09 novembre 2009
Le Mlc a Mbandaka pour introniser son candidat
Véritable démonstration de force, le Mlc l’a prouvée le samedi 7 novembre à Mbandaka. Partie de Kinshasa au motif de présenter officiellement le candidat de ce parti au prochain scrutin devant élire le nouveau chef de l’exécutif provincial après la décision de la Cour suprême de justice de débouter José Makila, la délégation que conduisait François Muamba, secrétaire général du Mlc, a eu droit à un accueil délirant lui réservé par les populations de la capitale provinciale de l’Equateur. A à sa descente d’avion, elle a été accueillie par 70 députés provinciaux membres du Mlc, CRD et Udemo qui font front commun pour gagner cette élection. C’est une foule immense qui attendait au sortir de l’aéroport le secrétaire général et sa suite. Des danses et chants à la gloire du parti ont été entonnés. A la demande des militants, la délégation de Kinshasa a marché à pied de l’aéroport jusqu’au siège du parti en passant par le quartier Air Congo, Mbandaka III, Mbandaka II, Mbandaka I. Branches des rameaux en mains, tous scandaient « mayi ya sika » c’est-à-dire, un nouvel homme avec une nouvelle vision. Tout le long du parcours qu’a emprunté la délégation, l’on notait une marée humaine curieuse de voir l’homme sur qui le parti cher à JP Bemba avait jeté son dévolu pour succéder à José Makila. Par moment, le cortège est intercepté par des femmes, hommes, jeunes et vieux qui tous interpellent les députés provinciaux de ne faire que la volonté du peuple. C’est ainsi que l’on peut entendre dans la foule « prenez tous qu’on vous propose, mais faites la volonté du peuple, sinon, nous vous attendons en 2011 ». Après plus de trois heures de marche et un parcours de plus ou moins 15 km, le cortège à la tête duquel se trouvaient les tolékistes et autres motards arrivèrent au siège du parti sous une pluie battante.
S’adressant à la population, François Mamba a commencé à expliquer l’évolution du dossier JP Bemba à la CPI. Et de dire qu’il faut garder bon espoir que leur leader tant aimé recouvrira sa liberté et ce, à l’issue du procès fixé pour le 27 avril 2010. Toutefois, il n’a pas manqué de souligner que la Cour pourra se prononcer également sur sa liberté provisoire, car, a-t-il souligné, la charge des crimes contre l’humanité qui pesait sur Bemba a été balayée d’un revers de la main par les juges.
Puis vient le moment tant attendu. Le secrétaire général fait monter à la tribune Jean-Lucien Busa qu’il présente sous les applaudissements du public qui scande à nouveau « mayi ya sika ». Après avoir vanté les qualités intellectuelles du candidat du Mlc, François Muamba a profité de l’occasion pour fustiger le comportement de certains cadres du parti qui, malgré le choix démocratique opéré pour désigner le successeur de Makila, ont choisi de défier le Mlc en présentant leur candidature. C’est le cas de Gabriel Bolenge et Michel Bongongo Ikoli. Le secrétaire général a annoncé publiquement leur radiation du parti, Toutefois, a-t-il souligné, ’ils ont un mois pour s’amender et obtenir la grâce du parti.
C’est tard dans la soirée que la délégation est retournée à Kinshasa par le vol des LACS affrétés pour la circonstance.
Monulphe BOSSO/ Télé7
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07 novembre 2009
La CPI sommée de démontrer le sérieux et l'impartialité de son travail
*Décidément, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, FIDH en sigle, sonne le tocsin. Dans un communiqué, cette Organisation Non Gouvernementale basée à Paris, en France, demande à Luis Moreno Ocampo, le Procureur de la Cour Pénale Internationale, de démontrer le sérieux et l’impartialité de son travail en République Centrafricaine, en délivrant une série d’autres mandats d’arrêts contre des présumés auteurs des crimes odieux, en 2002 et 2003. Selon la FIDH, nul grand criminel ne peut échapper à la justice internationale. Souhayr Belhassen, Président de la FIDH, affirme que Bemba ne doit pas être le seul suspect à répondre de ses actes, dans cette affaire. Il cite notamment, Ange-Félix Patassé, un ex-Président Centrafricain, Miskine, son ancien Chef de sécurité présidentielle. Il n’épargne pas, non plus, dans ce même communiqué, François Bozizé, l’actuel Président, en RCA. Doit-on considérer que les congolais œuvrant autrefois sous le drapeau du Mlc, sont aussi visés ? La FIDH n’en dit mot. Mais, toujours est-il que le procès Jean-Pierre Bemba Gombo, 47 ans, prévu au début de l’année 2010 fera certainement tache d’huile. C’est un brûlot, un vrai alors, qui risque d’entraîner plusieurs cadres de ce parti, dans un précipice. Sauve qui peut !
SOURCE International Federation of Human Rights (FIDH)
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06 novembre 2009
Le procès de Jean-Pierre Bemba Gombo s’ouvrira le mardi 27 avril 2010
ICC-CPI-20091105-PR472
Situation : République centrafricaine
Affaire : Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo
Dans une décision rendue aujourd’hui, la Chambre de première instance III de la Cour pénale internationale (CPI) a fixé la date d’ouverture du procès dans l’affaire Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo au mardi 27 avril 2010.
Jean-Pierre Bemba Gombo serait pénalement responsable, pour avoir effectivement agi en qualité de chef militaire au sens de l’article 28-a du Statut de Rome, de deux crimes contre l’humanité (meurtre et viol) et de trois crimes de guerre (meurtre, viol et pillage), prétendument commis sur le territoire de la République centrafricaine au cours de la période comprise approximativement entre le 26 octobre 2002 et le 15 mars 2003.
Après son arrestation par les autorités belges, conformément à un mandat d’arrêt délivré par la Chambre préliminaire de la CPI, il a été transféré à la Cour le 3 juillet 2008. Il est actuellement détenu au quartier pénitentiaire de la CPI à Scheveningen, à La Haye.
09:02 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 septembre 2009
La Libre : Corruption : opération "Tolérance zéro" à Kinshasa
Le président Kabila a lancé une opération de nettoyage contre les corrompus. Mais seuls des "petits" paient, jusqu'ici, notent les Kinois.
Tolérance zéro", le slogan est dans la bouche de tous les officiels. Prononcé du ton offensif de celui qui est bien décidé à se mettre du côté des chasseurs de corrompus, l’ouverture de la saison ayant été annoncée du sommet de l’Etat, ou de l’air désabusé de celui qui n’en attend rien de plus que de la précédente opération, "La récréation est finie", retombée comme un soufflé après avoir soulevé les espoirs de nombreux Congolais.
Le président Joseph Kabila a annoncé lors de la fête nationale, le 30 juin, son intention de mettre de l’ordre dans le secteur de la Justice. Les premières têtes sont tombées en juillet : nonante mises à la retraite et révocations. Puis est venu le tour du ministère des Affaires foncières. "Quelque 80 % des procès au Congo sont des affaires foncières", explique un proche du chef de l’Etat, "nées des magouilles des fonctionnaires. Il y a parfois quatre certificats d’enregistrement originaux pour la même parcelle de terrain ! C’est le ministre qui choisit ceux qui doivent être révoqués. Par la date du certificat litigieux, on sait qui en est responsable."
Les Congolais sont partagés dans leur approbation ou leur rejet de l’opération de nettoyage des écuries d’Augias. Il s’agit surtout de présenter le verre comme à moitié plein ou à moitié vide, car tous, au fond, sont d’accord sur les avantages et les défauts de "Tolérance zéro".
"Quand Kengo était aux affaires (NdlR : au début des années 80), la situation était normale", commente cet ancien fonctionnaire du ministère de la Justice : "Il y avait un peu de corruption et beaucoup de magistrats intègres. Puis est arrivée la crise économique. Dans les années 90, la corruption des magistrats a augmenté. Aujourd’hui, quand un juge voit un avocat, il lui dit : "Maître ! J’ai ton dossier, hein !", une manière de lui dire que, s’il paie, son affaire est dans le sac. Et il gagne le procès. Si la partie adverse décide de faire appel, on va voir l’avocat de celle-ci en lui disant que s’il laisse dépasser le délai d’appel, il sera payé sous la table"
Feu Laurent Kabila avait cru régler le problème en plaçant d’office à la retraite 315 magistrats. "Du coup, il n’y a plus eu assez de juges expérimentés pour la Cour de cassation et la Cour constitutionnelle", poursuit notre ancien fonctionnaire. "Et beaucoup de bavures y ont été commises, y compris pour les élections. A cela s’ajoutent les effets de la crise économique sur l’enseignement, qui a beaucoup baissé en qualité. Au final, on trouve des juges qui ne savent pas rédiger un jugement. Certains font écrire leur sentence par un avocat et signent. Pas gratuitement, bien sûr. Car la première chose à laquelle pensent juges et avocats, c’est "la coop"(1). Dans les années 80, on voyait souvent des avocats dire à leur client : "Je vous conseille de plaider les circonstances atténuantes; si vous ne voulez pas, adressez-vous ailleurs parce que je ne crois pas que vous puissiez convaincre de votre innocence". Aujourd’hui, tous les avocats disent à leur client qu’il va gagner son procès, pour lui soutirer de l’argent. Mais comment s’en étonner, un jeune avocat est si mal payé qu’il ne peut même pas s’acheter du mobilier pour s’installer. Un de mes vieux amis, un avocat qui enseigne le droit, est si dégoûté de voir ses anciens élèves, aujourd’hui juges, tordre le cou au droit parce qu’ils ont été corrompus, qu’il ne se dérange même plus pour plaider Evidemment, cela a des conséquences : les investisseurs ne risquent plus leur argent dans un pays où les juges n’ont pas honte de ruiner une entreprise parce qu’ils ont été payés pour le faire."
Si les juges ne trouvent personne pour plaider qu’ils sont honnêtes, les avis sont plus partagés sur l’opération "Tolérance zéro". Non loin d’un calicot invitant à dénoncer la corruption, "acte héroïque et patriotique", ce cadre d’entreprise publique (non frappée par l’opération) soupire, goguenard. "Bien sûr, on espère que la peur de la sanction diminuera la corruption. Mais ce sera sans doute "chassez le naturel, il revient au galop". On y croira si cette opération n’est pas un feu de paille et si elle touche tout le monde. Mais jusqu’ici, ce ne sont que les faibles - ceux qui n’ont pas de relations qui sont punis. Il y a combien d’administrateurs d’entreprises publiques en prison ? Combien de ministres ? De députés ?"
Un prêtre renchérit : "Le Président a dit qu’il n’y avait pas, autour de lui, quinze personnes capables de gérer; mais aucun ministre n’a démissionné. Et quand le ministre des Finances, surnommé "Monsieur 40 %" , va faire une causerie morale au Bas-Congo, peut-on faire autre chose qu’en rire ?" Et de s’inquiéter de la fonction éducative de l’opération "Tolérance zéro". "On ne sait pas ce qui est reproché aux révoqués, qui n’ont pu présenter de défense. Dans ces conditions, quelle fonction formatrice peut avoir cette opération ? Ont-ils été éjectés parce qu’ils sont mauvais ou pour faire de la place à des amis ou des frères d’ethnie, se demande-t-on . "
Notre cadre offre une réponse : "La peur de la sanction ne sera éducative que si elle s’accompagne d’un effort pour éliminer les causes de la corruption, à savoir l’impossibilité de vivre avec son salaire et l’absence de contrôle. Pourquoi ne vérifie-t-on pas d’où vient l’argent de tous ceux qui construisent des villas ? Sinon, entre la peur d’être révoqué et la peur d’avoir faim, le fonctionnaire n’hésitera pas longtemps !"
(1) Argot kinois pour dire "la coopération", c’est-à-dire la corruption.
Marie-France Cros
22:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22 septembre 2009
Radio Okapi - Déchéance de J. Makila : le MLC à la reconquête du gouvernorat,
Mbandaka observe un calme relatifAu lendemain de l'arrêt de la Cour suprême de justice (CSJ) dans l'affaire José Makila, on enregistre des réactions. Son parti, le MLC dit respecter la décision de la haute cour et s’apprete à présent pour la reconquête du gouvernorat de l'Equateur. Un sénateur AMP estime que le dossier a été trop politisé. Pendant ce temps, un calme relatif règne à Mbandaka, capitale de la province de l’Equateur, rapporte radiookapi.net
Le Mouvement de Libération du Congo, MLC, parti auquel appartient l'ex gouverneur de l'Equateur, déclare que même s'il n'est pas satisfait par cette décision, il respecte la décision de la haute cour. Le Mlc attend maintenant s'engager dans la reconquête du gouvernorat de l'Equateur.
Et dans cette bataille démocratique, il espère que l'Alliance de la majorité présidentielle, AMP, ne va pas utiliser les deniers publics pour corrompre les députés, comme le soutient le secrétaire exécutif adjoint du MLC, Thomas Luhaka : «Même si la décision de la Cour suprême de justice ne nous enchante pas, nous ne discutons pas sa décision. Donc, nous prenons acte. La dernière des choses : nous espérons sincèrement qu’en ce qui concerne la province de l’Equateur, l’AMP va se soumettre à un combat politique loyal et ne va pas utiliser l’argent du trésor public ou des moyens sordides pour opérer un énième « old up » électoral en province.»
Du côté de l’AMP, le sénateur Henri Thomas Lokondo, s'incline également devant la décision de la cour. Mais, placé devant sa conscience, le parlementaire originaire de l'Equateur, pense que ce dossier a été trop politisé : «Je suis légaliste. Je respecte la sentence de la Cour suprême de justice. Mais je suis aussi juste vis-à-vis de ma conscience, pour dire que ce dossier a été trop politisé et quand un dossier judiciaire est trop politisé, dans la conscience des citoyens, il perd sa valeur populaire. C’est le cas de du dossier Makila »
Pour le sénateur Lokondo, ce dossier a été politisé. Car comment peut on expliquer qu’un petit dossier comme celui-là puisse prendre 9 mois au niveau de la justice ? S’interroge-t-il. Comme on ne cessait de le dire, dans d’autres provinces, il y a eu des cas similaires mais qui avaient pris deux ou trois semaines, poursuit-il, avant de constater la manière dont les choses se sont déroulées.
Mbandaka : calme relatif
Pas de controverse à Mbandaka sur un arrêt attendu par la population, pour mettre fin a la crise politique qui régne dans la province de l’Equateur depuis janvier dernier. Aussitôt après l’annonce de l’arrêt de la Cour suprême de justice, quelques motards membres de l’ADH, parti du vice-gouverneur de l’Equateur, sont descendus dans le centre-ville de Mbandaka. Ils klaxonnaient pour fêter la destitution de José Makila à la tête de l’Equateur. Mais la soirée a été plutôt calme sur l'ensemble de la province et à Mbandaka même, où aucun mouvement particulier n'a été signalé. Toutefois, à la permanence de la Fédération du Mouvement de Libération du Congo, parti de l’ex-gouverneur Makila, quelques militants se sont spontanément réunis, dans le calme.
Dans plusieurs villes et localités de l’arrière province, la population dit ne pas être au courant de cette information. Notamment à Gbadolite, Bumba, Gemena et Boende. Les nombreux militants du MLC sont dans la désolation et le mutisme. Car, José Makila était, selon eux, leur dernier rempart, après l’arrestation de leur leader charismatique Jean-Pierre Bemba à la CPI.
Les militants de la majorité présidentielle estiment pourtant que la déchéance de José Makila est l’application de la tolérance zéro prônée par le chef de l’Etat. Et pour la société civile, la force reste à la loi. Mustafa Bosenge, président de la société civile de Boende, appelle les députés provinciaux de l’Equateur à élire cette fois un gouverneur à même de faire sortir l’Equateur du gouffre.
Copyright Radio Okapi
23:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20 septembre 2009
LOUIS MICHEL PRESIDENT DU « MONDE » POUR UN AN ?
(Cheik Fita)Louis Michel va-t-il présider l'assemblée générale de l'ONU pour un an, et parmi les dossiers, le dossier RD Congo, nous tous les congolais dedans?

Yves Leterme, ministre belge des affaires étrangères a proposé vendredi à ses pairs du gouvernement, le nom de Louis Michel pour la présidence belge de l’assemblée générale de l’ONU
Un consensus s’est dégagé dans les milieux politiques belges autour de cette désignation.
Pour les Congolais cela n’est pas du tout une bonne nouvelle. Bien au contraire.
De un, lors des élections de 2006, l’homme politique belge a joué un rôle de premier plan pour le processus électoral bien sûr, mais surtout pour des résultats prévus d’avance.
De deux, 2010 marque le cinquantenaire de l’indépendance de la RD Congo par rapport à la Belgique. En filigrane les images de la table ronde, de la sécession katangaise soutenue par la Belgique, de l’assassinat de Lumumba commanditée de Bruxelles, des rebellions, bref, une décolonisation bâclée.
De trois, 2010 doit en principe marquer les élections locales, toujours pilotées à la Zorro par l’abbé Malu Malu , à la tête d’une CEI anticonstitutionnelle.
De quatre, 2010 sera le début de la campagne pour les élections générales de 2011. Au vu des contreperformances du régime issu des urnes en 2006, un grand désir de changement et d’alternance souffle sur le Congo.
Quel pourrait être la position de monsieur Louis Michel dans le dossier « RD Congo » ?
L’homme politique belge avait été en procès contre le représentant de l’UDPS en Belgique, il est actuellement en procès contre deux Congolais pour le dossier Congo.
Peu de Congolais sont enclin à assister un remake de 2006.
Si l’ONU est pour tout le monde,
Si l’administration Obama veut se démarquer de la politique africaine de Bush,
Si la Belgique ne veut pas radicaliser la position des Congolais contre elle, il est préférable qu’une autre personnalité politique soit désignée à la place de Louis Michel. Yves Leterme, actuel ministre belge des affaires étrangères a encore entre ses mains toutes les cartes.
Il n’y a pas de honte à faire machine arrière quand on s’est trompé.
23:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 septembre 2009
Jeune Afrique: De Gucht, l'autre Belge
«
Nous sommes des gens qui ont l’habitude d’appeler un chat un chat, et une carpe une carpe. Et de ne pas prendre une carpe pour un lapin. » C’est sous la forme de ce portrait chinois que, le 1er septembre, Louis Michel a vanté les qualités de son compatriote et successeur, Karel De Gucht, 55 ans. Ce jour-là, le nouveau commissaire au Développement et à l’Aide humanitaire passait son audition devant le Parlement européen.
Un exercice dont le libéral flamand, réputé pour son franc-parler, s’est globalement bien tiré, malgré les pièges que les eurodéputés n’ont pas manqué de lui tendre. La socialiste belge Véronique De Keyser lui a ainsi demandé s’il se laisserait à nouveau aller à des « dérapages diplomatiques incontrôlés », allusion à ses propos de 2004 fustigeant le manque de crédibilité des hommes politiques congolais. « Je peux essayer. Quand on dit la vérité, il y a des gens qui réagissent », a-t-il rétorqué. Et de préciser qu’avant de dire publiquement ce qu’il pensait de la classe politique de ce pays, il en avait fait part, en tête à tête, au président Joseph Kabila.
De Gucht a par ailleurs affirmé son intention d’agir au Congo pour lutter contre les violences sexuelles faites aux femmes et contre le commerce minier illicite, qui nourrit les réseaux criminels. Il s’est également engagé en faveur du maintien de l’aide au développement en cette période de crise.
En libéral convaincu, il s’est fait l’avocat des accords de partenariat prônant le libre-échange avec les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique). Et a lancé un avertissement à Pékin : « La Chine peut apporter son concours en Afrique, mais il faut qu’elle respecte le cadre international. » Même fermeté affichée sur la question des droits de l’homme. De Gucht a rappelé que les Occidentaux avaient réduit leur aide financière au Rwanda avant que Kigali ne lâche la rébellion de Laurent Nkunda, dans l’est du Congo.
Président du Parti libéral flamand de 1999 à 2004, De Gucht passe pour un homme fidèle à ses convictions et peu enclin à composer. Impression confirmée lors de l’audition du 1er septembre. Ancien ministre des Affaires étrangères, il connaît ses dossiers internationaux sur le bout des doigts et s’est acquis une réputation de travailleur acharné.
20:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 août 2009
AMNESTY INTERNATIONAL DEMANDE AU GOUVERNEMENT NÉERLANDAIS D’ACCUEILLIR JEAN-PIERRE BEMBA COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Amnesty International a demandé le vendredi 14 août aux Pays-Bas et à d’autres pays d’accepter de toute urgence d’accueillir Jean-Pierre Bemba, après la décision de la Cour pénale internationale (CPI), qui siège à La Haye, de remettre cet homme en liberté provisoire dans l’attente de son procès.

Selon la décision de la Chambre préliminaire de la CPI, l’Afrique du Sud, l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal, pays où Jean-Pierre Bemba a souhaité être libéré, ont tous exprimé des réserves ou des objections à l’idée de l’accueillir.
« Si aucun État n’accepte de le recevoir, Jean-Pierre Bemba pourrait rester détenu par la CPI pendant une durée indéfinie, a déclaré Christopher Keith Hall, juriste à Amnesty International.
« Jean-Pierre Bemba a le droit d’être présumé innocent jusqu’à ce que la CPI ait statué dans son affaire. À l’issue d’un examen approfondi, la CPI a estimé qu’il devait être remis en liberté provisoire et sous certaines conditions. Après cette décision, son maintien en détention pour une durée indéterminée constituerait une violation de son droit de bénéficier d’un procès équitable.
« La CPI va tout simplement se trouver dans l’incapacité de fonctionner si les États ne coopèrent pas, a poursuivi Christopher Keith Hall. Les Pays-Bas, où siège la CPI, ont à cet égard une responsabilité particulière. »
Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, le droit international relatif aux droits humains et le droit interne de la plupart des pays reconnaissent qu’une personne peut, si certains critères sont remplis, bénéficier d’une libération provisoire plutôt que demeurer en détention durant une période parfois longue, avant et pendant le procès.
La Chambre préliminaire a invité les États pressentis pour accueillir Jean-Pierre Bemba à présenter leurs observations à la CPI avant la tenue des prochaines audiences dans cette affaire, prévues entre le 7 et le 14 septembre.
Lorsque la Chambre préliminaire aura établi quel est le pays devant de préférence accueillirJean-Pierre Bemba pour sa période de liberté provisoire, cet État aura, aux termes de l’article 86 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, l’obligation inconditionnelle de donner suite à la demande d’accueil de la CPI.
Amnesty International a engagé les États pressentis à revoir leur position sans attendre et à se conformer à l’obligation que leur impose le Statut de Rome de coopérer pleinement avec la CPI, en acceptant d’accueillir Jean-Pierre Bemba et en apportant assistance à la CPI pour la mise en œuvre de la mesure de libération provisoire.
Complément d’information
Le procureur de la CPI a fait appel de la décision de la Chambre préliminaire de remettre en liberté Jean-Pierre Bemba. Celui-ci restera détenu jusqu’à ce qu’il ait été statué sur l’appel, dont l’examen est prévu le 24 août 2009.
Dans de nombreux cas, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a, après examen des implications en matière de sécurité, remis en liberté provisoire dans l’attente de la fin de leur procès des personnes accusées de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre. Trois accusés sont ainsi actuellement en liberté provisoire.
Aux termes de l’article 9-3 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui établit des principes généraux du droit :
« Tout individu arrêté ou détenu du chef d’une infraction pénale sera traduit dans le plus court délai devant un juge ou une autre autorité habilitée par la loi à exercer des fonctions judiciaires, et devra être jugé dans un délai raisonnable, ou libéré. La détention de personnes qui attendent de passer en jugement ne doit pas être de règle, mais la mise en liberté peut être subordonnée à des garanties assurant la comparution de l’intéressé à l’audience, à tous les autres actes de la procédure et, le cas échéant, pour l’exécution du jugement. »
L’article 86 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale prévoit expressément que :
« Conformément aux dispositions du présent Statut, les États Parties coopèrent pleinement avec la Cour dans les enquêtes et poursuites qu’elle mène pour les crimes relevant de sa compétence. »
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14 août 2009
La Chambre préliminaire II rend une décision relative à la mise en liberté sous condition de Jean-Pierre Bemba Gombo
ICC-CPI-20090814-PR443
Situation : République centrafricaine
Affaire : Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo
Aujourd’hui 14 août 2009, la Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale a décidé de faire droit, sous condition, à la demande de mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba Gombo.
L’exécution de cette décision est reportée dans l’attente de la détermination de l’Etat sur le territoire duquel Jean-Pierre Bemba Gombo sera libéré et de la détermination des conditions qui lui seront imposées.
Conformément à l’article 60 (3) du Statut de Rome et à la règle 118 (3) du Règlement de procédure et de preuve, la Chambre préliminaire II a réexaminé sa décision précédente relative au maintien en détention de Jean-Pierre Bemba Gombo du 14 avril 2009. Préalablement à la décision de ce jour, la Chambre préliminaire II avait tenu une audience le 29 juin 2009 sur toutes les questions relatives au maintien en détention de Jean-Pierre Bemba Gombo avant son procès.
La Chambre préliminaire II a conclu que l’évolution des circonstances depuis le 14 avril 2009 justifiait la modification de sa décision précédente sur la détention, dans la mesure où les conditions pour un maintien en détention telles que prévues par l’article 58 (1) (a) et (b) du Statut de Rome n’étaient plus réunies. En effet, après avoir évalué tous les éléments pertinents de l’affaire dans leur globalité et après les avoir mis en perspective, la Chambre préliminaire II a conclu que le maintien en détention de Jean-Pierre Bemba Gombo ne paraissait plus nécessaire pour garantir (i) la comparution de ce dernier, (ii) qu’il ne fera pas obstacle à l’enquête ou à la procédure devant la Cour, ni n’en compromettra le déroulement et (iii) qu’il ne poursuivra pas l’exécution du même crime ou d’un crime connexe relevant de la compétence de la Cour et se produisant dans les mêmes circonstances que dans la présente affaire.
La Chambre préliminaire II a invité tous les Etats sur le territoire desquels Jean-Pierre Bemba Gombo a souhaité être libéré, à présenter leurs observations détaillées sur les questions relatives à sa mise en liberté provisoire ainsi que sur les conditions restrictives de liberté qui pourraient être imposées.
Les audiences devraient avoir lieu entre le 7 et le 14 septembre 2009.
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LA CPI ORDONNE LA"MISE EN LIBERTE PROVISOIRE"DU SENATEUR JEAN-PIERRE BEMBA
La Cour pénale internationale (CPI) a ordonné vendredi la "mise en liberté provisoire" de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), mais doit encore décider quel Etat pourra l'accueillir dans l'attente de son procès.
"Aujourd?hui 14 août 2009, la Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale a décidé de faire droit, sous condition, à la demande de mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba Gombo", a indiqué la CPI dans un communiqué.
"L?exécution de cette décision est reportée dans l?attente de la détermination de l?Etat sur le territoire duquel Jean-Pierre Bemba Gombo sera libéré et de la détermination des conditions qui lui seront imposées", précise la Cour.
La CPI va tenir entre le 7 et le 14 septembre des audiences pour entendre les observations des Etats susceptibles d'accueillir l'accusé, à savoir la Belgique, la France, le Portugal, l'Afrique du sud, l'Italie et l'Allemagne, selon cette source.
Son avocat Me Aimé Kilolo avait réclamé la remise en liberté de M. Bemba lors d'une audience devant la CPI le 29 juin. L'accusé possède notamment des propriétés et des comptes bancaires en Belgique où ses enfants sont scolarisés et a des "liens sociaux importants" en France, avait expliqué Me Kilolo.
M. Bemba est accusé de meurtre, viol et pillage notamment, des crimes de guerre et crimes contre l'humanité, selon le procureur de la Cour pénale internationale. La date de son procès n'a pas encore été fixée.
Jean-Pierre Bemba, 46 ans, avait comparu devant la CPI du 12 au 15 janvier lors d'audiences de confirmations de charges concernant des exactions commises par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.
Après avoir estimé que les allégations comportaient "suffisamment d'éléments de preuves" pour justifier la tenue d'un procès, la CPI avait ordonné le 15 juin de renvoyer M. Bemba en jugement en sa qualité de "chef militaire" du MLC.
La CPI estime qu'il n'y a pas de risque que M. Bemba fasse obstacle à l'enquête ou commette à nouveau les mêmes crimes s'il attend le début de son procès en liberté, selon le communiqué.
Jean-Pierre Bemba, qui avait quitté la RDC en avril 2007 après avoir perdu les élections présidentielles de 2006 face à Joseph Kabila, avait été arrêté en mai 2008 à Bruxelles. Il avait été transféré puis placé en détention à La Haye, où siège la CPI, début juillet 2008.
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12 août 2009
HILLARY CLINTON AU CONGO,PAROLE,PAROLE,PAROLE
LA UNE: Pillage des richesses minières. H. Clinton dénonce « un très petit groupe » de profiteurs
Le message des Congolais a été entendu. Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, bien que diplomate, a prononcé le discours attendu par le peuple congolais. Elle a solennellement déclaré que les « Etats-Unis sont désormais un partenaire d’espoir pour aider la RDC à écrire une nouvelle page de l’histoire du peuple congolais ». Elle a eu également un courage exceptionnel en dénonçant le mal, au plan interne en mettant le doigt dans la plaie: « Que les richesses minières et autres de ce pays devraient être utilisées au profit du peuple congolais, pas pour un très petit groupe qui en a traditionnellement bénéficié ». De condamner ensuite « les entreprises ou les pays étrangers qui extraient les richesses pour les emporter sans un rien en retour ». Message clair contre l’enrichissement illicite et le pillage des richesses congolaises, causes des guerres en RDC.
Mais que faut-il retenir de cette visite ? A-t-elle répondu aux attentes du peuple congolais ? S’il est encore prématuré de répondre à ces interrogations, tant il est vrai que c’est la suite de cette visite qui demeure jusqu’à preuve de contraire intéressante, il y a lieu d’admettre que les déclarations de Hillary Clinton ont été encourageantes.
Certes, le côté classique et diplomatique a été respecté. C’est ainsi qu’elle est revenue sur le discours de tous les temps, c’est-à-dire, du déjà entendu : lutte contre la corruption, respect des droits de l’homme et bonne gouvernance. Mais l’autre discours attendu par les Congolais devrait tourner autour de la nouvelle vision de la politique africaine des Etats-Unis. Elle ne pouvait se dérober et ne pas faire faire allusion aux causes principales de ces guerres qui ont endeuillé la République démocratique du Congo, déstabiliser la région de l’Afrique des Grands Lacs.
COURAGE POLITIQUE
Il faut reconnaître que la secrétaire d’Etat américaine a fait preuve d’un courage politique que réjouit plusieurs observateurs congolais. Quittant le sentier « poli et de réserve » de la diplomatie ainsi que des discours classiques, elle a précisé clairement les intentions des Etats-Unis, dénoncé sans atermoiements le mal qui ronge la société congolaise, allant jusqu’à mettre le doigt dans la plaie. D’entrée de jeu, elle a invité les Congolais à tourner la page de l’histoire en regardant vers l’avenir. Elle a exprimé sans équivoque « l’engagement fort des Etats-Unis à réchauffer les relations avec la République démocratique du Congo ». Aussi, estime-t-elle qu’il s’agit d’un moment « décisif pour la RDC qui doit consister également à faire un bon choix de ses partenaires ». Et d’ajouter que les « Etats-Unis sont un partenaire de l’espoir pour permettre à la RDC d’écrire une nouvelle page de l’histoire du peuple congolais ».
Mieux, elle a réaffirmé que sa visite en RDC vise « à explorer les voies par lesquelles la RDC et les Etats-Unis pourront travailler ensemble. Mais je crois fermement qu’il doit y avoir une fin à l’impunité, une fin à la corruption, et davantage de transparence et d’obligation de rendre des comptes, et que les richesses minières et autres de ce pays devraient être utilisées au profit du peuple congolais, pas pour un très petit groupe qui en a traditionnellement bénéficié ».
Allusion faite à cette « bourgeoisie compradore » qui a pris en otage le peuple congolais. Elle a également dénoncé cet amateurisme politique qui sous-tend la mauvaise gouvernance et l’impunité.
Mais Hillary Clinton est allée plus loin, en touchant à l’une des causes principales qui favorisent les guerres ou conflits armés en RDC, entretenant ainsi les violences sexuelles. Il s’agit justement du pillage des richesses congolaises par « des groupes d’intérêts financiers » et qui se recrutent tant en Occident qu’en Asie. Non pas seulement ce « très petit groupe » congolais qui a institué un système (traditionnellement) de prédation économique pour s’enrichir illicitement en prenant goût à signer des contrats léonins avec «des entreprises ou les pays étrangers qui extraient les richesses pour les emporter sans en retour effectuer dans le pays un investissement proportionnel ». Voilà qui est bien dit. Hillary Clinton renforce ainsi le discours déjà prononcé par le président Barack Obama, alors sénateur de l’Illinois. Il rendait « responsables les pays étrangers qui déstabilisent la RDC en pillant des richesses congolaises ». En ces temps, il avait élaboré un « rapport intéressant » sur les causes des guerres en RDC. Que la secrétaire d’Etat américaine remue le couteau dans la plaie, c’est que les Etats-Unis ont effectivement décidé, eux aussi, « de tourner la page ». Voilà qui augure de perspectives encourageantes entre la République démocratique du Congo et les Etats-Unis. Cette visite de Hillary Clinton se termine donc sur une note d’espoir.
