30 décembre 2006

Message de Nouvel An 2007 de l'UDPS/BELUX

medium_Udps_logo.2.jpgTableau synoptique des faits et des événements - Détails (suite 1)
Réf.: RBL/UDPS/DE/167/27/12/2006

Au niveau national
Depuis 1960 à ce jour :

A. C’est la première fois, dans notre histoire nationale, que les Organisations humanitaires internationales et nationales parlent de la catastrophe humanitaire et sanitaire, de “la plus grave des crises de ces 60 dernières années depuis la 2ème Guerre Mondiale”: en plus de 5 millions de morts victimes de la guerre, plus de 38.000 congolais meurent par mois, selon les statistiques de ces organisations.

B. Les esclavagistes et les prédateurs avaient dans le passé, recouru à des mutineries, sécessions, conflits fratricides, coups d’Etat militaire et force pour bloquer la consolidation de notre indépendance, la sauvegarde de notre souveraineté nationale, la mise en place et le fonctionnement durable des institutions démocratiques stables ainsi que la gestion du Pays par les dirigeants démocratiquement élus. Mais cette fois-ci, pour réaliser leur complot contre Patrie et contre notre Peuple, ils ont réussi, avec la complicité et la trahison des fils du Pays candidats à la mascarade électorale :

-          à organiser, sur toute l’étendue de notre territoire, une escroquerie électorale sur toute l’étendue du territoire national. Les Fils du Pays se sont engagés malgré tout dans cette escroquerie électorale comme candidats et y ont entraîné nombreux compatriotes sans maîtriser au préalable tous les facteurs et tous les paramètres nécessaires et utiles de cette escroquerie électorale (recensement administratif des congolais à leurs lieux de résidence, respect des libertés et des droits de l’homme, libération de tous les congolais prisonniers politiques et d’opinion, serveur, fichier électoral, nombre exact des électeurs congolais et étrangers, bureaux de vote, nombre des bulletins de vote émis, présence des témoins dans tous les bureaux de vote, transport des urnes…). Ils se sont ainsi engagés bien que M. E. Tshisekedi et l’UDPS aient prévenu tous les Congolais, à temps, preuves à l’appui, qu’il s’agissait bel et bien d’un processus électoral truqué, vicié, dénaturé, perverti, exclusif, injuste, inégalitaire et contre-productif par rapport aux aspirations et aux besoins de notre Peuple;

-          à légitimer ladite escroquerie électorale par la participation de nombreux Congolais, y compris des étrangers, des hommes en uniforme, des enfants mineurs;

-          à faire adopter une constitution rédigée par les étrangers, vide de notre âme, de notre identité propre et ignorant nos réalités nationales (une  constitution qualifiée par le Professeur Léon de Saint Moulin d’”un simple exercice académique pour un pays indéterminé et pour un peuple anonyme”), une constitution scélérate, dictatogène et conflictogène; une constitution qui donne au Président de la République des pouvoirs absolus et illimités et fait de lui l’Homme Fort, intouchable et inamovible face aux institutions faibles; une constitution qui donne aux gouvernants encore plus d’avantages et de privilèges que jamais auparavant et qui privé le peuple de moyens de défendre ses libertés et ses droits fondamentaux théoriquement énoncés dans ladite constitution; une constitution qui consacre l’impunité, le pillage des richesses nationales, la mauvaise gouvernance et le crime alors que, plusieurs années auparavant, les Fils du Pays s’étaient déjà montrés capables de rédiger des constitutions démocratiques (constitution de Luluabourg en 1964, constitution du 24 juin 1967, constitution issue de la Conférence Nationale Souveraine en 1991-1992, constitution issue du Dialogue Intercongolais en 2002-2003);

-          à faire adopter une loi électorale discriminatoire et qui est une prime aux ex-belligérants, au crime, à la violence, aux armes, à l’impunité et au pillage des richesses nationales;

-          et à introniser, à l’issue de ladite escroquerie électorale, un imposteur rwando-tanzanien, un mercenaire et un taximan analphabète au Sommet de l’Etat Congolais.

