24 février 2009

Vital Kamerhe va-t-il démissionner ?

En tout cas jusque maintenant son cabinet reste catégorique. Le président de l'Assemblée nationale ne va pas rendre le tablier, et cela pour trois raisons. Ses partisans estiment que Kamerhe va rester légaliste et veut à tout prix sauver la jeune démocratie congolaise. Selon toujours son cabinet, Kamerhe a été élu par la plénière de l’Assemblée nationale et donc par les députés et non par son parti politique.

Les membres du bureau de l'Assemblée nationale

Pour preuve, Vital Kamerhe a reçu 400 voix sur 430 votants, alors que le PPRD, son parti, ne dispose que de 111 députés à l’Assemblée nationale. Ceci nous rappelle qu’au Sénat où Shé Okitundu, candidat du PPRD-AMP, bien que majoritaire dans la chambre haute, a été battu par Kengo Wa Dondo, indépendant et candidat de l’opposition. Pour les proches de Kamerhe, si démission il peut y avoir, ils affirment qu’il le fera à la seule plénière de l’assemblée nationale qui l’a élu.

Que reproche-t-on à Vital Kamerhe ?
Selon certains indices, il y a tout d’abord son intervention du 21 janvier sur Radio Okapi où il avait déclaré ne pas être informé de l’entrée des troupes rwandaises en RDC. Mais d’après d’autres sources, il y a aussi et surtout les résolutions de l’Assemblée nationale, datant du 14 janvier qui avaient créé des commissions parlementaires devant procéder aux contrôles sur la gestion de différentes institutions de l’Etat. Notamment le gouvernement, l’armée, la police, les services de sécurité, les secteurs des mines et hydrocarbures, les gouvernements provinciaux ainsi que les entreprises publiques. Or, en cette matière, on le sait, les Romains s’empoignèrent. Les partisans de Kamerhe, dont des députés, pensent que le départ du président de l’assemblée viserait également à étouffer l’exécution de ces résolutions.

Peut-on parler d’une crise au sommet de l’Etat ?
Ça parait évident au vu de ce qui se passe. Ce qui est vraisemblable, ce que le divorce est consommé entre Joseph Kabila et Vital Kamerhe. Les observateurs politiques n’hésitent pas à comparer la crise actuelle avec celle de 1960 entre Kasa-Vubu et son premier Lumumba et entre Kasa Vubu et Tshombé, avec les conséquences politiques que nous connaissons. Toutefois, connaissant les liens politiques et mêmes extrapolitiques liant les deux personnalités, il n’est pas exclu que les violons s’accordent de nouveau. Il faut signaler le rôle de la Communauté internationale dans ce dossier.
En effet, quelques diplomates tentent de rapprocher les deux hommes afin, disent-ils, de sauver la démocratie.

Le ballet diplomatique est signalé si pas enregistré. Lundi, c’était Jean Ping, le président de l’Union Africaine. Le week-end, ce sera Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU et plus tard le président français Nicolas Sarkozy. Toutes ces personnalités pourront, peut-être, aider à rapprocher les vues. Mais, d’ici là, tout est possible.

Morosité et tristesse à l'Assemblée nationale
La démission de quelques membres du bureau de l’Assemblée nationale est à la base du malaise qui prévaut actuellement dans les installations de la chambre basse du parlement. Selon le secrétariat du bureau du président de l’Assemblée nationale, deux membres du bureau, en l’occurrence Christophe Lutundula et Brigitte Kalaba, respectivement 1er vice-président et questeur adjointe ont déposé leur démission au secrétariat du président de l'Assemblée nationale. Toujours selon la même source, par après, Christophe Lutundula a, à nouveau, retiré sa lettre de démission. Tout s'est passé dans une ambiance de tristesse affichée par le personnel administratif du parlement.
« Au revoir ex-collègue. Ah non, moi je ne pars pas ». Ces mots sont prononcés par le personnel d'appoint des membres du bureau de l’Assemblée nationale, non pas avec joie, mais avec mélancolie. Quelques bureaux fermés. Certains meubles et matériels didactiques pour les bureaux dehors laissent à penser à quelqu’un qui déménage. Tout le charroi automobile est immobilisé dans l’enceinte du Palais du peuple. Le silence ressemble à celui du cimetière. L’ambiance est inhabituelle. Pourquoi alors ?
La réponse à travers ces réactions de quelques travailleuses des cabinets de l’Assemblée : « Le président de la République demande aux membres du bureau de démissionner. Ça ne se passe pas comme ça. C’est anti-constitutionnel »
Un analyste politique rencontré dans les couloirs du Palais du peuple
critique le vice de procédure. Il dénonce la tentative de déstabilisation de l’Assemblée nationale. Dieudonné Tombe explique : « Il y a une tentative de déstabilisation du bureau qui est partie d’un malaise au sein de l’AMP. Aujourd’hui, si on veut se débarrasser de Vital Kamhere, je crois qu’on peut, qu’au niveau de la forme, soigner beaucoup de choses. Et la forme ne paraît pas être respectée »
Selon un haut cadre du PPRD rencontré au siège du parti présidentiel, la procédure de destitution de Vital Kamerhe est en train d’être peaufinée. La crise s’est accentuée au lendemain du retour du président de l'Assemblée nationale et pendant que les députés pétitionnaires attendent de remettre leur pétition à Vital Kamhere.

23 février 2009

Le Potentiel: A l’initiative des sénateurs Lunda-Bululu, Mokonda Bonza et Balamage N’kolo, Pétition pour la convocation d’une session extraordinaire du Sénat

 Le Potentiel: A l’initiative des sénateurs Lunda-Bululu, Mokonda Bonza et Balamage N’kolo, Pétition pour la convocation d’une session extraordinaire du Sénat

Le 05 décembre 2008, alors que le Parlement est en session ordinaire, un accord secret est conclu entre le Rwanda et le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, en violation des articles 213 et 214 de la Constitution; Le 14 décembre 2008, les forces ougandaises débarquent en Province Orientale et, entreprennent, dès le lendemain, des opérations militaires contre les LRA, à la suite d’un autre accord secret signé par les gouvernements ougandais et congolais; Le 20 janvier 2009, intervient la mise en œuvre de l’accord du 05 décembre 2008 et les troupes rwandaises font leur entrée en République Démocratique du Congo en vue de participer à une coalition militaire pour traquer les FDLR et les Interahamwe ; Le contenu de ces deux accords n’ayant pas été rendu public, trois Sénateurs (BALAMAGE, LUNDA-BULULU et MOKONDA) ont, en vertu des articles 116 de la Constitution et 75 du Règlement intérieur du Sénat, pris l’initiative de rédiger une pétition et de la proposer à leurs collègues en vue de la convocation immédiate d’une session extraordinaire de la Chambre Haute aux fins d’entendre le Premier ministre, d’une part, fournir des explications sur les accords susvisés, et d’autre part, préciser la position de son Gouvernement à la suite des propos tenus par le Président de la République française en rapport avec la résolution de la crise à l’Est de notre pays. Devant la gravité des faits susceptibles de compromettre la souveraineté de la République Démocratique du Congo, trente (30) patriotes ont signé ladite pétition appuyant ainsi la démarche entreprise à l’Assemblée nationale qui a, comme vous le savez, recueilli plus de 260 signatures. Ainsi fait à Kinshasa, le 23 février 2009

Nous, Sénateurs de la République démocratique du Congo;

