité
être accueilli dans ces pays pour des raisons diverses. Par exemple, en
Belgique, pour ses propriétés, ses comptes bancaires et aussi parce que
ses enfants y sont scolarisés. Ou encore, en France, pour ses liens
sociaux importants.

Il faut rappeler que la séance de lundi entre dans le cadre
de la procédure normale à la Cour pénale internationale qui veut
qu’après une année de détention d’un prévenu, les juges procèdent à
l’analyse de la possibilité d’accorder à ce dernier une liberté
provisoire, rapporte la source. A noter que les avocats du président du
MLC ont plusieurs fois introduit cette requête auprès de la CPI qui
l’avait toujours rejetée.

Pour rappel, Jean-Pierre Bemba a été arrêté, le 24 mai 2004 en Belgique, qui exécutait un mandat délivré contre lui par la CPI.

Chronologie

 

Les premières comparutions de Bemba
ont lieu, du 12 au 15 janvier 2009 à La Haye, où il s’est vu notifier
les charges retenues contre lui. Elles concernent essentiellement les
exactions commises en Centrafrique par ses troupes entre 2002 et 2003.
Les soldats du MLC étaient allés secourir le président centrafricain
d’alors, Ange-Félix Patassé, qui se disait menacer par un coup d’Etat.

Pendant leur séjour dans ce pays, ils avaient été accusés de
viol, de crimes de meurtre et de pillage lors de leur expédition en
terre centrafricaine. Conséquence, les accusations de crimes contre
l’humanité et de crimes de guerre avaient été retenues contre leur
chef, Jean-Pierre Bemba.

Mais, lors des audiences de confirmation des charges, ses
avocats ont rejeté toute responsabilité de leur client dans les crimes
commis par ses troupes. Au contraire, ils tiennent pour responsable
l’ancien président centrafricain que les troupes du MLC avaient
secouru.

Selon les avocats, la mise à disposition des troupes, dans le
cadre d’un accord, n’implique pas la responsabilité de Jean-Pierre
Bemba, mais plutôt celle de leur hôte.

Le tribunal n’a pas retenu ces arguments et a confirmé la
responsabilité pénale du sénateur Bemba en qualité de chef militaire,
rapporte l’Agence britannique Reuters. D’après les juges, suffisamment
de preuves existent et justifient les accusations contre le leader du
MLC. Toutefois, sa responsabilité pénale dans les tortures et atteintes
à la dignité de la personne a été rejetée.

08 juin 2009

LA UNE: Le départ du Premier ministre étant déjà acquis, le gouvernement expédie les affaires courantes(LE POTENTIEL)

C’est comme dans une pièce de théâtre. Après le premier acte, on en est maintenant au second. Avec pour trame, le départ d’Adolphe Muzito. Bien que n’étant pas encore officiel, le départ se précise au fil des heures. Les carottes sont cuites pour celui qui est resté, pendant huit mois, Premier ministre d’un gouvernement de coalition AMP-PALU-UDEMO. Décidément, un autre décor est en train d’être planté.

 

S’il faut en suivre le cheminement, l’affaire a vite pris les allures d’un bras de fer entre la présidence de la République et le Premier ministre Adolphe Muzito. Faisant suite à la correspondance que le directeur de cabinet du président de la République a adressée le 28 mai au Premier ministre au sujet de « dérapages substantiels et répétés des finances publiques et de la monnaie nationale observés ces derniers mois…», le différend entre les deux branches de l’Exécutif pourrait bien connaître son dénouement dans les prochains jours, sinon dans les prochaines heures.

Au regard de l’évolution de la situation, il y a de fortes chances que l’ « affrontement » ne soit que de très courte durée. Dans tous les cas, au niveau de la Haute hiérarchie, on n’a pas du tout envie de laisser traîner les choses. Cela est d’autant plus vrai qu’on veut rapidement tourner la page, précisément celle d’Adolphe Muzito. Question, affirme-t-on, d’entrevoir l’avenir sous un autre signe, que l’on souhaite en tout cas prometteur pour le pays et pour ses habitants, indique une source qui a préféré garder l’anonymat.

Dix jours après la lettre du dircab du président de la République, tout semble déjà joué car le vainqueur de ce que d’aucuns considèrent, à tort ou à raison, comme une « guerre de tranchées » est connu : Adolphe Muzito ne va pas s’en sortir à bon compte d’autant plus que les manettes de réglage lui échappent complètement ; le dernier mot revenant à la présidence de la République. C’est de ce côté que se trouve évidemment le gagnant, mais pas du côté du Premier ministre qui prépare ses valises s’il ne l’a pas déjà fait.

Pas de co-responsabilité

La fameuse réplique du Premier ministre à la correspondance du directeur de cabinet de Joseph Kabila a fait sortir tout le monde de ses gonds au niveau de la présidence de la République La lecture que l’on se fait là-bas de ce qui apparaît comme la réponse du berger à la bergère n’est pas pour arranger les choses. Bien au contraire, elle a consacré la rupture entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement pendant que tout était mis en œuvre pour ne fut-ce que sauver les meubles entre deux parties liées jusque-là par un accord de gouvernance qui pourrait avoir son avenir derrière lui.

« C’est malhonnête de la part du Premier ministre de considérer le chef de l’Etat comme étant co-responsable du gâchis que l’on déplore dans la gestion des finances publiques », fait-on remarquer à la présidence de la République. « Il est difficilement explicable, poursuit-on dans les mêmes milieux, que le Premier ministre qui reconnaît pourtant la pertinence des instructions contenues dans la lettre du dircab du président de la République, se soit mis à chercher, au même moment, des poux dans la tête de ce dernier », argumente un membre de l’Alliance de la majorité présidentielle.

«Si nous avons dégainé les premiers, c’est dans le souci majeur de dénoncer un état de choses qui empirait chaque jour et qui ne cessait d’hypothéquer toutes les chances d’amélioration de la situation économique et sociale du pays », affirme ce dernier qui estime que le Premier ministre, en sa qualité de chef du gouvernement, devrait s’assumer en ce qu’il est le premier responsable de la dégradation de la situation économique, financière et sociale de la RDC au lieu de se perdre dans des accusations qui sont loin de l’honorer. « Le Premier ministre est en train de donner, en vain, des coups en l’air », susurre-t-on.