-          de bloquer la consécration des principes démocratiques et la réalisation des objectifs et des résolutions de la Transition ; et de prolonger, de façon illégale et illégitime au delà jusqu’au 30 juin 2006,  ladite Transition initialement prévue, selon l’Accord global et inclusif et la constitution de la Transition issus du Dialogue Intercongolais, pour une période de 2 ans (30 juin 2003-30 juin 2005); 

-          à exclure, de la gestion de la Transition et du processus électoral, un parti politique comme l’UDPS (l’UDPS n’a été reconnue que le 31 mars 2006, plusieurs mois après la clôture des opérations d’enregistrement et d’enrôlement et la veille de la clôture du dépôt des candidatures), les leaders politiques - comme M. E. Tshisekedi - qui incarnent la confiance et les aspirations de la population et les forces patriotiques et démocratiques congolaises; mais à introniser les plus grands criminels de l’histoire de l’humanité dénoncés, à cause de leurs crimes contre l’humanité, crimes contre la paix, crimes politiques, crimes de guerre, crimes sexuels, crimes de génocide… dans les Rapports officiels consignés à l’Union Européenne et aux Nations- Unies (Rapport d’Emma Bonino, Rapport de Roberto Garreton, Rapport de Christopher Harlant, Rapport de Mary Robinson, ainsi que dans d’autres Rapports, à cause de leurs crimes économiques, notamment dans les Rapports ci-après:  Rapport Kassem, Rapport de la Commission Bakandeja , Rapport Lutundula, Rapports des Cours des Comptes, Rapports de la Banque Mondiale … ;

-          à jeter dans la poubelle de l’histoire tous ces Rapports.

C. La manne ne continuera pas à tomber à flots, du Ciel, sur les têtes des Congolais vu la situation économique sombre et inquiétante des pays occidentaux telle que décrite dans la suite de ce Document.

Pire encore : Tout porte même à croire que les esclavagistes et les prédateurs occidentaux ont choisi la RDCongo comme le Pays qu’ils ont choisi pour y imposer plus que jamais l’esclavage, procéder au génocide des populations autochtones et accentuer la domination, l’exploitation et le pillage des richesses naturelles, des richesses minières du sous-sol, des richesses du sol et des richesses hydro-énergétiques pour résoudre les problèmes économiques et financiers graves auxquels les économies de leurs pays sont et seront confrontés.

C’est seulement le soir venu et pour se donner une bonne conscience que les experts de l’humanitaire et de l’aide au développement, se sont mis à se préoccuper enfin de l'humanitaire en RDC mais sans ne convaincre presque personne.

Après avoir trop crié, durant toute la journée, pour le dossier politique congolais ne relevant pas de leurs compétences, ces experts se sont souvenus, le soir tombant, que leurs prérogatives lui demandent de se préoccuper plutôt du dossier humanitaire et de l’aide au développement. Ils s’y mettent, mais leurs voix trop utilisées et usées pour le dossier politique, sont déjà rauques et essoufflées. Elles sortent à peine de leurs gorges.

Se révèle insuffisant même le soutien des Organisations Humanitaires internationales et de défense des droits de l’homme qui, d’ailleurs, ont été les premières à tirer sur la sonnette d’alarme sur la catastrophe humanitaire en RDCongo pendant que les experts en la matière étaient absorbés et même aspirés par le dossier politique de la RDCongo.  

Si les Congolais ne se prennent pas en charge et continuent à ramper devant les Kapitas médaillés soutenus par les esclavagistes et les prédateurs étrangers, l’immense territoire congolais sera bientôt transformé en un vaste cimetière où :

-         Les scientifiques venus du Monde entier trouveront un terrain de prédilection pour effectuer des recherches et des expériences inédites sur des ossements humains afin de pouvoir dater et connaître le stade du développement humain et de l’évolution des cerveaux des morts.