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11 août 2009
Arrivée à Kinshasa ce lundi: Hillary Clinton ou le signal fort d’Obama
La République démocratique du Congo et les Etats-Unis s’apprêtent à s’engager dans un tournant déterminant dans le cadre de leur coopération bilatérale. La visite de Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, devrait servir de déclic. Il s’agit des moments difficiles, car d’un côté les Etats-Unis doivent donner un signal fort après douze ans de coopération timide et de guerres de déstabilisation contre la République démocratique du Congo. Et de l’autre, la RDC de réaffirmer sa détermination à prendre en mains sa propre destinée. Washington a-t-il décidé de revenir à de bons sentiments vis-à-vis de la RDC ?
En d’autres circonstances, l’on se serait permis de dire que « l’assassin revient toujours sur les lieux du crime » quand on sait que ce sont des « groupes d’intérêts financiers occidentaux qui ont allumé le feu en RDC ». Avec toutes ces guerres « commanditées » qui ont endeuillé la RDC, détruit ses infrastructures socio-économiques et exécutées par nations interposées.
Mais au regard de la détermination des Etats-Unis d’Obama de faire de l’Afrique une priorité pour qu’elle ne se considère plus comme exclue du monde, l’arrivée à Kinshasa de Mme Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, devrait marquer une nette rupture avec les « faiseurs de guerre ». Elle intervient douze ans après celle de Madeleine Albright, alors également secrétaire d’Etat américaine.
Les Congolais rejettent déjà tout discours académique ou classique, de bonnes intentions. Ils attendent un discours de clarification, de précision pour inaugurer une nouvelle ère de partenariat positif entre la RDC et les Etats-Unis.
Ainsi, après le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Angola, Mme Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine est attendue ce lundi 10 août à Kinshasa. Une visite qui soulève déjà plusieurs interrogations compte tenu des rapports timides, depuis quelques années, entre la République démocratique du Congo et les Etats-Unis d’Amérique. Que faut-il attendre de cette visite ? Question pertinente du fait du changement intervenu à Washington, avec l’élection de Barack Obama à la présidence des Etat-Unis. Mais aussi aux lendemains de graves événements qui se sont précipités en RDC. Or, certaines analyses ont présenté jusque-là, les Etats-Unis comme des « suppôts de ces guerres de 1996 – 1998 » qui devraient conduire à la balkanisation de la République démocratique du Congo grâce au soutien financier consenti par des «groupes d’intérêts financiers occidentaux », politique et militaire fournis aux pays agresseurs.
Aussi, les Congolais refusent ou rejettent tout discours académique ou classique qui se limiterait seulement à de simples bonnes intentions. Ils attendent un discours de clarification et de précision. Mieux, un discours de changement qui doit souligner la nouvelle vision de la politique africaine des Etats-Unis de manière à bien apprécier le rôle que le gouvernement américain entend jouer sur le continent.
LE LIEU DU CRIME
Il est un fait que depuis la fin de la guerre froide, Washington qui passe pour être la première grande puissance dans le monde, a pris ses distances vis-à-vis de Kinshasa pour se rapprocher plus d’autres capitales de la région des Grands Lacs. Cette attitude a renforcé le comportement « arrogant » de ces pays voisins, allant jusqu’ à provoquer deux guerres d’agression contre la RDC, en plus du pillage systématique des richesses congolaises.
Aujourdhui, la RDC compte plus de 5 millions de morts - qu’on n’aborde même pas sur le plan international - et autant de femmes et filles violées. D’ailleurs, Madame Hillary Clinton se rend demain à Goma, au Kivu, là où « ces crimes contre l’humanité » ont été commis pour balkaniser la RDC. En se rendant sur le « lieu du crime », Hillary Clinton constatera sûrement l’étendue des dégâts et se fera une idée plus ou moins exacte des atrocités que les populations congolaises ont endurées. Leur malheur, c’est de disposer d’un vaste territoire que certains milieux occidentaux s’acharnent à faire couper. Leur péché, c’est d’habiter dans un territoire aux immenses ressources, suscitant la convoitise de groupes d’intérêts financiers régionaux et internationaux.
LES ENJEUX DE CETTE VISITE
Comment les Etats-Unis entendent-ils remédier à cette situation et permettent à ce que les richesses congolaises profitent avant tout au peuple congolais ?
Cette interrogation soulève les enjeux de cette visite. Les Etats-Unis ont promis de travailler avec l’Afrique, d’améliorer la coopération économique avec les Etats africains. Très intéressés par le pétrole, des opportunités sont réelles pour permettre à la République démocratique du Congo et aux Etats-Unis d’envisager des accords commerciaux réciproquement bénéfiques dans ce domaine. Mais également dans d’autres secteurs producteurs. Notamment dans les minerais comme l’or, cuivre, étain, colombo tantalite (coltan), bauxite, fer, manganèse, cobalt, charbon et gaz méthane congolais.
Les Etats-Unis peuvent également aider la RDC à améliorer l’agriculture, à rentabiliser ses ressources énergétiques. Il revient aux dirigeants congolais de saisir cette opportunité pour présenter des projets rentables dans le but d’attirer les investisseurs américains.
Il est bien entendu qu’un accent particulier sera mis sur l’environnement politique et celui des affaires. D’une part, sécuriser les institutions nationales en faisant de l’Armée et de la Police de véritables socles des institutions républicaines. De l’autre, assainir les milieux des affaires grâce à des réformes au niveau de l’Administration publique.
Partout où elle est passée, Hillary Clinton a insisté sur la bonne gouvernance et le respect de la démocratie. Elle relaie le discours de Barack Obama qui avait tenu à dire à Accra que les Etats-Unis travailleront avec les pays africains qui feront preuve de bonne gouvernance et de démocratie. Cette question ne manquera pas de faire le tour de la table
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01 août 2009
Golden Misabiko-Joseph Kabila : Chronique d’un duel
Officiellement arrêté le 24 juillet dernier pour avoir écrit que la RD Congo aurait vendu du minerai d’uranium aux régimes iranien et nord-coréen, Golden Misabiko a, en réalité, quelques vieux comptes à régler avec le «raïs» Joseph Kabila. Les deux hommes se détestent «chaleureusement». Congoindependant a fouillé des documents d’archives pour comprendre la problématique.
«Exigeons de la Justice congolaise, la libération de Monsieur Golden Misabiko, car les faits mis à sa charge (atteinte à la sûreté de l’état et diffamation) sont imprécis et obscurs». C’est un passage tiré de la Déclaration publiée jeudi 30 juillet par des organisations de la société civile de la province du Katanga suite à «l’arrestation arbitraire et la détention» du président de la section «katangaise» de l’Asadho. Ces organisations appuient sans réserve «les conclusions du rapport publié par Asadho/ Katanga» sur la mine d’uranium de Shinkolobwe et assurent que les pouvoirs publics sont en possession «de toutes les informations relatives à la continuité de l’exploitation clandestine de cette mine uranifère». Au-delà de la question relative à l’exploitation de l’uranium, il existe un «vieux contentieux» entre «Golden» et «Joseph». A Kinshasa, le ministre de la Communication et des médias a déjà qualifié les faits en parlant de «haute trahison». Question : Va-t-on assister à une «lutte finale» sous la forme d’une parodie de procès ?
L’exécution du commandant Masasu
Qui est Golden Misabiko Muchega ? Originaire de la province du Sud Kivu, «Golden» est ce qu’on pourrait appeler un «combattant» des droits et libertés. C’est aussi un combattant de la vérité. La vérité vraie. L’homme a acquis une notoriété planétaire pour avoir été le premier à annoncer, l’exécution du commandant Anselme Masasu Nindaga, un des quatre têtes d’affiche de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre) et ancien conseiller spécial du président Laurent-Désiré Kabila. Interrogé par «La Voix de l’Amérique», en décembre 2000, Misabiko révélait que la mise à mort a eu lieu le 25 novembre 2000 à Pweto, dans la province du Katanga. En bon défenseur des droits humains, il a dénoncé au passage que cette exécution ait eu lieu en application d’un procès expéditif mené par la Cour d’ordre militaire laquelle ne laissait aucune place au droit de la défense. Embarrassé par ce «scoop», She Léonard Okitundu, alors chef de la diplomatie congolaise, finit par confirmer l’information. Reste que Misabiko est arrêté par des agents de l’ANR (Agence nationale de renseignements). Il est relâché quelques jours après.
Kabila est mort, vive Kabila !
Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila meurt dans des conditions mystérieuses non élucidées à ce jour. Dix jours après soit le 26 janvier, le général-major Joseph Kabila est investi en qualité de président de la République dans des circonstances toutes aussi énigmatiques. Pendant que les Congolais s’époumonaient sur le «caractère dynastique» de cette succession, le nouveau président américain Georges W. Bush, interrompt le débat en adressant ses «félicitations» à son homologue de la RD Congo. Son message commence par deux mots magiques: «Mister Président, …». Pour la «communauté internationale», la cause est entendue. Adoubé par la puissante Amérique, «Joseph» a les coudées franches pour «travailler». Et dire que le monde occidental – Washington, en tête - a œuvré à l’éviction de Mobutu Sese Seko au motif que celui-ci constituait un «obstacle» à la démocratisation dans l’ex-Zaïre.
GLM
Le 5 février 2001, Misabiko est à nouveau interpellé à Lubumbashi par des agents de l’ANR. Vingt-quatre heures après, il est transféré à Kinshasa. Ses déclarations sur l’exécution du commandant Masasu continuent à le poursuivre. Destination : l’immeuble GLM (Groupe Litho Moboti). Les «libérateurs» du 17 mai 1997 ont transformé ce paisible endroit situé dans la très huppée commune de la Gombe en un lieu de détention et de tortures où officient des agents de la sécurité présidentielle (GSSP). A quelque chose malheur est bon, Golden partage sa cellule avec plusieurs «Kadogo», les fameux enfants soldats partis d’Uvira jusqu’à Kinshasa en compagnie d’un certain «commandant Hyppo», mieux connu désormais sous le patronyme de Kabila. Prénom : Joseph.
Exil en Suède
Après plusieurs semaines passées au «GLM», Golden est transféré à la prison centrale de Makala. Il est relaxé le 13 septembre 2001. Son retour à Lubumbashi ne se passe pas sans heurts. Il fait l’objet d’une filature permanente de la part des «James Bond» de l’ANR locale. C’est ainsi qu’il décide de partir en exil. Destination : la Suède. Une sorte de repli stratégique. L’homme regagne le pays en juin 2004. Il reprend aussitôt ses activités. Fils du leader de la sécession katangaise Moïse Tshombe, «André» est arrêté mi-mai pour complicité dans «une tentative de sécession ». Le 2 juin 2005, Misabiko qui enquêtait sur cette affaire est «enlevé» par des éléments de l’Agence. L’acte est dénoncé dans un communiqué de l’Asadho : «L’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme, représentation du Katanga, Asadho/Katanga en sigle, dénonce l’enlèvement de l’un de ses membres en la personne de Monsieur Golden Misabiko ce jeudi 02 juin 2005 par trois agents armés de l’Agence nationale de renseignements, ANR/Katanga, en sigle sur ordre de Messieurs Jules Katumbwe et Théo Kiakwima respectivement directeur provincial et directeur adjoint chargé des opérations de ses services.»
Que reproche-t-on à Misabiko ? «Il lui est reproché d’avoir enquêté et fait des déclarations déniant tout fondement aux poursuites menées contre Monsieur André Tshombe et consorts dans le dossier de «la sécession au Katanga», note le communiqué. L’association de relever que depuis que Misabiko est rentré de son exil en Suède, «il fait toujours l’objet de harcèlement et de filature de la part des agents de l’ANR/Katanga.»
Lettre ouverte à Joseph Kabila
Le 20 octobre 2006, Golden prend son courage à deux mains. Il adresse au «raïs» Joseph Kabila une «lettre ouverte» digne d’un réquisitoire. Le courage cohabite allègrement avec la témérité. L’homme reste courtois mais d’une fermeté impitoyable : «A Monsieur Joseph Kabila, président de la République. Je vous écris cette lettre que j’estime très grave pour exprimer l’indignation et la honte que votre personne cause à toute l’humanité en général et au peuple congolais, votre victime en particulier», écrit-il en liminaire. Et d’ajouter : «J’espère que cette lettre grave vous parviendra en main propre pour que vous puissiez vous rendre compte que les Congolais ne sont pas des imbéciles. Cette lettre est l’expression des frustrations des millions de mes compatriotes que vous tuez quand vous voulez ou dont vous crachez dans les bouches quand il vous plaît. Je suis de ceux courageux, qui malgré vos armes, vos poisons et vos intimidations vous adressent cette lettre grave qui vous rappelle ce que vous êtes. Monsieur, vous devez cesser d’être le Président de ce pays et d’en avoir l’ambition de devenir un jour. Je vous le rappelle c’est une honte pour le peuple.»
Golden change le fusil d’épaule. Il élude le mot «président» et déverse aussitôt un tapis de bombes. Il évoque quatre sujets majeurs : l’identité de «Joseph», le massacre des Hutus lors de la guerre dite des «Banyamulenge», l’exécution du commandant Masasu et la disparition de LD Kabila. Les accusations sont graves. «Monsieur Joseph Kabila,, assène-t-il, voici quelques graves vérités sur vous : votre identité est fausse. Vous le savez, et je le sais aussi que les noms que vous portez sont faux. Quelle légèreté et bassesse pour le pays !» «Vous avez participé personnellement dans les crimes contre l’humanité et le génocide du Rwanda, vos mains ont versé le sang et ont été dénaturées vous le savez pertinemment bien. Votre commando redouté a massacré hommes, femmes et enfants dans les camps des réfugiés de Sake, Mugunga, Rutshuru ; vous avez ordonné de creuser des fosses communes et vos victimes y furent jetées.» «A Tingi-Tingi, en présence des organisations humanitaires, vous avez impitoyablement et sans cœur, massacré une population fuyant la guerre, estimée à plus de douze mille âmes qui était entrain d’être soulagée par ces Ong de charité dans des gares de la voie ferroviaire entre Kindu et Kisangani. A Kisangani, vous, en tant que commandant de l’axe, avez massacré plus de 350.000,( trois cent cinquante mille) êtres humains ( ceci est documenté dans les rapports des Nations unies, voir Garreton Roberto). Dans la province de l’Equateur, sous votre commandement, vous avez beaucoup tué. Les corps de vos victimes étaient jetés dans le fleuve ou enterrés dans les fosses communes.»
S’agissant de la mort de Kabila père, Golden accuse l’ancien chef d’état-major des forces terrestres d’en être l’auteur : «C’est vous qui avez tué Laurent Désiré Kabila. Ne croyez pas que les Congolais sont si idiots pour ne pas connaître vos crimes. Vous avez, dans ce processus d’assassinat de LD Kabila, tué le commandant Masasu Nindaga Anselme à Pweto. Vous avez, vous-même, accompagné l’expédition de la mort et vous avez assisté à son exécution et ainsi que celle d’autres infortunés. Cela fut la première étape d’une action qui vous amenait à abattre LD Kabila.» «De retour à Kinshasa, vous avez massacré, des jeunes gens civils ou militaires originaires des Kivu ( Bashi, Bavira, Nande, Rega, Bembe, …)».
Parlant de l’immeuble «GLM», son ancien lieu d’incarcération, Misabiko écrit : «A cet endroit, vous avez gardé, torturé et tué plus de 475 jeunes gens que vous preniez par groupes de 25 pour aller les exécuter à Kibomango ou les jeter dans le fleuve Congo. J’ai subi, j’ai vu et j’ai survécu.»
En guise de conclusion, Golden parle de l’uranium : «Vous vendez de l’uranium en provenance de Shinkolobwe, à l’Iran et à la Corée du Nord. Ce minerai dangereux que vous faites exploiter sans normes expose le monde entier, en général et le Congo en particulier.» Il poursuit : «Les faits criminels ci haut cités sont aggravés par le fait que vous vous droguez chaque jour. En effet, vous prenez la cocaïne par la voie intraveineuse chaque jour, une fois le matin et une fois le soir. Cette pratique non seulement qu’elle rend le Congolais ridicule, pour ceux qui vous connaissent, mais elle met toute la nation en danger de mort. Nous courrons le risque de vous voir un jour, sous l’effet de la cocaïne, tuer les gens à volonté. Il sera trop tard.»
Golden persiste et signe
Dans un entretien avec Congoindependant en date du 21 octobre 2006, Misabiko persiste et signe. Questions : Dans votre lettre ouverte à Joseph Kabila, vous écrivez ce qui suit : «Votre identité est fausse. Vous le savez et le je le sais que les noms que vous portez sont faux ». Quels sont les éléments en votre possession ? «Je persiste et signe : l’homme qui est à la tête de la République démocratique du Congo ne s’appelle pas Joseph Kabila. Son identité est fausse.» Quelle est, selon vous, son identité réelle ? «Son identité réelle est Hyppolite Christopher Kanambe». Certains pourraient objecter que c’est «du déjà entendu» ! Que répondez-vous ? «C’est vrai que tout le monde le dit. Il reste que c’est la vérité. Pour le moment, je n’entre pas dans les détails. Je tiens à ajouter qu’il n’est pas le fils de Laurent-Désiré Kabila.»
Pourquoi, selon vous, la famille biologique de feu Kabila ne dit pas sa part de vérité pour mettre fin à cette controverse ? «Cette famille ne pourra pas clarifier cette situation. Le «Monsieur» qui a usurpé le nom de Kabila est entrain d’utiliser ce patronyme pour garder le pouvoir. La famille biologique de Laurent-Désiré Kabila est entrain de se faire corrompre politiquement du fait que le nom de «Laurent» est faussement pérennisé par «Joseph». Sur le plan économique, cette famille garde le silence pour continuer à jouir de sa part du «butin». Les membres de la famille de LD Kabila jouissent des faveurs pour l’exploitation minière. Le pouvoir leur accorde diverses facilités notamment en argent. La famille de Laurent-Désiré est corrompue par l’homme qui se fait appeler Joseph Kabila.»
Dans votre lettre ouverte, vous écrivez que Joseph Kabila se drogue à la cocaïne par voie intraveineuse. C’est une déclaration grave ! Pouvez-vous le prouver ? «Je suis un fouineur. Je suis un investigateur. Je peux prouver ce que je dis. Toutefois, même devant un peloton d’exécution, je ne révélerai jamais l’identité de ma source. Je peux en revanche vous affirmer qu’il s’agit d’une source digne de foi. Une source sûre. Je répète que Joseph se drogue à la cocaïne chaque matin et soir. A une personne qui l’exhortait à arrêter l’usage de stupéfiants, Joseph lui a répondu qu’il se «shoote» depuis l’âge de douze ans et qu’il ne sait plus se passer de la drogue. La personne en question m’a avoué qu’il a fait l’objet d’un attentat au cours de la même soirée.»
N’avez-vous pas de craintes pour votre propre sécurité ? «Pas du tout. En faisant cette déclaration, je n’ai en tête qu’un seul but : le salut de notre pays et celui de notre peuple. Je ne peux en aucun cas avoir peur de dénoncer la cocaïne que prend un soi-disant président de la RD Congo. C’est une situation qui risque à la longue d’entraîner tout le pays dans un gouffre. Et ce sur le plan tant moral que du bien-être collectif.»
Vous évoquez l’affaire relative au trafic de l’uranium de Shinkolobwe. Avez-vous un complément d’informations ? «Selon les informations en ma possession, Augustin Katumba Mwanke s’est régulièrement rendu à Téhéran en vue de conclure le contrat de vente du minerai d’uranium à l’Iran ainsi qu’à la Corée du Nord. Joseph utilise quelques hommes de son entourage pour ne pas faire apparaître son implication dans ce dossier. Outre Katumba, je peux citer Didier Kazadi Nyembwe, John Kahozi. Sans oublier l’ancien responsable, à Lubumbashi, de l’ANR (Agence nationale de renseignements) qui vient d’être transféré à Kisangani. Il s’appelle Katumbwe Bin Mutindi. Celui-ci a organisé la sortie de l’uranium à partir de Lubumbashi vers l’Iran. Au moment où je vous parle, Katumbwe doit être auditionné à Kinshasa à ce sujet. C’est une affaire vraie.»
Des témoins assurent que Joseph Kabila se trouvait, le 16 janvier 2001, à Lubumbashi. Dans votre lettre, vous l’accusez pourtant d’avoir «tué» Laurent-Désiré. «Joseph avait quitté Kinshasa un jour avant l’annonce de la mort de Laurent-Désiré Kabila. Avant de quitter la capitale, il avait ordonné le désarmement des soldats notamment du camp Ceta et Kokolo de peur que les militaires de ces garnisons réagissent à l’annonce du décès de «Laurent». Au palais de marbre, tous les éléments de la garde rapprochée ont également été désarmés. Après avoir planifié l’heure à laquelle Laurent-Désiré devait être abattu, Joseph a pris son avion pour aller à Lubumbashi. C’est lui qui a coordonné l’assassinat à partir de Lubumbashi. Je voudrais ajouter que le 15 janvier 2001, Sifa Mahanya se trouvait en détention à la prison de Makala. C’est Joseph qui l’a fait extraire ce même jour. En contrepartie, Sifa a accepté de jouer le jeu en se présentant comme la maman du nouveau président.»
Vous imputez également à Joseph Kabila l’exécution du commandant Anselme Masasu Nindaga ! «En organisant l’exécution de Masasu à Pweto en compagnie de John Numbi et de Charles Alamba, Joseph voulait provoquer une sorte de psychose à Kinshasa. Je peux vous affirmer que c’est John Numbi qui avait abattu Masasu. Alamba est venu l’achever. Dès ce moment, Joseph a fait répandre des bruits selon lesquels les jeunes soldats venus du Kivu ne voulaient plus de Laurent-Désiré Kabila après la mort de Masasu. Joseph ne cessait de dire à qui voulait l’entendre que les soldats originaires du Kivu préparaient un complot visant à assassiner LD Kabila. (…). Durant la journée du 16 janvier 2001, Joseph était accroché aux nouvelles de Kinshasa jusqu’au moment où un correspondant l’a assuré que «le baobab est tombé». C’est ainsi qu’il a pris un aéronef pour rejoindre Kinshasa dans la soirée. Ce n’était nullement pour participer au deuil. Le corps de Laurent-Désiré a été emmené à Harare, via Lubumbashi, afin d’ouvrir le coffre du disparu - grâce à ses empreintes - dans la capitale zimbabwéenne. Voilà pourquoi je dis que Joseph a tué Laurent-Désiré Kabila. Je sais que celui-ci n’était pas un saint homme. Il reste qu’aucun crime ne peut rester impuni. En tant que défenseur des droits de l’homme, je ne peux que dénoncer et condamner ce genre d’actes.»
Qui est finalement l’homme qui s’appelle Joseph Kabila? «Joseph est un citoyen rwandais. Avant d’arriver au Congo, il a évolué au sein de l’armée patriotique rwandaise sous les ordres du général Paul Kagame. Lorsque les Hutus ont fui le Rwanda pour se réfugier dans les provinces du Kivu, le nouvel homme fort de Kigali se sentait en insécurité. Joseph fait partie des soldats qui ont été chargés, fin 1996, par Kagame, d’«éloigner» les Hutus le plus loin possible des frontières du Rwanda. Hyppo Kanambe et James Kabarebe conduisaient cette opération. Dès que Laurent-Désiré a été assassiné, le régime de Kigali a retrouvé sa quiétude. Kagame était aux anges quand Joseph est arrivé au pouvoir. D’ailleurs, le RCD-Goma a trouvé son compte en trouvant sa place dans les institutions gouvernantes du pays. J’ai aujourd’hui la conviction que l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) a bénéficié du soutien de certaines multinationales pour chasser Mobutu du pouvoir. Les mêmes multinationales soutiennent aujourd’hui Joseph. Il suffit de voir la tolérance de la communauté internationale à l’égard du chef d’Etat sortant.» (L’interview a été réalisée avant le second tour de l’élection présidentielle de 2006, Ndlr).
Tout ceci n’explique pas les raisons ayant poussé Laurent-Désiré à présenter Joseph comme étant son fils. «Beaucoup de gens allèguent effectivement que Laurent-Désiré l’avait présenté comme son fils. Je n’ai souvenance d’une quelconque présentation officielle dans ce sens.»
Comment expliquez-vous le fait que l’actuel président se nommait Joseph Kabila du vivant de Laurent-Désiré ? «C’est à l’étape de Kisangani, en mars 1997, qu’il avait adopté l’identité de Joseph Kabila. C’était un subterfuge pour le faire accepter par la population. C’est Eddy Kapend qui avait proposé qu’il prenne cette identité. Au moment où il atteint Kisangani, tout le monde désignait Joseph sous l’appellation de «commandant Hyppo». A Lubumbashi, le bruit s’est répandu qu’il y a un certain Joseph Kabila parmi les soldats. Je tiens à vous dire que Joseph connaissait Laurent-Désiré. Celui-ci n’a jamais fait faire un acte juridique reconnaissant Hyppolite Kanambe comme son fils. Des journalistes disent qu’ils n’ont jamais entendu Laurent-Désiré désigné Joseph sous les termes «mon fils». Je peux vous dire également que Joseph n’a jamais dit «mon père» pour désigner LD Kabila. J’ai des témoins qui ont surpris un jour Joseph, parlant de Laurent-Désiré de son vivant, dire en swahili : «Ule muntu iko n’akili ?». Traduction : cet individu est-il vraiment intelligent ?
Vous affirmez avoir été témoin de l’élimination physique de plusieurs centaines de soldats originaires du Kivu. «Après avoir dénoncé l’exécution de Masasu, j’ai été arrêté et «enlevé» de Lubumbashi avant d’être transféré au «GLM» à Kinshasa. J’ai été le témoin malheureux des «disparitions». Chaque jour aux environs de minuit, des militaires venaient prendre une trentaine de jeunes militaires détenus qui partaient pour ne plus revenir. J’ai pu obtenir des témoignages dans les cellules où ils étaient. Certains ont été tués dans les couloirs du GLM. On leur passait un sac à la tête jusqu’à la taille avant de leur tordre le cou à un angle de 100 degrés…»
Clandestinité
La lettre ouverte destinée au "raïs" a provoqué le plus grand courroux dans la "Kabilie". Les agents de l’ANR sont lancés aux trouses de Golden. Celui-ci n’a pas d’autre choix que d’entrer en clandestinité. Une situation devenue coutumière pour les journalistes et les défenseurs des droits humains en RD Congo. Coup de théâtre : le 21 juillet 2007, Misabiko est élu président de l’Asadho/Katanga. Il déclare : «J’entends placer mon mandat au service de l’intérêt général, de la lutte pour la promotion de la dignité de l’homme congolais, de l’instauration de la démocratie et de la bonne gouvernance. L’Asadho Katanga se veut un espace d’écoute des véritables attentes de la population. En ma qualité de président provincial, je n’hésiterais pas à stigmatiser, le cas échéant, les dysfonctionnements qui affectent la vie socio-politique au Katanga».
Les organisations de défense des droits humains basées au Katanga exigent la libération pure et simple de Golden Misabiko. Elles redoutent sans doute que les antécédents énumérés ci-haut privent leur camarade du bénéfice d’un procès serein, juste et équitable. A tort ?
B.A.W
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11 juillet 2009
QUAND JEAN-PIERRE BEMBA DISAIT:"MBOKA NA BISO ETEKAMI"PERSONNE N'Y CROYAIT
Radio Okapi 85% du Katanga, découpé en carrés miniers, est déjà vendu
La quasi totalité du territoire du Katanga découpé en carrés miniers a déjà été vendu à des tierces personnes. Seul reste de petits espaces occupés par des marécages sans grand intérêt. Même les emplacements occupés par les villes et les villages sont déjà attribués, indique radiookapi.net
C’est le résultat d’une longue enquête menée par une équipe de chercheurs et techniciens dirigés par un professeur belge Yan Gorus. Ce professeur indique que la plupart des acquéreurs des ces carrés, n’ont ni moyens, ni technique pour explorer ou pour exploiter ces surfaces. De leur coté, les autorités du Katanga craignent d’éventuel conflits de grandes ampleurs.
L’équipe du professeur Yan Gorus a établi la carte minière du Katanga. On peut y distinguer la répartition des carrés miniers. Ils couvrent les surfaces des villes, des villages et même des parties de lacs et rivières. le professeur Yan Gorus parle ici de la surface du katanga concerné par cette vente de carrés miniers : « sur les 85 % du territoire. il n y a que les marécages autour du Lualaba,du fleuve qui sont libre de toutes concessions. On a pu constater que dans certaines réserves naturelles, dans certains parc,on a accordé des permis de recherches ».
En cas de conflit entre un propriétaire de terrain foncier et celui d’un carré minier, c’est ce dernier qui, au terme de la loi, aura gain de cause. Ce qui fait craindre des tensions entre les propriétaires terriens et ceux des carrés miniers.
Le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, souhaite que le professeur Yan Gorus explique cette situation à Kinshasa à partir d’où ces carrés miniers ont été vendus : « il faudrait descendre avec le professur Yan Gorus à Kinshasa pour qu’ils leur montre. Parcequ’un jour, cela va amener des désordres, les gens vont s’entretuer ».
Les responsables du cadastre minier sont restés injoignables.
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09 juillet 2009
Jean-Pierre Bemba aux funérailles de son père à Bruxelles
La cérémonie religieuse en hommage à Jeannot Bemba Saolona, sénateur et important homme d’affaires congolais, a eu lieu à la cathédrale Saints-Michel- et-Gudule. Son fils, Jean-Pierre Bemba, avait été autorisé par la Cour pénale internationale à y assister. De légers débordements ont eu lieu au sortir de la cathédrale.
Jeannot Bemba Saolona est décédé le 2 juillet dans une clinique bruxelloise. Il était âgé de 67 ans.
Son fils Jean-Pierre Bemba a été autorisé par la Cour pénale internationale (CPI) à assister à la cérémonie. Cet opposant farouche au président Kabila est détenu provisoirement à La Haye depuis juillet 2008 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Des crimes présumés commis en Centrafrique par sa milice, le MLC, entre octobre 2002 et mars 2003. Il avait été arrêté à Bruxelles en mai 2008 en exécution d’un mandat d’arrêt de la CPI.
Tout le quartier de la cathédrale est étroitement surveillé par de nombreuses patrouilles de police depuis mercredi matin. Une centaine d’agents étaient mobilisés.
Jean-Pierre Bemba est arrivé peu avant 13 heures place Sainte-Gudule. Il est entré dans la cathédrale par une porte latérale. Il a été transporté dans une voiture banalisée escortée par d’autres véhicules de police également banalisés. Tous ces agents étaient en civil.
Jean-Pierre Bemba a pu prendre place au premier rang dans la cathédrale, qui est comble. De nombreux hommes d’affaires étaient présents à la cérémonie ainsi que des avocats bien connus.
Le service d’ordre à l’intérieur de la cathédrale est réglé par des agents en civil et par des proches de la famille Bemba.
La fin de la cérémonie religieuse en hommage au sénateur et homme d’affaires congolais Jeannot Bemba Saolona a été marquée par des acclamations et de légers débordements de nombreux supporters du fils du défunt et ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba, mercredi peu après 14h30, alors que le corps était emmené vers une chapelle annexe de la cathédrale des Saints Michel et Gudule.
L’ancien vice-président de la RDC, dans une importante bousculade, a été acclamé aux cris de «Jean-Pierre Bemba président» à sa sortie de la cathédrale. Le service d’ordre, assez imposant, qui avait été mis en place par les organisateurs de la cérémonie, est néanmoins parvenu à rapidement calmer les ardeurs des supporters.
Belga
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07 juillet 2009
AfricaNews: LES LEÇONS DU SOMMET DE SYRTE. JP BEMBA, Le soutien des Africains
Au cours desdites assises, l'Afrique a parlé d'une même voix en mettant Moreno Ocampo devant ses responsabilité s. La plupart des Etats non signataires des Statuts de Rome instituant la CPI ont été réconfortés dans leur position à l'image de la Libye, hôte du sommet. Des délégations des Etats signataires des statuts de Rome présentes à ces assises ont été contraintes, par la force des choses, à se mettre au pas et à se ranger derrière la majorité.
