16 décembre 2007

Kabila, l’homme seul

Une semaine après la reprise de Mushake par des insurgés commandés par l’ex-général Laurent Nkunda, Joseph Kabila paraît diplomatiquement isolé. Au plan intérieur, des dirigeants politiques et militaires sont, à tort ou à raison, suspectés d’être de connivence avec les assaillants du CNDP.

Selon des sources militaires à Goma, les insurgés du CNDP ont quitté les positions qu’ils occupaient, depuis une semaine, sur les collines surplombant la localité de Saké, située à une cinquantaine de kilomètres du chef-lieu de la province du Nord-Kivu. On assiste donc à une «légère décrispation» de la situation militaire depuis la reconquête de Mushake par les forces nkudistes. La diplomatie onusienne et américaine seraient pour quelque chose, indique-t-on. Dès le lendemain de cette prise, l’ex-général Nkunda avait invité Joseph Kabila à entamer des négociations. Une offre difficile à accepter quand on sait que le ministre congolais de la défense Chikez Diemu avait traité «Laurent» de «bandit de grand chemin». Négocier avec un bandit ? Il reste que le numéro un congolais semble pris dans son propre piège maximaliste. Il est désormais un homme seul. «Tout le monde lui avait déconseillé de recourir à la force des armes pour régler le problème Nkunda», confie un diplomate européen. Et d’ajouter : « Kabila a préféré écouter son ego et les faucons de son entourage. Il doit assumer l’échec…» La RD Congo était évoquée en marge du sommet européen de Lisbonne. Dans un communiqué initié par la Belgique, la France et la Grande Bretagne, publié vendredi 14 décembre, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne ont invité les belligérants à trouver une «solution politique». Le Premier ministre belge Guy Verhofstadt a eu, pour sa part, ces mots : « Nous sommes très inquiets de l’escalade militaire et de ses conséquences directes pour les populations civiles». Les signataires invitent les parties au conflit à conclure un «cessez-le-feu». Joseph fait face à un désavoeu diplomatique qui est à peine dissimulé. Dans les milieux onusiens à Kinshasa le «raïs» ne fait plus l’unanimité. Il lui est reproché ainsi qu’aux durs de son entourage de présenter la Mission de L’ONU au Congo en «bouc émissaire» des lacunes des pouvoirs publics congolais. Une semaine après la prise de Mushake, des bribes d’informations commencent à filtrer de Goma. Selon un officier des FARDC, plusieurs soldats ont perdu la vie dont des soldats angolais. « Les soldats originaires des provinces du Kivu ne veulent plus combattre », dit cette source qui fait état de plusieurs cas de désertion. Et d’expliquer : «Des militaires accusent les autorités politiques et militaires à Kinshasa de les envoyer dans une sorte de casse-pipe alors qu’ils sont de connivence avec Nkunda». Des soldats légèrement blessés auraient quitté l’hôpital à Goma de peur d’être renvoyés au front. A en croire notre interlocuteur, seuls les militaires venus des provinces de l’Ouest qui resteraient en place. Selon une source jointe au téléphone à Kinshasa, des observateurs commencent à pointer un doigt accusateur en direction de Joseph Kabila.
«Pourquoi a-t-il opté pour le mixage – au lieu de brassage - qui a permis à Nkunda et ses hommes de se déployer dans l’ensemble de la province du Nord Kivu ?», s’interroge-t-il. La MONUC avait en son temps tiré la sonnette d’alarme en dénonçant la présence des éléments issus de l’armée rwandaise parmi les «mixés». Selon une autre source militaire à Goma, ce qui s’est passé à Mushake n’est rien d’autre qu’une «défaite organisée». Pour elle, il est difficile de comprendre que 20.000 soldats bien équipés soient mis «en débandade» par 4.000 combattants. De son côté, Nkunda assure se battre pour « garantir la sécurité de la minorité tutsie ». « Nous refusons la discrimination qui consiste à nier la qualité de Congolais aux rwandophones », déclarait René Abandi porte-parole du CNDP. Que va faire Kabila ? Négocier ou poursuivre l’option militaire ? Quel est le contenu du volet politique de l’accord secret conclu à Kigali entre John Numbi et Laurent Nkunda ? Joseph est plus que jamais un homme seul face à son destin politique…

B.A.W

10 décembre 2007

Kabila devant les deux Chambres : Faites ce que je dis...

Dans son allocution devant le Congrès, Joseph Kabila a évité d’énumérer les changements intervenus dans le pays depuis son investiture le 6 décembre 2006. Selon lui, «l’heure de la reddition des comptes», interviendra en 2011. Pas avant. Il s’est employé cependant à égrener des projets à réaliser sans indiquer leur coût encore moins la provenance des moyens pour ce faire. Il prêche l’indépendance tout en comptant sur l’aide des partenaires. L’absence de bilan n’a pas empêché Joseph d’afficher une auto-satisfaction sur la situation générale du pays. Pour lui, "la RD Congo se porte mieux qu’il y a un an, beaucoup mieux qu’il y a quinze, et son état s’améliore chaque jour davantage.» Il n’y a que les territoires de Masisi et Rutshuru, dans le Nord-Kivu, qui posent problème. Dans son adresse, Kabila débite, comme un enregistreur, tous les thèmes à la mode : démocratie, Etat de droit, modernisation, respect des droits de l’homme, transparence dans la gestion, lutte contre l’impunité, sécurité juridique et judiciaire. Des valeurs qui sont aux antipodes des actions menées sur le terrain par les gouvernants en place.

Analyse

Joseph Kabila vit-il dans le même pays que la majorité des Congolais ? Connaît-il les réalités de la vie quotidienne auxquelles sont confrontés ses concitoyens en termes de besoins essentiels insatisfaits autant que de l’insécurité pour les personnes et les biens ? Un phénomène entretenu par les forces dites de sécurité aux quatre coins du pays. Peut-on décemment clamer que tout va bien dans un pays simplement parce que la population rumine ses frustrations au lieu de les exprimer bruyamment ? On l’a déjà écrit dans ces colonnes. Les discours prononcés - lus ?- par le « raïs » congolais se suivent et se ressemblent. Les textes successifs sont généralement bien rédigés. Au niveau de la syntaxe et de l’agencement des idées. Mais les rédacteurs semblent perdre de vue une règle fondamentale en communication : la cohérence. C’est à dire l’adéquation entre ce qui est dit et la personnalité du locuteur. Il est ainsi loufoque voire malhonnête de mettre dans la bouche d’un tyran des éloges sur la défense des droits et libertés. C’est une question de crédibilité. Les discours de Kabila sont truffés de dernières expressions à la mode. C’est à croire que le numéro un congolais manque un certain libre arbitre au point de se contente de réciter, comme un bon élève, la prose rédigée par ses « scribes ». Quelques exemples.

Nouvelle culture politique

Parlant de son intervention devant le Congrès, Joseph a placé celle-ci dans le cadre «de l’émergence d’une nouvelle culture politique» laquelle, selon lui, se fonde sur les principes de «transparence dans la gestion et de l’évaluation». Des mots. Rien que des mots vides de sens. « Parole, parole, parole », chantait la regrettée Dalida. Peut-on parler de transparence dans la gestion dans un Etat où les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif se trouve sous la férule du chef de l’Etat ? Au point que tout rapport politiquement incorrect au regard des intérêts de l’oligarchie est estampillé «secret d’Etat». C’est le cas notamment des conclusions des rapports rédigés après plusieurs vrais ou supposés complots dont celui attribué au major Eric Lenge en juin 2004 ? «L’enquête est en cours», répondait Kabila à quelques journalistes qui l’interrogeaient sur l’affaire Lenge. C’était en octobre 2005. On dira autant des investigations menées notamment par la MONUC sur les affrontements d’août 2006 et de mars 2007 entre les hommes de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba et des éléments de la garde présidentielle. Quid du rapport de la commission Lutundula sur les contrats conclus durant les deux guerres et la transition ? Il en est de même du récent rapport rédigé par des experts de la société civile après la «revisitation» des contrats léonins en matière minière.

Démocratie, Etat de droit

Connaissant mal l’histoire d’un pays qui ne l’a pas vu naître et grandir, Joseph est tombé à nouveau dans le panneau en clamant que les consultations politiques de 2006 constituent les «premières élections pluralistes et démocratiques que notre pays ait jamais connues en quarante années d’indépendance». Les faits sont têtus. L’homme continue à ignorer que la RD Congo a organisé des élections provinciales et législatives pluralistes en 1965. C’est la Conaco (Convention nationale congolaise) du Premier ministre Moïse Tshombe qui avait raflé la majorité de sièges. L’élection présidentielle n’a pu avoir lieu suite au coup d’Etat du 24 novembre 1965. Se reportant à son discours inaugural du 6 décembre 2006, Joseph a rappelé qu’il avait pris «l’engagement d’œuvrer sans compter pour la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit (…) ». Le locuteur n’avance aucun fait susceptible de démontrer que le pays a pris le cap dans cette double direction. Ignore-t-il que l’AFDL, dont il est le produit, justifiait son combat politique par la nécessité d’instaurer la démocratie et l’Etat de droit dans l’ex-Zaïre? Dix ans après, le Congo vit dans un climat permanent d’état de siège non proclamé. Pas de trace d’ambiance libérale digne d’un Etat démocratique. Les citoyens sont brimés au quotidien par les forces dites de sécurité. Il ne se passe pas un jour sans que la presse kinoise dénonce un cas d’attaque à domicile perpétrée par des hommes en uniformes. Des assassinats politiques sont camouflés en crimes crapuleux. La mort de Franck Ngycke et de Mwamba Bapuwa restent ainsi des énigmes criminelles.

Un appareil judiciaire aux ordres

La police paraît incapable d’identifier les auteurs de ces actes asociaux. L’appareil judiciaire, lui, est régenté par la Présidence de la République. En dépit de ces dysfonctionnements, Kabila considère que «l’exercice de la démocratie est devenu une réalité et les libertés individuelles et collectives sont garanties et de plus en plus respectées.» Avouant sa duplicité, Joseph se contente de clamer sa volonté de doter le pays d’«une armée républicaine» et d’une « police nationale qui rassure et protège les populations et leurs biens». Sans omettre «des services de renseignements formés et uniquement dédiés à la détection et à la prévention des risques de sécurité pour l’Etat et les populations.» Quel lyrisme ? En sept ans de présence à la tête de l’Etat, à partir de quel moment l’homme qui se trouve à la tête du Congo a-t-il pris conscience que l’armée, la police et les «Services» ne correspondaient pas à cette description idéaliste ? Peut-on parler de démocratie sans une réelle séparation de pouvoirs ? Peut-on parler d’Etat de droit là où les dirigeants sont les premiers à violer les lois et les règlements du pays en toute impunité ?

Verbiage creux

Faute de bilan, Kabila se mue en phraseurs creux pour rappeler les grands axes de son projet de société: «Une vision et un programme dont les maîtres mots sont modernisation, renouvellement, renaissance, (…), réhabilitation, ou raccommodage. Car, c’est d’une transformation complète, d’une révolution à tous égards, y compris mental et moral. » Selon lui, «des progrès remarquables ont été accomplis». Lesquels ? Il les énumère en citant le fait que le pays est doté «des Institutions dignes d’un Etat moderne». « Le paysage politique congolais s’est ainsi enrichi d’un nouveau gouvernement national multipartiste, d’une nouvelle Assemblée Nationale et d’un Sénat où cohabitent majorité et opposition, et d’un pouvoir judiciaire en cours de restructuration pour une meilleure distribution de la justice ». Interdiction de rire. Et d’énoncer des évidences : « c’est au gouvernement, et au gouvernement seul, qu’il revient de définir la politique de la nation et de veiller à sa mise en œuvre », « l’Assemblée Nationale et le Sénat n’ont pas mission de gérer l’Etat, mais plutôt de légiférer et de contrôler le gouvernement, les entreprises publiques, ainsi que les établissements et services public, seul le pouvoir judiciaire, et lui seul, est habilité à engager des poursuites et à dire le droit, et ses décisions, coulées en force de choses jugées, s’imposent à tous. » Quelqu’un a-t-il soutenu le contraire ? Quel est l’intérêt de ce rappel pseudo-pédagogique ? Selon Kabila, « notre action au cours de l’année 2007 a aussi porté sur l’amélioration de l’état des infrastructures de base dans notre pays ». Sans gêne, il épingle l’inauguration de l’Hôpital Marie Biamba Mutombo à Masina (une œuvre du basketteur Mutombo Dikembe) et de l’hôpital de l’Amitié sino-congolaise à N’Djili, dans les fameux «Cinq chantiers». Quelle supercherie ?

Pacification

A en croire le «raïs», «la pacification du pays est aujourd’hui acquise sur la quasi-totalité du territoire national ». Seuls, les territoires de Rutshuru et de Masisi au Nord-Kivu comptent encore « quelques foyers de tension ». N’est ce pas une vue infantile et irresponsable de la situation générale du pays ? Kabila ignore-t-il que la RD Congo est loin d’exercer une compétence exclusive sur son territoire ? Que dire de guerriers Mbororo, venus de certains pays limitrophes avec leurs bétails, qui ont parcouru plusieurs centaines de kilomètres dans la Province orientale sans rencontrer le moindre symbole de l’autorité de l’Etat ? Que dire du rapport des experts de l’ONU qui signale que des avions privés relient quasi-quotidiennement l’aéroport d’Entebbe en Ouganda avec la ville de Bunia (district de l’Ituri) en l’absence de tout contrôle douanier afin de connaître la nature des marchandises transportées ? Aucune autorité aéronautique n’est présente pour vérifier les plans du vol. La situation est identique dans les provinces du Kivu où des aéronefs privés font la navette entre certaines localités minières et les capitales rwandaise et burundaise. Que dire enfin du cas des agents de l’ANR (renseignements) en poste dans les provinces du Kivu tout en résidant au Rwanda, un pays officiellement en guerre avec la RD Congo ? Ce pays se porte bien ?

La Jeunesse

Au plan social, le numéro un congolais a rappelé sans rire que « la jeunesse est l’avenir de notre pays». Quelle énormité dans un pays où les villes pullulent des enfants de rue, les fameux «Shégués» ? Des enfants abandonnés à eux-mêmes tant par leurs familles que par les pouvoirs publics lesquels n’ont jamais conçu une vraie politique de protection de l’enfant et de la famille. Comme si cela n’était pas suffisant, Joseph ajoute qu’il «compte surtout et avant tout sur le concours des parents et des familles ». Des parents impécunieux qui ont perdu toute autorité sur leurs progénitures faute de revenus pour entretenir ceux-ci comme des être chers ?
N’est-ce pas une manière de prendre le problème par ses effets en laissant de côté les causes ? Parmi les thèmes à la mode, le « raïs » a rappelé que « la sécurité juridique et judiciaire est la pierre angulaire de l’Etat de droit et d’une économie porteuse de perspectives réelles de croissance. » Ce qui n’est pas faux. Selon lui, cette sécurité «fait cruellement défaut aujourd’hui ». Aujourd’hui seulement ? Et d’ajouter : «L’instaurer est donc une priorité absolue». Sur le ton d’une incantation, il dit : «il faut que les décisions de justice redeviennent justes !». Pourquoi ne pas ajouter la formule magique : abracadabra ? Le « président élu » a perdu de vue toutes les interventions intempestives de son cabinet dans des affaires judiciaires. L’affaire Marie-Thérèse Nlandu Mpolo Nene est le cas le plus emblématique. Lors du procès, on a vu le président du tribunal militaire de la garnison de Kinshasa-Gombe user des manœuvres dilatoires pour tirer la procédure en longueur. Il s’absentait en dernières minutes sous de fallacieux prétextes. Il a fallu une vigoureuse intervention de la communauté internationale pour que cette juridiction dise enfin le droit…

Diplomatie du développement

Dans son allocution devant les «congressiste», Kabila a rappelé sa volonté de promouvoir ce qu’il appelle la «diplomatie de développement». Comment définit-il ce concept ? « C’est dans ce cadre, dit-il, que se sont inscrites ma participation aux sommets de la SADC et de la CEEAC, ainsi que mes récentes visites en Afrique du Sud, en Angola, en Belgique et aux Etats-Unis d’Amérique ». Pour Joseph, la diplomatie se résume donc à quelques voyages à l’étranger alors que les ambassades et consulats constituent les principaux relais de représentation d’un Etat. Des relais dont la mission consiste à observer et à informer l’Etat d’envoi. Depuis plusieurs années, les missions diplomatiques congolaises sont dans une sorte de coma. Et ce, faute d’une définition claire des intérêts à promouvoir (politique étrangère), de moyens d’action et d’un personnel rompu en la matière. Kabila invite les Congolais à compter d’abord sur eux-mêmes avant d’attendre l’aide des partenaires extérieurs. Rien de plus normal. Qu’en est-il au niveau de l’application ? «Il y a quelques temps, dit-il, les mêmes {partenaires} avaient douté que nous puissions ramener la paix, réunifier le pays et organiser des élections libres et démocratiques. L’histoire s’est chargée de démontrer qu’ils avaient tort.» Joseph Kabila semble prendre ses concitoyens pour des naïfs. Il feint d’ignorer qu’aucun acteur politique congolais ne peut s’attribuer le mérite du semblant d’embellie qui règne dans ce pays. Et que sans l’aide financière massive et la pression internationales, la RD Congo serait encore entrain de patauger dans les querelles politiciennes. C’est la MONUC qui s’occupe de la sécurité du territoire. L’Union européenne, elle, a financé l’organisation matérielle des élections.

Reconstruction

En dépit de ce bilan à somme nulle, Kabila reste confiant en annonçant que « notre devoir est de nous attaquer aux tâches de développement et de reconstruction». Avec quels moyens financiers ? Silence radio. Les milliards promis par les Chinois ? En dépit de ces lacunes, Joseph de clamer : «notre pays est prêt pour le décollage». Il invite, de ce fait, les Congolais à être « unis comme un seul home », pour changer le pays et mettre «fin à la pauvreté». Comment peut-on être unis dans une nation où la cohésion à imploser avec le retour en force du clientélisme politique, du tribalisme et du régionalisme ? Comment peut-on être unis alors que des segments entiers de la population ont perdu tout sentiment d’appartenance dans la grande famille congolaise ? Joseph reste imperturbable dans ses envolées lyriques : «(…), je ne ménagerai aucun effort pour la lutte acharnée contre l’impunité, l’immoralité et la corruption. J’interpelle en effet notre population et l’invite à se prendre en charge face aux phénomènes dévastateurs que sont la corruption et la dépravation des moeurs. Sans repères moraux clairs, le progrès n’est pas possible.» Joseph Kabila vient de célébrer le premier anniversaire de son investiture en tant que «Président élu ». On semble perdre de vue qu’il exerce la magistrature suprême depuis le 26 janvier 2001. Question : comment compte-il réaliser en quatre ans ce qu’il n’a pu faire en sept ans ?

B.A.W

05 décembre 2007

Combats Bemba-Kabila : rapport d'enquête secret de la Monuc

Ce rapport est plus sévère pour les troupes de M. Kabila que ce qu'on avait entendu.

Exclusif: le rapport de l'ONU

Un vent favorable nous a livré un rapport "strictement confidentiel" de la Monuc (Mission de l'Onu au Congo), daté de mai 2007, concernant l'enquête menée par celle-ci sur les affrontements, en mars dernier, entre troupes de Jean-Pierre Bemba et troupes de Joseph Kabila; ces affrontements ont abouti au départ en exil au Portugal du premier. Le rapport est plus sévère pour le camp présidentiel qu'aucune des déclarations publiques onusiennes.

Les autorités renâclent

Le texte souligne ainsi que la coopération des autorités congolaises avec les enquêteurs onusiens a été mauvaise et qu'il conviendrait de leur rappeler que c'est dans le mandat de la Monuc d'enquêter sur les violations des droits de l'homme. Les enquêteurs se sont ainsi adressés en vain à huit autorités pour obtenir l'accès aux concessions de Bemba et n'ont pu obtenir d'autre réponse pour expliquer le refus qui leur était opposé que "le Congo n'est plus une colonie".

Côté Bemba, il y avait 500-600 hommes, dont seulement 200 à 300 professionnels, les autres étant des enfants et adultes de la rue. Côté présidentiel, les forces relevaient essentiellement de la Garde républicaine (garde présidentielle) et atteignaient 2 600 hommes. S'y sont ajoutés, selon les services de renseignements de la Monuc, "un Iliouchine 76 transportant une compagnie de forces spéciales angolaises [qui] a effectivement atterri à Ndjili vers 19 heures le 22 mars. Des expatriés évacués ont également rapporté avoir vu des hommes en uniformes angolais durant les combats". Les enquêteurs n'ont pu établir qui, le 22 mars, a ouvert le feu le premier. Mais ils notent que le gouvernement avait apparemment "déjà décidé de désarmer la DPP (troupes de Bemba) par la force le 21 mars, malgré les appels de la communauté internationale pour encourager une solution négociée".

