09 janvier 2009
MESSAGE DE VŒUX AU PEUPLE CONGOLAIS
Congolaises et Congolais, chers compatriotes,
Au moment où notre patrie franchit dans la douleur des aspirations déçues le seuil de l’année 2009, je voudrais par ce mot vous présenter, au nom du MLC, mes vœux les meilleurs pour l’année nouvelle, et vous inviter à garder malgré tout l’espoir pour les années qui viennent.
Espoir, parce que notre combat quotidien pour l’édification d’un Congo meilleur reste le socle sur lequel reposent nos convictions et notre sens de l’engagement.
Espoir, parce que l’échec de l’actuel gouvernement, quoique déjà patent, ne doit pas annihiler l’énergie constructive mobilisée pendant et au lendemain des élections de 2006. L’absence de résultats dans le chef des tenants du gouvernement renvoie à la défaillance de ses acteurs ; et ne doit pas être interprétée comme l’échec de la démocratie en tant que mécanisme à même de favoriser le développement dans notre pays.
Mes chers Compatriotes,
La guerre a repris dans le Nord et le Sud-Kivu, avec son lot d’atrocités imposées injustement à nos enfants, à nos frères et sœurs ainsi qu’à nos parents. Dans la Province Orientale, les territoires frontaliers avec nos voisins du nord sont devenus des sanctuaires pour des milices étrangères. Celles-ci y sèment impunément la mort et la désolation à l’encontre des populations innocentes. A tous ces morts inutiles, à tous ces Congolais et Congolaises totalement abandonnés à leur triste sort par le gouvernement de notre pays, ayons une pensée pieuse.
Comme si tout cela ne suffisait pas, à l’incurie de ceux qui ont en charge la gestion des intérêts économiques et sociaux des Congolais, la crise mondiale vient ajouter de graves incertitudes pour l’année 2009. Les minerais du Katanga, le diamant de deux Kasaï, le bois de l’Equateur ou du Bandundu, le pétrole du Kongo-Central …, tous ces produits qui sont les principales sources de croissance de notre PIB se vendent désormais si mal que partout dans notre pays, des entreprises marchent au ralenti ou ferment carrément, jetant à la rue de centaines de millions des familles.
Face à ce désastre, que fait l’Exécutif ? RIEN ! Le Chef de l’Etat se contente de commenter l’actualité et d’annoncer des lieux communs du genre : « l’année 2009 sera difficile » ! Mais alors, qui va résoudre les problèmes des Congolais ? Le gouvernement ? Celui-ci, quant à lui, « négocie » à Nairobi un agenda inconnu des Congolais ; il s’en remet à la volonté des troupes étrangères pour remettre de l’ordre dans le Nord-est du pays et fait voter, par une majorité parlementaire complaisante, un budget 2009 de propagande qui ne prévoit aucune mesure d’envergure pour atténuer tant soit peu la misère qui sévit partout dans le pays.
Mes chers Compatriotes,
Il n’y a pas de fatalité ni à la misère, ni à la grande pauvreté à laquelle l’on semble nous habituer. A considérer ses énormes potentialités tant naturelles qu’humaines, notre pays a simplement un besoin urgent d’alternance démocratique.
Bâtir un Congo nouveau et prospère procède avant tout d’une volonté politique. Le reste est une question d’imagination et d’action, à condition de rassembler et de mobiliser tous les patriotes autour de ce dessein. Ainsi formulé, un tel objectif est à notre portée. Rendre les années qui viennent différentes, faire en sorte qu’elles soient porteuses d’espérance pour chaque Congolais et pour chaque Congolaise en lieu et place d’être l’étendard de la désolation : cela est possible et postule notre vigilance notamment à l’égard des nouvelles échéances électorales qui doivent être organisées dans notre pays conformément à la Constitution.
En effet, en attendant 2011, l'année 2009 qui commence est sensée être celle au cours de laquelle les élections urbaines et locales devraient se tenir dans notre pays. Nous exigeons que cette échéance soit tenue par le gouvernement. A cet égard, nous avons pris bonne note de l'inscription au Budget de l'Etat, pour cette année, de crédits en rapport avec la poursuite de ce processus électoral. Au regard de l'ampleur de la tâche, ces crédits budgétaires sont insuffisants. Aussi, le MLC en appelle à la communauté internationale pour qu'elle accompagne d'une manière particulière la RDC dans ce dernier acte de mise en place des institutions de la troisième République.
Car, ne nous y trompons pas, ces élections ne sont pas un détail, mais une des exigences qui doivent ponctuer et faire respirer notre démocratie naissante. Pour éloigner notre pays à la fois de la dérive totalitaire, qui semble tenter le gouvernement actuel et du retour à la solution par les armes comme on peut l'observer à l'Est, il est essentiel que les échéances électorales, telles que postulées dans la Constitution de notre pays, soient respectées. Dans le même ordre d'idée, toute forme d'exclusion, source de tant de conflits qui auraient pu être évités, est à bannir en RDC. C'est pourquoi, il nous paraît indispensable que les listes d'électeurs soient rapidement ouvertes afin de permettre l'enrôlement tant des compatriotes qui ne s'étaient pas inscrits pour l’échéance de 2006, que des jeunes qui ont depuis acquis l'âge requis pour voter.
A vous, Cadres et militants du MLC, l’année qui vient de s’écouler a été particulièrement douloureuse. La perte de notre camarade Daniel Botethi dans des conditions odieuses en a certainement été le point culminant. De même, l’arrestation arbitraire de notre Président National, Jean-Pierre Bemba Gombo, maintenu injustement en prison à La Haye, est certes à inscrire dans le registre des épreuves que nous impose l’adversité. Mais, à mes yeux, le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo est un prisonnier politique. Je gage, qu’au cours de cette nouvelle année, Dieu écoutera nos prières et rendra le Chairman à la place qui est la sienne, c’est-à-dire, aux côtés de sa famille et au milieu de nous tous. Bien qu’absent du pays, notre Président National demeure de cœur et d’esprit avec nous.
Ainsi, mes chers Camarades, je vous invite à garder la foi, car les mois et les années qui viennent verront certainement triompher les idées que nous avons en partage avec notre Leader, ainsi que la vision qui est la nôtre pour la Patrie nous léguée par nos ancêtres. C’est inéluctable.
Congolaises et Congolais, chers compatriotes,
Je voudrais terminer ce message en renouvelant, à chacun de vous, mes vœux les meilleurs pour l’année 2009.
Avec Dieu, nous vaincrons!
Fait à Kinshasa, le 7 janvier 2009
François Muamba
Secrétaire Général
16:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





Ecrire un commentaire