13 avril 2009

Le Potentiel / LA UNE: Présidence du bureau de l’Assemblée nationale. Boshab, Mwamba, Kiakwama, N’singa … sur la ligne de départKanku, Idambito, les out-siders


Les prétendants à la succession de Vital Kamerhe au poste de président du Bureau de l’Assemblée nationale sont connus. La bataille s’annonce serrée à ce poste. Mais aussi à d’autres postes du Bureau de l’Assemblée où l’AMP et l’Opposition ont décidé de s’affronter. Mais une chose qui frappe aux yeux, le PALU et l’UDEMO n’ont pas présenté de liste « unique » avec l’ AMP. Stratégie électorale ? On le saura le vendredi 17 avril. En attendant, place à la campagne électorale.

Hier lundi 13 avril, le Palais du peuple a été envahi par des candidats venus déposer leurs candidatures à différents postes du bureau de l’Assemblée nationale. Certains n’ont pas hésité à faire une démonstration de force, sûr de remporter la mise. Accompagnés de leurs alliés, tel le cas du candidat du PPRD/AMP, le Professeur Evariste Boshab, ils ont animé cette dernière journée de dépôt de candidatures. A sa sortie du cabinet du rapporteur, Evariste Boshab, optimiste a déclaré ce qui suit : «La Majorité doit prouver qu’elle est majorité. Elle doit élire ses candidats à tous les postes». L’on a noté également une effervescence autour du candidat du Groupe des parlementaires indépendants, GPI, à savoir le député Modeste Bahati, lequel est candidat à sa propre succession au poste de Questeur.

A première vue, la partie s’annonce serrée. L’Alliance de la majorité présidentielle, AMP, et l’Opposition ont décidé de sortir leur grande artillerie pour cette « bataille électorale du 17 avril ». De grsos poissons en ce qui concerne particulièrement la présidence de l’Assemblée nationale. Mais également d’autres postes du bureau.

Si l’AMP tient à contrôler le perchoir de l’Assemblée nationale, il n’en demeure pas moins vrai que l’Opposition est déterminée à ne pas rater le coche. Elle a aligné des candidats, non pas des moindres, à tous les postes. La course est donc engagée.

Aussi, en attendant la publication officielle des noms des candidats par le Bureau sortant, assisté du Groupe technique de travail, voici quelques noms des uns et des autres qui ont déposé leurs candidatures au bureau du Rapporteur de l’Assemblée nationale. Au total, il y a 60 candidats répartis de la manière suivante : 6 à la présidence, 7 à la 1ère vice-présidence, 9 à la 2ème vice-présidence, 5 au poste de Rapporteur, 9 candidats rapporteurs adjoints, 10 candidats Questeurs et 13 Questeurs adjoints. Au poste de président : Evariste Boshab (PPRD), Clément Kanku wa Tshibuabua (Opposition, mais indépendant), Kiakwama Kia Kiziki (Opposition: Chrétiens Démocrates), François Muamba (MLC), Idambito (AMP), N’singa Udjuu (UDEMO), Kanku Clément (Union pour la Nation).

Au poste de 1er vice-président: Me Matadi Nenga (RCD : non inscrit), Me Boris Mbokulaka (AMP : Arc), Me Tshibangu Kalala (PPRD) Jean-Marie Gapemonoko (Udemo).

Au poste de 2ème vice-président : Roger Lumbala wa Tshitenge (Opposition -ODR), Charles Bofasa Djema (Opposition : GR), Rémy Musungayi (MLC), Madame Georgine Madiko (Palu).

Au poste de rapporteur : Emery Okundji (Opposition - ODR mais indépendant), Jemsi Mulengwa (AMP), Francine Kinada (UDEMO).

Candidats Rapporteurs adjoints : Bahitsura Musowa Chadrac (RCD), Martin Mukonkole ( Opposition - ODR).

Au poste de Questeur : Bulambu (AMP), Bolenge Tenge (AMP-MSR), Médard Mulangala Lwa Kabuanga (Opposition - ODR), Modeste Bahati (AMP : GPI), Vunabandi Célestin (RCD).

Candidats questeurs adjoints : Evêque Ejiba Ya Mapia (RCD), Jean-Claude Vuemba (Opposition) ; Ne Mueyato Bopolo (AMP-PDC), Mua Mbuyi Kayiba (AMP-PDC), Elysée Dimandja (Opposition), Claudine Likulia (UDEMO).

LE DEUXIEME TOUR

Au regard de cette liste provisoire, un deuxième tour n’est pas exclu au niveau de certains postes. En effet, si l’AMP a aligné un candidat potentiel en la personne du Professeur Evariste Boshab à la présidence du bureau, l’Opposition se présente avec deux « gros poissons ». A savoir François Muamba et Kiakwama kia Kiziki, avec un indépendant, N’singa Udjuu, le doyen des députés. Comme out-siders, il y a bien sûr Kanku Clément et Idambito.