-         Et les explorateurs seront en train de courir dans tous les sens pour se partager des concessions minières.

Cfr notamment :  Congo-Kinshasa: 90 millions de dollars reçus sur 682 millions demandés pour la RDC - United Nations (New York) - 12 Mai 2006

Trois mois après le lancement du Plan d'action 2006 en faveur de la République Démocratique du Congo (RDC), élaboré en vue d'apporter une aide humanitaire à 30 millions de Congolais dans une situation particulièrement vulnérable, seuls 13% des besoins identifiés ont reçu un financement, informe les Nations Unies.

« Seulement 90.5 millions de dollars sur les 682 millions requis pour l'aide humanitaire ont été octroyés par la communauté internationale », précise un communiqué publié aujourd'hui à New York par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

« Jamais depuis l'indépendance les perspectives de paix n'ont été aussi favorables pour la RDC qui tient à sortir de la crise et du chaos. L'année dernière, 25 millions de Congolais se sont fait enregistrer avec enthousiasme pour voter. En décembre, ils ont d'une manière écrasante approuvé une Constitution qui établit la base d'un Etat démocratique et ouvre la porte aux premières élections libres et justes depuis 40 ans », rappelle OCHA.

« C'est déprimant de constater que le niveau de financement est encore si bas quand on sait que les Nations Unies ont déclaré 2006 l'année de la RDC », a déclaré Ross Mountain, Coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour la RDC.

« Les donateurs traditionnels doivent augmenter leurs contributions d'au moins 100%, vu le triplement des besoins par rapport à celui de l'année passée. Les donateurs non traditionnels doivent accroître leurs contributions afin d'aider à résoudre l'une des plus grandes tâches à laquelle la communauté humanitaire fait face aujourd'hui. Le sous financement peut être aussi mortel que le conflit armé que traverse le pays », a-t-il ajouté.

« Bien que le financement du Plan d'Action 2006, à ce jour, soit insuffisant, le Fonds Commun pour la RDC a reçu une importante somme d'argent d'un petit nombre de donateurs traditionnels. Cet argent permettra aux acteurs humanitaires de mettre en oeuvre un certain nombre de projets d'urgence », explique le communiqué.

« A travers le Mécanisme de Réponse Rapide, environ 365.000 personnes récemment déplacées, victimes directes du conflit armé continuel, ont reçu de l'aide pendant les quatre premiers mois de l'année. Cependant, ce taux d'assistance ne peut pas être soutenu sans financement additionnel », regrette OCHA.

Le Plan d'Action a pour but d'apporter une aide humanitaire vitale - eau, nourriture, assistance médicale, abri et protection - à environ 10 millions de personnes vulnérables. Il s'agit aussi promouvoir la paix et la stabilité dans ce pays.

Quelque 1.200 personnes continuent de mourir chaque jour des effets dérivés de la guerre civile : malnutrition, maladie et déplacement.

Les Nations Unies et la Commission européenne avaient présenté, le 13 février dernier, le Plan d'action humanitaire 2006 en faveur de la RDC , lançant un appel à contributions de 682 millions de dollars pour répondre aux besoins de 30 millions de Congolais dans une situation particulièrement vulnérable (dépêche du 13.02.06).

Humanitaire : Les donateurs internationaux boudent la RD Congo © Jan Egeland S.G. adjoint de l’ONU

Malgré une situation de catastrophe humanitaire, la communauté internationale affiche une certaine lassitude sur le dossier Congo.

