17 décembre 2006
Revue de Presse congolaise
Et nous l’aurons voulu nous-mêmes!
La politique d’autruche actuelle n’est payante pour personne d’entre nous à court, moyen et long terme: quels que soient nos familles, nos clans, nos tribus, nos ethnies, nos provinces, nos partis politiques, nos mouvements de pression, nos partis fictifs et alimentaires, nos organisations interprofessionnelles, nos mouvements de Jeunesse, nos Cercles d’Amis, nos métiers, nos confessions religieuses, nos prêtres, nos pasteurs, nos fortunes, nos couches sociales, nos catégories, nos tendances….
“Ils ne mouraient pas tous. Mais tous étaient frappés” (Les Animaux malades de la Peste , La Fontaine )
© Dr François Tshipamba Mpuila
Corruption en RDC : La CELC accuse l’espace présidentiel
Le Phare 14/12/2006
Elle a fini par sortir de son long silence et cela pour faire mouche sur les principales institutions de la République pendant la transition. Selon le rapport que la commission de l’Ethique et de la lutte contre la corruption vient de rendre public, la RDC occupe la sixième place au monde parmi les pays les plus corrompus. Un record dont aucun congolais ne peut se vanter et surtout pas les officiels dont certains vont peut être inaugurer l’opération « portes grandement ouvertes des prisons » décrétée par le chef de l’Etat lors de son discours d’investiture.
Aussi curieux que cela puisse paraître, la palme d’or de ce record revient à l’espace présidentiel, note-t-on dans ce rapport sulfureux qui porte sur 30 institutions, services et entreprises étatiques ou assimilées. La question qui se pose à ce stade des débats est celle de savoir qui des cinq membres de cet espace présidentiel va tirer le premier sur les autres. Qui a le plus mouillé ses mains dans la corruption ? A moins de se trouver en face d’un club des mafiosi jurant de garder la loi d’Omerta, le moins que l’on puisse dire est que ce rapport vient de jeter un pavé dans la marre. Rien de nouveau sous le soleil, ironise un observateur averti qui se rappelle qu’au mois de mars dernier, un autre rapport avait fait état des dépassements budgétaires faramineux toujours au niveau de cet espace présidentiel avec des cimes vertigineuses atteignant des chiffres effarants. Tous les membres de l’espace présidentiel, sans aucune exception, avaient dépassé le budget leur alloué, aggravant le déficit budgétaire et cela au grand dam des experts des deux institutions de Bretton Wood.
Selon certaines sources généralement bien informées, ces dépassements budgétaires opérés par les membres de l’espace présidentiel n’ont servi qu’aux dépenses politiques et de souveraineté, une rubrique destinée à soigner la clientèle politique. Et chose bizarre, les deux institutions officielles de contrôle d’Etat que sont la Cour des comptes et l’Inspection Générale des finances sont demeurées muettes comme des cadavres alors que c’était là l’occasion rêvée de sanctionner les dilapidateurs du trésor public. Et dire que ces crimes ont été opérés au sommet de l’Etat, sans que le parlement n’ait levé le petit doigt.
En deuxième position, c’est la Magistrature Judiciaire. La cause réside au niveau des salaires de misère que l’Etat congolais offre aux magistrats de siège et des Parquets. Lesquels n’ont d’autre voie que de se rabattre sue les pauvres justiciables qu’ils sucent à souhait en multipliant les procédures de sorte qu’un procès, même le plus banal qu’il soit, peut aller jusqu’à cinq ans avant de connaître son épilogue. L’OFIDA vient en troisième position suivi des autres services générateurs des recettes de l’Etat que sont la Direction Générale des Impôts, la Direction générale des Migrations, la SNEL , le ministère des mines, celui du Budget, celui des finances, celui de l’Education et la Banque Centrale du Congo. Voilà le tableau sombre des organes où la corruption est la règle car elle joue un rôle primordial.
L’Agence nationale des Renseignements est aussi citée comme un lieu où la corruption est pratiquée à grande échelle, étant donné que dans ce pays l’on confond allégrement un service d’intelligence à celui des tortures. Les agents y affectés passent la plupart de leur temps à racketter qu’à réfléchir sur des questions qui touchent aux secteurs clé du pays.