Affectés par la situation de guerre qui sévit dans notre pays, spécialement dans la Province Orientale et dans celles du Nord Kivu et du Sud-Kivu;

Considérant les négociations engagées par le Gouvernement avec le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) à Nairobi sous l’égide des Nations Unies en vue de mettre fin à la situation de guerre à l’Est de la République Démocratique du Congo;

Constatant qu’en marge de ces négociations, les émissaires du Gouvernement congolais et les représentants de l’État-major du CNDP ont signé, le vendredi 16 janvier 2009, une déclaration mettant fin à la guerre dans la Province du Nord Kivu;

Attendu que dans la même déclaration, l’État-major du CNDP affirme mettre ses troupes à la disposition des FARDC ;

Ayant appris que plusieurs milliers d’éléments de l’armée rwandaise ont pénétré dans le territoire congolais, précisément dans la Province du Nord Kivu pour procéder à des opérations militaires conjointes avec les FARDC contre les FDLR et les Interahamwe et ce, en vertu d’un accord signé le 05 décembre 2008 à Goma par les gouvernements congolais et rwandais;

Rappelant que, le 14 décembre 2008, les Forces armées ougandaises ont pénétré en territoire de la République Démocratique du Congo par la Province Orientale pour les opérations similaires contre les rebelles ougandais de la LRA avec l’accord du Gouvernement congolais;

Ayant à l’esprit que les opérations menées en Province Orientale ont eu pour conséquences les massacres de la population civile (plus de 1.000 morts à ce jour), les viols, les violences sexuelles et les destructions des infrastructures socio-économiques plutôt que l’anéantissement des rebelles ougandais;

Craignant que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets dans la Province du Nord Kivu;

Considérant que la présence des armées étrangères est de nature à porter granvement atteinte à la souveraineté de l’Etat;

Qu’en tout état de cause, le Gouvernement doit donner au peuple le contenu des accords autorisant les armées étrangères à opérer sur le territoire national;

Fondés sur les dispositions des articles 116 de la Constitution et 75 du Règlement intérieur du Sénat;

Formulons et signons la présente pétition à l’effet de la convocation d’une session extraordinaire du Sénat aux fins d’entendre le Premier ministre fournir des explications sur les accords ayant permis aux armées de l’Ouganda et du Rwanda de pénétrer en République Démocratique du Congo et d’y mener des activités belliqueuses.

A la même occasion, il déclinera la position de son gouvernement sur la proposition du président de la République française relative à la résolution de la crise à l’Est de la République démocratique du Congo. Fait à Kinshasa, 26 février 2009

14 février 2009

Aff. Jean-Pierre Bemba Gombo c. / le Procureur de la Cour Pénale

Observations sur les audiences publiques de confirmation

des charges tenues du 12 au 15 janvier 2009

Aff. Jean-Pierre Bemba Gombo c. / le Procureur de la Cour Pénale

Internationale

(1) A la suite des audiences de confirmation des charges en la cause : Procureur c/ J.P. Bemba

les faits ci-après se sont avérés comme non contestés par l’Accusation et la Défense :

i. L’intervention du MLC en RCA avait pour but la défense du pouvoir du

Président A. F. PATASSE légitimement et démocratiquement élu ;

ii. Cette intervention est intervenue dans un cadre régional, celui de la CENSAD,

selon les résolutions adoptées par cet organe lors du sommet des

Chefs d’Etats tenu à Khartoum les 3 et 4 décembre 2001 ;

iii. Les résolutions de ce mini-sommet ont été par la suite avalisées par

l’Union Africaine à travers l’Organe Central pour la Prévention et le

Règlement des Conflits, qui déclara en faire siennes lors de sa session des

26 et 27 janvier 2002 à Tripoli ;

iv. Les troupes ainsi fournies étaient déployées et placées sous le

commandement, le contrôle et la coordination des autorités

gouvernementales et militaires Centrafricaines.

(2) Cette force de stabilité était placée sous l’Autorité des Présidents Libyen et Soudanais,

sous la coordination du Chef de l’Etat Centrafricain et du représentant du Secrétaire Général

de l’ONU.

Sa création était dictée par les principes de l’UA visant à la condamnation de toute tentative

de prise de pouvoir par voie non démocratique. (Article 4. Acte Constitutif UA)

(3) L’intervention du MLC s’inscrivait également dans le cadre de l’article 3 du Pacte

d’Assistance Mutuelle entre les Etats membres de la Communauté Economique des Etats

d’Afrique Centrale (CEEAC) dont la RDC est signataire.

Conformément à l’article 52 de la Charte de l’ONU, les accords régionaux de défense ainsi

conclus par ces organisations africaines étaient légaux et légitimes autant que ceux conclus

dans le cadre des accords régionaux européens.

(4) Il faut néanmoins rappeler qu’à la suite des accords de Lusaka signés en juillet 1999 et

reconnus par l’Union Africaine et les Nations-Unies, l’exercice de l’imperium de l’Etat

2

congolais était partagé entre trois belligérants (Le gouvernement de Kinshasa ex AFDL, le

RCD et le MLC). C’est à ce titre que l’administration du MLC exerçait les pouvoirs régaliens

de l’Etat sur une partie du territoire congolais (dans toute la partie Nord de la R.D.C.), en

matière d’éducation, de santé, de sécurité, de défense.

(5) Par ailleurs, en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, le Gouvernement

légitime de la RCA était fondé de recourir à la force pour exercer son droit de légitime

défense dès lors qu’elle faisait l’objet d’une agression armée.

(6) Ce droit à la légitime défense, consacré à l’article 51 de la Charte des Nations-Unies,

implique également le droit de solliciter l’aide militaire extérieure à l’Etat comme le reconnaît

la Cour Internationale de Justice, dans les paragraphes 126 et 128 du Jugement rendu le 19

décembre 2005 relatif aux activités armées sur le territoire du Congo. (Un Etat était fondé de

faire appel à un autre Etat, et même au besoin à un groupe rebelle, pour l’assister dans

l’exercice de son droit à l’auto-défense

 

.)

L’assistance militaire du MLC, qui s’est limitée essentiellement à mettre à disposition de la

République Centrafricaine entre 1.000 et 1.500 soldats, était ainsi légitime. C’est pourquoi,

l’Union Africaine a condamné le coup d’Etat opéré par l’actuel Président Bozizé et a

recommandé la suspension de la participation de la République Centrafricaine aux activités

des organes de décision de l’Union Africaine. Le 21 mars 2003, l’Union européenne a

condamné le coup d’état militaire intervenu en Centrafrique et a appelé les forces rebelles à

mettre fin à la violence. L’Organisation Internationale de la Francophonie a condamné

fermement la prise de pouvoir en République Centrafricaine par la force, la violence et

quelque autre moyen illégal.

(7) Ces principes fondamentaux de droit international étant posés, l’Accusation portée à

charge de Mr J.P. Bemba apparaissent en conséquence être fondée sur les deux erreurs

fondamentales de droit ci-après :

(8)

 

1ère erreur

Le fait de considérer que l’envoie des troupes en RCA à la demande d’un gouvernement

légitime pour la défense de celui-ci contre une agression armée constitue un plan criminel,

alors qu’il s’agissait pour ce gouvernement d’exercer dans un cadre régional, le droit légitime

à l’auto-défense prévu à l’article 51 de la Charte de l’ONU.

