07 juillet 2009

AfricaNews: LES LEÇONS DU SOMMET DE SYRTE. JP BEMBA, Le soutien des Africains

 

Au cours desdites assises, l'Afrique a parlé d'une même voix en mettant Moreno Ocampo devant ses responsabilité s. La plupart des Etats non signataires des Statuts de Rome instituant la CPI ont été réconfortés dans leur position à l'image de la Libye, hôte du sommet. Des délégations des Etats signataires des statuts de Rome présentes à ces assises ont été contraintes, par la force des choses, à se mettre au pas et à se ranger derrière la majorité.
  Cette prise de position de l'Afrique exprimée à Syrte se présente comme un soutien à tous les RD-Congolais qui croupissent à La Haye dont les procès prennent les contours d'une véritable éternité. Les RD-Congolais qui y sont détenus ne bénéficient à tous égards de l'exercice de principes universellement admis applicables dans les procédures judiciaires. Ils sont tout à fait laissés en pâture au bon vouloir de Moreno qui règle la  procédure à son souhait et détermine même la cadence des audiences. On a l'impression que la vie et la mort de ces détenus sont entre les mains du Procureur Moreno au lieu qu'elle soit entre celles de la justice internationale qui les poursuit pour des supposés crimes leur imputés.

La RD-Congo qui passe pour le grand fournisseur de la CPI, aura vu ses concitoyens remplir en un temps record, les cellules de la Cour. Il s'agit de Thomas Lubanga, Matthieu Ngudjolo, Germain Katanga et JB Bemba. Ce qui, de l'avis de nombreux analystes, fait penser à un acharnement en règle contre le pays de Patrice Lumumba. Le cas JP Bemba dont les charges ont plus d'une fois été modifiées selon le temps et les circonstances, est symptomatique de la fixation démentielle faite sur cette personnalité au point d'hypothéquer tout un destin politique. A cet égard, que les Africains réunis à Syrte puissent se convaincre de l'instrumentalisation de la CPI, il ne s'agit là ni plus ni moins que d'un soutien déclaré et du désaveu de la Cour. Ce soutien, le Chairman en a vraiment besoin surtout en ce moment où sa demande de liberté provisoire attend encore la réaction des pays où il a choisi de vivre jusqu'à ce que la CPI aille déterminer son cas. Bemba retient don son souffle.

 
Dans quelles proportions les conclusions de Syrte peuvent-elles influer sur le cours des événements? Dieu seul sait. Certes, rien ne va fondamentalement changer dans le fond du dossier, mais il reste que l'image de la CPI a été écornée.

Elle va de plus belle se désagréger dans l'opinion internationale au risque de freiner quelques appétences d'adhésion de certains Etats africains. C'est fort de ce soutien que JP Bemba pourra donc effectuer, sous forte escorte, le déplacement de Belgique pour s'incliner sur la tombe de son géniteur Jeannot Bemba. Une situation qui auréole davantage sa forte personnalité.

Bastion de l'opposition occidentale, la Belgique risque, à l'occasion, de le porter en triomphe. De quoi donner des insomnies au pouvoir de Kinshasa obligé d'imaginer des stratégies pour arrêter cette spirale de popularité qui, depuis quelques temps, recouvre la personne du leader du MLC.

Entre-temps, nombreux sont des RD-Congolais qui s'interrogent sur ce que sera l'attitude de Joseph Kabila, une fois que la dépouille de Jeannot Bemba va échoir à Kinshasa, en transit pour son village natal.

Déjà, pour compatir à la douleur qui frappe la famille du sénateur décédé, Joseph Kabila avait transmis un message au président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, le priant de lui transmettre ses condoléances. De ne l'avoir pas fait directement en passant par l'entremise de Kengo a suscité des interrogations dans les salons huppés de Kinshasa. Au vu de ce qui précède, la réaction de Kabila, à l'arrivée de la dépouille dans la capitale, demeure jusqu'à ce jour la grande inconnue. L'avenir nous le dira.

KISUNGU KAS

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