« Pas question de partager, même fifty-fifty, avec le président de la République les conséquences de dérapages dont il est seul comptable », réaffirme-t-on à la présidence de la République où l’on ne fait nullement mystère de la nouvelle tournure que les choses ont prise et de la nécessité de changer l’attelage qui devra accompagner le président de la République pour la suite de la réalisation de son programme de reconstruction du pays.

Affaires courantes

Certes, ce n’est pas encore officiel, mais il ne faudra pas être devin pour pouvoir réaliser que la terre est en train de se dérober sous les pieds du Premier ministre Adolphe Muzito. On ne voit pas comment il pourrait arriver à changer le cours des événements. Comme il avait été écrit quelque part qu’il serait le Premier ministre du président de la République dans le cadre des noces Palu-Famille politique du chef de l’Etat, il est aussi écrit qu’il a fait son temps à ce poste. Il doit donc savoir que c’en est fini de lui et qu’il ne sert à rien de faire de la résistance.

On sait que le gouvernement ne remplit pas encore les conditions d’être qualifié comme étant un gouvernement démissionnaire. On en convient, mais quand on analyse froidement les circonstances dans lesquelles il est placé au jour d’aujourd’hui, l’Exécutif n’est pas en quelque sorte différent d’un gouvernement « expédiant les affaires courantes ». D’ailleurs, de sources concordantes nous apprenons que bien des ministres n’ont plus le cœur à l’ouvrage. Ils le disent à haute voix.

Il est vrai que des voix s’élèvent pour laisser entendre que les choses risquent de ne pas marcher comme on le ferait pour une lettre à la poste. Mais face à l’argument relatif aux dispositions constitutionnelles qui pourraient mettre le chef de l’Etat dans une sorte d’ « illégalité » par rapport à son Premier ministre, dans les milieux de la famille politique présidentielle, on a la repartie facile. On ne voudrait surtout pas l’entendre de cette oreille. « La musique est déjà réglée pour que rien ne vienne s’opposer à une volonté qui a déjà été mise sur les rails », fait-on savoir.

De toute façon, le départ de Muzito de la Primature va, assurément, remettre à la surface quelques cas de figure. Premier cas de figure : le président de la République s’en tient au protocole d’accord qu’il a signé avec le Palu. Il demande, par conséquent, à Antoine Gizenga de lui proposer le nom de celui qu’il veut voir remplacer le partant. Deuxième cas de figure : on fait voler en éclats le protocole d’accord AMP-PALU et on recrute un Premier ministre dans les rangs de la famille politique du président de la République. Les bookmakers sont déjà à l’œuvre et ils ne sont pas en manque de Premiers ministrables. Troisième cas de figure : le chef de l’Etat met sur pied un gouvernement d’ouverture dans lequel entreraient des personnalités provenant de l’Opposition politique et de la société civile.

Quelle option va-t-on mettre en avant et pour quels dividendes quand on sait qu’il y a, de part et d’autre, des avantages et des inconvénients dont on ne pourra mesurer l’amplitude que dans un avenir proche, certainement aux élections de 2011 ? Mais, en attendant d’en savoir plus, le système de prédation des biens publics mis en place par les actuels dirigeants, n’aura reçu aucun coup. Loin de là, il va poursuivre son bonhomme de chemin pendant que le peuple congolais n’aura, comme c’est le cas aujourd’hui, pour lot quotidien que la misère noire.

24 avril 2009

Pourquoi Kamerhe a-t-il demandé pardon à Joseph Kabila?


Le dernier discours tenu par Vital Kamerhe à son départ de la présidence de l'Assemblée nationale a été largement distribué sur Internet. Il est diversement commenté. Plusieurs compatriotes n'auraient retenu de ce discours que « le pardon » de l'ex-président de l'Assemblée nationale au Président Joseph Kabila. Si certains d'entre eux comprennent pas qu'après le bras de fer ayant opposé Vital à « son frère » Joseph, il finisse par « s'humilier » en demandant pardon, d'autres sont étonnés que ce genre de réflexion soit mené. Ils estiment que la réconciliation au sein d'une même famille politique est la chose la plus normale qui puisse se faire. D'un trait, ils effacent toute une histoire au cours de laquelle Vital a choisi Joseph, l'amnésie étant la chose la mieux partagée dans certains milieux congolais et dans ceux des médias dominants.
Eu égard à ces interprétations, nous avons voulu relire le texte de Kamerhe. Le journal le Potentiel rendant compte de la « passation de pouvoir à l'Assemblée nationale », ce journal note ce qui suit: « Mieux, Vital Kamerhe s'est adressé particulièrement au chef de l'Etat: « Au président de la République, chef de l'Etat, je demande aussi pardon si jamais il s'est senti offusqué par mon comportement. Je lui renouvelle ici et de manière solennelle mon profond respect. » »
Dans ce texte, Kamerhe demande pardon au conditionnel: « si jamais » n'est pas à prendre à la légère. Et puis, Kamerhe ne lie pas son pardon à un acte précis: il parle de son comportement en général. Ceux et celles d'entre nous qui ont lu le sms envoyé aux députés de l'AMP pour qu'ils lâchent Kamerhe savent qu'il lui était reproché plusieurs « péchés ». Soit.
Ce texte ne fait pas directement allusion au bras de fer survenu entre Vital et Joseph au sujet de l'entrée secrète des militaires Rwandais au Congo. Dans son discours d'ouverture de la session de l'Assemblée nationale de mars, Vital Kamerhe se disait étonné que le Président de la République se sente concerné par une question dépendant en tout et pour tout du gouvernement qui, seul, peut répondre devant l'Assemblée. Il demandait aux membres de sa famille politique faisant partie du gouvernement de ne pas se cacher derrière le chef de l' Etat quand ils doivent rendre compte de la gestion du pays.
Mais comme c'est Kabila et son gouvernement parallèle qui avaient pris la grave décision de faire revenir leurs amis Rwandais sur notre sol sans que justice soit rendue aux victimes de leur guerre d'agression, Kamerhe innocentant Joseph passait rhétoriquement à côté de la plaque tout en ouvrant une brèche dans la compréhension de ce qui se passe chez nous: le gouvernement de Muzito est un figurant; il n' a pas l'effectivité du pouvoir. Quand Kamerhe avouait qu'il n'était pas au courant de l'entrée des Rwandais au Congo, il dénonçait, consciemment ou inconsciemment, le mode de fonctionnement du pays depuis qu'il est aux mains du « conglomérat d'aventuriers » venus chez nous dans les valises de l'AFDL.
En effet, si nous remontons l'histoire de notre pays depuis « la libération du 17 mai 1997 », nous nous rendrons compte que tous les gouvernements formés n'ont pas échappé à leur parallélisation. Et Kamerhe n'a jamais rien dit. Pourquoi? Pour une raison toute simple: il est l'un des idéologues de ce mode de fonctionnement politique chez nous.
Quand il demande pardon pour « son comportement » en général, il nous semble qu'il regrette d'avoir mis à nu le modus operandi de leur réseau maffieux: faire croire dans les apparences alors que l'effectivité du pouvoir est ailleurs. Les plus sceptiques d'entre nous sur ce modus operandi feraient mieux de lire le texte d'une ONG néerlandaise intitulée « L 'Etat contre le peuple ». A la fin de ce texte, il y a une lettre adressée au Secrétaire général du PPRD, Vital Kamerhe. Cette lettre contient les noms de certains véritables acteurs de premier plan de tout ce qui se passe au Congo aujourd'hui. Pour dire les choses simplement, la demande de pardon de Kamerhe se formulerait de la façon suivante: « Joseph, je regrette d'avoir trahi les secrets de notre mode de fonctionnement. Mon amour du verbe et le reste de ma lucidité m'ont joué un tour. Franchement, trop parler peut tuer! Que puis-je faire maintenant? Te demander pardon
publiquement tout en servant un discours rempli de bonnes intentions sur le fonctionnement de l'Assemblée nationale. Je ne manquerai pas de prendre à mon piège ces Congolais friands de beaux discours même s'ils sont vides de sens. Les « honorables » ayant rompu avec le véritable sens de la citoyenneté m'applaudiront. Ils diront que je suis un homme d' Etat et nous poursuivrons notre jeu des dupes. » Nous en sommes là. Et le jeu des dupes tend à sa fin! Le livre de Charles ONANA intitulé « Ces tueurs Tutsi. Au coeur de la tragédie congolaise », pourrait nous aider à étoffer notre argumentaire en mettant davantage à nu le jeu du « raïs » et de sa cour. De toutes les façons, la guerre d'agression n'a pas pris fin à l'est de notre pays. Nos compatriotes y sont tués, nos femmes et filles violées, nos maisons incendiées. (A suivre)