La défense de Mr Bemba ne soutient pas que dans l’exercice de ce droit à la légitime défense,

des crimes ne peuvent pas être commis ou qu’ils ne peuvent pas être prévisibles.

3

Elle critique le fait de criminaliser l’exercice même de ce droit sur la base d’une simple

prévisibilité desdits crimes.

(9)

 

2ème erreur

L’Accusation a considéré que le fait pour Monsieur Bemba d’exercer le commandement et le

contrôle des forces MLC en RDC, impliquait par cela-même, qu’il avait ipso-facto, le

contrôle et le commandement des troupes MLC envoyées en RCA.

Alors que, la même Accusation, déclare dans l’Acte d’Accusation, que les troupes MLC en

RCA, étaient sous commandement des autorités militaires et gouvernementales de cet Etat.

(10) La responsabilité en droit pénal international fondée sur l’article 25/3/a du Statut de

Rome reposant sur le critère de « commandement » ou de « l’Autorité de Jure ou de facto », il

faut en conclure que c’est à tort que l’Accusation impute à Monsieur Bemba la responsabilité

des crimes éventuels commis par des troupes qu’il ne commandait ni ne contrôlait.

(11) La CIJ a jugé en effet qu’en droit international les actes des personnes, groupes ou entités

mis à la disposition d’un autre Etat, ou d’une autre entité, ne peuvent être attribuables à l’Etat

ou à l’entité fournisseur, si ces groupes, personnes ou entités, agissent pour le compte de

l’autorité subsidiaire dont ils dépendent alors. (CIJ ; Bosnie Herzégovine c/ Serbie et

Monténégro, Nicaragua c/ USA, etc.…)

Autant on ne peut reprocher aux gouvernements membres de l’OTAN, ou aux Etats

fournisseurs des troupes de la MONUC la responsabilité des crimes éventuels commis sur le

champ des opérations, autant on ne peut tenir Mr Bemba pour responsable des crimes commis

par des troupes qui relevaient de la chaine de commandement de la RCA, à moins d’appliquer

le droit international de manière discriminatoire. (Affaire Behrami c/ France)

(12) La visite faite par Mr Bemba aux troupes du MLC à Bangui ne saurait être considérée

non plus comme une preuve de commandement et de subordination de ces troupes à sa

personne de même que la visite de Mr Sarkozy aux troupes françaises de la FINUL ne fait pas

de lui le Commandant de celles-ci sur le terrain des opérations.

Ainsi dès l’instant où le Procureur reconnaît que le MLC est intervenu en vue de soutenir un

gouvernement légitime et que le commandement des troupes déployées en RCA était dévolu

aux autorités de cet Etat, les poursuites exercées malgré tout à charge de Mr Bemba sur cette

base ne s’expliqueraient autrement que par des considérations politiques.

(13) C’est pourquoi ces poursuites appellent les interrogations ci-après :

4

i. Les accords régionaux africains (avalisés par l’Union africaine et portés à la

connaissance du Conseil de Sécurité) ont-ils la même valeur juridique et la même

légitimité que les accords signés par les organisations politiques occidentales ?

ii. Le Procureur de la CPI ne s’est-il pas trompé de suspect, alors qu’il est établi de

manière indubitable que l’actuel Président Bozize et l’ancien président Patassé

sont ceux qui de part et d’autre des belligérants, commandaient les troupes,

donnaient les ordres de progression sur terrain et assuraient la coordination des

opérations militaires. Le « jus ad bellum » est en effet distinct du « jus in bello ».

iii. Quelle autre lecture faut-il avoir du rapport de Human Right Watch (rapport du 25

novembre 2008) faisant état des tentatives d’élimination physique, pour raisons

politiques, de Mr J.P. Bemba, leader de l’opposition Congolaise, qui représente

42% des suffrages électoraux et Sénateur en fonction, sinon qu’il se pourrait bien

que les poursuites dont il fait l’objet constituent une forme plus subtile de son

élimination de la scène politique ?

iv. Accusé des crimes les plus graves qui peuvent être imputés à un être humain, Mr

J.P. Bemba a pourtant été le principal interlocuteur de la Communauté

Internationale dans le processus de pacification de la RDC, de la réunification de

son armée et de la démocratisation de cet Etat.

Il a également été admis comme cosignataire, avec les Nations Unies, l’Union

Européenne et l’Union Africaine, des accords historiques de grande importance

(Accord de Lusaka ; Accords de Sun-City…) bien après le conflit armé en RCA.

A la suite de ces accords des fonds importants à charge des contribuables

européens et internationaux ont été débloqués (500.000.000 E pour l’UE ; +/- 1

milliard annuel au profit de la Monuc)

A ce jour, et en plein accord avec la même communauté Internationale, le MLC

représenté par Mr J.P. Bemba est désormais une composante du Pouvoir

constituant de l’Etat Congolais avec 109 députés sur 500 et 27 Sénateurs sur 110 ;

v. Pour autant que les accusations soutenues par le Procureur près la CPI étaient déjà

connues de ladite Communauté Internationale qui dispose des canaux

d’information performants, l’attitude de cette Communauté ne manque pas de

susciter des interrogations légitimes.

5

Aurait-elle signé des accords d’une telle importance pour la paix et la sécurité

universelles avec Mr J.P. Bemba malgré le fait qu’elle avait déjà eu la pleine

connaissance de la responsabilité de celui-ci dans les crimes supposés ?

vi. Une condamnation éventuelle de Mr J.P. Bemba, pour les crimes allégués et en

dépit des principes de droit international énumérés plus avant , ne remettrait-elle

pas en cause, la légitimité et la légalité des institutions érigées en RDC sur la base

des accords conclus et contresignés avec lui et à grands frais, par la Communauté

Internationale ?

vii. Telle éventualité n’est-elle pas de nature, non seulement à remettre en cause les

sacrifices financiers des contribuables de l’UE et des Nations Unies, mais

également les principes de droit international universellement admis par la Charte

des N.U. (article 51), par les décisions antérieures de la CIJ ?

viii. Les décideurs politiques européens et internationaux ont-ils induit en erreur ou

trompé leurs opinions publiques respectives ? Ou au contraire, se sont-ils

impliqués et engagés à la légère, aux cotés de Jean Pierre Bemba Gombo ?

L’éventuelle responsabilité pénale de ce dernier n’évoque-t-elle pas la mise en

cause des responsabilités politiques corrélatives tant au niveau de l’Union

Européenne que des Nations Unies ?

ix. A la lumière des conséquences politico-juridiques attachées à cette éventualité, les

énormes dépenses occasionnées aux contribuables européens et internationaux

dans le processus congolais sont-elles encore justifiées, ou, en tout état de cause,

n’appellent-elles pas une reddition des comptes ?

_________________________ ______________________

Me Aimé Kilolo Musamba Me Nkwebe Liriss

Conseil Associé Co-Conseil Principal

Fait le 13 Février 2009

A La Haye, Pays-Bas

13 février 2009

COMMUNIQUE DU MLC

MOUVEMENT DE LIBERATION DU CONGO

 

 

COMMUNIQUE

 

C’est avec consternation que le MLC a pris connaissance des propos tenus en ce jour par le Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga, l’Honorable KYUNGU WA KUMUANZA et de la décision prise par la plénière de ladite Assemblée.

 

En effet, le président de cette Institution et ses membres ont pris les décisions inouïes ci-dessous :

 

1.     La plénière de l’Assemblée du Katanga a décidé d’accorder un ultimatum de 48 heures à tous les Députés nationaux et Sénateurs  originaires de cette province et signataires de la pétition demandant la convocation de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, demande pourtant conforme à l’article 116 de la Constitution, de retirer leurs signatures de ladite pétition.

