24 avril 2009

Pourquoi Kamerhe a-t-il demandé pardon à Joseph Kabila?


Le dernier discours tenu par Vital Kamerhe à son départ de la présidence de l'Assemblée nationale a été largement distribué sur Internet. Il est diversement commenté. Plusieurs compatriotes n'auraient retenu de ce discours que « le pardon » de l'ex-président de l'Assemblée nationale au Président Joseph Kabila. Si certains d'entre eux comprennent pas qu'après le bras de fer ayant opposé Vital à « son frère » Joseph, il finisse par « s'humilier » en demandant pardon, d'autres sont étonnés que ce genre de réflexion soit mené. Ils estiment que la réconciliation au sein d'une même famille politique est la chose la plus normale qui puisse se faire. D'un trait, ils effacent toute une histoire au cours de laquelle Vital a choisi Joseph, l'amnésie étant la chose la mieux partagée dans certains milieux congolais et dans ceux des médias dominants.
Eu égard à ces interprétations, nous avons voulu relire le texte de Kamerhe. Le journal le Potentiel rendant compte de la « passation de pouvoir à l'Assemblée nationale », ce journal note ce qui suit: « Mieux, Vital Kamerhe s'est adressé particulièrement au chef de l'Etat: « Au président de la République, chef de l'Etat, je demande aussi pardon si jamais il s'est senti offusqué par mon comportement. Je lui renouvelle ici et de manière solennelle mon profond respect. » »
Dans ce texte, Kamerhe demande pardon au conditionnel: « si jamais » n'est pas à prendre à la légère. Et puis, Kamerhe ne lie pas son pardon à un acte précis: il parle de son comportement en général. Ceux et celles d'entre nous qui ont lu le sms envoyé aux députés de l'AMP pour qu'ils lâchent Kamerhe savent qu'il lui était reproché plusieurs « péchés ». Soit.
Ce texte ne fait pas directement allusion au bras de fer survenu entre Vital et Joseph au sujet de l'entrée secrète des militaires Rwandais au Congo. Dans son discours d'ouverture de la session de l'Assemblée nationale de mars, Vital Kamerhe se disait étonné que le Président de la République se sente concerné par une question dépendant en tout et pour tout du gouvernement qui, seul, peut répondre devant l'Assemblée. Il demandait aux membres de sa famille politique faisant partie du gouvernement de ne pas se cacher derrière le chef de l' Etat quand ils doivent rendre compte de la gestion du pays.
Mais comme c'est Kabila et son gouvernement parallèle qui avaient pris la grave décision de faire revenir leurs amis Rwandais sur notre sol sans que justice soit rendue aux victimes de leur guerre d'agression, Kamerhe innocentant Joseph passait rhétoriquement à côté de la plaque tout en ouvrant une brèche dans la compréhension de ce qui se passe chez nous: le gouvernement de Muzito est un figurant; il n' a pas l'effectivité du pouvoir. Quand Kamerhe avouait qu'il n'était pas au courant de l'entrée des Rwandais au Congo, il dénonçait, consciemment ou inconsciemment, le mode de fonctionnement du pays depuis qu'il est aux mains du « conglomérat d'aventuriers » venus chez nous dans les valises de l'AFDL.
En effet, si nous remontons l'histoire de notre pays depuis « la libération du 17 mai 1997 », nous nous rendrons compte que tous les gouvernements formés n'ont pas échappé à leur parallélisation. Et Kamerhe n'a jamais rien dit. Pourquoi? Pour une raison toute simple: il est l'un des idéologues de ce mode de fonctionnement politique chez nous.
Quand il demande pardon pour « son comportement » en général, il nous semble qu'il regrette d'avoir mis à nu le modus operandi de leur réseau maffieux: faire croire dans les apparences alors que l'effectivité du pouvoir est ailleurs. Les plus sceptiques d'entre nous sur ce modus operandi feraient mieux de lire le texte d'une ONG néerlandaise intitulée « L 'Etat contre le peuple ». A la fin de ce texte, il y a une lettre adressée au Secrétaire général du PPRD, Vital Kamerhe. Cette lettre contient les noms de certains véritables acteurs de premier plan de tout ce qui se passe au Congo aujourd'hui. Pour dire les choses simplement, la demande de pardon de Kamerhe se formulerait de la façon suivante: « Joseph, je regrette d'avoir trahi les secrets de notre mode de fonctionnement. Mon amour du verbe et le reste de ma lucidité m'ont joué un tour. Franchement, trop parler peut tuer! Que puis-je faire maintenant? Te demander pardon
publiquement tout en servant un discours rempli de bonnes intentions sur le fonctionnement de l'Assemblée nationale. Je ne manquerai pas de prendre à mon piège ces Congolais friands de beaux discours même s'ils sont vides de sens. Les « honorables » ayant rompu avec le véritable sens de la citoyenneté m'applaudiront. Ils diront que je suis un homme d' Etat et nous poursuivrons notre jeu des dupes. » Nous en sommes là. Et le jeu des dupes tend à sa fin! Le livre de Charles ONANA intitulé « Ces tueurs Tutsi. Au coeur de la tragédie congolaise », pourrait nous aider à étoffer notre argumentaire en mettant davantage à nu le jeu du « raïs » et de sa cour. De toutes les façons, la guerre d'agression n'a pas pris fin à l'est de notre pays. Nos compatriotes y sont tués, nos femmes et filles violées, nos maisons incendiées. (A suivre)

J.-P. Mbelu

19 avril 2009

Les petits secrets d’une victoire...sans péril

Evariste Boshab a été élu président de l’Assemblée nationale aux alentours de 4 heures du matin, samedi 18 avril. L’homme doit son «triomphe» moins à ses qualités personnelles qu’aux actions discrètes menées par l’«autorité morale» de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP), en l’occurrence Joseph Kabila, auprès de 300 députés étiquetés AMP, reçus mercredi dans la Ferme présidentielle. Certaines sources font état d’une «réconciliation» qui serait intervenue avant le vote, vendredi 17 avril, entre le «raïs» et Vital Kamerhe...

«Ce pays est dirigé à coup de corruption. Joseph Kabila l’a d’ailleurs reconnu dans l’interview qu’il a accordée au New York Times. Les Congolais aiment l’argent facile pour jouir de manière ponctuelle en attendant une autre corruption.» Ancien ministre de l’éphémère gouvernement d’Etienne Tshisekedi et médecin de son état, Tharcisse Loseke Nembalemba n’a pas trouvé des mots assez durs pour fustiger l’élection d’Evariste Boshab à la Présidence de la Chambre basse du Parlement congolais.

