26 décembre 2008

Opération « mains propres » : aller jusqu’au bout (POT)


Le secrétaire général près le ministère du Budget est aux arrêts pour, dit-on, « malversations financières ». D’autres personnes, poursuivies pour détournement des deniers publics, figurent sur l’avis de recherche lancé par le Parquet général.

Mais, on craint que l’opération « mains propres » bute sur « des coups de fil qui pleuvent partout pour paralyser l’action publique ». Le président de la République s’en est inquiété devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès, le 13 décembre 2008 au Palais du peuple. Alors, pas question d’une « œuvre inachevée ». Il faut aller jusqu’au bout.



Faut-il croire que la récente arrestation du secrétaire général près le ministère du Budget va donner le « go » à la grande opération « mains propres » promise par le nouveau ministre de la Justice ? On ne saurait l’affirmer. Quoique des sources judiciaires aient indiqué à la presse que « le secrétaire général au Budget serait poursuivi pour malversations financières ».

« Sur l’avis de recherche lancé par le Parquet général, on indique que la liste des Congolais poursuivis pourrait s’allonger dans les jours à venir au vu des indices de la gravité à leur charge. Au sujet des entrepreneurs étrangers accusés de détournement des fonds perçus pour la réhabilitation des infrastructures, d’aucuns estiment que cette affaire pourrait avoir des ramifications politiques, du fait qu’il n’y a que ces entrepreneurs étrangers qui sont arrêtés alors que des Congolais, passés maîtres dans le détournement des fonds, restent impunis », selon Digitalcongo.net.

Détournement à outrance

Le gouvernement congolais éprouve d’énormes difficultés pour faire face aux multiples problèmes qui se posent au pays, les recettes prévues à chaque budget étant détournées dans des opérations de fraude fiscale et de corruption sur l’ensemble du territoire national.

« Plus de 38 millions de francs congolais de reliquat de la paie des militaires de Kananga et de Tshikapa, dans la province du Kasaï Occidental, ont été détournés », a révélé il y a quelques jours l’Etat-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), cité par la radio onusienne.

« Quelques conseillers du gouverneur, comptables et agents chargés de la paie dans certains territoires, spécifiquement celui de Luiza s’évertuent à annihiler les efforts du gouvernement », a accusé le député national Cyrille Mbuembue (élu de Luiza) dans une motion à l’Assemblée nationale dénonçant « un réseau maffieux réputé en détournement des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat ».

« C’est depuis mars 2008 que les agents et fonctionnaires de l’Etat de cette partie du Kasaï Occidental ne sont pas régulièrement payés. Pire encore, ces travailleurs ne reçoivent pas la totalité de leur salaire », a-t-il précisé, signalant que les détourneurs recourent, notamment, à la falsification des listes de paie et au retrait d’un forfait sur chaque agent.

« Et cela, se fait service par service. C’est le cas, par exemple, du service de santé où l’on a défalqué un montant de 7.650 FC sur chaque salaire pour les mois d’octobre et novembre derniers. Pour d’autres services, 4.000 FC ont été défalqués, a-t-il encore indiqué.

Au Katanga, certains fonctionnaires des territoires de Kabongo et de Kanyama n’ont pas encore touché leurs salaires des mois d’octobre et novembre de l’année en cours, à cause d’un déficit de plus de 13 millions de francs congolais, soustraits des enveloppes salariales globales.

Il ressort d’une enquête diligentée par l’avocat général des FARDC, le colonel Eddy Nzabi, lors du contrôle biométrique effectué il y a quelques mois à la 4ème région militaire, que des listes de paie avaient été gonflées sciemment par certains officiers pour le besoin de la cause.

On signale au Kasaï Occidental la disparition de plus de 33 millions de francs congolais à la garnison militaire de Kananga et de plus de 4 millions à celle de Tshikapa, au Kasaï Occidental tandis qu’une partie de la solde des militaires en province Orientale a été détournée par des officiers.