Les tirs ont commencé à 12 h 20, le 22 mars, alors que des soldats de la Garde républicaine se dirigeaient vers les concessions de Bemba. Au soir du 22 mars, la DPP l'emportait mais n'avait pas été ravitaillée ni en vivres ni en munitions. Le 23 mars, les combats ont repris dès 5 heures du matin et, cette fois, les troupes présidentielles ont pris le dessus. Un nombre important de soldats de Bemba s'est alors rendu à la Monuc; d'autres ont fui à Brazzaville, d'autres ont gagné les quartiers périphériques de la ville, poursuivis par les troupes gouvernementales.

Surtout l'armée

Le rapport dénonce des violations des droits de l'homme commises par les deux camps - notamment l'usage d'armes lourdes dans des zones habitées, sans souci des pertes civiles et sans qu'un objectif militaire le justifie. Mais il stigmatise le grand nombre de ces violations commises par les troupes gouvernementales. "Au moins quarante civils et soldats DPP qui s'étaient rendus ont apparemment été sommairement exécutés, principalement par la Garde républicaine." De même, les deux armées ont pillé mais "principalement les forces du gouvernement une fois que Kinshasa était sous leur contrôle".

Le texte estime qu'il y a eu au moins 300 morts, mais ce chiffre pourrait être "bien plus haut" : des rapports existent sur des fosses communes - dans des cimetières gardés par les forces de l'ordre - et des cadavres dans le fleuve Congo. Plus de 200 personnes ont été arrêtées, en particulier parmi les ressortissants de l'Equateur, province d'origine de Bemba, et les gens qui travaillaient pour ses médias.

Le rapport de la Monuc recommande qu'il soit fait pression sur les autorités congolaises pour qu'elles enquêtent sur les crimes commis; libèrent les détenus arbitrairement retenus; indemnisent les victimes des abus; communiquent à la population ce qui s'est passé et ce qu'elles ont fait pour corriger les abus commis par les forces gouvernementales. Cinq mois après que ces recommandations ont été remises aux autorités congolaises, aucune ne semble avoir été suivie d'effet.



M.F.C.

26 novembre 2007

REMANIEMENT SELON KABILA.ON PREND LES MÊMES ET ON RECOMMENCE

Ministres d’Etat
Agriculture : François Joseph Nzanga Mobutu
Intérieur, Décentralisation, et Sécurité : Denis Kalume Numbi
Près le Président de la République : Me Nkulu Kilombo

Ministres
Ministre près le Premier Ministre : Godefroid Mayobo
Affaires Etrangères et Coopération Internationale : Antipas Mbusa Nyamwisi
Défense Nationale et Anciens Combattants : Tshikez Diemu
Justice et Garde des Sceaux : Me Mutombo Bakafwa Nsenda
Relations avec le Parlement : Adolphe Lumanu
Plan : Olivier Kamitatu
Finances : Athanase Matenda
Budget : Adolphe Muzito
Portefeuille : Mme Jeannine Mabunda
Economie et Commerce Extérieur : André-Philippe Futa
Communication et Médias : Emile Bongeli
Infrastructures, Travaux Publics et Aménagement du Territoire : Pierre Lumbi Okongo
Industrie : Simon Mboso Kiamputu
Transports : Charles Mwando Nsimba
Genre, Femme et Enfant : Philomène Omatuku
Enseignement Supérieur, Universitaire et Recherche Scientifique : Léonard Masuga
Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel : Maker Mwangu
Mines : Martin Kabwelulu
Energie : Salomon Banamuhere
Hydrocarbures : Lambert Mende Omalanga
Postes, Téléphones et Télécommunications : Mme Louise Munga
Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme : José Endundo Bononge
Santé Publique : Victor Makwenge
Urbanisme et Habitat : Sylvain Ngabu
Affaires Foncières : Edouard Kabukabwa Bitangilayi
Travail et Prévoyance Sociale : Mme Marie-Ange Lukiana
Fonction Publique : Simon Ikenge Lisambola
Affaires Sociales et Humanitaires : Jean-Claude Muyambo
Culture et Arts : Esdras Kambale
Sports : Willy Bakonga

Vice-Ministres
Intérieur : Joseph Dovel Mpango
Affaires Etrangères et Coopération Internationale : Ignace Gata
Congolais de l’Etranger : Collette Tshomba Tundu
Défense nationale et Anciens Combattants : Luc Amuri
Droits Humains : Claude Basibuye
Budget : Célestin Mbuyu
Travaux Publics : Gervais Nturaminyerwa
Mines : Kasongo Shomari
Développement Rural : Xavier Bonane ya Ngazi
Recherche Scientifique : Zachée Rugabisha
Enseignement professionnel : Arthur Sedea

Remaniement du gouvernement. Veillée d’armes dans les partis politiques (Pot)

Le remaniement est incontournable. Il est même imminent. Question de jours, voire d’heures. Bien entendu qu’en pareilles circonstances, les commentaires vont bon train et dans tous le sens. Ce qui est vrai, c’est que l’objectif visé consiste à rendre l’action du gouvernement plus efficace en prenant en compte toutes les observations émises jusqu’à ce jour. C’est-à-dire, la capacité des membres du gouvernement, la taille de l’équipe gouvernementale et autres opportunités - allusion faite à un gouvernement d’ouverture - pour consolider les acquis de la réconciliation nationale et de l’excellence. De quoi imposer une veillée d‘armes au sein des partis politiques pour autant que ce réajustement ne sera certainement pas pour faire plaisir à tout le monde.

Le temps de la réflexion est passé. Tout est fin prêt, dit-on. Bien sûr qu’il faudra mettre la dernière main sur le travail fait après les dernières cogitations politiques avant de rendre publique l’imminente nouvelle équipe gouvernementale. Une évidence politique après plus de six mois d’entrée en fonction de l’équipe Gizenga. Aussi, dans les milieux politiques influents le remaniement de l’équipe gouvernementale n’est plus qu’une question de jours. Voire d’heures.

En fait, c’est même une nécessité quand on tient compte des observations pertinentes émises tant par les personnalités congolaises que par des partenaires extérieurs. Il s’agit maintenant, vite et bien, de réajuster cette équipe gouvernementale dans le but de donner une nouvelle impulsion à l’action du gouvernement.

L’on se rappellera qu’à la mise en place de cette équipe gouvernementale, l’on s’était plié à des traditions pour respecter les consignes de la période de grâce. L’on sortait d’une période difficile et que l’héritage était empoisonné. Cependant, c’est en temps difficiles que l’on reconnaît des valeurs. Aussi, attendait-on de cette équipe gouvernementale des « signaux forts » en vue de restaurer l’autorité de l’Etat, assainir l’environnement politique et économique pour mobiliser les énergies nécessaires. Des préalables à même de dégager la « vision » des dirigeants de la RDC à gérer les grandes questions nationales, régionales et internationales. Sur ce point de vue, les avis sont largement partagés quant à l’existence d’un « leadership fort » pour canaliser toutes ces ambitions légitimes.

Opportunité du remaniement

Selon des recoupements, le remaniement n’est plus qu’une question de jours. D’autres affirment, la main sur le coeur, que ce n’est qu’une affaire d’heures. Soit.

Ce remaniement est attendu depuis fin septembre, dès lors que l’on devrait, à la fin de ce mois, faire l’état des lieux au moment où le gouvernement devrait annoncer les conclusions des négociations avec les institutions de Bretton Woods. Et qu’en même temps, présenter le   « Collectif budgétaire ». Ce qui n’a pas été fait, faute de négociations avec les partenaires extérieurs.

Entre-temps, la vie politique a continué à évoluer avec la mise en place du Congrès, entendez- l’Assemblée nationale et le Sénat réunis. En conformité avec les dispositions constitutionnelles, le président de la République est par conséquent invité à faire un discours sur « l’Etat de Nation ». Ce qui devrait intervenir au plus tard le 6 décembre 2007, date anniversaire de sa prestation de serment en qualité de premier président de la IIIème République. Un anniversaire qui intervient exactement dans 10 jours. Il s’agit là d’une deuxième opportunité qui impose le remaniement tant attendu.

Bien sûr que l’on pourrait se poser la question de savoir si ce sera bien joué de remanier au moment où le Premier ministre s’apprête à défendre son budget à l’Assemblée nationale, et que du 28 au 30 novembre s’ouvre à Paris la réunion du Club Consultatif des bailleurs de fonds sur la RDC.

Interrogation pertinente dans la mesure où qu’il est de bon usage que le ministre qui a élaboré les prévisions budgétaires de son cabinent les défende. Et qu’en plus, si le remaniement intervenait au moment où se tiendrait la réunion de Paris, que le remaniement touchait un des ministres en mission, il n’aura plus qualité de siéger. Des impondérables qui seraient mal appréciées, mais ne remettraient nullement en cause la nécessité de remanier.

Frustrations en perspective

Dans cet exercice incontournable, le problème réel qui se pose est celui de la gestion des humeurs au sein des partis politiques. Si la taille du gouvernement serait réduite, forcément, l’on assistera à la fusion des plusieurs ministères. Selon de rumeurs persistantes, l’on n’aurait plus que 25 ministres et toute l’équipe gouvernementale ne compterait pas plus de 40 personnes. Faut-il croire que certains «  chefs » de partis politiques accepteraient-ils le poste de vice-ministre ? Et qu’adviendrait-il s’ils ne seraient pas retenus.

Autre éventualité serait l’enter au sein du gouvernement de certaines personnalités politiques de l’Opposition, de la Société civile ou des indépendants qui présenteraient le profil requis pour assumer des fonctions d’Etat. L’on est là devant le cas de figure d’un « gouvernement d’ouverture ».

Certes, d’aucuns parleraient d’un non sens. Mais, le Burundi est en train de payer ce prix. Le train est de nouveau reparti dans ce pays pour autant que le Frodebu ainsi que l’Uprona ont privilégié les intérêts supérieurs de la nation. Y aura-t-il du mal à tenter l’expérience, même si la RDC n’est pas le Burundi ?

En attendant la réponse à cette interrogation, autant d’évidences susceptibles de créer des frustrations au sein des partis politiques. Même si elles seraient acceptées…

A en croire des informations en notre possession, certains partis politiques pourraient voler en éclats. Ce qui aura des effets d’entraînement sur les plates-formes politiques et susciter une redistribution des cartes au sein de l’Assemblée nationale et du Sénat. Un problème politique à mûrir dès ces instants caractérisés par la veillée d’armes au sein des entités politiques.

22 novembre 2007

La garde présidentielle de Kabila accusée de s’être livré à des exécutions sommaires



 

 

 

Des éléments de la garde présidentielle de Joseph Kabila ont exécuté, hors combats, des soldats de Jean-Pierre Bemba ainsi que des membres de leur famille. Des vendeurs ambulants, hommes et femmes, n’ont pas été épargnés. Ces atrocités ont eu lieu notamment dans les communes de Limete et de Barumbu ainsi que dans certains camps militaires. Les hommes de Bemba, eux, sont accusés d’avoir tué un soldat de la Force navale ainsi qu’un commandant de la police nationale.

Dans ses journaux parlés, mercredi 21 novembre, la Radio France internationale (RFI) a été la première à donner quelques détails sur le contenu du rapport rédigé par les enquêteurs de la Mission de l’ONU au Congo sur les affrontements sanglants des 21 et 22 mars derniers entre la garde présidentielle de Joseph Kabila et des soldats chargés de la sécurité rapprochée de l’ancien vice-président de la République Jean-Pierre Bemba Gombo. Le rapport, intitulé « Enquête spéciale à travers Kinshasa sur les événements de mars 2007 et leurs conséquences», retrace heure par heure le film de cette affaire. Selon RFI, les conclusions des investigateurs onusiens ont été mises par écrit depuis le mois de mai et transmises au secrétariat général de l’ONU à New York. Pourquoi les Nations Unies tardent-elles à publier le contenu de ce rapport estampillé « strictly confidential » ? RFI croit trouver la réponse dans les accusations gravissimes qui y sont articulées à l’encontre des forces de sécurité congolaises et particulièrement des membres de la garde présidentielle de Joseph Kabila. Il y est fait état d’exécutions sommaires commis par les ex-GSSP, rebaptisés « Garde Républicaine». Des soldats de JP Bemba ont été froidement abattus y compris des membres de leurs familles. Des vendeurs ambulants, hommes ou femmes, ont subi le même sort. Les enquêteurs rapportent qu’au moins une centaine de cadavres ont été repêchés dans les eaux du fleuve Congo durant ces événements. Cependant, il leur a été difficile d’avoir accès à la morgue, aux hôpitaux ainsi qu’à certains camps militaires pour fournir un chiffre exact sur le nombre de blessés et des morts. Les experts onusiens n’excluent pas l’existence de fosses communes dans certains camps militaires et suspectent les autorités congolaises d’avoir instruit les différents services publics de refuser toute collaboration avec les
«fouineurs» de la MONUC. Les hommes de Bemba en prennent également pour leur grade. Il leur est imputé l’exécution d’un commandant de la police nationale ainsi que celle d’un soldat de la Force navale. Pourquoi le contenu de ce rapport de l’ONU devient un sujet tabou ? Y a-t-il une «main internationale» qui cherche à protéger certaines autorités civiles et militaires des conséquences judiciaires et politiques que pourrait générer la divulgation de ce document? « Il y a eu des morts. Beaucoup de morts », avouait Joseph Kabila dans une interview à l’hebdomadaire Jeune Afrique n°2424 en soulignant la nécessité de connaître «les responsables et de les traduire en justice». Il apparaît que la réticence des Nations Unies à rendre public les résultats de l’enquête ne peut être justifiée que par la responsabilité avérée du numéro un congolais dans le processus du déclenchement de ces hostilités dans la capitale. Un communiqué des ambassadeurs de l’Union européenne donnait un bilan de 600 morts. On peut également gager que le rapport onusien est loin de confirmer la thèse soutenue par Kabila selon laquelle JP Bemba voulait «prendre le pouvoir» et «m’éliminer physiquement». Dans Jeune Afrique toujours, le leader du MLC avait repliqué en ces mots : «Qui a intérêt à tuer qui ? Moi je n’ai aucun intérêt à tuer le président Kabila. Sa mort ne profiterait en rien à JP Bemba. Alors que l’ONU est engagée dans notre processus avec plus de 15 000 hommes, quel homme politique sérieux pourrait se lancer dans un coup d’Etat?». Une affaire à suivre. Nous y reviendrons avec de plus amples détails.

B.A.W

21 novembre 2007

Mort programmée de l’Opposition institutionnelle

 

Sous la direction de Roger Lumbala, son président, l’Ordre des Démocrates Républicains (ODR) a tenu une réunion extraordinaire hier à son siège. Tous les enfants terribles de ce groupe parlementaire dit radical étaient au rendez-vous : Lisanga Bonganga, Jean-Claude Vuemba, Kisolokele, Ruffin Mpaka. A l’ordre du jour : la mort programmée de l’opposition institutionnelle.

Les participants ont examiné entre autres dossiers chauds, celui du récent débauchage, selon eux, de leur membre, le député Jacques Ebueme, qui a traversé la rue pour le GPI(Groupe Parlementaire des Indépendants). Le questeur de l’Assemblée Nationale, Modeste Bahati Lukwebo, président de cette plate-forme, a été abondamment cité comme l’auteur principal du rapt.
Plusieurs députés de l’ODR joints au téléphone par Le Phare ont soutenu qu’une vaste entreprise de débauchage, sur fond d’enveloppes, serait dirigée contre la « véritable opposition institutionnelle », dont ce groupe parlementaire revendique la paternité. Ils sont allés jusqu’à dénoncer un chantage qui serait organisé autour d’une « caisse noire » gérée par la questure de l’Assemblée Nationale, où des députés en difficulté financière ont le loisir de souscrire des emprunts remboursables.
Depuis un certain temps, soutiennent Roger Lumbala et ses pairs, des crédits ne seraient consentis aux membres de l’ODR qu’en contrepartie de leur promesse de quitter celui-ci. Interrogé à ce sujet, le député Ruffin Mpaka soutient avoir été sollicité mais fidèle aux idéaux de l’opposition institutionnelle, il n’a pas mordu à l’appât. La liste des membres de l’ODR ciblés pour le débauchage circulerait sous les manteaux. Sur les 24 rescapés que compte l’ORD, on ne sait à qui sera le prochain tour.
Approché par Le Phare, Jean-Claude Vuemba a répondu en termes durs : « Que voulez-vous que je dise de l’argent sale, qui pue et soutent un nouveau modèle de débauchage ? Hélas, la corruption met en péril le discours sur la moralisation de la vie publique en RDC prononcé par Joseph Kabila lors de son investiture, en décembre 2006.
L’ODR ne reculera jamais devant un cartel des corrupteurs et des corrompus, qui jouent le clair-obscur en République Démocratique du Congo. Son combat vise la sauvegarde de la véritable opposition institutionnelle dans notre pays ».
Au terme de leur réunion d’hier, les 24 enfants terribles de l’opposition institutionnelle ont promis de faire suffisamment de bruit en cas de nouvelle tentative malsaine de destabilitsation de leur groupe. Kimp.

2007-11-20

14 novembre 2007

Cas du sénateur Mongulu : la démocratie en péril (Pot)

Le Sénat a tiré la sonnette d’alarme en examinant le cas du sénateur Mongulu. Son immunité parlementaire a été violée et son intégrité physique menacée. Loin d’être un simple incident, une bavure, il a été unanimement admis, majorité parlementaire et opposition confondues, qu’il s’est agi d’une « faute grave ». A la fois juridique et politique. D’où cette décision d’adresser dans les meilleurs délais une résolution à l’endroit du président de la République et du Gouvernement pour autant qu’il y a là un signe avant-coureur mettant effectivement en péril la démocratie en République démocratique du Congo.
Le Sénat s’est saisi, en sa plénière d’hier mercredi, du cas du
sénateur Mongulu, ancien Procureur général de la République, victime
d’une perquisition à domicile, dans la journée du dimanche 12 décembre
par une équipe mixte des militaires et policiers. Et ce, en violation
flagrante de l’article 107 de la Constitution portant « immunités et
incompatibilités » qui stipule : « Aucun parlementaire ne peut être
poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé en raison des options ou
votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions».

Aucun parlementaire ne peut, en cours de sessions, être
poursuivi ou arrêté, sauf en cas de flagrant délit, qu’avec
l’autorisation de l’Assemblée nationale ou du Sénat selon le cas.

En dehors de sessions, aucun parlementaire ne peut être
arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de l’Assemblée nationale ou du
Sénat, sauf en cas de flagrant délit de poursuites autorisées ou de
condamnation définitive. La détention ou la poursuite d’un
parlementaire est suspendue si la Chambre dont il est membre le
requiert. La suspension ne peut excéder la durée de la session en cours
».

Le sénateur Mongulu a été l’objet d’un mandat de perquisition
et d’arrestation alors que le Sénat est en pleine session. Le Bureau du
Sénat n’a jamais été sollicité et le sénateur Mongulu n’a pas été pris
en flagrant délit. C’est déjà une violation de la Constitution.

LES FAITS


Selon le ministre de la
Justice qui a été invité à répondre à une question d’actualité,
l’auditeur militaire qui a établi la réquisition, l’aurait fait sur
base d’une information relative à une cachette d’armes dans une
parcelle appartenant à feu Mungul Diaka. C’est ainsi qu’un Inspecteur
judiciaire et une équipe de militaires et policiers se sont rendus sur
la parcelle indiquée qui n’était que celle du sénateur Mongulu. Sur
place, ils ont procédé à des fouilles tant à l’intérieur de la maison
que dans la parcelle même avant d’emmener ses deux enfants à
l’auditorat militaire pour interrogatoire. Le sénateur Mongulu qui
n’était pas sur place, mais ayant appris la nouvelle, a préféré se
cacher, vivre dans la clandestinité avant de réapparaître devant le
Sénat. On aurait trouvé chez lui, un fusil mauser et une cartouche
anti-aérienne (Sic).

De son côté, l’Inspecteur général de la Police qui a été
également entendu a rejeté les allégations portées contre la Police.
Celle-ci, d’après lui, n’a pas été associée à cette démarche judiciaire
et cette affaire dépend exclusivement de la Justice.

Après ces auditions, le débat a été ouvert, mettant à nu les
différentes incohérences et contradictions, jusqu’à donner à cette
affaire une allure d’un coup monté de toutes pièces pour des raisons
inavouées. Première incohérence, la résidence de feu Mungul Diaka est à
Ngaba et celle de sénateur Mongulu se trouve dans la commune de la
Gombe sur l’avenue de la Justice et non Lukusa, tel que mentionné dans
le mandat de perquisition. Deuxième incohérence ; il ne peut y avoir de
confusion de noms ainsi que l’a prétendu le ministre de la Justice. Il
y a Mungul Diaka, feu Premier ministre, et Mongulu T’Apangane, ancien
Procureur général de la République, et actuellement sénateur issu du
MLC. Pas de confusion possible. Quant à la contradiction, le sénateur
Nyarugabo l’a relevé. Il a dit que le rapport sur l’information portant
cachette d’armes a été rédigé le 11 novembre alors que le mandat de
perquisition a été établi le 10 novembre.