Un seul tour de vote a donc suffi. Evariste Boshab, secrétaire général du parti présidentiel PPRD, a obtenu 329 voix sur 484. Un score digne d’un leader nord-coréen. François Muamba, Idambito Bakaato et Gilbert Kiakwama kia Kiziki n’ont recueilli respectivement que 75, 54 et 15 voix. Le suffrage récolté par Kiakwama surprend dans la mesure où son groupe parlementaire compte une trentaine de députés. Devrait-on conclure que sa propre famille politique lui auraitt fait des infidélités ? Etrange.

Lutte contre la corruption

Dans sa toute première déclaration, Boshab s’est voulu rassembleur. «Le président de l’Assemblée nationale n’est pas le président de l’opposition, encore moins de la majorité. Il est le président de tous les députés.» A-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr. Contrairement à «Vital» qui avait arraché une certaine marge de manœuvre, «Evariste» est présenté comme étant un «homme servile» à l’égard du «raïs» mais aussi du véritable «l’homme fort» du «clan». Il s’agit du député Augustin Katumba Mwanke. Quelles sont les priorités du nouveau «Speaker» ? Il a cité notamment le contrôle de l’action de l’exécutif en précisant «suivant les normes». Il s’est engagé à mener une «lutte sans merci» contre la corruption. Interdiction de rire.

Les diplomates accrédités à Kinshasa ont sans doute dû étouffer un petit fou-rire en mentionnant dans les messages envoyés au ministère des Affaires étrangères de leur pays respectif que le nouveau président de l’Assemblée nationale de la RD Congo traîne derrière lui des «casseroles». L’homme a été impliqué dans une affaire de corruption, alors qu’il assumait les fonctions de directeur de cabinet de Joseph Kabila. Il s’agit de la destination donnée aux 32 millions de dollars de la SNEL. Une affaire non élucidée à ce jour. Quel est en définitive le secret de la victoire de Boshab, une victoire au demeurant sans péril?

«Champagne, billets verts et 4x4 »

Certains confrères kinois rapportent que mercredi 15 avril, Joseph Kabila a reçu 300 députés. La rencontre, aux allures de garden-party, a eu lieu dans la désormais célèbre «Ferme de Kingakati», propriété du «raïs». Mobutu Sese Seko se repliait à Gbado Lite quand il n’était pas dans le bateau présidentiel, le MS/Kamanyola. Joseph, lui, a trouvé son lieu de villégiature sur la route de Bandundu. L’autorité morale de l’AMP a, à cette occasion, donné un mot d’ordre de vote en insistant sur la «discipline». Le quotidien «Le Potentiel» ne dit pas autre chose : «La victoire écrasante du professeur Evariste Boshab, candidat de la majorité, il la doit à l’autorité morale de l’AMP, président de la république. Le chef de l’Etat a su, lors de la rencontre de mercredi dernier avec les députés de l’AMP, démontrer les vrais enjeux de cette élection du 17 avril.» C’est tout ?

Selon certaines sources, «Joseph» aurait remis à chaque parlementaire une «enveloppe» contenant un montant oscillant entre 2.000 et 5.000 USD. «Le président de la République, confie un député, s’est par ailleurs engagé à prendre à sa charge le solde à payer pour les véhicules 4x4 livrés à ses convives.» La réunion s’est terminée par un grand barbecue. Le champagne a coulé à flots. «Ce fut un géant méchoui. Une fête avant la fête. Champagne grand cru, grands vins, blanc et rouge, poulets, viandes diverses, saucisses grillées, etc.», rapporte notre confrère «Le Soft» dans son édition en ligne datée 16 avril. Bel exemple d’«austérité» et surtout de solidarité pendant que la grande majorité de la population continue à tirer le diable par la queue.

Conjurer «l’effet Kengo»

Kabila ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Ceux qui l’ont approché ces derniers jours disent que l’homme avait le moral d’un «gladiateur». Il était prêt «à payer le prix» pour conjurer une propagation de l’«effet Kengo» à la Présidence de l’Assemblée nationale. En mai 2007, Léon Kengo wa Dondo, Sénateur indépendant, avait coiffé au poteau Léonard She Okitundu, candidat du parti présidentiel. Les mauvaises langues racontent que le «She» avait mis du champagne au frais. Un groupe folklorique tetela avait déjà installé ses instruments de musique, au domicile du «She», pour célébrer la victoire annoncée. L’élection surprise de l’ancien Premier ministre du Zaïre avait eu l’effet d’un cataclysme politique dans le camp kabiliste. Au centre de la suspicion, l’article 75 de la Constitution qui stipule : «En cas de vacance pour cause de décès, de démission ou pour toute autre cause d’empêchement définitif, les fonctions de président de la République, à l’exception de celles mentionnées aux articles 78, 81 et 82 sont provisoirement exercées par le président du Sénat.» Kengo a dû presque s’excuser d’avoir battu son challenger. «Quant à l’article 75, déclarait-il dans son discours inaugural, la rumeur publique lui confère une portée politique alors qu’il s’agit d’une disposition éminemment mécanique. Je suis élu président du Sénat et non vice-président de la République avec droit de succession».

Le «raïs» a déployé des talents de «stratège» afin d’éviter toute déconvenue. Rien n’a été négligé. Selon une bonne source jointe au téléphone à Kinshasa, il semble bien que Vital Kamerhe se soit rendu, à son tour, à la Ferme de Kingakati quelques heures avant le lancement du vote au Palais du peuple. Il aurait été reçu par «l’autorité morale» de l’AMP. L’histoire ne donne point des précisions sur l’initiateur de cette «paix des braves». «Kabila et Kamerhe ont fumé le calumet de la paix en scellant leur réconciliation, assure cette source. C’est bien cet événement inattendu qui explique le mauvais score réalisé par le MLC François Muamba. Le secrétaire général du MLC n’a pas pu tirer profit des dissensions au sein de l’AMP.» Notons que, dimanche 12 avril, l’ex-président de l’Assemblée nationale, avait annoncé la création d’un «Courant de réflexion pour la défense de la démocratie et des valeurs républicaines.» Des analystes accréditaient le groupe de 40 à 70 députés. «Après sa rencontre avec Kabila, commente la source, Kamerhe a dû donner une consigne de vote en faveur de Boshab.» Spéculations ? L’avenir le confirmera ou l’infirmera.