Mettre fin à l’impunité

Personne n’étant au-dessus de la loi, tous ceux qui sont impliqués dans le détournement des deniers publics doivent être traduits devant les Cours et Tribunaux, afin d’être sévèrement punis une fois établie leur culpabilité.

Devant le Congrès, le président de la République, Joseph Kabila Kabange, a fustigé les « trafics d’influence » qui interfèrent dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire, constitutionnellement « indépendant ». « Il est important que cessent les trafics d’influence qui, faut-il le rappeler, constituent une infraction. Très souvent, alors que les magistrats posent des actes conformément à leur devoir, et avant même qu’ils aient clôturé l’instruction préparatoire, des coups de fil pleuvent de partout pour paralyser l’action publique », a-t-il stigmatisé le 13 décembre 2008 au Palais du peuple.

« Cela est inadmissible, au risque d’accréditer l’idée d’une République d’intouchables », s’est-il indigné, promettant que « quiconque viole la loi sera poursuivi ». Actuellement, une dizaine d’entrepreneurs étrangers sont aux arrêts. Ils sont accusés de malversations financières après avoir reçu l’ argent de l’Etat auprès de l BCECO pour des travaux d’utilité publique à exécuter. Il nous revient que dans ce dossier, les « commanditaires » ne sont pas encore inquiétés. En arrêtant le secrétaire général du Budget, l’on s’attend à ce que soit ouverte la boîte de Pandore.

Qu’en est-il des Régies financières avec ce détournement de plus d’ 1 milliard de dollars ? Ou encore du dossier SNEL et Mag Energy ? Nous ne doutons pas que le Justice instruise en ces instants ces cas. Alors que l’on ne s’arrête pas seulement au niveau des « menus frétins » pour protéger les « gros poissons ». Il faut que la pêche soit abondante dans de nettoyer les écuries d’Augias en vue de décourager des futurs émules, au nom de la bonne gouvernance et de la lutte contre l’impunité.

Or, il s’avère qu’ils sont nombreux ceux qui « violent la loi » mais qui ne sont « pas poursuivis » en justice. Dès lors, il est plus que temps que le pouvoir judiciaire exerce pleinement ses attributions constitutionnelles, en allant jusqu’au bout dans l’actuelle opération « mains propres ». Etant entendu que les criminels économiques à col blanc constituent actuellement une caste d’ « intouchables » en République démocratique du Congo.

14 décembre 2008

Un conseiller de Kagame et un exilé en Belgique financent Nkunda » - (La Libre)

Un conseiller officieux du président rwandais Paul Kagame et un opposant congolais, deux richissimes hommes d'affaires, apparaissent dans un rapport de l'ONU comme d'importants financiers de la rébellion du général tutsi Laurent Nkunda dans l'est de la République du Congo (RDC).


Les deux sexagénaires sont les seuls individus nommément cités comme bailleurs de fonds du Congrès national pour la Défense du Peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, dans un rapport d'experts des Nations Unies publié vendredi, qui accuse également le Rwanda d'avoir apporté un soutien multiforme à la rébellion.

Ses auteurs recommandent l'adoption de sanctions, gel des avoirs financiers et interdiction de voyager, contre un certain nombre d'acteurs impliqués dans le conflit au Nord-Kivu (est de la RDC). "Tribert Rujugiro Ayabatwa, un conseiller du président rwandais et fondateur du Rwandan Investment Bank (RIB), un conglomérat privé soutenu par le gouvernement, joue un rôle dans le financement du CNDP", écrivent-ils. Décrit dans la presse rwandaise comme "l'homme le plus riche du pays", il a des intérêts dans le secteur de l'énergie, du ciment, du thé, des banques, de l'immobilier...