J.-P. Mbelu

19 avril 2009

Les petits secrets d’une victoire...sans péril

Evariste Boshab a été élu président de l’Assemblée nationale aux alentours de 4 heures du matin, samedi 18 avril. L’homme doit son «triomphe» moins à ses qualités personnelles qu’aux actions discrètes menées par l’«autorité morale» de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP), en l’occurrence Joseph Kabila, auprès de 300 députés étiquetés AMP, reçus mercredi dans la Ferme présidentielle. Certaines sources font état d’une «réconciliation» qui serait intervenue avant le vote, vendredi 17 avril, entre le «raïs» et Vital Kamerhe...

«Ce pays est dirigé à coup de corruption. Joseph Kabila l’a d’ailleurs reconnu dans l’interview qu’il a accordée au New York Times. Les Congolais aiment l’argent facile pour jouir de manière ponctuelle en attendant une autre corruption.» Ancien ministre de l’éphémère gouvernement d’Etienne Tshisekedi et médecin de son état, Tharcisse Loseke Nembalemba n’a pas trouvé des mots assez durs pour fustiger l’élection d’Evariste Boshab à la Présidence de la Chambre basse du Parlement congolais.

Un seul tour de vote a donc suffi. Evariste Boshab, secrétaire général du parti présidentiel PPRD, a obtenu 329 voix sur 484. Un score digne d’un leader nord-coréen. François Muamba, Idambito Bakaato et Gilbert Kiakwama kia Kiziki n’ont recueilli respectivement que 75, 54 et 15 voix. Le suffrage récolté par Kiakwama surprend dans la mesure où son groupe parlementaire compte une trentaine de députés. Devrait-on conclure que sa propre famille politique lui auraitt fait des infidélités ? Etrange.

Lutte contre la corruption

Dans sa toute première déclaration, Boshab s’est voulu rassembleur. «Le président de l’Assemblée nationale n’est pas le président de l’opposition, encore moins de la majorité. Il est le président de tous les députés.» A-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr. Contrairement à «Vital» qui avait arraché une certaine marge de manœuvre, «Evariste» est présenté comme étant un «homme servile» à l’égard du «raïs» mais aussi du véritable «l’homme fort» du «clan». Il s’agit du député Augustin Katumba Mwanke. Quelles sont les priorités du nouveau «Speaker» ? Il a cité notamment le contrôle de l’action de l’exécutif en précisant «suivant les normes». Il s’est engagé à mener une «lutte sans merci» contre la corruption. Interdiction de rire.

Les diplomates accrédités à Kinshasa ont sans doute dû étouffer un petit fou-rire en mentionnant dans les messages envoyés au ministère des Affaires étrangères de leur pays respectif que le nouveau président de l’Assemblée nationale de la RD Congo traîne derrière lui des «casseroles». L’homme a été impliqué dans une affaire de corruption, alors qu’il assumait les fonctions de directeur de cabinet de Joseph Kabila. Il s’agit de la destination donnée aux 32 millions de dollars de la SNEL. Une affaire non élucidée à ce jour. Quel est en définitive le secret de la victoire de Boshab, une victoire au demeurant sans péril?

«Champagne, billets verts et 4x4 »

Certains confrères kinois rapportent que mercredi 15 avril, Joseph Kabila a reçu 300 députés. La rencontre, aux allures de garden-party, a eu lieu dans la désormais célèbre «Ferme de Kingakati», propriété du «raïs». Mobutu Sese Seko se repliait à Gbado Lite quand il n’était pas dans le bateau présidentiel, le MS/Kamanyola. Joseph, lui, a trouvé son lieu de villégiature sur la route de Bandundu. L’autorité morale de l’AMP a, à cette occasion, donné un mot d’ordre de vote en insistant sur la «discipline». Le quotidien «Le Potentiel» ne dit pas autre chose : «La victoire écrasante du professeur Evariste Boshab, candidat de la majorité, il la doit à l’autorité morale de l’AMP, président de la république. Le chef de l’Etat a su, lors de la rencontre de mercredi dernier avec les députés de l’AMP, démontrer les vrais enjeux de cette élection du 17 avril.» C’est tout ?