Dans les catégories d’agents de l’Etat les plus corrompus, ceux de la police nationale occupent la première place suivis des magistrats, des douaniers, des officiers de la police judiciaire et ceux de l’immigration, indique ce rapport qui arrive au mauvais moment à moins qu’un audit général ne soit diligenté par le chef de l’Etat pour sanctionner ce fléau en guise d’avertissement pour que cela ne se répète plus jamais.
Fidèle Musangu © 14 décembre 2006- Copyright Le Phare
Tel président, tel premier ministre ?
Congo Tribune 15/12/2006
« Gizenga serait illettré ». Les différentes personnes (candidats à la présidentielle, membres du PPRD, congolais présents lors des accords de Sun City ou autres) qui livrent cette "information" aux congolais ne se voient accordée généralement qu'une oreille distraite, un sourire amusé bref pas beaucoup d'attention. Cette nouvelle est souvent prise pour un gag de plus comme la République Démocratique du Congo en foisonne depuis quelques années, et en particulier depuis ce jour funeste où une bande d'illuminés promirent aux congolais de les "libérés", mais ne firent qu'introduire les "vers" de l’imposture, du pillage et de l'asservissement dans le fruit "Congo".
Trop occupés à essayer de se défaire de ces indésirables et ne sachant souvent plus à quels saints se vouer, les pauvres congolais n'accordent pas toujours d'importance et ne réagissent plus toujours à toutes ces aberrations dont on les abreuvent depuis déjà trop longtemps. Ce désintérêt est d’autant plus stimulé par le fait qu'ils ont appris à leurs dépends que ces « saints », « amis du Congo », « sage », « voisins dits bienveillants » - peu importe la carte de visite utilisée pour mieux les endormir- n'ont jamais été qu'une partie de l'essaim d'abeilles voraces qui s'est jeté sur eux et leur terre comme sur du miel.
Est-ce donc étonnant si régulièrement, la faim et la misère aidant, certaines nouvelles leur passent par dessus la tête ?
Alors quand les forces de l'ombre lancent une nouvelle du type: « Gizenga sera probablement le futur premier ministre de la République absolument pas démocratique du Congo" qu'observe-t-on pour la majorité d’entre eux ?
Quelques "intellectuels" se perdent en discussion, supposition, analyse pour imaginer ce que sera le gouvernement sous la direction du fameux patriarche qui d'après des sources concordantes serait bel et bien quasiment illettré !!! Ou du moins beaucoup s'accorde à dire qu'il ne réunit pas les capacités physiques et mentales pour une telle mission. Sa dernière visite en Belgique semble avoir conforté cette idée. Pendant que la guerre du positionnement fait rage au sein de l’AMP et que cet argument de poids ressemble à du pain béni pour la horde de vautours qui s’y sont rassemblés, d'autres congolais continuent à s'enfermer dans ces lieux de « racket privilégié » de certains de nos pasteurs vendeurs de miracles pour passer au bon Dieu la commande du fameux Grand Kärcher qui viendra nettoyer la racaille qui continue à infester nos institutions et tant qu'à faire leur mettre directement dans l'assiette ce que leurs enfants mangeront à midi.
Voici donc de ce fait ce qui pourra à nouveau être considéré comme un test réussi prouvant, surtout pour ceux que cela arrange, qu'une fois de plus le congolais- cette drôle de bête- est bon à être dirigé par n'importe quoi ou n'importe qui et qu'il vaut mieux le mettre sous tutelle parce qu'il est devenu dangereux pour lui même et surtout pour ses enfants pour qui il n'a jamais été capable de proposer un véritable avenir.
Eh oui , chers compatriotes celui qui confie l'avenir de ses enfants à un incompétent est irresponsable, celui qui ne se bat pas pour réclamer ce qui revient de droit à ces mêmes enfants ou à lui-même est aussi irresponsable, celui qui accepte sans se défendre qu'un criminel dirige désormais sa vie et celle de ses enfants est ir-res-pon-sa-ble !
Et nombreux sont ceux qui le traiteront comme tel !