 

2.     Les Députés nationaux originaires de Katanga qui ne se seraient pas soumis à cet ultimatum ne doivent plus mettre leurs pieds au Katanga.

 

A ce sujet, le MLC déclare ce qui suit :

 

1.     La signature d’une pétition pour demander la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée Nationale procède de l’exercice d’un droit constitutionnel reconnu à tout Parlementaire par l’article 116 de notre Constitution, et ne constitue donc pas une infraction.

 

2.     La liberté de circuler sans restriction ni entrave sur l’ensemble du territoire national est un droit garantie par la Constitution de la RDC à tout citoyen en général (article 30) et aux Députés et Sénateurs en particulier (article 109).

 

 

 

 

 

 

En considération de tout ce qui précède :

 

-         Le MLC condamne avec la dernière énergie cette violation intentionnelle de la Constitution par le Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga et s’indigne des propos irrévérencieux et totalement irresponsables de ce dernier à l’endroit des signataires de la pétition sus évoquée.

 

-         Le MLC s’inquiète de cette énième dérive qui met en danger le pacte républicain qui lie le MLC aux autres partis politiques et Institutions de la République ; pacte qui est le soubassement de l’engagement du MLC à jouer le jeu démocratique, à la seule condition, que toutes les parties prenantes respectent les règles du jeu.

 

-         Le MLC interpelle le Président de la République, Chef de l’état en sa qualité de Garant de la Constitution et du bon fonctionnement des Institutions de la République ; pour qu’il mette fin aux violations délibérées et répétées, par les membres de sa famille politique, de la Constitution et des autres textes légaux et réglementaires qui régissent le pays.

 

-         Le MLC prend à témoin la communauté nationale et internationale au sujet de ces menaces proférées contre les Députés nationaux et Sénateurs par le Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga, et attire leur attention sur les conséquences graves qui pourraient en découler, au moment même où le pays tente laborieusement de se sortir du bourbier de la guerre à l’Est.

 

-         Le MLC réitère son engagement à contribuer à l’avènement d’un Etat de droit dans notre pays.

 

Fait à Kinshasa, le 12 février 2009.

 

 

« Avec Dieu nous vaincrons. »

 

François Muamba

 

Secrétaire Général

12 février 2009

Tempête à l'AMP !


(Le Phare 12/02/2009)


Ceux qui croyaient au retour de l'accalmie au sein de la majorité présidentielle vont certainement déchanter. Au moment où des plénipotentiaires du gouvernement se succèdent sur les différentes chaînes pour chanter l'arlésienne du succès de l'opération rwando-congolaise contre les FDLR, les nouvelles qui nous parviennent font état d'un malaise qui couve et qui tire, cette fois, ses origines de la volonté affichée par les faucons de mettre la classe politique au pas. Au cœur du problème : encore et toujours les conséquences politiques à tirer de la déclaration du président de l'Assemblée nationale en rapport avec l'intervention des troupes rwandaises à l'Est du pays. On se rappelle qu'à la suite de la confirmation par les médias périphériques de la présence de l'armée rwandaise au Congo pour traquer les Fdlr, Vital Kamerhe avait exprimé ses inquiétudes au micro de Radio Okapi. Il s'était notamment posé la question de savoir s'il était envisageable que le gouvernement congolais invite les troupes rwandaises alors que les plaies (ndlr. des différentres agressions) ne se sont pas encore refermées, et encore moins cicatrisées.

Question. En sa qualité de président de l'Assemblée nationale, de membre important du principal parti de la coalition au pouvoir ou de citoyen tout court, Kamerhe avait-il le droit de s'exprimer librement sur une matière qui concerne la souveraineté nationale et l'intégrité du territoire ? Avait-il le droit de contrarier le point de vue officiel ? Tout le débat est là. Et la seule réponse qui y semble aujourd'hui réservée est qu'il faut congédier le parlement, à défaut d'obtenir la démission volontaire ou le départ forcé du cadre " indiscipliné " de la coalition. Selon les informations qui circulent depuis le dernier week-end, les responsables des partis politiques représentés à l'Assemblée nationale ont reçu des instructions pour mettre fin à ce qui est considéré par certains comme une dangereuse recréation. L'action devrait se dérouler à trois niveaux : convaincre chaque député individuellement sur la nécessité de donner une conclusion à une situation détestable. Ensuite, s'assurer de la fidélité de chaque groupe parlementaire et enfin, passer à l'action dès la reprise officielle des activités parlementaires. Mais ce calendrier arrêté en début du week-end semble contraint aux accélérations à la suite de la démarche des députés signataires de la pétition réclamant une session extraordinaire consacrée aux événements de l'Est. On sait maintenant que 260 députés ont apposé leurs signatures au bas de cette pétition et la parade trouvée depuis hier semble d'opposer à celle-ci une autre pétition, signée cette fois dans l'objectif de pousser Vital Kamerhe à la porte de sortie. La démarche, apprenait-on hier soir des sources proches d'un groupe parlementaire de la coalition, vise à placer chaque député au pied du mur : signer et mériter la confiance de son parti ou refuser et se mettre en difficulté. Risques La démarche n'est pas sans présenter quelques risques. On sait en effet qu'à l'occasion d'une réunion extraordinaire du parti présidentiel consacrée à la déclaration de Vital Kamerhe sur Radio Okapi, les participants avaient dans leur écrasante majorité épousé le point de vue du président de l'Assemblée nationale. Le dossier aurait pu être géré autrement à partir de ce moment là mais c'était manifestement sans compter avec l'opiniâtreté des faucons qui ont décidé et obtenu qu'il n'en soit pas ainsi. Mais en sollicitant le vote de défiance des députés, les faucons disposent-ils des moyens d'agir sur la conscience d'un chacun, dans une opération qui se déroulera, conformément aux règles, à bulletin secret ? Et qu'arrivera-t-il si la démarche ne débouchait pas sur les résultats escomptés ? Ayant réponse à tout, les faucons disent : la dissolution ! Oui, mais dissoudre pour faire quoi ensuite ? La constitution est claire en son article 148 : la dissolution doit être suivie de l'organisation de nouvelles élections dans les soixante jours. Le Congo aujourd'hui sans moyens pour organiser les élections locales peut-il se permettre un tel luxe ? L’objectif réel n’est-il pas de priver le pays d’un moyen puissant de contrôle pour le livrer aux prédateurs de tous bords ? Parlons vrai Au-delà des reproches qu'on peut faire aux uns et aux autres dans l'analyse de cette triste affaire, n'oublions pas l'essentiel : le rejet par un congolais de la présence au Kivu d'une armée connue pour ses incursions et agressions répétitives dans cette partie de la République. Quel discours peut-on tenir à l'endroit des citoyens de ce pays et particulièrement ceux des zones concernées par la présence militaire querellée, pour justifier des sanctions qui risquent de faire passer toute la classe politique de notre pays comme atteinte du " syndrome de Pavlov ". Ne va-t-on pas donner raison à ceux qui pensent très sérieusement que Paul Kagame aura cette fois réussi un coup double en République Démocratique du Congo, d’abord en obtenant le retour officiel de son armée, et ensuite en jetant le trouble au sein de nos institut-ions ? Il est temps de bien regarder ce que l’on fait au lieu de se réveiller toujours trop tard. Affaire à suivre.