Ensuite, sur place, après que les enfants du sénateur Mongulu
ont décliné l’identité de leur père, les militaires et policiers, au
mépris de la loi et de la Constitution, se sont mis à fouiller la
maison, la mettant sens-dessus sens-dessous. Ce qui constitue une faute
grave et non une simple bavure. Pire, cette perquisition, telle qu’elle
a été ordonnée et exécutée, relève de l’amateurisme et de
l’incompétence. Ce qui a amené certains sénateurs à parler d’un acte
politique et non d’une erreur judiciaire. Que serait-il arrivé si le
sénateur Mongulu se trouvait sur place ? Que dire si cette perquisition
s’était déroulée dans une parcelle d’un simple citoyen ? Se sont
interrogés les sénateurs.

LA DEMOCRATIE EN PERIL


Après débat et
échange de points de vue, les sénateurs, toutes tendances politiques
confondues, ont convenu de mettre sur pied une commission, et ce après
avoir condamné en des termes sévères cet acte d’une autre époque. Cette
commission sera chargée de rédiger une résolution à transmettre au
président de la République et au gouvernement, dans les meilleurs
délais. Car, ont-ils estimé qu’il ne s’est pas agi d’un premier cas du
genre, ni isolé. En provinces, des députés provinciaux ne bénéficient
pas de la considération et sont entraînés devant la justice sans autre
forme de procès. Dernièrement, au Palais du peuple, un député national
a subi des sévices de la part des agents de la Police. Le cas du
sénateur Mongulu interpelle toutes les consciences sereines à telle
enseigne que le Sénat a décidé de tirer la sonnette d’alarme.

Car, au-delà de simples considérations, c’est le processus de
démocratisation en RDC qui est péril. Aussi, dans la résolution qui
sera transmise au président de la République, garant de la
Constitution, des sanctions exemplaires doivent être prises à l’endroit
de ceux qui ont entrepris cette perquisition. Le but est d’éviter de
tomber dans les erreurs du passé, avec des « coups montés et manqués »
; d’éloigner les attitudes d’intimidation qui donnent ainsi
l’impression de vouloir intimider l’opposition.

Comment Kabila a perdu la guerre de l'est

Contrairement à la propagande véhiculée par les journaux de Kinshasa, tant ceux qui sont proches du régime et ceux qui se targaient d'être "indépendants", le président Kabila a, dans les faits, perdu la guerre engagée dans les deux Kivu. À l'origine il pensait peut-être que ce serait une simple promenade de santé pour les dizaines de milliers de militaires des FARDC, Interahamwe et Maï-Maï qu'il était prêt à engager dans la bataille; sans oublier l'avantage que lui procurait l'appui logistique important et la couverture aérienne de la MONUC.

Au Nord-Kivu, il n'est un secret pour personne, que les FARDC ont déployé plus de 20.000 militaires, face à des dissidents Nkundistes estimés à quelques 4.000 hommes. Mathématiquement, cette campagne militaire aurait dû être gagnée d'avance. Selon la doctrine militaire classique, pour être certain de vaincre l'adversaire, il faut une supériorité numérique de 5 à 1 en faveur de l'attaquant. C'est exactement le rapport de supériorité numérique que les FARDC avaient établi sur le terrain. Malheureusement, Kinshasa a oublié un autre facteur qui pèse encore plus lourd dans la balance, à savoir, la détermination des combattants. Et sur ce point précis, le rapport de force change complètement de camp. Donc, en dépit de leur supériorité numérique et matérielle, les troupes gouvernementales ont été incapables, jusqu'à présent, de s'imposer militairement contre les forces du général Nkunda, et même, dans plusieurs cas, c'est l'intervention in-extrémiste de la MONUC qui leur a évité des débacles humiliantes dans plusieurs localités (ex.: le cas de Sake).

Le mois dernier, on se souviendra que le président Kabila avait installé pendant quelques jours son QG à Goma, avec pour but de superviser les opérations militaires contre Nkunda dans la province. On se rappelera aussi du ballet diplomatique des ambassadeurs occidentaux et sud-africain, conduit par l'ancien patron de la MONUC, William Swing. Encore là, les journaux de Kinshasa en avaient fait leurs choux gras, en affirmant qu'il s'agissait d'une démonstration d'appui sans réserve au régime congolais. L'Obsac avait émis un avis contraire qui s'est vérifié depuis. Loin d'être un appui s'était plutôt la manisfestation d'une inquiétude grandissante qui motivait la présence des diplomates sur place.

Justement, à ce sujet, les informations qui nous sont parvenues de sources sûres des milieux diplomatiques occidentaux, affirment que l'interruption du séjour de Kabila à Goma, son retour précipité à Kinshasa et l'interruption inoppinée de l'offensive promise, après l'expiration de l'ultimatum le 15 octobre, seraient dus à un carton jaune signé Kigali. Comme si l'Obsac l'avait deviné, nous écrivions à ce sujet que « En d'autres termes une victoires de cette coalition contre Nkunda ne ferait que renforcer militairement et politiquement les FDLR dans cet espace géographique contiguë au Rwanda. On peut s'imaginer que les Afande de Kigali n'attendrons pas que les anciens génocidaires se pointent à la frontière rwandaise pour agir. » Selon nos sources diplomatiques donc, après confirmations de la collaboration entre les FARDC et les Interahamwe dans cette guerre contre Nkunda, les Afande de Kigali ont clairement signifié à Kabila et aussi à l'ONU et aux puissances occidentales, qu'ils interviendraient si les FARDC et la MONUC continuaient à renforcer militairement "les génocidaires" le long de leur frontière avec le Congo. Bref, à ce moment-là, la donne a complètement changé et, le nouvel accord signé à Nairobi entre Kigali et Kinshasa reconfirme les véritables causes à la base des conflits armés dans l'est du Congo : la présence des groupes armés étrangers, en particuliers les Interahamwe et ex-FAR, et l'insécurité pour les minorités tutsis congolaises.

C'est donc à l'aulne de cette réalité, qui rappelait les deux dernières guerres congolaises, qu'il faut comprendre la nomination des envoyés spéciaux américains et onusiens à Goma. Non seulement ces derniers sont-ils chargés de suivre la situation sur le terrain, mais ils doivent aussi superviser la mise en application de l'accord de Nairobi. À ce sujet, l'Obsac donne malheureusement très peu de chances de succès à ce nouvel accord qui vient s'ajouter à une série d'autres conclus depuis 1999 (ex. : Syrte, Lusaka, Pretoria, Luanda, Sun City, et re-Pretoria). Tous ces accords n'ont jamais vraiment contribué à l'émergence d'une solution véritable aux problèmes posés par la présence des Interahamwe et des ex-FAR dans les deux provinces du Kivu.

Au Sud-Kivu, on apprend que la mission de négociations avec les dissidents Banyamulenge conduite par le général Mustapha, vient de se terminer. Le général doit rentrer incessamment à Kinshasa pour faire rapport au président Kabila. Il apporte dans ses bagages un cahier des charges, dont on est en droit de penser qu'il sera très difficile à accepter par les "extrémistes" dans l'entourage du président Kabila. Nous n'avons pas tous les détails, mais il doit sûrement y être question du "cas Masunzu", du problème politique de la suppression du "territoire de Minembwe", des crimes commis par les FARDC contre la population, etc. Par ailleurs, nous avons appris que les troupes des FARDC déployées sur les Hauts Plateaux ont dû, après y avoir subi de lourdes pertes (400 morts depuis le début des opérations), abandonner leurs positions avancées, pour se concentrer sur quelques positions autour de Minembwe-Centre et de Muramvia.

Du côté de la MONUC, on peut dire, sans trop risquer de se tromper que cette mission onusienne s'est complètement discrédité à cause de son engagement aveugle aux côtés des FARDC dans leurs opérations militaires sur les Hauts Plateaux et au Nord-Kivu. Non seulement, la MONUC a acheminé armes et munitions pour les FARDC et, donc pour les FDLR à leurs côtés, mais surtout la mission onusienne a servi de canal de propagande pour le volet "opérations psychologiques" de l'armée congolaise. On se rappelera des joutes verbales du major De Brosses à propos des grands succès remportés par les FARDC lors de leurs opérations au Nord et au Sud-Kivu. Or, dans presque chaque cas, il ne s'agissait que de mensonges orchestrés par les responsables militaires des deux régions militaires. Cette pratique de dezinformatzia de certains officiels de la MONUC se poursuit toujours, à titre d'exemple on pouvait lire aujourd'hui dans une dépêche de l'AFP qui citait un "observateur de l'ONU" au sujet de l'attaque contre une position militaire surplombant le camp de déplacés de Mugunga : « Pour l'observateur de l'ONU, il y a maintenant chez Nkunda, de plus en plus isolé, une volonté de semer la terreur, de déstabiliser, quitte à s'attaquer presque ouvertement à des civils. » Évidemment, cette personne n'est pas un porte-parole autorisée de la MONUC, personne ne nous donnera son nom, mais on voit à quel point cette mission est minée de l'intérieure, par des gens qui oeuvrent en faveur d'agendas cachés. On peut tout de même se demander quel avantage Nkunda aurait à attaquer des civils, puisqu'il vient justement de gagner indirectement une importante victoire politique avec la signature de l'Accord de Nairobi et surtout avec la présence des envoyés spéciaux des États-Unis et de l'ONU au Nord-Kivu qui ont mis à la fois les FARDC et la MONUC sous observation rapprochée.

Pour revenir sur cette attaque, il faut dire que même la MONUC n'excluait pas, dans une autre dépèches de l'AFP, que l'attaque soit le fait des FDLR (Interahamwe et ex-FAR). Ces derniers auraient ainsi réagit négativement à la signature de l'Accord de Nairobi. Selon le site web KivuPeace.org, les affrontements à proximité du camp de Mugunga se sont produits entre des éléments des FDLR intégrés dans une unité des FARDC, lorsque les premiers ont décidé qu'il valait mieux, après la plus récente trahison de Kinshasa à leur endroit, quitter leurs compagnons d'armes congolais. De toute évidence, le divorce ne s'est pas fait à l'amiable et on se serait échangé quelques pruneaux de Kalashnikov en guise de souvenirs pour les bons moments passés ensemble...

On termine en vous racontant quelques à côté du dernier voyage de Joseph Kabila aux États-Unis d'Amérique. Selon des sources au sein de la diaspora congolaise américaine, Joseph Kabila, après son arrivée en Arizona, quelques jours avant sa rencontre avec le président Bush, a abandonné toute sa délégation dans cet État et s'est dirigé seul vers le Kentucky. Selon les mêmes sources, ils serait aller visiter sa véritable mère qui est installé là-bas depuis un certain nombre d'années. Par ailleurs, le jour même de sa rencontre avec le président Bush, Joseph Kabila a failli recevoir un coup de poing (ou une gifle) au visage au moment où il sortait de l'hôtel Intercontinental pour monter dans la voiture qui allait le conduire à la Maison Blanche. Ce serait grâce à la vigilance des agents du Secret Service américain, qui ont maîtrisé l'individu qui s'était dangeureusement approché de lui avec de mauvaises intentions, que le président congolais a évité cette humiliation physique. De plus, pendant toute la durée de l'audience avec le président Bush, d'autres manifestants congolais ont bravé la pluie pour dénoncer, devant la grille de la Maison Blanche, cette visite du raïs congolais en territoire américain.

Bref, autant dire que diplomatiquement, la visite de Joseph Kabila aux États-Unis a été plutôt contre-productive. Il attendait un appui pour neutraliser Nkunda, on lui a imposé en lieu et place des envoyés spéciaux américains et onusiens qui auront ses troupes et celles de la MONUC à l'oeil; et un accord qui vise le démantèlement de ses alliés Interahamwe et ex-FAR. Il n'y a que les journaux de Kinshasa qui peuvent affirmer que son voyage, dans ce contexte, a été couronné de succès.

La rédaction

09 novembre 2007

Lettre du Président National du MLC JEAN PIERRE BEMBA GOMBO

 Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les membres du Bureau Politique du Mouvement de Libération du Congo.

Chers Compagnons,

Voilà bientôt six mois que je suis avec une grande attention l’évolution de la situation générale de la politique du pays. Dès lors, il ne se passe pas un jour sans que le poids des responsabilités que vous m’avez confiées ne pèse sur mes pensées et ma conscience.

En effet, à chaque fois que je suis informé des malheurs tantôt hasardeux, tantôt conséquences des actions des hommes que mon pays et mon peuple sont obligés de subir, le soutien des millions des Congolais qui croient en moi et de ceux qui, trompés, n’ont pas perçu à temps l’urgence du changement, me redonne la force de combattre pour revenir dans les meilleurs délais au Congo. Pour preuve, mes nombreux déplacements et contacts vous sont constamment relayés par la presse ainsi que par la hiérarchie du Parti.

Je vous invite donc, tous, à vous concentrer sur les enjeux actuels en vue d’œuvrer pour la matérialisation des dividendes du choix démocratique que nous avons tous librement opéré et qui conditionne l’avenir de notre cher et beau pays.

J’invite les membres du Bureau Politique à rester unis autour de ce qui est essentiel à notre organisation politique : je parle du combat pour l’édification d’un Congo meilleur. Les attaques par voie de médias des uns contre les autres parmi nous ne nous honorent pas et donnent à bien des égards l’impression d’une absence de cohésion au sein du parti, et, partant de l’opposition, le MLC en constituant la plus grande composante.

Le débat interne est intrinsèque à tout parti à vocation démocratique, et je suis le premier à m’en faire l’avocat. Cela doit cependant se faire dans une ambiance de liberté et de sérénité. Nous devons nous garder de donner l’impression, à l’occasion des débats internes, qu’il s’agit des tentatives de dissidence. C’est par le débat interne dans l’unité que nous pourrons, tous ensemble, rester une force suffisamment crédible pour incarner l’alternative au pouvoir à travers un projet véritable de transformation de notre pays.

En réalité plus que jamais, le MLC doit assumer son destin face aux ennemis de la démocratie qui s’épuisent en manœuvres dilatoires pour me contraindre à l’exil. Le rôle du MLC est attendu dans la dénonciation active des insuffisances du gouvernement qui se montre dans bien des domaines incapable de trouver des solutions aux problèmes des congolais et peine à offrir par là même des perspectives à ce grand pays. La guerre qui perdure à l’est en est la preuve la plus explicite et, à notre plus grand regret ce sont nos innocentes populations qui en paient le prix le plus élevé.

Enfin, les défis sont devant nous: le statut de l’opposition dont l’aboutissement doit refléter la réalité du choix objectif opéré par la population en faveur du MLC; les prochaines élections urbaines, municipales et locales, au cours desquelles nous devons maintenir et renforcer le crédit que le peuple congolais accorde au MLC ; le combat citoyen contre la présidentialisation sournoise du régime orchestrée par nos adversaires politiques.

Ne soyons pas distraits !!! Soyons-en conscients pour ne pas verser demain dans la mélancolie des opportunités gâchées, en ruminant le « si je savais... ». Que bon nombre de nos compatriotes congolais expérimentent à la faveur de la faiblesse consacrée du Gouvernement.

Je termine mon propos en vous invitant à la loyauté et à la fidélité dans le choix politique et à la constance vis-à-vis de notre idéal commun. Je renouvelle ma confiance au Secrétaire Général du Parti François Muamba ainsi qu’en chacun d’entre vous.

Avec Dieu NOUS VAINCRONS!

Fait à Bruxelles le 06-11-07

JEAN-PIERRE BEMBA GOMBO

06 novembre 2007

RD Congo : justice caporalisée, liberté en péril

Où va la justice congolaise ? C’est la terrifiante question qui revient dans la bouche des observateurs avertis. Et pour cause, samedi 3 novembre, le tout-Kinshasa politique a assisté à la cérémonie de la «rentrée judiciaire 2007». Pour la petite histoire, la manifestation s’est déroulée au Palais du peuple – et non dans la salle d’audience de la Cour suprême de justice … - en présence de Joseph Kabila et des membres du gouvernement. Les présidents de deux Chambres étaient également présents. Sans oublier les membres du corps diplomatique accrédité à Kinshasa. Maître de cérémonie, le Procureur général de la République (PGR), le très controversé Tshimanga Mukeba, y a vu une occasion privilégiée pour renouveler, à la face du monde, sa soumission à l’égard du «raïs». Au cours de la lecture de sa mercuriale, ce haut magistrat – le plus gradé dans la magistrature debout – a annoncé sans rire que dorénavant « l’action publique ouverte sur le fait infractionnel relatif à l’offense envers un chef de l’Etat ne sera plus désormais subordonnée à une plainte en République démocratique du Congo (RDC) ». En langage profane, cela revient à dire que l ‘appareil judiciaire congolais se considère à l’avenir saisi d’office dès qu’il estime que la personne du chef de l’Etat a été offensée par un écrit ou une opinion. Et ce, que l’intéressé porte plainte ou pas. Tshimanga n’étend cette mesure aux dirigeants étrangers que pour atténuer le ridicule. Dans son envolée oratoire, le PGR a donné la preuve de la caporalisation de la justice congolaise par le pouvoir politique. On attendait un juriste soucieux de la protection des droits et libertés, on n’a trouvé qu’un pâle magistrat-politicailleur, corrompu, qui s’est mis à jouer au "caporal en chef" chargé de défendre les intérêts moraux d’un homme : Joseph Kabila. Sans la moindre vergogne, Tshimanga n’a pas hésité à stigmatiser « le comportement de certains acteurs politiques et médias » qui, selon lui, « au nom de la liberté d’expression reconnue par la constitution, n’hésitent pas à outrager les institutions et leurs animateurs » ! Quelle honte pour la justice congolaise? Afin que nul ne l’ignore, le magistrat a fait savoir qu’il a instruit les procureurs généraux près les Cours d’appel aux quatre coins du pays
«d’appliquer chacun, dans son territoire judiciaire, la procédure de flagrance afin de lutter contre l’impunité en la matière ». Cette déclaration du Procureur général de la République viole notamment les articles 23 et 24 de la Constitution. Le premier reconnaît à toute personne le droit à la liberté d’expression. Un droit qui implique la liberté d’exprimer ses opinions ou ses convictions. Le second énonce non seulement que toute personne a droit à l’information mais consacre la liberté de la presse. Après avoir fait museler une quarantaine de médias par l’entremise du ministre de l’Information, Joseph Kabila semble poursuivre son offensive contre ses contradicteurs. Est-ce pour prévenir tout ce qui pourrait être dit dans les jours, semaines et mois à venir sur l’implication des plus hautes autorités du pays dans la conclusion de contrats léonins en matière minière ? Personne n’ignore les conditions matérielles difficiles dans lesquelles fonctionnent les magistrats. Ces conditions ne peuvent en aucun cas justifier la prostitution à laquelle se livrent certains membres de cette noble profession tant vis-à-vis des détenteurs des pouvoirs politique qu’économique. La justice a pour mission de protéger les plus faibles. Les magistrats du Parquet, payés par les deniers de la République, vont donc se muer en « petits soldats » chargés de défendre la citadelle assiégée de Joseph. Kabila et ses magistrats véreux pourraient cette fois se tromper énormément. L’heure est venue de traiter ces individus en ennemis des droits et libertés. Que conclure, dès lors, sinon d’appeler les Citoyens à user de leur droit de résistance à l’oppression face à un pouvoir inique. Un pouvoir qui dissimule de moins en moins une certaine paranoïa.

B. Amba Wetshi

30 octobre 2007

Toute la vérité sur la visite de la honte de Hyppolite Kanambe aux USA.

Face à la campagne de diversion et aux montages médiatiques dont le régime de l’imposture est devenu expert pour embrouiller et endormir les faibles d’esprit, grâce à une presse nationale totalement muselée, à l’exception de celle acquise au service de l’occupation, « L’OEil du Patriote » se fait le devoir de livrer à l’intention de l’opinion nationale congolaise tous les détails de la « visite de la honte » que vient d’effectuer l’imposteur au sommet des institutions à Kinshasa. Nous fixerons d’abord le peuple congolais sur les circonstances exactes de l’organisation de cette visite, avant de lui livrer dans les moindres détails le compte rendu fidèle des entretiens qui se sont déroulés à la Maison Blanche ce vendredi 26 octobre dans l’après-midi. Ainsi, chaque congolais se fera une idée exacte du niveau des hommes qui prétendent conduire aujourd’hui la destinée de tout un peuple !

