29 décembre 2006

Revue de Presse congolaise - www.CongoIndependant.com

Aucune référence à M’ZEE LD Kabila dans son Discours d’investiture! Et tout est toujours morose !

Félicitations. Nous sommes soulagés que quelqu’un d’autre, en dehors de l’UDPS,  l’ait aussi constaté, l’ait souligné et s’en soit étonné. C’est paradoxal et hautement significatif non !

La critique tardive sur le découpage électoral et les assemblées provinciales démontre que personne n’avait lu les critiques pertinentes et fondées formulées par le Professeur Léon de Saint-Moulin sur le découpage électoral actuel: le Professeur s’est dit ahuri et très déçu par les réponses aussi contradictoires qu’absurdes qu’il avait reçues des vénérables députés interrogés par lui à la sortie de l’Assemblée Nationale alors qu’ils venaient d’adopter la fameuse “constitution” de la 3ème République. Il donne, en l’occurrence, dans ses critiques, le cas flagrant de la Province de l’Equateur, de la Province Orientale et de la Province du Katanga ainsi que le cas de Kolwezi et de Mutshatsha.

Nous avions repris, dans nos articles et cela plusieurs fois, ces critiques à l’attention des lecteurs. Nous n’avons enregistré aucune réaction, pas même de nos Compatriotes ressortissants de ces provinces !

© Dr François Tshipamba Mpuila

RD Congo : Besoin de révolution

 

La fin de l’année se termine dans la morosité. Les investisseurs attendent l’assainissement de l’environnement économique avant de se prononcer. Les indicateurs économiques sont figés au rouge. Les experts du FMI ont émis à ce sujet leurs préoccupations dans un mémo interne daté du 12 octobre sur « l’ampleur du relâchement budgétaire constaté depuis fin juin ainsi que sur les pressions inflationnistes et de change qui en ont résulté ».

D’autres sources affirment que l’espace présidentiel a vidé les caisses de l’Etat. Alors que le pays a besoin d’aide financière urgente, les institutions de Bretton Woods conditionnent leur appui à la mise en place d’une bonne gouvernance et d’un plan d’austérité draconien. Après une campagne électorale féroce, la population demeure tétaniser et croupit dans sa misère sans perspective d’amélioration. Un informateur a été nommé pour dégager une majorité parlementaire alors que l’on croyait que le triomphe de l’AMP suffisait. Vraisemblablement la bataille des clans a-t-elle commencé ?

Quelques positionnements des politiciens s’opèrent dans l’indifférence générale. Le Congo entre donc en 2007 avec une économie délabrée et une population clochardisée. L’occident qui a organisé et financé les élections congolaises est satisfait avec l’élection de son candidat à la magistrature suprême. Le Congo demeure cependant un vaste chantier. Mais le « président élu » n’a pas de programme chiffré. La population continue à survivre avec moins d’un dollar US par jour, selon les statistiques de l’ONU. Quelques 46 années après la décolonisation du Congo, le pays semble s’installer dans un néo-colonialisme qui a encore de beaux jours devant lui. Lumumba voulait un pays politiquement et économiquement libre. Laurent Désiré Kabila ne préconisait pas autre chose que la poursuite de cet objectif. Mais les faits attestent que Joseph Kabila s’est inscrit dans un registre diamétralement opposé. Il a démantelé la Gécamines   et hypothéqué la Miba (société d’économie mixte de diamants), deux fleurons de l’économie congolaise.

Dans son discours d’investiture, aucune référence à Mzee Kabila. On rappelle que sous la bénédiction de Joseph Kabila, des contrats léonins ont été signés avec des personnes n’ayant aucune capacité d’investissement tel que Dan Getler. Cela traduit bien la rupture avec l’idéologie de Lumumba, assure un observateur. Le pouvoir congolais est éloigné du peuple, constate-t-il. Au lieu des réjouissances populaires après une nette victoire avec plus de 58 %, selon la cour suprême de justice, Joseph Kabila a organisé la cérémonie de son investiture présidentielle dans un coin derrière le palais de la nation avec quelques invités bien ciblés. Un silence abasourdissant a été constaté au sein de la population, comme chez les membres de la diaspora.