(L.P.)
2009-02-11

09 février 2009

Le Potentiel: Face à l’incapacité du pouvoir et la démission de l’élite, le peuple congolais doit reprendre la main

La Conférence de presse sur le thème « La fin de la guerre du Kivu, quelles perspectives d’avenir ? » organisée par le groupe de presse Le Potentiel à la paroisse Notre-Dame de Fatima le samedi 7 février 2009 a été l’occasion de faire le point et prendre la température de l’opinion nationale sur la question de l’heure, la présence des troupes rwandaises et ougandaises sur le territoire national. Outre les exposés des orateurs du jour, Arthur Kepel de l’ICG, les professeur Philippe Biyoya et Kibanda, l’assistance a eu droit, en bonus, à une intervention du député Ernest Kyaviro, l’initiateur de la pétition parlementaire pour la convocation d’une session extraordinaire du Parlement.

C’est dans une salle de Fatima bien remplie que les trois orateurs ont déroulé la toile de la guerre de l’Est. Celle-ci peut se résumer en quelques mots. Primo, la guerre de l’Est est bel et bien une guerre économique, animée principalement par les puissances anglo-saxonnes qui ont décidé de faire main basse sur les matières premières congolaises, « quel qu’en soit le prix et quel que soit le nombre de morts ». Secundo, le pouvoir congolais est bel et bien responsable de la déconvenue nationale, soit par complicité, soit par incompétence. Tertio, l’élite congolaise a bel et bien sa part de responsabilité dans le démantèlement du Congo, par son abdication.

Le professeur Biyoya, constitutionnaliste de sa spécialité, répondant à ceux qui voulaient justifier l’entente avec le Rwanda par l’accord de Nairobi, a fait remarquer qu’un tel accord ne pouvait pas prendre force sans l’adoption préalable d’une loi l’autorisant. Par conséquent, la Constitution de la République a été une fois de plus mise à mal. L’expert de l’International Crisis Group Arthur Kepel a, quant à lui, révélé aux uns et rappelé à la plupart, carte géographique en appui didactique, le projet du président ougandais Museveni de construire un barrage hydroélectrique dans la zone voisine de la frontière commune avec la RD Congo. Il a expliqué que la pacification de la région est considérée par Museveni comme un préalable pour la réalisation de ce projet. Or, selon lui, le gouvernement congolais n’est pas capable de maintenir la paix. D’où la présence des troupes ougandaises dans la Province Orientale. C’est dire, contrairement aux certitudes du chef de l’Etat, que ce n’est pas dans quinze jours, ni dans trente, ni dans six mois que les troupes étrangères partiront de notre territoire.

Malaise au palais

Avant la traditionnelle séance de questions et réponses, la parole a été accordée au député Kyaviro. Le fait qu’un membre du camp présidentiel comme lui, a-t-il laissé entendre, soit à la base d’une pétition d’une telle importance, souligne assez la gravité de la question qui doit être appréhendée dans une perspective qui transcende les clivages politiques. « La question doit être traitée au Parlement et non dans la rue ». Belles paroles, nobles intentions, mais l’on n’a pas senti la conviction dans les mots, comme si le député fauteur de troubles avait subi des pressions pour mettre de l’eau dans son vin.

Outre les habituels applaudisseurs délégués par le camp présidentiel pour faire du bruit dans la salle, on a noté la présence d’un intellectuel dont la finesse de l’intelligence et du langage n’échappent à personne. Le député Atundu a pris la parole pour parler de lieux communs. Une grandiloquence gratuite qui nous laisse sur notre soif. Quand un fin parleur comme Atundu Liongo ne laisse pas d’empreinte dans nos intelligences, c’est que le navire présidentiel prend eau. Dès lors, une question lancinante se pose à tous : Que faire ?

Le peuple doit reprendre la main

Les analystes ne nous contrediront pas. Aucun élément sérieux ne permet de prédire une amélioration du fait du pouvoir ou des politiciens actuels. Dès lors, le souverain primaire, c.-à-d. le peuple, doit reprendre la main. Deux raisons majeures rendent cette option inévitable.

1° Le gel de la pétition du Parlement.

Alors que le nombre des voix requis pour la convocation de la session extraordinaire est atteint, celle-ci n’est toujours pas à l’ordre du jour. Cela peut donner lieu à toute sorte d’hypothèses : - Le Parlement est une affaire privée du Bureau qui décide, selon son bon gré, de convoquer ou non la session. - Les députés qui ont signé la pétition ne tiennent pas réellement à son exécution, mais ils tremblent pour leurs intérêts menacés. Face aux inquiétudes de la base, particulièrement des populations de l’Est qui ont voté massivement pour le président de la République et pour les parlementaires de sa chapelle, il faut désamorcer la crise avec de feintes indignations. Les députés font donc semblant de protester, signent une déclaration (qui n’engage que celui qui y croira) et puis le temps faisant son œuvre, on oubliera, comme on a oublié la question sur la nationalité, la révision des contrats en chinoiseries, ou l’occupation de Kahemba… - Le camp présidentiel, dont un illustre représentant au sénat, un certain Jean Sharp Kakoko (si notre mémoire est bonne), avait déchiré la pétition des parlementaires, montre le poing à quiconque oserait …

2° La crise politique imminente au sommet de l’Etat

Faut-il savoir lire dans la boule de cristal pour comprendre que le PPRD et l’AMP sont en train d’imploser ? Dans son numéro 4541 du vendredi 7 février 2009, Le Potentiel titrait à la une « Vital Kamerhe dans le collimateur des faucons du PPRD. »

Sauf à vouloir jouer à la cécité politique, cette rivalité Kabila-Kamerhe va bientôt éclater en crise politique nationale. Il faut cependant savoir qu’à certains moments de la vie, d’un homme ou d’un système, les crises sont nécessaires pour amorcer un nouveau départ. Une crise de larmes, quand le cœur en a trop supporté, ou un orage qui éclate quand le ciel est trop plein de nuages noirs et tristes. Et après la pluie vient le beau temps.

Ceux qui lisent avec des œillères croient que la crise frappe le PPRD et le PPRD seul. Que non ! Il s’agit d’une crise généralisée qui n’épargne personne. Il y a quelques jours, nous suivions à la télévision avec stupéfaction Félix Tshisekedi, probablement le fils de son père, occupé à vilipender une partie des cadres de l’UDPS qui avaient désobéi au président national historique.

C’était burlesque de voir cette bataille de chiffonniers au moment où l’on aurait attendu un parti de telle envergure au front pour conduire l’opinion contre l’occupation rwandaise.

La crise n’a pas épargné le Palu dont le leader lumumbiste a perdu l’usage de la parole au moment où toute l’opinion s’émeut pour la souveraineté et l’intégrité nationales. Le MLC François Muamba peut encore donner le change en ne faisant rien et en profitant du martyr de JP Bemba.

La crise politique est générale, et elle est salutaire. Elle répond à la loi des cycles, une loi de la nature. Nous devons aider tous ces partis d’un autre siècle à mourir «na malembe», afin de renaître peut-être demain avec un nouveau corps, un nouvel esprit. C’est ça l’amour du prochain, et non le fait de vouloir maintenir artificiellement en vie des structures largement ménopausées.