Que peut-on attendre d’Evariste Boshab à la tête de l’Assemblée nationale ? Considéré, à tort ou à raison, comme un des «super faucons» de l’entourage présidentiel, ce professeur de droit n’a pas la réputation d’un homme sensible au pluralisme d’opinions. Procès d’intention ? Un député de l’opposition donne sa lecture de l’événement : «L’arrivée de Boshab à la tête de la Chambre basse est une bonne nouvelle pour le PPRD. Cette arrivée constitue un mauvais signal pour la démocratie congolaise. Nous jugerons sur pièce».

Baudouin Amba Wetshi

13 avril 2009

Le Potentiel / LA UNE: Présidence du bureau de l’Assemblée nationale. Boshab, Mwamba, Kiakwama, N’singa … sur la ligne de départKanku, Idambito, les out-siders


Les prétendants à la succession de Vital Kamerhe au poste de président du Bureau de l’Assemblée nationale sont connus. La bataille s’annonce serrée à ce poste. Mais aussi à d’autres postes du Bureau de l’Assemblée où l’AMP et l’Opposition ont décidé de s’affronter. Mais une chose qui frappe aux yeux, le PALU et l’UDEMO n’ont pas présenté de liste « unique » avec l’ AMP. Stratégie électorale ? On le saura le vendredi 17 avril. En attendant, place à la campagne électorale.

Hier lundi 13 avril, le Palais du peuple a été envahi par des candidats venus déposer leurs candidatures à différents postes du bureau de l’Assemblée nationale. Certains n’ont pas hésité à faire une démonstration de force, sûr de remporter la mise. Accompagnés de leurs alliés, tel le cas du candidat du PPRD/AMP, le Professeur Evariste Boshab, ils ont animé cette dernière journée de dépôt de candidatures. A sa sortie du cabinet du rapporteur, Evariste Boshab, optimiste a déclaré ce qui suit : «La Majorité doit prouver qu’elle est majorité. Elle doit élire ses candidats à tous les postes». L’on a noté également une effervescence autour du candidat du Groupe des parlementaires indépendants, GPI, à savoir le député Modeste Bahati, lequel est candidat à sa propre succession au poste de Questeur.

A première vue, la partie s’annonce serrée. L’Alliance de la majorité présidentielle, AMP, et l’Opposition ont décidé de sortir leur grande artillerie pour cette « bataille électorale du 17 avril ». De grsos poissons en ce qui concerne particulièrement la présidence de l’Assemblée nationale. Mais également d’autres postes du bureau.

Si l’AMP tient à contrôler le perchoir de l’Assemblée nationale, il n’en demeure pas moins vrai que l’Opposition est déterminée à ne pas rater le coche. Elle a aligné des candidats, non pas des moindres, à tous les postes. La course est donc engagée.

Aussi, en attendant la publication officielle des noms des candidats par le Bureau sortant, assisté du Groupe technique de travail, voici quelques noms des uns et des autres qui ont déposé leurs candidatures au bureau du Rapporteur de l’Assemblée nationale. Au total, il y a 60 candidats répartis de la manière suivante : 6 à la présidence, 7 à la 1ère vice-présidence, 9 à la 2ème vice-présidence, 5 au poste de Rapporteur, 9 candidats rapporteurs adjoints, 10 candidats Questeurs et 13 Questeurs adjoints. Au poste de président : Evariste Boshab (PPRD), Clément Kanku wa Tshibuabua (Opposition, mais indépendant), Kiakwama Kia Kiziki (Opposition: Chrétiens Démocrates), François Muamba (MLC), Idambito (AMP), N’singa Udjuu (UDEMO), Kanku Clément (Union pour la Nation).

Au poste de 1er vice-président: Me Matadi Nenga (RCD : non inscrit), Me Boris Mbokulaka (AMP : Arc), Me Tshibangu Kalala (PPRD) Jean-Marie Gapemonoko (Udemo).

Au poste de 2ème vice-président : Roger Lumbala wa Tshitenge (Opposition -ODR), Charles Bofasa Djema (Opposition : GR), Rémy Musungayi (MLC), Madame Georgine Madiko (Palu).

Au poste de rapporteur : Emery Okundji (Opposition - ODR mais indépendant), Jemsi Mulengwa (AMP), Francine Kinada (UDEMO).

Candidats Rapporteurs adjoints : Bahitsura Musowa Chadrac (RCD), Martin Mukonkole ( Opposition - ODR).

Au poste de Questeur : Bulambu (AMP), Bolenge Tenge (AMP-MSR), Médard Mulangala Lwa Kabuanga (Opposition - ODR), Modeste Bahati (AMP : GPI), Vunabandi Célestin (RCD).

Candidats questeurs adjoints : Evêque Ejiba Ya Mapia (RCD), Jean-Claude Vuemba (Opposition) ; Ne Mueyato Bopolo (AMP-PDC), Mua Mbuyi Kayiba (AMP-PDC), Elysée Dimandja (Opposition), Claudine Likulia (UDEMO).

LE DEUXIEME TOUR

Au regard de cette liste provisoire, un deuxième tour n’est pas exclu au niveau de certains postes. En effet, si l’AMP a aligné un candidat potentiel en la personne du Professeur Evariste Boshab à la présidence du bureau, l’Opposition se présente avec deux « gros poissons ». A savoir François Muamba et Kiakwama kia Kiziki, avec un indépendant, N’singa Udjuu, le doyen des députés. Comme out-siders, il y a bien sûr Kanku Clément et Idambito.

Au premier tour, la dynamique interne de la plénière de l’Assemblée nationale pourrait influencer les résultats en partant des affinités provinciales pour amener les candidats au deuxième tour. Ceci dans l’hypothèse où, tel que Le Potentiel le démontrait dans les calculs de probabilité, les consignes de l’AMP ne seraient pas respectées.

Si elles le sont, le candidat de cette dernière plate-forme, Professeur Evariste Boshab, a toutes les chances de passer au premier tour. Dans le cas contraire, il sera en ballottage favorable lors du second tour. Il aura besoin dans cette hypothèse que d’une majorité relative que l’AMP peut facilement la lui donner.