Tribert Rujugiro possède également des fermes au Nord-Kivu sur un territoire contrôlé par les rebelles de Laurent Nkunda. Il y a rencontré fréquemment en 2006 des leaders du CNDP qui "l'accueillaient avec honneur", selon un témoin cité dans le rapport. Des documents légaux montrent qu'il a donné procuration sur une des fermes au colonel Innocent Gahizi, un haut responsable du CNDP en charge de la logistique du mouvement. Les experts de l'ONU ont eu accès à un e-mail échangé le 6 juin 2008 entre les deux hommes: le colonel Gahizi y explique que "le matériel" et "les hommes sont prêts" à avancer vers "la ville".

Deux mois et demi plus tard, le 28 août, les combats ont repris au Nord-Kivu entre l'armée congolaise et le CNDP. Les rebelles ont rapidement conquis de nouvelles zones avant de s'arrêter aux portes de Goma, le chef-lieu de la province.

Dans un autre courrier électronique, d'août 2007, M. Rujugiro remercie un de ses employés, basé à Dubaï, de s'être occupé du versement de 120.000 dollars pour "les soldats" de "notre ami Laurent N."

M. Rujugiro est connu pour avoir été l'un des principaux bailleurs du Front patriotique rwandais (FPR, une ex-rébellion) pendant la guerre civile rwandaise de 1990-1994, qui s'est conclue par l'arrivée au pouvoir du FPR et de son leader Paul Kagame.

Ses liens actuels avec le régime sont plus difficiles à documenter. Seule une page d'archives du site officiel du FPR évoque son élection fin 2005 au sein du comité national exécutif du parti.

Le 13 octobre dernier, il a été arrêté à Londres en application d'un mandat d'arrêt émis par la justice sud-africaine qui le soupçonne de fraude fiscale à grande échelle. Une procédure d'extradition est en cours.

Ses déboires judiciaires sont un autre point commun avec Raphaël Soriano alias Katebe Katoto, "un riche opposant congolais originaire de la province du Katanga (sud-est) aujourd'hui de nationalité belge", également mis en cause par les experts de l'ONU.

M. Soriano est poursuivi par la justice britannique pour détournement de fonds publics. Il est accusé d'avoir participé à la disparition de millions de dollars de l'Etat zambien. Homme d'affaires qui a fait fortune notamment dans les pêcheries, il n'est pas un poids-lourd de la scène politique congolaise, même s'il a toujours été très actif en coulisses. Il fut brièvement vice-président en 2003 du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD, à l'époque une rébellion soutenue par le Rwanda) avant de s'établir à Bruges.

Les experts de l'ONU l'accusent de financer le CNDP, ainsi que les Forces républicaines fédéralistes (FRF), un groupe armé tutsi du Sud-Kivu. Ils ont établi qu'en 2006 un transfert de 25.000 dollars a eu lieu entre le compte de son épouse, Nele Devriendt, et celui d'Elisabeth Uwasse, la femme de Laurent Nkunda, au départ d'un compte bancaire ouvert à la Banque ING à Bruges.

13 décembre 2008

CONFERENCE DE PRESSE DU SECRETAIRE GENERAL DU MLC FRANCOIS MWAMBA

CONFERENCE DE PRESSE

François MUAMBA

Secrétaire Général du MLC

CAPE 12 DECEMBRE 2008 A PARIS

 

1.      L’AFFAIRE CPI / RCA : JEAN-PIERRE BEMBA PRISONNIER POLITIQUE

 

C’est avec stupéfaction et indignation que le Mouvement de Libération du Congo (MLC) a appris le report de la séance de confirmation des charges, dans l’affaire opposant le Procureur près la CPI au Sénateur Jean-Pierre Bemba, séance qui devait se tenir le 8 décembre 2008. Pour le MLC, ce nouveau report, faisant suite à celui du 4 novembre 2008, vient confirmer notre conviction qu’il s’agit là de manœuvres dilatoires tendant à maintenir en prison  le Président national du MLC en évitant d’aborder le dossier de son accusation quant au fond.

