11 août 2009
Arrivée à Kinshasa ce lundi: Hillary Clinton ou le signal fort d’Obama
La République démocratique du Congo et les Etats-Unis s’apprêtent à s’engager dans un tournant déterminant dans le cadre de leur coopération bilatérale. La visite de Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, devrait servir de déclic. Il s’agit des moments difficiles, car d’un côté les Etats-Unis doivent donner un signal fort après douze ans de coopération timide et de guerres de déstabilisation contre la République démocratique du Congo. Et de l’autre, la RDC de réaffirmer sa détermination à prendre en mains sa propre destinée. Washington a-t-il décidé de revenir à de bons sentiments vis-à-vis de la RDC ?
En d’autres circonstances, l’on se serait permis de dire que « l’assassin revient toujours sur les lieux du crime » quand on sait que ce sont des « groupes d’intérêts financiers occidentaux qui ont allumé le feu en RDC ». Avec toutes ces guerres « commanditées » qui ont endeuillé la RDC, détruit ses infrastructures socio-économiques et exécutées par nations interposées.
Mais au regard de la détermination des Etats-Unis d’Obama de faire de l’Afrique une priorité pour qu’elle ne se considère plus comme exclue du monde, l’arrivée à Kinshasa de Mme Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, devrait marquer une nette rupture avec les « faiseurs de guerre ». Elle intervient douze ans après celle de Madeleine Albright, alors également secrétaire d’Etat américaine.
Les Congolais rejettent déjà tout discours académique ou classique, de bonnes intentions. Ils attendent un discours de clarification, de précision pour inaugurer une nouvelle ère de partenariat positif entre la RDC et les Etats-Unis.
Ainsi, après le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Angola, Mme Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine est attendue ce lundi 10 août à Kinshasa. Une visite qui soulève déjà plusieurs interrogations compte tenu des rapports timides, depuis quelques années, entre la République démocratique du Congo et les Etats-Unis d’Amérique. Que faut-il attendre de cette visite ? Question pertinente du fait du changement intervenu à Washington, avec l’élection de Barack Obama à la présidence des Etat-Unis. Mais aussi aux lendemains de graves événements qui se sont précipités en RDC. Or, certaines analyses ont présenté jusque-là, les Etats-Unis comme des « suppôts de ces guerres de 1996 – 1998 » qui devraient conduire à la balkanisation de la République démocratique du Congo grâce au soutien financier consenti par des «groupes d’intérêts financiers occidentaux », politique et militaire fournis aux pays agresseurs.
Aussi, les Congolais refusent ou rejettent tout discours académique ou classique qui se limiterait seulement à de simples bonnes intentions. Ils attendent un discours de clarification et de précision. Mieux, un discours de changement qui doit souligner la nouvelle vision de la politique africaine des Etats-Unis de manière à bien apprécier le rôle que le gouvernement américain entend jouer sur le continent.
LE LIEU DU CRIME
Il est un fait que depuis la fin de la guerre froide, Washington qui passe pour être la première grande puissance dans le monde, a pris ses distances vis-à-vis de Kinshasa pour se rapprocher plus d’autres capitales de la région des Grands Lacs. Cette attitude a renforcé le comportement « arrogant » de ces pays voisins, allant jusqu’ à provoquer deux guerres d’agression contre la RDC, en plus du pillage systématique des richesses congolaises.
Aujourdhui, la RDC compte plus de 5 millions de morts - qu’on n’aborde même pas sur le plan international - et autant de femmes et filles violées. D’ailleurs, Madame Hillary Clinton se rend demain à Goma, au Kivu, là où « ces crimes contre l’humanité » ont été commis pour balkaniser la RDC. En se rendant sur le « lieu du crime », Hillary Clinton constatera sûrement l’étendue des dégâts et se fera une idée plus ou moins exacte des atrocités que les populations congolaises ont endurées. Leur malheur, c’est de disposer d’un vaste territoire que certains milieux occidentaux s’acharnent à faire couper. Leur péché, c’est d’habiter dans un territoire aux immenses ressources, suscitant la convoitise de groupes d’intérêts financiers régionaux et internationaux.
LES ENJEUX DE CETTE VISITE
Comment les Etats-Unis entendent-ils remédier à cette situation et permettent à ce que les richesses congolaises profitent avant tout au peuple congolais ?
Cette interrogation soulève les enjeux de cette visite. Les Etats-Unis ont promis de travailler avec l’Afrique, d’améliorer la coopération économique avec les Etats africains. Très intéressés par le pétrole, des opportunités sont réelles pour permettre à la République démocratique du Congo et aux Etats-Unis d’envisager des accords commerciaux réciproquement bénéfiques dans ce domaine. Mais également dans d’autres secteurs producteurs. Notamment dans les minerais comme l’or, cuivre, étain, colombo tantalite (coltan), bauxite, fer, manganèse, cobalt, charbon et gaz méthane congolais.
Les Etats-Unis peuvent également aider la RDC à améliorer l’agriculture, à rentabiliser ses ressources énergétiques. Il revient aux dirigeants congolais de saisir cette opportunité pour présenter des projets rentables dans le but d’attirer les investisseurs américains.
Il est bien entendu qu’un accent particulier sera mis sur l’environnement politique et celui des affaires. D’une part, sécuriser les institutions nationales en faisant de l’Armée et de la Police de véritables socles des institutions républicaines. De l’autre, assainir les milieux des affaires grâce à des réformes au niveau de l’Administration publique.
Partout où elle est passée, Hillary Clinton a insisté sur la bonne gouvernance et le respect de la démocratie. Elle relaie le discours de Barack Obama qui avait tenu à dire à Accra que les Etats-Unis travailleront avec les pays africains qui feront preuve de bonne gouvernance et de démocratie. Cette question ne manquera pas de faire le tour de la table
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