A ce stade également, il y a lieu de sonder la stratégie électorale de l’Opposition. Pourquoi a-t-elle aligné plusieurs candidats ?

Autre élément à prendre en compte, la stratégie utilisée par l’ AMP et ses deux partenaires, à savoir le PALU et l’UDEMO. Dans le premier cas, il nous revient que le candidat du PALU a été désigné par autorité en lieu et place de celui que l’on pointait favori ; le député Mukwakani Zénon.

Dans le second cas, il nous revient que l’ UDEMO n’a pas été consulté au moment de l’élaboration de la liste définitive. Serait-ce à cause de la résistance opposée par son représentant lors de la démission collective exigée des membres du Bureau de l’Assemblée nationale ? Possible. Toujours est-il que dans les milieux proches de l’UDEMO, l’on reste ouvert à toute négociation. Mais comme l’AMP n’avait pas tendu la main à son partenaire, dit-on dans ces milieux, et que le facteur temps ne jouait plus en faveur de l’UDEMO, cette formation a joué bon d’introduire la candidature de ses représentants en tant que parti politique.

L’on est là en face des réalités totalement différentes de celles d’il y a deux ans. Mais comme en politique tout est possible, les tractations se poursuivront jusqu’ en dernière minute. En attendant, candidats, à vos marques !

Assemblée nationale : Evariste Boshab, NSinga Udjuu,François Mwamba, Gilbert Kiakwama, tous candidats

Le dépôt des candidatures pour le renouvellement du bureau de la chambre basse du Parlement congolais s’est clôturé lundi à 10h au palais du peuple. Au décompte final, 60 candidats ont été enregistrés par le bureau sortant qui a transmis les dossiers au groupe technique de travail chargé des opérations électorales, rapporte radiookapi.net

 

Les parlementaires en séance plénière (archives)

Donc, 60 candidats sont dans la course pour 7 postes à pourvoir. Parmi ces candidats, 6 sont pour la présidence du bureau, 7 pour la 1ere vice-présidence, 9 pour la 2e vice-présidence, 5 pour le poste de rapporteur, 9 pour celui de rapporteur adjoint, 10 pour la questure, et 13 pour la questure adjointe. Toutes les familles politiques ou presque sont dans la compétition. Parmi les têtes d’affiche, l’on peut citer Evariste Boshab de l’AMP, NSinga Udjuu de l’UDEMO, allié de l’AMP, Baudouin Idambito (AMP) pour la présidence. A ce même poste, l’opposition aligne François Mwamba (MLC), Gilbert Kiakwama (Chrétiens démocrates) et Clément Kanku (UN).

Un seul membre du bureau sortant s’est également porté candidat à sa propre succession. Il s’agit de Modeste Bahati Lukwebo candidat questeur. Il faut signaler aussi qu’à part les candidats présentés par des groupements politiques, il y a des candidatures des indépendants. Des députés qui sans le soutien de leurs structures respectives, ont exprimé leurs ambitions politiques. Ce qui explique le nombre élevé des dossiers enregistrés. Ce mardi, le groupe technique de travail affichera les listes définitives. La campagne électorale se tiendra mercredi et jeudi. Et d’ici là, les tractations politiques se poursuivent au palais du peuple dans els différents camps en présence avant les scrutins prévus vendredi 17 avril. Et le vote se tiendra à bulletin secret.

Copyright Radio Okapi

10 avril 2009

L’Assemblée nationale malade des ingérences du «raïs»

Après avoir contraint les membres du Bureau de la Représentation nationale à la démission au nom d’une prétendue «discipline» de sa mouvance politique, Joseph Kabila s’arroge désormais le pouvoir de co-gérer les finances de la Chambre basse au mépris du principe de séparation des Pouvoirs. On assiste à une inversion de rôle : l’Exécutif contrôle désormais le Législatif.

Dans une lettre n°447/2009 datée 8 avril 2009, le directeur du cabinet présidentiel, Adolphe Lumanu Mulenda Bwana Nsefu, se fondant sur une «instruction» reçue de la «Haute hiérarchie», demande au ministre des Finances «de surseoir au décaissement» d’un montant de 1.550.000 USD (Un million cinq cent cinquante mille dollars) destiné au fonctionnement de l’Assemblée nationale. "Et ce, poursuit-il, jusqu’à la mise en place du nouveau Bureau". En guise de motivation, Lumanu invoque la «situation financière confuse qui s’observe au sein de l’Assemblée nationale autour de l’affectation de l’équivalent de USD 700.000.» Un vent favorable a fait atterrir un fac-similé de cette correspondance sur la table de la rédaction de Congoindependant.com.

Tout a commencé par la découverte faite, mi-mars, par le président de l’Assemblée nationale que plusieurs importantes sommes d’argent ont été décaissées à la Banque Centrale du Congo pour le compte de la Chambre basse. Seulement, celle-ci n’a encaissé aucun «likuta». Trois montants sont épinglés. A savoir : 2.500.000 USD ; 700.000 USD et 1.550.000 USD. Fin mars, fatigués d’attendre le paiement de leurs primes, des membres du personnel administratif de cette Chambre ont organisé un sit-in devant le cabinet du ministre des Finances. Le chahut a été tel que celui-ci a fini par recevoir les délégués syndicaux qui accompagnaient les protestataires. Les manifestants voulaient savoir les raisons du non-paiement de leur dû. En vérité, le long bras de fer Kabila-Kamerhe y est pour beaucoup.

Réquisitoire du PGR

Le ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu, c’est de lui qu’il s’agit, de promettre à ses interlocuteurs d’«obtenir la restitution» du montant de 1.550.000 USD. C’est ici que l’affaire se corse. Selon Matenda, ce fonds a été «consigné» à son cabinet suite à une «demande» du procureur général de la République, Mushagalusha Ntayondeza Ndi. Le PGR a agi en exécution de son réquisitoire
n° R.I.1260/D.023/16712/PGR/SEC/09 du 25 mars 2009. Ainsi va la justice congolaise. Elle agit là où elle ne devrait pas. On peut gager que ce haut magistrat - qui n’a jamais fait mystère de son inféodation au «clan kabiliste» - a reçu des instructions de la même «Haute hiérarchie». Questions : pourquoi le directeur du cabinet présidentiel intervient-il dans le même dossier que le PGR? La lettre du directeur Lumanu aurait-elle été anti-datée? Pourquoi? Le montant en cause a-t-il utilisé à d’autres fins par la Présidence de la République? Force est de remarquer que près d’un mois après la rentrée parlementaire, les questions relatives à l’argent occupent le clair du temps des députés. Signe de la petitesse d’esprit qui règne au sommet de l’Etat.