 

Au demeurant, la légèreté qui frise la désinvolture avec laquelle la CPI a argumenté pour justifier ce second report, indique clairement que Monsieur Jean-Pierre Bemba est désormais un prisonnier politique entre les mains d’une justice dite internationale, mais qui s’avère partisane quant aux champs d’investigations et sélective quant aux personnalités visées.

 

En effet, ce qui se passe depuis plus de 10 dans l’Est de la RDC n’est pas moins grave que les faits survenus en RCA en 2002 / 2003. Or, sur ce point le silence est total du côté du Procureur de la CPI. De même, tout le monde peut constater que, dans le dossier de la RCA, Jean-Pierre Bemba est curieusement le seul à être inquiété !

 

Comment par ailleurs, ne pas crier au complot contre la RDC lorsqu’on réalise que l’Honorable Jean-Pierre Bemba est enfermé à La Haye au moment même où, tant les événements de l’Est de la RDC, l’effondrement qui parait inéluctable de son économie, que la dégradation de la situation sociale des Congolais, montrent que le pays a besoin, en ce moment, de tous ses fils, y compris du Sénateur J-p Bemba ?

 

Pour toutes ces raisons, le MLC demande aux Juges de la CPI de sommer le Procureur de produire dans les meilleurs délais les preuves des accusations portées contre le Sénateur Jean-Pierre Bemba. A défaut, d’ordonner sa libération pure et simple comme  ses Avocats l’exigent.

 

 

2.      LE BILAN A MI-MANDAT DU REGIME DU PRESIDENT KABILA

 

Depuis l’avènement du régime du Président Joseph Kabila, l’Opposition congolaise, tant institutionnelle qu’extraparlementaire en général et, le MLC en particulier :

 

CONSTATE :

 

La violation caractérisée de l’esprit et de la lettre de la Constitution par le Chef de l’Etat

 

-         la décision du Président de la République de s’installer dans les locaux abritant le Parlement viole le principe de la séparation des pouvoirs et des dispositions des règlements intérieurs de l’Assemblée nationale (art 6), et du Sénat (art 6) au mépris des immunités parlementaires ;

 

 

 

-         la mise en place effectuée par le Chef de l’Etat au sein de l’appareil judiciaire, viole le principe de l’indépendance de la Magistrature consacrée par les articles 149 et 152 de la Constitution ;

 

-         la promulgation hors délai constitutionnel des deux dernières lois organiques du 07 octobre 2008, portant respectivement sur le fonctionnement de la Conférence des Gouverneurs de province, le fonctionnement  des Entités Territoriales Décentralisées et  leurs rapports avec l’Etat et les provinces, viole d’une manière flagrante l’article 140 de la Constitution ;

 

-         la mise en place dans la petite territoriale, effectuée dernièrement par le Chef de l’Etat, s’est déroulée en violation de l’esprit démocratique prôné par la Constitution ; elle donne tout l’air d’être en outre motivée par le souci de préparer une fraude électorale à grande échelle, en faveur de la majorité au pouvoir le moment venu ;

 

-         la gestion partisane des médias publics,  cas de la RTNC,  viole l’article 24 de la Constitution.

 

L’incapacité du Gouvernement de juguler la crise dans l’Est du pays

 

-         la menace rampante de la balkanisation du territoire national, du fait des options contradictoires du Gouvernement dans la résolution de la crise au Kivu et la cacophonie des institutions de la République, offrant ainsi à l’opinion l’image d’un Congo divisé et géré par des amateurs ;

 

-         la démobilisation aux fronts des forces combattantes, conséquence du manque d’encadrement des troupes, du détournement des soldes, des rations militaires, d’armes et des munitions par les officiers supérieurs ;

 

-         l’échec du programme budgétivore « Amani », du fait de sa mauvaise conception, de la perception erronée des objectifs, du caractère réductionniste de l’approche et des engagements pris par le Gouvernement en sachant parfaitement qu’ils ne seront pas tenus ;

 

-         l’option militaire retenue comme seule mode de résolution des problèmes de l’Est, en dépit des gesticulations actuellement en cours à Nairobi, rejetant ainsi la résolution pertinente de l’Assemblée nationale, pour une solution réellement politique et diplomatique.