Cette prise de position de l'Afrique exprimée à Syrte se présente comme un soutien à tous les RD-Congolais qui croupissent à La Haye dont les procès prennent les contours d'une véritable éternité. Les RD-Congolais qui y sont détenus ne bénéficient à tous égards de l'exercice de principes universellement admis applicables dans les procédures judiciaires. Ils sont tout à fait laissés en pâture au bon vouloir de Moreno qui règle la procédure à son souhait et détermine même la cadence des audiences. On a l'impression que la vie et la mort de ces détenus sont entre les mains du Procureur Moreno au lieu qu'elle soit entre celles de la justice internationale qui les poursuit pour des supposés crimes leur imputés.
La RD-Congo qui passe pour le grand fournisseur de la CPI, aura vu ses concitoyens remplir en un temps record, les cellules de la Cour. Il s'agit de Thomas Lubanga, Matthieu Ngudjolo, Germain Katanga et JB Bemba. Ce qui, de l'avis de nombreux analystes, fait penser à un acharnement en règle contre le pays de Patrice Lumumba. Le cas JP Bemba dont les charges ont plus d'une fois été modifiées selon le temps et les circonstances, est symptomatique de la fixation démentielle faite sur cette personnalité au point d'hypothéquer tout un destin politique. A cet égard, que les Africains réunis à Syrte puissent se convaincre de l'instrumentalisation de la CPI, il ne s'agit là ni plus ni moins que d'un soutien déclaré et du désaveu de la Cour. Ce soutien, le Chairman en a vraiment besoin surtout en ce moment où sa demande de liberté provisoire attend encore la réaction des pays où il a choisi de vivre jusqu'à ce que la CPI aille déterminer son cas. Bemba retient don son souffle.
Dans quelles proportions les conclusions de Syrte peuvent-elles influer sur le cours des événements? Dieu seul sait. Certes, rien ne va fondamentalement changer dans le fond du dossier, mais il reste que l'image de la CPI a été écornée.
Elle va de plus belle se désagréger dans l'opinion internationale au risque de freiner quelques appétences d'adhésion de certains Etats africains. C'est fort de ce soutien que JP Bemba pourra donc effectuer, sous forte escorte, le déplacement de Belgique pour s'incliner sur la tombe de son géniteur Jeannot Bemba. Une situation qui auréole davantage sa forte personnalité.
Bastion de l'opposition occidentale, la Belgique risque, à l'occasion, de le porter en triomphe. De quoi donner des insomnies au pouvoir de Kinshasa obligé d'imaginer des stratégies pour arrêter cette spirale de popularité qui, depuis quelques temps, recouvre la personne du leader du MLC.
Entre-temps, nombreux sont des RD-Congolais qui s'interrogent sur ce que sera l'attitude de Joseph Kabila, une fois que la dépouille de Jeannot Bemba va échoir à Kinshasa, en transit pour son village natal.
Déjà, pour compatir à la douleur qui frappe la famille du sénateur décédé, Joseph Kabila avait transmis un message au président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, le priant de lui transmettre ses condoléances. De ne l'avoir pas fait directement en passant par l'entremise de Kengo a suscité des interrogations dans les salons huppés de Kinshasa. Au vu de ce qui précède, la réaction de Kabila, à l'arrivée de la dépouille dans la capitale, demeure jusqu'à ce jour la grande inconnue. L'avenir nous le dira.
KISUNGU KAS
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06 juillet 2009
Bemba autorisé à assister à une cérémonie à la mémoire de son père
L'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, détenu à la prison de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, assistera mercredi à une célébration religieuse à Bruxelles en mémoire de son père récemment décédé, a-t-on appris lundi auprès son avocat.
"Une permission de sortie lui a été accordée par la Cour", a indiqué à l'AFP son avocat, Me Pierre Legros, joint par téléphone.
Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du COngo (RDC), "participera à une célébration religieuse mercredi à 13H00 (11H00 GMT) à Bruxelles", a-t-il précisé.
Le père de Jean-Pierre Bemba, le sénateur et homme d'affaires Jeannot Bemba Saolana, proche de l'Ex président zairois, Mobutu Sese seko, est décédé le 2 juillet dans un hôpital de Bruxelles, à 67 ans, à la suite d'un malaise.
Ses funérailles se dérouleront en RDC, "peut-être vers la fin de la semaine", selon Me Legros.
Jean-Pierre Bemba est en détention provisoire à La Haye depuis juillet 2008, dans l'attente d'un procès pour des supposés crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Centrafrique par son armée, le Mouvement de libération du Congo (MLC), entre octobre 2002 et mars 2003. Il avait été arrêté à Bruxelles en mai 2008 en exécution d'un mandat d'arrêt de la CPI.
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03 juillet 2009
La Prospérité : Bemba Saolona s’en va, Muzito et Mokolo pleurent !
Derrière lui, il laisse une veuve et de nombreux enfants dont l’ex-Vice-Président de la République, le Sénateur comme lui, Jean-Pierre Bemba Gombo qui, depuis lundi 29 juin, aspire à la liberté provisoire, si jamais la Belgique, la France ou le Portugal présentaient, d’ici le 10 juillet, à la Cour Pénale Internationale, des garanties de sécurité suffisantes.
A 67 ans, Bemba Saolona s’est éteint dans la nuit du 1er au 2 juillet, à St Jean, un Hôpital mieux coté à Bruxelles, pour la qualité de soins assurés à ses patients. Si les uns et autres se perdent en conjectures sur l’exégèse du mal ayant causé cette disparition brutale, le Sénat Congolais, la chambre des sages, est en émoi. Dans un communiqué, Mokolo wa Pombo, le Premier Vice-Président, console la famille, le Mouvement de Libération et le Groupe sénatorial de l’Equateur, par des condoléances les plus atterrées.
Aussitôt revenu de Goma hier, dans la soirée, Adolphe Muzito n’a su retenir ses larmes. Dans cette édition, il compatit aux malheurs des Bemba, en ce temps difficile. Bemba Saolona n’est plus de ce monde. Il a tiré la révérence dans la nuit de mercredi à jeudi, à Saint Jean, à Bruxelles. L’information qui est tombée telle, une traînée de poudre à Kinshasa, a vite fait de remuer dans une plaie dont la douleur était déjà exacerbée par la situation d’un des fils Bemba qui, depuis une année, est geôlier de Luis Moreno Ocampo, le Procureur de la Cour Pénale Internationale, à la Haye, aux Pays-Bas.
Lundi 29 juin, Bemba Jeannot, 67 ans, était à l’audience du fils. Les deux hommes auront eu là, l’ultime occasion de se voir, sur cette terre enragée. Bemba père qui, comme tous les cadres du Mouvement de Libération du Congo, comptait les jours au bout de doigts, en espérant l’éventuelle libération du fils, n’a plus survécu aux vicissitudes d’une courte maladie. Si les uns et autres pouvaient encore se perdrent en conjectures sur l’exégèse du mal profond à l’origine de cette si brutale disparition, il n’en est pas autant du Sénat, la Chambre des sages dont il était l’un des 108 membres.
Mokolo wa Pombo, le Premier Vice-Président, console sa famille et le Mouvement de Libération du Congo et le Groupe Sénatorial de l’Equateur, pour cette perte immense. Dans un communiqué, il leur présente ses condoléances les plus atterrées. Il promet, très prochainement, les détails du programme des funérailles en mémoire de l’ancien Patron des patrons, l’homme d’affaires patenté et le politicien, Jeannot Bemba Saolona. Déjà, Mokolo wa Pombo parlait, sur une des radios de la place, de la mort d’un grand frère.
Muzito, le Premier Ministre, l’a, lui aussi, appris à ses dépens. Aussitôt revenu hier soir de Goma où il a participé aux festivités du 30 juin, il s’est dit ému. Dans un message officiel, il engage l’ensemble du gouvernement à honorer la mémoire de l’illustre disparu et présente ses condoléances les plus affligées, à sa famille. Bemba Saolona, le Baobab… Né en 1941, à Libenge, à l’Equateur, Jeannot Bemba Saolona fut un grand homme d’affaires. S renommée a traversé les frontières, dans les années où il dirigeait ses entreprises personnelles Scibe-Zaïre, Scibe Airlift et consorts. Il a passé du temps à vouer un culte au café. Des plantations dans l’Equateur firent la beauté de sa ceinture financière, à l’échelle internationale.
Plus d’une fois, il a été administrateur des sociétés à la Sofide et Bralima, avant de devenir, plus tard, le Patron des patrons, à la tête de l’ex-ANEZA devenue avec l’avènement de Mzee Kabila, la Fédération des entreprises du Congo, Fec en sigle. Il a passé quelques temps en prison, avant d’être nommé Ministre de l’Economie, sous l’empire Afdl. En 2006, les Députés de Gemena lui ont confié le mandat de Sénateur ; fonction qu’il a exercée jusqu’à ses dernières vacances parlementaires qui l’ont littéralement emporté, pour l’éternité.
Marcel Ngoyi
13:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 juillet 2009
LA FAMILLE BEMBA EST EN DEUIL
LE MLC-DIASPORA A LA PROFONDE DOULEUR D'ANNONCER LA MORT DU SENATEUR BEMBA JEANNOT,PERE DE L'EX VICE-PRESIDENT BEMBA, MORT SURVENUE DANS LA NUIT DU 01 AU 02 JUILLET A LA SUITE D'UNE COMPLICATION CARDIAQUE.NOS PENSEES VONT A LA FAMILLE,AINSI QU'A SON FILS AINE,LE PRESIDENT JEAN-PIERRE BEMBA.LA SUITE DU PROGRAMME VOUS SERA COMMUNIQUE ULTERIEUREMENT.
QUE SON AME REPOSE EN PAIX.
02:17 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01 juillet 2009
Le Potentiel : Le sort de J.P. Bemba sera connu le 10 juilletTout est possible.
Le sénateur Jean-Pierre Bemba pourrait bénéficier d’une libération provisoire. Mais il faut retenir son souffle jusqu’au 10 juillet, date à laquelle la juge de la Cour pénale internationale pourra, oui ou non, accéder à la demande de avocats de Bemba. Le compte à rebours a commencé.
Le sort du président national du Mouvement de libération du Congo
(MLC), le sénateur Jean-Pierre Bemba, sera connu au plus tard, le 10
juillet 2009. C’est du moins, ce qui ressort de l’audience de la Cour
pénale internationale (CPI) tenue, le lundi 29 juin à La Haye. A
l’issue de cette audience, la juge de la Cour, Trenda Cilova, a
indiqué : « La CPI se prononcera dans un délai raisonnable sur la
libération provisoire ou non ». Entre-temps, elle a rendu une
ordonnance demandant aux autorités du Portugal, de la France, de la
Belgique et des Pays-Bas de soumettre avant le 10 juillet prochain
leurs observations sur la requête de mise en liberté provisoire de
Jean-Pierre Bemba ainsi que sur les conditions que ces pays pourraient
lui imposer s’ils l’accueillaient sur leurs territoires en cas de
liberté provisoire, a-t-on appris des médias étrangers.
En d’autres termes, ces pays devront présenter toutes les
garanties qu’ il n’y aurait pas de fuite et être à même de renvoyer
Bemba à La Haye dans l’hypothèse de la poursuite du procès pour qu’ il
comparaisse cette fois-là en homme libre. Il s’agit là, à en croire
certains juristes, d’une forme de mise sous surveillance judiciaire.
A en croire le chargé de communication de la CPI en RDC,
Paul Madidi, cité par radiookapi.net, toutes les parties ont présenté
leurs arguments au cours de cette audience. Pour la défense, il y a
lieu de remettre Jean-Pierre Bemba en liberté, parce qu’elle estime que
le risque de fuite n’a jamais existé et les charges contre lui ont
changé. En revanche, l’accusateur estime que le prévenu devrait rester
en détention.
Selon ses avocats, le sénateur Jean-Pierre Bemba a souhaité
être accueilli dans ces pays pour des raisons diverses. Par exemple, en
Belgique, pour ses propriétés, ses comptes bancaires et aussi parce que
ses enfants y sont scolarisés. Ou encore, en France, pour ses liens
sociaux importants.
Il faut rappeler que la séance de lundi entre dans le cadre
de la procédure normale à la Cour pénale internationale qui veut
qu’après une année de détention d’un prévenu, les juges procèdent à
l’analyse de la possibilité d’accorder à ce dernier une liberté
provisoire, rapporte la source. A noter que les avocats du président du
MLC ont plusieurs fois introduit cette requête auprès de la CPI qui
l’avait toujours rejetée.
Pour rappel, Jean-Pierre Bemba a été arrêté, le 24 mai 2004 en Belgique, qui exécutait un mandat délivré contre lui par la CPI.
Chronologie
Les premières comparutions de Bemba
ont lieu, du 12 au 15 janvier 2009 à La Haye, où il s’est vu notifier
les charges retenues contre lui. Elles concernent essentiellement les
exactions commises en Centrafrique par ses troupes entre 2002 et 2003.
Les soldats du MLC étaient allés secourir le président centrafricain
d’alors, Ange-Félix Patassé, qui se disait menacer par un coup d’Etat.
Pendant leur séjour dans ce pays, ils avaient été accusés de
viol, de crimes de meurtre et de pillage lors de leur expédition en
terre centrafricaine. Conséquence, les accusations de crimes contre
l’humanité et de crimes de guerre avaient été retenues contre leur
chef, Jean-Pierre Bemba.
Mais, lors des audiences de confirmation des charges, ses
avocats ont rejeté toute responsabilité de leur client dans les crimes
commis par ses troupes. Au contraire, ils tiennent pour responsable
l’ancien président centrafricain que les troupes du MLC avaient
secouru.
Selon les avocats, la mise à disposition des troupes, dans le
cadre d’un accord, n’implique pas la responsabilité de Jean-Pierre
Bemba, mais plutôt celle de leur hôte.
Le tribunal n’a pas retenu ces arguments et a confirmé la
responsabilité pénale du sénateur Bemba en qualité de chef militaire,
rapporte l’Agence britannique Reuters. D’après les juges, suffisamment
de preuves existent et justifient les accusations contre le leader du
MLC. Toutefois, sa responsabilité pénale dans les tortures et atteintes
à la dignité de la personne a été rejetée.
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08 juin 2009
LA UNE: Le départ du Premier ministre étant déjà acquis, le gouvernement expédie les affaires courantes(LE POTENTIEL)
C’est comme dans une pièce de théâtre. Après le premier acte, on en est maintenant au second. Avec pour trame, le départ d’Adolphe Muzito. Bien que n’étant pas encore officiel, le départ se précise au fil des heures. Les carottes sont cuites pour celui qui est resté, pendant huit mois, Premier ministre d’un gouvernement de coalition AMP-PALU-UDEMO. Décidément, un autre décor est en train d’être planté.
S’il faut en suivre le cheminement, l’affaire a vite pris les allures d’un bras de fer entre la présidence de la République et le Premier ministre Adolphe Muzito. Faisant suite à la correspondance que le directeur de cabinet du président de la République a adressée le 28 mai au Premier ministre au sujet de « dérapages substantiels et répétés des finances publiques et de la monnaie nationale observés ces derniers mois…», le différend entre les deux branches de l’Exécutif pourrait bien connaître son dénouement dans les prochains jours, sinon dans les prochaines heures.
Au regard de l’évolution de la situation, il y a de fortes chances que l’ « affrontement » ne soit que de très courte durée. Dans tous les cas, au niveau de la Haute hiérarchie, on n’a pas du tout envie de laisser traîner les choses. Cela est d’autant plus vrai qu’on veut rapidement tourner la page, précisément celle d’Adolphe Muzito. Question, affirme-t-on, d’entrevoir l’avenir sous un autre signe, que l’on souhaite en tout cas prometteur pour le pays et pour ses habitants, indique une source qui a préféré garder l’anonymat.
Dix jours après la lettre du dircab du président de la République, tout semble déjà joué car le vainqueur de ce que d’aucuns considèrent, à tort ou à raison, comme une « guerre de tranchées » est connu : Adolphe Muzito ne va pas s’en sortir à bon compte d’autant plus que les manettes de réglage lui échappent complètement ; le dernier mot revenant à la présidence de la République. C’est de ce côté que se trouve évidemment le gagnant, mais pas du côté du Premier ministre qui prépare ses valises s’il ne l’a pas déjà fait.
Pas de co-responsabilité
La fameuse réplique du Premier ministre à la correspondance du directeur de cabinet de Joseph Kabila a fait sortir tout le monde de ses gonds au niveau de la présidence de la République La lecture que l’on se fait là-bas de ce qui apparaît comme la réponse du berger à la bergère n’est pas pour arranger les choses. Bien au contraire, elle a consacré la rupture entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement pendant que tout était mis en œuvre pour ne fut-ce que sauver les meubles entre deux parties liées jusque-là par un accord de gouvernance qui pourrait avoir son avenir derrière lui.
« C’est malhonnête de la part du Premier ministre de considérer le chef de l’Etat comme étant co-responsable du gâchis que l’on déplore dans la gestion des finances publiques », fait-on remarquer à la présidence de la République. « Il est difficilement explicable, poursuit-on dans les mêmes milieux, que le Premier ministre qui reconnaît pourtant la pertinence des instructions contenues dans la lettre du dircab du président de la République, se soit mis à chercher, au même moment, des poux dans la tête de ce dernier », argumente un membre de l’Alliance de la majorité présidentielle.
«Si nous avons dégainé les premiers, c’est dans le souci majeur de dénoncer un état de choses qui empirait chaque jour et qui ne cessait d’hypothéquer toutes les chances d’amélioration de la situation économique et sociale du pays », affirme ce dernier qui estime que le Premier ministre, en sa qualité de chef du gouvernement, devrait s’assumer en ce qu’il est le premier responsable de la dégradation de la situation économique, financière et sociale de la RDC au lieu de se perdre dans des accusations qui sont loin de l’honorer. « Le Premier ministre est en train de donner, en vain, des coups en l’air », susurre-t-on.
« Pas question de partager, même fifty-fifty, avec le président de la République les conséquences de dérapages dont il est seul comptable », réaffirme-t-on à la présidence de la République où l’on ne fait nullement mystère de la nouvelle tournure que les choses ont prise et de la nécessité de changer l’attelage qui devra accompagner le président de la République pour la suite de la réalisation de son programme de reconstruction du pays.
Affaires courantes
Certes, ce n’est pas encore officiel, mais il ne faudra pas être devin pour pouvoir réaliser que la terre est en train de se dérober sous les pieds du Premier ministre Adolphe Muzito. On ne voit pas comment il pourrait arriver à changer le cours des événements. Comme il avait été écrit quelque part qu’il serait le Premier ministre du président de la République dans le cadre des noces Palu-Famille politique du chef de l’Etat, il est aussi écrit qu’il a fait son temps à ce poste. Il doit donc savoir que c’en est fini de lui et qu’il ne sert à rien de faire de la résistance.
On sait que le gouvernement ne remplit pas encore les conditions d’être qualifié comme étant un gouvernement démissionnaire. On en convient, mais quand on analyse froidement les circonstances dans lesquelles il est placé au jour d’aujourd’hui, l’Exécutif n’est pas en quelque sorte différent d’un gouvernement « expédiant les affaires courantes ». D’ailleurs, de sources concordantes nous apprenons que bien des ministres n’ont plus le cœur à l’ouvrage. Ils le disent à haute voix.
Il est vrai que des voix s’élèvent pour laisser entendre que les choses risquent de ne pas marcher comme on le ferait pour une lettre à la poste. Mais face à l’argument relatif aux dispositions constitutionnelles qui pourraient mettre le chef de l’Etat dans une sorte d’ « illégalité » par rapport à son Premier ministre, dans les milieux de la famille politique présidentielle, on a la repartie facile. On ne voudrait surtout pas l’entendre de cette oreille. « La musique est déjà réglée pour que rien ne vienne s’opposer à une volonté qui a déjà été mise sur les rails », fait-on savoir.
De toute façon, le départ de Muzito de la Primature va, assurément, remettre à la surface quelques cas de figure. Premier cas de figure : le président de la République s’en tient au protocole d’accord qu’il a signé avec le Palu. Il demande, par conséquent, à Antoine Gizenga de lui proposer le nom de celui qu’il veut voir remplacer le partant. Deuxième cas de figure : on fait voler en éclats le protocole d’accord AMP-PALU et on recrute un Premier ministre dans les rangs de la famille politique du président de la République. Les bookmakers sont déjà à l’œuvre et ils ne sont pas en manque de Premiers ministrables. Troisième cas de figure : le chef de l’Etat met sur pied un gouvernement d’ouverture dans lequel entreraient des personnalités provenant de l’Opposition politique et de la société civile.
Quelle option va-t-on mettre en avant et pour quels dividendes quand on sait qu’il y a, de part et d’autre, des avantages et des inconvénients dont on ne pourra mesurer l’amplitude que dans un avenir proche, certainement aux élections de 2011 ? Mais, en attendant d’en savoir plus, le système de prédation des biens publics mis en place par les actuels dirigeants, n’aura reçu aucun coup. Loin de là, il va poursuivre son bonhomme de chemin pendant que le peuple congolais n’aura, comme c’est le cas aujourd’hui, pour lot quotidien que la misère noire.
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24 avril 2009
Pourquoi Kamerhe a-t-il demandé pardon à Joseph Kabila?
Le dernier discours tenu par Vital Kamerhe à son départ de la présidence de l'Assemblée nationale a été largement distribué sur Internet. Il est diversement commenté. Plusieurs compatriotes n'auraient retenu de ce discours que « le pardon » de l'ex-président de l'Assemblée nationale au Président Joseph Kabila. Si certains d'entre eux comprennent pas qu'après le bras de fer ayant opposé Vital à « son frère » Joseph, il finisse par « s'humilier » en demandant pardon, d'autres sont étonnés que ce genre de réflexion soit mené. Ils estiment que la réconciliation au sein d'une même famille politique est la chose la plus normale qui puisse se faire. D'un trait, ils effacent toute une histoire au cours de laquelle Vital a choisi Joseph, l'amnésie étant la chose la mieux partagée dans certains milieux congolais et dans ceux des médias dominants.
Eu égard à ces interprétations, nous avons voulu relire le texte de Kamerhe. Le journal le Potentiel rendant compte de la « passation de pouvoir à l'Assemblée nationale », ce journal note ce qui suit: « Mieux, Vital Kamerhe s'est adressé particulièrement au chef de l'Etat: « Au président de la République, chef de l'Etat, je demande aussi pardon si jamais il s'est senti offusqué par mon comportement. Je lui renouvelle ici et de manière solennelle mon profond respect. » »
Dans ce texte, Kamerhe demande pardon au conditionnel: « si jamais » n'est pas à prendre à la légère. Et puis, Kamerhe ne lie pas son pardon à un acte précis: il parle de son comportement en général. Ceux et celles d'entre nous qui ont lu le sms envoyé aux députés de l'AMP pour qu'ils lâchent Kamerhe savent qu'il lui était reproché plusieurs « péchés ». Soit.
Ce texte ne fait pas directement allusion au bras de fer survenu entre Vital et Joseph au sujet de l'entrée secrète des militaires Rwandais au Congo. Dans son discours d'ouverture de la session de l'Assemblée nationale de mars, Vital Kamerhe se disait étonné que le Président de la République se sente concerné par une question dépendant en tout et pour tout du gouvernement qui, seul, peut répondre devant l'Assemblée. Il demandait aux membres de sa famille politique faisant partie du gouvernement de ne pas se cacher derrière le chef de l' Etat quand ils doivent rendre compte de la gestion du pays.
Mais comme c'est Kabila et son gouvernement parallèle qui avaient pris la grave décision de faire revenir leurs amis Rwandais sur notre sol sans que justice soit rendue aux victimes de leur guerre d'agression, Kamerhe innocentant Joseph passait rhétoriquement à côté de la plaque tout en ouvrant une brèche dans la compréhension de ce qui se passe chez nous: le gouvernement de Muzito est un figurant; il n' a pas l'effectivité du pouvoir. Quand Kamerhe avouait qu'il n'était pas au courant de l'entrée des Rwandais au Congo, il dénonçait, consciemment ou inconsciemment, le mode de fonctionnement du pays depuis qu'il est aux mains du « conglomérat d'aventuriers » venus chez nous dans les valises de l'AFDL.
En effet, si nous remontons l'histoire de notre pays depuis « la libération du 17 mai 1997 », nous nous rendrons compte que tous les gouvernements formés n'ont pas échappé à leur parallélisation. Et Kamerhe n'a jamais rien dit. Pourquoi? Pour une raison toute simple: il est l'un des idéologues de ce mode de fonctionnement politique chez nous.
Quand il demande pardon pour « son comportement » en général, il nous semble qu'il regrette d'avoir mis à nu le modus operandi de leur réseau maffieux: faire croire dans les apparences alors que l'effectivité du pouvoir est ailleurs. Les plus sceptiques d'entre nous sur ce modus operandi feraient mieux de lire le texte d'une ONG néerlandaise intitulée « L 'Etat contre le peuple ». A la fin de ce texte, il y a une lettre adressée au Secrétaire général du PPRD, Vital Kamerhe. Cette lettre contient les noms de certains véritables acteurs de premier plan de tout ce qui se passe au Congo aujourd'hui. Pour dire les choses simplement, la demande de pardon de Kamerhe se formulerait de la façon suivante: « Joseph, je regrette d'avoir trahi les secrets de notre mode de fonctionnement. Mon amour du verbe et le reste de ma lucidité m'ont joué un tour. Franchement, trop parler peut tuer! Que puis-je faire maintenant? Te demander pardon
publiquement tout en servant un discours rempli de bonnes intentions sur le fonctionnement de l'Assemblée nationale. Je ne manquerai pas de prendre à mon piège ces Congolais friands de beaux discours même s'ils sont vides de sens. Les « honorables » ayant rompu avec le véritable sens de la citoyenneté m'applaudiront. Ils diront que je suis un homme d' Etat et nous poursuivrons notre jeu des dupes. » Nous en sommes là. Et le jeu des dupes tend à sa fin! Le livre de Charles ONANA intitulé « Ces tueurs Tutsi. Au coeur de la tragédie congolaise », pourrait nous aider à étoffer notre argumentaire en mettant davantage à nu le jeu du « raïs » et de sa cour. De toutes les façons, la guerre d'agression n'a pas pris fin à l'est de notre pays. Nos compatriotes y sont tués, nos femmes et filles violées, nos maisons incendiées. (A suivre)
J.-P. Mbelu
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19 avril 2009
Les petits secrets d’une victoire...sans péril
Evariste Boshab a été élu président de l’Assemblée nationale aux alentours de 4 heures du matin, samedi 18 avril. L’homme doit son «triomphe» moins à ses qualités personnelles qu’aux actions discrètes menées par l’«autorité morale» de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP), en l’occurrence Joseph Kabila, auprès de 300 députés étiquetés AMP, reçus mercredi dans la Ferme présidentielle. Certaines sources font état d’une «réconciliation» qui serait intervenue avant le vote, vendredi 17 avril, entre le «raïs» et Vital Kamerhe...
«Ce pays est dirigé à coup de corruption. Joseph Kabila l’a d’ailleurs reconnu dans l’interview qu’il a accordée au New York Times. Les Congolais aiment l’argent facile pour jouir de manière ponctuelle en attendant une autre corruption.» Ancien ministre de l’éphémère gouvernement d’Etienne Tshisekedi et médecin de son état, Tharcisse Loseke Nembalemba n’a pas trouvé des mots assez durs pour fustiger l’élection d’Evariste Boshab à la Présidence de la Chambre basse du Parlement congolais.
Un seul tour de vote a donc suffi. Evariste Boshab, secrétaire général du parti présidentiel PPRD, a obtenu 329 voix sur 484. Un score digne d’un leader nord-coréen. François Muamba, Idambito Bakaato et Gilbert Kiakwama kia Kiziki n’ont recueilli respectivement que 75, 54 et 15 voix. Le suffrage récolté par Kiakwama surprend dans la mesure où son groupe parlementaire compte une trentaine de députés. Devrait-on conclure que sa propre famille politique lui auraitt fait des infidélités ? Etrange.
Lutte contre la corruption
Dans sa toute première déclaration, Boshab s’est voulu rassembleur. «Le président de l’Assemblée nationale n’est pas le président de l’opposition, encore moins de la majorité. Il est le président de tous les députés.» A-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr. Contrairement à «Vital» qui avait arraché une certaine marge de manœuvre, «Evariste» est présenté comme étant un «homme servile» à l’égard du «raïs» mais aussi du véritable «l’homme fort» du «clan». Il s’agit du député Augustin Katumba Mwanke. Quelles sont les priorités du nouveau «Speaker» ? Il a cité notamment le contrôle de l’action de l’exécutif en précisant «suivant les normes». Il s’est engagé à mener une «lutte sans merci» contre la corruption. Interdiction de rire.
Les diplomates accrédités à Kinshasa ont sans doute dû étouffer un petit fou-rire en mentionnant dans les messages envoyés au ministère des Affaires étrangères de leur pays respectif que le nouveau président de l’Assemblée nationale de la RD Congo traîne derrière lui des «casseroles». L’homme a été impliqué dans une affaire de corruption, alors qu’il assumait les fonctions de directeur de cabinet de Joseph Kabila. Il s’agit de la destination donnée aux 32 millions de dollars de la SNEL. Une affaire non élucidée à ce jour. Quel est en définitive le secret de la victoire de Boshab, une victoire au demeurant sans péril?
«Champagne, billets verts et 4x4 »
Certains confrères kinois rapportent que mercredi 15 avril, Joseph Kabila a reçu 300 députés. La rencontre, aux allures de garden-party, a eu lieu dans la désormais célèbre «Ferme de Kingakati», propriété du «raïs». Mobutu Sese Seko se repliait à Gbado Lite quand il n’était pas dans le bateau présidentiel, le MS/Kamanyola. Joseph, lui, a trouvé son lieu de villégiature sur la route de Bandundu. L’autorité morale de l’AMP a, à cette occasion, donné un mot d’ordre de vote en insistant sur la «discipline». Le quotidien «Le Potentiel» ne dit pas autre chose : «La victoire écrasante du professeur Evariste Boshab, candidat de la majorité, il la doit à l’autorité morale de l’AMP, président de la république. Le chef de l’Etat a su, lors de la rencontre de mercredi dernier avec les députés de l’AMP, démontrer les vrais enjeux de cette élection du 17 avril.» C’est tout ?
Selon certaines sources, «Joseph» aurait remis à chaque parlementaire une «enveloppe» contenant un montant oscillant entre 2.000 et 5.000 USD. «Le président de la République, confie un député, s’est par ailleurs engagé à prendre à sa charge le solde à payer pour les véhicules 4x4 livrés à ses convives.» La réunion s’est terminée par un grand barbecue. Le champagne a coulé à flots. «Ce fut un géant méchoui. Une fête avant la fête. Champagne grand cru, grands vins, blanc et rouge, poulets, viandes diverses, saucisses grillées, etc.», rapporte notre confrère «Le Soft» dans son édition en ligne datée 16 avril. Bel exemple d’«austérité» et surtout de solidarité pendant que la grande majorité de la population continue à tirer le diable par la queue.
Conjurer «l’effet Kengo»
Kabila ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Ceux qui l’ont approché ces derniers jours disent que l’homme avait le moral d’un «gladiateur». Il était prêt «à payer le prix» pour conjurer une propagation de l’«effet Kengo» à la Présidence de l’Assemblée nationale. En mai 2007, Léon Kengo wa Dondo, Sénateur indépendant, avait coiffé au poteau Léonard She Okitundu, candidat du parti présidentiel. Les mauvaises langues racontent que le «She» avait mis du champagne au frais. Un groupe folklorique tetela avait déjà installé ses instruments de musique, au domicile du «She», pour célébrer la victoire annoncée. L’élection surprise de l’ancien Premier ministre du Zaïre avait eu l’effet d’un cataclysme politique dans le camp kabiliste. Au centre de la suspicion, l’article 75 de la Constitution qui stipule : «En cas de vacance pour cause de décès, de démission ou pour toute autre cause d’empêchement définitif, les fonctions de président de la République, à l’exception de celles mentionnées aux articles 78, 81 et 82 sont provisoirement exercées par le président du Sénat.» Kengo a dû presque s’excuser d’avoir battu son challenger. «Quant à l’article 75, déclarait-il dans son discours inaugural, la rumeur publique lui confère une portée politique alors qu’il s’agit d’une disposition éminemment mécanique. Je suis élu président du Sénat et non vice-président de la République avec droit de succession».