L ’ OE I L D U P A T R I O T E 1 L ’ OE I L D U P A T R I O T E 2

Qui a invité qui ?

Tout est parti du dernier séjour new-yorkais de Hyppolite Kanambe en septembre dernier. Durant cette visite, ses collaborateurs ont fait des mains et des pieds dans les coulisses des hôtels sans réussir à lui décrocher une petite audience auprès des présidents américains et français. Déçu et irrité, Hyppolite a plaqué son entourage congolais pour recourir aux bons offices des lobbies américains spécialisés dans l’organisation des « invitations » à la Maison Blanche. Tous les observateurs avertis de la politique américaine connaissent bien cette pratique à laquelle recourent souvent les présidents des pays du Tiers-Monde dont la présence n’est pas vraiment souhaitée dans la White House !

Après l’humiliation qu’il venait de subir lors de son passage en Belgique, pour pallier ensuite au rejet poli dont il venait d’être l’objet à New York, et pour sauver la face, les stratèges étrangers autour de Kanambe lui ont conseillé de recourir d’urgence aux bons offices des lobbies spécialisés pour lui obtenir « une invitation » à être reçu à la Maison Blanche dans le délai d’un mois. «Service express» quoi ! Aussitôt dit, aussitôt fait. Une note d’offre de service du lobby américain Caterpillar situé en Arizona lui fut présentée. Et après un bref marchandage du prix et des conditions de l’ «invitation », le marché fut conclu. Quarante-huit heures après, selon les clauses du contrat, Caterpillar autorisait Hyppolite Kanambe à annoncer officiellement «son invitation» par La Maison Blanche à rencontrer le Président américain George W. BUSH. Washington allait confirmer la nouvelle. Et il a suffi d’observer la liesse qu’a provoquée l’annonce de cette « visite » dans l’entourage de Kanambe et de sa presse à sensation pour comprendre les sacrifices financiers consentis sur le dos du peuple congolais. Car les quelques millions de dollars gaspillés pour ce show politique auraient pu servir ne fut-ce qu’à

dédommager les pauvres familles des victimes de l’accident du crash d’avion à Kingasani.

Voulant respecter les clauses du contrat, la firme Caterpillar avait affrété comme prévu l’avion Boeing 707 immatriculé N88ZL pour assurer le transport de Kanambe dans les meilleures conditions de sécurité. Mais pour des raisons que «L’oeil du Patriote» a révélées dans sa livraison du 23 octobre dernier, Hyppolite Kanambe avait renvoyé cet avion à vide sur la Grèce, malgré la note déjà payée dans les frais inclus dans la facture initiale. Voilà pour les conditions et les circonstances dans lesquelles ce fameux voyage aux Etats-Unis a été concocté.

Compte rendu détaillé de l’audience à la Maison Blanche

Comme nous le disons plus haut, avant que les médias au service du régime d’occupation en place à Kinshasa ne mettent en marche leur machine de propagande pour encenser l’imposteur Joseph Kabila après sa visite aux Etats-Unis, « L’oeil du Patriote » qui était bel et bien présent à la Maison Blanche le 26 octobre dernier et qui n’a rien manqué de l’audience que le président américain George W. BUSH a accordée à Joseph Kabila, tient à mettre à la disposition du peuple congolais le contenu de leurs entretiens afin que chacun puisse se faire sa propre opinion :

L’audience qui était initialement prévue dans la matinée n’a finalement eu lieu que dans l’après midi ; le président américain étant pris par le suivi de l’évolution de la situation en Californie ravagée par de violents incendies. Prévue pour une durée d’une heure, l’audience n’a duré finalement que 35 minutes. Après l’introduction d’usage, c’est Joseph Kabila qui prit la parole le premier pour exposer à son interlocuteur l’objet de sa demande d’audience. L ’ OE I L D U P A T R I O T E 3

Et là Joseph Kabila, au lieu d’aborder les grands dossiers au centre des préoccupations des congolais, fit plutôt un rapport d’activités au chef de la Maison Blanche, dans lequel il se félicite notamment d’avoir promis et réalisé des élections « démocratiques » en RDC et d’avoir réalisé la réconciliation nationale ! Sa seule vraie requête à George BUSH est que ce dernier lui apporte une aide matérielle et militaire qui puisse lui permettre de mettre un terme à la guerre qui sévit à l’Est de la RDC.

Prenant la parole à son tour, le président américain lui fit comprendre que les Etats-Unis ne peuvent s’impliquer seuls dans la résolution du conflit à l’Est de la RDC ; il faudrait pour cela dit-il, l’implication de la Communauté Internationale dans son ensemble, et particulièrement l’Union Européenne qui a le plus investi dans la transition politique en RDC, spécialement dans l’organisation des élections. Le président George BUSH a saisi cette occasion pour lui faire remarquer qu’en tant que garant du bon fonctionnement des institutions américaines, son administration ne peut en aucun cas s’engager directement dans le conflit armé à l’Est de la RDC sans l’aval du Congrès, actuellement contrôlé par les démocrates.

Et enfin, le président américain a souhaité avoir des explications claires et précises sur le fait que les forces de Laurent Nkundabatware soient systématiquement prévenues des dispositifs militaires mis en place par les forces gouvernementales (FARDC). A cette question, Joseph Kabila a été incapable de fournir une quelconque explication cohérente à son interlocuteur…

Passant à un autre chapitre, le président américain a relevé quelques griefs importants à l’encontre de Joseph Kabila et de son régime à savoir :

1. Le non-respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

L ’ OE I L D U P A T R I O T E 4

2. La neutralisation quasi complète de l’opposition politique institutionnelle.

 

3. La mise sous tutelle des médias nationaux, et particulièrement la presse gouvernementale.

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Pour étayer ses propos, George BUSH a cité le cas de l’assassinat à Bukavu le 13 juin 2007, du journaliste et secrétaire de rédaction de la station Radio Okapi, monsieur Serge MAHESHE et surtout le massacre des adeptes du mouvement politico-religieux BUNDU-DIA-KONGO par les hommes en armes de Joseph Kabila ayant fait officiellement 134 morts et plus de 750 disparus le 31 janvier 2007.

Concernant le dossier explosif relatif aux contrats passés entre la RDC et la Chine, le président américain a exprimé la préoccupation des Etats-Unis sur les points ci-après :

1. Les conditions obscures qui entourent la signature de ces accords ainsi que leur contenu en rapport d’une part avec les normes de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), et avec les programmes des institutions de BrettonWood (FMI ; Banque Mondiale…) et la RDC d’autre part. Comment la RDC de Kabila compte concilier tous ces engagements qui sont parfois contradictoires ? Là également, Joseph Kabila s’est montré incapable de donner une réplique satisfaisante à son interlocuteur.

 

2. Les conflits d’intérêts que ne manqueront pas d’engendrer les contrats miniers (léonins) signés entre la RDC et les firmes occidentales (couverts par la Banque Mondiale) d’une part, et les contrats miniers entre la RDC et la Chine d’autre part.

 

3. La crainte de voir la Chine profiter de sa mainmise sur le sous-sol congolais pour fabriquer des armes prohibées grâce notamment à l’uranium congolais.

A la fin de son intervention, le chef de la Maison Blanche a, de manière tout à fait inattendue, soulevé le dossier ultra-sensible du trafic illicite de l’uranium par les hautes autorités congolaises ! Il a

exprimé sa vive préoccupation sur les conséquences néfastes d’un tel trafic sur le terrorisme international et la prolifération d’armes nucléaires.

Dans sa réponse, Joseph Kabila a d’abord tenté de nier en bloc toute implication à un tel trafic, arguant maladroitement que ces accusations sont l’oeuvre de l’imagination de ses adversaires politiques. Mais George BUSH lui a répliqué que ces accusations étaient fondées dans la mesure où elles ont été confirmées par les enquêtes menées par des services spéciaux américains en Amérique Latine et ailleurs en Afrique, y compris en RDC !

Devant la fermeté du président américain, Joseph Kabila pour se blanchir, a promis à son interlocuteur de diligenter une enquête au sein de son entourage pour démasquer lesquels de ses collaborateurs s’adonnent à ce trafic à son insu… Cette réponse ridicule de Joseph Kabila, empreinte de malice et d’hypocrisie, a fait sourire ses interlocuteurs américains…

En conclusion, George W. BUSH a renvoyé Joseph Kabila vers la Communauté Internationale avec laquelle il doit clarifier beaucoup de zones d’ombre qui subsistent dans leurs rapports multilatéraux. Et quand on connaît le froid que Joseph Kabila a jeté au sein de cette Communauté Internationale, et au sein de l’Union Européenne en particulier par son mariage avec la Chine, il est clair que Joseph vient de scier l’arbre sur lequel il s’est assis…

Quant aux communiqués diplomatiques et déclarations d e presse sur lesquels se fondent Kabila et sa presse à sensation pour pavoiser, il n’y a que des analphabètes en politique qui ignorent ce que représentent ces communiqués et comment ils sont rédigés, qui peuvent se faire prendre dans ce show des clowns.

Paris, le 29 octobre 2007.

22 octobre 2007

Enquête sur deux limogeages aux allures de règlement de comptes

Près de neuf mois après son installation, le gouvernement Gizenga I a déjà perdu deux de ses membres. Deux ministres ont fait l’objet de révocation sans que la faute respective, commise dans l’exercice de leurs fonctions, ait été démontrée de manière indiscutable. Pire, les deux membres de l’exécutif national n’ont pas pu faire valoir leur droit de défense. Le 13 juillet dernier, le ministre de la Recherche scientifique, Sylvanus Mushi Bonane, étiqueté maï maï, a été révoqué aux termes d’une ordonnance présidentielle. Motif invoqué : « comportement indigne ». Ce que conteste l’intéressé. Le 5 octobre, le ministre des Transports et voies de communication, le PPRD Remy-Henry Kuseyo Gatanga a subi un traitement analogue suite au crash, jeudi 4 octobre, d’un avion de type Antonov 26 dans la commune kinoise de Kimbanseke. Et si les ministres sacqués avaient en réalité
heurté involontairement les intérêts maffieux du clan kabiliste ?

Le 24 juin 2006, l’ex-hôtel Intercontinental a servi de cadre pour la sortie officielle de l’AMP (Alliance de la majorité présidentielle), un cartel de partis politiques décidés à soutenir la candidature de Joseph Kabila à l’élection présidentielle. Trente-trois prétendants sont en lice. Soutenus bruyamment par des milieux occidentaux, Kabila est présenté comme étant le favori. A l’issue du premier tour organisé le 30 juillet, Antoine Gizenga est sorti troisième avec 13,6% de suffrage exprimé. Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba ont obtenu respectivement 44,8% et 20%. C’est le « rush » vers l’AMP. Des postes ministériels sont promis à tour de bras aux nouveaux alliés de Joseph. Le 30 septembre, l’ex-hôtel Intercontinental abrite à nouveau une grande manifestation politique. Il s’agit de la cérémonie de signature d’un « Protocole de partenariat » entre l’AMP et le Parti lumumbiste unifié (Palu). Secrétaire général de ce parti, Antoine Gizenga se voit promettre le poste de Premier ministre en cas de victoire. Le second tour de la présidentielle a lieu le 29 octobre. La suite est connue. Le 6 décembre, Joseph Kabila est investi en qualité de président de la République démocratique. Le 19 du même mois, le « nouveau » chef de l’Etat désigne Gizenga « informateur » avant de lui confier la mission de former le gouvernement. C’était le 30 décembre.

1. Le cas Sylvanus Mushi Bonane

Par ordonnance n°07/001 du 5 février dernier, le numéro un congolais publie la composition du gouvernement Gizenga. Soixante ministres et vices-ministres. Pas moins. Deux membres de cette équipe vont connaître un destin tout particulier. Il s’agit de Sylvanus Mushi Bonane et de Remy Henry Kuseyo Gatanga, respectivement ministre de la Recherche scientifique et des Transports et voies de communication. Vendredi 13 juillet, le gouvernement tient une de ses rares réunions de conseil des ministres. Parmi les points retenus à l’ordre du jour, il y a la « révocation » du ministre de la Recherche scientifique et technologies, Sylvanus Mushi Bonane. Que lui reproche-t-on ? Dans son compte-rendu, le porte-parole du gouvernement, le ministre de l’Information et Presse Toussaint Tshilombo Send, bredouillait que cette décision « fait suite à des actes indélicats et incompatibles à ses fonctions de ministre ». Dans une dépêche datée du 16 juillet, l’Agence presse associée (APA) précise que Mushi Bonane est accusé d’avoir eu un « comportement indigne » à l’occasion de l’exécution des décisions judiciaires mettant en cause la société Estagri (assurances, services), l’Ofida (Douanes) et la banque Citigroup. La dépêche d’expliciter que Mushi, qui dirige un cabinet d’avocats à Kinshasa avait obtenu du tribunal de Grande instance de Kinshasa en 2005 un jugement en faveur d’Estagri qui réclamait à l’Ofida, auquel elle était liée depuis plusieurs années par un contrat de services, un paiement de 220.000 U$ pour une créance que l’Ofida n’a jamais reconnue. Condamné à payer près de 700.000 U$, l’Ofida affirme avoir introduit un recours auprès de la Cour suprême de justice et obtenu de celle-ci un arrêt ordonnant de surseoir à l’exécution du jugement.

Kahemba et Uranium

Quelle est la version de faits du principal intéressé ? « On me reproche des choses qui n’ont strictement aucun rapport avec la qualité de mon travail au ministère », a déclaré Sylvanus Mushi Bonane à l’AFP. A-t-il, dès lors, été sanctionné pour des faits liés à sa profession d’avocat, antérieurs à son entrée au gouvernement ? « Et concernant mon activité d’avocat, je n’ai jamais rien fait d’illégal », argumente-t-il.
Mi-juillet, l’Assemblée nationale congolaise avait annoncé avec fracas la mise sur pied d’une commission d’enquête chargée de clarifier le différend opposant l’Ofida à la société Estagri. Trois mois après, ladite commission n’a toujours pas été constituée. L’affaire a manifestement été enterrée. Par qui ? Pourquoi ? Ancien inspecteur judiciaire, Mushi passe, pour les uns, pour un homme controversé. Pour d’autres, c’est une forte personnalité très tranché sur les principes. L’ironie de cette histoire c’est que dans son édition en ligne en date du 25 juin, le site Internet Digitalcongo.net, proche du clan kabiliste, rend un hommage appuyé sur l’action de Mushi Bonane à la tête de ce ministère : « A ce premier volet consacré au front interne, il sied d’ajouter (…) la lutte contre la spoliation des biens tant du domaine public que privé de l’Etat, l’encadrement de la paie, (…). »
A travers ses prises de contact, le ministre aurait découvert « (…) l’incurie qui y a élu domicile, le vieillissement des ressources humaines y affectées, une pléthore d’agents recrutés de manière anarchique, des promotions discriminatoires, le paiement des unités fictives, la passation des marchés publics illégaux, et la perception des loyers illicites. » C’est ici que Mushi Bonane a commencé à assainir son ministère en suspendant pour « fautes administratives graves et ou pénales, des membres des comités de gestion du Commissariat à l’énergie atomique (Cgea), de l’Institut géographique du Congo (Igc) et du Centre de recherches en sciences naturelles de Lwiro ». Le secrétaire général du ministère qui répondrait au nom de Nsiala, a été suspendu et remis à la disposition du ministère de la Fonction publique. Etiqueté PPRD, le nommé Nsiala aurait, selon une source, gonflé les effectifs d’agents de ce département : 598 fonctionnaires au lieu d’une soixantaine.

Table ronde intercommunautaire

Une source jointe au téléphone à Kinshasa par la rédaction de congoindependant.com n’a pas été économe en confidences. « Les causes des ennuis du ministre Mushi Bonane, confie-t-elle, devraient être recherchées sur le terrain politique et stratégique ». Selon cette source, l’ex-ministre Mushi avait émis des réserves, à l’instar des membres de la commission parlementaire envoyée à Kahemba, sur le travail réalisé par le directeur général de l’Institut géographique du Congo – un colonel à la retraite - lequel donnait gain de cause à la thèse angolaise. Cette attitude aurait fait naître une « inimitié tenace » entre le ministre de la Recherche Scientifique et son collègue en charge de l’Intérieur, Denis Kalume Numbi. Selon une autre source, il y a ensuite la question relative à la gestion du Centre nucléaire de Kinshasa. Mushi avait suspendu le directeur de cet organisme en l’occurrence le professeur Lumu suite, selon lui, à des fautes graves mettant le « Congo en danger ». Contre toute attente, la Présidence de la République s’est empressée de le réhabiliter. La source de conclure : «Le ministre Mushi Bonane a fait casser un contrat portant création d’une société pour l’exploitation de l’uranium. La convention aurait été signée par son prédécesseur Kamanda wa Kamanda et une firme britannique. Cette société accuse « Sylvanius » de lui avoir fait perdre, par son ukase, pas moins de 30 millions de £ (Pounds) à la Bourse de Londres. Des personnalités proches de la Présidence auraient des intérêts dans cette affaire, dit-on. On apprend enfin que Mushi Bonane s’était opposé à l’idée lancée par le ministre Kalume d’organiser une table-ronde intercommunautaire dans les provinces du Kivu. Pour lui, cette table ronde contourne les vrais problèmes. Il n’ y a pas de conflits intercommunautaires au Kivu.

2. L’affaire Remy Henry Kuseyo Gatanga

Jeudi 4 octobre, le monde entier apprend le crash d’un avion Antonov 26 dans un quartier populeux de Kinshasa. Bilan : 50 morts et autant de blessés. Plusieurs maisons ont été détruites. Des images apocalyptiques ont été diffusées en boucle par les grands médias internationaux écornant encore davantage l’image de la RD Congo en matière de l’insécurité du transport aérien. Réunie en séance plénière, l’Assemblée nationale, sous la direction de son premier vice-président, Christophe Lutundula Apala Pen’Apala, décide d’interpéler le ministre des Transports afin de fournir des explications aux députés. Rendez-vous est pris pour vendredi 5 octobre. Quelques heures avant le démarrage de la séance des questions orales, une nouvelle inattendue tombe : « Le ministre des Transports et voies de communication, Remy Henry Kuseyo Gatanga, a été limogé du gouvernement aux termes d’une ordonnance présidentielle ». Une autre ordonnance nomme Richard Nyanguile Kasanza en qualité de directeur général de l’Autorité de l’aviation civile du Congo. Il s’agit d’un officier des Forces armées de la RD Congo, proche de Kabila. Que reproche-t-on au ministre Kuseyo ? Il lui est reproché « l’incapacité de mettre en œuvre des mesures efficaces pour assainir l’espace aérien congolais de manière à réduire la fréquence et la gravité des accidents aériens », indique notamment une dépêche de l’Agence congolaise de presse (ACP). « Il lui est également reproché le retard dans la mise en place de l’Autorité de l’aviation civile qui serait à l’origine du dysfonctionnement constaté dans ce secteur de transport aérien », ajoute la même source. La révocation-surprise de ce membre du gouvernement a été vivement déplorée par les députés lesquels ont dû se contenter du ministre près le Premier ministre, Godefroid Mayobo, pour obtenir des éclaircissements. «J’ai été surpris. Nous devions impérativement interroger le ministre sur la levée de la décision de suspension des vols pour les Antonov», déclarait Jean-Charles Okoto, député du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) du président Joseph Kabila. Président du groupe parlementaire du MLC à la Chambre des députés, François Mwamba ne disait pas autre chose : «Ce que nous voulons, c’est une commission d’enquête indépendante de celle du gouvernement pour établir les faits et toutes les responsabilités». Et de souligner qu’«il ne s’agit pas seulement de faire tomber des têtes, mais de faire en sorte que le Congo ne soit plus une poubelle pour de vieux avions», a-t-il dit. En tous des experts estiment à ce stade que la responsabilité du ministre n’a pas encore été établie. Dans la mesure où celui-ci devait obtenir les explications tant de l’Aéronautique civile congolaise que de la Régie des voies aériennes sur la situation technique de l’avion et son plan de vol.