Voilà en gros la situation qui attend le nouveau gouvernement. Aura-t-il les moyens de conjurer le sort ? Rien ne permet de répondre par l’affirmatif. Le formateur qui sera nommé cette semaine, Antoine Gizenga sans nul doute, formerait un gouvernement où l’on risque de retrouver des personnes citées dans le panel des experts onusiens comme « pilleurs présumés des ressources naturelles du pays ». De même des personnes épinglées dans les « rapports Bakandeja et Lutundula », comme « auteurs présumés des malversations financières ».

Le moyen unique pour hâter la « libération » reste « la rue », selon un analyste Congolais. Il faut que les Congolais se re-approprient leur pays et organisent eux-mêmes leurs élections « démocratiques, libres et transparentes », dont les résultats seront opposables à tous. Il s’agit d’un travail de longue haleine. Mais la victoire est au bout de l’effort. En attendant, le pays s’enfonce encore d’avantage dans un régime où des prisonniers d’opinion sont légions. Le cas des militants de l’UDPS et celui de Me Marie-Thérèse Nlandu, notamment. La représentation nationale s’oriente vers une composition où son Bureau serait totalement dominé par les partisans de Joseph Kabila. Le secrétaire permanent de l’Alliance pour la majorité présidentielle (Amp), Lambert Mende Omalanga avait déclaré : « Le bureau définitif sera dirigé exclusivement par l’Amp, le Palu et l’Udemo ». Ce monolithisme rappelle le régime du « Parti-Etat ». 

Ali KALONGA © Congoindependant.com - 28  DECEMBRE  2006

 

Les Assemblées provinciales

Les Assemblées provinciales s’installent dans tous les coins et recoins de notre foutu pays convoité par la communauté occidentale. On en parlait  depuis deux ans. Mais depuis le 18 février 2006, jour de la promulgation de la Constitution adoptée par référendum, ce n’était plus un secret de polichinelle. Il ne faut surtout pas croire que quelqu’un, quelque part, a prévu quoi que ce soit. Nenni ! Tout le monde a feint d’ignorer qu’il faudra des locaux, du personnel d’appoint, des équipements, des salaires, tutti quanti. Donc, ce qui devait arriver arriva, comme on dit chez nous. Il s’en est suivi une pagaille dont seuls les Congolais détiennent le secret. Nos Assemblées provinciales s’installent ainsi vaille que vaille. La plupart sont des SBF (Sans bâtiment fixe).

A Kinshasa la pourrie, l’Assemblée provinciale a trouvé refuge dans la salle paroissiale de l’Eglise  Fatima ! Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Bref, passons. Ce sont nos députés provinciaux, ces mal logés, qui vont élire les sénateurs ainsi que les gouverneurs et vice gouverneurs de province. Nous sommes en pleine pagaille, dans la bouillabaisse.

Déjà, nous assistons à une guerre de tranchées entre les chefs coutumiers pour leur cooptation aux Assemblées provinciales. Il paraît qu’il y en a parmi eux qui maîtrisent à la perfection l’art de faire tonner la foudre comme d’autres font parler la poudre. Que deviendrons-nous si ces foudroyeurs s’amusaient à utiliser l’arme fatale ? Attention Messieurs  à ne pas provoquer la Guerre des mondes avec vos gris-gris.

Comme si cela ne suffisait pas, l’élection des sénateurs et gouverneurs de province est devenue une affaire de gros sous. L’argent parle. Il faut des espèces sonnantes et trébuchantes pour emmener les députés provinciaux à jeter leur dévolu sur un candidat. Le tarif, on le connaît. Dans certaines provinces, chaque député provincial réclame au minimum 1.000 dollars. Quel sens pourrait-on donner à un tel vote ? Quelle valeur aura notre démocratie ? Pleure ô pays bien-aimé.

Mokossa Disu © Congoindependant.com 2006 DECEMBRE  28

Le découpage territorial prévu par la Constitution sera difficile à réaliser, prévient Banza Mukalay - Kinshasa, 28/12/2006 / Politique

Le Député Banza Mukalay est d’avis que la IIIème République sera confrontée à de multiples difficultés, en l’occurrence celle du découpage territorial prévu par la Constitution avec la création d’entités encore moins viables que celles en place. A l’allure où vont les choses, le découpage territorial risque de poser problème suite à l’insuffisance des infrastructures et moyens pour faire fonctionner les différentes entités. Comment faut-il pallier à cette situation ?