C’est un véritable cri d’alarme que vient de lancer à New York, vendredi 12 mai, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires : « Seulement 90.5 millions de dollars sur les 682 millions requis pour l'aide humanitaire ont été octroyés par la communauté internationale ». Malgré tout le tapage médiatique fait en son temps, les donateurs internationaux n’ont versé que 13% des montants nécessaires. Et pourtant, le Plan d'Action humanitaire de l’ONU, de la Croix Rouge et des agences d’aide a pour but d'apporter une aide humanitaire vitale (eau, nourriture, assistance médicale, abri et protection, soins de santé, lutte contre le VIH/sida, éducation, hygiène et assainissement, déminage et promotion de l'égalité entre les sexes) à environ 10 millions de personnes vulnérables de la RD Congo. Par ricochet, les promoteurs du Plan espèrent ainsi promouvoir  la paix et la stabilité dans le pays. Pour rappel, le Plan d’action humanitaire avait été lancé le 13 février 2006 à Bruxelles au cours d'une conférence ministérielle organisée par les Nations Unies, la Commission européenne et le gouvernement de la Belgique. Il porte sur le financement de 330 projets spécifiques initiés non seulement par les agences de l’ONU mais aussi par des ONG tant nationales qu’internationales. Lors du lancement du Plan d’action, Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence des Nations Unies,  avait tenu à rappeler que  « chaque jour, plus de 1.200 personnes en RD Congo meurent des effets dérivés de la guerre civile : malnutrition, maladie et déplacement …. Nous devons mettre fin à cette tyrannie du silence. Nous pouvons – et devons – faire plus pour atténuer ces souffrances ». Force est de constater aujourd’hui qu’il existe une certaine lassitude de la communauté internationale à venir au secours du Congo. Et pourtant, les donateurs internationaux sont capables de générosité comme on l’a vu lors de la crise du tsunami de décembre 2004 qui a fait près de 300.000 morts.

La RD Congo a aussi droit à un élan de générosité internationale au vu désastre humanitaire qui prévaut dans le pays suite à l’inconscience des dirigeants et à la rapacité de certains milieux internationaux d’affaires. Le pays est confronté à un génocide silencieux qui a fait près de quatre millions de personnes depuis huit ans. La guerre a renforcé la faiblesse du pouvoir d’achat, la dislocation du marché intérieur, la défiance des investisseurs étrangers et nationaux et la destruction des infrastructures de base. C’est un pays en pleine déliquescence et privé de tout effort national et aussi des aides  des organisations humanitaires et caritatives, comme vient de démontrer le dernier appel de l’ONU. Dans un pays où l’Etat est inexistant, les organisations humanitaires interviennent dans le domaine de la santé, de l’éducation et de la nutrition parfois de manière anarchique, car il existe toujours le problème de coordination de l'aide humanitaire étrangère. La lassitude des donateurs internationaux est prévisible, car il n’existe aucune politique nationale pour faire face aux problèmes sociaux de la population. Le pays est toujours en proie à la corruption et à la mauvaise gouvernance. Il faut que cela change nécessairement. Le Congolais doit arriver rapidement à se prendre en charge, à subvenir à ses propres besoins et à réduire sa dépendance. Le danger est d’entretenir une mentalité d’assisté dont la manifestation la plus patente est un manque de confiance en soi. D’où l’importance d’aller aux élections et permettre au peuple de se choisir des dirigeants compétents et honnêtes. La démocratie doit permettre de créer une République basée sur les mérites personnels tout comme sur les compétences individuelles. Elle doit assurer les bienfaits de la liberté et du rétablissement des valeurs morales de base.

Elle doit aussi permettre d’assurer le développement économique du pays. En mettant en place un système démocratique qui permet aux citoyens de défendre leur point de vue et de participer à la gestion du pays, il est possible de garantir les investissements productifs et partant, le développement économique. Pour cela, il faut une bonne gouvernance, des infrastructures de base efficaces, une administration honnête et une justice qui fonctionne correctement. L’armée, la police et les services de sécurité doivent être soumis au contrôle rigoureux  des autorités et des organisations de défense des droits humains. C’est à cette condition qu’il sera possible de faire de la RD Congo dotée d’immenses richesses naturelles, un pays où il fait à nouveau bon de vivre. En attendant, que les donateurs internationaux viennent en aide au pays.