Contre-attaque

Signalons qu’au mois de mars, le ministre des Transports avait accordé un délai de trois mois aux compagnies aériennes opérant en RD Congo pour leur mise en conformité. Ce n’est qu’au mois de septembre qu’il a décidé de clouer au sol tous les appareils de type Antonov. Une décision qui n’a pas enchanté certains milieux affairistes du pays. Décidé de vendre chèrement sa peau, Kuseyo Gatanga brandi deux correspondances pour le moins dérangeantes pour la Présidence de la République. La première est datée du 12 septembre 2007. Elle émane du ministre d’Etat auprès du président de la République en l’occurrence Norbert Nkulu Mitumba Kilomba. La missive est enregistrée sous le numéro PR/MIN.ET/998/vk/2007. Une copie est réservée notamment à Joseph Kabila. « La presse écrite a fait état des mesures que vous avez prises et portant suspension de vol de tous les avions de type Antonov », note en liminaire le bras droit du « raïs » congolais qui poursuit : « Il est relevé que le caractère général d’une telle mesure visant tous les avions de type Antonov est discriminatoire et peut causer préjudice aux compagnies qui sont en règle du point de vue technique qui respectent la réglementation en la matière ». Il est clair que le ministre d’Etat à la Présidence de la République entend défendre non pas l’intérêt général mais bien quelques intérêts particuliers. Lesquels ? Juriste de formation, Nkulu qui sait peser le poids de chaque mot lance : « (…), « il » vous est demandé de rapporter les mesures susmentionnées (…) ». Qui se cache derrière ce « il » ? Avocat de profession, Nkulu pouvait-il ignorer que l’article 93 de la Constitution congolaise érige le ministre en chef de son département ? Nkulu a-t-il subi des pressions de quelques membres de l’entourage présidentiel connus pour leur affairisme ? D’aucuns suspectent l’actuel patron de la Police nationale, John Numbi. D’autres vont plus loin en pointant un doigt accusateur en direction de Jaynet Kabila. Le 14 septembre, Kuseyo répond au ministre d’Etat Nkulu. C’est la seconde correspondance. Celle-ci porte le numéro 409/CAB/MIN/TVC/1248/MN/mg/2007. « En ce qui me concerne, écrit-il, le problème posé ne doit pas être traité en se basant sur le manque à gagner des compagnies aériennes car la vie a plus de prix que les intérêts économiques ou les retombées financières de l’exploitation des avions ». Et de rappeler que son ministère « a hérité d’un désordre inimaginable caractérisé par la distribution monnayée des licences d’exploitation au grand mépris des normes techniques, la corruption généralisée dans les secteurs de tous les modes de transport aérien, terrestre, fluvial et ferroviaire ». Kuseyo se dit conscient des préjudices consécutives à cette mesure mais assène : « (…)Nous avons encore en mémoire nos frères et sœurs morts lors de crashs du marché type Ka, Kongolo, Kamina, Goma, Kalémie, Isiro etc. ».

« La haute hiérarchie »

Une chose paraît sûre : en dépit de sa fermeté, Kuseyo a subi des pressions insupportables de la part de la « haute hiérarchie », selon la formule devenue célèbre. Une formule qui rend diffus la notion même de responsabilité. Selon une source proche du ministère des Transports, Kuseyo a fini par céder en signant «au fur et à mesure des dérogations», dont celle de la compagnie Africa One, propriétaire de l’Antonov accidenté. Etrangement, 24 heures après l’éviction de Kuseyo – et pendant que les habitants de Kimbanseke pleuraient leurs morts - les vieux aéronefs de type Antonov continuaient à voler sur l’espace aérien de la RD Congo. Samedi 6 octobre trois Antonov des compagnies Bleu Airlines, Air Kasaï et Tom Airways décollaient de Kinshasa à destination de Tshikapa. A Lubumbashi, un Antonov de la compagnie Karibu Airways a décollé dans la journée. Et pourtant. Le 24 septembre, un bi-turbopropulseur de fabrication tchèque, Let-410, avait manqué son atterrissage à Malemba Nkulu, à 400 km de Lubumbashi, et terminé sa course dans un cimetière en bout de piste. Bilan : un mort et cinq blessés graves. Le 21 juin, un autre Let-410 de Karibu Airways s’était abîmé dans un marécage peu après son décollage de Kamina, à 420 km de Lubumbashi, tuant un passager parmi les 25 personnes à bord.
A Kinshasa, des agents de l’aviation civile ont confirmé à la presse qu’aucune restriction n’avait été décidée après le grave accident de jeudi, qui a fait au moins 50 morts et 32 blessés, selon le ministère des Affaires humanitaires.
Dans les deux cas sous examen, on cherche en vain l’ « incompétence » et la faute imputables aux anciens membres du gouvernement. De là à parler d’un règlement de comptes, il n’y a qu’un pas à franchir. Les deux ex-membres du gouvernement ont manifestement « bousculé » les intérêts maffieux de certains puissants du clan kabiliste. A preuve, l’AMP a réussi à sauver la tête du ministre d’Etat Nkulu lors du vote de la motion de défiance. Devrait-on conclure que l’intérêt général des 60 millions de Congolais s’arrête désormais là où commencent les intérêts individuels des membres de la famille biologique et politique de Joseph Kabila?

B.A.W

15 octobre 2007

François Muamba : « La motion de défiance est une démarche politique sans lien de causalité avec l’enquête » (Pot)

Le bon déroulement de la plénière du samedi 13 octobre à l’Assemblée nationale continue à susciter des débats. Mais il permet entre-temps aux acteurs politiques de tirer des leçons qui s’imposent pour apprécier le déroulement du processus politique. Exercice auquel s’est adonné l’honorable François Muamba, secrétaire général du Mouvement pour la Libération du Congo, MLC. C’était au cours d’un point de presse qu’il a tenu hier dimanche en son domicile.

« La motion de méfiance déposée contre le ministre d’Etat près le Président de la République demeure une démarche politique qui n’a aucun lien de causalité avec la commission d’enquête constituée aux lendemains du crash de Kimbanseke ». Cette précision est de l’honorable François Muamba, secrétaire général du Mlc livrée au cours d’un point de presse qu’il a tenu hier dimanche 14 octobre en sa résidence.

Précision qui visait à balayer d’un revers de la main l’argument de la majorité présidentielle qui a jugé cette motion inopportune alors que la Commission d’enquête n’a pas encore livré ses secrets.

Néanmoins, l’orateur s’est empressé de souligner l’esprit et la manière qui ont caractérisé le déroulement de la plénière. Il a exprimé toute sa satisfaction pour autant que les élus du peuple se sont surpassés pour privilégier l’intérêt supérieur de la nation. C’est ainsi qu’il s’est permis d’interpréter les résultats du vote intervenu au terme du débat et qui a rejeté la motion de défiance présentée par l’ Opposition : 252 voix contre et 156 pour. L’honorable Français Muamba reléve qu’il s’agit là d’un résultat éloquent qui pose les structures des prochains débats. Aussi, partant de l’hypothèse par absurde, il a relève qu’il y a eu tiers des députés du MLC, 1/3 de ceux de la DC et ODC et 1/3 des indépendants et autres supposés de l’AMP qui ont voté pour la motion. « Ce fut un vote citoyen. Manifestation selon laquelle nous sommes sur une bonne voie et que la démocratie en RDC est sur le sentier de la démocratie moderne », a-t-il souligné.

Quant aux voix de L’AMP, il s’est tenu à dire qu’il n’y a pas eu un vote massif. Il s’est abstenu toutefois à creuser davantage, mais en réitérant qu’il s’est agi d’un vote citoyen et que chacun a voté selon sa conscience.

PAS DE SATISFACTION BEAT

Cependant, à la question de la presse de savoir si ce n’était pas « un jugement hâtif », l’honorable François Muamba a tout de suite fait remarquer qu’ il n’est nullement question d’affirmer que tout va désormais bien comme Madame la Marquise et que l’Opposition « cause bien ». Loin de là. « Il ne s’agit nullement de précipitation. Mais d’un début de satisfaction et nous demeurons vigilants. Nous insistons beaucoup sur des attitudes républicaines pour toutes les questions à caractère national. Seulement, nous devons reconnaître qu’en ce qui concerne le débat du samedi 13 octobre, tout s’est déroulé dans la sérénité et chapeau bas au bureau de l’Assemblée nationale. L’Opposition a disposé de l’espace qui lui convenait pour s’exprimer librement en plus de ce qu’elle a assumé ses responsabilités à travers cette question orale de l’ honorable Jean-Lucien Busa du MLC et la motion de défiance qui a été déposée conformément aux textes. Elle a été ensuite déclarée recevable avant qu’interviennent le débat et le vote, en toute transparence. Voilà pourquoi nous avons tenu à faire remarquer que la démocratie, avec ce début, est sur la bonne voie. Mais nous restons vigilants », a-t-il précisé.

Mais comme pour faire remarquer qu’il ne s’agit pas d’un optimisme béat, il a déploré des tentatives d’intimidation dont certains députés ont été l’objet tant à l’ extérieur qu’ à l’ intérieur de la salle des congrès. « Je déplore cette mobilisation avec des calicots tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la salle. Ce genre de manifestation est en violation avec les règlements. Plus grave, certains députés ont été l’objet d’intimidation jusque dans la salle et n’ont pas pu voter. Tel est le cas de l’honorable Bofassa qui n’a pas voté. Nous saluons l’intervention du président de l’Assemblée nationale qui a réussi à faire revenir la quiétude. La démocratie doit protéger et les tenants du pouvoir et l’opposition. Chacun de nous doit accuser des comportements démocratiques, républicains. C’est le prix à payer. », a-t-il, une fois de plus, relevé.

CAS BEMBA : UNE SOLUTION POLITIQUE

L’occasion faisant le larron, le secrétaire général du MLC a répondu à une question de la presse sur le cas Bemba. Il a souligné que les pourparlers en coulisses se poursuivent. Il demeure convaincu qu’une solution politique interviendra et qu’il faudra prendre son mal en patience. Quant au cas Nkunda, il observe et espère une solution politique le plus tôt que possible au regard du drame humanitaire qui pointe à l’horizon.

Enfin, l’honorable François Muamba a reconnu que le MLC a pris dernièrement part à la réunion de l’Internationale démocratie chrétienne et centriste, IDC, à Rome. Au terme de cette assemblée, le MLC a été désigné vice-président pour l’Afrique au regard de son expérience politique de gestion.

D’autres partis, notamment la Démocratie chrétienne de Diomi Ndongala, et le PDSC de Boboliko Lokonga sont également membres de IDC.

Mais auparavant, l’honorable François Muamba avait adressé ses vives condoléances et celles de son parti à l’endroit des familles éprouvées. Il a émis le souhait de voir ces événements malheureux et leurs conséquences douloureuses donner une nouvelle impulsion dans la manière de gouverner, de gérer et de maîtriser les questions majeures.

13 octobre 2007

Une quarantaine de valises pour la « première dame » de la RD Congo

Après trois mois de séjour en Belgique, Mme Kabila a quitté Bruxelles par un vol de la compagnie Brussels Airlines à destination de Kinshasa. La "première dame" ramène avec elle pas moins d’une quarantaine de valises en guise de bagages. Des agents de sécurité de l’aéroport de Zaventem n’ont pas caché leur indignation.

Aéroport de Zaventem. Samedi 13 octobre. Olive Lembe di Sita Kabila a quitté Bruxelles, samedi 13 octobre, par un vol de la compagnie Brussels Airlines à destination de Kinshasa. Selon des témoins, l’épouse du numéro un congolais s’est présenté à cet aéroport avec une quarantaine de valises en guise de bagages. « Tout ça pour une seule passagère ?», murmurait un agent de comptoir manifestement scandalisé par cet étalage de richesse. "Les Congolais tirent le diable par la queue pendant que leurs dirigeants et les membres de leurs familles vivent dans une débauche d’opulence", enchaîne un agent de sécurité de l’aéroport qui s’étonne de cette ostentation. « Olive » regagne Kinshasa au bout d’un séjour de près de trois mois en Belgique. Ce séjour prolongé en terre étrangère a suscité des supputations sur une éventuelle « mésentente » au sein du couple Kabila. Arrivée à Bruxelles en août dernier, l’épouse Kabila a été - en compagnie de sa mère et de l’ambassadeur à Bruxelles, reçue à déjeuner par le président du Sénat du royaume de Belgique, le MR Armand De Decker. Lors de l’« escale » effectuée par « Joseph », dimanche 23 septembre, en route pour la 62ème Assemblée générale des Nations Unies, la « première dame » de la RD Congo était à l’aéroport de Melsbroek pour accueillir son présidentiel d’époux. Elle avait, à cette occasion, mobiliser les « Mamans de la Louvière » pour chanter et danser en l’honneur du « raïs ». Vêtues de pagnes et tee shirt assortis de l’effigie de Joseph, ces animatrices, version "libération", n’avaient rien à envier à leurs consoeurs des "groupes choc" du défunt MPR parti-Etat. Des Congolais pratiquant les arts martiaux ont été recrutés pour assurer la sécurité rapprochée de « Mama Olive » plus que jamais « visible » durant les premiers jours du « Festival Yambi », organisé par la Communauté française de Belgique. Dimanche 7 octobre, l’épouse Kabila est allée « incogonito » assister au culte de l’Eglise « La Nouvelle Jérusalem » que dirige le Pasteur Martin Lukanda Mutyebele. Selon des sources, dans la soirée de vendredi 12 octobre, Olive a reçu à dîner plusieurs dizaines de « Mamans » congolaises de Bruxelles dont des femmes d’affaires du Quartier Matonge. La rencontre a eu lieu à la Chancellerie de l’ambassade de la RD Congo sise 30, rue Marie de Bourgogne.

B.A.W

04 octobre 2007

L’Apareco répond au Quotidien kinois L’Avenir

L’affaire dite de l’"interview fictive" que Joseph Kabila aurait accordée au journaliste indépendant nommé Jackson Wilson se mue en "pugilat" entre la presse pro-Kabila et l’Apareco (Alliance des patriotes pour la refondation du Congo) que dirige, depuis Paris, Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba. Accusé par le quotidien "L’Avenir" d’être le "concepteur" de cette "fiction", selon le mot désormais consacré, l’ancien conseiller spécial en matière de Sécurité, sous Mobutu Sese Seko, parait décidé à rendre coup pour coup. Comme pour être économe de son mépris, "Honoré" a chargé le porte-parole de son mouvement, Paul Akanga, de transmettre un droit de réponse au très kabiliste quotidien L’Avenir. Un vent favorable a fait parvenir à la rédaction de Congoindependant.com une copie de cette lettre que nous publions ci-après dans son intégralité. Pour l’essentiel, l’Apareco oppose un démenti catégorique aux imputations de ce journal. Polémique à suivre.

B.A.W


Texto:

Au Rédacteur en chef du Quotidien L’Avenir


Concerne : Droit de réponse de
L’Alliance des Patriotes
Pour la Refondation du Congo
(APARECO)


Monsieur,

Dans votre livraison du 03/10/07 sous le titre « interview fictive du président joseph Kabila : un coup d’épée dans l’eau », votre quotidien attribue (en des termes clairs) au Président National de l’APARECO, monsieur Honoré Ngbanda la paternité des délires de votre leader et président Joseph Kabila.

Voilà pourquoi nous vous adressons le présent droit de réponse à publier à la Une de votre quotidien comme le recommande la déontologie de votre profession.

Avant d’aborder le fond du problème, nous tenons à notre tour de revenir sur la chronologie des faits afin d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur cette bévue politique et diplomatique de joseph Kabila qui dévoile heureusement au monde le niveau de la médiocrité au sommet de l’Etat en République Démocratique du Congo.

· Lundi 1er octobre : C’est le journal kinois «Uhuru» qui, le premier, défraie la chronique en publiant une interview que joseph Kabila a accordée à un journaliste indépendant du nom de Jackson Wilson. Or tout le monde sait que ce journal «Uhuru» est très proche de l’ANR (Agence Nationale des renseignements) et donc à la solde du pouvoir en place. Car d’un côté, sa PDG n’est autre que madame Colette Tshomba, vice ministre en charge des congolais de l’étranger (donc de la diaspora d’où, selon vous serait parti le canular); tandis que de l’autre côté, le principal actionnaire de «Uhuru» n’est autre que Kazadi Nyembwe ancien patron de l’ANR et qui est resté très influent dans la sphère.

· Après « Uhuru », c’est le site Internet « Digitalcongo.net » qui met en ligne la dite interview, tout en prenant soin de l’habiller de commentaires laudateurs du style « Jackson Wilson a interviewé le président Kabila…et il le présente comme un président nationaliste pour qui seuls les intérêts de son pays comptent… ». Or la patronne du site « Digitalcongo.net » on le sait, n’est autre que Jaynet Kabila, la sœur jumelle de Joseph Kabila, et qui est connue pour être le lance voix de ce dernier.

· Après 2 heures de présence de cet interview sur la toile, coup de théâtre : le texte de l’interview est retiré du site Digitalcongo.net et remplacé par un communiqué dans lequel on peut lire : « De mauvais plaisantins ont mis sur le web ce mardi 2/10/07 une fausse interview…de joseph Kabila… ». Et de poursuivre : « nos lecteurs sont invités à s’en méfier et à attendre le vrai texte qui sera diffusé sur notre site dans les prochaines heures ».

· Quelques heures après, Monsieur Kudura Kasongo, porte parole à la présidence déclare à l’Agence de Presse APA que « le président de la république n’a accordé aucune interview à un journaliste quelconque lors de son séjour à New York… ».

· Et pour réparer le pot cassé, dans sa livraison du 3/10/07 « L’Avenir quotidien » écrit à propos de l’interview : « quelques coups de fil ont suffit pour que l’identité de l’auteur de ce spam nous soit révélée. Nos honorables correspondants…ont parlé du chef de l’APARECO, Honoré Ngbanda comme le concepteur et le réalisateur de ce coup de poker consistant à mettre dans la bouche du chef de l’Etat joseph Kabila des énormités qu’il n’a jamais prononcées ».

Devant les turpitudes et les inepties des organes de presse au service des imposteurs au pouvoir à Kinshasa, et qui sont à la recherche d’un bouc émissaire pour sortir leur marionnette de président du bourbier dans lequel il s’est fourré, l’APARECO tient à faire la mise au point suivant à l’intention du journal « L’Avenir quotidien » et de l’opinion nationale et internationale :

· Les premiers organes de presse qui ont rendu publique cette interview sont justement des organes d’obédience «kabiliste», en l’occurrence le journal «Uhuru» et le site «Digitalcongo.net ». Par contre, le site officiel de l’APARECO n’a même pas relayé cette interview que les deux organes précités proches du pouvoir ont balancée sur le marché national et international. Dès lors, les affirmations gratuites de « L’Avenir quotidien» attribuant la paternité de cette interview à Monsieur Honoré Ngbanda revient à affirmer que les organes de presse précités proches du pouvoir sont devenus les complices actifs de l’APARECO dans son combat pour libérer la RDC de l’imposture de Joseph Kabila ! Alors Bravo ! Les patriotes congolais peuvent se frotter les mains, car l’APARECO vient de réussir là un grand retournement des gros poissons !

· En décidant de mettre en ligne l’interview de leur jockey, les responsables de digitalcongo.net n’ont-ils pas pris la précaution de vérifier son authenticité et surtout son contenu, eux qui faisaient justement partie de la délégation officielle de Joseph Kabila à New York ? La réponse à cette question ne peut être que « oui », car les commentaires élogieux qui ont accompagné la mise en ligne de l’interview sur le site prouvent au moins que les responsables du dit site, pour autant qu’on puisse les considérer comme tels, ont lu l’interview et approuvé son contenu.

· Après avoir donc lu et approuvé le contenu de l’interview, Digitalcongo.net l’a divulguée sur la toile en toute liberté et connaissance de cause. On ne peut donc pas parler d’une quelconque manipulation à ce niveau d’engagement de responsabilité sans prendre le risque de se discréditer ou de se ridiculiser soi-même aux yeux du monde.

· Voici la vérité que l’on veut cacher aux Congolais : c’est la réaction foudroyante des chancelleries occidentales qui a provoqué la panique et semé la cacophonie dans l’entourage de Joseph Kabila ! Et après s’être rendu compte de l’ampleur du désastre des propos tenus par leur raïs et de leur propre erreur d’appréciation, les responsables de Digitalcongo.net ont retiré en catastrophe l’interview et se sont morfondus dans des explications ô combien confuses et pathétiques au travers d’un communiqué qui a accompagné le retrait de l’interview du site : « De mauvais plaisantins ont mis sur le web…une fausse interview qu’aurait accordée le président Joseph Kabila… ».
Mais qui d’autre que Digitalcongo.net a eu la primeur de la diffusion de cette interview ? Pourquoi chercher à faire porter le chapeau à quelqu’un d’autre alors qu’on est soi-même à l’origine de ses propres ennuis ? Les « mauvais plaisantins » en question, s’ils existent, ne sont autres que la rédaction de Digitalcongo.net elle-même.

· Comble de la cacophonie, le porte- parole à la Présidence (Kudura Kasongo) en personne, accourt tel un pompier pour tenter d’éteindre le feu, en niant l’évidence lorsqu’il déclare sans sourciller que son patron n’a accordé d’interview à personne. Alors que qu’au même moment, l’autre site présidentiel appelle ses visiteurs à « attendre le vrai texte qui sera diffusé dans les prochaines heures » ! Heureusement que le ridicule ne tue pas !