Selon certaines sources, «Joseph» aurait remis à chaque parlementaire une «enveloppe» contenant un montant oscillant entre 2.000 et 5.000 USD. «Le président de la République, confie un député, s’est par ailleurs engagé à prendre à sa charge le solde à payer pour les véhicules 4x4 livrés à ses convives.» La réunion s’est terminée par un grand barbecue. Le champagne a coulé à flots. «Ce fut un géant méchoui. Une fête avant la fête. Champagne grand cru, grands vins, blanc et rouge, poulets, viandes diverses, saucisses grillées, etc.», rapporte notre confrère «Le Soft» dans son édition en ligne datée 16 avril. Bel exemple d’«austérité» et surtout de solidarité pendant que la grande majorité de la population continue à tirer le diable par la queue.

Conjurer «l’effet Kengo»

Kabila ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Ceux qui l’ont approché ces derniers jours disent que l’homme avait le moral d’un «gladiateur». Il était prêt «à payer le prix» pour conjurer une propagation de l’«effet Kengo» à la Présidence de l’Assemblée nationale. En mai 2007, Léon Kengo wa Dondo, Sénateur indépendant, avait coiffé au poteau Léonard She Okitundu, candidat du parti présidentiel. Les mauvaises langues racontent que le «She» avait mis du champagne au frais. Un groupe folklorique tetela avait déjà installé ses instruments de musique, au domicile du «She», pour célébrer la victoire annoncée. L’élection surprise de l’ancien Premier ministre du Zaïre avait eu l’effet d’un cataclysme politique dans le camp kabiliste. Au centre de la suspicion, l’article 75 de la Constitution qui stipule : «En cas de vacance pour cause de décès, de démission ou pour toute autre cause d’empêchement définitif, les fonctions de président de la République, à l’exception de celles mentionnées aux articles 78, 81 et 82 sont provisoirement exercées par le président du Sénat.» Kengo a dû presque s’excuser d’avoir battu son challenger. «Quant à l’article 75, déclarait-il dans son discours inaugural, la rumeur publique lui confère une portée politique alors qu’il s’agit d’une disposition éminemment mécanique. Je suis élu président du Sénat et non vice-président de la République avec droit de succession».

Le «raïs» a déployé des talents de «stratège» afin d’éviter toute déconvenue. Rien n’a été négligé. Selon une bonne source jointe au téléphone à Kinshasa, il semble bien que Vital Kamerhe se soit rendu, à son tour, à la Ferme de Kingakati quelques heures avant le lancement du vote au Palais du peuple. Il aurait été reçu par «l’autorité morale» de l’AMP. L’histoire ne donne point des précisions sur l’initiateur de cette «paix des braves». «Kabila et Kamerhe ont fumé le calumet de la paix en scellant leur réconciliation, assure cette source. C’est bien cet événement inattendu qui explique le mauvais score réalisé par le MLC François Muamba. Le secrétaire général du MLC n’a pas pu tirer profit des dissensions au sein de l’AMP.» Notons que, dimanche 12 avril, l’ex-président de l’Assemblée nationale, avait annoncé la création d’un «Courant de réflexion pour la défense de la démocratie et des valeurs républicaines.» Des analystes accréditaient le groupe de 40 à 70 députés. «Après sa rencontre avec Kabila, commente la source, Kamerhe a dû donner une consigne de vote en faveur de Boshab.» Spéculations ? L’avenir le confirmera ou l’infirmera.

Que peut-on attendre d’Evariste Boshab à la tête de l’Assemblée nationale ? Considéré, à tort ou à raison, comme un des «super faucons» de l’entourage présidentiel, ce professeur de droit n’a pas la réputation d’un homme sensible au pluralisme d’opinions. Procès d’intention ? Un député de l’opposition donne sa lecture de l’événement : «L’arrivée de Boshab à la tête de la Chambre basse est une bonne nouvelle pour le PPRD. Cette arrivée constitue un mauvais signal pour la démocratie congolaise. Nous jugerons sur pièce».

Baudouin Amba Wetshi

13 avril 2009

Le Potentiel / LA UNE: Présidence du bureau de l’Assemblée nationale. Boshab, Mwamba, Kiakwama, N’singa … sur la ligne de départKanku, Idambito, les out-siders


Les prétendants à la succession de Vital Kamerhe au poste de président du Bureau de l’Assemblée nationale sont connus. La bataille s’annonce serrée à ce poste. Mais aussi à d’autres postes du Bureau de l’Assemblée où l’AMP et l’Opposition ont décidé de s’affronter. Mais une chose qui frappe aux yeux, le PALU et l’UDEMO n’ont pas présenté de liste « unique » avec l’ AMP. Stratégie électorale ? On le saura le vendredi 17 avril. En attendant, place à la campagne électorale.

Hier lundi 13 avril, le Palais du peuple a été envahi par des candidats venus déposer leurs candidatures à différents postes du bureau de l’Assemblée nationale. Certains n’ont pas hésité à faire une démonstration de force, sûr de remporter la mise. Accompagnés de leurs alliés, tel le cas du candidat du PPRD/AMP, le Professeur Evariste Boshab, ils ont animé cette dernière journée de dépôt de candidatures. A sa sortie du cabinet du rapporteur, Evariste Boshab, optimiste a déclaré ce qui suit : «La Majorité doit prouver qu’elle est majorité. Elle doit élire ses candidats à tous les postes». L’on a noté également une effervescence autour du candidat du Groupe des parlementaires indépendants, GPI, à savoir le député Modeste Bahati, lequel est candidat à sa propre succession au poste de Questeur.

A première vue, la partie s’annonce serrée. L’Alliance de la majorité présidentielle, AMP, et l’Opposition ont décidé de sortir leur grande artillerie pour cette « bataille électorale du 17 avril ». De grsos poissons en ce qui concerne particulièrement la présidence de l’Assemblée nationale. Mais également d’autres postes du bureau.

Si l’AMP tient à contrôler le perchoir de l’Assemblée nationale, il n’en demeure pas moins vrai que l’Opposition est déterminée à ne pas rater le coche. Elle a aligné des candidats, non pas des moindres, à tous les postes. La course est donc engagée.