Vous posez bien la question et vous avez tout à fait raison. L’Etat doit se gérer sans état d’âme, sans réactions épidermiques, sans émotion et sans trop d’improvisation. Je crois que nous avons, à Sun City, été plus guidés par l’émotion, par l’état d’âme, par l’intérêt des gens qui voulaient çà et là se retrouver soit gouverneur, soit ministre provincial…

Malheureusement, cela s’est poursuivi au niveau du Parlement de transition, Assemblée nationale et Sénat, institué à l’issue de l’Accord global et inclusif. Les gens n’ont pas approfondi la question, ils ont agi d’une manière épidermique. C’est pourquoi, vous constatez que beaucoup d’Assemblées provinciales n’ont pas d’infrastructures.

Or, justement, si l’on veut gérer l’Etat, on ne le gère pas dans l’improvisation, on ne crée pas de structures pour ensuite chercher des moyens qui permettent d’asseoir des structures. Mais, on peut concevoir des structures et on cherche ensuite des moyens pour le fonctionnement de ces structures. C’est cela la démarche normale, la démarche rationnelle. Moi, je crois que si jamais on faisait le découpage dans trois ans, ça n’irait pas, sincèrement. Ça n’irait pas parce que, au lieu de résoudre le problème, on en multiplierait.

C’est-à-dire....

A titre illustratif, vous prenez le budget 2005, d’une province comme le Bandundu avec des réalisations de l’ordre    de 4.024.469.101 Fc en dix mois par rapport aux prévisions qui étaient estimées à 5.837.333.629 Fc. Ca veut dire que ce budget qui est déjà insuffisant pour la province telle qu’elle est, si l’on doit le diviser encore en trois provinces qui doivent naître, il sera encore nettement insuffisant. Pour l’exercice 2006, dans la même province, sur les 10.412.075:348 Fc attendus, on en était encore qu’à 3.655.758.185 Fc en six mois. Rien qu’avec ce seul cas, on comprend l’ampleur des problèmes qui vont être créés en cas de découpage.

« Si jamais on faisait le découpage dans trois ans, ça n’irait pas parce qu’au lieu de résoudre le problème, on en multiplierait »

C’est vrai qu’on parle de fonds de péréquation, mais il faut que ce fonds existe, qu’il soit alimenté. Mais, par quoi serait-il alimenté? Parce que notre budget est toujours déficitaire et est toujours alimenté par un apport extérieur. Donc, je crois qu’on peut maintenir la décision du découpage. Mais on la diffère. Les Belges ont attendu 50 ans en programmant leur fédéralisme, nous ne pouvons pas à la fois faire le fédéralisme et le découpage, coupler cela sans créer des problèmes pour nos populations. C’est pourquoi, je suggère qu’on étudie, qu’on monte des structures, qu’on fasse le partenariat avec les Chinois pour qu’ils construisent, dans deux où trois ans, des bureaux partout. Et peut-être qu’au bout de dix ans, on peut commencer le découpage. Mais avant ça ce sera de l’aventure, des problèmes insolubles et inextricables qu’on va créer. Comme je vous ai dit, l’Etat se gêne sans état d’âme, c’est-à-dire qu’on doit analyser froidement la situation et puis prendre des décisions qui s’imposent.

Mais, ce découpage, indique-t-on, procéderait du seul souci de rapprocher, les administrés des administrants

Si jamais, comme vous l’indiquez, le souci réel est de rapprocher les administrés des administrants, alors pourquoi ne pas commencer dans trois ans par des collectivités plus vastes puisque cela coûterait moins cher au pays? On ne doit pas prendre cela comme une simple blague parce que le pays vient de la guerre et il doit consolider son unité et sa cohésion et également restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, toutes ces tâches qui risquent d’être mis à mal par une sorte de saucissonnage par un découpage manifestement mal préparée.

© Marcellin MANDUAKILA / Forum des As - 28/12/2006

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