© Gaston Mutamba Lukusa |15 mai 2006 |congoindependant.com

Au niveau international :

A. Le leadership de l’Occident dans le Monde, après l’effondrement du communisme et la Chute du Mur de Berlin en 1987, n’a pas été à la hauteur des attentes, des espoirs et des aspirations aussi bien des populations de l’Occident que de tous les autres peuples de la terre, notamment dans le domaine de la paix, de la sécurité, de la liberté, de la démocratie, de l’entente entre les peuples, des relations de partenariat entre les Etats, de l’emploi, de la stabilité politique et du respect des libertés et des droits fondamentaux de l’homme.

B. L’année qui s’achève a été marquée par les incertitudes, les contradictions, les inquiétudes et les paradoxes, comme le confirment les événements et les articles de presse parus notamment dans la presse internationale en général et dans Le Monde Diplomatique de ces trois derniers mois en particulier.

  1. Les inquiétudes et les incertitudes chez les puissants de ce Monde et dans les milieux financiers internationaux

Créé après la 2ème Guerre Mondiale, fortement contestée depuis deux décennies, le FMI espère redorer son blason en s’ouvrant aux pays émergents dont les droits de vote vont légèrement augmenter. Mais la multiplication des produits spéculatifs rend le système financier mondial quasi incontrôlable. Les crises se succèdent les unes aux autres et inquiètent les plus hauts responsables des organisations internationales. A la mi- septembre 2006, un gros fonds d’investissement américain, Amaranth Advisor, a perdu plus de la moitié de son capital en un week-end. En 1998, la désintégration d’un fonds de ce type, Long Term Capital Management, avait contraint la Banque centrale à intervenir pour éviter un crash. Mais depuis, les sommes en jeu se sont considérablement accrues. Jamais le système financier mondial n’a été si opaque et les responsables des grandes organisations internationales s’alarment.

En effet, la multiplication des produits spéculatifs rend le système financier mondial presqu’incontrôlable. Le montant quotidien des transactions de change, à peu près égal au capital d’une grande banque des Etats-Unis, il y a quelques décennies, équivaut désormais au capital cumulé de leurs cents premières banques. Les flibustiers de la finance inventent constamment de nouveaux “produits” qui défient à la fois les Etats-nations et les banques internationales. En mai 2006, le Directeur Général du FMI, M. Rodrigo Rato, a déploré ces nouveaux risques, fortement aggravés par la faiblesse du dollar et par le déficit commercial des Etats-Unis. Ses craintes reflètent le désarroi, tant structurel qu’intellectuel, qui secoue actuellement le FMI.

Structurellement, l’encours des crédits du FMI et de ses prêts a spectaculairement baissé depuis 2003, passant de plus de 70 milliards à quelque 20 milliards de dollars à la fin de juillet 2006, réduisant ainsi de façon sensible son influence sur la politique économique des pays sous-développés, et faisant chuter ses revenus en dessous du seuil requis par ses coûts de fonctionnement élevés. Le FMI reconnaît être “quantitativement marginalisé”.  Cfr IMF Survey, Washington, DC, 29 mai 2006, p. 147; IMF in Focus, Washington, DC, septembre 2006, p. 11.

Ses difficultés tiennent largement au doublement, depuis 2000, des prix mondiaux des matières premières (pétrole, cuivre, argent, nickel..) dont les pays en voie de développement sont traditionnellement exportateurs, et qui leur ont permis de rembourser anticipativement leurs dettes, réduisant d’autant les ressources du FMI.

Ses hausses vont se poursuivre en raison de la croissance économique rapide de la Chine , de l’Inde et d’autres pays, entraînant une envolée de la demande qui n’existait pas quand la balance du commerce extérieur était systématiquement favorable aux pays riches. En outre, la position relative des Etats-Unis, en termes d’actifs nets à l’étranger s’est dégradée en faveur du Japon, des pays émergents d’Asie et des pays exportateurs de pétrole, qui affirment leur puissance et deviennent chaque jour davantage les créanciers de Washington. Le creusement des déficits américains pousse le dollar à la baisse: 28% par rapport à l’euro pour la seule période de 2001-2005.