Le «raïs» a déployé des talents de «stratège» afin d’éviter toute déconvenue. Rien n’a été négligé. Selon une bonne source jointe au téléphone à Kinshasa, il semble bien que Vital Kamerhe se soit rendu, à son tour, à la Ferme de Kingakati quelques heures avant le lancement du vote au Palais du peuple. Il aurait été reçu par «l’autorité morale» de l’AMP. L’histoire ne donne point des précisions sur l’initiateur de cette «paix des braves». «Kabila et Kamerhe ont fumé le calumet de la paix en scellant leur réconciliation, assure cette source. C’est bien cet événement inattendu qui explique le mauvais score réalisé par le MLC François Muamba. Le secrétaire général du MLC n’a pas pu tirer profit des dissensions au sein de l’AMP.» Notons que, dimanche 12 avril, l’ex-président de l’Assemblée nationale, avait annoncé la création d’un «Courant de réflexion pour la défense de la démocratie et des valeurs républicaines.» Des analystes accréditaient le groupe de 40 à 70 députés. «Après sa rencontre avec Kabila, commente la source, Kamerhe a dû donner une consigne de vote en faveur de Boshab.» Spéculations ? L’avenir le confirmera ou l’infirmera.
Que peut-on attendre d’Evariste Boshab à la tête de l’Assemblée nationale ? Considéré, à tort ou à raison, comme un des «super faucons» de l’entourage présidentiel, ce professeur de droit n’a pas la réputation d’un homme sensible au pluralisme d’opinions. Procès d’intention ? Un député de l’opposition donne sa lecture de l’événement : «L’arrivée de Boshab à la tête de la Chambre basse est une bonne nouvelle pour le PPRD. Cette arrivée constitue un mauvais signal pour la démocratie congolaise. Nous jugerons sur pièce».
Baudouin Amba Wetshi
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13 avril 2009
Le Potentiel / LA UNE: Présidence du bureau de l’Assemblée nationale. Boshab, Mwamba, Kiakwama, N’singa … sur la ligne de départKanku, Idambito, les out-siders
Les prétendants à la succession de Vital Kamerhe au poste de président du Bureau de l’Assemblée nationale sont connus. La bataille s’annonce serrée à ce poste. Mais aussi à d’autres postes du Bureau de l’Assemblée où l’AMP et l’Opposition ont décidé de s’affronter. Mais une chose qui frappe aux yeux, le PALU et l’UDEMO n’ont pas présenté de liste « unique » avec l’ AMP. Stratégie électorale ? On le saura le vendredi 17 avril. En attendant, place à la campagne électorale.
A première vue, la partie s’annonce serrée. L’Alliance de la majorité présidentielle, AMP, et l’Opposition ont décidé de sortir leur grande artillerie pour cette « bataille électorale du 17 avril ». De grsos poissons en ce qui concerne particulièrement la présidence de l’Assemblée nationale. Mais également d’autres postes du bureau.
Si l’AMP tient à contrôler le perchoir de l’Assemblée nationale, il n’en demeure pas moins vrai que l’Opposition est déterminée à ne pas rater le coche. Elle a aligné des candidats, non pas des moindres, à tous les postes. La course est donc engagée.
Aussi, en attendant la publication officielle des noms des candidats par le Bureau sortant, assisté du Groupe technique de travail, voici quelques noms des uns et des autres qui ont déposé leurs candidatures au bureau du Rapporteur de l’Assemblée nationale. Au total, il y a 60 candidats répartis de la manière suivante : 6 à la présidence, 7 à la 1ère vice-présidence, 9 à la 2ème vice-présidence, 5 au poste de Rapporteur, 9 candidats rapporteurs adjoints, 10 candidats Questeurs et 13 Questeurs adjoints. Au poste de président : Evariste Boshab (PPRD), Clément Kanku wa Tshibuabua (Opposition, mais indépendant), Kiakwama Kia Kiziki (Opposition: Chrétiens Démocrates), François Muamba (MLC), Idambito (AMP), N’singa Udjuu (UDEMO), Kanku Clément (Union pour la Nation).
Au poste de 1er vice-président: Me Matadi Nenga (RCD : non inscrit), Me Boris Mbokulaka (AMP : Arc), Me Tshibangu Kalala (PPRD) Jean-Marie Gapemonoko (Udemo).
Au poste de 2ème vice-président : Roger Lumbala wa Tshitenge (Opposition -ODR), Charles Bofasa Djema (Opposition : GR), Rémy Musungayi (MLC), Madame Georgine Madiko (Palu).
Au poste de rapporteur : Emery Okundji (Opposition - ODR mais indépendant), Jemsi Mulengwa (AMP), Francine Kinada (UDEMO).
Candidats Rapporteurs adjoints : Bahitsura Musowa Chadrac (RCD), Martin Mukonkole ( Opposition - ODR).
Au poste de Questeur : Bulambu (AMP), Bolenge Tenge (AMP-MSR), Médard Mulangala Lwa Kabuanga (Opposition - ODR), Modeste Bahati (AMP : GPI), Vunabandi Célestin (RCD).
Candidats questeurs adjoints : Evêque Ejiba Ya Mapia (RCD), Jean-Claude Vuemba (Opposition) ; Ne Mueyato Bopolo (AMP-PDC), Mua Mbuyi Kayiba (AMP-PDC), Elysée Dimandja (Opposition), Claudine Likulia (UDEMO).
LE DEUXIEME TOUR
Au regard de cette liste provisoire, un deuxième tour n’est pas exclu au niveau de certains postes. En effet, si l’AMP a aligné un candidat potentiel en la personne du Professeur Evariste Boshab à la présidence du bureau, l’Opposition se présente avec deux « gros poissons ». A savoir François Muamba et Kiakwama kia Kiziki, avec un indépendant, N’singa Udjuu, le doyen des députés. Comme out-siders, il y a bien sûr Kanku Clément et Idambito.
Au premier tour, la dynamique interne de la plénière de l’Assemblée nationale pourrait influencer les résultats en partant des affinités provinciales pour amener les candidats au deuxième tour. Ceci dans l’hypothèse où, tel que Le Potentiel le démontrait dans les calculs de probabilité, les consignes de l’AMP ne seraient pas respectées.
Si elles le sont, le candidat de cette dernière plate-forme, Professeur Evariste Boshab, a toutes les chances de passer au premier tour. Dans le cas contraire, il sera en ballottage favorable lors du second tour. Il aura besoin dans cette hypothèse que d’une majorité relative que l’AMP peut facilement la lui donner.
A ce stade également, il y a lieu de sonder la stratégie électorale de l’Opposition. Pourquoi a-t-elle aligné plusieurs candidats ?
Autre élément à prendre en compte, la stratégie utilisée par l’ AMP et ses deux partenaires, à savoir le PALU et l’UDEMO. Dans le premier cas, il nous revient que le candidat du PALU a été désigné par autorité en lieu et place de celui que l’on pointait favori ; le député Mukwakani Zénon.
Dans le second cas, il nous revient que l’ UDEMO n’a pas été consulté au moment de l’élaboration de la liste définitive. Serait-ce à cause de la résistance opposée par son représentant lors de la démission collective exigée des membres du Bureau de l’Assemblée nationale ? Possible. Toujours est-il que dans les milieux proches de l’UDEMO, l’on reste ouvert à toute négociation. Mais comme l’AMP n’avait pas tendu la main à son partenaire, dit-on dans ces milieux, et que le facteur temps ne jouait plus en faveur de l’UDEMO, cette formation a joué bon d’introduire la candidature de ses représentants en tant que parti politique.
L’on est là en face des réalités totalement différentes de celles d’il y a deux ans. Mais comme en politique tout est possible, les tractations se poursuivront jusqu’ en dernière minute. En attendant, candidats, à vos marques !
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Assemblée nationale : Evariste Boshab, NSinga Udjuu,François Mwamba, Gilbert Kiakwama, tous candidats
Le dépôt des candidatures pour le renouvellement du bureau de la chambre basse du Parlement congolais s’est clôturé lundi à 10h au palais du peuple. Au décompte final, 60 candidats ont été enregistrés par le bureau sortant qui a transmis les dossiers au groupe technique de travail chargé des opérations électorales, rapporte radiookapi.net
Donc, 60 candidats sont dans la course pour 7 postes à pourvoir. Parmi ces candidats, 6 sont pour la présidence du bureau, 7 pour la 1ere vice-présidence, 9 pour la 2e vice-présidence, 5 pour le poste de rapporteur, 9 pour celui de rapporteur adjoint, 10 pour la questure, et 13 pour la questure adjointe. Toutes les familles politiques ou presque sont dans la compétition. Parmi les têtes d’affiche, l’on peut citer Evariste Boshab de l’AMP, NSinga Udjuu de l’UDEMO, allié de l’AMP, Baudouin Idambito (AMP) pour la présidence. A ce même poste, l’opposition aligne François Mwamba (MLC), Gilbert Kiakwama (Chrétiens démocrates) et Clément Kanku (UN).
Un seul membre du bureau sortant s’est également porté candidat à sa propre succession. Il s’agit de Modeste Bahati Lukwebo candidat questeur. Il faut signaler aussi qu’à part les candidats présentés par des groupements politiques, il y a des candidatures des indépendants. Des députés qui sans le soutien de leurs structures respectives, ont exprimé leurs ambitions politiques. Ce qui explique le nombre élevé des dossiers enregistrés. Ce mardi, le groupe technique de travail affichera les listes définitives. La campagne électorale se tiendra mercredi et jeudi. Et d’ici là, les tractations politiques se poursuivent au palais du peuple dans els différents camps en présence avant les scrutins prévus vendredi 17 avril. Et le vote se tiendra à bulletin secret.
23:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 avril 2009
L’Assemblée nationale malade des ingérences du «raïs»
Après avoir contraint les membres du Bureau de la Représentation nationale à la démission au nom d’une prétendue «discipline» de sa mouvance politique, Joseph Kabila s’arroge désormais le pouvoir de co-gérer les finances de la Chambre basse au mépris du principe de séparation des Pouvoirs. On assiste à une inversion de rôle : l’Exécutif contrôle désormais le Législatif.
Dans une lettre n°447/2009 datée 8 avril 2009, le directeur du cabinet présidentiel, Adolphe Lumanu Mulenda Bwana Nsefu, se fondant sur une «instruction» reçue de la «Haute hiérarchie», demande au ministre des Finances «de surseoir au décaissement» d’un montant de 1.550.000 USD (Un million cinq cent cinquante mille dollars) destiné au fonctionnement de l’Assemblée nationale. "Et ce, poursuit-il, jusqu’à la mise en place du nouveau Bureau". En guise de motivation, Lumanu invoque la «situation financière confuse qui s’observe au sein de l’Assemblée nationale autour de l’affectation de l’équivalent de USD 700.000.» Un vent favorable a fait atterrir un fac-similé de cette correspondance sur la table de la rédaction de Congoindependant.com.
Tout a commencé par la découverte faite, mi-mars, par le président de l’Assemblée nationale que plusieurs importantes sommes d’argent ont été décaissées à la Banque Centrale du Congo pour le compte de la Chambre basse. Seulement, celle-ci n’a encaissé aucun «likuta». Trois montants sont épinglés. A savoir : 2.500.000 USD ; 700.000 USD et 1.550.000 USD. Fin mars, fatigués d’attendre le paiement de leurs primes, des membres du personnel administratif de cette Chambre ont organisé un sit-in devant le cabinet du ministre des Finances. Le chahut a été tel que celui-ci a fini par recevoir les délégués syndicaux qui accompagnaient les protestataires. Les manifestants voulaient savoir les raisons du non-paiement de leur dû. En vérité, le long bras de fer Kabila-Kamerhe y est pour beaucoup.
Réquisitoire du PGR
Le ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu, c’est de lui qu’il s’agit, de promettre à ses interlocuteurs d’«obtenir la restitution» du montant de 1.550.000 USD. C’est ici que l’affaire se corse. Selon Matenda, ce fonds a été «consigné» à son cabinet suite à une «demande» du procureur général de la République, Mushagalusha Ntayondeza Ndi. Le PGR a agi en exécution de son réquisitoire
n° R.I.1260/D.023/16712/PGR/SEC/09 du 25 mars 2009. Ainsi va la justice congolaise. Elle agit là où elle ne devrait pas. On peut gager que ce haut magistrat - qui n’a jamais fait mystère de son inféodation au «clan kabiliste» - a reçu des instructions de la même «Haute hiérarchie». Questions : pourquoi le directeur du cabinet présidentiel intervient-il dans le même dossier que le PGR? La lettre du directeur Lumanu aurait-elle été anti-datée? Pourquoi? Le montant en cause a-t-il utilisé à d’autres fins par la Présidence de la République? Force est de remarquer que près d’un mois après la rentrée parlementaire, les questions relatives à l’argent occupent le clair du temps des députés. Signe de la petitesse d’esprit qui règne au sommet de l’Etat.
Lundi 6 avril, une commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale, composée de quinze membres, a été chargée d’approcher le ministre des Finances. «La commission d’enquête a été mise en place conformément à la résolution de la plénière de l’Assemblée nationale, pour que nous puissions retracer les fonds payés par le trésor public en faveur de l’Assemblée nationale», déclarait le très actif député Emery Okundji. Et d’ajouter : «Nous avons 48 heures et nous ferons rapport à la plénière de l’Assemblée nationale».
Un «grand corps malade»
Depuis janvier dernier, l’Assemblée nationale n’a plus rien d’un haut lieu de la démocratie et de la sauvegarde des droits et libertés. Cette institution nationale ressemble désormais à un «grand corps malade». Malade de l’interventionnisme déstabilisant de Joseph Kabila et de sa clique maffieuse. Après la démission forcée des membres du Bureau, la «Haute hiérarchie», selon la formule consacrée, a dû se faire violence pour accepter l’idée de laisser l’équipe démissionnaire continuer à expédier les affaires courantes jusqu’à l’entrée en fonction du futur staff dirigeant. Ce qui implique l’organisation de l’élection des membres du futur Bureau. «Joseph» n’a-t-il jamais entendu parler de la «continuité de l’Etat» ?
On apprenait finalement que l’élection des membres du futur Bureau sera organisée par l’équipe sortante dirigée par Vital Kamerhe. La «Haute hiérarchie» n’entend nullement s’avouer vaincue. Elle fait proposer, via ses «petits soldats» tapis au sein de l’auguste assemblée, que «la charge des opérations électorales, notamment l’enregistrement des candidatures, la préparation des urnes et isoloirs ainsi que le scrutin », revienne «au groupe technique de travail». C’est le compromis trouvé mardi 8 avril par la plénière. Les députés ont débattu toute cette journée pour arriver à cette «solution». Si tout va bien, les membres du futur Bureau de l’Assemblée nationale seront élus le 17 avril. Leur installation est fixée au 20.
Une chose paraît sûre : Joseph Kabila et sa mouvance sont conscients de leur incapacité à survivre dans un système réellement démocratique. Ils sont déterminés à museler l’Assemblée nationale ; à placer des hommes liges dans le futur Bureau afin de paralyser la Représentation nationale tout au moins dans son rôle de contrôleur de l’action de l’exécutif. La mise sur pied en janvier dernier de 11 commissions parlementaires chargées d’auditer les entreprises d’Etat mais aussi des établissements publics tels que la Banque Centrale du Congo avait fait l’effet d’un coup de tonnerre au sein de la mouvance kabiliste. «La seule idée d’auditer la Banque Centrale du Congo équivaut à une déclaration de guerre pour Joseph Kabila, dit un expert. C’est là que le «raïs» se restaure».
Baudouin Amba Wetshi
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08 avril 2009
Pas plus de 7 Congolais non-corrompus autour du chef, Kabila au New York Times
Plusieurs d'entre nous ayant rompu avec la lecture et les analyses approfondies sur l'état de notre pays, il est plus ou moins sur qu'ils ne liront pas la dernière interview accordée par Joseph Kabila à New York Times. Certains compatriotes ne la liront pas tout simplement parce qu'ils sont convaincus que du « raïs » ne peut sortir rien de bon. Par conviction, nous nous croyons que l'autre, fut-il un ennemi, il ne faut ni le mépriser ni se fermer à ce qu'il dit. « Bubi mbwa matshi, mbwimpe, mbwa matshi », dit-on dans ma langue vernaculaire. Notre souhait est que les compatriotes n'étant pas encore arrivés à une haine viscérale de Joseph Kabila lisent cette interview et partagent leurs interprétations avec les filles et les fils de notre peuple. Nous nous le dirons jamais assez, pour cacher certaines choses à une certaine catégorie de Congolais(es), on les met dans les livres. Les compatriotes « mangeurs » ont tout intérêt à lire les textes de ce genre. Ils pourraient se rendre compte que celui qu'il considère comme leur autorité morale a du mépris pour eux. Tenez. Depuis qu'il est au pouvoir en 2001, Joseph Kabila travaille officiellement avec des centaines de Congolais et de Congolaises. Depuis 2006-2007, il y a un gouvernement comprenant plus ou moins cinquante personnes. Il y a son cabinet présidentielle, sa maison civile, ses collaborateurs militaires, les différents services de sécurité, un Parlement où trône une majorité dite présidentielle. Que Joseph avoue qu'il n'a pas, au jour d'aujourd'hui 15 personnes de convaincues, déterminées, résolues pour l'aider, cela devrait interpeller la manducratie josephiste .
La majorité de « mobutistes » corrompus autour du « raïs »
Voici la question de New York Times: « Avez-vous les bonnes personnes pour vous aider? »
La réponse de Kabila est précédée d'une longue pause. Il réfléchit et comptabilise... Après la pause, la réponse tombe: « Mobutu a dirigé ce pays pendant 32 ans. Il a créé une classe politique et a créé une mentalité et nous n'avons pas encore mis fin à cela. Les anciennes méthodes sont toujours là: corruption, mauvaise gestion, et de tout cela. Notre plus grande erreur, c'est que nous n'avons pas trouvé assez de temps pour transformer et former nos propres cadres. On n'a pas besoin d'un millier de personnes pour transformer un pays. Non, on n'a besoin que de 3,4,10, 15 personnes avec des convictions, déterminées et résolues. Ai-je ces 15 personnes? Probablement, 5,6,7, mais pas encore 15. » (La traduction est empruntée au journal kabiliste L'Avenir au quotidien de ce mardi 7 avril 2009 et nous soulignons.)
La réponse de Joseph Kabila appelle un temps de réflexion. Si après au lendemain de l'indépendance nominale de notre pays nous ne comptions qu'une dizaine de diplômés, après la Révolution du 17 mai 1997, nous ne comptons pas dans les ranges du pouvoir plus de 15 personnes « avec des convictions, déterminées et résolues » capables d'aider Joseph Kabila à remettre le Congo sur les rails! Et pourtant « le raïs » est entouré par les juristes, les économistes et les autres constitutionnalistes congolais! Aussi, Joseph n'a pas réussi, après plus de cinq ans à la tête du pays, à former « ses propres cadres »! Supposons qu'il en ait déjà formé 7, pour qu'il atteigne le chiffre 15, il devra encore rester plus de cinq ans au pouvoir! Donc, il lui faudra un deuxième mandat.
Mais si « le raïs » s'est maintenu au pouvoir jusqu'à ce jour aux côtés de mobutistes corrompus, mauvais gestionnaires, sans conviction et détermination, ce qu'il a su partager les mêmes anti-valeurs que ceux qu'ils décrient. Et en tant que « chef », il n'a jamais eu suffisamment de courage pour envoyer ces corrompus en prison bien qu'il ait clamé tout haut à son discours d'investiture que la récréaction était terminée et que les portes de la prison allait être grandement ouvertes.
Comment Joseph Kabila peut-il justifier la disqualification de plusieurs de ses collaborateurs dans un journal américain? Et puis, de quelle expertise « le raïs » se réclame-t-il quand il dénonce son erreur en avouant qu'il n'a pas eu le temps de former ses propres cadres?
Pour ceux et celles d'entre nous qui savent que « les crimes organisés en Afrique centrale » ont bénéficié des services anglo-saxons, il est possible que Joseph soit en train d'envoyer un signal fort à ses « parrains » pour expliquer sa méthode de travail. Les Congolaises et les Congolais de son entourage étant majoritairement corrompus et mauvais gestionnaires, il peut travailler officiellement avec eux et officieusement avec les Ougandais et les Rwandais. (Un compatriote de l'est de notre pays ayant requis l'anonymat nous a confié que Joseph Kabila a travaillé avec sa petite amie Ougando-Sierra Leonaise, Finda. Elle a géré le Fonds Social Congolais. Présentement, il travaille avec M. Mahuku, un sujet Rwandais. Il l'a chargé de la gestion de la question des Interhamwe à l'est du pays.)
A la lecture de la réponse de Joseph Kabila à New York Times, on se croirait en présence d'un Karel De Gucht, Ministre des affaires étrangères Belge, affirmant qu'il n'a pas trouvé au Congo, autour de Kabila, des hommes politiques dignes de ce nom. Quand on connaît toutes les misères que les propos de De Gucht ont suscité et qu'on entend le même discours de la bouche du « raïs », on se dit: « ça sent mauvais ». Face à l'échec patent d'une politique fondée sur l'exclusion, la violence, la corruption et le mensonge, Joseph trouve vite des boucs émissaires: Mobutu, les mobutistes et la mentalité mobutiste. Cette interview aurait été convaincante si Joseph pouvait citer trois ou quatre mesures phares prises pendant ses 7 ans de règne pour un bonheur congolais partagé. Il n'y a en pas eues.
Si pour transformer un pays, il ne faut pas être un millier de personnes, Joseph aurait pu faire quelque chose avec « ses 5, 6 ou 7 ». Et pourtant, il n'y a rien, à l'exception de la mort qu'il a semée au Congo, dans ses coins et recoins.
Cette politique qui consiste à croire et à faire croire que les mauvais sont toujours les autres Congolais(es) est caractéristique du règne kabiliste. Il s'associe ses « ses rhinocéros » pour « écraser » les meilleurs d'entre nous: ceux-ci s'exilent ou tombent sous ses balles. Il s'entoure des laudateurs-mangeurs et finit par les accuser de corrompus et de mauvais gestionnaires. Il y a, à travers les propos de Joseph Kabila, une très haute idée de lui-même et un mépris pour ceux qui, à ras-le-sol, l'ont appelé « papa », « mon président », pour ramasser les miettes tombant de sa table.
Cette politique participe de l'idéologie ou des pseudo-justifications tutsies disqualifiant, en bloc, tous les Congolais, pour faire main basse sur les ressources du sol et du sous-sol de notre pays.
Nous avons tous été classifiés dans les BMW. Donc, Josepk Kabila ne dit rien de neuf.
N'empêche qu'avec le temps, il ait fait l'expérience de la frivolité de certains d'entre les animateurs des institutions actuelles du pays, capables de vendre père,mère, femmes et enfants pour rouler dans les 4X4 et manger chez SHE TEMBA KAYEMBE avec les filles de la rue.
En effet, il aussi plus facile, pour nous Congolais, de croire plus à un complot extérieur contre notre pays que de faire l'inventaire des comportements primaires de certains d'entre nous face au boire et au manger, face à l'argent et à la femme. Si un homme fort garde bien sa maison, nous disent les Ecritures, personne ne peut la dévaliser. Ce que nous subissons est aussi les fruit des turpitudes de certains d'entre nous, de leur nombrilisme et de leur foi aveugle en des diplômes vides de savoir, de savoir-être, de faire, de savoir-faire et de sagesse.
L'Union européenne, la Banque mondiale et le FMI au banc des accusés
Néanmoins, la bouc-émissairisation josephiste va au-delà des frontières congolaises. Joseph a conçu cinq chantiers sans un sous. Il appartenait à l'Union Européenne, au FMI, à la Banque mondiale et aux U.S.A. de les financer. « Nous avons dit que nous avions cinq chantiers: les infrastructures, la santé, l'éducation, l'eau, l'électricité et le logement. Maintenant, comment pouvons-nous faire face à ces priorités? Nous avons besoin d'argent, beaucoup d'argent, affirme Joseph Kabila. Pas de 100 millions de dollars US de la Banque mondiale ou les 300 millions du FMI. Non, nous avons besoin de beaucoup d'argent, et surtout que nous sommes toujours en service d'une dette de près de 13 milliards de dollars. Et qu'il est de 50 ou 60 millions de dollars US par mois, ce qui est énorme. Vous me donner 50 millions de dollars chaque mois pour le secteur social et nous allons de l'avant.(...)Mais nous avons dit: oui, nous avons des priorités, et
nous avons parlé à tout le monde. Américains, avez-vous de l'argent? Non, pas pour le moment. L'union européenne, vous avez trois ou quatre milliards pour ces priorités? Non, nous avons nos priorités. Ensuite, nous avons dit: pourquoi ne pas parler à d'autres personnes, les Chinois? Alors nous leur avons dit, avez-vous l'argent? Et ils ont dit, oui, nous pouvons discuter. Donc, nous avons discuté. »
Comment Joseph Kabila qui regrette de n'avoir pas eu le temps de former ses propres cadres peut vouloir faire des priorités du Congo les priorités des autres? A quoi allait-il former ces cadres? A une politique économique extravertie? Au paiement d'une dette odieuse? A la mendicité?
Par innocence ou par bêtise, Joseph Kabila affirme qu' « il ne comprend pas pourquoi ils (ceux qui ont refusé de lui donner de l'argent pour ses chantiers) nous ont dit de ne pas signer ces accords. Probablement, explique-t-il, parce qu'il y a beaucoup d'ignorance, l'ignorance de la façon dont notre situation est difficile. Bien sûr, lorsque vous êtes assis à Washington ou vous êtes assis à New York, vous croyez que tout le monde est comme à Washington ou à New York. Mais les gens souffrent. Qu'est-ce qui m'a révolté moi? C'est le fait qu'il y ait une résistance à cet accord sans faire une contre-proposition. » Et pourtant, la contre-proposition est faite: le Congo renonce aux accords avec la Chine, le FMI l'embrigade dans le programme d'ajustement structurel, la Banque mondiale s'arrange avec la Chine pour qu'elles travaillent ensemble sur le dos des Congolais(es)...
Par innocence ou par bêtise, Joseph Kabila avoue que pour certaines questions engageant le devenir commun des Congolais(es) les décisions se prennent à Washington, à New York,etc. Quand on sait qu'il fait (aussi) allusion aux Institutions Financières Internationales dont le FMI soutenu dernièrement par le G 20, on se dit que les Congolais(es) n' hallucinent pas quand ils parlent de leurs misères et de leurs souffrances, de leurs morts comme participant des « crimes organisés » ailleurs.
Mais que la révolte de Joseph Kabila n'aboutisse pas à la résistance citoyenne contre la résistance de ceux qui décident à Washington et à New York , cela trahit les limites de la politique Kabila et de la majorité au pouvoir. Pour dire les choses autrement, à travers la révolte du « raïs », il y a un aveu d'impuissance face à ceux qui l'ont fabriqué pour servir leurs intérêts.
Comme pour Mobutu, Laurent Désiré Kabila, Vital Kamerhe, cette sortie médiatique risque de signer la fin politique de Joseph Kabila. Tel est le fonctionnement du marionnettisme: dès que la marionnette coupe le cordon ombilical, dit sa part de vérité, il signe sa mort politique. La mort physique peut s'en suivre. Le cynisme des « maîtres du monde » souffre de la lumière du jour jetée sur ce qu'ils appellent « leurs intérêts ».La chute du mur de Berlin et Mobutu, dignité pour l'Afrique. Entretiens (de Mobutu) avec Jean-Louis Remilleux ont signé la mort politique du dernier Maréchal de l'Afrique. Le retournement d'alliance entre Laurent Kabila et ses « parrains » a sonné le glas du règne du « soldat du peuple ». L'étonnement de Kamerhe face au secret dont a été couverte l'entrée des miliaires Rwandais au Congo lui a coûté sa chaise présidentielle au Parlement. Il est possible que Joseph joue à la diversion... L'avenir
nous le dira.
J.-P. Mbelu
18:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 avril 2009
Un « trou » de 7 millions USD à l'Assemblée Nationale
Révélée par Le Phare dans son édition de mardi, l’affaire de l’évasion de plusieurs millions de dollars américains destinés au fonctionnement de l’Assemblée Nationale et à la paie des émoluments de ses membres continue de défrayer la chronique. Alors que députés et fonctionnaires de cette institution de la République n’arrêtent pas de fulminer de colère à l’endroit du réseau maffieux planificateur du détournement, une autre révélation vient ajouter à leur courroux.
Il s’agit de la découverte de certaines pièces de nature à conduire vers le pot aux roses. On fait état en effet de l’existence d’un Ordre de Paiement Informatisé, émis le 18 mars 2009, et portant le numéro 153543, pour servir au débit du compte du Trésor au profit de l’Assemblée Nationale. L’ordonnateur, jusque-là non connu, a utilisé le comptable principal Code 0536, le nommé Lufulu, pour son dépôt.
Avec l’identification formelle de cet OPI, l’opération maffieuse qui paraissait n’avoir pas laissé de traces, offre désormais une piste de nature à permettre de remonter la filière. On espère que toutes les questions que se posent les députés nationaux en particulier ainsi que l’opinion publique en général vont trouver des réponses dans les jours à venir. A en croire les dernières nouvelles en circulation au Palais du Peuple, le « trou» provoqué par les pilleurs des fonds destinés à l’Assemblée Nationale dépasserait les 7 millions de dollars américains.
Des membres de la Représentation Nationale joints par Le Phare ont juré d’inscrire le dossier à l’ordre du jour de la session en cours. En plus de la mission d’audit déjà sollicitée par leur président, Vital Kamerhe, auprès de la Cour des Comptes, ils se proposer d’exiger la mise sur pied, toutes affaires cessantes, d’une commission d’enquête propre à l’Assemblée Nationale.
L’objectif non avoué est que toute la lumière soit fait au sujet des personnes qui se sont amusées à saigner les caisses de l’Etat, sous couvert de l’Assemblée Nationale. Au niveau du Bureau de cette institution, l’ordonnateur principal des dépenses, Vital Kamerhe, ainsi que le Questeur, Bahati Lukuebo, ignorent tout de l’émission de l’Ordre de Paiement Informatisé ayant abouti au pillage de ses ressources financières, pendant que les députés et le personnel d’appoint tirent le diable par la queue. Affaire à suivre
20:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03 avril 2009
Le Potentiel / Renouvellement du bureau : l’AMP en marge de la Constitution
C’est la jungle. L’heure est grave. Le spectacle auquel on assiste depuis plus de deux mois au sein de la chambre basse du Parlement ressemble à un « théâtre de chez nous ». La haine et les passions ont remplacé la raison.
Hier jeudi 2 avril 2009, les élus du peuple se sont retrouvés en plénière en la salle des Congrès du Palais du peuple. L’ordre du jour comportait trois points, à savoir : l’adoption de l’ordre du jour, la démission des autres membres du bureau et le renouvellement du bureau.
Après l’adoption de l’ordre du jour, le bureau a convié les députés à accepter la démission des autres membres du bureau comme c’est fut le cas lors de la démission de Vital Kamerhe c’est-à-dire, une démission « sans débat ni motion ».
Cette proposition a rencontré une résistance de la plénière. « Nous assistons à une situation irrégulière qui ne s’est jamais produite dans aucun pays du monde. C’est le départ du président de l’Assemblée nationale qu’on voulait obtenir. L’on ne peut pas comprendre par quelle magie d’autres membres du bureau devaient subir le même sort », a déclaré Vital Kamerhe.
STATUER SANS PASSION
A cette étape, le député Clément Kanku wa Tshibuabua est monté au créneau pour faire savoir à ses compères que le terme « mandat impératif » doit être entendu comme un acte établissant un support de droit entre le mandataire et les mandants.
Pourquoi cet article suscite tant de remous au sein de notre classe politique ? C’est tout simplement parce qu’il consacre le caractère indépendant de notre mandat. « Nous devons décider en âme et conscience et non sur injonction de telle ou telle autre personne », a fustigé Clément Kanku.
Avant d’indiquer qu’il serait judicieux de comprendre le sens des actes que certains d’entre les députés posent, leur répercussion sur le fonctionnement de la chambre basse du Parlement et on doit statuer sans passion sur la relation de cause à effet entre ses actes posés et le caractère impératif du mandat de ceux qui les ont passés.
D’autres députés, intervenant sur la démission des membres du bureau, ont estimé que comme cela ne dépendait pas de démissionnaires, il aurait fallu qu’on vote au cas par cas. Cette proposition a, une fois de plus, suscité des remous dans la salle.
A cette occasion, Roger Lumbala, président de l’ODR prendra la parole en vue de démontrer aux députés de l’AMP que leur famille politique ne les aimait pas. Cela, pour les avoir « sacrifié », a-t-il dénoncé.
A cet effet, Vital Kamerhe, président sortant de l’Assemblée nationale en a profité pour rappeler à l’ordre sa corporation politique. Il a estimé qu’il n’y avait pas de raison de faire partir tous les membres du bureau qui n’ont rien fait à cause d’un individu.