· La vérité, nous la connaissons dans l’APARECO : Joseph Kabila a bel et bien accordé cette interview ! Et c’est l’œuvre du clan de l’entourage privé proche de Kabila qui a « improvisé » cette interview en dehors des gardiens habituels ! L’aile dure des proches de Kabila a voulu marquer un grand coup et prendre le clan « modéré » de vitesse. La guerre des clans en somme !

Tout ceci démontre, si besoin en était encore, le degré d’amateurisme et la légèreté avec laquelle sont traitées les affaires de l’Etat, ainsi que l’incompétence notoire de ceux qui ont été parachuté à la tête des institutions de notre pays. Si donc le ridicule pouvait tuer, Joseph Kabila et sa bande compteraient à n’en pas douter parmi ses premières victimes.

Le fond de cette affaire qui, à première vue semble rocambolesque, est à la fois simple et dramatique : Joseph Kabila est bel et bien l’auteur de cette incroyable bévue politique et diplomatique. Mais la vraie explication de cette bourde réside dans le fait que cette fois-ci, on ne lui a pas préparé à l’avance les réponses aux questions qui lui ont été posées. C’est cela le drame de notre grand et beau pays. Cette interview a révélé au monde entier le véritable niveau intellectuel de l’homme qui se trouve à la tête de ce sous-continent qu’est la RDC. Il n’a (et n’y peut rien) tout simplement pas le bagage intellectuel minimum requis qui lui permette de maitriser les grands dossiers de la vie nationale et de la politique internationale. Joseph Kabila a tout bêtement voulu jouer à la chèvre de Monsieur Seguin en voulant échapper, pour une fois, à la surveillance de ses « profs » et jouer à l’intellectuel. Et bien voilà : bonjour les dégâts!

Notre pays ne mérite assurément pas cela alors qu’il regorge en son sein d’hommes et de femmes formés et qualifiés susceptibles de présider à sa destinée. Notre peuple ne mérite pas que ses fils et ses filles jouent les protecteurs de leurs bourreaux comme le font des marionnettes au sein de « L’Avenir quotidien » qui cherchent des boucs émissaires pour couvrir les bêtises des imposteurs au sommet des institutions dans notre pays ! Ces enfants égarés doivent avoir honte de leur sale besogne. Si non, pourquoi se cacheraient-ils derrière des pseudonymes du genre « Prince Malko » pour signer leurs articles ?

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son peuple !


Paris, le 04 octobre 2007.

Pour le Comité National de l’APARECO,

Paul Rigobert AKANGA,

Secrétaire Général Adjoint et Porte-parole.

C.BRAECKMAN ENFONCE KABILA EN CROYANT LE DEFENDRE

Le carnet de C.Braeckman : Le “scoop du siècle”: Kabila se serait enfin lâchéCa, pour un scoop, c’est un scoop : dans les couloirs de l’Assemblée générale de l’ONU, où comme chacun sait, chacun circule librement, où les journalistes rencontrent les chefs d’Etat dans les couloirs ou dans les ascenseurs, un confrère répondant au nom plus vrai que nature de «Jackson Wilson » a réussi non seulement à interviewer le président Kabila mais à lui arracher des paroles qui devraient faire date si elles étaient prises au sérieux.

Dans cette
interview, diffusée sur le Net, on lit en effet l’analyse très
particulière que le président aurait fait des évènements du 21 août, où
des diplomates, le CIAT tout entier, s’étaient retrouvés sous le feu,
alors que les ambassadeurs étaient réunis dans la maison de Jean-Pierre
Bemba : Joseph Kabila, sans exprimer la moindre compassion, aurait
assuré crûment que « ces diplomates se sont retrouvés au mauvais
endroit et au mauvais moment, je me demande s’ils n’ont pas voulu
servir de bouclier humain… » Plus loin encore dans ce texte surprenant,
l’illustre interlocuteur se serait lâché : il dénonce Guantanamo,
assure que « la Belgique et la France ont construit des prisons sur les
tarmacs de leurs aéroports internationaux. » Plus encore, le
prudentissime Kabila aurait assuré dans cette « interview du siècle »
que « la coopération bilatérale avec nos partenaires occidentaux
traditionnels n’a été qu’une duperie », dénoncé le « néocolonialisme
sournois », invoqué Hugo Chavez et Fidel Castro et défendu les accords
économiques avec la Chine. Jusque là, tout en sachant que Kabila est
bien plus modéré que cela, -ses actes l’ont prouvé depuis des années-,
on aurait pu croire que l’ « illustre » confrère avait saisi le chef de
l’ Etat congolais dans un de ces moments rares où les hommes expriment
sans détour ce qu’ils pensent vraiment. Mais vers la fin, les propos
prêtés au président congolais deviennent totalement improbables :
l’interviewé n’assure-t-il pas que l’uranium congolais étant «
naturellement enrichi » (ce minerai a plus de chance que la plupart des
citoyens de son pays…) lui, Kabila, entend doter le Congo de la bombe
nucléaire d’ici 2011…Rien de plus, rien de moins……




Au vu de tels propos, on ne peut que sursauter, se demander comment un
chef d’Etat connu pour sa prudence, pour son manque de loquacité, voire
son absence quasi-totale de communication sinon de charisme se serait
soudain laissé aller à tenir des propos aussi provocateurs, et à New
York de surcroît. Lui qui, lors de son passage à Bruxelles, passait à
côté des journalistes congolais de sa suite sans un regard, qui
refusait d’adresser la moindre phrase à des Belges qu’il connaissait
cependant de longue date, peut on vraiment imaginer qu’au détour d’un
couloir onusien ou d’un drink à la cafetaria il se soit ainsi confié au
sieur « Jackson Wilson », inconnu dans toutes les rédactions africaines
et occidentales et dont le nom pue à plein nez le pseudonyme ?

Vérification faite auprès de ceux qui l’accompagnaient ou qui le virent
à l’œuvre, il apparaît que Kabila s’est montré aussi peu bavard à New
York qu’à Bruxelles, au grand dam d’ailleurs de tous les journalistes
professionnels, qu’il n’a pas accordé d’interview et en tous cas pas au
sieur Wilson. Ce dernier a donc vraisemblablement monté son histoire de
toutes pièces, spéculant peut –être sur la crédulité de collègues qui
allaient reprendre son « scoop » et lui donner ainsi une aura de
véracité…

Reste à savoir qui se cache réellement derrière le sieur Wilson : il
pourrait s’agir d’un grand professionnel de la manipulation, habile à
mêler le vrai, le possible et le faux total dans une pièce de
désinformation telle qu’en produisent toutes les officines et agences
de renseignement du monde, officines qui se sont révélées
particulièrement actives durant la campagne électorale lorsqu’il
s’agissait de mettre en cause les origines du chef de l’Etat, de prôner
la « congolité » de suggérer une éventuelle division du Congo entre
l’Est et l’Ouest. Aujourd’hui que tous ces mensonges, toutes ces
balivernes ont fait leur temps, ne faut-il pas inventer autre chose
pour discréditer le vainqueur des élections… A la réflexion, les
motivations du sieur « Jackson Wilson » apparaissent transparentes : il
s’agît d’affaiblir le président Kabila en le présentant comme un autre
Chavez, un nouveau Sankara, (ce qui n’est pas une injure, loin de là)
mais il s’agît surtout de le couper des décideurs occidentaux en le
présentant comme un ingrat, un gauchiste irresponsable et cela en
sachant très bien les risques d’entraîne une telle attitude (est-il
besoin de rappeler les vraies raisons de la mort de son père, Laurent
Désiré Kabila ?)

Hélas, le « cher confrère » qui s’est aventuré dans cette manipulation
grossière a oublié une règle de base de l’exercice: ce qui est excessif
est insignifiant, et surtout invraisemblable et, comme on dit à New
York et ailleurs, l’histoire de l’uranium est « too much » elle détruit
tout le reste…Qu’on nous permette de respirer : le Congo ne sera pas un
nouvel Iran et les frappes américaines ne sont pas pour demain…


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26 septembre 2007

KABILA ENVIGAGE L'ENTREE MASSIVE DES TUTSIS AU GOUVERNEMENT

Le carnet de C. Braeckman : Offensive belge en préparationDe part et d’autre, Belges et Congolais se sont quittés rassérénés. Lundi, à quelques minutes du décollage de l’appareil qui devait emmener à New York le président Kabila et sa délégation, le climat était nettement meilleur.

] C’est que les entretiens du président congolais avec ses interlocuteurs belges (Karel De Gucht, André Flahaut, Sabine Delruelle et surtout Guy Verhofstadt, plus magicien que jamais) avaient permis de clarifier les positions des uns et des autres et de s’apercevoir que, comme souvent entre ces partenaires historiques, les incompréhensions étaient moins profondes qu’on n’aurait pu le penser.
A propos de la situation au Nord-Kivu, où les Belges redoutent une escalade militaire, le président Kabila, qui a passé quatre jours dans la région, se rendant à pied jusqu’à la limite du territoire occupé par N’Kunda, a expliqué qu’il envisageait d’agir sur plusieurs plans: politique et local, en organisant une conférence rassemblant les députés du Nord-Kivu et toutes les forces vives, soit quelque 200 personnes, mais aussi diplomatique, via les réunions tripartites, les contacts directs avec le Rwanda (une rencontre pourrait avoir lieu à New York avec le président Kagame).
Quant à l’option militaire, qu’il refuse d’écarter, le président congolais la présente plutôt comme un moyen de pression, un élément de la «politique de la carotte et du bâton» mais en rappelant tout de même que plusieurs offres ont déjà été faites à N’Kunda et qu’aujourd’hui, «les carottes ont déjà été mangées…»
Ouvert à toute suggestion, Kabila souligna aussi qu’il avait déjà songé à une représentation plus forte des Tutsis Banyamulenge, quoique ces derniers soient déjà très présents à tous les niveaux de l’armée et l’administration. Il précisa qu’il avait déjà désigné des experts chargés de préparer les relations diplomatiques avec le Rwanda et la relance de la Communauté économique des pays des Grands Lacs. Rassurés, les Belges s’abstinrent de citer les quelques noms qu’ils auraient aimé retrouver à des postes ministériels.
Quant à l’annonce des prêts consentis par la Chine, publiée à la veille du déplacement présidentiel, elle produisit sur les Belges l’effet que, peut-être, les Congolais avaient escompté: l’ économie domina les entretiens avec Guy Verhofstadt qui, affaires courantes ou pas, s’engagea personnellement à mettre sur pied, d’ici la fin de l’année , une grande délégation mixte, composée d’opérateurs publics et privés, qui se rendra au Congo afin d’examiner, concrètement, dans quels domaines (les mines, les infrastructures, l’énergie) les Belges pourraient inscrire de nouveaux investissements. De hauts fonctionnaires de plusieurs départements participeront à cette mission, sous la houlette des Affaires étrangères. «Depuis un an, nous n’attendions que cela, le retour concret des Belges», nous souffle un membre de la délégation, «les partenariats avec la Chine semblent les avoir réveillés…»En tous cas, maintenant il semble y avoir urgence: Verhofstadt, qui doit s’envoler mardi pour New York, y reverra Kabila, tout comme De Gucht et de plus amples précisions seront données sur la «grande» mission économique.
A la veille de se retrouver à l’Assemblée générale de l’ONU, Belges et Congolais convinrent aussi d’insister, ensemble, pour que la Mission des Nations unies au Congo joue un rôle plus effectif sur le terrain, entre autres dans la traque des miliciens hutus Interhamwe, qui terrorisent les civils du Kivu.
A ce sujet, le CDH demande une réunion conjointe Chambre-Sénat afin d’examiner ce que la Belgique pourrait faire pour mettre fin aux souffrances des populations et des femmes en particulier.
Tant Joëlle Milquet que Marie-Dominique Simonet, ministre des Relations extérieures de la Communauté française, ont insisté sur ce sujet auprès du président Kabila. Ce dernier, auprès de tous ses interlocuteurs, a démenti que les forces armées congolaises collaborent avec le FDLR (Front démocratique pour la libération du Rwanda)

Point d’orgue à cette visite jugée très positive, les Congolais se dirent très touchés par le fait que le Roi Albert II tint à attendre et reconduire son hôte sur le perron de Laeken.
COLETTE BRAECKMAN

12 septembre 2007

Bemba-Kabila : l’improbable réconciliation

Cinq mois après le départ de Jean-Pierre Bemba de Kinshasa, le fossé psychologique qui sépare celui-ci de Joseph Kabila paraît trop béant pour espérer une fin des « hostilités » entre les deux ennemis politiques à la suite du voyage de Vital Kamerhe à Faro.

Sur instruction, semble-t-il, de Joseph Kabila, le président de l’Assemblée nationale congolaise, le PPRD Vital Kamerhe, s’est rendu vendredi 7 septembre à Faro, au Portugal. But : rencontrer l’ancien vice-président de la République, le sénateur élu et chef de l’opposition Jean-Pierre Bemba Gombo qui s’y trouve en exil… involontaire depuis le 11 avril dernier. Le commissaire européen au Développement, l’inévitable Louis Michel, surnommé « Tonton Michel », assistait à l’entrevue. De quoi ont-ils parlé ? Dans une déclaration faite à la presse portugaise, «Vital » a laissé entendre, sans rire, qu’il voulait savoir «dans quelles circonstances » le sénateur Bemba « accepterait de rentrer dans son pays ». La rencontre s’est «très bien déroulée» a dit l’émissaire présidentiel soulignant que sa démarche se fonde dans un souci de « cohésion nationale ». Selon Kamerhe, l’affrontement armé ayant opposé dans la capitale les soldats attachés à la garde rapprochée de Bemba et les membres de la garde prétorienne de Kabila, les 22 et 23 mars, «doit être vu comme un apprentissage de la démocratie». Est-ce également l’avis de « Joseph » ? Rien n’est moins sûr. Le numéro un de la Chambre des députés n’est-il pas mieux placé que quiconque pour savoir que le président du MLC (Mouvement de libération du Congo) redoute avant tout que le procureur général de la République, le tristement célèbre Tshimanga Mukeba, se retrouve dans le comité d’accueil à sa descente d’avion pour l’embastiller ? Il faut dire que depuis qu’il exerce le pouvoir suprême, il y a bientôt sept ans, le successeur de Mzee n’a pas habitué ses concitoyens au respect de la parole donnée. « Je vous rappelle que j’ai été vice-président de ce pays pendant trois ans. Je sais donc ce que certains parviennent, malheureusement, à faire avec la justice», déclarait « Jean-Pierre » dans une interview accordée à l’hebdomadaire « Jeune Afrique » n°2428.

Fossé psychologique

De même, Kamerhe peut-il ignorer que pour avoir été attaqué par deux fois, à l’arme lourde, par des membres de la garde présidentielle, Bemba hésite à se satisfaire d’un contingent de douze policiers débonnaires chargés d’assurer sa sécurité rapprochée. N’empêche. Dans le landerneau politique kinois, on célèbre déjà le retour au pays du « candidat malheureux » au second tour de l’élection présidentielle du 29 octobre 2006. Vital a été le premier a sonné la trompette de la satisfaction : «Bemba peut retourner au Congo en toute sécurité. Il jouit de l’immunité parlementaire». Le commissaire Michel ne dit pas autre chose. Dans une déclaration faite samedi 8 septembre, l’ancien patron de la diplomatie du royaume de Belgique parle ni plus ni moins que d’une «vraie décrispation» du climat politique en RD Congo. Pour lui, il n’y a plus l’ombre d’un doute : Bemba pourrait rentrer bientôt dans son pays. Au MLC, on «salue cette démarche qui représente une réponse favorable des autorités de la République aux appels, maintes fois réitérés, aussi bien par le sénateur Jean-Pierre Bemba que le MLC, pour une solution politique durable à la situation née des événements malheureux des 22 et 23 mars», indique un communiqué. Et pourtant, une réconciliation entre Bemba et Kabila paraît improbable. Le fossé psychologique séparant les deux adversaires - ennemis ? – paraît difficile à combler. Après le premier tour de la présidentielle, les deux hommes, pressés par la « communauté internationale », se sont rencontrés le 7 novembre. Lieu : palais de la Nation où se trouve le siège de la Présidence de la République. De quoi ont-ils parlé ? « Le président de la République, Joseph Kabila, et le vice-président de la République, Jean-Pierre Bemba, invitent l’ensemble de la population au calme, au respect des institutions et des lois de la République et à éviter les actes de provocation et de violence », indiquait un communiqué publié sous la signature du porte-parole du chef de l’Etat Kudura Kasongo. « Enfin, ils renouvellent leur engagement à s’incliner devant le verdict des urnes, à renoncer à toute tentative de contestation des résultats par l’usage de la force, de la mobilisation populaire ou de toute autre forme d’usage de la violence et ne recourir qu’aux procédures légales pour faire valoir leurs droits », conclut le texte. Trois jours après, les représentants de Kabila et ceux de Bemba paraphaient un nouvel acte d’engagement. Dans cette convention, les parties s’engagent notamment « à respecter le caractère apolitique et républicain des forces armées, de police et de tout autre service de sécurité » ; « à nous abstenir de tout acte d’incitation des FARDC (armée), de la PNC (police) ou autre service de sécurité à agir en fonction de considérations politiques, partisanes ou d’intérêt particulier ». Pour couronner ces assauts de civilités, Joseph effectue une visite « surprise » à la résidence privée de son challenger. C’était le 30 novembre de l’année dernière. Kamerhe et le conseiller à la présidence Marcellin Cishambo étaient présents. A l’époque, nombreux sont les « bembistes » qui regrettaient la tendance du « Chairman » à se laisser gifler sur les deux joues. A répondre toujours « présent » à toute réunion de conciliation. Est-ce par crainte d’être déféré devant la Cour pénale internationale en rapport avec la fameuse affaire vraie ou supposée de « cannibalisme » ?

« Bandit »

On a assisté à la précipitation de l’histoire après la publication des résultats provisoires du second tour. Il reste que le numéro un du MLC n’a jamais accepté ce verdict. Il l’a fait savoir tout en s’inclinant au nom de « l’intérêt supérieur de la nation ». Des provocations ? Il y en a eu de part et d’autre. Les affrontements des 22 et 23 mars ont constitué une sorte d’ultime duel à mort entre les deux gladiateurs. Bemba n’a eu la vie sauve qu’en trouvant refuge à l’ambassade sud africaine. Pour Kabila, Jean-Pierre voulait prendre le pouvoir et l’éliminer physiquement. Un mandat d’arrêt est aussitôt annoncé par le porte-parole du gouvernement pour « haute trahison ». Début avril, le procureur général de la République écrit au Bureau du Sénat afin de demander la levée de l’immunité du parlementaire. Le Sénat n’a guère accédé à cette demande. « Je considère que ce problème est éminemment politique. Il ne faut pas en faire une question judiciaire qui risque d’exacerber la situation et l’opinion », déclarait Léon Kengo wa Dondo, le président du Sénat. « Qui a intérêt à tuer qui ? », rétorquait Bemba en soulignant que la mort de l’actuel président ne lui profiterait guère du fait notamment de
l’omniprésence de la communauté internationale dans le pays. Dans l’interview accordée à « Jeune Afrique » n°2424, le « raïs » congolais réaffirme sa volonté résolue de traîner son adversaire devant les « juges » : « En tant que chef de l’Etat, je n’en fait pas une affaire personnelle. Mais il faut que la justice passe ». Dans une déclaration faite, sous l’anonymat à l’AFP, un des « super faucons » de l’entourage présidentiel a réclamé, début août, le retour de Bemba « afin qu’il puisse être jugé » traitant, au passage, ce dernier de « bandit » qui « doit venir répondre de ses actes ». Rappelons que Le 13 juillet dernier, le commissaire Michel avait fait un premier voyage à Faro où il s’était longuement entretenu avec Jean-Pierre. Il s’est rendu par la suite à Kinshasa. Selon de bonnes sources, la tentative de médiation s’était soldée par un échec. Kabila aurait fait preuve d’intransigeance, voire d’autisme, opposant à son interlocuteur « le principe de la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice ». Qu’est ce qui a changé depuis lors ? Le « président «élu » aurait-il pris conscience de la fragilité actuelle de sa position au moment où tous les indicateurs macro-économiques, sociaux et diplomatiques sont au rouge vif ? Des analystes estiment que ce sont là des raisons qui devraient pousser Bemba à bien peser les avantages et les inconvénients de son retour. « Il n’est pas exclu, un mois après son retour, que Bemba soit accusé d’avoir trempé dans un complot pour renverser le régime Kabila », fait observer un opposant politique.

B. Amba Wetshi

10 septembre 2007

Déclaration Politique du mouvement de libération du Congo

 
Le Bureau Politique du Mouvement de libération du Congo, « MLC », a tenu, du 7 au 8 septembre 2007, une réunion extraordinaire sous la direction de son Secrétaire Général.