Au premier tour, la dynamique interne de la plénière de l’Assemblée nationale pourrait influencer les résultats en partant des affinités provinciales pour amener les candidats au deuxième tour. Ceci dans l’hypothèse où, tel que Le Potentiel le démontrait dans les calculs de probabilité, les consignes de l’AMP ne seraient pas respectées.

Si elles le sont, le candidat de cette dernière plate-forme, Professeur Evariste Boshab, a toutes les chances de passer au premier tour. Dans le cas contraire, il sera en ballottage favorable lors du second tour. Il aura besoin dans cette hypothèse que d’une majorité relative que l’AMP peut facilement la lui donner.

A ce stade également, il y a lieu de sonder la stratégie électorale de l’Opposition. Pourquoi a-t-elle aligné plusieurs candidats ?

Autre élément à prendre en compte, la stratégie utilisée par l’ AMP et ses deux partenaires, à savoir le PALU et l’UDEMO. Dans le premier cas, il nous revient que le candidat du PALU a été désigné par autorité en lieu et place de celui que l’on pointait favori ; le député Mukwakani Zénon.

Dans le second cas, il nous revient que l’ UDEMO n’a pas été consulté au moment de l’élaboration de la liste définitive. Serait-ce à cause de la résistance opposée par son représentant lors de la démission collective exigée des membres du Bureau de l’Assemblée nationale ? Possible. Toujours est-il que dans les milieux proches de l’UDEMO, l’on reste ouvert à toute négociation. Mais comme l’AMP n’avait pas tendu la main à son partenaire, dit-on dans ces milieux, et que le facteur temps ne jouait plus en faveur de l’UDEMO, cette formation a joué bon d’introduire la candidature de ses représentants en tant que parti politique.

L’on est là en face des réalités totalement différentes de celles d’il y a deux ans. Mais comme en politique tout est possible, les tractations se poursuivront jusqu’ en dernière minute. En attendant, candidats, à vos marques !

Assemblée nationale : Evariste Boshab, NSinga Udjuu,François Mwamba, Gilbert Kiakwama, tous candidats

Le dépôt des candidatures pour le renouvellement du bureau de la chambre basse du Parlement congolais s’est clôturé lundi à 10h au palais du peuple. Au décompte final, 60 candidats ont été enregistrés par le bureau sortant qui a transmis les dossiers au groupe technique de travail chargé des opérations électorales, rapporte radiookapi.net

 

Les parlementaires en séance plénière (archives)

Donc, 60 candidats sont dans la course pour 7 postes à pourvoir. Parmi ces candidats, 6 sont pour la présidence du bureau, 7 pour la 1ere vice-présidence, 9 pour la 2e vice-présidence, 5 pour le poste de rapporteur, 9 pour celui de rapporteur adjoint, 10 pour la questure, et 13 pour la questure adjointe. Toutes les familles politiques ou presque sont dans la compétition. Parmi les têtes d’affiche, l’on peut citer Evariste Boshab de l’AMP, NSinga Udjuu de l’UDEMO, allié de l’AMP, Baudouin Idambito (AMP) pour la présidence. A ce même poste, l’opposition aligne François Mwamba (MLC), Gilbert Kiakwama (Chrétiens démocrates) et Clément Kanku (UN).

Un seul membre du bureau sortant s’est également porté candidat à sa propre succession. Il s’agit de Modeste Bahati Lukwebo candidat questeur. Il faut signaler aussi qu’à part les candidats présentés par des groupements politiques, il y a des candidatures des indépendants. Des députés qui sans le soutien de leurs structures respectives, ont exprimé leurs ambitions politiques. Ce qui explique le nombre élevé des dossiers enregistrés. Ce mardi, le groupe technique de travail affichera les listes définitives. La campagne électorale se tiendra mercredi et jeudi. Et d’ici là, les tractations politiques se poursuivent au palais du peuple dans els différents camps en présence avant les scrutins prévus vendredi 17 avril. Et le vote se tiendra à bulletin secret.

Copyright Radio Okapi

10 avril 2009

L’Assemblée nationale malade des ingérences du «raïs»

Après avoir contraint les membres du Bureau de la Représentation nationale à la démission au nom d’une prétendue «discipline» de sa mouvance politique, Joseph Kabila s’arroge désormais le pouvoir de co-gérer les finances de la Chambre basse au mépris du principe de séparation des Pouvoirs. On assiste à une inversion de rôle : l’Exécutif contrôle désormais le Législatif.

Dans une lettre n°447/2009 datée 8 avril 2009, le directeur du cabinet présidentiel, Adolphe Lumanu Mulenda Bwana Nsefu, se fondant sur une «instruction» reçue de la «Haute hiérarchie», demande au ministre des Finances «de surseoir au décaissement» d’un montant de 1.550.000 USD (Un million cinq cent cinquante mille dollars) destiné au fonctionnement de l’Assemblée nationale. "Et ce, poursuit-il, jusqu’à la mise en place du nouveau Bureau". En guise de motivation, Lumanu invoque la «situation financière confuse qui s’observe au sein de l’Assemblée nationale autour de l’affectation de l’équivalent de USD 700.000.» Un vent favorable a fait atterrir un fac-similé de cette correspondance sur la table de la rédaction de Congoindependant.com.