Pour revenir à la dissension entre Kabila et Kamerhe, la démission annoncée du président de l’Assemblée nationale provoquera, on s’en doute, des remous, car l’homme est populaire dans son hémicycle, et il faut avouer qu’il ne sera pas facile de lui trouver un successeur capable de « dribbler » les députés de droite et de gauche comme il sait si bien le faire. Probablement l’Assemblée nationale deviendrait ingouvernable et il faut s’attendre à ce que les « Faucons de la capitale » conseillent au chef de l’Etat la dissolution du Parlement. Imaginez la suite. Apocalypse !

Mais nous n’avons pas le choix. Il faut coopérer à cette crise de toutes nos forces : Kabila et Kamerhe doivent divorcer, pour leur propre bien et pour le bien de tous. Souvenons-nous de ce récit biblique où Pierre, zélé mais d’un zèle sans intelligence, coupe l’oreille au soldat Malthus de la cohorte qui venait pour arrêter Jésus. Mais Jésus répondit : Comment s’accompliraient les écritures si je ne meurs pas ? Comment le Congo peut-il être sauvé si les crises salvatrices sont esquivées pour un confort précaire des gouvernants ?

Voici notre contribution à la crise. Il y a une pétition en ligne intitulée « RD Congo : toute la vérité sur les accords avec le Rwanda ». Vous la trouverez sur le site www.lapetition.be, dans la rubrique (Menu) « Politique ». Cette pétition est adressée aux Présidents de l’Assemblée nationale (Vital Kamerhe) et du Senat (Léon Kengo). L’article 27 de la Constitution stipule ce qui suit : « Tout Congolais a le droit d’adresser individuellement ou collectivement une pétition à l’autorité politique qu y répond dans les trois mois. Nul ne peut faire l’objet d’incrimination, sous quelque forme que ce soit, pour avoir pris pareille initiative ». Le fait de signer une pétition est comparable à introduire son bulletin dans l’urne. Un petit geste citoyen, mais qui participe à la force du peuple. Cela ne coûte vraiment rien d’exercer ce droit, et le seul risque que l’on court c’est d’apprendre à naviguer sur l’Internet.

Si le peuple congolais ne peut pas prendre cette peine d’exercer sa liberté d’expression, s’il ne préfère que des discours, des jérémiades à la télévision et regarder des matches de la champions league, alors le Congolais mériterait bien son sort. Mais nous croyons que tel n’est pas le cas. Alors, allons signer, en attendant le moment venu, d’aller déposer la pétition physique.

Commençons par là, et demain sera bien. A chaque jour suffit sa peine.

Serge Gontcho

05 février 2009

En proposant un « Sud Soudan » congolais: Museveni dévoile le « plan anglo-saxon »

En proposant un « Sud Soudan » congolais: Museveni dévoile le « plan anglo-saxon »
(Le Potentiel 05/02/2009)


Le vaste complot contre la RDC est désormais une réalité. La preuve incontestable est cette litanie de « plans » pour soi-disant sécuriser la Rdc, et la région des Grands Lacs. Mais en réalité, tous ces plans ne visent qu’à balkaniser le Congo. Après les plans Cohen, Sarkozy, Obama, le président ougandais Yoweri Museveni, vient de se distinguer. Juste au moment où ses troupes sont encore en RDC pour proposer aux Congolais le « schéma » soudanais. Pas du tout le fait du hasard. Selon les personnes averties, il serait exact de parler plutôt d’un « Plan anglo-saxon ».

Marie-France Cros de Libre Belgique, écrit ceci dans l’édition du 4 février 2009 en ce qui concerne l’opération militaire conjointe RDC-Ouganda au regard du malaise qui prévaut à Kampala : « Selon MRB (Southern African Monthly Regional Bulletin, janvier 2009), le chef des Affaires politiques du bureau présidentiel ougandais, Moses Byaruhanga, a déclaré que Kampala appuierait… une fédération des provinces congolaises du Kivu et Orientale, voire leur indépendance si Kinshasa l’acceptait. Ce point de vue serait soutenu par le porte-parole de l’armée ougandaise, le major Félix Kulayigye, qui a évoqué le précédent Sud Soudan, dans l’attente d’un référendum sur son autodétermination. Il s’agirait, selon MRB, de stabiliser la région.

La publication lie ces déclarations à la découverte de nouveaux gisements de pétrole côté ougandais de la frontière par un consortium privé « Tullow Heritage Oil » qui cherche à obtenir de Kinshasa son accord pour exploiter l’or noir du côté congolais. Connaissant la sensibilité du Congo au sujet de l’autonomie de ses provinces minières, il semble peu probable qu’un tel schéma soit accepté. Le fait qu’il soit publiquement évoqué à Kampala ne peut qu’inquiéter les Congolais – qui pour le moment, pourtant, ne s’en préoccupent guère, obnubilés qu’ils sont par leur hostilité au Rwanda ».

Coïncidence troublant

La journaliste belge a toutes les raisons de dire que les Congolais ne peuvent que s’inquiéter. Et ce, pour des coïncidences totalement troublantes. Tenez.

Museveni fait sa proposition après la publication des plans Cohen, Sarkozy et Obama. Or, en lisant attentivement les observations du MRB, cette proposition de Museveni rejoint celles de Cohen et de Sarkozy sur la revisitation des frontières héritées de la colonisation et la fragilisation de l’économie congolaise pour renforcer celles des pays anglophones. Particulièrement, l’Ouganda et le Kenya.

Fait plus grave, Museveni émet cette proposition au moment où ses troupes sont en RDC pour traquer la LRA. Or, cette opération a suscité un malaise en Ouganda, au sein des officiers ougandais. Libre Belgique relate que cette opération est critiquée à Kampala dans la mesure où l’Etat-major général ougandais aurait été « court-circuité. D’où cette absence de stratégie. Le chef des opérations n’est autre que le propre fils de Museveniu, le Lieutenant-Colonel Muhoozi Kainerugaba. Pourquoi ?

En attendant la réponse à cette interrogation, à Kampala l’on parle de ce que l’opération a récolté un résultat mitigé au regard de la capacité militaire de l’armée ougandaise. Même l’ancien président mozambicain, Joachim Chissano, aurait fait observer au président Museveni de ne pas sous-évaluer la capacité militaire de la LRA

Plan Anglo-Saxon

Une analyse profonde de ces observations laisse entrevoir que cette opération militaire, pour l’Ouganda, a un double objectif : s’assurer du contrôle des richesses congolaises, notamment le pétrole de l’Ituri ou du Lac Albert. Ensuite, affaiblir économiquement et politiquement la RDC pour continuer à avoir un droit de contrôle sur l’exploitation de ses richesses, sous le prétexte des « accords secrets » qui auraient été signés. Qu’un malaise sévisse dans les rangs des officiers ougandais qui condamnent le « manque de stratégie dans l’opération » ; qu’une autre partie des officiers soutienne cette proposition, il y a risque de voir la présence des soldats ougandais en RDC prendre plus de temps que prévu.

Mais là une réflexion sérieuse s’impose, c’est que des observateurs qui analysent cette succession de « propositions ou de plans », sont convaincus que cette proposition n’est pas de Museveni. Mais de ce groupe obscur anglo-saxon dont l’influence dans les conflits en Afrique des Grands Lacs ne serait qu’un secret de polichinelle. Influence néfaste stigmatisée par bon nombre de groupes de réflexion favorables à une Afrique sereine, tirant des rémunérations conséquentes de ses ressources naturelles. Lesquelles ressources malheureusement sont pillées par ces forces centrifuges, ces gouvernements étrangers, comme le disait si bien Barack Obama, et qui se servent de certains Etats ou personnalités politiques africaines pour aliéner les attributs de l’indépendance des Etats africains souverains.