 

Le recours à la violence d’Etat comme moyen d’écraser l’Opposition

 

-         la répression violente et disproportionnée des adeptes de Bundu-dia-Kongo au Bas Congo en 2006, 2007 et 2008 ;

 

-         la répression contre les militants du MLC, notamment le 8 décembre à Kinshasa,  et contre les originaires de l’Equateur, par exemple le 23 novembre à Boma ;

 

La gouvernance patrimoniale et partisane

 

-         la nomination des mandataires dans les entreprises publiques qui s’est effectuée dernièrement, l’a été dans un esprit de partage du gâteau et de bradage du patrimoine de l’Etat, sans tenir compte des critères de compétence et d’intégrité morale ;

 

 

 

-         la corruption généralisée, les détournements des deniers publics et l’impunité  gangrènent le fondement des institutions ;

 

-         la signature de contrats léonins, notamment avec des groupes financiers chinois, hypothèquent les ressources naturelles du pays et l’avenir de nos enfants ;

 

-         le disfonctionnement de l’appareil judiciaire et son allégeance au pouvoir exécutif donnent lieu à la mauvaise distribution de la justice ;

 

-         la soumission du Premier Ministre, chef du gouvernement, à un « gouvernement parallèle » alors qu’il devrait être seul maître de la conduite de la politique de la nation ;

 

 

INVITE :

 

Le Chef de l’Etat

 

-         de respecter la constitution afin de pouvoir jouer le rôle de régulateur et d’arbitre du fonctionnement régulier  des institutions de la République que lui reconnaît loi suprême de la RDC ;

 

-         de se défaire de l’esprit militariste, partisan et revanchard qui caractérise sa gestion de la chose publique en général et de la crise de l’Est en particulier ;

 

-         de relancer, par le dialogue avec les forces politiques, le processus de réconciliation politique et de renforcement  de la cohésion nationale, en vue d’une paix durable et de l’avènement d’un ordre démocratique, porteur du bonheur,  et de la prospérité pour toute la Nation congolaise.

 

La Communauté internationale

 

-         d’être attentive aux dérives dictatoriales de l’actuel pouvoir d’Etat en RDC, maintes fois dénoncées par les membres de l’Opposition et confirmées dans le dernier rapport de Human Rights Watch ;

 

-         de considérer que, en dépit de l’ampleur de la tâche, la fragilité du processus de démocratisation en RDC postule que soit poursuivi l’effort de monitoring de ce qui se passe au Congo et, de même, d’encourager la tenue dans ce pays des élections réellement libres et démocratiques, conformément à la constitution, comme mode de prévention des conflits. Sans cette respiration, sans la correction de la trajectoire prise par l’actuel leadership du pays, l’édifice qui a tant couté jusqu’à présent en vies et ressources financières, va s’écrouler.

 Fait à Paris, le 12 décembre 2008

François Muamba

09 décembre 2008

«Dialogue politique inclusif» à Bangui

Sous le parrainage des Nations Unies, le gouvernement centrafricain, l’opposition, la société civile et les représentants des mouvements rebelles ont entamé, depuis lundi 8 décembre, à Bangui, un «dialogue inter-Centrafricain» afin de trouver une solution à la crise qui secoue la République Centrafricaine (RCA) depuis 2005. Ce dialogue politique doit se clôturer le 20 décembre prochain. Les observateurs attendent de connaître le sort qui sera réservé à la plainte déposée, par l’Etat centrafricain, auprès de la Cour pénale internationale, à l’encontre notamment de l’ancien président Ange-Félix Patassé et Jean-Pierre Bemba Gombo.