Lundi 6 avril, une commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale, composée de quinze membres, a été chargée d’approcher le ministre des Finances. «La commission d’enquête a été mise en place conformément à la résolution de la plénière de l’Assemblée nationale, pour que nous puissions retracer les fonds payés par le trésor public en faveur de l’Assemblée nationale», déclarait le très actif député Emery Okundji. Et d’ajouter : «Nous avons 48 heures et nous ferons rapport à la plénière de l’Assemblée nationale».

Un «grand corps malade»

Depuis janvier dernier, l’Assemblée nationale n’a plus rien d’un haut lieu de la démocratie et de la sauvegarde des droits et libertés. Cette institution nationale ressemble désormais à un «grand corps malade». Malade de l’interventionnisme déstabilisant de Joseph Kabila et de sa clique maffieuse. Après la démission forcée des membres du Bureau, la «Haute hiérarchie», selon la formule consacrée, a dû se faire violence pour accepter l’idée de laisser l’équipe démissionnaire continuer à expédier les affaires courantes jusqu’à l’entrée en fonction du futur staff dirigeant. Ce qui implique l’organisation de l’élection des membres du futur Bureau. «Joseph» n’a-t-il jamais entendu parler de la «continuité de l’Etat» ?

On apprenait finalement que l’élection des membres du futur Bureau sera organisée par l’équipe sortante dirigée par Vital Kamerhe. La «Haute hiérarchie» n’entend nullement s’avouer vaincue. Elle fait proposer, via ses «petits soldats» tapis au sein de l’auguste assemblée, que «la charge des opérations électorales, notamment l’enregistrement des candidatures, la préparation des urnes et isoloirs ainsi que le scrutin », revienne «au groupe technique de travail». C’est le compromis trouvé mardi 8 avril par la plénière. Les députés ont débattu toute cette journée pour arriver à cette «solution». Si tout va bien, les membres du futur Bureau de l’Assemblée nationale seront élus le 17 avril. Leur installation est fixée au 20.

Une chose paraît sûre : Joseph Kabila et sa mouvance sont conscients de leur incapacité à survivre dans un système réellement démocratique. Ils sont déterminés à museler l’Assemblée nationale ; à placer des hommes liges dans le futur Bureau afin de paralyser la Représentation nationale tout au moins dans son rôle de contrôleur de l’action de l’exécutif. La mise sur pied en janvier dernier de 11 commissions parlementaires chargées d’auditer les entreprises d’Etat mais aussi des établissements publics tels que la Banque Centrale du Congo avait fait l’effet d’un coup de tonnerre au sein de la mouvance kabiliste. «La seule idée d’auditer la Banque Centrale du Congo équivaut à une déclaration de guerre pour Joseph Kabila, dit un expert. C’est là que le «raïs» se restaure».

Baudouin Amba Wetshi

08 avril 2009

Pas plus de 7 Congolais non-corrompus autour du chef, Kabila au New York Times


Plusieurs d'entre nous ayant rompu avec la lecture et les analyses approfondies sur l'état de notre pays, il est plus ou moins sur qu'ils ne liront pas la dernière interview accordée par Joseph Kabila à New York Times. Certains compatriotes ne la liront pas tout simplement parce qu'ils sont convaincus que du « raïs » ne peut sortir rien de bon. Par conviction, nous nous croyons que l'autre, fut-il un ennemi, il ne faut ni le mépriser ni se fermer à ce qu'il dit. « Bubi mbwa matshi, mbwimpe, mbwa matshi », dit-on dans ma langue vernaculaire. Notre souhait est que les compatriotes n'étant pas encore arrivés à une haine viscérale de Joseph Kabila lisent cette interview et partagent leurs interprétations avec les filles et les fils de notre peuple. Nous nous le dirons jamais assez, pour cacher certaines choses à une certaine catégorie de Congolais(es), on les met dans les livres. Les compatriotes « mangeurs » ont tout intérêt à lire les textes de ce genre. Ils pourraient se rendre compte que celui qu'il considère comme leur autorité morale a du mépris pour eux. Tenez. Depuis qu'il est au pouvoir en 2001, Joseph Kabila travaille officiellement avec des centaines de Congolais et de Congolaises. Depuis 2006-2007, il y a un gouvernement comprenant plus ou moins cinquante personnes. Il y a son cabinet présidentielle, sa maison civile, ses collaborateurs militaires, les différents services de sécurité, un Parlement où trône une majorité dite présidentielle. Que Joseph avoue qu'il n'a pas, au jour d'aujourd'hui 15 personnes de convaincues, déterminées, résolues pour l'aider, cela devrait interpeller la manducratie josephiste .

La majorité de « mobutistes » corrompus autour du « raïs »