UNE COMMISSION SPECIALE
Passant au point relatif au renouvellement du bureau, le député Tunda Ya Kasende du Pprd est intervenu en qualité de porte-parole de son parti. Dans son intervention, il exige la mise sur pied d’une commission spéciale devant organiser les élections de nouveaux membres du bureau. Pour lui, le président sortant ne devait pas être à la fois juge et partie. Il a été soutenu dans sa démarche par les députés Munayi, Me Mbuyu, Nkulu Mwenze, Tshibangu Kalala.
Cette motion a suscité de fortes tensions dans la salle des Congrès du Palais du peuple, d’autant que les députés AMP ne partageaient pas cette proposition.
Avant de donner la parole à quelques intervenants, Vital Kamerhe a demandé à ceux qui lui en veulent de lui dire quel mal il y avait de le voir organiser les élections de nouveaux membres du bureau. Il s’est, en outre, posé la question de savoir ce qu’il a fait pour mériter ce sort. Il a voulu être rassuré si le Pprd l’avait déjà chassé du parti surtout qu’il n’est pas candidat à sa propre succession.
« Comme j’ai eu à le dire à la plénière du 16 mars 2009, je ne pouvais pas laisser le pouvoir dans la rue comme ma famille politique me l’avait demandé. J’ai tenu à la légalité et j’ai démissionné devant la plénière. Je reste encore légaliste jusqu’à la remise et reprise avec le nouveau bureau. Bref, le bureau démissionnaire va organiser le renouvellement du bureau conformément aux lois de la République », a-t-il précisé.
L’OPPOSITION MENACE DE BOYCOTTER LE VOTE
Devant cette interprétation erronée de la loi, Delly Sessanga Ipungu, président de la Commission PAJ, a tenu à fixer les députés que la Constitution et le Règlement intérieur ne donnent pas une possibilité à un quelconque bureau provisoire de siéger en lieu et place du bureau démissionnaire, soit-il. « Agir autrement, conduira à la dissolution de l’Assemblée nationale », a-t-il prévenu.
De son côté, François Mwamba, secrétaire général du MLC, a déclaré : « Si la plénière mettait sur pied une commission spéciale, le vote se fera sans l’opposition ». Jean-Lucien Busa a, quant à lui, interpellé les députés sur leur responsabilité à s’assumer comme élus du peuple.
C’est à ce niveau que Justin Bitakwira de l’AMP a voulu savoir s’il se trouvait devant les diplômés ou alors des intellectuels.
La sagesse se trouvant dans la bouche des vieux, le député N’singa a rappelé ses collègues à l’ordre. « Qu’est-ce que vous craignez ? Quel danger y’a-t-il quant à laisser ce bureau organiser les élections. Suivons ce qui se passe dans les Etats supposés respectueux des textes. Comment comprendre que les membres du bureau démissionnaire que nous avons vénérés hier soient considérés comme des voyous aujourd’hui. Ayons le sens de l’Etat », a-t-il martelé.
C’est suite à son intervention poignante que Boris Boku Laka demandera au bureau sortant de suspendre la plénière pour des conciliabules entre groupes parlementaires. Ainsi, il a été demandé aux groupes parlementaires de se réunir autour du bureau sortant endéans quarante huit heures pour harmonisation des vues sur cette question combien importante.
KINKIEY MULUMBA ACCUSE DE DETOURNEMENT
Signalons en passant que le député Hamuli est intervenu par motion pour dénoncer le détournement des fonds du Groupe Parlementaire des Indépendants (GPI) par le député Kinkiey Mulumba. L’intervenant a sollicité le concours de la plénière en vue de l’aider à récupérer cette somme importante dont les détails seront communiqués au bureau.
Suite au détournement de 1.500.000 Usd de l’Assemblée nationale, la plénière a mis sur pied une commission devant enquêter dans quarante huit heures sur la destination de cet argent. La même commission ad hoc devra auditer sur la corruption des députés. Cela, suite au silence coupable dont a souffert les députés membres de l’AMP dans la salle des Congrès du Palais du peuple chaque fois que la question relative au détournement des fonds destinés à la chambre basse du Parlement était posée.
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30 mars 2009
L aprospérité : Bemba-Moreno: match serré!
*Luis Moreno Ocampo a requalifié ce lundi 30 mars, à la Haye, les charges portées contre Jean-Pierre Bemba Gombo. L’état amendé présenté aux juges, révèle que le Procureur de la CPI maintient, contre vents et marées, la responsabilité pénale individuelle de Bemba en tant que Supérieur hiérarchique ou Chef militaire des crimes commis par ses troupes envoyées, en son temps, en mission d’intervention rapide en RCA. Si les représentants des victimes ont jusqu’au 9 avril, pour réagir, les avocats de la défense de Bemba ont, quant à eux, un délai large, pour s’y préparer. C’est le vendredi 24 avril qu’ils seront devant les juges de la Chambre Préliminaire III, à la CPI. La réplique, espère-t-on, au Mlc, sera musclée. C’est un dossier pas comme les autres, à la Cour Pénale Internationale, à la Haye, aux Pays-Bas.
L’affaire Bemba rebondit sur scène. Cette fois-ci, Luis Moreno revient à la charge, pour requalifier les faits, à la demande des juges de la Chambre Préliminaire III. Ce lundi 30 mars, en effet, le Procureur de la CPI a maintenu la responsabilité pénale individuelle de M. Bemba, quelle que soit sa casquette de supérieur hiérarchique ou chef militaire, pour des crimes que ses hommes dépêchés, en son temps, en mission d’intervention rapide en République Centrafricaine, avaient commis. L’état amendé présenté hier aux juges, sur des charges retenues contre Bemba, démontre, si besoin en était, que Luis Moreno Ocampo est déterminé à faire valoir ses vues et thèses jusqu’au bout.
Il est resté le même. Son état amendé est presque une copie conforme ou, à la limite, une caricature de dix mille pages des preuves qu’il avait initialement déposées sur la table des juges. En des termes précis, il maintient la responsabilité pénale individuelle et présente, par contre, les éléments liés à la responsabilité de Chef militaire ou, même, de supérieur hiérarchique, comme une responsabilité subsidiaire à cette responsabilité pénale individuelle déjà portée à la connaissance des juges. Voilà tout. Le 9 avril, au plus tard, les représentants des victimes ont droit d’introduire, s’ils le veulent, des observations. Le collectif des avocats de la défense de Bemba dispose d’un délai large.
C’est le vendredi 24 avril que sa réplique est attendue. Une réplique voulue musclée, au Mlc, à Kinshasa. Le match, croit-on, s’annonce serré. Brèche ouverte La Chambre préliminaire III de la Cour pénale internationale (CPI) avait décidé, le 5 mars dernier, d’ajourner l’audience de confirmation des charges dans l'affaire Le Procureur c/ Jean-Pierre Bemba Gombo et de demander au Procureur d’envisager de soumettre à la Chambre un document amendé contenant les charges. L’article 61 (7) (c) du Statut de Rome prévoit cette possibilité, rappelait-elle, dans un communiqué daté du 5 mars dernier. En effet, dans sa décision du 4 mars 2009, la Chambre indiquait que les éléments de preuve présentés par le Procureur semblaient établir qu’un crime différent, relevant de la compétence de la Cour, a été commis.
Les juges estimaient ainsi que, sans préjuger de la responsabilité pénale individuelle alléguée de M. Bemba (article 25 du Statut), la qualification juridique des faits qui lui sont reprochés pourrait indiquer un autre type de responsabilité pénale, à savoir celle en tant que chef militaire et supérieur hiérarchique (article 28 du Statut). Voilà pourquoi, ils demandaient alors au Procureur de leur présenter, au plus tard le 30 mars 2009, un état amendé des charges traitant de cette question. Par la même occasion, la Chambre invitait la Défense à répondre à ce nouveau document par écrit au plus tard le 24 avril 2009, et les représentants des victimes à lui faire parvenir leurs observations au plus tard le 9 avril 2009.
Les juges indiquaient, enfin, qu’ils rendront publique leur décision sur la confirmation éventuelle des charges à l’encontre de M. Bemba dans un délai de 60 jours à compter de la réception de la dernière soumission écrite. Chronologie des faits L'audience de confirmation des charges dans l'affaire Le Procureur c/ Jean-Pierre Bemba s’est tenue du 12 au 15 janvier 2009 devant la Chambre préliminaire III, à La Haye. Jean-Pierre Bemba Gombo, ressortissant de la République démocratique du Congo (RDC), président et commandant en chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), a été arrêté le 24 mai 2008 par les autorités du Royaume de Belgique, suite à un mandat d'arrêt délivré sous scellés par la Cour pénale internationale le 23 mai 2008.
Il a été remis à la Cour le 3 juillet 2008. Selon l'Accusation, Jean-Pierre Bemba Gombo serait pénalement responsable, conjointement avec une autre personne ou par l'intermédiaire d'autres personnes, de cinq chefs de crimes de guerre (viols, tortures, atteintes à la dignité de la personne, notamment des traitements humiliants et dégradants, pillages et meurtres) et de trois chefs de crimes contre l'humanité (viols, tortures et meurtres) commis sur le territoire de la République centrafricaine pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003. Béchir se promène Le soudanais Béchir était hier à Doha où il a siégé aux côtés de Ban Ki-Moon, au sommet de la Ligue Arabe.
Recherché par la CPI pour des crimes commis au Darfour, Béchir joue à la diversion. Il se promène, à travers le monde. Le voyage d’hier est le 4ème du genre depuis son inculpation. Il a été en Erythrée, Egypte et en Libye. Au Soudan, son propre pays, il sillonne et danse en tenue de chef coutumier, sans la moindre inquiétude. Il est soutenu, dans cette vaste aventure contre la CPI, par des milliers de sympathisants. Les soudanais, eux-mêmes, sont les premiers à jurer de mourir avec lui, si la CPI venait à oser toucher à la prunelle de ses yeux.
Marcel Ngoyi
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Le potentiel / Wa Mutshimbayi : « Le Congo est sous tutelle rwandaise »
Le communiqué conjoint signé entre la RDC et le Rwanda, par l’entremise de leurs ministres des Affaires étrangères, suscite des commentaires en sens divers. Surtout en ce qui concerne l’autorisation accordée aux troupes rwandaises de traquer les FDLR partout sur le sol congolais. « Le Congo est sous tutelle rwandaise », a affirmé Wa Mutshimbayi, un analyste politique congolais. Entretien avec la rédaction du journal Le Potentiel.
Les gouvernements congolais et rwandais ont dit toute leur satisfaction à l’issue de l’opération « Umoja wetu ». Ne faut-il pas la reconduire pour sécuriser durablement l’Est de la RDC ?
Pourquoi reconduire quand on sait très bien que ce que cette opération a été un échec malgré tout ce que l’on a fait croire à l’opinion. D’ailleurs, Kagame a reconnu, dans une récente interview, que beaucoup d’éléments des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) ne sont pas rentrés au Rwanda. La plupart d’entre eux se sont repliés à l’intérieur du Congo.
Ce qui est grave, c’est de donner à Kagame l’occasion d’envoyer ses troupes sur l’ensemble du territoire national pour traquer les FDLR. Dans tous les cas, on peut se permettre d’affirmer aujourd’hui que le Congo passe sous la tutelle du Rwanda.
On sait qu’à la lecture du communiqué conjoint de la rencontre Rose Mary Musegali-Alexis Thambwe Mwamba, la partie rwandaise a été pleinement informée du processus d’intégration du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), des Patriotes résistants congolais (Maï-Maï) et autres groupes armés au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Comment pouvez-vous expliquer, concernant les rapports entre Etats, cet intérêt manifeste du Rwanda vis-à-vis d’un problème purement interne au Congo ?
Je viens de vous affirmer que le Congo est sous tutelle rwandaise. Tout le décor est planté. Nous sommes en train d’en vivre les épisodes. Quand vous lisez le communiqué conjoint, vous constaterez que, quelque part, il est dit que les troupes rwando-congolaises vont pourchasser les FDLR partout. Cela signifie quoi ? Cela signifie que l’armée rwandaise et les troupes du CNDP peuvent aller partout où bon leur semble. Quand vous avez une armée étrangère sur votre territoire, cela veut dire que vous perdez votre autonomie, votre souveraineté. D’un.
De deux, dans le même communiqué, il est également dit qu’on compte revoir les frontières entre les deux pays, le Rwanda et la RDC. L’histoire nous renseigne que c’est depuis Kabila père que le Rwanda chercher à retoucher cette frontière. La question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir si le gouvernement en place a la légitimité de négocier les frontières du pays.
Il est évident que si le CNDP est incorporé dans l’armée – je vous rappelle qu’il y a eu les opérations « Brassage » et « Mixage » en faveur desquelles les troupes du Rassemblement congolais pour la démocratie, RCD, avaient été intégrées dans les FARDC – on donnerait à Kagame cette possibilité de contrôler toute notre armée. Il ne faut pas perdre de vue que le RCD est toujours dans l’Est de la RDC. La même chose est en train d’être rééditée avec le CNDP qui va être intégré dans l’armée nationale. Les troupes du RCD, vous en convenez avec moi, demeurent toujours dans l’Est. Ce qui fait que Kagame a toujours la mainmise sur tout ce qui se passe au sein des FARDC, avec évidemment la complicité du pouvoir à Kinshasa.
Mais que peut-on en retenir alors ?
Beaucoup de gens savent où l’on va en arriver. Mais, personne n’a le courage de dénoncer cela clairement. Tout le monde sait très bien que Kagame va mettre la main sur le Congo. Le scénario se présente à peu près de la manière suivante : première chose à faire, on va créer des provinces qui seront composées des Hutu et Tutsi. Ces derniers vont garder l’armée tandis que ceux-là, c’est-à-dire les Hutu, vont s’occuper la politique tout en travaillant pour le Rwanda. Il se fait toutefois qu’à Kinshasa, personne n’a le courage de le dire.
Un détail à relever : ce n’est ni Kagame ni Kabila qui sont à la base de cette situation. Les maîtres d’œuvre sont connus. Ce sont, en effet, les Occidentaux qui ont exercé des pressions pour que les troupes rwandaises entrent au Congo parce que, au départ, la CIA s’y était opposée. Il n’y a que Louis Michel et Mme Jendaye Frazer qui ont autorisé l’entrée des troupes rwandaises en RDC. Dans tous les cas, ils ne sont pas sûrs qu’Obama joue leur jeu. C’est cela le fond du problème. Mais comme le pouvoir de Kinshasa est très faible, ils pensent mettre le Congo sous la tutelle du Rwanda.
De toute façon, j’ai une crainte que, demain, il y ait retour de la manivelle. Cela est d’autant plus vrai que le peuple congolais a vécu, des années durant, dans l’humiliation. Il est frustré. Dans tous les cas, il ne va pas accepter pendant longtemps cette domination rwandaise, avec comme soubassement les multinationales occidentales.
Une chose est certaine : cela ne va pas durer longtemps. Ceux qui sont dans ce coup doivent comprendre que la « blague » n’ira pas loin. Il faut laisser l’Afrique s’organiser et se développer…
Lors de son récent séjour à Kinshasa, le président français Nicolas Sarkozy a salué l’opération militaire conjointe RDC-Rwanda. Vous devriez vous en réjouir vous aussi…
C’est la politique. On ne peut pas vous dire toute la vérité. Mais je pense que Sarkozy a donné une leçon de patriotisme aux Congolais puisque les Congolais comprennent où sont leurs intérêts et comment les sauvegarder. Peut-être a-t-il fait comprendre aux Congolais qu’il peut les aider. Mais il revient à nous de prendre des décisions. Cela est d’autant plus vrai que notre destin est entre nos mains. La question est celle de savoir si nous sommes capables de gérer ce grand pays. Est-ce que l’élite au pouvoir est capable de gérer l’Etat aujourd’hui ? C’est cela la plus grande question.
Evidemment, poser cette question c’est y répondre : l’élite n’est pas à la hauteur des enjeux et il faut craindre que les choses explosent entre nos mains. Conséquence, on ne saura pas contrôler la situation.
Peut-on déjà parler de la confirmation du leadership rwandais sur les plans politique et militaire dans la sous-région ?
Je parlerai plutôt de l’illusion de leadership. La raison est bien simple : le Rwanda n’a ni moyens intellectuels ni militaires pour jouer ce rôle. Il n’est pas non plus bien loti en termes de ressources humaines pour prétendre jouer un tel rôle. Toutefois, il faut craindre une instabilité permanente en Afrique centrale. Aucun Congolais n’acceptera qu’on coupe un morceau de terre de son pays. Tôt ou tard, le Rwanda retirera ses troupes.
Il faut craindre, comme je l’ai dit, le retour de la manivelle parce que ce n’est pas la première fois qu’on tente de balkaniser notre pays. Souvenez-vous de l’affaire Tshombe avec la sécession katangaise. C’est pour cela que Lumumba est mort. Comme Kabila père est mort à cause du Rwanda, il faut reconnaître aussi qu’on va récupérer notre pays parce qu’avec le sang qui a coulé, on n’aimerait pas que le Congo soit balkanisé. Le Congo a vocation à être la locomotive du développement de l’Afrique centrale.
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25 mars 2009
Vital Kamerhe démissionne de son poste de président de l'Assemblée nationale
Le président de l'Assemblée nationale a présenté sa démission au cours d’une courte plénière ce mercredi au Palais du peuple. Sans débat ni vote, sa démission a été acceptée par l’assemblée plénière. Dans un bref discours, Kamerhe a fait savoir que son parti politique, le PPRD lui avait écrit pour lui demander de démissionner sans délai suite à ses propos tenus sur les ondes de Radio OKapi. Il n’a pas voulu le faire, dit-il, en dehors de la plénière qui l’avait élu.
Vital Kamerhe
C’est dans une ambiance bon enfant que 404 députés présents dans la salle des Congrès ont favorablement accueilli la démission de Vital Kamerhe. Mais celui-ci demeure encore président du bureau démissionnaire qui expédie les affaires courantes jusqu’à l’installation du nouveau bureau. Ce dernier fera l’objet d’une commission ad hoc qui sera chargée d’organiser la prochaine élection du bureau.
Extrait du discours de Vital Kamerhe à l’Assemblée nationale
«Honorables députés et chers collègues, lors de mon intervention sur Radio Okapi le 21 janvier 2009 en rapport avec le début des opérations militaires conjointes entre nos forces armées et celles de la République du Rwanda dans la province du Nord-Kivu, j’avais déclaré que je n’avais pas été informé. Et que si cela était vrai, ce serait grave parce que j’avais estimé que compte tenu des dégâts collatéraux importants occasionnés en Province Orientale par une opération similaire avec l’armée ougandaise et celle du Sud du Soudan pour neutraliser les rebelles de la LRA, le gouvernement devait prendre des précautions pour éviter que la même situation ne se produise au Nord-Kivu. Cette déclaration a été mal appréciée par ma famille politique qui estimait que j’avais commis un crime de lèse-majesté, car je venais là, semble-t-il, de contredire le chef de l’Etat, chef de ma famille politique. J’ai été astreint donc à la démission, avec en prime, une forte campagne de diabolisation et des injures gratuites sur ma personne à travers toute la presse écrite et audiovisuelle, tant privée que publique. Et ce, sans ménagement ni le moindre égard à mes fonctions à l’Assemblée nationale. C’est le lieu de déplorer ici la culture de l’injure facile et publique, de la délation et de l’immoralité dans la sphère politique congolaise. Car, nous, hommes politiques, avons l’obligation de servir de modèle aux jeunes générations et à la société congolaise tout entière.
Mon parti politique, par notre secrétaire général Evariste Boshab, m’a écrit pour m’inviter à démissionner sans délai. Cependant, toutes ces demandes insistantes de ma famille politique m’étaient présentées pendant les vacances parlementaires, donc, en l’absence de vous tous qui m’avez élu. C’est pourquoi je n’avais pas voulu démissionner pendant les vacances parlementaires.
Ainsi que je l’avais dit dans mon discours d’ouverture de la présente session, j’avais entendu ce que mon parti politique, le PPRD et la hiérarchie de ma famille politique m’avaient demandé. Mais en même temps, j’étais aussi à l’écoute de notre peuple, qui, à travers les églises, les organisations de défende des droits de l’homme, la diaspora congolaise, la jeunesse congolaise, et toutes les forces vives, exprimer dans une belle harmonie, la soif et le désir ardent de voir els hommes politiques que nous sommes, préserver les acquis démocratiques et se conformer à la légalité constitutionnelle pour briser définitivement la spirale de l’éternel recommencement caractéristique de la marche de nos institutions depuis 1960, à cause des querelles politiciennes. Le grand combat que chacun de nous doit mener, comme le disait Ghandi, je le répète, c’est contre soi-même, pour repousser cette nature qui nous habite et nous pousse à détruire ce que nous avons construit, même au prix des sacrifices suprêmes. C’est pourquoi je n’avais pas démissionné pendant les vacances parlementaires comme mes collègues membres du bureau qui avaient reçu la même instruction pour je ne sais quelle faute qu’ils auraient commise collectivement. J’ai la pleine conscience qu’ils ont payé le prix de ce qui m’a été reproché, alors qu’en réalité, les pauvres collègues ici présents n’ont rien fait. Nous sommes dans un pays de justice, cependant, je n’ai pas le sentiment d’être responsable de ce qui leur est arrivé. Car la faute, si faute il y a, doit être individuelle et directe. Je voudrais tout simplement leur dire que ce sont là, chers collègues, les aléas de la politique dans notre pays dont je suis moi-même victime. Sans chercher à me justifier outre mesure, laissez- moi dire quand même un mot au sujet de la faute qui m’est imputée. En effet, l’article 213 de la Constitution dispose ce qui suit, je cite : « Le président de la République négocie et ratifie les traités et accords internationaux, le gouvernement conclut les accords internationaux non soumis à la ratification, après délibération en conseil des ministres, il en informe l’Assemblée nationale et le Sénat. L’Assemblée nationale est informée par son président que je suis. Je ne me souviens pas à ce jour avoir reçu l’information du gouvernement sur l’accord signé avec le Rwanda pour els opérations militaires conjointes dans le Nord-Kivu.
C’est une obligation constitutionnelle du gouvernement et non du président de la République. Voilà pourquoi j’avais dit que je n’étais pas été informé. Cela était et reste vrai. La gravité de cette opération tenait à mes yeux, non seulement au fait que, le gouvernement avait officiellement annoncé, par la bouche de son porte-parole, l’invitation de quelques officiers observateurs de renseignements militaires de l’armée du Rwanda pour assister à la traque des Interhamwe par l’armée congolaise, mais aussi et surtout parce qu’il y avait manifestement violation, dans le chef du gouvernement, des dispositions précitées de notre Constitution. En fait, si jamais il y avait un problème, il s’agirait d’un problème entre l’Assemblée nationale et le gouvernement. Je n’ai donc jamais compris comment on est arrivé à y mêler le président de la République, chef de ma famille politique, et à créer artificiellement un problème entre lui et moi. Le président de la République, je le répète, ne doit pas servir de bouclier au gouvernement ni à ses membres, qui, eux, ont l’obligation de rendre compte de leur gestion à l’Assemblée nationale. Nous devons ramener le chef de l’Etat à son rôle d’arbitre neutre pour qu’il veuille au bon fonctionnement de l’ensemble des institutions, te ce, conformément à l’article 69 de notre Constitution. Mais le vin est tiré, amer ou aigre, il faut le boire.
Honorable députés et chers collègues, nous voilà aujourd’hui à la croisée des chemins. Je dois opérer avec vous un choix, et le bon. Notre seul fil conducteur doit être la lutte pour la préservation et la sauvegarde de la démocratie et de la légalité dans notre pays, ainsi que l’indépendance du député national, lequel ne doit pas être astreint à un mandat impératif, en vertu de l’article 101 de la Constitution, alinéa 7. Le mandat dont nous sommes investis nous lie directement par un contrat social et politique avec le peuple congolais. Nous devons, donc, à tout moment, rechercher son intérêt et nous mettre à son écoute pour connaître ses attentes et ses intérêts pour mieux le défendre dans cet hémicycle. C’est donc à lui, et à lui seul que nous rendons compte de notre mandat.
Honorables députés et chers collègues, nous avons le choix entre deux voies constitutionnelles valables. La première possibilité qui s’offre à nous est celle de poursuivre le processus enclenché jusqu’au vote à bulletin secret, afin que els urnes parlent. Au-delà du résultat arithmétique auquel ce vote pourrait conduire, personne alors personne dans cette salle ne peut nous dire avec exactitude de quoi demain sera fait. Personne ne peut parier que la démocratie et la paix sociale chèrement acquises en sortiront intactes. Personne non plus ne peut parier que l’Assemblée nationale qui a su démontrer à la face du monde son engagement clair et net en faveur de la défense de la démocratie ne sera pas déstabilisée, ou tout au moins, ne connaîtra pas de fonctionnement tumultueux. La deuxième possibilité qui est tout aussi constitutionnelle est celle de privilégier et de sauver la démocratie, qui peut continuer et se renforcer sans nécessairement un homme, qui qu’il soit, même pas Vital Kamerhe, reste absolument au perchoir comme président de l’Assemblée nationale. Puisant dans la sagesse du roi Salomon, appelé à trancher le conflit entre deux femmes qui se disputaient un enfant, tous les chrétiens connaissent l’histoire, j’ai opté pour la voie la moins périlleuse et la moins coûteuse pour le peuple congolais qui a démontré, à travers les années, son attachement à la démocratie.»
Des réactions
« Nous prenons acte de cette démission ». C’est la première réaction de certains députés de l’opposition qui ont salué ladite démission. Parmi eux, Delly Sesanga, député du MLC. Même son de cloche du coté de la majorité parlementaire. Vice-président du groupe parlementaire PPRD, Aubin Minaku exprime ici sa joie tout en expliquant la prochaine étape qui attend l’Assemblée nationale.
Le sort est jeté. Vital Kamerhe s’en va. Mais sur le plan législatif, il laisse derrière-lui un bilan largement positif. Plusieurs lois ont été votées, des contrôles parlementaires réalisés. Un bilan que l’AMP reconnaît tout en admirant le parcours politique de Kamerhe.
Le MLC regrette la départ de Vital Kamerhe
En réaction de cette démission, le Mouvement de libération du Congo, principal parti d'opposition, a exprimé sa "grande tristesse" après la démission mercredi du président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, exigée par la majorité présidentielle. "C'est une grande tristesse de voir partir un grand président qui a su situer l'Eglise au milieu du village, entre la majorité et l'opposition", a déclaré ce mercredi à l'AFP le secrétaire général du MLC, François Muamba."Les hommes passent mais les institutions restent. Mais pour qu'elles restent, les institutions doivent être dotées de lois et règles respectées par tous", a affirmé M. Muamba. Pour lui, "Kamerhe s'est battu jusqu'au bout pour que les règles qui nous régissent soient respectées et l'Assemblée nationale soit une institution forte".
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19 mars 2009
La dépouille d'Edith Bongo rapatriée à Libreville
La dépouille d'Edith Bongo rapatriée à Libreville© La rédaction web de Jeune Afrique
Le corps de la première dame du Gabon, décédée samedi au Maroc, est arrivé mercredi après-midi à Libreville. Edith Bongo Ondimba, fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, sera prochainement inhumée dans son pays natal.
La dépouille d’Edith Bongo est arrivée mercredi à l’aéroport Léon Mba de Libreville, à bord d’un Boeing 747 spécialement affrété la Royal Air Maroc. Un peu avant, son époux, le président gabonais Omar Bongo Ondimba, et son père, le chef de l’Etat congolais Denis Sassou Nguesso, avaient atterri dans un avion gabonais. Ils revenaient de Rabat, où la première dame est décédée des suites d’une longue maladie, ont annoncé samedi les autorités gabonaises.
Vive émotion
Ils étaient nombreux à s’être déplacés pour saluer « Maman Edith », qui menait diverses activités humanitaires. « La foule [était] composée de plusieurs communautés gabonaise et étrangère, dont certains membres sont arrivés de l’intérieur du pays et même de l’extérieur », explique Gabonews. Le site Internet souligné que des endeuillés ont « fondu en larmes après la descente d’avion des deux chefs d’Etat ».
Xinhua rapporte aussi des larmes. Celles de « femmes » et de « ministres » submergés d’émotion à la vue du « cercueil « couvert (…) du drapeau tricolore gabonais ». Sur le chemin du palais présidentiel, l’agence de presse chinoise raconte qu’« une véritable marée humaine a déferlé (…) dans le calme à l'aéroport et le long du front de mer (…). Des hommes, femmes et enfants brandissaient pancartes et banderoles en l'honneur de l'illustre disparue ».
Les obsèques du docteur en médecine de 45 ans se dérouleront au Gabon et au Congo. « Après concertation », les deux pays se sont entendus pour qu’Edith Bongo soit inhumée dans son pays natal, selon les « us et coutumes mbochis », son ethnie. Elle sera enterrée dans les jours qui viennent à Edu, le village qui abrite le cimetière familial de la famille Sassou Nguesso
23:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 mars 2009
La Libre: Bras de fer présidence - Parlement par Marie-France Cros
Depuis longtemps, la présidence veut se défaire du contrôle parlementaire. Elle réclame cette fois la tête de Vital Kamerhe, qui fait jouer à l’Assemblée nationale son rôle de contre-pouvoir. Tout se jouera lundi, à l’ouverture de la session.
La session ordinaire du Parlement congolais, qui s’ouvre lundi à Kinshasa, pourrait constituer un tournant dans l’histoire de la IIIe république. Elle survient en effet dans un contexte marqué par un bras de fer entre la présidence et l’assemblée nationale.
Étendre son pouvoir
Ce dernier ne date pas d’hier : voilà longtemps que la présidence s’efforce d’étendre son pouvoir au-delà de ce que prévoit la Constitution, adoptée par référendum en 2005.
Le chef de l’Etat a ainsi profité du manque de capacité de travail de l’ex-Premier ministre Gizenga (2007-08) pour présider à sa place les conseils des ministres ; de la lenteur du Sénat à nommer le Haut conseil de la magistrature pour nommer lui-même les juges de la Cour suprême. Et puisque cela "passait", il a poursuivi, s’octroyant le bureau du président de l’Assemblée nationale, dans le bâtiment abritant celle-ci, et reléguant son titulaire dans une pièce grande comme un placard à balais ; obtenant du gouvernement qu’il bloque les comptes de l’Assemblée qui a besoin de fonds pour ouvrir des enquêtes parlementaires sur des sujets qui gênent l’exécutif - et les enquêtes n’ont pas (encore) eu lieu
Le dernier affrontement porte sur l’opération militaire conjointe rwando-congolaise au Nord-Kivu. Le président de l’Assemblée, Vital Kamerhe, avait exprimé publiquement son indignation de ce qu’elle n’ait pas donné lieu à un débat parlementaire ; son avis rencontra un écho dans l’opinion qui, nourrie depuis longtemps de discours antirwandais, ne pouvait comprendre ce brusque retournement d’alliance.
Le président Kabila a décidé de sanctionner ce manque de solidarité partisane de M. Kamerhe, membre du parti présidentiel PPRD, en exigeant sa démission du perchoir. Il ne fut pas obéi, même lorsque le PPRD exigea la démission de tout le bureau de l’Assemblée.
Le bouche à oreille politicien évoque de fortes pressions (on parle même de menaces) sur Vital Kamerhe pour qu’il se soumette, mais celui-ci serait désireux de préserver l’indépendance de l’Assemblée. Plusieurs sources lui prêtent l’intention de ménager la chèvre et le chou en présentant sa démission dans les règles, lundi, à l’ouverture de la session parlementaire.
La présidence ne serait pourtant pas rassurée et craindrait "un show" de Kamerhe, voir un coup de tête des élus qui étaient majoritaires (262 sur 500) à réclamer une session extraordinaire pour discuter de l’opération conjointe rwando-congolaise - y compris donc des députés de la majorité. Selon le journal "Kongo Times", les députés de la majorité présidentielle ont reçu lundi dernier un SMS sur leurs portables : "Vous, les députés, lâchez Kamerhe, sinon l’Assemblée nationale sera dissoute."
Politique et juridique
"Il y a deux aspects à ce conflit, fait observer, pour "La Libre Belgique", le constitutionnaliste Bob Kabamba. Politiquement, les accords au sein de la majorité présidentielle prévoyaient un poste pour chaque composante, la présidence de l’assemblée revenant au premier parti - le PPRD." Le poste "appartient" donc au parti. "Mais, juridiquement, un membre du bureau de l’assemblée ne peut être démis par l’exécutif, seulement par la plénière", poursuit M. Kabamba.
Une éventuelle démission de M. Kamerhe, en outre, n’est pas pour la présidence une garantie qu’elle imposera sa volonté. Qui lui succédera au perchoir ? Un homme fort ou un homme soumis à l’exécutif ? Dans ce dernier cas, que fera-t-elle du Sénat, où le rapporteur adjoint, Jean-Pierre Lola Kisanga, a dénoncé"une tentative de liquidation de la démocratie au sein du Parlement".