Aussi, en attendant la publication officielle des noms des candidats par le Bureau sortant, assisté du Groupe technique de travail, voici quelques noms des uns et des autres qui ont déposé leurs candidatures au bureau du Rapporteur de l’Assemblée nationale. Au total, il y a 60 candidats répartis de la manière suivante : 6 à la présidence, 7 à la 1ère vice-présidence, 9 à la 2ème vice-présidence, 5 au poste de Rapporteur, 9 candidats rapporteurs adjoints, 10 candidats Questeurs et 13 Questeurs adjoints. Au poste de président : Evariste Boshab (PPRD), Clément Kanku wa Tshibuabua (Opposition, mais indépendant), Kiakwama Kia Kiziki (Opposition: Chrétiens Démocrates), François Muamba (MLC), Idambito (AMP), N’singa Udjuu (UDEMO), Kanku Clément (Union pour la Nation).

Au poste de 1er vice-président: Me Matadi Nenga (RCD : non inscrit), Me Boris Mbokulaka (AMP : Arc), Me Tshibangu Kalala (PPRD) Jean-Marie Gapemonoko (Udemo).

Au poste de 2ème vice-président : Roger Lumbala wa Tshitenge (Opposition -ODR), Charles Bofasa Djema (Opposition : GR), Rémy Musungayi (MLC), Madame Georgine Madiko (Palu).

Au poste de rapporteur : Emery Okundji (Opposition - ODR mais indépendant), Jemsi Mulengwa (AMP), Francine Kinada (UDEMO).

Candidats Rapporteurs adjoints : Bahitsura Musowa Chadrac (RCD), Martin Mukonkole ( Opposition - ODR).

Au poste de Questeur : Bulambu (AMP), Bolenge Tenge (AMP-MSR), Médard Mulangala Lwa Kabuanga (Opposition - ODR), Modeste Bahati (AMP : GPI), Vunabandi Célestin (RCD).

Candidats questeurs adjoints : Evêque Ejiba Ya Mapia (RCD), Jean-Claude Vuemba (Opposition) ; Ne Mueyato Bopolo (AMP-PDC), Mua Mbuyi Kayiba (AMP-PDC), Elysée Dimandja (Opposition), Claudine Likulia (UDEMO).

LE DEUXIEME TOUR

Au regard de cette liste provisoire, un deuxième tour n’est pas exclu au niveau de certains postes. En effet, si l’AMP a aligné un candidat potentiel en la personne du Professeur Evariste Boshab à la présidence du bureau, l’Opposition se présente avec deux « gros poissons ». A savoir François Muamba et Kiakwama kia Kiziki, avec un indépendant, N’singa Udjuu, le doyen des députés. Comme out-siders, il y a bien sûr Kanku Clément et Idambito.

Au premier tour, la dynamique interne de la plénière de l’Assemblée nationale pourrait influencer les résultats en partant des affinités provinciales pour amener les candidats au deuxième tour. Ceci dans l’hypothèse où, tel que Le Potentiel le démontrait dans les calculs de probabilité, les consignes de l’AMP ne seraient pas respectées.

Si elles le sont, le candidat de cette dernière plate-forme, Professeur Evariste Boshab, a toutes les chances de passer au premier tour. Dans le cas contraire, il sera en ballottage favorable lors du second tour. Il aura besoin dans cette hypothèse que d’une majorité relative que l’AMP peut facilement la lui donner.

A ce stade également, il y a lieu de sonder la stratégie électorale de l’Opposition. Pourquoi a-t-elle aligné plusieurs candidats ?

Autre élément à prendre en compte, la stratégie utilisée par l’ AMP et ses deux partenaires, à savoir le PALU et l’UDEMO. Dans le premier cas, il nous revient que le candidat du PALU a été désigné par autorité en lieu et place de celui que l’on pointait favori ; le député Mukwakani Zénon.

Dans le second cas, il nous revient que l’ UDEMO n’a pas été consulté au moment de l’élaboration de la liste définitive. Serait-ce à cause de la résistance opposée par son représentant lors de la démission collective exigée des membres du Bureau de l’Assemblée nationale ? Possible. Toujours est-il que dans les milieux proches de l’UDEMO, l’on reste ouvert à toute négociation. Mais comme l’AMP n’avait pas tendu la main à son partenaire, dit-on dans ces milieux, et que le facteur temps ne jouait plus en faveur de l’UDEMO, cette formation a joué bon d’introduire la candidature de ses représentants en tant que parti politique.

L’on est là en face des réalités totalement différentes de celles d’il y a deux ans. Mais comme en politique tout est possible, les tractations se poursuivront jusqu’ en dernière minute. En attendant, candidats, à vos marques !

Assemblée nationale : Evariste Boshab, NSinga Udjuu,François Mwamba, Gilbert Kiakwama, tous candidats

Le dépôt des candidatures pour le renouvellement du bureau de la chambre basse du Parlement congolais s’est clôturé lundi à 10h au palais du peuple. Au décompte final, 60 candidats ont été enregistrés par le bureau sortant qui a transmis les dossiers au groupe technique de travail chargé des opérations électorales, rapporte radiookapi.net

 

Les parlementaires en séance plénière (archives)

Donc, 60 candidats sont dans la course pour 7 postes à pourvoir. Parmi ces candidats, 6 sont pour la présidence du bureau, 7 pour la 1ere vice-présidence, 9 pour la 2e vice-présidence, 5 pour le poste de rapporteur, 9 pour celui de rapporteur adjoint, 10 pour la questure, et 13 pour la questure adjointe. Toutes les familles politiques ou presque sont dans la compétition. Parmi les têtes d’affiche, l’on peut citer Evariste Boshab de l’AMP, NSinga Udjuu de l’UDEMO, allié de l’AMP, Baudouin Idambito (AMP) pour la présidence. A ce même poste, l’opposition aligne François Mwamba (MLC), Gilbert Kiakwama (Chrétiens démocrates) et Clément Kanku (UN).

Un seul membre du bureau sortant s’est également porté candidat à sa propre succession. Il s’agit de Modeste Bahati Lukwebo candidat questeur. Il faut signaler aussi qu’à part les candidats présentés par des groupements politiques, il y a des candidatures des indépendants. Des députés qui sans le soutien de leurs structures respectives, ont exprimé leurs ambitions politiques. Ce qui explique le nombre élevé des dossiers enregistrés. Ce mardi, le groupe technique de travail affichera les listes définitives. La campagne électorale se tiendra mercredi et jeudi. Et d’ici là, les tractations politiques se poursuivent au palais du peuple dans els différents camps en présence avant les scrutins prévus vendredi 17 avril. Et le vote se tiendra à bulletin secret.