Au cours de cette réunion, il a été procédé à un examen minutieux et approfondi des problèmes de l’heure. Après débats et délibérations, le Bureau Politique du MLC fait la déclaration suivante: Concernant le retour au pays du Sénateur et Président national du MLC

1. Le Bureau Politique du MLC a pris acte de l ‘envoi par le Chef de l’Etat auprès du Sénateur Jean-Pierre Bemba, d’un émissaire, en la personne du Président de l’Assemblée Nationale, en vue d’examiner ensemble les modalités pratiques devant permettre à brève échéance le retour au pays du Président national du MLC.

2. Le Bureau Politique du MLC salue cette démarche qui représente une réponse favorable des autorités de la République aux appels, maintes fois réitérés, aussi bien par le Sénateur Jean-Pierre Bemba que le MLC, pour une solution politique durable à la situation née des événements malheureux des 22 et 23 mars 2007.

3. Le Bureau Politique du MLC se félicite du climat et de l’état d’esprit favorables ayant entouré cette rencontre. Il remercie la Communauté internationale pour son implication, à travers le rôle important que joue le Commissaire Européen Louis Michel, dans la promotion des mécanismes devant aboutir à l’instauration de la paix et de la concorde nationales dont la RDC a besoin pour ériger définitivement un Etat de droit et se reconstruire rapidement.

Concernant les affrontements et le drame humanitaires qui sévissent à l’Est
 
1. Le Bureau Politique du MLC est vivement indigné par la dégradation de la situation sécuritaire dans la Province du Nord-Kivu et le drame humanitaire que vivent des milliers des compatriotes dans cette Province. Il condamne ces affrontements avec la dernière énergie.

2. Le Bureau Politique du MLC constate à ce sujet, l’absence totale de la part du Gouvernement, d’une politique claire, tant dans la recherche de la solution au cas du Général dissident, Laurent Nkunda, que dans la gestion du problème de la présence des FDLR sur le territoire national. En effet, l’ampleur de la crise actuelle est la conséquence des tâtonnements et tergiversations du Gouven1ement ayant conduit au drame humanitaire majeur dont sont victimes les populations de l’Est en général, les femmes et enfants en particulier.

3. A cet effet, le Bureau Politique du MLC considère que:

• La solution viable et durable à cette crise n’est pas militaire, mais plutôt politique et diplomatique;

• En tout état de cause, la sécurité des populations des zones concernées et de leurs biens, de même que l’assistance humanitaire aux milliers des personnes déplacées, sont un impératif qui relève avant tout de la responsabilité première du Gouvernement;

• L’implication positive de la Monuc et des ONG dans l’assistance aux populations est à encourager, mais que l’ampleur du drame appelle des actions plus importantes tant de la communauté nationale qu’internationale.

Fait à Kinshasa, le 8 septembre 2007

Avec Dieu, nous vaincrons !

François Muamba Tshishimbi

Secrétaire Général

01 septembre 2007

POURQUOI KABILA CRAINT-IL LE RETOUR DE BEMBA?

Pourquoi Kabila craint-il le retour de Bemba?
L'obsession du pouvoir au Congo : Maladie « inguérissable » ; Habitude, goût bizarre qui provoque la moquerie ou l'irritation.  Les politiciens congolais ont cette fâcheuse habitude de prendre les congolais pour des « canards boiteux » et qu'eux seuls détiennent l'inamovible parole de l'Evangile. Ils convertissent vaillamment les vices en vertus et transforment benoîtement le pain en chair et le vin en sang. Coûte que coûte le mensonge doit faire partie de leurs opus dès lors qu'ils s'agrippent à un micro de la manière d'un môme après sa glace dégoulinante.ils entraînent leurs adeptes dans une « poursuite de vent » : nuire, nuire, et nuire son adversaire politique. Un congolais a dit : « ils vivent « en dehors » de leur conscience ».Et c’est le peuple, « le bon fidèle » qui doit continuer toujours à donner l’autre joue pour être « giflé » par cette insolence.Mais pourquoi ?...
En vraie démocratie le pouvoir acte, c'est-à-dire dire il donne l’impulsion, leur vision de gérance, l’opposition réagit, et alors le pouvoir s’explique…et le jeu continue. L’obsession, c’est bâtir un pays fort, nourrir ses populations, créer des pôles d’échange…
L’Etat de surexcitation des fonctions psychiques caractérisé par l'exaltation ludique de l'humeur, l'accélération désordonnée de la pensée et les débordements instinctuels n’a pas sa place dans le développement d’un pays. Mais le cas du Congo est bien unique, l’obsession « négative » (l’obsession étant déjà un terme négatif) du pouvoir au Congo est immense que le camp du chef de l’Etat Kabila, ils s’affolent dans leur  orgie’ à détruire le sénateur Bemba au lieu de résoudre les vrais problèmes de la population : la faim, les guerres et ses corollaires : les viols, vols en main armée,les empoisonnements,sécurité financière(suivre l’exemple du Ghana)… bref même le morale bas des populations face leur futur.
Pour de nombreux congolais, cette attitude n’est pas démocratique de tout, le président Kabila préfère comme d’habitude les alliances avec les étrangers pour nuire ses « compatriotes », du moins c’est la perception qui en découle.Pourquoi est il plus à l’aise avec ces étrangers ? Si les linges sales ne se lavent ils pas en famille ?  Joseph Kabila préfère le témoignage du président Centreafricain Bozizé, un général de pacotille  qui a fomenté plusieurs fois des coups d’ETAT dans son pays  l’armée et une rebellion au Nord de la Centreafrique  que son armée est connue pour son volontarisme dans les recrutements des enfants soldats. Pas de hauteur internationale à Kinshasa ? Cette attitude est d’autant révoltante, que n’importe qui maintenant sans regarder son propre passé se mette à crier CPI (cour pénale internationale) et même ceux la qui ont causé la mort de 5 millions des fils et filles du pays veulent emmener les gens au tribunal.Shame on you !!!
N’ont-t-ils pas compris les « dessous » des annulations des visites premièrement du sénateur Obama,Condi Rice, et finalement Sarkozy et bien gars...Aucun leader sérieux ne foulera le sol congolais tant que le musellement de l’opposition en cours.
Alors que la population demande implicitement sur les 5 millions de congolais qui ont péris dans les soit disantes guerres de libération ? 5 millions de congolais morts innocemment, sont-ils la bourse payée ? « Le pouvoir aveugle réellement », quelqu’un lucide a dit.
A quand leurs musées, mausolées ? Le mur des morts inconnus ? Qui écrira leurs histoires au delà tradition orale? Ceux qui sont morts dans les guerres sans idéologie ?les massacres qui surpassent tous les conflits internationaux depuis la deuxième guerre mondiale, à quand la comptabilité des faits et responsables ?           
Mais il y a aussi l'autre aspect de cette maussade mascarade: ce sont les moyens ignobles qui consistent à porter des coups aux anciens adversaires par les dénégations et les accusations mensongères de tous ordres. Les politiciens du Congo ont inventé la délation par l'abus de pouvoir en exercice, par l'abjecte falsification de la vérité et par la justification de leurs propres futurs délits par la rumeur et le lynchage des autres.ceci avec l’aide d’une presse de propagande financée par l’argent du « coltan de sang » des « saigneurs » de vagins dont la liberté est préservée par leurs méthodes de nuisance envers la population sous l’œil léthargique d’approbation du pouvoir sensé assumer la protection des « faibles »
Pour les muscles du pouvoir sont utilisés dans le but est de casser à vie l'image de son ennemi, l'image qui pourrait renverser la donne en cas de nouvelles élections si lointain. Car Jean Pierre Bemba qui est de l’opposition se prépare aux élections alors que Kabila n’arrive pas toujours à gouverner l’ensemble du pays, en attendant le spectacle attristant se pérennise :  il nomme les « héros nationaux » au milieu d’une crise qui touche tous les secteurs.
   
La faute appartient toujours aux autres, les prédécesseurs, ceux qui ont creusé le trou financier par des dépenses honteuses  il y a 30 ans… Mais qui sont à démontrer, les    excuses les plus banales,oh oui jamais ils font rétro et introspection !ils sont « saints », même   les massacres de Bas Congo a une belle excuse, les procès de la honte de Kuthino,juste une semaine après son retour triomphal…  Ce qui justifie l'inévitable ou inexplicable hausse le ton, et les autres observent un silence volontaire à propos des guerres unitiles de l’Est au ridicule. Les nouveaux  élus, et eux ce sont eux les meilleurs, bien sûr toujours les meilleurs et les congolais toujours les «  mauvais ou les perdants »
Par Olivier Israel Bolya

28 août 2007

Du rififi dans l'AMP de Kabila

En face de la stratégie du pouvoir qui utilise toutes les ficelles pour diviser, pour démobiliser l’opposition, de faire de Kabila une copie de Robert Mugabe pour faire pourrir le mouvement de démocratie et de revendications des droits économiques et humains ; emportant dans cette marée les politiciens. Surtout ceux la qui travaillent pour leur propre compte. En bloquant ou refusant à certains leaders comme celui de Budia Kongo de se rendre dans le Bas Congo, les incidents de l’an passé : on peut apercevoir que les congolais ne donnent qu’une explication à cette situation : dérive du pouvoir.

Voila aujourd’hui un grand malaise premièrement créé par les problèmes économiques persistants, les différentes visions de savoir comment sortir le Congo du « trou » démobilisent et divisent l’AMP, la plateforme qui a conduit Joseph Kabila au pouvoir, qui a découlée d’un simple calcul arithmétique qui a pris en compte les scores et alliances avec les petits partis satellites.Le charisme et le programme politique étaient mis hors jeu, ce qui a semé le doute de sa valeur dans les esprits.
La parodie « de dialogue » au sein de l’AMP mise en scène a fini par montrer que tout le monde ne joue plus au même créneau .Il est difficile de rencontrer deux membres de l’AMP qui parlent le même langage.Le congres annoncé du PPRD aura pour but de restructurer et refonder ce parti qui l’ossature de l’alliance. Du cote du PALU et les autres : pas question de remanier le gouvernement ! « Car c’est un gouvernement d’alliance, version après élection.les signatures sont valables jusqu’à 2011 », disent ils.
Mais toujours du point de vue de « l’ambiance » générale, Moise Katumbi, gouverneur du Katanga et Vital Kamerhe, président de l’assemblée clairement refusent d’être des simples faire-valoir de Joseph Kabila, leurs récents propos sont très indicatifs dans ce sens. Ainsi Kabila devrait-il craindre une démobilisation et une cassure entre les jeunes des cités et lui ?
En effet, les théorisations vont bon train comment Joseph Kabila va gérer cette « crise »d’envergure avec ses alliés. Va-t -il montrer cette fois qu’il est capable de survivre sans eux ? Comme à l’époque des « tontons » qui l’ont emmené au pouvoir en 2001. Sera-t- il le retour des comportements violents : Qui n’est pas avec nous est contre nous ? Kabila craint-il les ambitions des autres ?
Les morts et les viols à l’Est continuent … des massacres de villageois à quelques centaines de mètres des centres de commandement de l’armée de Kabila.

L’aggravation rapide de ce déséquilibre au sein de la plateforme présidentielle semble donc cette année être due à la conjonction de plusieurs causes : D’abord la montée en « robustesse » de Moise Katumbi fait peur à Kabila qui a un pouvoir « indirect » ; c’est a dire il est important de rappeler sans les deux alliances, avec Moise Katumbi et Vital Kamerhe, Kabila n’aurait pas été capable de se faire accepter au Katanga et au Kivu. Et cet aspect nécessite d’être approfondi, Kabila n’a vraiment pas grandi dans ces deux régions et continue à être perçu comme un « ovni».


Sur le plan de la hiérarchie militaire dirigée par les « attachés » de l’AMP, elle n’est plus ce qu’elle a été il y a longtemps. Les dix années de guerre civile ont modifié la structuration des courants, des clans et des rapports de forces. Les différents centres de pouvoir ont affiché une relative autonomie, qu’ils ont utilisée pour se réorganiser et se renforcer. Ces changements ont affecté en premier lieu la Sécurité militaire. Selon les rares informations disponibles, celle-ci a perdu le caractère centralisé ; tout cela nuit à l’image de Kabila, l’homme de la paix, le malheur il a proclamé la paix « très tôt ».
Tout observateur connaît la fragilité des coalitions surtout dans un terrain aussi « capricieux » comme le Congo. Gizenga ne contrôle rien , n'a aucun pouvoir. Nzanga Mobutu n’a pas toujours le charisme de son défunt père, mais joue bien son « rôle » de « faire croire », les kinois disent de lui qu'il a le profil d’un « bon » garçon de course et surtout que Joseph Kabila en bon stratège politique qu'il est devenu, l'a largement utilisé contre son rival Jean-Pierre Bemba sachant la haine que voue le fils du maréchal à son propre beau-frère.


Fait nouveau, Les promesses électorale face un peuple de plus en plus moins dupable. « En forgeant, on devient forgeron », Vital Kamerhe a pris l’habitudes de vrais débats (exercice intellectuel puissant) ne voudra en aucun cas revenir au format de mise en scène. N’oublions pas que le PPRD a connu son essor grâce à Vital Kamerhe. Diplomatiquement Joseph Kabila ne bénéficie plus des largesses d’autrefois, la presse occidentale est graduellement plus sévère avec son régime et ne se cache plus d'aller regarder du côté du sénateur Jean Pierre Bemba, une véritable alternance à l'horizon 2012.
Par Eric Botamba Kayembe

23 août 2007

Pourquoi tant de décès chez les collaborateurs de Joseph Kabila ?

Mise en ligne le 19 août 2007
Par BS Kalombo
La RD Congo connaît une vague sans précédant d’assassinats par coup de feu et par empoisonnement depuis le parachutage de Joseph Kabila au pouvoir en 2001, suite à l’assassinat violent de Laurent Désiré Kabila (son père biologique ou adoptif ? ). Nous allons tenter d’apporter notre éclairage sur cette tuerie en série ou cette méthode d’élimination des membres de sa (supposée) famille biologique ; des adversaires politiques ; des défenseurs des droits de l’homme ; des journalistes ; ainsi que ses propres collaborateurs.
En effet, sans rentrer dans une énumération détaillée des noms des Congolais morts de manière mystérieuse ou violente, nous prendrons le cas de Laurent Désiré Kabila l’ancien Président de la RD Congo. Les présumés coupables furent condamnés à mort après un simulacre de procès devant la cour d’ordre militaire. L’opinion se demande toujours s’il n’existe pas un lien direct entre cet assassinat et d’une part la volonté affichée de LD Kabila de revoir tous les contrats miniers léonins, sans exception, signés par l’AFDL ; la découverte , six mois plus tôt, d’armes de guerre dans le bâtiment du consulat de la Belgique à Lubumbashi, par les agents de l’ANR ; d’autre part, la présence de Joseph Kabila à Lubumbashi après sa trahison lors de la défaite spectaculaire de l’armée nationale congolaise à Pwéto face aux hommes de Paul Kagamé ; ainsi que l’annonce précipitée de la mort de LD Kabila par le Ministre Belge des Affaires Etrangère de l’époque (une figure bien connue pour sa main mise dans les affaires intérieures congolaises), celui-ci n’avait pas hésité à annoncer, sourire aux lèvres, le décès de LD Kabila quelles que heures seulement après le coup de feu fatal . L’opinion n’a pas oublié son activisme dans l’organisation, la sécurisation et le financement par la communauté internationale, du hold-up électoral en faveur de son protégé. Les officiels congolais annoncèrent cette triste nouvelle à la population 48 heures après.
Les membres de la famille biologique de LD Kabila n’ont pas été épargnés. Il est intéressant de se rappeler l’assassinat de Madame Espérance Taritibu Kabila, la sœur de LD Kabila. Cette mère de famille fut assassinée en 2005 de manière violence à Lubumbashi, selon le même mode opératoire que son défunt frère. Selon ses proches, cette dame ne supportait plus de garder le silence sur l’assassinat de son frère et sur la filiation de Joseph Kabila. Certains enfants de LD Kabila vivent curieusement en exil, au moment ou leur supposé frère est au pouvoir !
D’autres parts, nous constatons avec stupéfaction une série de décès probablement par ingestion des substances toxiques, les symptômes et la vitesse de la survenue des décès renforcent cette hypothèse. Sans être limitatif, voici quels que noms qui nous viennent à l’esprit : le parlementaire Kanga Boongo ; Vangu Mambueni ; le chef d’état major de l’armée terrestre le général Sylvain Buki ; Madame Mungalu de la maison civile du chef de l’état congolais; le colonel Nzalel ; le conseiller spécial de la présidence en matière de sécurité le Professeur Guillaume Samba Kaputo ; le conseiller principal des affaires juridiques de la présidence le Professeur Gaston Nawej Katok, pour ne citer que ceux-là. Certains officiels sont en observation ou en soins intensifs à Kinshasa ou à l’étranger, dont l’ancien vice-président de la transition Monsieur Zahidi Ngoma, celui qui a osé traiter publiquement Laurent Kundabatware de « Rwandais de son Etat ! », mais il fut très vite rappelé à l’ordre par Joseph Kabila ! 
L’argentier personnel du Raïs, Monsieur Augustin Katumba Mwanke, connaît aussi des sérieux problèmes de santé. Pour rappel, ce dernier est cité dans tous les rapports d’enquêtes sur le pillage des richesses de la RDC et les contrats léonins. Nous ne pouvons passer sous silence l’assassinat violent du journaliste Frank Ngyke Kangundu et son épouse ; celui de François Bapa Mwamba et Serge Mayeshe. Dans ce registre, l’opinion se souvient de l’assassinat sauvage du défenseur des droits de l’homme Pascal Kabungulu Kimbembi le secrétaire Exécutif de l’ONG Héritiers de la Justice… Sans oublier les trois tentatives d’assassinats à l’arme lourde contre la personne de Jean Pierre Bemba Gombo. Attentats qui ont coûté la vie à plusieurs civils Kinois. Que les âmes tourmentées de tous les compatriotes, lâchement massacrés, reposent en paix. Nous profitons de cette occasion pour présenter nos condoléances les plus attristées à toutes les familles éprouvées.  
En examinant la liste des personnes récemment décédées dans l’entourage présidentiel, nous nous rendons bien compte qu’il s’agit des personnalités (les Katangais Guillaume Samba Kaputo et Gaston Nawej Katok, décédés à moins d’un mois d’intervalle seulement) qui ont pris une part active lors des négociations secrètes à Kigali, afin d’opérer le mixage illégal des soldats dissidents rwandophones, du renégat Laurent Kundabatware, dans l’armée nationale congolaise, malgré qu’ils continuent à porter les uniformes de l’armée nationale rwandaise en tout impunité sur le territoire congolais, information confirmée par la MONUC. Nous sommes en droit de nous inquiéter sur la santé du Général John Numbi et celle du conseiller principal en charge des affaires politiques Monsieur Marcellin Tshisambo, qui ont aussi pris une part non négligeable dans ce dossier brûlant, dont les contours cachent mal une haute trahison à l’actif du président congolais.
Les récentes déclarations fracassantes du général dissident Laurent Kundabatware, face à la presse nationale et internationale, démontrent à suffisance la complicité existante entre lui et Joseph Kabila, son ancien compagnon d’arme au sein du Front Patriotique Rwandaise de Paul Kagamé. Aucun proche de Joseph Kabila n’est sorti pour contredire les affirmations de Kundabatware sur son rôle dans le succès électoral de Joseph Kabila dans les territoires occupés par ses hommes, les origines Tustis de Joseph Kabila, le soutien de Joseph Kabila aux rebelles du FDLR, ainsi que son enrôlement comme un «enfant soldat » dans l’armée rebelle de Paul Kagamé (cfr l’interview de Kundabatware dans le journal Le soir, Le soft, Jeune Afrique et BBC afrique).
Par ailleurs, bien d’autres proches du chef de l’Etat congolais doivent redoubler de vigilance. En l’occurrence : sa propre mère (ou supposée mère) Maman Sifa Mahanya. Cette dernière se sentant en insécurité a dû renvoyer les agents de la GSSP commis à sa garde rapprochée par «son fils », afin de les remplacer par environs 2000 hommes venus tout droit de son Maniema natal ; son épouse Olive Lembe di Sita ; son porte- parole Kudura Kasongo ; l’ancien Ministre de l’intérieur le Professeur Théophile Mbemba (architecte de l’exclusion de l’UDPS du processus électoral), il figure actuellement en bonne place sur la liste noire du Raïs ; le frère de l’opposant Katebe Katoto, l’actuel gouverneur du Katanga Monsieur Moïse Katumbi, dont la popularité dans la province du Katanga fait perdre la tête à Joseph Kabila.
Le cas le plus alarmant est celui du président du parlement congolais, Monsieur Vital Kamheré dont les dernières sorties médiatiques, affirmant que Joseph Kabila lui doit tout, n’ont pas du tout plu au chef de l’Etat congolais. Vital Kamheré n’a certainement pas oublié qu’il a miraculeusement survécu à un empoisonnement en 2002 ! Au siège du parti politique du Raïs le PPRD, les effets personnels du secrétaire général Vital Kamheré furent jetés dans la rue au mois de juillet 2007, juste après sa dernière interview sur Jeune Afrique et sur Radio Okapi. Nous attirons aussi l’attention de l’opinion sur le risque encouru par l’Abbé Apollinaire Muholongu Malu-Malu le président de la commission électorale indépendante, une pièce maîtresse dans la mascarade électorale qui a conduit à l’élection de son ancien patron. Ces dernières décisions politiques (contestation de l’éligibilité aux postes de gouverneur pour cause de double nationalité en défaveur de Monsieur Alex Kande Mupompa et Dominique Kanku) ont débouchés à l’ouverture de la boîte de pandore, dont l’épilogue au niveau de parlement s’est soldée par la mise en quarantaine (ou moratoire) pure et simple de la constitution fraîchement voté au référendum populaire. La question de la double nationalité en RD Congo, concerne non seulement le Raïs, mais aussi toutes les institutions de l’Etat congolais. Merci Monsieur l’Abbé !   
Nous devons souligner le fait que les familles des tous les officiels congolais décédés ont été soudoyées afin qu’elles ne demandent pas d’autopsie, seul moyen médico-légal pour élucider la cause exacte de ces morts subites. Le cas le plus parlant est celui du feu Général Sylvain Buki, officiellement mort de la « malaria », dont le corps fut littéralement kidnappé par les éléments de la garde présidentielle.
Nonobstant la scandaleuse aisance matérielle des officiels congolais, le risque de mourir en étant un collaborateur de Joseph Kabila, ou un membre de sa famille (ou supposée) biologique, est plus élevé que le risque de mourir du SIDA ou de la famine au sein de la population générale. L’existence du lien de causalité entre les décès décrits précédemment et la personne de Joseph Kabila ne fait aucun doute. Il est facile d’en déduire la valeur de prédictivité. Etant donné que Joseph Kabila est le seul bénéficiaire direct de tous ces crimes supposés, la population congolaise est en droit de se poser des sérieuses questions sur la nature réelle du régime en place en RD Congo. Tout porte à croire que le président congolais opère un nettoyage impitoyable de son écurie. Il s’agit bien d’une élimination physique des tous ceux qui en savent un peu trop sur certains dossiers privés, nationaux ou internationaux, très embarrassants pour le Raïs. D’autres naïfs, futurs candidats à la mort, se bousculent déjà à la mangeoire afin d’occuper les postes laissées vacantes par les défunts !
Vu le nombre impressionnant de collaborateurs du Raïs, les Congolais doivent se préparer à célébrer d’autres obsèques pharaoniques aux frais du pauvre contribuable, et à jouir bien malgré eux des jours fériés chômés et payés sur décision du gouvernement Mammouth de Gizenga I, dont le maigre budget 2007 fond comme neige au soleil rien qu’en frais d’hospitalisation et frais funéraires au profit des proches du régime, ainsi que le payement des fonctionnaires de l'Etat pour les jours fériés supplémentaires. A Dieu les accords de Mbudi et ses infranchissables paliers! L’usage des substances toxiques étant une spécialité des « services » de nos voisins de l’Est, à chacun d’y réfléchir à deux fois avant de signer un contrat « fatal » d’embauche chez le Raïs ! A qui le prochain tour ?
En conclusion, cette tragi-comédie à la Congolaise nous rappelle, malheureusement, la fameuse fable  ‘’Les animaux malades de la peste’’ de Jean de La Fontaine : « Un mal qui répand la terreur, Mal que le ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom), Capable d’enrichir en un jour l’Achéron, Faisait aux animaux la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés : On n’en voyait point d’occupés À chercher le soutien d’une mourante vie ; Nul mets n’excitait leur envie, Ni loups ni renards n’épiaient La douce et l’innocente proie  »  Jean de La Fontaine, Fable II, Livre VII ( http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Animaux_malades_de_la_P... )           
Benjamin Stanis Kalombo
Président de l’Association pour la Promotion de la Démocratie et du Développement de la RD Congo, APRODEC asbl