La bataille est rude, longue

De ce qui précède, les Congolais doivent savoir que le cauchemar est loin d’être fini. Ils doivent s’armer davantage de détermination, de volonté politique pour lutter contre la spoliation, le pillage des richesses de la communauté et la balkanisation de la République démocratique du Congo.

Certes, qu’il existe des accords de défense mutuelle dans la région des Grands Lacs pour mettre fin à l’insécurité et instabilité dans la région. C’est de bonne guerre. Mais que l’on soit naïf pour hypothéquer l’avenir de tout une Nation, voilà qui doit pousser les Congolais à être toujours vigilants. Les agresseurs d’hier ne peuvent en aucune manière devenir subitement des « enfants de chœur ». Tout doit être mis en œuvre pour déjouer tout plan machiavélique et funeste, d’où qu’il vienne.

Car, le péril est toujours en la demeure. La bataille est rude et longue qu’il faut absolument motiver les Congolais pour susciter toujours en eux un élan de nationalisme et de solidarité. Devoir de mémoire collective oblige. La balle est dans le camp des autorités, des partis politiques, des juristes...


Par Le Potentiel

03 février 2009

Réagissant au point de presse du chef de l’Etat

Par  Le Potentiel

 

 

 

 

Le Mouvement de libération du Congo (MLC) a réagi lundi à Kinshasa au point de presse du président de la République, Joseph Kabila, disant « craindre » la création de nouvelles rébellions à la suite d’une « intégration accélérée » du CNDP au sein des FARDC.

«Nous constatons avec étonnement l’intégration accélérée des éléments du CNDP au sein des FARDC, sans l’identification des personnes, sans aucun critère de moralité et de patriotisme. Il est à craindre que cette façon de procéder ne conduise encore à la création d’autres rébellions », s’est inquiété son secrétaire général, François Muamba, au cours d’une conférence de presse au cercle Elaeis, à Gombe.

A propos de l’accord conclu entre la RDC et le Rwanda le 5 décembre 2008, il a stigmatisé « l’illisibilité et l’opacité » que le chef de l’Etat « a installées sur les accords des opérations combinées entre les FARDC et les RDF contre les FDLR, concernant la durée des opérations, l’espace opérationnel, le mode d’intégration dans les FARDC des éléments du CNDP, Pareco et autres bandes armées ainsi que le sort de Nkunda ».

De ce fait, le MLC « redoute » que ces « opérations planifiées » ne provoquent, une fois de plus, des menaces sur les populations civiles en RDC « et dont les autorités congolaises seront rendues responsables et coupables dans l’avenir».

S’agissant de la crise financière internationale, François Muamba a promis une « approche » du MLC.

Il a justifié cette démarche par le fait que le MLC « a pris acte de ce que le leadership de notre pays ne semble disposer d’aucune vision sur la manière de relancer notre économie, abandonnant le citoyen congolais, désormais contraint de vivre d’expédients au 21ème siècle, comme s’aucuns vivaient de la cueillette au Moyen-âge ».

Parlant de « la réconciliation nationale sur laquelle le chef de l’Etat est maintes fois revenu depuis le début de son mandat », le secrétaire du général du MLC a constaté qu’elle « a de moins de chance de se réaliser ». Car, selon lui, « les accords secrets passés entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, sans que l’opinion nationale à travers le parlement n’en soit informée, divisent les populations congolaises, la classe politique et, bien plus grave, les institutions de la République ». LE POTENTIEL

Déclaration du secrétaire général du MLC

Chers compatriotes, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs

Au moment où notre Patrie, la RDC, plus que jamais auparavant, devient la risée du monde, donnant l’impression de ne savoir que faire de ses espaces et ses richesses naturelles ; en même temps que les Congolais croupissent dans une misère sans nom, le président de la République a choisit de s’exprimer à la Nation.

Compte tenu de la rareté d’un tel exercice de sa part, le moment était solennel. Le peuple a pour la circonstance ouvert ses yeux pour voir et les oreilles pour entendre ce que le chef de l’Etat allait dire, sur des questions d’intérêt national, à savoir, la guerre et les nouvelles alliances à l’Est du pays, la conséquence et la résolution chez nous de la crise internationale, le bilan à mi-parcours de l’exécution des cinq chantiers et la nécessaire réalisation de la réconciliation nationale.

Le chef de l’Etat a bien abordé tous ces sujets sans conviction et, surtout, sans convaincre. Aussi, l’objet de cette conférence de presse est-il, non seulement, de partager cette déception avec l’opinion mais, plus substantiellement, d’indiquer à notre peuple qu’il est possible de nous en sortir, à condition de faire fi du pouvoir actuel sans vision, et de faire bloc autour de la nécessité d’une alternance démocratique.

DE LA SITUATION A L’EST

1. Concernant la nature de l’accord conclu entre la RDC et le Rwanda sur les opérations militaires conjointes dans le Nord-Kivu

On constate que le chef de l’Etat a installé davantage l’illisibilité et l’opacité sur les accord des opérations combinées entre les FARDC et les RDF contre les FDLR, concernant :

- la durée des opérations ;

- l’espace opérationnel ;

- le mode d’intégration dans les FARDC des éléments du CNDP, PARECO et autres bandes armées ;

- Ainsi que le sort de Nkunda

Nous redoutons que les opérations ainsi planifiées ne provoquent, une fois de plus, des massacres de nos compatriotes civiles sur notre sol et dont les autorités congolaises seront rendues responsables et coupables dans l’avenir.

2. Concernant l’intégration accélérée des éléments du CNDP au sein des FARDC, sans l’identification des personnes, sans aucun critère de moralité ni de patriotisme.

Il est à craindre que cette façon de procéder ne conduise encore à la création d’autres rébellions.

3. Concernant les armés Nous avons entendu de la bouche du chef de l’Etat que cette opération vise, entre autres, la décapitation des milices tribales pour permettre l’intégration du CNDP ; ce qui correspond à un objectif totalement nouveau et contraire au Programme Amani auquel il semblait, tout récemment encore, fortement attaché.

DE LA CRISE FINANCIERE INTERNATIONALE

Le monde est en crise. Une crise dont tous les spécialistes indiquent qu’elle est, pour le moins, aussi grave que celle qui ébranla l’économie mondiale dans les années 1929/1930. Si cette crise frappe indistinctement les pays riches et les pays émergents, elle sévit avec plus d’acuité encore dans les pays sous-développés, singulièrement dans ceux qui sont mal, voire pas gérés du tout, comme c’est le cas de la RDC, notre pays

Prenant la parole d’une manière solennelle devant les Congolais, le chef de l’Etat se devait d’indiquer à ses compatriotes, sa vision sur la manière dont l’Etat allait agir pour relancer l’activité génératrice d’empolis et, surtout, pour protéger les familles congolaises les plus vulnérables.

Or, qu’avons-nous entendu ? La crise est là, il faut diversifier l’économie, il faut davantage d’agriculture et pour ce faire, l’Etat a commencé à acheter 700 tracteurs, et il en sera ainsi chaque année ! Doit-on comprendre que pour le chef de l’Etat, pour faire face à la crise financière, à la chute brutale des cours des matières premières, à la fermeture des PME/PMI un peu partout dans le pays, jetant des millions de Congolais au chômage, la réponse est : chaque année vous aurez 700 tracteurs !