Intellectuellement, le FMI et la Banque Mondiale se trouvent également sur la défensive, après la cascade d’effondrements financiers en Asie orientale, en Russie et ailleurs, entre 1997 et 2000. Nombre de leurs dirigeants les plus connus affirment ne plus croire aux principes de la pensée économique classique du laisser-faire, qui ont jusqu’ici inspiré leurs politiques. Beaucoup admettent que leur “connaissance de la croissance économique est extrêmement  limitée” et qu’il leur faut faire preuve de “plus d’humilité”. M. Stephen Roach, économiste en chef de la banque Morgan Stanley a formulé la mise en garde suivante: “le monde n’a pas fait grand-chose pour se préparer à ce qui pourrait bien être la prochaine crise”. Cfr Roberto Zagha et al. “Rethinking growth”, Finance § Development, Washington, DC, mars 2006, p. 11; Morgan Stanley Bank, Global Economic Forum, New York, 16 juin 2006.

La nature même du système financier mondial n’a strictement plus rien à voir avec les politiques économiques nationales “vertueuses” prônées par le FMI. Les gestionnaires des portefeuilles des fonds d’investissement et les grandes banques nationales et les organismes ont marginalisé les banques nationales et les organisations internationales. Des boursiers  (traders) aventureux ont pris le pas sur les banquiers traditionnels plus prudents, car l’achat et la vente d’actions, d’obligations et autres produits dérivés permettent de réaliser les profits les plus importants, et la règle désormais est de prendre des risques beaucoup plus élevés.

Or, le principe des produits dérivés est de se prémunir contre un risque de prix, de change, etc et concerne aussi bien les matières premières, les monnaies, que des actions, des obligations… C’est un pari sur l’avenir qui peut rapporter gros. Cfr Ibahim Wade, “La dérive des nouveaux produits financiers”, Le Monde Diplomatique juillet 1994.

Des opérateurs sont rémunérés sur la base des profits affichés fictifs ou réels et, couramment, ils mettent en jeu les fonds déposés dans leur établissement. De faibles taux d’intérêts et des banques ne demandant qu’à prêter de l’argent à des hedge funds (fonds spéculatifs à hauts risques) et à des établissements spécialisés dans des opérations de fusions-acquisitions ont donné à ces acteurs toute latitude pour jouer au casino de la finance, aux Etats-Unis, au Japon, et ailleurs. Ils ont concocté une série de fusions plus que douteuses qu’on aurait naguère jugées casse-cou. Dans certains cas, des recapitalisations financées par l’emprunt (leveraged récapitulations) leur permettent de s’attribuer d’énormes honoraires et dividendes qui augmentent d’autant l’endettement de l’entreprise. Quant à ce qui se passe ensuite, ce n’est plus leur affaire… Ces augmentations de capital permettent d’afficher des bilans avec de gros profits, sur lesquels sont calculés honoraires et dividendes.

Le FMI a tiré sur la sonnette d’alarme

Depuis le début 2006, les banques d’investissement ont multiplié les prêts servant à des rachats d’entreprises, évinçant les banques commerciales qui jusqu’ici dominaient cette activité. Pour se tailler des parts de marché plus importantes, les banques d’investissement vivent “dangereusement” selon les termes du responsable de la notation des prêts bancaires de Standard § Poor’s. Elles se lancent dans des opérations  de plus en plus risquées. C’est pourquoi “les observateurs prévoient une hausse sensible  du nombre d’entreprises fortement endettées qui vont se trouver en cessation de paiement” comme le signalait le Financial Times en juillet 2006. Cfr The Financial Times, Londres, 17 juillet 2006.