Copyright Radio Okapi

10 avril 2009

L’Assemblée nationale malade des ingérences du «raïs»

Après avoir contraint les membres du Bureau de la Représentation nationale à la démission au nom d’une prétendue «discipline» de sa mouvance politique, Joseph Kabila s’arroge désormais le pouvoir de co-gérer les finances de la Chambre basse au mépris du principe de séparation des Pouvoirs. On assiste à une inversion de rôle : l’Exécutif contrôle désormais le Législatif.

Dans une lettre n°447/2009 datée 8 avril 2009, le directeur du cabinet présidentiel, Adolphe Lumanu Mulenda Bwana Nsefu, se fondant sur une «instruction» reçue de la «Haute hiérarchie», demande au ministre des Finances «de surseoir au décaissement» d’un montant de 1.550.000 USD (Un million cinq cent cinquante mille dollars) destiné au fonctionnement de l’Assemblée nationale. "Et ce, poursuit-il, jusqu’à la mise en place du nouveau Bureau". En guise de motivation, Lumanu invoque la «situation financière confuse qui s’observe au sein de l’Assemblée nationale autour de l’affectation de l’équivalent de USD 700.000.» Un vent favorable a fait atterrir un fac-similé de cette correspondance sur la table de la rédaction de Congoindependant.com.

Tout a commencé par la découverte faite, mi-mars, par le président de l’Assemblée nationale que plusieurs importantes sommes d’argent ont été décaissées à la Banque Centrale du Congo pour le compte de la Chambre basse. Seulement, celle-ci n’a encaissé aucun «likuta». Trois montants sont épinglés. A savoir : 2.500.000 USD ; 700.000 USD et 1.550.000 USD. Fin mars, fatigués d’attendre le paiement de leurs primes, des membres du personnel administratif de cette Chambre ont organisé un sit-in devant le cabinet du ministre des Finances. Le chahut a été tel que celui-ci a fini par recevoir les délégués syndicaux qui accompagnaient les protestataires. Les manifestants voulaient savoir les raisons du non-paiement de leur dû. En vérité, le long bras de fer Kabila-Kamerhe y est pour beaucoup.

Réquisitoire du PGR

Le ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu, c’est de lui qu’il s’agit, de promettre à ses interlocuteurs d’«obtenir la restitution» du montant de 1.550.000 USD. C’est ici que l’affaire se corse. Selon Matenda, ce fonds a été «consigné» à son cabinet suite à une «demande» du procureur général de la République, Mushagalusha Ntayondeza Ndi. Le PGR a agi en exécution de son réquisitoire
n° R.I.1260/D.023/16712/PGR/SEC/09 du 25 mars 2009. Ainsi va la justice congolaise. Elle agit là où elle ne devrait pas. On peut gager que ce haut magistrat - qui n’a jamais fait mystère de son inféodation au «clan kabiliste» - a reçu des instructions de la même «Haute hiérarchie». Questions : pourquoi le directeur du cabinet présidentiel intervient-il dans le même dossier que le PGR? La lettre du directeur Lumanu aurait-elle été anti-datée? Pourquoi? Le montant en cause a-t-il utilisé à d’autres fins par la Présidence de la République? Force est de remarquer que près d’un mois après la rentrée parlementaire, les questions relatives à l’argent occupent le clair du temps des députés. Signe de la petitesse d’esprit qui règne au sommet de l’Etat.

Lundi 6 avril, une commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale, composée de quinze membres, a été chargée d’approcher le ministre des Finances. «La commission d’enquête a été mise en place conformément à la résolution de la plénière de l’Assemblée nationale, pour que nous puissions retracer les fonds payés par le trésor public en faveur de l’Assemblée nationale», déclarait le très actif député Emery Okundji. Et d’ajouter : «Nous avons 48 heures et nous ferons rapport à la plénière de l’Assemblée nationale».

Un «grand corps malade»

Depuis janvier dernier, l’Assemblée nationale n’a plus rien d’un haut lieu de la démocratie et de la sauvegarde des droits et libertés. Cette institution nationale ressemble désormais à un «grand corps malade». Malade de l’interventionnisme déstabilisant de Joseph Kabila et de sa clique maffieuse. Après la démission forcée des membres du Bureau, la «Haute hiérarchie», selon la formule consacrée, a dû se faire violence pour accepter l’idée de laisser l’équipe démissionnaire continuer à expédier les affaires courantes jusqu’à l’entrée en fonction du futur staff dirigeant. Ce qui implique l’organisation de l’élection des membres du futur Bureau. «Joseph» n’a-t-il jamais entendu parler de la «continuité de l’Etat» ?

On apprenait finalement que l’élection des membres du futur Bureau sera organisée par l’équipe sortante dirigée par Vital Kamerhe. La «Haute hiérarchie» n’entend nullement s’avouer vaincue. Elle fait proposer, via ses «petits soldats» tapis au sein de l’auguste assemblée, que «la charge des opérations électorales, notamment l’enregistrement des candidatures, la préparation des urnes et isoloirs ainsi que le scrutin », revienne «au groupe technique de travail». C’est le compromis trouvé mardi 8 avril par la plénière. Les députés ont débattu toute cette journée pour arriver à cette «solution». Si tout va bien, les membres du futur Bureau de l’Assemblée nationale seront élus le 17 avril. Leur installation est fixée au 20.

Une chose paraît sûre : Joseph Kabila et sa mouvance sont conscients de leur incapacité à survivre dans un système réellement démocratique. Ils sont déterminés à museler l’Assemblée nationale ; à placer des hommes liges dans le futur Bureau afin de paralyser la Représentation nationale tout au moins dans son rôle de contrôleur de l’action de l’exécutif. La mise sur pied en janvier dernier de 11 commissions parlementaires chargées d’auditer les entreprises d’Etat mais aussi des établissements publics tels que la Banque Centrale du Congo avait fait l’effet d’un coup de tonnerre au sein de la mouvance kabiliste. «La seule idée d’auditer la Banque Centrale du Congo équivaut à une déclaration de guerre pour Joseph Kabila, dit un expert. C’est là que le «raïs» se restaure».