Tout a commencé par la découverte faite, mi-mars, par le président de l’Assemblée nationale que plusieurs importantes sommes d’argent ont été décaissées à la Banque Centrale du Congo pour le compte de la Chambre basse. Seulement, celle-ci n’a encaissé aucun «likuta». Trois montants sont épinglés. A savoir : 2.500.000 USD ; 700.000 USD et 1.550.000 USD. Fin mars, fatigués d’attendre le paiement de leurs primes, des membres du personnel administratif de cette Chambre ont organisé un sit-in devant le cabinet du ministre des Finances. Le chahut a été tel que celui-ci a fini par recevoir les délégués syndicaux qui accompagnaient les protestataires. Les manifestants voulaient savoir les raisons du non-paiement de leur dû. En vérité, le long bras de fer Kabila-Kamerhe y est pour beaucoup.

Réquisitoire du PGR

Le ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu, c’est de lui qu’il s’agit, de promettre à ses interlocuteurs d’«obtenir la restitution» du montant de 1.550.000 USD. C’est ici que l’affaire se corse. Selon Matenda, ce fonds a été «consigné» à son cabinet suite à une «demande» du procureur général de la République, Mushagalusha Ntayondeza Ndi. Le PGR a agi en exécution de son réquisitoire
n° R.I.1260/D.023/16712/PGR/SEC/09 du 25 mars 2009. Ainsi va la justice congolaise. Elle agit là où elle ne devrait pas. On peut gager que ce haut magistrat - qui n’a jamais fait mystère de son inféodation au «clan kabiliste» - a reçu des instructions de la même «Haute hiérarchie». Questions : pourquoi le directeur du cabinet présidentiel intervient-il dans le même dossier que le PGR? La lettre du directeur Lumanu aurait-elle été anti-datée? Pourquoi? Le montant en cause a-t-il utilisé à d’autres fins par la Présidence de la République? Force est de remarquer que près d’un mois après la rentrée parlementaire, les questions relatives à l’argent occupent le clair du temps des députés. Signe de la petitesse d’esprit qui règne au sommet de l’Etat.

Lundi 6 avril, une commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale, composée de quinze membres, a été chargée d’approcher le ministre des Finances. «La commission d’enquête a été mise en place conformément à la résolution de la plénière de l’Assemblée nationale, pour que nous puissions retracer les fonds payés par le trésor public en faveur de l’Assemblée nationale», déclarait le très actif député Emery Okundji. Et d’ajouter : «Nous avons 48 heures et nous ferons rapport à la plénière de l’Assemblée nationale».

Un «grand corps malade»

Depuis janvier dernier, l’Assemblée nationale n’a plus rien d’un haut lieu de la démocratie et de la sauvegarde des droits et libertés. Cette institution nationale ressemble désormais à un «grand corps malade». Malade de l’interventionnisme déstabilisant de Joseph Kabila et de sa clique maffieuse. Après la démission forcée des membres du Bureau, la «Haute hiérarchie», selon la formule consacrée, a dû se faire violence pour accepter l’idée de laisser l’équipe démissionnaire continuer à expédier les affaires courantes jusqu’à l’entrée en fonction du futur staff dirigeant. Ce qui implique l’organisation de l’élection des membres du futur Bureau. «Joseph» n’a-t-il jamais entendu parler de la «continuité de l’Etat» ?

On apprenait finalement que l’élection des membres du futur Bureau sera organisée par l’équipe sortante dirigée par Vital Kamerhe. La «Haute hiérarchie» n’entend nullement s’avouer vaincue. Elle fait proposer, via ses «petits soldats» tapis au sein de l’auguste assemblée, que «la charge des opérations électorales, notamment l’enregistrement des candidatures, la préparation des urnes et isoloirs ainsi que le scrutin », revienne «au groupe technique de travail». C’est le compromis trouvé mardi 8 avril par la plénière. Les députés ont débattu toute cette journée pour arriver à cette «solution». Si tout va bien, les membres du futur Bureau de l’Assemblée nationale seront élus le 17 avril. Leur installation est fixée au 20.

Une chose paraît sûre : Joseph Kabila et sa mouvance sont conscients de leur incapacité à survivre dans un système réellement démocratique. Ils sont déterminés à museler l’Assemblée nationale ; à placer des hommes liges dans le futur Bureau afin de paralyser la Représentation nationale tout au moins dans son rôle de contrôleur de l’action de l’exécutif. La mise sur pied en janvier dernier de 11 commissions parlementaires chargées d’auditer les entreprises d’Etat mais aussi des établissements publics tels que la Banque Centrale du Congo avait fait l’effet d’un coup de tonnerre au sein de la mouvance kabiliste. «La seule idée d’auditer la Banque Centrale du Congo équivaut à une déclaration de guerre pour Joseph Kabila, dit un expert. C’est là que le «raïs» se restaure».

Baudouin Amba Wetshi

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