12 mars 2008
Joseph Kabila, la crise tchado-soudanaise et la politique congolaise
Après plusieurs semaines de cache-cache, le «raïs» congolais a fait sa réapparition lundi 10 mars à l’occasion du sommet extraordinaire des Etats membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac). Au plan de la politique intérieure, le climat est plus que délétère au Congo démocratique. Kabila promet une «rentrée sanglante», selon notre confrère «Le Soft».
Joseph Kabila n’a pas été vu à l’aéroport de Ndjili pour l’accueil rituel de ses homologues africains. Ce rôle a été confié notamment au ministre de l’Intérieur, Denis Kalume Numbi. Venu en hélicoptère, le président Denis Sassou Nguesso du «Congo d’en face», comme disent affectueusement les Kinois, a été accueilli par le vice-Premier ministre François-Joseph Nzanga Mobutu Ngbangawe. Kabila a attendu ses hôtes au palais de la Nation où trois heures durant, les participants ont conféré à huis clos. L’objectif de cette rencontre, sollicitée par ailleurs par le président tchadien Idriss Deby Itno, se limitait à la réaffirmation du soutien solennel des Etats de la région au régime de Ndjamena, face à la crise qui l’oppose à Khatoum. Les dirigeants soudanais sont, à tort ou à raison, accusés de financer les rebelles tchadiens qui ont été à deux doigts d’évincer «Itno» du pouvoir. Celui-ci n’a pu sauver son fauteuil que grâce à une intervention in extremis des forces spéciales françaises. Comme il fallait s’y attendre, les pays membres de la Ceeac ont condamné la tentative de coup d’Etat au Tchad et surtout toute volonté de s’emparer du pouvoir par la force. Tout ce battage médiatique pour un résultat aussi insignifiant ? On comprend dès lors l’absence de l’Angolais José Edouardo dos Santos, le «parrain» autoproclamé de la région. Il en est de même du Gabonais Omar Bongo qui s’est représenté par son ministre de la Communication. Il faut dire que Deby est loin d’être d’un modèle en matière de respect des droits humains. Pire, l’homme a dû tripatouiller la Constitution de son pays pour se présenter aux élections. La réunion de Kinshasa rentrera aux oubliettes dès ce mercredi 12 mars. A l’initiative du président sénégalais Abdoulaye Wade - dont la diplomatie semble péter du feu en termes de dynamisme, les chefs d’Etat soudanais et tchadien sont attendus à Dakar où ils devraient procéder à la signature – en marge du sommet islamique - d’un accord destiné à aboutir à un «règlement définitif» du conflit qui oppose les deux pays. Malade à l’image de l’état général du pays, la diplomatie congolaise se fait ainsi voler la vedette. Même si rien n’est encore joué. Le soudanais Omar el-Béchir a formulé mardi 11 mars des réserves sur l’idée de conclure un accord de paix avec le Tchad au motif que les deux nations ont dans le passé signé "cinq accords de paix", lesquels, selon lui, n’ont donné aucun résultat. Au-delà de la crise tchado-soudanaise, les Congolais ont des soucis de politique intérieure. Ils ont revu Joseph Kabila sans trop y croire après plusieurs jours d’éclipse. Où était-il ? Que lui était-il arrivé ? Mystère. La réapparition de Joseph suscite tant des questions que sa «disparition». L’homme est-il le vecteur des rumeurs sur son état de santé ? Dans quel but ? Le clan présidentiel prépare-t-il un nouveau coup fourré à l’image des événements sanglants de fin mars 2007 ? A Kinshasa, certains journaux n’ont pas manqué de parler de «retour sur scène» de Joseph Kabila. Notre confrère «Le Softonline.net», dont l’éditeur a pu rencontrer le «raïs», écrivait lundi que «le sommet de la Ceeac signe ainsi le retour de Joseph Kabila sur la scène politique.» Peut-on parler de retour sans qu’il y ait eu un départ ? Plus inquiétant, ce confrère laisse entendre que Kabila fera une «rentrée sanglante». C’est nous qui ajoutons les guillemets. "Faute de projet politique, Joseph n’a qu’une seule chose à proposer aux Congolais : du sang. Et encore du sang", commente un analyste. Et d’ajouter: "Cette situation perdure depuis sept ans, dans la résignation générale. Kabila et son entourage risquent cette fois de commettre une erreur fatale...".
B.A.W
© Congoindépendant 2003-2008
17:51 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





Commentaires
Bonjour,je n'ai pas vraiment de commentaire ,mais j'apprecie bien le MLC je souhaite devenir membre mais faute de temps cela ne me permet pas de passer au siège pour avoir des renseignements.pouvez m'ecrire pour m'orienter a effectuer une adhésion rapide?merci
Ecrit par : joseph Ntambu | 26 novembre 2008
Ecrire un commentaire