Baudouin Amba Wetshi

08 avril 2009

Pas plus de 7 Congolais non-corrompus autour du chef, Kabila au New York Times


Plusieurs d'entre nous ayant rompu avec la lecture et les analyses approfondies sur l'état de notre pays, il est plus ou moins sur qu'ils ne liront pas la dernière interview accordée par Joseph Kabila à New York Times. Certains compatriotes ne la liront pas tout simplement parce qu'ils sont convaincus que du « raïs » ne peut sortir rien de bon. Par conviction, nous nous croyons que l'autre, fut-il un ennemi, il ne faut ni le mépriser ni se fermer à ce qu'il dit. « Bubi mbwa matshi, mbwimpe, mbwa matshi », dit-on dans ma langue vernaculaire. Notre souhait est que les compatriotes n'étant pas encore arrivés à une haine viscérale de Joseph Kabila lisent cette interview et partagent leurs interprétations avec les filles et les fils de notre peuple. Nous nous le dirons jamais assez, pour cacher certaines choses à une certaine catégorie de Congolais(es), on les met dans les livres. Les compatriotes « mangeurs » ont tout intérêt à lire les textes de ce genre. Ils pourraient se rendre compte que celui qu'il considère comme leur autorité morale a du mépris pour eux. Tenez. Depuis qu'il est au pouvoir en 2001, Joseph Kabila travaille officiellement avec des centaines de Congolais et de Congolaises. Depuis 2006-2007, il y a un gouvernement comprenant plus ou moins cinquante personnes. Il y a son cabinet présidentielle, sa maison civile, ses collaborateurs militaires, les différents services de sécurité, un Parlement où trône une majorité dite présidentielle. Que Joseph avoue qu'il n'a pas, au jour d'aujourd'hui 15 personnes de convaincues, déterminées, résolues pour l'aider, cela devrait interpeller la manducratie josephiste .

La majorité de « mobutistes » corrompus autour du « raïs »

Voici la question de New York Times: « Avez-vous les bonnes personnes pour vous aider? »
La réponse de Kabila est précédée d'une longue pause. Il réfléchit et comptabilise... Après la pause, la réponse tombe: « Mobutu a dirigé ce pays pendant 32 ans. Il a créé une classe politique et a créé une mentalité et nous n'avons pas encore mis fin à cela. Les anciennes méthodes sont toujours là: corruption, mauvaise gestion, et de tout cela. Notre plus grande erreur, c'est que nous n'avons pas trouvé assez de temps pour transformer et former nos propres cadres. On n'a pas besoin d'un millier de personnes pour transformer un pays. Non, on n'a besoin que de 3,4,10, 15 personnes avec des convictions, déterminées et résolues. Ai-je ces 15 personnes? Probablement, 5,6,7, mais pas encore 15. » (La traduction est empruntée au journal kabiliste L'Avenir au quotidien de ce mardi 7 avril 2009 et nous soulignons.)
La réponse de Joseph Kabila appelle un temps de réflexion. Si après au lendemain de l'indépendance nominale de notre pays nous ne comptions qu'une dizaine de diplômés, après la Révolution du 17 mai 1997, nous ne comptons pas dans les ranges du pouvoir plus de 15 personnes « avec des convictions, déterminées et résolues » capables d'aider Joseph Kabila à remettre le Congo sur les rails! Et pourtant « le raïs » est entouré par les juristes, les économistes et les autres constitutionnalistes congolais! Aussi, Joseph n'a pas réussi, après plus de cinq ans à la tête du pays, à former « ses propres cadres »! Supposons qu'il en ait déjà formé 7, pour qu'il atteigne le chiffre 15, il devra encore rester plus de cinq ans au pouvoir! Donc, il lui faudra un deuxième mandat.
Mais si « le raïs » s'est maintenu au pouvoir jusqu'à ce jour aux côtés de mobutistes corrompus, mauvais gestionnaires, sans conviction et détermination, ce qu'il a su partager les mêmes anti-valeurs que ceux qu'ils décrient. Et en tant que « chef », il n'a jamais eu suffisamment de courage pour envoyer ces corrompus en prison bien qu'il ait clamé tout haut à son discours d'investiture que la récréaction était terminée et que les portes de la prison allait être grandement ouvertes.
Comment Joseph Kabila peut-il justifier la disqualification de plusieurs de ses collaborateurs dans un journal américain? Et puis, de quelle expertise « le raïs » se réclame-t-il quand il dénonce son erreur en avouant qu'il n'a pas eu le temps de former ses propres cadres?
Pour ceux et celles d'entre nous qui savent que « les crimes organisés en Afrique centrale » ont bénéficié des services anglo-saxons, il est possible que Joseph soit en train d'envoyer un signal fort à ses « parrains » pour expliquer sa méthode de travail. Les Congolaises et les Congolais de son entourage étant majoritairement corrompus et mauvais gestionnaires, il peut travailler officiellement avec eux et officieusement avec les Ougandais et les Rwandais. (Un compatriote de l'est de notre pays ayant requis l'anonymat nous a confié que Joseph Kabila a travaillé avec sa petite amie Ougando-Sierra Leonaise, Finda. Elle a géré le Fonds Social Congolais. Présentement, il travaille avec M. Mahuku, un sujet Rwandais. Il l'a chargé de la gestion de la question des Interhamwe à l'est du pays.)
A la lecture de la réponse de Joseph Kabila à New York Times, on se croirait en présence d'un Karel De Gucht, Ministre des affaires étrangères Belge, affirmant qu'il n'a pas trouvé au Congo, autour de Kabila, des hommes politiques dignes de ce nom. Quand on connaît toutes les misères que les propos de De Gucht ont suscité et qu'on entend le même discours de la bouche du « raïs », on se dit: « ça sent mauvais ». Face à l'échec patent d'une politique fondée sur l'exclusion, la violence, la corruption et le mensonge, Joseph trouve vite des boucs émissaires: Mobutu, les mobutistes et la mentalité mobutiste. Cette interview aurait été convaincante si Joseph pouvait citer trois ou quatre mesures phares prises pendant ses 7 ans de règne pour un bonheur congolais partagé. Il n'y a en pas eues.
Si pour transformer un pays, il ne faut pas être un millier de personnes, Joseph aurait pu faire quelque chose avec « ses 5, 6 ou 7 ». Et pourtant, il n'y a rien, à l'exception de la mort qu'il a semée au Congo, dans ses coins et recoins.
Cette politique qui consiste à croire et à faire croire que les mauvais sont toujours les autres Congolais(es) est caractéristique du règne kabiliste. Il s'associe ses « ses rhinocéros » pour « écraser » les meilleurs d'entre nous: ceux-ci s'exilent ou tombent sous ses balles. Il s'entoure des laudateurs-mangeurs et finit par les accuser de corrompus et de mauvais gestionnaires. Il y a, à travers les propos de Joseph Kabila, une très haute idée de lui-même et un mépris pour ceux qui, à ras-le-sol, l'ont appelé « papa », « mon président », pour ramasser les miettes tombant de sa table.
Cette politique participe de l'idéologie ou des pseudo-justifications tutsies disqualifiant, en bloc, tous les Congolais, pour faire main basse sur les ressources du sol et du sous-sol de notre pays.
Nous avons tous été classifiés dans les BMW. Donc, Josepk Kabila ne dit rien de neuf.
N'empêche qu'avec le temps, il ait fait l'expérience de la frivolité de certains d'entre les animateurs des institutions actuelles du pays, capables de vendre père,mère, femmes et enfants pour rouler dans les 4X4 et manger chez SHE TEMBA KAYEMBE avec les filles de la rue.
En effet, il aussi plus facile, pour nous Congolais, de croire plus à un complot extérieur contre notre pays que de faire l'inventaire des comportements primaires de certains d'entre nous face au boire et au manger, face à l'argent et à la femme. Si un homme fort garde bien sa maison, nous disent les Ecritures, personne ne peut la dévaliser. Ce que nous subissons est aussi les fruit des turpitudes de certains d'entre nous, de leur nombrilisme et de leur foi aveugle en des diplômes vides de savoir, de savoir-être, de faire, de savoir-faire et de sagesse.