Mais comme les clauses  juridiques destinées à protéger les investisseurs se sont réduites en nombre, les prêteurs sont moins de possibilités de contraindre les entreprises mal gérées à se déclarer en cessation de paiement. Conscients que leurs paris sont de plus en plus risqués, les hedge funds s’arrangent pour qu’il soit beaucoup plus difficile de retirer l’argent avec lequel ils spéculent. Les opérateurs se sont repositionnés en intermédiaires entre les emprunteurs traditionnels – nationaux et privés – et les marchés, ce qui contribue à déréglementer  un peu plus encore la structure financière mondiale et à augmenter sa vulnérabilité aux crises. Ils recherchent des retours sur investissements élevés et prennent pour cela des risques de plus en plus grands.

La situation est si inquiétante qu’en début d’années le FMI a donné une publicité inhabituelle à un ouvrage de Garry J. Schminasi: Safeguarding Financial Stability. Cfr Gary J. Schinasi, Safeguarding Financial Stability: Theory and Practise. FMI, Washington, DC, 2006.

Ce livre, alarmiste, révèle les angoisses du Fonds avec une abondance de détails troublants. Pour l’essentiel, la “déréglementation et la libéralisation” que le FMI et les partisans du “consensus”  de Washington” préconisent depuis des décennies sont devenues un cauchemar. Certes, assure l’auteur, cette politique a produit “des bénéfices sociaux et privés phénoménaux, mais elle recèle aussi “un potentiel de fragilité, d’instabilité, de risque systémique et de conséquences économiques défavorables” (op.cit. 8, 14 et 17)

L’ouvrage de Schinasi conclut que le développement irrationnel de la finance mondialisée, conjugué à la déréglementation, a “élargi le périmètre de l’innovation en matière de finance et accru la mobilité des risques”.

L’auteur et le FMI préconisent un cadre radicalement nouveau pour suivre de près et prévenir les problèmes susceptibles d’apparaître. Mais pour réussir, il faudra autant “compter sur la chance” que sur des politiques adaptées et sur la surveillance des marchés… Il fut un temps où l’économie ne s’en remettait pas à la chance pour prévoir l’avenir.

L’expression “consensus”  de Washington” vient de l’économiste John Williamson, en 1989, et résume les “ recommandations” faites aux Etats, parmi lesquelles la baisse des impôts, la libéralisation du commerce, les privatisations et la déréglementation financière. Le FMI conditionne ses prêts à l’adoption de ces mesures. Cfr Moises Naim, “Ordre du FMI. ‘Consensus de Washington’”, Manière de voir, n° 72, “Le nouveau capitalisme”, décembre 2003, janvier 2004. 

Encore plus alarmiste, une étude rédigée par des experts de l’establishment financier, parue un peu avant et elle aussi recommandée par le FMI, analyse la myriade de problèmes créés par la libéralisation du système financier mondial. Les auteurs en concluent que “les systèmes financiers nationaux sont de plus en plus vulnérables à un risque systémique lui aussi accru, et à un nombre grandissant de crises financières”  Cfr Kern Alexander, Rahul Dhumale et John Eatwell, Global Governance of financial Systems: The international Regulation of Systemic Risk, Oxford University Press, 2005, p. 22 et passim.

Les spécialistes bancaires de l’ancienne école partagent de plus en plus, avec le FMI, la conviction que cette précarité est bien plus forte qu’auparavant.

L’effondrement financier de l’Argentine (1998) a montré que gouvernements qui résistent aux pressions du FMI et des banques pouvaient jouer sur les divisions entre Etats membres de l’institution pour ignorer la plupart des exigences étrangères. Environ 140 milliards d’obligations d’Etat entre les mains de créanciers privés et du FMI étaient alors en jeu, et venaient à échéance fin 2001. – la plus importante cessation de paiement d’un Etat de l’histoire. Les banques qui, dans les années 1990, avaient multiplié les prêts à l’Argentine ont fini par en payer le prix.