Enfin, qui peut assurer que les 262 députés qui avaient signé la pétition réclamant un débat sur l’opération rwando-congolaise oublieront leur exigence après l’éventuel départ de M. Kamerhe - alors que plus le temps passe, moins le bilan de celle-ci paraît positif, le Haut commissariat de l’Onu pour les réfugiés s’inquiétant de la "déterioration rapide" de la situation au Kivu depuis le départ de l’armée rwandaise, le 27 février. Les FDLR (rebelles hutus rwandais issus des génocidaires) - dont l’éviction était le but officiel de l’opération - reviendraient en effet en force dans la région.
20:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 mars 2009
JEAN-PIERRE BEMBA : PRISONNIER POLITIQUE
MOUVEMENT DE LIBERATION DU CONGO
COMMUNIQUE DE PRESSE
JEAN-PIERRE BEMBA : PRISONNIER POLITIQUE
Consécutivement aux audiences de confirmation des charges, qui se sont tenues du 12 au 15 janvier 2009, les Juges de la Cour préliminaire de la CPI ont eu à se prononcer sur le dossier d’accusation concernant le Sénateur Jean-Pierre Bemba, le mardi 3 mars 2009 au soir.
Par sa Décision n° ICC-01/05-01‑-388, la Cour n’a pas pu établir la responsabilité personnelle du Sénateur Jean-Pierre Bemba dans les crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en RCA, qui constituait l’accusation la plus grave de la thèse du Procureur Moreno. Celui-ci devra, selon la même Décision, disqualifier les faits pour ne retenir, le cas échéant, que la responsabilité en tant que Chef militaire. Or, il est clair que, là aussi, le Sénateur Jean-Pierre Bemba n’avait pas le contrôle effectif des troupes sur terrain en RCA. Ce que reconnaît par ailleurs le Procureur Moreno lui-même.
Le seul fait pour la Cour d’exclure la responsabilité personnelle de Jean-Pierre Bemba dans cette nébuleuse affaire, constitue non seulement un motif de soulagement pour l’épouse, les enfants et toute la famille de notre Compagnon, mais également une preuve supplémentaire de la solidité de notre thèse depuis son arrestation. A savoir que le Procureur Moreno, pour le moins, se trompe de cible en poursuivant personnellement Jean-Pierre Bemba sur base d’un dossier où apparaissent plus clairement des mobiles politiques et non pas judiciaires.
En effet, c’est ici le lieu pour réitérer et de souligner notre propos du 12 février dernier. A la demande du Procureur Moreno, le Sénateur Jean-Pierre Bemba a été traqué comme une bête, arrêté et mis en prison, en mai 2008, dans des conditions humiliantes qu’on réserve habituellement aux malfrats, faisant fi du rang et du rôle que le Sénateur joue en RDC, notamment comme Chef du principal parti d’opposition. Depuis lors, des voix s’étaient élevées pour que le Procureur Moreno puisse apporter les évidences de charges pour lesquelles le Sénateur Bemba devait être maintenu en prison.
A cet égard, un premier délai de six mois avait été accordé au Procureur. Pendant ce temps là, le Sénateur Jean-Pierre Bemba était maintenu en prison pour s’entendre dire que le Procureur n’était pas prêt, dix jours avant la date buttoir, le 4 novembre 2008, conformément à la procédure en la matière.
Et, c’est encore de sa cellule que le Président du MLC apprendra que la séance de confirmation des charges, initialement repoussée au 8 décembre 2008, était pour la seconde fois reportée, cette fois, au 12 janvier 2009. Huit mois de privation de liberté, pour enfin savoir pourquoi on a été mis en prison. Où sont dans ces conditions les droits de l’homme tant vantés et qui, paradoxalement, sont le socle sur lequel la CPI elle-même est sensée être bâtie.
Il nous a été donné d’assister au déroulement des séances de confirmation de charges qui se sont donc tenues du 12 au 15 janvier 2009 à La Haye. Déjà à cette étape, nous avions dit n’avoir, à aucun moment, entendu de la bouche du Procureur Moreno des éléments probants, susceptibles d’étayer tant sa thèse selon laquelle les faits reprochés à Jean-Pierre Bemba auraient été planifiés, que celle de l’exécution intentionnelle de ces forfaits, en complicité avec l’ancien Président Patassé.
En son temps, le MLC avait fustigé cette arrestation précipitée, suspecte et arbitraire, à la veille de la désignation de son Président National en qualité de Porte parole de l’opposition en RDC. De même, nous avions également déploré ce qui apparaissait dores et déjà comme une instrumentalisation de la CPI par des forces politiques obscures, dans le seul but de discréditer un acteur politique majeur et, ainsi, barrer la route à la volonté irréversible des Congolais, de réaliser l’alternance démocratique dans leur pays.
Aujourd’hui encore, le MLC condamne et proteste avec véhémence contre l’acharnement dont fait montre le Procureur Moreno dans le dossier de son leader. Alors que, en toute logique, lorsque les charges alléguées ne sont pas confirmées à l’encontre d’un prévenu, il tombe sous le sens que celui-ci doit être libéré, le Procureur Moreno obtient de revenir à la charge avec des prétendus nouveaux éléments !
Malheureusement, suite à cette nième manœuvre du Procureur, le Sénateur Jean-Pierre Bemba va rester en prison au moins jusqu’au 24 juin 2009, nouvelle date limite à laquelle les Juges auront à nouveau à se prononcer sur la présence ou l’absence d’éléments suffisant pouvant justifier l’organisation d’un procès. En d’autres termes, un nouveau délai de soixante jours va commencer à courir à partir du 24 avril, selon la même procédure que celle qui a été appliquée au mois de janvier dernier.
Néanmoins, à présent que les Juges ont pris la mesure du contenu de plus de mille pages constituant le dossier d’accusation du Procureur Moreno ; à présent qu’en âme et conscience ils n’ont pas retenu les éléments de responsabilité personnelle de Jean-Pierre Bemba, sensés en représenter la substance, le MLC leur fait confiance pour la suite. Nous sommes plus que jamais convaincus que, quel que soit la longueur du temps, ils rendront justice à Jean-Pierre Bemba et l’espoir aux millions de ses compatriotes qui attendent son retour et son implication dans l’agenda numéro un de la RDC, à savoir la réconciliation nationale, condition sine qua non pour la refondation et la reconstruction de la RDC.
« Avec Dieu, nous vaincrons »
Fait à Kinshasa, le 5 mars 2009
François MUAMBA
Secrétaire Général
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04 mars 2009
Kagame exige l'intégration totale du CNDP au sein des FARDC!
Interrogé sur une éventuelle extradition de Nkunda vers la RDC, le président Kagame a indiqué, lundi à Kigali lors d’un point de presse animé conjointement avec le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, que les 2 ministres des Affaires étrangères du Rwanda et de la RDC, « travaillent sur le dossier », question de trouver un cadre juridique convenable. Mais le président rwandais, cité ici par Radio Okapi, souhaiterait voir l’intégration du CNDP au sein des FARDC se réaliser totalement. Ce dernier passage a dégoûté plus d'un Congolais qui semblent déjà détecter les intensions machiavélique de l'homme fort de Kigali. Beaucoup pensent que les troupes dites du CNDP sont en fait pour la plupart des soldats recrutés et entraînés au Rwanda que Kagame veut laisser comme agent de renseignement. Le piège, en effet, a fonctionné depuis 1996, date de la première invasion du Congo par le Rwanda, avec pour but de pourchasser les réfugiés hutus, placer une marionnette à la tête du pays et de piller les richesses du Congo. Depuis lors la République Démocratique du Congo a été victimes des agressions à répétition de la part de son voisin de l'Est, toutes enveloppées dans du mensonge véhiculé à grande pompe par des médias d'une certaine puissance étrangère dont le gouvernement soutenait Kagame, leur nouvel allié dans la région.
Après la fuite de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila, un Congolais et ancien marionnette du Rwanda, s'était non seulement auto-proclamé président de la République mais aussi a changé de face en tentant de servir la cause du Congo et en mettant fin au pillage systématique des richesses nationales par la coalition des petits voisins. Ce qui les effaroucha et ils tentèrent de l'éliminer physiquement. Mis au courent de la machination, Laurent-Désiré Kabila chassa tous les étrangers de l'armée nationale le 27 juillet 1998. C'était un pavé dans la marre puisque Kagame avait jusque-là nié la présence d'un seul soldat rwandais au Congo. Pour lui, les soldats tutsi qui étaient majoritaires dans l'AFDL (avant la formation des kadogo) n'étaient pas des Banyarwanda mais des « Banyamulenge » (une tribu imaginaire).
Cependant, la coalition dirigée par le gouvernement de Kigalli n'avait pas encore dit son dernier mot. Elle piégea les congolais en lassant en cachette quelques éléments de l'armée rwandaise à Kinshasa. Ces derniers tenteront de créer une sorte d'insurrection et attaqueront, dans la nuit du 1er au 2 août 1998, le Palais de Marbre, résidence officielle de feu Laurent Kabila. L'attaque se solda par un échec car, le Mzee Kabila ne fut pas tué comme escompté. Réagissant à cet échec, l'ancien chef d'Etat-major des forces armées congolaises, James Kabarebe prend d'assaut la ville de Goma, avant de risquer une opération suicidaire à Kitona et fonça, en vain, sur Kinshasa.
Une fois de plus l'agression se muera en rébellion, comme Kagame seul sait le faire. C'était la naissance du RCD avec les fameux « banyamulenge », avant que le dictateur rwandais ne retire ses troupes sous les projecteurs des caméras en disant, toute honte bue, qu'ils y étaient pour les FDLR, sans même prendre le soin d'indiquer quand ils y étaient entré. D'ailleurs les Congolais ne sont pas d'avis qu'ils aient jamais tous quittés. Ils en veulent pour preuve des nombreuses débâcles de FARDC contre les CNDP. La plupart d'offensives contre le CNDP étaient connues à l'avance par Kunda dont les ex-militaires de l'AFDL-RCD intégrés dans les FARDC le tenait régulièrement informé mettant ainsi en danger la vie des militaires Congolais.
Selon Radio Okapi, deux sujets rwandais, le lieutenant, Olivier Nibutchimala, et l'adjudant en chef Patrick Munyazi ont été extirpé des rangs du Cndp, mouvement politico militaire de Laurent Nkunda, dans le camp de brassage Lukusa et présentés, vendredi 18 avril 2008, à la presse, à Kisangani, par le commandant de la 9e région militaire, le général Jean-Claude Kifwa. A en croire le général, cité toujours par Radio Okapi, "le premier, le lieutenant Nibutchimala, est lui-même passé aux aveux. Il s’est présenté comme un sujet rwandais et a exprimé le désir de regagner son pays natal. Quant à l’adjudant Munyazi, il a été reconnu par un des instructeurs du centre de brassage comme ayant été rapatrié au Rwanda en mai 2007 par la Monuc, sur sa propre demande. Il s’est retrouvé au camp Lukusa comme élément de la 15e brigade avant de reconnaître son appartenance au Cndp." Ceci est l'exemple de ceux qui ont avoué. combien y en a-t-il qui ne l'avouent pas?
Donc, la présence des militaires rwandais au sein des forces armées congolaise viserait à affaiblir le géant de l'Afrique Central dans un but, inavoué sans doute, d'asseoir, comme l'ont toujours clamé certains, un empire de la minorité tutsi en Afrique des grands lacs. Il ne faut aller chercher ailleurs pour comprendre comment la République Démocratique du Congo ne parvient pas à se débarrasser du joug de la colonisation rwandaise depuis plus d'une décennie. Les machines sont tout simplement grippées depuis l'invasion de 1996.
Des observateurs se sont interrogé pour savoir à qui aurait profité la mort de Laurent-Désiré Kabila lors de l'attaque de sa résidence dans la nuit du 1 er au 2 août 1998, après l'expulsions des soldats étrangers. Ils (les observateurs) sont revenus avec la même réponse : Joseph Kabila.
De même que l'armée de Mobutu comptait prés de 80 % de généraux originaires de la seule province de l'Equateur, les généraux tutsi dans l'armée de Joseph Kabila sont plus nombreux que ceux des n'importe quelle autre province du Congo. Ce qui étonne quelque peu car, comme dans l'exemple précédent on se serait attendu que ce soit les généraux katangais qui soient majoritaires cela d'autant plus que Kyungu wa Kumwanza, le président de l'assemblée provinciale du Katanga, fait toujours passer Joseph Kabila pour un tutsi Katangais. Lui qui n'hésite pas à éliminer physiquement, même les enfants biologiques de son «père». Allez y comprendre quelque chose!
Ci-dessous une liste, non exhaustive qui circule sur l'internet, des généraux tutsi des FARDC issues de l'AFDL-RCD-CNDP, nommés par Joseph Kabila.
N° Noms Fonctions
01 Général Jean BIVEGETE Auditeur Général de l’armée (Haut magistrat militaire)
02 Général MASUNZU Cmd Adjoint 10ème Région militaire/Bukavu
03 Général MALICK KIJEGE Inspecteur Général de l’Armée (ex. G4-EMG) FARDC/KINSHASA
04 Général OBED RWIBASIRA Cmd 5ème Région militaire à Kananga/Kasaï
05 Général MUSTAPHA MUKIZA Cmd Base militaire de KITONA (Bas-Congo)
06 Général Charles BISENGIMANA Inspecteur Général Adjoint De La Police Nationale/Kinshasa
07 Général JEROME GAGAKWAVU EMG/FARDC-Kinshasa
08 Général BOSCO NTAGANDA Chef d’Etat Major Général De Laurent NKUNDA
09 Général Laurent NKUNDA En rébellion contre la République dans le Nord-Kivu
10 Colonel BONANE Cmd 4ème Brigade Ituri
11 Colonel MAKENGA SULTANI Cmd BRAVO/Nord-Kivu
12 Colonel KAMANZI François
13 Colonel MUNYARU GERERO Françoise Cmd de la Police de l’enfance/Nord-
14 Colonel MUHINDO François Cmd de la Brigade Delta à Kichanga/Masisi
15 Colonel François ZERO BRAVO EMG-Armée mixée de NKUNDA, (81ème Brigade FARDC)
16 Colonel MUTEBUTSI Jules En exil au Rwanda après la rébellion de Bukavu, Juin 2004
17 Colonel RORIMBERE Dispo/EMG-FARDC
18 Colonel GISHONDO ELIE Dispo/EMG-FARDC
19 Colonel PADIRI Jonas Cmd Brigade EQUO à Kimoka-Sake/
20 Colonel BOLINGO MATANE 10ème Région Militaire/Bukavu
21 Colonel BIRORI Benjamin Conseiller Militaire/Ruberwa (En Formation En Chine)
22 Colonel BOSOGO Venant Dispo/EMG-FARDC (en rébellion au Sud Kivu : G47)
23 Colonel WILSON Cmd adjoint de la brigade ALPHA à NYANZALE-MWESE
24 Lt Colonel MUNYAKAZI EMG-Armée Mixée de NKUNDA (83ème Brigade FARDC)
25 Lt Colonel Claude MUCHO ½ Cmd brigade Charly à Mushaki/Masisi
26 Lt Colonel INNOCENT Ex ½ G4 AFDL/RCD aujourd’hui G4 E.M-Armée mixée de NKUNDA
27 Lt Colonel KABUNDI ½ Cmd brigade EQUO à KIKOMA SAKE/Nord-Kivu
28 Lt Colonel BISAMAZA ½ Cmd brigade BRAVO/RUTSHURU au Nord-Kivu
29 Lt Colonel NIYIBIZI Cmd du Br. de la Brigade EQUO/Nord-Kivu
Emmanuel Katshunga
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03 mars 2009
Mbanza Ngungu : l’armée angolaise occupe deux villages
Sava Ina et Kuzi sont occupés par des militaires angolais depuis une semaine. Ces derniers auraient même hissé le drapeau angolais dans ces villages. Le ministre provincial de l’intérieur du Bas Congo confirme l’information, mais assure qu’une délégation du conseil de sécurité du district des Cataractes est en mission dans ces deux villages frontaliers avec l’Angola, rapporte radiookapi.net
Tout a commencé vendredi dernier, selon les sources. Tôt le matin, les militaires des forces armées angolaises ont fait une incursion dans le village Sava Ina. Ils ont arrêté le policier congolais qui s’apprêtait à hisser le drapeau national, et l’ont emmené, avec son étendard, à 45 kilomètres de la frontière. En territoire congolais, ils ont brûlé des maisons, saccagé des bureaux de l’Etat et se sont installés, après avoir chassé tous les villageois. Environ un millier de personnes ont trouvé refuge dans la forêt, selon des sources proches de la société civile locale.
Les mêmes sources affirment que samedi dernier, deux hélicoptères de l’armée angolaise ont sillonné nuitamment le village Kuzi, avant que les militaires angolais ne l’occupent le lendemain matin. Le nombre de ces militaires reste inconnu. Selon les mêmes sources, la population restée dans le village ne sait plus vaquer à ses occupations. Ecoles et bureaux de l’administration publique sont restés fermés.
Pour le ministre provincial de l’Intérieur, toutes les dispositions appropriées ont été prises. David Kuku Dimayeye explique qu’une délégation a été dépêchée sur place pour s’enquérir de la situation.
Les deux villages occupés par les Angolais sont situés dans le secteur Gombe Sud, en territoire de Mbanza Ngungu, à plus 200 kilomètres à l’Est de Matadi.
23:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 février 2009
Vital Kamerhe va-t-il démissionner ?
En tout cas jusque maintenant son cabinet reste catégorique. Le président de l'Assemblée nationale ne va pas rendre le tablier, et cela pour trois raisons. Ses partisans estiment que Kamerhe va rester légaliste et veut à tout prix sauver la jeune démocratie congolaise. Selon toujours son cabinet, Kamerhe a été élu par la plénière de l’Assemblée nationale et donc par les députés et non par son parti politique.
Pour preuve, Vital Kamerhe a reçu 400 voix sur 430 votants, alors que le PPRD, son parti, ne dispose que de 111 députés à l’Assemblée nationale. Ceci nous rappelle qu’au Sénat où Shé Okitundu, candidat du PPRD-AMP, bien que majoritaire dans la chambre haute, a été battu par Kengo Wa Dondo, indépendant et candidat de l’opposition. Pour les proches de Kamerhe, si démission il peut y avoir, ils affirment qu’il le fera à la seule plénière de l’assemblée nationale qui l’a élu.
Que reproche-t-on à Vital Kamerhe ?
Selon certains indices, il y a tout d’abord son intervention du 21 janvier sur Radio Okapi où il avait déclaré ne pas être informé de l’entrée des troupes rwandaises en RDC. Mais d’après d’autres sources, il y a aussi et surtout les résolutions de l’Assemblée nationale, datant du 14 janvier qui avaient créé des commissions parlementaires devant procéder aux contrôles sur la gestion de différentes institutions de l’Etat. Notamment le gouvernement, l’armée, la police, les services de sécurité, les secteurs des mines et hydrocarbures, les gouvernements provinciaux ainsi que les entreprises publiques. Or, en cette matière, on le sait, les Romains s’empoignèrent. Les partisans de Kamerhe, dont des députés, pensent que le départ du président de l’assemblée viserait également à étouffer l’exécution de ces résolutions.
Peut-on parler d’une crise au sommet de l’Etat ?
Ça parait évident au vu de ce qui se passe. Ce qui est vraisemblable, ce que le divorce est consommé entre Joseph Kabila et Vital Kamerhe. Les observateurs politiques n’hésitent pas à comparer la crise actuelle avec celle de 1960 entre Kasa-Vubu et son premier Lumumba et entre Kasa Vubu et Tshombé, avec les conséquences politiques que nous connaissons. Toutefois, connaissant les liens politiques et mêmes extrapolitiques liant les deux personnalités, il n’est pas exclu que les violons s’accordent de nouveau. Il faut signaler le rôle de la Communauté internationale dans ce dossier.
En effet, quelques diplomates tentent de rapprocher les deux hommes afin, disent-ils, de sauver la démocratie.
Le ballet diplomatique est signalé si pas enregistré. Lundi, c’était Jean Ping, le président de l’Union Africaine. Le week-end, ce sera Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU et plus tard le président français Nicolas Sarkozy. Toutes ces personnalités pourront, peut-être, aider à rapprocher les vues. Mais, d’ici là, tout est possible.
Morosité et tristesse à l'Assemblée nationale
La démission de quelques membres du bureau de l’Assemblée nationale est à la base du malaise qui prévaut actuellement dans les installations de la chambre basse du parlement. Selon le secrétariat du bureau du président de l’Assemblée nationale, deux membres du bureau, en l’occurrence Christophe Lutundula et Brigitte Kalaba, respectivement 1er vice-président et questeur adjointe ont déposé leur démission au secrétariat du président de l'Assemblée nationale. Toujours selon la même source, par après, Christophe Lutundula a, à nouveau, retiré sa lettre de démission. Tout s'est passé dans une ambiance de tristesse affichée par le personnel administratif du parlement.
« Au revoir ex-collègue. Ah non, moi je ne pars pas ». Ces mots sont prononcés par le personnel d'appoint des membres du bureau de l’Assemblée nationale, non pas avec joie, mais avec mélancolie. Quelques bureaux fermés. Certains meubles et matériels didactiques pour les bureaux dehors laissent à penser à quelqu’un qui déménage. Tout le charroi automobile est immobilisé dans l’enceinte du Palais du peuple. Le silence ressemble à celui du cimetière. L’ambiance est inhabituelle. Pourquoi alors ?
La réponse à travers ces réactions de quelques travailleuses des cabinets de l’Assemblée : « Le président de la République demande aux membres du bureau de démissionner. Ça ne se passe pas comme ça. C’est anti-constitutionnel »
Un analyste politique rencontré dans les couloirs du Palais du peuple
critique le vice de procédure. Il dénonce la tentative de déstabilisation de l’Assemblée nationale. Dieudonné Tombe explique : « Il y a une tentative de déstabilisation du bureau qui est partie d’un malaise au sein de l’AMP. Aujourd’hui, si on veut se débarrasser de Vital Kamhere, je crois qu’on peut, qu’au niveau de la forme, soigner beaucoup de choses. Et la forme ne paraît pas être respectée »
Selon un haut cadre du PPRD rencontré au siège du parti présidentiel, la procédure de destitution de Vital Kamerhe est en train d’être peaufinée. La crise s’est accentuée au lendemain du retour du président de l'Assemblée nationale et pendant que les députés pétitionnaires attendent de remettre leur pétition à Vital Kamhere.
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23 février 2009
Le Potentiel: A l’initiative des sénateurs Lunda-Bululu, Mokonda Bonza et Balamage N’kolo, Pétition pour la convocation d’une session extraordinaire du Sénat
Le Potentiel: A l’initiative des sénateurs Lunda-Bululu, Mokonda Bonza et Balamage N’kolo, Pétition pour la convocation d’une session extraordinaire du Sénat
Le 05 décembre 2008, alors que le Parlement est en session ordinaire, un accord secret est conclu entre le Rwanda et le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, en violation des articles 213 et 214 de la Constitution; Le 14 décembre 2008, les forces ougandaises débarquent en Province Orientale et, entreprennent, dès le lendemain, des opérations militaires contre les LRA, à la suite d’un autre accord secret signé par les gouvernements ougandais et congolais; Le 20 janvier 2009, intervient la mise en œuvre de l’accord du 05 décembre 2008 et les troupes rwandaises font leur entrée en République Démocratique du Congo en vue de participer à une coalition militaire pour traquer les FDLR et les Interahamwe ; Le contenu de ces deux accords n’ayant pas été rendu public, trois Sénateurs (BALAMAGE, LUNDA-BULULU et MOKONDA) ont, en vertu des articles 116 de la Constitution et 75 du Règlement intérieur du Sénat, pris l’initiative de rédiger une pétition et de la proposer à leurs collègues en vue de la convocation immédiate d’une session extraordinaire de la Chambre Haute aux fins d’entendre le Premier ministre, d’une part, fournir des explications sur les accords susvisés, et d’autre part, préciser la position de son Gouvernement à la suite des propos tenus par le Président de la République française en rapport avec la résolution de la crise à l’Est de notre pays. Devant la gravité des faits susceptibles de compromettre la souveraineté de la République Démocratique du Congo, trente (30) patriotes ont signé ladite pétition appuyant ainsi la démarche entreprise à l’Assemblée nationale qui a, comme vous le savez, recueilli plus de 260 signatures. Ainsi fait à Kinshasa, le 23 février 2009
Nous, Sénateurs de la République démocratique du Congo;
Affectés par la situation de guerre qui sévit dans notre pays, spécialement dans la Province Orientale et dans celles du Nord Kivu et du Sud-Kivu;
Considérant les négociations engagées par le Gouvernement avec le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) à Nairobi sous l’égide des Nations Unies en vue de mettre fin à la situation de guerre à l’Est de la République Démocratique du Congo;
Constatant qu’en marge de ces négociations, les émissaires du Gouvernement congolais et les représentants de l’État-major du CNDP ont signé, le vendredi 16 janvier 2009, une déclaration mettant fin à la guerre dans la Province du Nord Kivu;
Attendu que dans la même déclaration, l’État-major du CNDP affirme mettre ses troupes à la disposition des FARDC ;
Ayant appris que plusieurs milliers d’éléments de l’armée rwandaise ont pénétré dans le territoire congolais, précisément dans la Province du Nord Kivu pour procéder à des opérations militaires conjointes avec les FARDC contre les FDLR et les Interahamwe et ce, en vertu d’un accord signé le 05 décembre 2008 à Goma par les gouvernements congolais et rwandais;
Rappelant que, le 14 décembre 2008, les Forces armées ougandaises ont pénétré en territoire de la République Démocratique du Congo par la Province Orientale pour les opérations similaires contre les rebelles ougandais de la LRA avec l’accord du Gouvernement congolais;
Ayant à l’esprit que les opérations menées en Province Orientale ont eu pour conséquences les massacres de la population civile (plus de 1.000 morts à ce jour), les viols, les violences sexuelles et les destructions des infrastructures socio-économiques plutôt que l’anéantissement des rebelles ougandais;
Craignant que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets dans la Province du Nord Kivu;
Considérant que la présence des armées étrangères est de nature à porter granvement atteinte à la souveraineté de l’Etat;
Qu’en tout état de cause, le Gouvernement doit donner au peuple le contenu des accords autorisant les armées étrangères à opérer sur le territoire national;
Fondés sur les dispositions des articles 116 de la Constitution et 75 du Règlement intérieur du Sénat;
Formulons et signons la présente pétition à l’effet de la convocation d’une session extraordinaire du Sénat aux fins d’entendre le Premier ministre fournir des explications sur les accords ayant permis aux armées de l’Ouganda et du Rwanda de pénétrer en République Démocratique du Congo et d’y mener des activités belliqueuses.
A la même occasion, il déclinera la position de son gouvernement sur la proposition du président de la République française relative à la résolution de la crise à l’Est de la République démocratique du Congo. Fait à Kinshasa, 26 février 2009
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14 février 2009
Aff. Jean-Pierre Bemba Gombo c. / le Procureur de la Cour Pénale
Observations sur les audiences publiques de confirmation
des charges tenues du 12 au 15 janvier 2009
Aff. Jean-Pierre Bemba Gombo c. / le Procureur de la Cour Pénale
Internationale
(1) A la suite des audiences de confirmation des charges en la cause : Procureur c/ J.P. Bemba
les faits ci-après se sont avérés comme non contestés par l’Accusation et la Défense :
i. L’intervention du MLC en RCA avait pour but la défense du pouvoir du
Président A. F. PATASSE légitimement et démocratiquement élu ;
ii. Cette intervention est intervenue dans un cadre régional, celui de la CENSAD,
selon les résolutions adoptées par cet organe lors du sommet des
Chefs d’Etats tenu à Khartoum les 3 et 4 décembre 2001 ;
iii. Les résolutions de ce mini-sommet ont été par la suite avalisées par
l’Union Africaine à travers l’Organe Central pour la Prévention et le
Règlement des Conflits, qui déclara en faire siennes lors de sa session des
26 et 27 janvier 2002 à Tripoli ;
iv. Les troupes ainsi fournies étaient déployées et placées sous le
commandement, le contrôle et la coordination des autorités
gouvernementales et militaires Centrafricaines.
(2) Cette force de stabilité était placée sous l’Autorité des Présidents Libyen et Soudanais,
sous la coordination du Chef de l’Etat Centrafricain et du représentant du Secrétaire Général
de l’ONU.
Sa création était dictée par les principes de l’UA visant à la condamnation de toute tentative
de prise de pouvoir par voie non démocratique. (Article 4. Acte Constitutif UA)
(3) L’intervention du MLC s’inscrivait également dans le cadre de l’article 3 du Pacte
d’Assistance Mutuelle entre les Etats membres de la Communauté Economique des Etats
d’Afrique Centrale (CEEAC) dont la RDC est signataire.
Conformément à l’article 52 de la Charte de l’ONU, les accords régionaux de défense ainsi
conclus par ces organisations africaines étaient légaux et légitimes autant que ceux conclus
dans le cadre des accords régionaux européens.
(4) Il faut néanmoins rappeler qu’à la suite des accords de Lusaka signés en juillet 1999 et
reconnus par l’Union Africaine et les Nations-Unies, l’exercice de l’imperium de l’Etat
2
congolais était partagé entre trois belligérants (Le gouvernement de Kinshasa ex AFDL, le
RCD et le MLC). C’est à ce titre que l’administration du MLC exerçait les pouvoirs régaliens
de l’Etat sur une partie du territoire congolais (dans toute la partie Nord de la R.D.C.), en
matière d’éducation, de santé, de sécurité, de défense.
(5) Par ailleurs, en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, le Gouvernement
légitime de la RCA était fondé de recourir à la force pour exercer son droit de légitime
défense dès lors qu’elle faisait l’objet d’une agression armée.
(6) Ce droit à la légitime défense, consacré à l’article 51 de la Charte des Nations-Unies,
implique également le droit de solliciter l’aide militaire extérieure à l’Etat comme le reconnaît
la Cour Internationale de Justice, dans les paragraphes 126 et 128 du Jugement rendu le 19
décembre 2005 relatif aux activités armées sur le territoire du Congo. (Un Etat était fondé de
faire appel à un autre Etat, et même au besoin à un groupe rebelle, pour l’assister dans
l’exercice de son droit à l’auto-défense
.)
L’assistance militaire du MLC, qui s’est limitée essentiellement à mettre à disposition de la
République Centrafricaine entre 1.000 et 1.500 soldats, était ainsi légitime. C’est pourquoi,
l’Union Africaine a condamné le coup d’Etat opéré par l’actuel Président Bozizé et a
recommandé la suspension de la participation de la République Centrafricaine aux activités
des organes de décision de l’Union Africaine. Le 21 mars 2003, l’Union européenne a
condamné le coup d’état militaire intervenu en Centrafrique et a appelé les forces rebelles à
mettre fin à la violence. L’Organisation Internationale de la Francophonie a condamné
fermement la prise de pouvoir en République Centrafricaine par la force, la violence et
quelque autre moyen illégal.
(7) Ces principes fondamentaux de droit international étant posés, l’Accusation portée à
charge de Mr J.P. Bemba apparaissent en conséquence être fondée sur les deux erreurs
fondamentales de droit ci-après :
(8)
1ère erreur
Le fait de considérer que l’envoie des troupes en RCA à la demande d’un gouvernement
légitime pour la défense de celui-ci contre une agression armée constitue un plan criminel,
alors qu’il s’agissait pour ce gouvernement d’exercer dans un cadre régional, le droit légitime
à l’auto-défense prévu à l’article 51 de la Charte de l’ONU.
La défense de Mr Bemba ne soutient pas que dans l’exercice de ce droit à la légitime défense,
des crimes ne peuvent pas être commis ou qu’ils ne peuvent pas être prévisibles.
3
Elle critique le fait de criminaliser l’exercice même de ce droit sur la base d’une simple
prévisibilité desdits crimes.
(9)
2ème erreur
L’Accusation a considéré que le fait pour Monsieur Bemba d’exercer le commandement et le
contrôle des forces MLC en RDC, impliquait par cela-même, qu’il avait ipso-facto, le
contrôle et le commandement des troupes MLC envoyées en RCA.
Alors que, la même Accusation, déclare dans l’Acte d’Accusation, que les troupes MLC en
RCA, étaient sous commandement des autorités militaires et gouvernementales de cet Etat.
(10) La responsabilité en droit pénal international fondée sur l’article 25/3/a du Statut de
Rome reposant sur le critère de « commandement » ou de « l’Autorité de Jure ou de facto », il
faut en conclure que c’est à tort que l’Accusation impute à Monsieur Bemba la responsabilité
des crimes éventuels commis par des troupes qu’il ne commandait ni ne contrôlait.