L'Union européenne, la Banque mondiale et le FMI au banc des accusés

Néanmoins, la bouc-émissairisation josephiste va au-delà des frontières congolaises. Joseph a conçu cinq chantiers sans un sous. Il appartenait à l'Union Européenne, au FMI, à la Banque mondiale et aux U.S.A. de les financer. « Nous avons dit que nous avions cinq chantiers: les infrastructures, la santé, l'éducation, l'eau, l'électricité et le logement. Maintenant, comment pouvons-nous faire face à ces priorités? Nous avons besoin d'argent, beaucoup d'argent, affirme Joseph Kabila. Pas de 100 millions de dollars US de la Banque mondiale ou les 300 millions du FMI. Non, nous avons besoin de beaucoup d'argent, et surtout que nous sommes toujours en service d'une dette de près de 13 milliards de dollars. Et qu'il est de 50 ou 60 millions de dollars US par mois, ce qui est énorme. Vous me donner 50 millions de dollars chaque mois pour le secteur social et nous allons de l'avant.(...)Mais nous avons dit: oui, nous avons des priorités, et
nous avons parlé à tout le monde. Américains, avez-vous de l'argent? Non, pas pour le moment. L'union européenne, vous avez trois ou quatre milliards pour ces priorités? Non, nous avons nos priorités. Ensuite, nous avons dit: pourquoi ne pas parler à d'autres personnes, les Chinois? Alors nous leur avons dit, avez-vous l'argent? Et ils ont dit, oui, nous pouvons discuter. Donc, nous avons discuté. »
Comment Joseph Kabila qui regrette de n'avoir pas eu le temps de former ses propres cadres peut vouloir faire des priorités du Congo les priorités des autres? A quoi allait-il former ces cadres? A une politique économique extravertie? Au paiement d'une dette odieuse? A la mendicité?
Par innocence ou par bêtise, Joseph Kabila affirme qu' « il ne comprend pas pourquoi ils (ceux qui ont refusé de lui donner de l'argent pour ses chantiers) nous ont dit de ne pas signer ces accords. Probablement, explique-t-il, parce qu'il y a beaucoup d'ignorance, l'ignorance de la façon dont notre situation est difficile. Bien sûr, lorsque vous êtes assis à Washington ou vous êtes assis à New York, vous croyez que tout le monde est comme à Washington ou à New York. Mais les gens souffrent. Qu'est-ce qui m'a révolté moi? C'est le fait qu'il y ait une résistance à cet accord sans faire une contre-proposition. » Et pourtant, la contre-proposition est faite: le Congo renonce aux accords avec la Chine, le FMI l'embrigade dans le programme d'ajustement structurel, la Banque mondiale s'arrange avec la Chine pour qu'elles travaillent ensemble sur le dos des Congolais(es)...
Par innocence ou par bêtise, Joseph Kabila avoue que pour certaines questions engageant le devenir commun des Congolais(es) les décisions se prennent à Washington, à New York,etc. Quand on sait qu'il fait (aussi) allusion aux Institutions Financières Internationales dont le FMI soutenu dernièrement par le G 20, on se dit que les Congolais(es) n' hallucinent pas quand ils parlent de leurs misères et de leurs souffrances, de leurs morts comme participant des « crimes organisés » ailleurs.
Mais que la révolte de Joseph Kabila n'aboutisse pas à la résistance citoyenne contre la résistance de ceux qui décident à Washington et à New York , cela trahit les limites de la politique Kabila et de la majorité au pouvoir. Pour dire les choses autrement, à travers la révolte du « raïs », il y a un aveu d'impuissance face à ceux qui l'ont fabriqué pour servir leurs intérêts.
Comme pour Mobutu, Laurent Désiré Kabila, Vital Kamerhe, cette sortie médiatique risque de signer la fin politique de Joseph Kabila. Tel est le fonctionnement du marionnettisme: dès que la marionnette coupe le cordon ombilical, dit sa part de vérité, il signe sa mort politique. La mort physique peut s'en suivre. Le cynisme des « maîtres du monde » souffre de la lumière du jour jetée sur ce qu'ils appellent « leurs intérêts ».La chute du mur de Berlin et Mobutu, dignité pour l'Afrique. Entretiens (de Mobutu) avec Jean-Louis Remilleux ont signé la mort politique du dernier Maréchal de l'Afrique. Le retournement d'alliance entre Laurent Kabila et ses « parrains » a sonné le glas du règne du « soldat du peuple ». L'étonnement de Kamerhe face au secret dont a été couverte l'entrée des miliaires Rwandais au Congo lui a coûté sa chaise présidentielle au Parlement. Il est possible que Joseph joue à la diversion... L'avenir
nous le dira.

J.-P. Mbelu