Depuis lors, avec l’envol des prix des matières, les pays émergents (Chine, pays d’Asie du Sud-est et d’Amérique latine) ont connu en 2004 et 2005 des taux de croissance deux fois plus élevés que ceux des pays émergents étaient à l’origine de 37% des investissements directs étrangers (IDE) dans les autres pays en voie de développement. La Chine compte pour beaucoup dans cette croissance, ce qui signifie également que le FMI  et les riches banquiers de New York, Tokyo et Londres ont moins d’influence qu’auparavant. En fait, malgré leurs bonnes résolutions de prudence prises à la suite des crises financières de la fin des années 1990 dans les pays émergents, l’exposition des banques aux risques des actions et obligations des marchés émergents n’a jamais été si forts, en raison des rendements qu’elles procurent dans certains pays (tels les Philippines ou la Zambie ) et de l’excès de liquidités. Comme le dit un opérateur, “c’est reparti pour une histoire d’amour” (The Financial Times, Londres, 27 juillet 2006).

La complexité grandissante de l’économie mondiale et les négociations qui s’éternisent à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) n’ont pu venir à bout des subventions et des mesures protectionnistes qui font obstacle à un accord global de libre-échange et à la fin des menaces de guerres commerciales. La planète économique vit maintenant  sous la menace d’une instabilité bien plus grande et des dangers plus importants pour les riches.

Le problème financier global qui se profile devient inextricable en raison de l’aggravation rapide du déficit commercial des Etats-Unis. Depuis son entrée en fonction en 2001, le Président George W. Bush a dépassé de plus de  3 milliards de $US le plafond d’emprunt fédéral, qui frôle maintenant les 9 milliards de $US. Tant que le dollar continuera à se dévaluer, les banques et les opérateurs chercheront à protéger leurs avoirs, et les aventures financières à hauts risques sembleront plus attrayantes. Il est vrai que Washington préconisait une plus grande déréglementation financière bien avant que sa devise ne s’affaiblisse.

Il existe au moins dix mille hedge funds dont les 4/5 sont domiciliés dans les îles caïmans. Toutefois, 400 d’entre eux, qui gèrent chacun au moins 1 milliard de $US, réalisent à eux seuls 80% des opérations. Et à l’état actuel, il n’existe aucun moyen de les réglementer. Ces fonds spéculatifs détiennent plus de 1500 milliards de $US d’actifs, et le chiffre d’affaires quotidien de leurs opérations sur les produits dérivés globaux  approche les 6.000 milliards de $US – soit environ la moitié du produit national brut des Etats-Unis. Dans le climat d’euphorie de 5 dernières années, la plupart ont gagné, mais quelques-uns ont perdu. Ainsi, en un an, (d’août 2005 à août 2006), près de mille neuf cents hedge funds ont vu le jour, mais 575 autres ont été mis en liquidation.

L’argent de notation Standard § Poor’s voudrait bien évaluer leur solvabilité, mais elles ne l’a toujours pas fait. Les plus importants d’entre eux affirment utiliser des modèles informatiques pour effectuer leurs transactions.

A l’automne 1998, l’économie mondiale frôla une des crises les plus graves de l’après-guerre lorsque Long Term Capital Management (LTCM), hedge fund célèbre pour son utilisation de techniques mathématiques conçues par deux lauréats du prix Nobel, Myron Scholes et Robert Merton, fit faillite. Les efforts conjugués de Washington et de Wall Street empêchèrent le désastre, mais les fonds spéculatifs sont désormais beaucoup trop importants pour être aussi facilement renfloués.

LTCM s’était engagé sur les marchés pour 100 milliards de $US alors que les fonds gérés s’élevaient à … 5 milliards de $US. Pour éviter un effondrement du système, la banque centrale américaine renfloua les caisses avec 3.6 milliards de $US.

A suivre …

Fait à Bruxelles, le 27 décembre 2006.
Pour le Bureau de Représentation de l’UDPS/BELUX
© Dr François Tshipamba Mpuila - Représentant
Tél : + 32 485/270.866 - E-mail: tshipambampuila@yahoo.fr

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