Voici la question de New York Times: « Avez-vous les bonnes personnes pour vous aider? »
La réponse de Kabila est précédée d'une longue pause. Il réfléchit et comptabilise... Après la pause, la réponse tombe: « Mobutu a dirigé ce pays pendant 32 ans. Il a créé une classe politique et a créé une mentalité et nous n'avons pas encore mis fin à cela. Les anciennes méthodes sont toujours là: corruption, mauvaise gestion, et de tout cela. Notre plus grande erreur, c'est que nous n'avons pas trouvé assez de temps pour transformer et former nos propres cadres. On n'a pas besoin d'un millier de personnes pour transformer un pays. Non, on n'a besoin que de 3,4,10, 15 personnes avec des convictions, déterminées et résolues. Ai-je ces 15 personnes? Probablement, 5,6,7, mais pas encore 15. » (La traduction est empruntée au journal kabiliste L'Avenir au quotidien de ce mardi 7 avril 2009 et nous soulignons.)
La réponse de Joseph Kabila appelle un temps de réflexion. Si après au lendemain de l'indépendance nominale de notre pays nous ne comptions qu'une dizaine de diplômés, après la Révolution du 17 mai 1997, nous ne comptons pas dans les ranges du pouvoir plus de 15 personnes « avec des convictions, déterminées et résolues » capables d'aider Joseph Kabila à remettre le Congo sur les rails! Et pourtant « le raïs » est entouré par les juristes, les économistes et les autres constitutionnalistes congolais! Aussi, Joseph n'a pas réussi, après plus de cinq ans à la tête du pays, à former « ses propres cadres »! Supposons qu'il en ait déjà formé 7, pour qu'il atteigne le chiffre 15, il devra encore rester plus de cinq ans au pouvoir! Donc, il lui faudra un deuxième mandat.
Mais si « le raïs » s'est maintenu au pouvoir jusqu'à ce jour aux côtés de mobutistes corrompus, mauvais gestionnaires, sans conviction et détermination, ce qu'il a su partager les mêmes anti-valeurs que ceux qu'ils décrient. Et en tant que « chef », il n'a jamais eu suffisamment de courage pour envoyer ces corrompus en prison bien qu'il ait clamé tout haut à son discours d'investiture que la récréaction était terminée et que les portes de la prison allait être grandement ouvertes.
Comment Joseph Kabila peut-il justifier la disqualification de plusieurs de ses collaborateurs dans un journal américain? Et puis, de quelle expertise « le raïs » se réclame-t-il quand il dénonce son erreur en avouant qu'il n'a pas eu le temps de former ses propres cadres?
Pour ceux et celles d'entre nous qui savent que « les crimes organisés en Afrique centrale » ont bénéficié des services anglo-saxons, il est possible que Joseph soit en train d'envoyer un signal fort à ses « parrains » pour expliquer sa méthode de travail. Les Congolaises et les Congolais de son entourage étant majoritairement corrompus et mauvais gestionnaires, il peut travailler officiellement avec eux et officieusement avec les Ougandais et les Rwandais. (Un compatriote de l'est de notre pays ayant requis l'anonymat nous a confié que Joseph Kabila a travaillé avec sa petite amie Ougando-Sierra Leonaise, Finda. Elle a géré le Fonds Social Congolais. Présentement, il travaille avec M. Mahuku, un sujet Rwandais. Il l'a chargé de la gestion de la question des Interhamwe à l'est du pays.)
A la lecture de la réponse de Joseph Kabila à New York Times, on se croirait en présence d'un Karel De Gucht, Ministre des affaires étrangères Belge, affirmant qu'il n'a pas trouvé au Congo, autour de Kabila, des hommes politiques dignes de ce nom. Quand on connaît toutes les misères que les propos de De Gucht ont suscité et qu'on entend le même discours de la bouche du « raïs », on se dit: « ça sent mauvais ». Face à l'échec patent d'une politique fondée sur l'exclusion, la violence, la corruption et le mensonge, Joseph trouve vite des boucs émissaires: Mobutu, les mobutistes et la mentalité mobutiste. Cette interview aurait été convaincante si Joseph pouvait citer trois ou quatre mesures phares prises pendant ses 7 ans de règne pour un bonheur congolais partagé. Il n'y a en pas eues.
Si pour transformer un pays, il ne faut pas être un millier de personnes, Joseph aurait pu faire quelque chose avec « ses 5, 6 ou 7 ». Et pourtant, il n'y a rien, à l'exception de la mort qu'il a semée au Congo, dans ses coins et recoins.
Cette politique qui consiste à croire et à faire croire que les mauvais sont toujours les autres Congolais(es) est caractéristique du règne kabiliste. Il s'associe ses « ses rhinocéros » pour « écraser » les meilleurs d'entre nous: ceux-ci s'exilent ou tombent sous ses balles. Il s'entoure des laudateurs-mangeurs et finit par les accuser de corrompus et de mauvais gestionnaires. Il y a, à travers les propos de Joseph Kabila, une très haute idée de lui-même et un mépris pour ceux qui, à ras-le-sol, l'ont appelé « papa », « mon président », pour ramasser les miettes tombant de sa table.
Cette politique participe de l'idéologie ou des pseudo-justifications tutsies disqualifiant, en bloc, tous les Congolais, pour faire main basse sur les ressources du sol et du sous-sol de notre pays.
Nous avons tous été classifiés dans les BMW. Donc, Josepk Kabila ne dit rien de neuf.
N'empêche qu'avec le temps, il ait fait l'expérience de la frivolité de certains d'entre les animateurs des institutions actuelles du pays, capables de vendre père,mère, femmes et enfants pour rouler dans les 4X4 et manger chez SHE TEMBA KAYEMBE avec les filles de la rue.
En effet, il aussi plus facile, pour nous Congolais, de croire plus à un complot extérieur contre notre pays que de faire l'inventaire des comportements primaires de certains d'entre nous face au boire et au manger, face à l'argent et à la femme. Si un homme fort garde bien sa maison, nous disent les Ecritures, personne ne peut la dévaliser. Ce que nous subissons est aussi les fruit des turpitudes de certains d'entre nous, de leur nombrilisme et de leur foi aveugle en des diplômes vides de savoir, de savoir-être, de faire, de savoir-faire et de sagesse.