(11) La CIJ a jugé en effet qu’en droit international les actes des personnes, groupes ou entités
mis à la disposition d’un autre Etat, ou d’une autre entité, ne peuvent être attribuables à l’Etat
ou à l’entité fournisseur, si ces groupes, personnes ou entités, agissent pour le compte de
l’autorité subsidiaire dont ils dépendent alors. (CIJ ; Bosnie Herzégovine c/ Serbie et
Monténégro, Nicaragua c/ USA, etc.…)
Autant on ne peut reprocher aux gouvernements membres de l’OTAN, ou aux Etats
fournisseurs des troupes de la MONUC la responsabilité des crimes éventuels commis sur le
champ des opérations, autant on ne peut tenir Mr Bemba pour responsable des crimes commis
par des troupes qui relevaient de la chaine de commandement de la RCA, à moins d’appliquer
le droit international de manière discriminatoire. (Affaire Behrami c/ France)
(12) La visite faite par Mr Bemba aux troupes du MLC à Bangui ne saurait être considérée
non plus comme une preuve de commandement et de subordination de ces troupes à sa
personne de même que la visite de Mr Sarkozy aux troupes françaises de la FINUL ne fait pas
de lui le Commandant de celles-ci sur le terrain des opérations.
Ainsi dès l’instant où le Procureur reconnaît que le MLC est intervenu en vue de soutenir un
gouvernement légitime et que le commandement des troupes déployées en RCA était dévolu
aux autorités de cet Etat, les poursuites exercées malgré tout à charge de Mr Bemba sur cette
base ne s’expliqueraient autrement que par des considérations politiques.
(13) C’est pourquoi ces poursuites appellent les interrogations ci-après :
4
i. Les accords régionaux africains (avalisés par l’Union africaine et portés à la
connaissance du Conseil de Sécurité) ont-ils la même valeur juridique et la même
légitimité que les accords signés par les organisations politiques occidentales ?
ii. Le Procureur de la CPI ne s’est-il pas trompé de suspect, alors qu’il est établi de
manière indubitable que l’actuel Président Bozize et l’ancien président Patassé
sont ceux qui de part et d’autre des belligérants, commandaient les troupes,
donnaient les ordres de progression sur terrain et assuraient la coordination des
opérations militaires. Le « jus ad bellum » est en effet distinct du « jus in bello ».
iii. Quelle autre lecture faut-il avoir du rapport de Human Right Watch (rapport du 25
novembre 2008) faisant état des tentatives d’élimination physique, pour raisons
politiques, de Mr J.P. Bemba, leader de l’opposition Congolaise, qui représente
42% des suffrages électoraux et Sénateur en fonction, sinon qu’il se pourrait bien
que les poursuites dont il fait l’objet constituent une forme plus subtile de son
élimination de la scène politique ?
iv. Accusé des crimes les plus graves qui peuvent être imputés à un être humain, Mr
J.P. Bemba a pourtant été le principal interlocuteur de la Communauté
Internationale dans le processus de pacification de la RDC, de la réunification de
son armée et de la démocratisation de cet Etat.
Il a également été admis comme cosignataire, avec les Nations Unies, l’Union
Européenne et l’Union Africaine, des accords historiques de grande importance
(Accord de Lusaka ; Accords de Sun-City…) bien après le conflit armé en RCA.
A la suite de ces accords des fonds importants à charge des contribuables
européens et internationaux ont été débloqués (500.000.000 E pour l’UE ; +/- 1
milliard annuel au profit de la Monuc)
A ce jour, et en plein accord avec la même communauté Internationale, le MLC
représenté par Mr J.P. Bemba est désormais une composante du Pouvoir
constituant de l’Etat Congolais avec 109 députés sur 500 et 27 Sénateurs sur 110 ;
v. Pour autant que les accusations soutenues par le Procureur près la CPI étaient déjà
connues de ladite Communauté Internationale qui dispose des canaux
d’information performants, l’attitude de cette Communauté ne manque pas de
susciter des interrogations légitimes.
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Aurait-elle signé des accords d’une telle importance pour la paix et la sécurité
universelles avec Mr J.P. Bemba malgré le fait qu’elle avait déjà eu la pleine
connaissance de la responsabilité de celui-ci dans les crimes supposés ?
vi. Une condamnation éventuelle de Mr J.P. Bemba, pour les crimes allégués et en
dépit des principes de droit international énumérés plus avant , ne remettrait-elle
pas en cause, la légitimité et la légalité des institutions érigées en RDC sur la base
des accords conclus et contresignés avec lui et à grands frais, par la Communauté
Internationale ?
vii. Telle éventualité n’est-elle pas de nature, non seulement à remettre en cause les
sacrifices financiers des contribuables de l’UE et des Nations Unies, mais
également les principes de droit international universellement admis par la Charte
des N.U. (article 51), par les décisions antérieures de la CIJ ?
viii. Les décideurs politiques européens et internationaux ont-ils induit en erreur ou
trompé leurs opinions publiques respectives ? Ou au contraire, se sont-ils
impliqués et engagés à la légère, aux cotés de Jean Pierre Bemba Gombo ?
L’éventuelle responsabilité pénale de ce dernier n’évoque-t-elle pas la mise en
cause des responsabilités politiques corrélatives tant au niveau de l’Union
Européenne que des Nations Unies ?
ix. A la lumière des conséquences politico-juridiques attachées à cette éventualité, les
énormes dépenses occasionnées aux contribuables européens et internationaux
dans le processus congolais sont-elles encore justifiées, ou, en tout état de cause,
n’appellent-elles pas une reddition des comptes ?
_________________________ ______________________
Me Aimé Kilolo Musamba Me Nkwebe Liriss
Conseil Associé Co-Conseil Principal
Fait le 13 Février 2009
A La Haye, Pays-Bas
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13 février 2009
COMMUNIQUE DU MLC
MOUVEMENT DE LIBERATION DU CONGO
COMMUNIQUE
C’est avec consternation que le MLC a pris connaissance des propos tenus en ce jour par le Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga, l’Honorable KYUNGU WA KUMUANZA et de la décision prise par la plénière de ladite Assemblée.
En effet, le président de cette Institution et ses membres ont pris les décisions inouïes ci-dessous :
1. La plénière de l’Assemblée du Katanga a décidé d’accorder un ultimatum de 48 heures à tous les Députés nationaux et Sénateurs originaires de cette province et signataires de la pétition demandant la convocation de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, demande pourtant conforme à l’article 116 de la Constitution, de retirer leurs signatures de ladite pétition.
2. Les Députés nationaux originaires de Katanga qui ne se seraient pas soumis à cet ultimatum ne doivent plus mettre leurs pieds au Katanga.
A ce sujet, le MLC déclare ce qui suit :
1. La signature d’une pétition pour demander la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée Nationale procède de l’exercice d’un droit constitutionnel reconnu à tout Parlementaire par l’article 116 de notre Constitution, et ne constitue donc pas une infraction.
2. La liberté de circuler sans restriction ni entrave sur l’ensemble du territoire national est un droit garantie par la Constitution de la RDC à tout citoyen en général (article 30) et aux Députés et Sénateurs en particulier (article 109).
En considération de tout ce qui précède :
- Le MLC condamne avec la dernière énergie cette violation intentionnelle de la Constitution par le Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga et s’indigne des propos irrévérencieux et totalement irresponsables de ce dernier à l’endroit des signataires de la pétition sus évoquée.
- Le MLC s’inquiète de cette énième dérive qui met en danger le pacte républicain qui lie le MLC aux autres partis politiques et Institutions de la République ; pacte qui est le soubassement de l’engagement du MLC à jouer le jeu démocratique, à la seule condition, que toutes les parties prenantes respectent les règles du jeu.
- Le MLC interpelle le Président de la République, Chef de l’état en sa qualité de Garant de la Constitution et du bon fonctionnement des Institutions de la République ; pour qu’il mette fin aux violations délibérées et répétées, par les membres de sa famille politique, de la Constitution et des autres textes légaux et réglementaires qui régissent le pays.
- Le MLC prend à témoin la communauté nationale et internationale au sujet de ces menaces proférées contre les Députés nationaux et Sénateurs par le Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga, et attire leur attention sur les conséquences graves qui pourraient en découler, au moment même où le pays tente laborieusement de se sortir du bourbier de la guerre à l’Est.
- Le MLC réitère son engagement à contribuer à l’avènement d’un Etat de droit dans notre pays.
Fait à Kinshasa, le 12 février 2009.
« Avec Dieu nous vaincrons. »
François Muamba
Secrétaire Général
12:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12 février 2009
Tempête à l'AMP !
(Le Phare 12/02/2009)
Ceux qui croyaient au retour de l'accalmie au sein de la majorité présidentielle vont certainement déchanter. Au moment où des plénipotentiaires du gouvernement se succèdent sur les différentes chaînes pour chanter l'arlésienne du succès de l'opération rwando-congolaise contre les FDLR, les nouvelles qui nous parviennent font état d'un malaise qui couve et qui tire, cette fois, ses origines de la volonté affichée par les faucons de mettre la classe politique au pas. Au cœur du problème : encore et toujours les conséquences politiques à tirer de la déclaration du président de l'Assemblée nationale en rapport avec l'intervention des troupes rwandaises à l'Est du pays. On se rappelle qu'à la suite de la confirmation par les médias périphériques de la présence de l'armée rwandaise au Congo pour traquer les Fdlr, Vital Kamerhe avait exprimé ses inquiétudes au micro de Radio Okapi. Il s'était notamment posé la question de savoir s'il était envisageable que le gouvernement congolais invite les troupes rwandaises alors que les plaies (ndlr. des différentres agressions) ne se sont pas encore refermées, et encore moins cicatrisées.
Question. En sa qualité de président de l'Assemblée nationale, de membre important du principal parti de la coalition au pouvoir ou de citoyen tout court, Kamerhe avait-il le droit de s'exprimer librement sur une matière qui concerne la souveraineté nationale et l'intégrité du territoire ? Avait-il le droit de contrarier le point de vue officiel ? Tout le débat est là. Et la seule réponse qui y semble aujourd'hui réservée est qu'il faut congédier le parlement, à défaut d'obtenir la démission volontaire ou le départ forcé du cadre " indiscipliné " de la coalition. Selon les informations qui circulent depuis le dernier week-end, les responsables des partis politiques représentés à l'Assemblée nationale ont reçu des instructions pour mettre fin à ce qui est considéré par certains comme une dangereuse recréation. L'action devrait se dérouler à trois niveaux : convaincre chaque député individuellement sur la nécessité de donner une conclusion à une situation détestable. Ensuite, s'assurer de la fidélité de chaque groupe parlementaire et enfin, passer à l'action dès la reprise officielle des activités parlementaires. Mais ce calendrier arrêté en début du week-end semble contraint aux accélérations à la suite de la démarche des députés signataires de la pétition réclamant une session extraordinaire consacrée aux événements de l'Est. On sait maintenant que 260 députés ont apposé leurs signatures au bas de cette pétition et la parade trouvée depuis hier semble d'opposer à celle-ci une autre pétition, signée cette fois dans l'objectif de pousser Vital Kamerhe à la porte de sortie. La démarche, apprenait-on hier soir des sources proches d'un groupe parlementaire de la coalition, vise à placer chaque député au pied du mur : signer et mériter la confiance de son parti ou refuser et se mettre en difficulté. Risques La démarche n'est pas sans présenter quelques risques. On sait en effet qu'à l'occasion d'une réunion extraordinaire du parti présidentiel consacrée à la déclaration de Vital Kamerhe sur Radio Okapi, les participants avaient dans leur écrasante majorité épousé le point de vue du président de l'Assemblée nationale. Le dossier aurait pu être géré autrement à partir de ce moment là mais c'était manifestement sans compter avec l'opiniâtreté des faucons qui ont décidé et obtenu qu'il n'en soit pas ainsi. Mais en sollicitant le vote de défiance des députés, les faucons disposent-ils des moyens d'agir sur la conscience d'un chacun, dans une opération qui se déroulera, conformément aux règles, à bulletin secret ? Et qu'arrivera-t-il si la démarche ne débouchait pas sur les résultats escomptés ? Ayant réponse à tout, les faucons disent : la dissolution ! Oui, mais dissoudre pour faire quoi ensuite ? La constitution est claire en son article 148 : la dissolution doit être suivie de l'organisation de nouvelles élections dans les soixante jours. Le Congo aujourd'hui sans moyens pour organiser les élections locales peut-il se permettre un tel luxe ? L’objectif réel n’est-il pas de priver le pays d’un moyen puissant de contrôle pour le livrer aux prédateurs de tous bords ? Parlons vrai Au-delà des reproches qu'on peut faire aux uns et aux autres dans l'analyse de cette triste affaire, n'oublions pas l'essentiel : le rejet par un congolais de la présence au Kivu d'une armée connue pour ses incursions et agressions répétitives dans cette partie de la République. Quel discours peut-on tenir à l'endroit des citoyens de ce pays et particulièrement ceux des zones concernées par la présence militaire querellée, pour justifier des sanctions qui risquent de faire passer toute la classe politique de notre pays comme atteinte du " syndrome de Pavlov ". Ne va-t-on pas donner raison à ceux qui pensent très sérieusement que Paul Kagame aura cette fois réussi un coup double en République Démocratique du Congo, d’abord en obtenant le retour officiel de son armée, et ensuite en jetant le trouble au sein de nos institut-ions ? Il est temps de bien regarder ce que l’on fait au lieu de se réveiller toujours trop tard. Affaire à suivre.
(L.P.)
2009-02-11
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09 février 2009
Le Potentiel: Face à l’incapacité du pouvoir et la démission de l’élite, le peuple congolais doit reprendre la main
La Conférence de presse sur le thème « La fin de la guerre du Kivu, quelles perspectives d’avenir ? » organisée par le groupe de presse Le Potentiel à la paroisse Notre-Dame de Fatima le samedi 7 février 2009 a été l’occasion de faire le point et prendre la température de l’opinion nationale sur la question de l’heure, la présence des troupes rwandaises et ougandaises sur le territoire national. Outre les exposés des orateurs du jour, Arthur Kepel de l’ICG, les professeur Philippe Biyoya et Kibanda, l’assistance a eu droit, en bonus, à une intervention du député Ernest Kyaviro, l’initiateur de la pétition parlementaire pour la convocation d’une session extraordinaire du Parlement.
C’est dans une salle de Fatima bien remplie que les trois orateurs ont déroulé la toile de la guerre de l’Est. Celle-ci peut se résumer en quelques mots. Primo, la guerre de l’Est est bel et bien une guerre économique, animée principalement par les puissances anglo-saxonnes qui ont décidé de faire main basse sur les matières premières congolaises, « quel qu’en soit le prix et quel que soit le nombre de morts ». Secundo, le pouvoir congolais est bel et bien responsable de la déconvenue nationale, soit par complicité, soit par incompétence. Tertio, l’élite congolaise a bel et bien sa part de responsabilité dans le démantèlement du Congo, par son abdication.
Le professeur Biyoya, constitutionnaliste de sa spécialité, répondant à ceux qui voulaient justifier l’entente avec le Rwanda par l’accord de Nairobi, a fait remarquer qu’un tel accord ne pouvait pas prendre force sans l’adoption préalable d’une loi l’autorisant. Par conséquent, la Constitution de la République a été une fois de plus mise à mal. L’expert de l’International Crisis Group Arthur Kepel a, quant à lui, révélé aux uns et rappelé à la plupart, carte géographique en appui didactique, le projet du président ougandais Museveni de construire un barrage hydroélectrique dans la zone voisine de la frontière commune avec la RD Congo. Il a expliqué que la pacification de la région est considérée par Museveni comme un préalable pour la réalisation de ce projet. Or, selon lui, le gouvernement congolais n’est pas capable de maintenir la paix. D’où la présence des troupes ougandaises dans la Province Orientale. C’est dire, contrairement aux certitudes du chef de l’Etat, que ce n’est pas dans quinze jours, ni dans trente, ni dans six mois que les troupes étrangères partiront de notre territoire.
Malaise au palais
Avant la traditionnelle séance de questions et réponses, la parole a été accordée au député Kyaviro. Le fait qu’un membre du camp présidentiel comme lui, a-t-il laissé entendre, soit à la base d’une pétition d’une telle importance, souligne assez la gravité de la question qui doit être appréhendée dans une perspective qui transcende les clivages politiques. « La question doit être traitée au Parlement et non dans la rue ». Belles paroles, nobles intentions, mais l’on n’a pas senti la conviction dans les mots, comme si le député fauteur de troubles avait subi des pressions pour mettre de l’eau dans son vin.
Outre les habituels applaudisseurs délégués par le camp présidentiel pour faire du bruit dans la salle, on a noté la présence d’un intellectuel dont la finesse de l’intelligence et du langage n’échappent à personne. Le député Atundu a pris la parole pour parler de lieux communs. Une grandiloquence gratuite qui nous laisse sur notre soif. Quand un fin parleur comme Atundu Liongo ne laisse pas d’empreinte dans nos intelligences, c’est que le navire présidentiel prend eau. Dès lors, une question lancinante se pose à tous : Que faire ?
Le peuple doit reprendre la main
Les analystes ne nous contrediront pas. Aucun élément sérieux ne permet de prédire une amélioration du fait du pouvoir ou des politiciens actuels. Dès lors, le souverain primaire, c.-à-d. le peuple, doit reprendre la main. Deux raisons majeures rendent cette option inévitable.
1° Le gel de la pétition du Parlement.
Alors que le nombre des voix requis pour la convocation de la session extraordinaire est atteint, celle-ci n’est toujours pas à l’ordre du jour. Cela peut donner lieu à toute sorte d’hypothèses : - Le Parlement est une affaire privée du Bureau qui décide, selon son bon gré, de convoquer ou non la session. - Les députés qui ont signé la pétition ne tiennent pas réellement à son exécution, mais ils tremblent pour leurs intérêts menacés. Face aux inquiétudes de la base, particulièrement des populations de l’Est qui ont voté massivement pour le président de la République et pour les parlementaires de sa chapelle, il faut désamorcer la crise avec de feintes indignations. Les députés font donc semblant de protester, signent une déclaration (qui n’engage que celui qui y croira) et puis le temps faisant son œuvre, on oubliera, comme on a oublié la question sur la nationalité, la révision des contrats en chinoiseries, ou l’occupation de Kahemba… - Le camp présidentiel, dont un illustre représentant au sénat, un certain Jean Sharp Kakoko (si notre mémoire est bonne), avait déchiré la pétition des parlementaires, montre le poing à quiconque oserait …
2° La crise politique imminente au sommet de l’Etat
Faut-il savoir lire dans la boule de cristal pour comprendre que le PPRD et l’AMP sont en train d’imploser ? Dans son numéro 4541 du vendredi 7 février 2009, Le Potentiel titrait à la une « Vital Kamerhe dans le collimateur des faucons du PPRD. »
Sauf à vouloir jouer à la cécité politique, cette rivalité Kabila-Kamerhe va bientôt éclater en crise politique nationale. Il faut cependant savoir qu’à certains moments de la vie, d’un homme ou d’un système, les crises sont nécessaires pour amorcer un nouveau départ. Une crise de larmes, quand le cœur en a trop supporté, ou un orage qui éclate quand le ciel est trop plein de nuages noirs et tristes. Et après la pluie vient le beau temps.
Ceux qui lisent avec des œillères croient que la crise frappe le PPRD et le PPRD seul. Que non ! Il s’agit d’une crise généralisée qui n’épargne personne. Il y a quelques jours, nous suivions à la télévision avec stupéfaction Félix Tshisekedi, probablement le fils de son père, occupé à vilipender une partie des cadres de l’UDPS qui avaient désobéi au président national historique.
C’était burlesque de voir cette bataille de chiffonniers au moment où l’on aurait attendu un parti de telle envergure au front pour conduire l’opinion contre l’occupation rwandaise.
La crise n’a pas épargné le Palu dont le leader lumumbiste a perdu l’usage de la parole au moment où toute l’opinion s’émeut pour la souveraineté et l’intégrité nationales. Le MLC François Muamba peut encore donner le change en ne faisant rien et en profitant du martyr de JP Bemba.
La crise politique est générale, et elle est salutaire. Elle répond à la loi des cycles, une loi de la nature. Nous devons aider tous ces partis d’un autre siècle à mourir «na malembe», afin de renaître peut-être demain avec un nouveau corps, un nouvel esprit. C’est ça l’amour du prochain, et non le fait de vouloir maintenir artificiellement en vie des structures largement ménopausées.
Pour revenir à la dissension entre Kabila et Kamerhe, la démission annoncée du président de l’Assemblée nationale provoquera, on s’en doute, des remous, car l’homme est populaire dans son hémicycle, et il faut avouer qu’il ne sera pas facile de lui trouver un successeur capable de « dribbler » les députés de droite et de gauche comme il sait si bien le faire. Probablement l’Assemblée nationale deviendrait ingouvernable et il faut s’attendre à ce que les « Faucons de la capitale » conseillent au chef de l’Etat la dissolution du Parlement. Imaginez la suite. Apocalypse !
Mais nous n’avons pas le choix. Il faut coopérer à cette crise de toutes nos forces : Kabila et Kamerhe doivent divorcer, pour leur propre bien et pour le bien de tous. Souvenons-nous de ce récit biblique où Pierre, zélé mais d’un zèle sans intelligence, coupe l’oreille au soldat Malthus de la cohorte qui venait pour arrêter Jésus. Mais Jésus répondit : Comment s’accompliraient les écritures si je ne meurs pas ? Comment le Congo peut-il être sauvé si les crises salvatrices sont esquivées pour un confort précaire des gouvernants ?
Voici notre contribution à la crise. Il y a une pétition en ligne intitulée « RD Congo : toute la vérité sur les accords avec le Rwanda ». Vous la trouverez sur le site www.lapetition.be, dans la rubrique (Menu) « Politique ». Cette pétition est adressée aux Présidents de l’Assemblée nationale (Vital Kamerhe) et du Senat (Léon Kengo). L’article 27 de la Constitution stipule ce qui suit : « Tout Congolais a le droit d’adresser individuellement ou collectivement une pétition à l’autorité politique qu y répond dans les trois mois. Nul ne peut faire l’objet d’incrimination, sous quelque forme que ce soit, pour avoir pris pareille initiative ». Le fait de signer une pétition est comparable à introduire son bulletin dans l’urne. Un petit geste citoyen, mais qui participe à la force du peuple. Cela ne coûte vraiment rien d’exercer ce droit, et le seul risque que l’on court c’est d’apprendre à naviguer sur l’Internet.
Si le peuple congolais ne peut pas prendre cette peine d’exercer sa liberté d’expression, s’il ne préfère que des discours, des jérémiades à la télévision et regarder des matches de la champions league, alors le Congolais mériterait bien son sort. Mais nous croyons que tel n’est pas le cas. Alors, allons signer, en attendant le moment venu, d’aller déposer la pétition physique.
Commençons par là, et demain sera bien. A chaque jour suffit sa peine.
Serge Gontcho
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05 février 2009
En proposant un « Sud Soudan » congolais: Museveni dévoile le « plan anglo-saxon »
En proposant un « Sud Soudan » congolais: Museveni dévoile le « plan anglo-saxon »
(Le Potentiel 05/02/2009)
Le vaste complot contre la RDC est désormais une réalité. La preuve incontestable est cette litanie de « plans » pour soi-disant sécuriser la Rdc, et la région des Grands Lacs. Mais en réalité, tous ces plans ne visent qu’à balkaniser le Congo. Après les plans Cohen, Sarkozy, Obama, le président ougandais Yoweri Museveni, vient de se distinguer. Juste au moment où ses troupes sont encore en RDC pour proposer aux Congolais le « schéma » soudanais. Pas du tout le fait du hasard. Selon les personnes averties, il serait exact de parler plutôt d’un « Plan anglo-saxon ».
Marie-France Cros de Libre Belgique, écrit ceci dans l’édition du 4 février 2009 en ce qui concerne l’opération militaire conjointe RDC-Ouganda au regard du malaise qui prévaut à Kampala : « Selon MRB (Southern African Monthly Regional Bulletin, janvier 2009), le chef des Affaires politiques du bureau présidentiel ougandais, Moses Byaruhanga, a déclaré que Kampala appuierait… une fédération des provinces congolaises du Kivu et Orientale, voire leur indépendance si Kinshasa l’acceptait. Ce point de vue serait soutenu par le porte-parole de l’armée ougandaise, le major Félix Kulayigye, qui a évoqué le précédent Sud Soudan, dans l’attente d’un référendum sur son autodétermination. Il s’agirait, selon MRB, de stabiliser la région.
La publication lie ces déclarations à la découverte de nouveaux gisements de pétrole côté ougandais de la frontière par un consortium privé « Tullow Heritage Oil » qui cherche à obtenir de Kinshasa son accord pour exploiter l’or noir du côté congolais. Connaissant la sensibilité du Congo au sujet de l’autonomie de ses provinces minières, il semble peu probable qu’un tel schéma soit accepté. Le fait qu’il soit publiquement évoqué à Kampala ne peut qu’inquiéter les Congolais – qui pour le moment, pourtant, ne s’en préoccupent guère, obnubilés qu’ils sont par leur hostilité au Rwanda ».
Coïncidence troublant
La journaliste belge a toutes les raisons de dire que les Congolais ne peuvent que s’inquiéter. Et ce, pour des coïncidences totalement troublantes. Tenez.
Museveni fait sa proposition après la publication des plans Cohen, Sarkozy et Obama. Or, en lisant attentivement les observations du MRB, cette proposition de Museveni rejoint celles de Cohen et de Sarkozy sur la revisitation des frontières héritées de la colonisation et la fragilisation de l’économie congolaise pour renforcer celles des pays anglophones. Particulièrement, l’Ouganda et le Kenya.
Fait plus grave, Museveni émet cette proposition au moment où ses troupes sont en RDC pour traquer la LRA. Or, cette opération a suscité un malaise en Ouganda, au sein des officiers ougandais. Libre Belgique relate que cette opération est critiquée à Kampala dans la mesure où l’Etat-major général ougandais aurait été « court-circuité. D’où cette absence de stratégie. Le chef des opérations n’est autre que le propre fils de Museveniu, le Lieutenant-Colonel Muhoozi Kainerugaba. Pourquoi ?
En attendant la réponse à cette interrogation, à Kampala l’on parle de ce que l’opération a récolté un résultat mitigé au regard de la capacité militaire de l’armée ougandaise. Même l’ancien président mozambicain, Joachim Chissano, aurait fait observer au président Museveni de ne pas sous-évaluer la capacité militaire de la LRA
Plan Anglo-Saxon
Une analyse profonde de ces observations laisse entrevoir que cette opération militaire, pour l’Ouganda, a un double objectif : s’assurer du contrôle des richesses congolaises, notamment le pétrole de l’Ituri ou du Lac Albert. Ensuite, affaiblir économiquement et politiquement la RDC pour continuer à avoir un droit de contrôle sur l’exploitation de ses richesses, sous le prétexte des « accords secrets » qui auraient été signés. Qu’un malaise sévisse dans les rangs des officiers ougandais qui condamnent le « manque de stratégie dans l’opération » ; qu’une autre partie des officiers soutienne cette proposition, il y a risque de voir la présence des soldats ougandais en RDC prendre plus de temps que prévu.
Mais là une réflexion sérieuse s’impose, c’est que des observateurs qui analysent cette succession de « propositions ou de plans », sont convaincus que cette proposition n’est pas de Museveni. Mais de ce groupe obscur anglo-saxon dont l’influence dans les conflits en Afrique des Grands Lacs ne serait qu’un secret de polichinelle. Influence néfaste stigmatisée par bon nombre de groupes de réflexion favorables à une Afrique sereine, tirant des rémunérations conséquentes de ses ressources naturelles. Lesquelles ressources malheureusement sont pillées par ces forces centrifuges, ces gouvernements étrangers, comme le disait si bien Barack Obama, et qui se servent de certains Etats ou personnalités politiques africaines pour aliéner les attributs de l’indépendance des Etats africains souverains.
La bataille est rude, longue
De ce qui précède, les Congolais doivent savoir que le cauchemar est loin d’être fini. Ils doivent s’armer davantage de détermination, de volonté politique pour lutter contre la spoliation, le pillage des richesses de la communauté et la balkanisation de la République démocratique du Congo.
Certes, qu’il existe des accords de défense mutuelle dans la région des Grands Lacs pour mettre fin à l’insécurité et instabilité dans la région. C’est de bonne guerre. Mais que l’on soit naïf pour hypothéquer l’avenir de tout une Nation, voilà qui doit pousser les Congolais à être toujours vigilants. Les agresseurs d’hier ne peuvent en aucune manière devenir subitement des « enfants de chœur ». Tout doit être mis en œuvre pour déjouer tout plan machiavélique et funeste, d’où qu’il vienne.
Car, le péril est toujours en la demeure. La bataille est rude et longue qu’il faut absolument motiver les Congolais pour susciter toujours en eux un élan de nationalisme et de solidarité. Devoir de mémoire collective oblige. La balle est dans le camp des autorités, des partis politiques, des juristes...
Par Le Potentiel
13:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03 février 2009
Réagissant au point de presse du chef de l’Etat
Par Le Potentiel
Le Mouvement de libération du Congo (MLC) a réagi lundi à Kinshasa au point de presse du président de la République, Joseph Kabila, disant « craindre » la création de nouvelles rébellions à la suite d’une « intégration accélérée » du CNDP au sein des FARDC.
«Nous constatons avec étonnement l’intégration accélérée des éléments du CNDP au sein des FARDC, sans l’identification des personnes, sans aucun critère de moralité et de patriotisme. Il est à craindre que cette façon de procéder ne conduise encore à la création d’autres rébellions », s’est inquiété son secrétaire général, François Muamba, au cours d’une conférence de presse au cercle Elaeis, à Gombe.
A propos de l’accord conclu entre la RDC et le Rwanda le 5 décembre 2008, il a stigmatisé « l’illisibilité et l’opacité » que le chef de l’Etat « a installées sur les accords des opérations combinées entre les FARDC et les RDF contre les FDLR, concernant la durée des opérations, l’espace opérationnel, le mode d’intégration dans les FARDC des éléments du CNDP, Pareco et autres bandes armées ainsi que le sort de Nkunda ».
De ce fait, le MLC « redoute » que ces « opérations planifiées » ne provoquent, une fois de plus, des menaces sur les populations civiles en RDC « et dont les autorités congolaises seront rendues responsables et coupables dans l’avenir».
S’agissant de la crise financière internationale, François Muamba a promis une « approche » du MLC.
Il a justifié cette démarche par le fait que le MLC « a pris acte de ce que le leadership de notre pays ne semble disposer d’aucune vision sur la manière de relancer notre économie, abandonnant le citoyen congolais, désormais contraint de vivre d’expédients au 21ème siècle, comme s’aucuns vivaient de la cueillette au Moyen-âge ».
Parlant de « la réconciliation nationale sur laquelle le chef de l’Etat est maintes fois revenu depuis le début de son mandat », le secrétaire du général du MLC a constaté qu’elle « a de moins de chance de se réaliser ». Car, selon lui, « les accords secrets passés entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, sans que l’opinion nationale à travers le parlement n’en soit informée, divisent les populations congolaises, la classe politique et, bien plus grave, les institutions de la République ». LE POTENTIEL
Déclaration du secrétaire général du MLC
Chers compatriotes, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs
Au moment où notre Patrie, la RDC, plus que jamais auparavant, devient la risée du monde, donnant l’impression de ne savoir que faire de ses espaces et ses richesses naturelles ; en même temps que les Congolais croupissent dans une misère sans nom, le président de la République a choisit de s’exprimer à la Nation.
Compte tenu de la rareté d’un tel exercice de sa part, le moment était solennel. Le peuple a pour la circonstance ouvert ses yeux pour voir et les oreilles pour entendre ce que le chef de l’Etat allait dire, sur des questions d’intérêt national, à savoir, la guerre et les nouvelles alliances à l’Est du pays, la conséquence et la résolution chez nous de la crise internationale, le bilan à mi-parcours de l’exécution des cinq chantiers et la nécessaire réalisation de la réconciliation nationale.
Le chef de l’Etat a bien abordé tous ces sujets sans conviction et, surtout, sans convaincre. Aussi, l’objet de cette conférence de presse est-il, non seulement, de partager cette déception avec l’opinion mais, plus substantiellement, d’indiquer à notre peuple qu’il est possible de nous en sortir, à condition de faire fi du pouvoir actuel sans vision, et de faire bloc autour de la nécessité d’une alternance démocratique.