Conséquences: ceux qui se battent dans l'ombre pour qu'aucun organe de décision ne relève encore d'un congolais de la RDC , le cataloguant comme une des pires espèces de l'irresponsabilité auront de beaux jours devant eux .Si Gizenga devait effectivement être le Premier Ministre de la RDC il ne faudra pas compter sur les congolais qui acceptaient déjà de travailler pour notre général major kadogo pour s'en offusquer ;
Celui dont on vient d’affubler les congolais à la magistrature suprême le "petit" joseph président marionnette toxico de surcroît incapable de quoi que ce soit sans béquille intellectuel, piètre militaire ayant fui son fameux QG depuis que Nkunda rode dans les parages, digne élève de James Kabarebe l’orfèvre des massacres dans la région des Grands lacs aura un « collaborateur » de choix ! Tel président, tel premier ministre ?
Le fameux patriarche dont on ne connaît même pas les capacités intellectuelles ni la réalité de son expérience dans le monde actuel a-t-il vraiment sa place dans un quelconque gouvernement, et qui sont ces congolais et en particulier des hommes politiques dignes de ce nom qui continuent à accepter que la responsabilité de ce qui concerne la république démocratique du Congo ne puisse revenir qu’aux plus cancres, plus inconscients, plus cupides d’entre nous ou … à des étrangers ?
Marcel Kalwangila © Copyright Congo Tribune
LE SERMENT DE JOSEPH KABILA: GRANDE PREMIERE ET GRANDES INTERROGATIONS
Sanfinna du 11 au 17 décembre 2006
Deux considérations nous viennent tout de suite à l’esprit lorsqu’on analyse les élections qui viennent de se dérouler en RDC.
La première, c’est que le pays en 40 ans d’histoire, vient de se doter d’organes qu’il a élus de façon démocratique. Ce n’est pas qu’il n’y ait jamais eu d’élections au Congo. Le phénomène a été pratiqué aux premières heures de la décolonisation et sous le régime Mobutu. Mais il faut reconnaître que jamais, on a eu des consultations qui approchent d’aussi près le modèle de la démocratie classique. Il y a eu pluralité de candidatures, de partis politiques, des observateurs internationaux, une gestion des élections par une structure du type CENI dotée de grands pouvoirs..
Ce qu’il faut relever aussi, c’est que contrairement à ce à quoi on s’attendait, il n’y a pas eu de contestation post-électorale. Le perdant, Jean-Pierre Bemba, crédité de 42 % contre 58 % pour Joseph Kabila, a reconnu sa défaite et invité dans un esprit de paix ses partisans à en faire de même et à organiser la contestation politique dans le cadre républicain. On pourrait donc dire qu’à 35 ans, Joseph Kabila inaugure un cycle démocratique sous les meilleurs auspices et que, par conséquent, après 5 ans d’une guerre éclatée et qui a révélé à l’opinion internationale des crimes les plus horribles causant des millions de morts, tout est bien qui finit bien.
Mais quand on pense aux consultations congolaises, on ne peut pas s’empêcher aussi d’être assailli par bien d’interrogations.
Comment le jeune Président, au moment où les forces européennes s’apprêtent à quitter le territoire (si elles ne l’ont déjà fait) pourra-t-il assurer la sécurité à tous et surtout parachever l’œuvre de reconstitution de l’entité territoriale ?
Comment réussira-t-il à imposer un seul commandement, une seule armée dans cet immense pays quand les bandes armées sévissent encore ici et là, n’hésitant pas à s’attaquer aux Casques bleus même pendant les élections.
Et il y a ces questionnements autour de Jean-Pierre Bemba. A-t-il sincèrement accepté sa défaite ou juste par calcul : attendre que son dossier soit réglé à la Cour Pénale Internationale (CPI), attendre que Kabila se « plante » pour revenir plus fort au devant des choses ? Réussira-t-il vraiment à calmer ses troupes, à apaiser les haines qui couvent dans certaines parties du territoire où on l’a voté massivement contre Kabila, considéré comme un étranger ?
Là-dessus, il y a de sérieux doutes surtout qu’il a refusé de participer à la cérémonie de prestation de serment, manifestant de la sorte sa déception quant aux conditions de déroulement du scrutin, même si, pour des raisons tenant à l’intérêt général, il les a acceptées.