L'Union européenne, la Banque mondiale et le FMI au banc des accusés

Néanmoins, la bouc-émissairisation josephiste va au-delà des frontières congolaises. Joseph a conçu cinq chantiers sans un sous. Il appartenait à l'Union Européenne, au FMI, à la Banque mondiale et aux U.S.A. de les financer. « Nous avons dit que nous avions cinq chantiers: les infrastructures, la santé, l'éducation, l'eau, l'électricité et le logement. Maintenant, comment pouvons-nous faire face à ces priorités? Nous avons besoin d'argent, beaucoup d'argent, affirme Joseph Kabila. Pas de 100 millions de dollars US de la Banque mondiale ou les 300 millions du FMI. Non, nous avons besoin de beaucoup d'argent, et surtout que nous sommes toujours en service d'une dette de près de 13 milliards de dollars. Et qu'il est de 50 ou 60 millions de dollars US par mois, ce qui est énorme. Vous me donner 50 millions de dollars chaque mois pour le secteur social et nous allons de l'avant.(...)Mais nous avons dit: oui, nous avons des priorités, et
nous avons parlé à tout le monde. Américains, avez-vous de l'argent? Non, pas pour le moment. L'union européenne, vous avez trois ou quatre milliards pour ces priorités? Non, nous avons nos priorités. Ensuite, nous avons dit: pourquoi ne pas parler à d'autres personnes, les Chinois? Alors nous leur avons dit, avez-vous l'argent? Et ils ont dit, oui, nous pouvons discuter. Donc, nous avons discuté. »
Comment Joseph Kabila qui regrette de n'avoir pas eu le temps de former ses propres cadres peut vouloir faire des priorités du Congo les priorités des autres? A quoi allait-il former ces cadres? A une politique économique extravertie? Au paiement d'une dette odieuse? A la mendicité?
Par innocence ou par bêtise, Joseph Kabila affirme qu' « il ne comprend pas pourquoi ils (ceux qui ont refusé de lui donner de l'argent pour ses chantiers) nous ont dit de ne pas signer ces accords. Probablement, explique-t-il, parce qu'il y a beaucoup d'ignorance, l'ignorance de la façon dont notre situation est difficile. Bien sûr, lorsque vous êtes assis à Washington ou vous êtes assis à New York, vous croyez que tout le monde est comme à Washington ou à New York. Mais les gens souffrent. Qu'est-ce qui m'a révolté moi? C'est le fait qu'il y ait une résistance à cet accord sans faire une contre-proposition. » Et pourtant, la contre-proposition est faite: le Congo renonce aux accords avec la Chine, le FMI l'embrigade dans le programme d'ajustement structurel, la Banque mondiale s'arrange avec la Chine pour qu'elles travaillent ensemble sur le dos des Congolais(es)...
Par innocence ou par bêtise, Joseph Kabila avoue que pour certaines questions engageant le devenir commun des Congolais(es) les décisions se prennent à Washington, à New York,etc. Quand on sait qu'il fait (aussi) allusion aux Institutions Financières Internationales dont le FMI soutenu dernièrement par le G 20, on se dit que les Congolais(es) n' hallucinent pas quand ils parlent de leurs misères et de leurs souffrances, de leurs morts comme participant des « crimes organisés » ailleurs.
Mais que la révolte de Joseph Kabila n'aboutisse pas à la résistance citoyenne contre la résistance de ceux qui décident à Washington et à New York , cela trahit les limites de la politique Kabila et de la majorité au pouvoir. Pour dire les choses autrement, à travers la révolte du « raïs », il y a un aveu d'impuissance face à ceux qui l'ont fabriqué pour servir leurs intérêts.
Comme pour Mobutu, Laurent Désiré Kabila, Vital Kamerhe, cette sortie médiatique risque de signer la fin politique de Joseph Kabila. Tel est le fonctionnement du marionnettisme: dès que la marionnette coupe le cordon ombilical, dit sa part de vérité, il signe sa mort politique. La mort physique peut s'en suivre. Le cynisme des « maîtres du monde » souffre de la lumière du jour jetée sur ce qu'ils appellent « leurs intérêts ».La chute du mur de Berlin et Mobutu, dignité pour l'Afrique. Entretiens (de Mobutu) avec Jean-Louis Remilleux ont signé la mort politique du dernier Maréchal de l'Afrique. Le retournement d'alliance entre Laurent Kabila et ses « parrains » a sonné le glas du règne du « soldat du peuple ». L'étonnement de Kamerhe face au secret dont a été couverte l'entrée des miliaires Rwandais au Congo lui a coûté sa chaise présidentielle au Parlement. Il est possible que Joseph joue à la diversion... L'avenir
nous le dira.

J.-P. Mbelu

06 avril 2009

Un « trou » de 7 millions USD à l'Assemblée Nationale


Révélée par Le Phare dans son édition de mardi, l’affaire de l’évasion de plusieurs millions de dollars américains destinés au fonctionnement de l’Assemblée Nationale et à la paie des émoluments de ses membres continue de défrayer la chronique. Alors que députés et fonctionnaires de cette institution de la République n’arrêtent pas de fulminer de colère à l’endroit du réseau maffieux planificateur du détournement, une autre révélation vient ajouter à leur courroux.

Il s’agit de la découverte de certaines pièces de nature à conduire vers le pot aux roses. On fait état en effet de l’existence d’un Ordre de Paiement Informatisé, émis le 18 mars 2009, et portant le numéro 153543, pour servir au débit du compte du Trésor au profit de l’Assemblée Nationale. L’ordonnateur, jusque-là non connu, a utilisé le comptable principal Code 0536, le nommé Lufulu, pour son dépôt.

Avec l’identification formelle de cet OPI, l’opération maffieuse qui paraissait n’avoir pas laissé de traces, offre désormais une piste de nature à permettre de remonter la filière. On espère que toutes les questions que se posent les députés nationaux en particulier ainsi que l’opinion publique en général vont trouver des réponses dans les jours à venir. A en croire les dernières nouvelles en circulation au Palais du Peuple, le « trou» provoqué par les pilleurs des fonds destinés à l’Assemblée Nationale dépasserait les 7 millions de dollars américains.

Des membres de la Représentation Nationale joints par Le Phare ont juré d’inscrire le dossier à l’ordre du jour de la session en cours. En plus de la mission d’audit déjà sollicitée par leur président, Vital Kamerhe, auprès de la Cour des Comptes, ils se proposer d’exiger la mise sur pied, toutes affaires cessantes, d’une commission d’enquête propre à l’Assemblée Nationale.

L’objectif non avoué est que toute la lumière soit fait au sujet des personnes qui se sont amusées à saigner les caisses de l’Etat, sous couvert de l’Assemblée Nationale. Au niveau du Bureau de cette institution, l’ordonnateur principal des dépenses, Vital Kamerhe, ainsi que le Questeur, Bahati Lukuebo, ignorent tout de l’émission de l’Ordre de Paiement Informatisé ayant abouti au pillage de ses ressources financières, pendant que les députés et le personnel d’appoint tirent le diable par la queue. Affaire à suivre

03 avril 2009

Le Potentiel / Renouvellement du bureau : l’AMP en marge de la Constitution

 

C’est la jungle. L’heure est grave. Le spectacle auquel on assiste depuis plus de deux mois au sein de la chambre basse du Parlement ressemble à un « théâtre de chez nous ». La haine et les passions ont remplacé la raison.

Hier jeudi 2 avril 2009, les élus du peuple se sont retrouvés en plénière en la salle des Congrès du Palais du peuple. L’ordre du jour comportait trois points, à savoir : l’adoption de l’ordre du jour, la démission des autres membres du bureau et le renouvellement du bureau.