Kinshasa. Correspondance particulière.

Ange-Felix Patassé, ancien président élu de la République Centrafricaine (RCA), renversé en 2003 par un certain général François Bozizé, alors chef d’un mouvement rebelle, est donc arrivé dimanche 7 décembre à Bangui. C’est un événement qui mérite d’être souligné. L’homme vit en exil depuis cinq ans au Togo. Il répond ainsi à l’invitation lui adressée par le gouvernement centrafricain de prendre part au «Dialogue politique inclusif». A l’instar de Patassé, plusieurs représentants des forces politico-militaires et sociales se trouvent dans la capitale pour participer à ces pourparlers censés ramener la paix dans ce pays voisin de la RD Congo. On peut citer notamment l’ancien ministre de la défense (sous Patassé) Jean-Jacques Demafouth, dirigeant de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) qui opère dans le Nord-Ouest, et Damane Zakaria, de l’Union des Forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), active dans le Nord-Est, ainsi qu’Abakar Saboné, ancien porte-parole de l’UFDR entré en dissidence. Seul absent, Abdoulaye Miskine, chef des Forces démocratiques pour le peuple centrafricain (FDPC).
Depuis l’arrivée du général François Bozizé au pouvoir en 2003, plusieurs mouvements rebelles ont fait leur apparition au Nord-Est. Incapable d’écraser les différentes forces insurrectionnelles par la voie militaire, le gouvernement de Bangui a signé avec celles-ci un cessez-le-feu et un accord de paix. Le gouvernement a également promulgué une loi d’amnistie pour ouvrir la voie aux négociations. Il semble que la France de Nicolas Sarkozy appuie à fond cette solution politique. Le chef d’Etat français aurait bénéficié du «soutien» de son homologue gabonais Omar Bongo Ondimba. Celui-ci a pesé de tout son poids afin d’encourager les insurgés à participer à ces négociations. Dans son allocution d’ouverture, Bozizé a assuré que son gouvernement respecterait les propositions qui émergeraient de ce forum en ajoutant : "Il faut retenir que la reconstruction du pays exclut toute réaction armée (...) Trop, c’est trop." Patassé a réclamé, en ces termes, l’arrêt des actes de violence qui persistent : "Il ne se passe pas un jour sans que les fils et les filles de la République centrafricaine ne soient battus, humiliés, torturés, emprisonnés, assassinés. Nous en sommes tous responsables. Que cela ne puisse plus jamais se répéter."
Que va advenir de la plainte déposée par l’Etat Centrafricain à la CPI à l’encontre notamment de l’ancien président Patassé et de l’ancien vice-président de la RD Congo, Jean-Pierre Bemba Gombo ? Depuis le dépôt de cette plainte en 2005, un seul mandat d’arrêt international a été lancé par le procureur Luis Moreno-Ocampo. Il s’agit de celui délivré à l’encontre de Bemba. Interpellé le 24 mai dernier à Bruxelles, Bemba vient d’entamer le septième de sa détention. Par deux fois, le procureur a fait reporter l’audience de confirmation des preuves à charge. Ce qui fait dire à des analystes que le magistrat argentin éprouverait des sérieuses difficultés à étayer les chefs d’inculpation de crimes de guerre et crimes contre l’humanité retenus contre le leader du MLC. Un avis partagé par ailleurs par les avocats de la défense. Contre toute attente, depuis six mois, le procureur près la CPI s’acharne sur les biens de la famille Bemba. Tous les biens se trouvant au Congo, au Portugal et en Belgique ont été mis sous séquestre. Et dire que l’accusé reste présumé innocent. Des voix commencent à s’élever dans la presse anglo-saxonne pour fustiger la lenteur de la procédure et l’incompétence du procureur Moreno-Ocampo. «La CPI étant une juridiction internationale placée sous la tutelle du Conseil de sécurité de l’ONU, le procureur Moreno-Ocampo n’ose pas lancer des mandats d’arrêt à l’encontre des personnalités centrafricaines de peur de contrarier la France qui s’est investie dans le Dialogue en cours à Bangui», estime, pour sa part, un analyste kinois. Bemba Gombo aurait-il un contentieux secret avec tous ces chefs d’Etats francophones lesquels semblent se désintéresser royalement de son sort?