C’est dire qu’avec tous ces mauvais présages, on se demande pourquoi Joseph Kabila a estimé devoir se montrer aussi sûr de lui, aussi suffisant et voire même, quelque peu insultant.
Qu’a-t-on surtout retenu de sa prestation de serment ? Ce sont ces mots forts, provocateurs : «J'annonce aujourd'hui la fin de la récréation, afin que le peuple puisse se consacrer au travail, et ce dans la paix et la tranquillité », ces mots méprisants : "Il y a un lien indissociable entre la sécurité et le développement. Les fauteurs de troubles doivent être considérés comme des ennemis du peuple et du développement (..) les prisons sont ouvertes pour tous ceux qui contesteront l’autorité de l’Etat».
Bien vrai que tout le monde doit se remettre au travail, qu’il faut que l’autorité de l’Etat soit restaurée mais cette cérémonie aurait dû être marquée plutôt par l’esprit de consensus, de réconciliation, d’apaisement pour ne pas dire d’humilité car sa victoire, pour ne pas être contestée, n’est pas encore confortée. Alors, on se dit que finalement, on n’est peut-être pas sorti de l’auberge et que peut-être le plus dur reste à venir ! En avoir conscience, c’est le meilleur moyen de conjurer les mauvais augures !
VT © Copyright Sanfinna
La récréation est finie, amorçons un virage décisif de notre histoire !
C’était le jour de son investiture. Le plus jeune président au monde - titre de noblesse qu’une certaine presse vouée à sa cause ne cesse de mettre en exergue - a prononcé son discours de circonstance. Discours qui, dans le jargon politique congolais est catalogué d’office d’historique. Certes, le 6 décembre 2006 entrera dans l’histoire de ce pays comme étant le jour où un certain Joseph Kabila, contesté vivement par une grande partie de la population pour ses origines douteuses, a été investi comme le premier président élu après les années de tyrannie couronnées par une transition interminable. Il se devait donc d’annoncer la couleur de la troisième république. Et, il l’a fait devant un parterre d’invités de marque. Du flot de son discours, nous ne retiendrons qu’une seule phrase, simple, mais combien significative : « fini la récréation.» La phrase aurait eu un véritable sens si la personne qui l’a prononcée commençait son job. Mais, hélas, il n’en est pas question.
C’est un vieux routier qui est demeuré cinq ans au pouvoir et qui, subitement, se rend compte de la nécessité de siffler la fin de la récréation. En se basant sur ce précédent, rien n’empêche qu’il observe une longue léthargie suivi d’un éveil soudain lors de sa prochaine campagne électorale dans cinq ans ou encore mieux ou pire, c’est selon, quand il sera de nouveau investi d’un deuxième mandat. La phrase qui a fait sensation n’est pas en réalité une nouvelle trouvaille dans la lexicologie de la politique congolaise. En dépit de cela, beaucoup de commentateurs politiques s’y sont attardés, comme s’il s’agissait d’un événement majeur. Plus qu’en rajouter, nous voudrions apporter sur la thématique d’autres considérations qui nous paraissent pertinentes.
Quand la récréation se termine, c’est tout le monde qui reprend du boulot. Elèves et maîtres, juges et magistrats, joueurs et arbitres etc. Dans le cas d’espèce, en prenant sa décision, Joseph Kabila a paradoxalement sanctionné la fin de la récréation pour lui-même d’abord. Les choses sérieuses devraient commencer et cela à partir du sommet de l’Etat. On pourrait sans malice ergoter, compte tenu de son bilan passé très sombre, qu’il n’avait pas pris au sérieux, jusque-là, son rôle institutionnel. En sifflant la fin de la récréation et en intimant l’ordre à tous les Congolais de se remettre au travail maintenant sous sa supervision, Kabila dévoile indirectement sa faiblesse et son irresponsabilité face aux hautes fonctions qu’il a occupées les cinq dernières années. Le problème est qu’il ne s’en rend pas compte. Au fait, ne vient-il pas à peine de commencer l’exercice de son pouvoir ?