Après l’adoption de l’ordre du jour, le bureau a convié les députés à accepter la démission des autres membres du bureau comme c’est fut le cas lors de la démission de Vital Kamerhe c’est-à-dire, une démission « sans débat ni motion ».

Cette proposition a rencontré une résistance de la plénière. « Nous assistons à une situation irrégulière qui ne s’est jamais produite dans aucun pays du monde. C’est le départ du président de l’Assemblée nationale qu’on voulait obtenir. L’on ne peut pas comprendre par quelle magie d’autres membres du bureau devaient subir le même sort », a déclaré Vital Kamerhe.

STATUER SANS PASSION

A cette étape, le député Clément Kanku wa Tshibuabua est monté au créneau pour faire savoir à ses compères que le terme « mandat impératif » doit être entendu comme un acte établissant un support de droit entre le mandataire et les mandants.

Pourquoi cet article suscite tant de remous au sein de notre classe politique ? C’est tout simplement parce qu’il consacre le caractère indépendant de notre mandat. « Nous devons décider en âme et conscience et non sur injonction de telle ou telle autre personne », a fustigé Clément Kanku.

Avant d’indiquer qu’il serait judicieux de comprendre le sens des actes que certains d’entre les députés posent, leur répercussion sur le fonctionnement de la chambre basse du Parlement et on doit statuer sans passion sur la relation de cause à effet entre ses actes posés et le caractère impératif du mandat de ceux qui les ont passés.

D’autres députés, intervenant sur la démission des membres du bureau, ont estimé que comme cela ne dépendait pas de démissionnaires, il aurait fallu qu’on vote au cas par cas. Cette proposition a, une fois de plus, suscité des remous dans la salle.

A cette occasion, Roger Lumbala, président de l’ODR prendra la parole en vue de démontrer aux députés de l’AMP que leur famille politique ne les aimait pas. Cela, pour les avoir « sacrifié », a-t-il dénoncé.

A cet effet, Vital Kamerhe, président sortant de l’Assemblée nationale en a profité pour rappeler à l’ordre sa corporation politique. Il a estimé qu’il n’y avait pas de raison de faire partir tous les membres du bureau qui n’ont rien fait à cause d’un individu.

UNE COMMISSION SPECIALE

Passant au point relatif au renouvellement du bureau, le député Tunda Ya Kasende du Pprd est intervenu en qualité de porte-parole de son parti. Dans son intervention, il exige la mise sur pied d’une commission spéciale devant organiser les élections de nouveaux membres du bureau. Pour lui, le président sortant ne devait pas être à la fois juge et partie. Il a été soutenu dans sa démarche par les députés Munayi, Me Mbuyu, Nkulu Mwenze, Tshibangu Kalala.

Cette motion a suscité de fortes tensions dans la salle des Congrès du Palais du peuple, d’autant que les députés AMP ne partageaient pas cette proposition.

Avant de donner la parole à quelques intervenants, Vital Kamerhe a demandé à ceux qui lui en veulent de lui dire quel mal il y avait de le voir organiser les élections de nouveaux membres du bureau. Il s’est, en outre, posé la question de savoir ce qu’il a fait pour mériter ce sort. Il a voulu être rassuré si le Pprd l’avait déjà chassé du parti surtout qu’il n’est pas candidat à sa propre succession.

« Comme j’ai eu à le dire à la plénière du 16 mars 2009, je ne pouvais pas laisser le pouvoir dans la rue comme ma famille politique me l’avait demandé. J’ai tenu à la légalité et j’ai démissionné devant la plénière. Je reste encore légaliste jusqu’à la remise et reprise avec le nouveau bureau. Bref, le bureau démissionnaire va organiser le renouvellement du bureau conformément aux lois de la République », a-t-il précisé.

L’OPPOSITION MENACE DE BOYCOTTER LE VOTE

Devant cette interprétation erronée de la loi, Delly Sessanga Ipungu, président de la Commission PAJ, a tenu à fixer les députés que la Constitution et le Règlement intérieur ne donnent pas une possibilité à un quelconque bureau provisoire de siéger en lieu et place du bureau démissionnaire, soit-il. « Agir autrement, conduira à la dissolution de l’Assemblée nationale », a-t-il prévenu.

De son côté, François Mwamba, secrétaire général du MLC, a déclaré : « Si la plénière mettait sur pied une commission spéciale, le vote se fera sans l’opposition ». Jean-Lucien Busa a, quant à lui, interpellé les députés sur leur responsabilité à s’assumer comme élus du peuple.

C’est à ce niveau que Justin Bitakwira de l’AMP a voulu savoir s’il se trouvait devant les diplômés ou alors des intellectuels.

La sagesse se trouvant dans la bouche des vieux, le député N’singa a rappelé ses collègues à l’ordre. « Qu’est-ce que vous craignez ? Quel danger y’a-t-il quant à laisser ce bureau organiser les élections. Suivons ce qui se passe dans les Etats supposés respectueux des textes. Comment comprendre que les membres du bureau démissionnaire que nous avons vénérés hier soient considérés comme des voyous aujourd’hui. Ayons le sens de l’Etat », a-t-il martelé.

C’est suite à son intervention poignante que Boris Boku Laka demandera au bureau sortant de suspendre la plénière pour des conciliabules entre groupes parlementaires. Ainsi, il a été demandé aux groupes parlementaires de se réunir autour du bureau sortant endéans quarante huit heures pour harmonisation des vues sur cette question combien importante.

KINKIEY MULUMBA ACCUSE DE DETOURNEMENT

Signalons en passant que le député Hamuli est intervenu par motion pour dénoncer le détournement des fonds du Groupe Parlementaire des Indépendants (GPI) par le député Kinkiey Mulumba. L’intervenant a sollicité le concours de la plénière en vue de l’aider à récupérer cette somme importante dont les détails seront communiqués au bureau.

Suite au détournement de 1.500.000 Usd de l’Assemblée nationale, la plénière a mis sur pied une commission devant enquêter dans quarante huit heures sur la destination de cet argent. La même commission ad hoc devra auditer sur la corruption des députés. Cela, suite au silence coupable dont a souffert les députés membres de l’AMP dans la salle des Congrès du Palais du peuple chaque fois que la question relative au détournement des fonds destinés à la chambre basse du Parlement était posée.

Par  medard muyaya

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