Madeleine Wassembinya (avec Reuters)

08 décembre 2008

NKUNDA POUR UN GOUVERNEMENT D'UNION NATIONALE

RDC: première rencontre directe à Nairobi entre rebelles et gouvernemen

 

La rébellion congolaise de Laurent Nkunda et le gouvernement de République démocratique du Congo (RDC), qui s'affrontent depuis fin août dans l'est du pays, s'entretenaient directement pour la première fois lundi à Nairobi, un rendez-vous crucial pour l'issue du conflit.

La rencontre a commencé lundi après-midi à huis clos entre la délégation du gouvernement de Kinshasa et celle du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda au siège des Nations unies à Nairobi. Ces discussions pourraient se prolonger jusque mercredi selon les participants.

"C'est une occasion qui ne devrait être ni perdue, ni gâchée", a déclaré en préambule le médiateur de l'ONU dans la crise et ex-président nigérian Olusegun Obasanjo.

"J'espère que vous serez capables de mettre de côté vos divergences et que vous réaliserez qu'il n'y a qu'un seul Congo et que la communauté internationale est là pour vous encourager et vous aider", a pour sa part estimé le ministre kényan des Affaires étrangères Moses Wetangula

La délégation du CNDP est composée de cinq personnes, dont le porte-parole Bertrand Bisimwa, le secrétaire exécutif adjoint du CNDP, Serge Kambasu Ngeve et le commissaire en charge des Relations extérieures du mouvement, René Abandi.

La délégation gouvernementale est conduite par le ministre de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda.

La RDC est confrontée à une reprise des combats dans la province du Nord-Kivu (est) entre l'armée et la rébellion du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, qui campe depuis fin octobre aux portes de Goma, capitale du Nord-Kivu.

Ces combats ont jeté sur les routes plus de 250.000 personnes, survivant dans des conditions catastrophiques.

Le CNDP a toutefois adopté unilatéralement un cessez-le-feu fin octobre, qui a permis le maintien d'un calme précaire. Mais des affrontements sporadiques se poursuivent entre d'un côté le CNDP, et de l'autre des groupes armés pro-gouvernementaux et des rebelles hutus rwandais.

Le gouvernement congolais, qui a longtemps refusé de discuter avec Laurent Nkunda, avait annoncé vendredi la tenue de cette réunion à Nairobi avec des représentants de la rébellion, sous les auspices de M. Obasanjo. Pour Kinshasa, la réunion doit servir à "formaliser" le cessez-le-feu.

Mais selon M. Bisimwa, "certains points" de la discussion doivent encore être clarifiés, notamment le "cadre" et les "participants".

Des doutes demeuraient selon lui sur la possible volonté de Kinshasa d'inclure d'autres groupes armés actifs au Nord-Kivu et participant au programme Amani.

Ce programme, lancé en janvier pour tenter d'imposer un cessez-le feu dans l'est de la RDC, inclut tous les mouvements armés congolais actifs dans les provinces du Sud et du Nord-Kivu.

La rébellion a dénoncé ce programme et exige des négociations directes avec Kinshasa. Dimanche, M. Bisimwa a encore menacé de quitter Nairobi si le gouvernement persistait à inclure d'autres groupes armés dans les pourparlers.

"Nous avons un problème de leadership. Le régime actuel a échoué", a affirmé lundi à l'AFP M. Bisimwa. "Il faut refonder l'Etat et la nation congolaise. Nous pensons que cela doit passer par un gouvernement d'union nationale auquel nous participerions".