Connaissant l’homme et son langage, il ne serait pas étonnant devant l’inaction ou la non tenue de ses propres promesses, qu’il se réfugie dans sa cuirasse. Ne l’oublions pas qu’il est « blindé » par nature. Et surtout, qu’il ignore toutes critiques sur sa personne et sur ses actions en se pavanant dans sa « caravane » qui, soit dit en passant, ne se cure point des chiens qui aboient. Toute somme, il est à croire et à penser, à la lumière de la flamme de contestation qui s’élève de plus en plus après la mascarade d’élections qui vient de le porter au plus haut perchoir de la république, que rien ne sera plus comme avant. Le virage amorcé après la tenue de ses élections contestées et contestables est un point crucial qui a éveillé la conscience du grand nombre de Congolais sur la main mise des intérêts maffieux sur le patrimoine du pays. C’est un point de non retour. Il pourrait être fatal pour son règne, à moins qu’il ne s’y prenne autrement.
La fin de la récréation ou du farniente étant désormais décrétée, il serait intéressant de voir comment se comportera le souverain primaire qui, dit-on, l’a élu démocratiquement, face à son nouvel engagement de fermeté. Le pays désormais transformé, comme dans un rêve onirique, en grand chantier, saura-il revêtir son beau manteau pour restituer à l’homme et à la femme congolaise leur honorabilité et leur dignité arrachées par l’application d’une politique défaillante et insouciante du bien-être collectif ? Dans ce contexte, l’homme qui sort de sa torpeur ne devrait pas seulement se contenter de son élection ou encore continuer à amuser la galerie avec du verbiage à bon marché. Il a impérativement l’obligation des résultats concrets.
Fini le temps des échappatoires. Fini le temps de la magouille. Fini le temps de la rhétorique propagandiste, des suspicions malencontreuses et malveillantes. Mais, surtout, fini le temps du grand silence. Puisque la récréation est terminée, nous devrions rouvrir tous les dossiers non traités. Le temps du grand travail a commencé et il faudra se mettre à l’œuvre sans attendre. Les magistrats sont avertis. Ils doivent reprendre du poil de la bête et se mettre au boulot en épluchant tous les cas litigieux et en enquêtant sur des dossiers sensibles. L’appel ayant été lancé de façon solennelle, nous y répondons subitement en rappelant un dossier qui traîne dans les tiroirs de la cour suprême de justice et des autres juges qui ont reçu copie de notre « Pétition ayant pour objet l’ouverture d’une enquête judiciaire au regard de l’identité et de la nationalité d’origine de M. Joseph Kabila. »
Nous nous sentons encouragés par cette prise de position du premier magistrat du pays, fraîchement « élu. » Il était temps d’en terminer avec un certain déterminisme négatif et arbitraire. L’occasion est propice pour enfourcher véritablement la voie de la démocratie et de la transparence. La voie qui permet d’éclairer les sentiers non battus et de mettre tout le monde, sur le plan juridique, sur le même piédestal. C’est là une des prémices pour jeter les bases d’un État de droit. On ne peut prétendre reconstruire le pays et parler d’une véritable renaissance qu’en s’appuyant sur le socle de la justice et sur un esprit novateur emprunt du respect de la légalité constitutionnelle. Tout ceci implique qu’à tous les niveaux des institutions, on puisse garantir l’application stricte des lois. Que l’on puisse bannir l’impunité et le fléau de la complicité hiérarchisée en maillon des vautours. Le renouveau du pays ne pourrait s’opérer sans un changement radical des mentalités de toutes les strates de la population et sans un désir ardent d’arpenter des horizons nouveaux. En effet, on ne peut amorcer un virage décisif de notre histoire sur base des promesses et des intentions clamées pour une consommation externe. Plus éloquent encore, on ne peut prétendre bâtir un pays sur une masse sablonneuse de mensonges. Il est illogique de croire que l’on peut continuer imperturbablement à étouffer la vérité. Le discours de la congolité lancé lors des élections n’était rien d’autre que le cri de désespoir d’une cause non entendue : la quête de la vérité. Le moment est arrivé d’aller au fond des choses. C’est une façon honorable de montrer que l’on a le cœur à l’ouvrage. Que l’on a réellement décrété la fin de la récréation. Pour tous.
Mwamba Tshibangu
Auteur de Joseph Kabila, la vérité étouffée.
14 DECEMBRE 2006, congoindependant.com
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