Voici donc pourquoi, prenant acte de ce que non seulement le leadership de notre pays ne semble disposer d’aucune vision sur la manière de relancer notre économie, abandonnant le citoyen congolais, désormais contraint à vivre d’expédients au 21ème siècle, comme d’aucuns vivaient de la cueillette au Moyen-Âge.

A cet effet, le MLC présentera très prochainement aux Congolais son approche de la résolution de la crise économique dans notre pays, étant donné que nous avons pris l’engagement d’offrir à notre peuple la possibilité d’une alternance démocratique et nous tiendrons parole.

DES CINQ CHANTIERS

En ce qui concerne les Cinq chantiers dont le financement devait provenir des entreprises chinoises, en échange de nos minerais, nous avons noté avec étonnement que le président de la République, initiateur déclaré de ce vaste programme de reconstruction nationale, n’ait été en mesure, à mi parcours de son mandat, d’en esquisser même un état d’avancement sommaire, se contentant encore et toujours d’en annoncer le démarrage. Des 8 milliards Usd attendus, contre l’exploitation de nos ressources minières pendant une période inconnue et qui pourrait correspondre ce jour, à un bail emphytéotique (99 ans) : suite à la chute des cours du cuivre et d’autres minerais, le président de la République annonce que 750 millions Usd seront décaissés en 2009, un milliards Usd en 2010 et 750 millions en 2011, soit un total de 2,5 milliards Usd. A quand la différence pour solder cet échéancier ?

Tel qu’il ressort des propos du chef de l’Etat, il y a lieu de craindre que ses Cinq chantiers ne soient un mort-né, d’autant plus que la tricherie, par la manipulation et la propagande ont poussé le gouvernement à présenter à l’opinion les réalisations financées par des partenaires traditionnels, comme faisant partie des 5 chantiers.

Pour rappel, les 5 chantiers sont : l’eau et l’électricité, l’éducation, la santé, l’emploi et les infrastructures. La réalité sur terrain montre que la desserte en eau et en électricité continue à se limiter aux fournitures habituelles de la Regideso et de la Snel, avec une détérioration persistante. Dans l’éducation, aucune réforme n’a été enregistrée quant à l’amélioration de la qualité de l’enseignement ni des conditions des enseignants. En matière de santé, le chef de l’Etat n’a même pas eu à évoquer le cas du virus Ebola ni du sida.

Quant à l’emploi, le président de la République propose d’envoyer tous les jeunes chômeurs sans distinction (médecins, pharmaciens, informaticiens, infirmiers, etc.) aux travaux agricoles et d’élevage. Peut-on mécaniser l’agriculture avec seulement 700 tracteurs pour une étendue de 120 millions d’hectares de terres cultivables ? La politique agricole se limiterait-elle uniquement à la mécanisation ? Que fait-on des problèmes d’évacuation, de commercialisation, de consommation, etc. ?

Quant aux travaux de réhabilitation des infrastructures, comme dit plus haut, nous notons une fois de plus que seuls les programmes initiés avec nos partenaires traditionnels –Banque mondial, BAD, Union européenne, Fonds Koweitien, CTB, DFID) ont réellement démarré.

DE LA NECESSITE D’UNE RECONCILIATION NATIONALE

Il sied de noter que la réconciliation nationale, sur laquelle le chef de l’Etat est maintes fois revenue depuis le début de son mandat, a de moins en moins de chance de se réaliser. En effet, les accords secrets passés entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, sans que l’opinion nationale, à travers le Parlement, en soit informée divisent les populations congolaises, la classe politique, et bien plus grave les Institutions de la République. L’aveu du chef de l’Etat, quant au rôle prépondérant qu’il a joué dans sa collaboration active avec la CPI pour faire des Congolais les premiers et, peut-être, les seuls justiciables de cette juridiction internationale est absolument étrange. Son option à ne point livrer Jean-Bosco Ntagana à la même CPI, démontre à suffisance à quel point le chef de l’Etat est adepte de la justice à deux vitesses, pour n’envoyer à la Cour pénale internationale que des adversaires politiques gênants tel le sénateur Jean-Pierre Bemba et s’accommoder des autres, même si de graves présomptions de charge pèsent sur ces derniers.

Dès lors, comment pourrait-on réaliser la pacification de l’Est, qui postule la mobilisation des forces politiques et sociales sur l’ensemble du pays, dans un contexte de rupture du consensus national ?

Bien plus encore, il n’y a pas que le consensus national qui a été rompu. En effet, le récent communiqué de la Monuc annonçant son refus de participer à toute opération dans laquelle M. Bosco Ntagana serait associé, ouvre la voie à une rupture de consensus international quant aux opérations qui se déroulent dans l’Est du pays.

Ceci démontre, une fois encore, que le pouvoir actuel continue à s’enfermer dans une logique de triomphalisme arrogant qui risque, si l’on y prend garde, d’entraîner le pays dans un chaos politique, économique et diplomatique.

01 février 2009

Kabila doit partir" scandé lors d'une manif à Bruxelles

 

Une manifestation d'opposants congolais au régime de Joseph Kabila a été organisée samedi après-midi dans les rues de Bruxelles afin d'exiger le retrait immédiat des troupes rwandaises des territoires congolais et la démission du président.

 

Quelque 270 manifestants, selon les chiffres de la police, sont partis du boulevard Albert II à Bruxelles vers 14H30 et ont rejoint en fin de parcours la Bourse.

La dislocation des manifestants a eu lieu vers 17H00. "Le génocide au Congo : 10 millions de morts, l'extermination du peuple", "Le Congo est notre chère patrie, nous sommes un peuple souverain", "Kabila doit partir", pouvait-on lire sur des calicots.

A mi-parcours, plusieurs manifestants se sont couchés sur le boulevard Anspach, perturbant le trafic automobile dans les deux sens du boulevard. La manifestation s'est déroulée sans incident, selon la police.

"En autorisant l'armée rwandaise à entrer sur le territoire congolais, Kabila a trahi officiellement le peuple congolais et violé la constitution du pays. On ne peut accepter cela. Nous demandons la démission de Kabila qui est un allié du président rwandais Kagamé. Kabila veut fragiliser notre pays et notre armée", a déclaré Henry Muke, l'un des organisateurs de la manifestation.

A l'occasion de cette manifestation, les organisateurs avaient publié un mémorandum destiné aux autorités des institutions de la communauté internationale et aux chefs d'Etat de pays de l'Union européenne et des Etats-Unis.

"Le peuple congolais dans son ensemble s'indigne de l'accord récent de collaboration signé entre le gouvernement de Joseph Kabila et la régime rwandais de Paul Kagamé consacrant le retour officiel des troupes rwandaises sur le territoire congolais. Personne n'ignore la barbarie et la cruauté dont les forces armées étrangères ont fait preuve sur les populations civiles congolaises", écrivent les auteurs du mémorandum.

"Le peuple congolais prend à témoin la communauté internationale sur les conséquences désastreuses qui découleront de ces opérations 'Congo-Rwanda' sur les citoyens et le territoire congolais. Car là où le Rwanda opérait en cachette, M. Joseph Kabila vient de lui donner une voie officielle, c'est-à-dire permettre que l'armée rwandaise envahisse le territoire congolais", écrivent-ils encore à l'adresse des chefs d'Etats européens et américain.

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