Parallèlement, un diplomate européen a indiqué lundi que l'UE allait étudier toutes les options possibles avant de répondre à la demande des Nations unies d'envoyer une "force relais" en attendant l'arrivée en RDC des 3.000 Casques bleus prévus pour renforcer les 17.000 hommes de la force de l'ONU en RDC.

06 décembre 2008

L'ONU demande formellement à l'UE l'envoi d'une force relais en RDC

 

Mis en ligne le 06/12/2008 à 17:48

Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a formellement demandé vendredi à l'Union européenne d'envoyer une force relais dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé samedi le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, qui a indiqué soutenir cette demande. Dans un communiqué, M. De Gucht indique avoir "pris connaissance de la lettre adressée par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, au haut représentant (pour la politique étrangère de l'UE), Javier Solana" ce vendredi. Dans cette lettre, précise le ministre, M. Ban demande de manière formelle à l'UE d'envoyer à l'Est du Congo une force relais en attendant le renfort promis pour la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) de près de 3.000 Casques bleus, qui n'arriveront que dans plusieurs mois. La porte-parole de M. Solana, Cristina Gallach, a confirmé l'existence de cette lettre, ajoutant que cette demande serait examinée lundi par les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept, lors de leurs réunion mensuelle à Bruxelles. (GFR)

© BELGA

04 décembre 2008

Congo : la solution est à Kinshasa


Les Européens n’étant pas prêts à constituer une force armée pour intervenir au Kivu, on se fixe à nouveau sur un renforcement de la Monuc (Mission de l’Onu au Congo).
Celle-ci fait valoir qu’elle compte au Nord-Kivu un Casque bleu pour défendre 1 000 personnes; 17 500 hommes pour un pays grand comme l’Europe de l’ouest. Mais ce n’est pas neuf : on le sait depuis que ce nombre a été fixé. Il représente la moitié des militaires qui furent envoyés en Somalie, en 1993, pour l’opération "Restore Hope", qui avait lamentablement échoué - pour la même raison que la Monuc échoue à remplir sa mission aujourd’hui : les combattants n’avaient pas décidé de faire la paix. Ni Nkunda ni Kinshasa.

Car si Joseph Kabila s’est fait élire comme candidat "de la paix", il a démontré, depuis son élection, un choix constant pour l’utilisation de la violence plutôt que la négociation avec ses adversaires, qu’il s’agisse de la secte Bundu dia Kongo, du MLC (les persécutions envers les partisans supposés de Jean-Pierre Bemba se poursuivent) ou de Laurent Nkunda.

Dans les salons des diplomates, on souligne avec acidité sa tendance à appeler la communauté internationale à son secours quand il perd une bataille, puis à relancer le conflit lorsqu’il croit son armée forte, voire à faire faire "sa" guerre par d’autres soldats que les siens quand ceux-ci - guère payés, guère ravitaillés, pourris par l’impunité - s’effondrent.

Aujourd’hui, le président Kabila est face à un tableau bien noir : son armée en débandade au Kivu; la crise financière qui, frappant les mines et l’industrie, menace ses rentrées financières; le mécontentement social qui va se gonfler du chômage créé par la crise; la Chine qui, à cause de celle-ci, n’achète plus de cobalt et risque de ne pas pouvoir être le sauveur que Kinshasa attendait.

Que reste-t-il à faire, aux dirigeants congolais, sinon prendre le taureau par les cornes ? Résoudre le conflit du Kivu en honorant leurs engagements écrits à rapatrier les supplétifs hutus rwandais et en négociant avec le rebelle Nkunda, qui perdrait alors ses appuis. S’atteler à une vraie réforme de l’armée. Mettre fin à la grande corruption qui nuit à leur crédibilité et aux relations avec leurs partenaires extérieurs. Gouverner, enfin, au lieu de se contenter de gérer les cagnottes du pouvoir.

Mis en ligne le 04/12/2008

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