DE LA SITUATION A L’EST
1. Concernant la nature de l’accord conclu entre la RDC et le Rwanda sur les opérations militaires conjointes dans le Nord-Kivu
On constate que le chef de l’Etat a installé davantage l’illisibilité et l’opacité sur les accord des opérations combinées entre les FARDC et les RDF contre les FDLR, concernant :
- la durée des opérations ;
- l’espace opérationnel ;
- le mode d’intégration dans les FARDC des éléments du CNDP, PARECO et autres bandes armées ;
- Ainsi que le sort de Nkunda
Nous redoutons que les opérations ainsi planifiées ne provoquent, une fois de plus, des massacres de nos compatriotes civiles sur notre sol et dont les autorités congolaises seront rendues responsables et coupables dans l’avenir.
2. Concernant l’intégration accélérée des éléments du CNDP au sein des FARDC, sans l’identification des personnes, sans aucun critère de moralité ni de patriotisme.
Il est à craindre que cette façon de procéder ne conduise encore à la création d’autres rébellions.
3. Concernant les armés Nous avons entendu de la bouche du chef de l’Etat que cette opération vise, entre autres, la décapitation des milices tribales pour permettre l’intégration du CNDP ; ce qui correspond à un objectif totalement nouveau et contraire au Programme Amani auquel il semblait, tout récemment encore, fortement attaché.
DE LA CRISE FINANCIERE INTERNATIONALE
Le monde est en crise. Une crise dont tous les spécialistes indiquent qu’elle est, pour le moins, aussi grave que celle qui ébranla l’économie mondiale dans les années 1929/1930. Si cette crise frappe indistinctement les pays riches et les pays émergents, elle sévit avec plus d’acuité encore dans les pays sous-développés, singulièrement dans ceux qui sont mal, voire pas gérés du tout, comme c’est le cas de la RDC, notre pays
Prenant la parole d’une manière solennelle devant les Congolais, le chef de l’Etat se devait d’indiquer à ses compatriotes, sa vision sur la manière dont l’Etat allait agir pour relancer l’activité génératrice d’empolis et, surtout, pour protéger les familles congolaises les plus vulnérables.
Or, qu’avons-nous entendu ? La crise est là, il faut diversifier l’économie, il faut davantage d’agriculture et pour ce faire, l’Etat a commencé à acheter 700 tracteurs, et il en sera ainsi chaque année ! Doit-on comprendre que pour le chef de l’Etat, pour faire face à la crise financière, à la chute brutale des cours des matières premières, à la fermeture des PME/PMI un peu partout dans le pays, jetant des millions de Congolais au chômage, la réponse est : chaque année vous aurez 700 tracteurs !
Voici donc pourquoi, prenant acte de ce que non seulement le leadership de notre pays ne semble disposer d’aucune vision sur la manière de relancer notre économie, abandonnant le citoyen congolais, désormais contraint à vivre d’expédients au 21ème siècle, comme d’aucuns vivaient de la cueillette au Moyen-Âge.
A cet effet, le MLC présentera très prochainement aux Congolais son approche de la résolution de la crise économique dans notre pays, étant donné que nous avons pris l’engagement d’offrir à notre peuple la possibilité d’une alternance démocratique et nous tiendrons parole.
DES CINQ CHANTIERS
En ce qui concerne les Cinq chantiers dont le financement devait provenir des entreprises chinoises, en échange de nos minerais, nous avons noté avec étonnement que le président de la République, initiateur déclaré de ce vaste programme de reconstruction nationale, n’ait été en mesure, à mi parcours de son mandat, d’en esquisser même un état d’avancement sommaire, se contentant encore et toujours d’en annoncer le démarrage. Des 8 milliards Usd attendus, contre l’exploitation de nos ressources minières pendant une période inconnue et qui pourrait correspondre ce jour, à un bail emphytéotique (99 ans) : suite à la chute des cours du cuivre et d’autres minerais, le président de la République annonce que 750 millions Usd seront décaissés en 2009, un milliards Usd en 2010 et 750 millions en 2011, soit un total de 2,5 milliards Usd. A quand la différence pour solder cet échéancier ?
Tel qu’il ressort des propos du chef de l’Etat, il y a lieu de craindre que ses Cinq chantiers ne soient un mort-né, d’autant plus que la tricherie, par la manipulation et la propagande ont poussé le gouvernement à présenter à l’opinion les réalisations financées par des partenaires traditionnels, comme faisant partie des 5 chantiers.
Pour rappel, les 5 chantiers sont : l’eau et l’électricité, l’éducation, la santé, l’emploi et les infrastructures. La réalité sur terrain montre que la desserte en eau et en électricité continue à se limiter aux fournitures habituelles de la Regideso et de la Snel, avec une détérioration persistante. Dans l’éducation, aucune réforme n’a été enregistrée quant à l’amélioration de la qualité de l’enseignement ni des conditions des enseignants. En matière de santé, le chef de l’Etat n’a même pas eu à évoquer le cas du virus Ebola ni du sida.
Quant à l’emploi, le président de la République propose d’envoyer tous les jeunes chômeurs sans distinction (médecins, pharmaciens, informaticiens, infirmiers, etc.) aux travaux agricoles et d’élevage. Peut-on mécaniser l’agriculture avec seulement 700 tracteurs pour une étendue de 120 millions d’hectares de terres cultivables ? La politique agricole se limiterait-elle uniquement à la mécanisation ? Que fait-on des problèmes d’évacuation, de commercialisation, de consommation, etc. ?
Quant aux travaux de réhabilitation des infrastructures, comme dit plus haut, nous notons une fois de plus que seuls les programmes initiés avec nos partenaires traditionnels –Banque mondial, BAD, Union européenne, Fonds Koweitien, CTB, DFID) ont réellement démarré.
DE LA NECESSITE D’UNE RECONCILIATION NATIONALE
Il sied de noter que la réconciliation nationale, sur laquelle le chef de l’Etat est maintes fois revenue depuis le début de son mandat, a de moins en moins de chance de se réaliser. En effet, les accords secrets passés entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, sans que l’opinion nationale, à travers le Parlement, en soit informée divisent les populations congolaises, la classe politique, et bien plus grave les Institutions de la République. L’aveu du chef de l’Etat, quant au rôle prépondérant qu’il a joué dans sa collaboration active avec la CPI pour faire des Congolais les premiers et, peut-être, les seuls justiciables de cette juridiction internationale est absolument étrange. Son option à ne point livrer Jean-Bosco Ntagana à la même CPI, démontre à suffisance à quel point le chef de l’Etat est adepte de la justice à deux vitesses, pour n’envoyer à la Cour pénale internationale que des adversaires politiques gênants tel le sénateur Jean-Pierre Bemba et s’accommoder des autres, même si de graves présomptions de charge pèsent sur ces derniers.
Dès lors, comment pourrait-on réaliser la pacification de l’Est, qui postule la mobilisation des forces politiques et sociales sur l’ensemble du pays, dans un contexte de rupture du consensus national ?
Bien plus encore, il n’y a pas que le consensus national qui a été rompu. En effet, le récent communiqué de la Monuc annonçant son refus de participer à toute opération dans laquelle M. Bosco Ntagana serait associé, ouvre la voie à une rupture de consensus international quant aux opérations qui se déroulent dans l’Est du pays.
Ceci démontre, une fois encore, que le pouvoir actuel continue à s’enfermer dans une logique de triomphalisme arrogant qui risque, si l’on y prend garde, d’entraîner le pays dans un chaos politique, économique et diplomatique.
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01 février 2009
Kabila doit partir" scandé lors d'une manif à Bruxelles
Une manifestation d'opposants congolais au régime de Joseph Kabila a été organisée samedi après-midi dans les rues de Bruxelles afin d'exiger le retrait immédiat des troupes rwandaises des territoires congolais et la démission du président.
Quelque 270 manifestants, selon les chiffres de la police, sont partis du boulevard Albert II à Bruxelles vers 14H30 et ont rejoint en fin de parcours la Bourse.
La dislocation des manifestants a eu lieu vers 17H00. "Le génocide au Congo : 10 millions de morts, l'extermination du peuple", "Le Congo est notre chère patrie, nous sommes un peuple souverain", "Kabila doit partir", pouvait-on lire sur des calicots.
A mi-parcours, plusieurs manifestants se sont couchés sur le boulevard Anspach, perturbant le trafic automobile dans les deux sens du boulevard. La manifestation s'est déroulée sans incident, selon la police.
"En autorisant l'armée rwandaise à entrer sur le territoire congolais, Kabila a trahi officiellement le peuple congolais et violé la constitution du pays. On ne peut accepter cela. Nous demandons la démission de Kabila qui est un allié du président rwandais Kagamé. Kabila veut fragiliser notre pays et notre armée", a déclaré Henry Muke, l'un des organisateurs de la manifestation.
A l'occasion de cette manifestation, les organisateurs avaient publié un mémorandum destiné aux autorités des institutions de la communauté internationale et aux chefs d'Etat de pays de l'Union européenne et des Etats-Unis.
"Le peuple congolais dans son ensemble s'indigne de l'accord récent de collaboration signé entre le gouvernement de Joseph Kabila et la régime rwandais de Paul Kagamé consacrant le retour officiel des troupes rwandaises sur le territoire congolais. Personne n'ignore la barbarie et la cruauté dont les forces armées étrangères ont fait preuve sur les populations civiles congolaises", écrivent les auteurs du mémorandum.
"Le peuple congolais prend à témoin la communauté internationale sur les conséquences désastreuses qui découleront de ces opérations 'Congo-Rwanda' sur les citoyens et le territoire congolais. Car là où le Rwanda opérait en cachette, M. Joseph Kabila vient de lui donner une voie officielle, c'est-à-dire permettre que l'armée rwandaise envahisse le territoire congolais", écrivent-ils encore à l'adresse des chefs d'Etats européens et américain.
10:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27 janvier 2009
Vital Kamerhe n’était pas au courant...
En votre qualité de président de l’Assemblée nationale, aviez vous été informé de l’entrée des troupes rwandaises en territoire congolais ?
Ma réaction a été celle de l’étonnement, comme je l’ai déclaré aux élus du Kivu et à Radio Okapi : je n’ai jamais été informé de quoi que ce soit et je crains que le Congo ait conclu un marché de dupes. Voici que l’armée rwandaise a été autorisée à manœuvrer au Nord Kivu et au Sud Kivu, tandis que l’armée ougandaise mène déjà des opérations en Province Orientale contre l’Armée de résistance du Seigneur, la LRA…C’est comme si nous étions ramenés aux débuts de la première guerre, en 1996, lorsqu’avaient été conclus les fameux accords de Lemera entre Laurent Désiré Kabila et ses alliés du moment, le Rwanda et l’Ouganda…
A l’époque, ces deux pays voulaient intervenir militairement sur notre territoire pour neutraliser leurs opposants, mais en fait, ils voulaient accéder aux ressources du Congo et être présents dans les structures politiques congolaises. C’est pour mettre fin à cela que le 27 juillet 1998, Laurent Désiré Kabila avait exigé le départ de James Kabarebe, qui, à l’époque, était chef d’état major de l’armée congolaise ! Le 2 août, le même Kabarebe avait entamé la guerre à l’Est. Et le voilà qui revient maintenant au Kivu, avec l’accord de Kabila !
Ne s’agît-il pas de combattre les Hutus du FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) avec, en contrepartie l’arrestation de Laurent Nkunda ?
Lorsqu’après les accords de paix, tous les dirigeants du RCD Goma, la rébellion soutenue par Kigali, avaient gagné Kinshasa, Nkunda était resté en arrière. Il avait refusé de prêter serment, comme s’il demeurait en réserve, à la disposition de Kigali. Aujourd’hui, soumis à la pression de certains pays occidentaux (la Suède, les Pays Bas et même les Britanniques) Kagame le lâche. Et Kabila, lui, désamorce la pression qui était mise sur le Rwanda, comme Louis Michel, en disant que ça va aller, qu’un accord est en vue !
Quelles sont vos craintes ?
Je constate qu’en Province Orientale, où se déroulent des opérations conjointes contre la LRA, ce sont déjà 650 civils congolais qui ont été tués. J’ai bien peur pour les populations du Kivu :comment va-t-on faire pour distinguer les Hutus congolais des Interhahamwe, ces génocidaires rwandais qu’ils viennent chasser sur notre territoire ? A-t-on pensé aux dégâts collatéraux ?
Ensuite, je me demande comment, en quinze jours, une telle opération militaire peut réussir, si l’on sait que ces Hutus Interhahamwe sont chez nous depuis quinze ans, que l’armée rwandaise elle-même, alors qu’elle se trouvait au Kivu de 98 à 2002 n’y a pas réussi, pas plus que ses alliés du RCD, pas plus que Nkunda lui-même…Moi, ce que je crains, c’est que l’on plonge la région dans le chaos…
Où en sont le plan de sortie de crise proposé par l’Assemblée nationale et le Programme Amani ?
Tout cela a été balayé. Cependant, le plan de sortie de crise, que l’Assemblée avait soumis au gouvernement, traçait le cadre de nos relations avec le Rwanda et prévoyait le rétablissement des relations diplomatiques. Il proposait aussi une grande action humanitaire pour subvenir aux populations en détresse. Sur le plan politique, il était prévu d’examiner le cahier des charges présenté par le CNDP (Conseil national pour la défense du peuple) le mouvement de Nkunda.
Il était aussi prévu d’éradiquer les ex-FAR Interhahamwe, mais pas n’importe comment. Compte tenu de la faiblesse de notre armée, nous avions demandé qu’une force régionale de la SADC (conférence des Etats d’Afrique australe) l’Angola ou tout autre pays, appuyée par nos forces armées et par la MONUC puisse venir dans notre pays faire ce travail. Pour rassurer nos voisins, nous avions prévu qu’ils envoient ici quelques éléments chargés de faire du renseignement. Nous avions aussi souhaité l’appui d’une force européenne de type Artemis. Or voilà que nous invitons les troupes rwandaises sur le territoire congolais alors que nous sommes encore dans un processus de normalisation des relations diplomatiques ! N’est ce pas mettre la charrue devant les bœufs ?
LeCarnet de Collette Braeckman
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21 janvier 2009
Traque des FDLR: entrée des troupes rwandaises au Kivu : Kinshasa piégé
(Le Potentiel 21/01/2009)
Fin de la guerre CNDP-FARDC. Début de la guerre FARDC-DFR contre les FDLR. Comme si jamais les armes ne devaient se taire au Kivu empêchant les populations locales à vivre en paix.
Quelles que soient les causes profondes de cette nouvelle guerre, on sait toujours comment une guerre commence mais jamais quand elle se termine. Exactement ce qui se passe en Ituri avec l’opération conjointe Ouganda-RDC-Soudan contre la LRA. Sans succès jusqu’ici, mais l’armée ougandaise est rentrée officiellement en RDC. Il en serait peut-être le cas avec le retour de l’armée rwandaise en RDC. Remake de 1996 ? La question reste posée.
Un ou deux bataillons de l’armée rwandaise est (sont) entré (s) en République démocratique du Congo, au Nord-Kivu à la hauteur de la localité Kibumba. Le nombre de soldats est estimé à 1500 ou 2000 hommes de troupe. Si l’on s’en tient aux premiers éléments d’information, il s’agit d’une opération militaire conjointe « FARDC-DFR » (armée rwandaise) pour neutraliser les hutu rwandais des FDLR.
Le retour officiel de l’armée rwandaise a été constaté hier mardi matin. Selon Mende Omalanga, ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, dans une déclaration à Radio Okapi et Télé 7, il a confirmé cette présence de l’armée rwandaise en RDC : « Nous avons lancé une invitation à l’armée rwandaise qui est venue avec des officiers de renseignements. C’est ça leur mandat. C’est une opération menée conjointement par les FARDC appuyées par la Monuc ».
Si cette opération est conforme aux accords du 5 décembre 2008 signés à Goma entre les responsables congolais et rwandais, accords dont le contenu n’est pas connu, la question est celle de savoir si cette opération a été planifiée en évaluant toutes les conséquences. Notamment, la durée de cette mission militaire, la protection des populations, l’implication de la Monuc, de l’Union européenne et du Parlement congolais.
Nkunda contre les FDLR
Les points soulevés sont d’une importance capitale. Certes, il est temps que l’on finisse une fois pour toute avec cette histoire des forces négatives étrangères. Particulièrement, les Hutu des FDLR qui causent désolation au sein des populations congolaises. Non seulement ils ont chassé les autochtones de leurs villages, ils volent, pillent, violent et tuent.
Ensuite, il fallait enlever tout prétexte au Rwanda de renvoyer ses troupes au Congo ou de continuer à soutenir les groupes armés en RDC pour déstabiliser les institutions nationales. Aussi, a-t-on soutenu le processus de normalisation des rapports avec le Rwanda. D’autre part, sur le plan régional et international, un programme existe, DDRRR, pour neutraliser et rapatrier les rebelles rwandais dans leur pays. En cas d’échec de ce programme, l’Accord de Lusaka prévoit la traque des FDLR avec le concours de l’Onu, disons de la Monuc.
Curieusement, les choses ne se déroulent pas selon ce schéma. L’armée rwandaise est rentrée, et à en croire les autorités congolaises, elles mèneront cette opération conjointe avec les FARDC. Or, l’armée congolaise, en pleine restructuration, devrait bénéficier du concours de la Monuc. Ce qui n’est pas fait pour autant que les autorités de la Monuc affirment qu’elles ne sont pas concernées par cette opération. C’est dire que tout sera fait par l’armée rwandaise conjointement avec les éléments du CNDP. Une opération qui prendra le temps qu’il faudra dans la mesure où le commandement échappe à Kinshasa. Pour arriver à ce stade, les sources concordantes parlent « d’un contrat passé » entre Kigali et Kinshasa. C'est-à-dire, neutraliser Nkunda pour permettre à l’armée rwandaise de rentrer au Congo sous prétexte de traquer les FDLR.
Opération contre la LRA
Tout indique que Kinshasa est tombé dans le piège sans tirer les leçons de l’opération contre la LRA. Jusqu’à ce jour, il est hasardeux de parler d’un quelconque succès de l’opération militaire menée par le Soudan, l’Ouganda et la RDC contre la LRA. Pire, ce sont les populations congolaises qui continuent à payer le lourd tribut avec 620 morts et des villages incendiés. Curieusement, l’armée ougandaise s’est bien installée à Dungu et ne pourchasse plus les rebelles ougandais. Bien au contraire, l’Ouganda demande à Kinshasa de prolonger sa présence au Congo en occupant les zones minières et pétrolières de la province Orientale.
Le même scénario risque de se produire au Nord-Kivu. D’abord, après deux agressions contre la RDC, en 1996 et 1998, l’armée rwandaise n’a jamais réussi à déloger les FDLR, même avec l’appui du RCD-Goma. Le CNDP n’a pas fait mieux. Il a préféré faire la guerre contre les FARDC plutôt que de traquer les FDLR. « Nous ne craignons pas cette opération. Jusqu’à présent, il n’y a pas encore d’affrontements et nos troupes ne sont pas à Kibumba. Une coalition pour une cause injuste ne peut atteindre ses objectifs. Nous n’avons pas peur. Le Rwanda est en train de distraire la RDC et la communauté internationale », a déclaré Ignace Murwarashhyale, président des FDLR.
A en croire les premières analyses, l’armée rwandaise s’installera à Masisi et Rutshuru, une « zone très riche ». Elle s’apprête à obliger les éléments du CNDP-Nkunda qui disposerait de 30% de l’effectif total du CNDP à rejoindre le CNDP-Bosco. Il s’ensuivrait une opération de mixage contrôlée par l’armée rwandaise qui prépare un long séjour au Nord-Kivu. Une zone qui échappera alors totalement à la gouvernance de Kinshasa.
Mais là où cela devient intrigant et inquiétant, c’est de savoir pourquoi a-t-on décidé de débuter cette opération conjointe militaire au moment où le Parlement congolais est en vacances et que le président de la République, conformément à la Constitution, n’a pris aucun décret pour confirmer officiellement le retour des armées ougandaise et rwandaise au Congo.
Les Communautés du Nord-Kivu protestent
En attendant des réponses à ces interrogations pertinentes, les représentants des communautés du Nord-Kivu, dans une déclaration rendue publique hier 20 janvier, protestent contre le retour de l’armée rwandaise au Congo. Ils dénoncent le caractère illégal et anticonstitutionnel de cette opération et invitent l’armée rwandaise à regagner son pays. Ils menacent de retirer tous les élus ou représentants des communautés du Nord-Kivu de toutes les institutions de la République si cette opération militaire se poursuivait.
Déclaration des communautés du Nord-Kivu face au retour de l’armée rwandaise en RDC
Depuis le dimanche 18/01/2009, la population du Nord-Kivu constate avec surprise et indignation l’entrée massive de l’armée rwandaise en République démocratique du Congo.
Cette entrée a surpris principalement à cause de l’annonce, quelques jours plus tôt, de la fin de la guerre par le CNDP, les FARDC et le PARECO à l’hôtel Ihusi à Goma la veille même, le samedi 17/01/2009.
Devant cet inquiétant développement de .la situation, ressenti par les natifs comme une nouvelle agression cautionnée par certains fils du pays animé par des intérêts personnels aux contours obscurs, les communautés du Nord-Kivu dénoncent : 1. Le caractère illégal et anticonstitutionnel de l’opération, engagée par des personnes non habilitées et ne figurant ni dans les Actes d’engagement signés par nous tous à Goma, ni dans le Communiqué conjoint de Nairobi, ni par les Recommandations de l’Union Européenne, ni dans les Résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de l’ONU, ni dans ce qui était présenté comme agenda officiel des récentes négociations de Nairobi. 2.
L’inversion des priorités de la République: Les Congolais du Kivu, qui s’attendaient à voir tous les déplacés et réfugiés congolais retourner dans leurs milieux d’origine se voient plutôt imposer une nouvelle guerre entre étrangers sur notre sol, synonyme de nouvelles atrocités, de nouveaux génocides, de la poursuite de l’extermination des populations locales en vue d’un dépeuplement systématique. 3. L’absence j’un accord cadre déterminant les termes de référence, les limites spatiales et tempore les, le rôle de chaque intervenant, les conditions d’arrêt et surtout le chronogramme du retrait rapide et obligatoire des militaires étrangers et ce, au mépris des populations, des élus, des notables et des Institutions de la République. 4. L’absence totale de mesures de protection des populations au cours des opérations à venir, au retard des graves faiblesses observées par les opérations menées contre les rebelles de la LRA au détriment de nos compatriotes de la Province Orientale. 5. L’absence totale de toute implication de la Communauté Internationale et nos partenaires régionaux (SADEC, Union Africaine, CEAC, MONUC, UNION EUROPEENNE) alors que ces derniers ont, selon les accords de Goma, la responsabilité de la garantie de bonne fin du processus en cours.
Eu égard à ce qui précède, les communautés du Nord-Kivu: 1. Condamnent cette trahison et se réservent le droit d’user de tous les moyens à leur disposition pour faire échec à ce plan diabolique dont la finalité manifeste est de matérialiser la balkanisation de la République démocratique du Congo. 2. Demandent que l’armée rwandaise retourne chez elle sans délai. 3. Exigent que les filles et fils du Nord-Kivu se trouvant dans les institutions accordent au gouvernement 48 heures pour mettre un point final à la présence rwandaise en RDC. Passé ce délai, les ministres, Vices ministres tant nationaux eue provinciaux, les députés provinciaux et nationaux, les sénateurs, les mandataires publics de l’Etat devront faire le constat de la haute trahison et se retirer en vue de rejoindre le peuple qui doit se prendre en charge. 4. Demandent à la RDC, en cas d’opération nécessitant des interventions étrangères, de s’abstenir d’utiliser le voisin problématique et de se tourner plutôt vers d’autres partenaires, tels que la SADEC qui devront alors opérer sous mandat international. 5. Proposent à la communauté internationale d’inciter le Rwanda à organiser un dialogue inter rwandais pour mettre fin à ses contradictions interne~ et non les exporter indéfiniment en RDC. 6. Demandent aux congolais originaires de toutes les provinces, où qu’ils se trouvent de part le monde, de se souder comme un seul homme pour sauver la patrie en danger.
7. Demande à l’ONU, à l’Union Africaine, à la SADEC, à l’Union Européenne, d’user de toutes formes de pression pour arrêter la dérive du pouvoir en pic ce à Kinshasa qui, manifestement, ne respecte ni sa constitution, ni ses lois, ni l’intégrité de son territoire, ni même la vie de ses citoyens. Ainsi fait à Kinshasa, le 20/01/2009
Pour les Communautés du Nord-Kivu
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14 janvier 2009
CPI : LE « DIESE » DE MORENO ASSAILLI PAR LES AVOCATS DE BEMBA
Le public venu assister au deuxième jour de l’audience CPI/Bemba a eu droit à un flot immense d’informations tant du coté de l’accusation que du côté de la défense.

L’accusation a ouvert les hostilités avec des récits pathétiques des personnes ayant en principe été violés ou torturés ou tués : enfants, femmes, hommes. En conclusion de tous ces récits : « Motifs substantiels de croire qu’il y avait assez d’éléments » pour condamner Bemba…
Si le procureur a eu beaucoup de temps pour enquêter, rechercher les témoins, les interroger et ficeller son dossier de près de dix mille pages, la défense elle s’est donnée comme stratégie de se servir des propos des témoins du procureur afin d’y déceler des failles : contradictions, invraisemblances, anachronismes si pas tout simplement mensonges !
Ainsi, certains témoins, dont le N° 006 ou le n° 0036 étaient à l’époque des faits, des proches du chef rebelle Bozizé dont le coup d’Etat avait été condamné par l’Union africaine.
Aujourd’hui, ils sont des hauts responsables du pouvoir en place. Ils ont été pour le procureur Moreno, des éléments clés dans la recherche et la collecte des témoignages. Pouvaient-ils résister à la tentation de s’attribuer ainsi le beau rôle ?
Les détails sur leur situation actuelle dans le pouvoir de Bangui, ont poussé l’accusation à solliciter auprès de la juge-président un huis clos. Car, ils risquaient d’être reconnus. La CPI ne peut enfreindre ses propres principes à savoir : « Protéger les témoins. »
Accusations pour vols…
Dans la déclaration du témoin 026, la défense épingle les propos suivants :
« Nous n’avons effectué aucune descente, il n’est pas possible de vérifier si les vols avaient eu lieu. »
Ce témoin ayant été entendu pour confirmer les accusations de vol contre les soldats du MLC, il ne pouvait pas être là pour accuser et en même temps ne pas accuser.
Idem pour les accusations de fosses communes où l’on aurait jeté les victimes : il n’y a eu, ni descente sur les lieux, ni exhumation.
En ce qui est des accusations pour le viol, le témoin dont référence est ERM 0159 dit quelque part à peu près ceci : « Plusieurs jeunes prostituées se rendaient volontairement au camp des militaires de Bemba où elles avaient des copains… » Devrait-on alors les considérer comme des femmes ayant été violées ? En passant, nous signalerons que l’équipe du procureur s’offusquera de l’emploi par la défense du mot « prostituée ». Ce à quoi l’avocat de Bemba répliquera : « J’ai retiré ce mot dans votre propre rapport. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas de respect pour celles qui pratiquent ce métier. »
L’accusation a plusieurs fois affirmé que les victimes ne pouvaient plus concevoir ou étaient atteintes du SIDA. Ainsi des documents médicaux avaient été délivrés. La défense de s’interroger : « Quelle es la fiabilité de ces documents …délivrés bien longtemps après les faits ?
Un autre témoin du procureur (40) dira : « Je ne suis pas au courant des viols et des tueries… » Harcelé pour qu’il dise la vérité, il ajoutera : « La vérité, est-ce de vous dire ce que vous voulez que je vous dise ? C’est moi qui y étais. S’il faut me poursuivre pour cela, je l’accepte. »
Des propos qui soulèvent des interrogations sont aussi celles du témoin n°7, actuellement refugié en Europe et qui avait avancé comme raisons pour son exil qu’il avait fui La Centrafrique en 2001, ayant peur que la victoire de Bemba risquait de ramener Mobutu au pouvoir au Congo. Et l’avocat de Bemba d’ajouter : « Alors que Mobutu était déjà mort depuis 4 ans ! »
BEMBA DONNAIT-IL DES ORDRES POUR LES CRIMES ?
Bemba est accusé d’avoir donné des instructions à ses hommes en Centrafrique. Directement sur terrain ? Pour le procureur, s’il y a eu des crimes, cela devrait être imputé à Bemba.
Les propos des témoins du procureur ne semblent pas étayer valablement cette thèse.
Ainsi le témoin 31 dit : « Les troupes du MLC en Centrafrique étaient sous la responsabilité du ministre de la défense qui en répondait directement du chef de l’Etat. »
Et plus loin : « Tout le monde rendait compte au chef de l’Etat, même les Banyamulenge » (ndlr : En Centrafrique, « Banyamulenge est devenu synonyme de « soldat congolais ! )
Plus loin encore : « Au moment des faits, Mr Patassé était le chef de l’Etat et à ce titre, il est de fait… Le chef des troupes de Bemba. »
Dans sa quête de prouver que toutes les accusations sont imputables aux hommes de Bemba, le procureur se livre à un exercice d’identification du soldat de Bemba : bottes en plastique, mal habillé, parlant mauvais français, parlant lingala, mal chaussés…
Ce qui poussera l’avocat de Bemba à balancer cette phrase :
« La cour pénale internationale est trop haute pour descendre au niveau des pieds et renifler. »
Collusion politique
Le pouvoir politique de Kinshasa a-t-il ou pas trempé dans cette affaire ?
Selon un document vidéo projeté, l’association congolaise JED (Journalise en danger) témoigne : un caméraman congolais pris en charge par l’ambassade du Congo en Centrafrique et payé 2000 € avait été mis à contribution pour filmer les différents sites qui serviraient de preuve au procureur de la CPI.
Alors, y a-t-il eu ou pas collusion politique dans cette affaire ?
Gravité des accusations
Me Kilolo, un des avocats de Bemba signale à la cour : « Les accusations de crime contre l’humanité sont très graves. »
Sous-entendu : Il sied parallèlement ,d’étayer ces accusations de preuves canons qui ne laissent la place à aucun doute.
Est-ce cela que l’accusation nous sert jusqu’à présent ?
Si la CPI doit être un rempart contre l’arbitraire, ne doit-elle pas en même temps éviter la tentation d’envoyer quelqu’un à l’échafaud sur base d’éléments approximatifs ?
Cela y va de sa crédibilité, elle qui est encore à la recherche de ses marques.
A l’issue de cette deuxième journée d’audience, un certain nombre d’éléments et de réflexions se dégagent :
Ne sommes-nous pas en présence d’une exagération des faits imputés au MLC ?
Bemba a été accusé de crimes très graves : crime contre l’Humanité, crime de guerre.
Il appartient à l’accusation d’étayer ses propos avec des témoignages et de preuves en béton et irréfutables.
Il appartient à l’accusation de démontrer que Bemba avait l’intention d’exécuter tous ces crimes, qu’il avait donné des ordres directement et mieux, qu’il était sur le terrain des opérations, suivant l’exécution du plan détails par détails, point par point, pourquoi pas, dressant un registre de toutes ces exécutions macabres ?
Il appartient à l’accusation de démontrer les dividendes politiques ou autres dont Bemba aurait tiré profit.
Il appartient à l’accusation d’être précis même dans l’usage de certains mots ou termes. Si en Centrafrique Congolais est synonyme de Banyamulenge, et si le lingala devrait être suffisant pour reconnaitre le congolais alors que cette langue est fortement véhiculée par notre musique, ce serait vraiment le bouquet ! Pourtant, cela fait partie de l’argumentaire de l’accusation !
L’enjeu de cette affaire CPI/BEMBA n’est-il pas la réponse à la question suivante :
Le procureur Moreno a-t-il tiré ses conclusions à savoir poursuivre Bemba suite aux données en sa possession après enquête,
Ou, le procureur avait-il d’abord comme objectif d’attraper dans ses filets « un gros poisson » alors, il faut diligenter des enquêtes pour cela ?
Nous souhaitons beaucoup que ce ne soit pas le dernier cas. Car cela risquerait fort de ressembler aux « dièses » que certains exilés fabriquent pour obtenir le statut de réfugiés. Beaucoup y parviennent. Mais d’autres sont également déboutés !
Cheik FITA
LA HAYE, le 14 janvier 2009
20:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 janvier 2009
AU PROCES CPI/BEMBA, HUIS CLOS DE 23 MINUTES
!La journée de ce mardi 13 janvier 2009 était consacrée à l’audition détaillée des charges, par le groupe du procureur, suivie par la réplique de la défense.
Les avocats de Bemba ont commencé alors à démonter point par point les différentes allégations du procureur.
Vers la fin de la matinée, plus exactement à 12h37, la juge-président ordonnera un huis clos et ce jusqu’à 13h00, heure officielle des auditions de l’avant-midi. Rideau baissé, micro et écrans coupés. Pourquoi?
Pour plus de détails, dans notre article complet du soir.
Cheik FITA
La Haye, le 13 janvier 2009
18:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