20 août 2007

Les obsèques de Madilu tournent à la foire. Gênant ! par Botowamungu Kalome (AEM)

 Les obsèques du chanteur Madilu Bialu Jean de Dieu dit System ou Grand Ninja seront populaires, très populaires, gigantesques et bruyantes. Le président Joseph Kabila en personne, devenu médecin d’urgence et croque-mort des musiciens, a apporté son soutien financier ainsi que le ministère de la culture et l’Hôtel de ville de Kinshasa. Le stade des Martyrs (80.000 places) a été réquisitionné et le tout sera piloté par un comité d’organisation composé de… 80 personnes et présidé par Kiamuangana Mateta ainsi qu’un représentant de Joseph Kabila.



L’implication du président de la République est significative ; l’on savait que son programme politique comprenait cinq chantiers prioritaires, il faudra désormais ajouter un sixième : l’assistance sociale aux musiciens. Le ministère de la culture et le gouvernement provincial de Kinshasa s’étant engagés à prendre en charge la totalité de frais d’inhumation, Joseph Kabila a choisi, pour sa part, de sponsoriser ce qui va ressembler à des réjouissances populaires plutôt qu’à un deuil.

La volonté de rendre hommage à Madilu à la hauteur de sa notoriété est indiscutablement louable, mais l’on ne peut s’empêcher de se poser des questions morales et juridiques que soulève l’organisation mise en place. Les choses se déroulent comme si Madilu était d’abord et essentiellement chanteur, musicien et seulement accessoirement fils, frère, mari et père de famille. Il est, en effet, curieux qu’il se mette en place un comité d’organisation qui n’ait été initié ou souhaité par la veuve et les orphelins du défunt. Il est tout aussi gênant d’apprendre que le dit comité d’organisation a déjà reçu des fonds et qu’il a décidé d’accorder l’exclusivité des images des obsèques à quelques chaînes de télévision locales avant même l’arrivée de la veuve et des orphelins à Kinshasa. Le droit d’image est quelque chose de très bien réglementé pour que d’aucuns se permettent de vendre ou de confier l’exploitation des images des obsèques de Madilu sans mandat clair et écrit des ayants droit.

Sur le plan de l’hommage pur, est-il digne d’exposer le corps du Grand Ninja dans un stade de 80.000 places dans une ambiance de décibels assourdissants avec des atalaku et des groupes qui vont s’égosiller comme pris d’hystérie ? Qu’on ne nous sorte surtout pas l’argument facile de l’inévitable présence des chants et de la musique lors des obsèques depuis nos ancêtres. Les chants et musiques de deuils ont toujours été spécifiques pour ne pas les confondre avec ce qui sera joué au stade de Kinshasa. Le bon sens aurait voulu que le corps soit exposé dans un lieu couvert, digne et solennel où parents et mélomanes pourraient se recueillir avec un défilé dans le calme des mélomanes comme cela se fait habituellement. Quitte à ce qu’effectivement, en même temps ou après l’enterrement un concert géant soit organisé au stade. L’initiative d’organiser des funérailles aussi spectaculaires et ostentatoires pose des questions sur les motivations réelles de certains piliers de ce comité d’organisation qui donnent l’impression de faire de ce deuil une opportunité pour refaire surface. Sans compter qu’il n’est pas exclu que les lendemains de ces obsèques ressemblent à ceux de Maïsha Park après le passage des musiciens à la présidence de la République devenue manifestement leur cantine.

Cette manière de déposséder la veuve de Madilu et ses orphelins du deuil, d’aller faire la quête à la présidence de la République au nom de Madilu à l’insu de sa famille, sont des pratiques qui, même si elles partent d’un bon sentiment, ont quelque chose de gênant. Franchement, on aurait aimé vivre autre chose, disons on aurait aimé que pour une rare fois, les musiciens nous surprennent… positivement. Vain espoir tant que Kabila continuera à jouer « Tata loboko pete, apesa atala te » et que ses collaborateurs s’ennuieront au point de faire partie du comité d’organisation des obsèques de telle ou telle célébrité. Tiens ! si quelqu’un arrive à parler au frangin Joseph, pourra-t-il lui dire qu’après les obsèques de Madilu, les enfants de ce dernier iront peut-être dans une école de Kinshasa ou les salles de classes sont sans fenêtre, sans banc, sans âme et sans des Kiamuangana pour aller faire la manche à la présidence de la République pour leur réhabilitation ?|Botowamungu Kalome (AEM)

19 août 2007

Le conseiller principal Nawej Katok est mort

C’est une série noire qui semble s’abattre sur l’entourage de Joseph Kabila. Une vingtaine de jours après le décès mystérieux du conseiller spécial en matière de Sécurité Samba Kaputo, le cabinet présidentiel congolais est à nouveau en deuil. Ce nouvel événement tragique ne pourrait qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui clament, à tort ou à raison, de l’existence d’une "vague d’empoisonnement" qui viserait les membres - katangais - du premier cercle du pouvoir kabiliste.

Selon des sources proches des « services » à Kinshasa, Gaston Nawej Katok, conseiller principal à la Présidence de la République chargé des questions juridiques et administratives, est mort samedi 18 août à 5heures du matin. Le décès est survenu en Afrique du Sud où il a été évacué, lundi 6 août, afin de recevoir « des soins appropriés ». Près de trois semaines après la disparition brutale du conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de Sécurité, Guillaume Samba Kaputo, c’est un nouveau membre de l’entourage de Joseph Kabila qui tire sa révérence. Certaines sources laissaient entendre que Nawej Kajok était décédé mardi 7 août. Et que l’annonce aurait été retardée afin de ne pas provoquer une « psychose d’empoisonnement » à travers la capitale. Un confrère kinois avait d’ailleurs annoncée la « nouvelle » au moment où le juriste venait d’être transféré au pays de Nelson Mandela. La Présidence s’était fendu d’un communiqué pour opposer un démenti tout en appelant les médias « à plus de responsabilité dans le traitement de l’information ». Signalons que Samba Kaputo et Nawej Katok sont originaires de la province du Katanga, fief politique des Kabila. En dépit du démenti de la Présidence, des sources bien informées dans la capitale confirment que le chef du groupe PPRD, Augustin Katumba Mwanke aurait eu en juillet dernier « des légers ennuis cardiaques».

(Info Congoindependant.com).

18 août 2007

Lettre ouverte aux « faiseurs de paix » par un collectif d’universitaires belges et européens (tirée du journal Le soir)

Nous soussignés, membres d’universités et d’établissements scientifiques belges et européens qui suivons les évolutions en Afrique centrale, avons pris le parti, à titre individuel, de nous élever contre la faible proactivité des principaux acteurs politiques qui ont pris en charge la gestion de la crise des Grands Lacs africains. Nous nous sentons interpellés plus particulièrement par les très graves dérives qui se sont accélérées depuis plusieurs mois dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Les pillages, les viols, la mise en esclavage sexuel des femmes, la poursuite des recrutements d’enfants soldats, les meurtres et les enlèvements ciblés de notables locaux et de journalistes qui sont perpétrés dans les deux Kivu (mais aussi ailleurs) tant par des bandes armées hors la loi sans aucun agenda politique et des trafiquants d’armes de tout bord que par une armée congolaise qui n’est pas digne de ce nom, sont inacceptables : elles ont pour prix plus d’un million de personnes déplacées et plus de 400.000 réfugiés.

Au Président Kabila, qui est aussi constitutionnellement chef des armées, nous souhaiterions dire que la légitimité qu’il a tirée des urnes ne fait pas l’économie de celle qu’il doit tirer en priorité de la pacification du pays. Celle-ci ne pourra être atteinte par de simples changements de titulaires au niveau d’un état-major calfeutré dans la capitale, ou par des démonstrations de force disproportionnées, notamment par une garde républicaine qui n’a toujours pas de statut officiel. Qu’elle soit « brassée » ou mixée », la nouvelle armée intégrée, qui a une capacité importante de nuisance, surtout à l’est du pays (mais pas seulement), doit être avant tout casernée, à peine de faire resurgir sans cesse des groupes locaux d’autodéfense qui se feront eux-mêmes justice.

À l’instar de tous les autres « chefs de guerre » impunis, ses officiers ou sous-officiers responsables de crimes contre l’humanité doivent être poursuivis systématiquement par des tribunaux militaires qui doivent cesser soit de vouloir interférer dans ce qui relève du droit pénal civil, soit de protéger l’impunité des leurs.

À la Mission des Nations unies au Congo (Monuc) et à ses responsables à New York, qui se disent régulièrement « préoccupés » « inquiets » ou « interpellés » par les dérives en matière de droits humains, nous disons que, si des modifications ont finalement eu lieu sur papier en ce qui concerne le mandat des Casques bleus sur le terrain, on est loin du compte quant à une attitude véritablement proactive. Le recours à la force, désormais autorisé, depuis le 15 mai dernier, par le Conseil de Sécurité en cas de « menace sur le processus politique », devrait permettre en principe de venir à bout de bandes armées totalement hétéroclites, qui sont estimées par la Monuc elle-même à seulement quelque 6.000 hommes parfaitement localisés par des associations congolaises locales avec lesquelles la mission n’a que des rapports volontairement très distants. De ce point de vue, il faudrait que cesse au plus vite ce « renvoi d’ascenseur » perpétuel, entre la Monuc et les dirigeants congolais concernés, sur les actions à mener dans les zones de violences et de non-droit. Nous invitons enfin et surtout les stratèges onusiens de New York et de Kinshasa à relire Clausewitz pour qui « la guerre doit être en parfaite continuité avec le temps politique qu’elle n’altère pas ». En voulant séparer le champ diplomatique de celui du « militaire », le « pacifisme » onusien relève d’un mirage : « soldats de la paix » et « soldats de la guerre » sont, comme Janus, les deux faces d’une même exigence.

En d’autres termes, le temps des négociations entre communautés vivant dans des peurs fantasmatiques (comme au Kivu) ne doit pas faire l’économie de celui de la dissuasion militaire à l’encontre de ceux qui, comme le général « félon » Laurent Nkunda ou d’autres seigneurs de guerre, les entretiennent avec d’éventuels appuis extérieurs.

À l’Union européenne, qui a investi près de 500 millions d’euros dans le processus électoral en RDC, nous aimerions dire qu’elle doit être conséquente avec les prémisses de sa politique de défense et de sécurité. Après avoir réussi l’opération « Artémis » – qui, en 2003, a sauvé la mise pour un contingent de la Monuc encerclé par des bandes armées à Bunia –, après avoir lancé le mécanisme Eusec l’autorisant à prendre en charge la réforme des services de sécurité, après avoir finalement décidé – non sans beaucoup d’atermoiements – d’épauler cette Monuc dans le cadre de la surveillance du processus électoral en 2006, l’Union européenne vient de se doter d’un nouvel outil, baptisé « centre d’opération » qui, autonome par rapport aux quartiers généraux nationaux européens, est un outil pouvant déployer, dans les quinze jours et pour quatre mois, des forces d’intervention civilo-militaires rapides sur des théâtres d’opérations extra-européens.

Pourquoi ne pas recourir dans l’est du Congo à un tel type de mécanisme qui aurait certainement beaucoup plus de crédibilité et d’effet dissuasif que les Casques bleus de la Monuc en qui les populations locales n’ont, à quelques exceptions près, plus confiance depuis qu’elles sont restées l’arme au pied à Bukavu et à Bunyakiri en 2004, à Kinshasa en août 2006 et en mars 2007 ?

Les désastres humains n’ont que trop duré en Afrique. Tant « l’appropriation africaine » (« African ownership ») que le « partenariat » sont des slogans de plus en plus vides, ne rassurant que des diplomaties frileuses qui s’alimentent à une langue de bois futile et déconnectée du terrain et qui tentent d’apaiser leurs consciences (et les nôtres) par l’octroi de millions de dollars au titre de l’aide humanitaire. Le droit à la sécurité est un impératif premier sans lequel la « bonne gouvernance », la « décentralisation », le « développement » et d’autres valeurs prêchées par la communauté internationale n’ont aucune chance d’aboutir.

(*) Claude Bragard (UCL), Dominique Breillat (Université de Poitiers), Jean-Emile Charlier (Fucam), Noémie Cheval (ULB), Gabriella Chiaramonti (Université de Padoue), Olivier De Schutter (UCL), Philippe Devillé (UCL), Françoise Digneffe (UCL), Christian Duqué (UCL), Pierpaolo Faggi (Université de Padoue), Bernard Feltz (UCL), Mathieu Hilgers (UCL), Fabienne Leloup (Fucam), Myriam Malengreau (UCL), Stephan Marysse (Universiteit Antwerpen), Maurizio Mistri (Université de Padoue), Michel Molitor (UCL), Antonio Papisca (Université de Padoue), Pierre-Denis Plisnier (Musée Royal de l¹Afrique centrale), Jean-Philippe Platteau (Fucam), Davide Qualerzi (Université de Padoue), Claude Roosens (UCL), Bernard Stevens (UCL), Jean-Claude Willame (UCL).

Par Le soir

15 août 2007

Le duo Kabila-Gizenga en panne d’imagination

A plus ou moins trois mois du premier anniversaire de l’investiture de Joseph Kabila, la perplexité gagne les esprits sur les capacités du « président élu » à conduire la RD Congo et ses 60 millions d’habitants vers le chemin du renouveau. Nommé début février dernier, le gouvernement du Premier ministre Antoine Gizenga peine à fixer un cap préfigurant les réformes destinées à améliorer le cadre de vie collective. Accusées d’immobilisme, les deux têtes de l’exécutif multiplient des actions autant maladroites que spectaculaires, aux antipodes des attentes de la population.

Qu’est devenue l’ambition de « mettre l’homme au centre de toute action politique » claironnée par les proches de Joseph Kabila lors de l’élection présidentielle ? Qu’est devenu le discours « socialo-humaniste » prononcé en juin 2006 par Antoine Gizenga lors de l’annonce officielle de l’accord de partenariat entre son parti et la mouvance kabiliste ? Toutes ces proses n’étaient-elles que des promesses électorales ? Par arrêté ministériel, daté 8 août, le ministre près le Premier ministre a nommé les « experts » chargés de la « récupération des immeubles et terrains de l’Etat ». Une action inutilement spectaculaire qui politise des questions administratives relevant de la compétence notamment des ministères des Affaires foncières et des Travaux publics. Depuis son installation, il y a six mois, le gouvernement Gizenga paraît en panne d’imagination au point de se tromper de priorités. A peine nommé en février dernier, le ministre des Infrastructures, l’ex-Société civile Pierre Lumbi Okongo, a lancé l’opération de récupération notamment des véhicules appartenant à l’Etat, détenus par les anciens animateurs des institutions de transition. Des méthodes dignes de « cow boys » ont été dénoncées : perquisitions sans mandat, vols, brimades ont été commis par des policiers et autres miliciens de la garde présidentielle. La « visite » de la résidence kinoise du MLC José Makila en est le cas le plus emblématique. Que sont devenues les voitures officielles récupérées par Lumbi au moment où certains de ses collègues manquent de moyens de locomotion ? C’est le cas notamment des vices-ministres chargés respectivement des Congolais de l’étranger et des Affaires étrangères. Selon de bonnes sources, des membres de l’entourage de Joseph Kabila se seraient partagé les limousines récupérées.

Constructions anarchiques

Début juillet, le gouverneur de la ville de Kinshasa, le PPRD André Kimbuta Yango lançait des bulldozers sur des constructions dites « anarchiques » dans la commune de Bandalungwa (site d’Inga) et ainsi que dans la concession Tembe na Tembe, situé à un jet de pierre du Palais du peuple, siège du Parlement. Alors même que les propriétaires de ces bâtisses étaient porteurs des autorisations de construire délivrées en bonne et due forme par des fonctionnaires compétents du ministère des Affaires fonctionnaires. Fallait-il pénaliser des citoyens victimes de quelques agents publics véreux ou chercher une solution humaine, juste et équitable ? Samedi 7 juillet, l’armée et la police ont délogé des militaires qui squattaient depuis une dizaine d’années - avec femmes et enfants - l’immeuble de l’Institut d’enseignement médical (IEM). Des familles ont été jetées dans la rue. Depuis son investiture le 6 décembre 2006, Joseph Kabila ne semble être préoccupé que par deux objectifs : consolider son pouvoir et museler ses contradicteurs. Pendant ce temps, les pouvoirs publics brillent par leur ineptie à protéger la collectivité contre les périls extérieurs autant qu’à promouvoir la paix et l’ordre public à l’intérieur du territoire national. La situation de non-droit qui prévaut dans les provinces du Kivu et dans le district de l’Ituri met à nu l’évanescence de l’Etat.

Impuissance ou connivence ?

Dans leur récent rapport, les experts des Nations Unies ne trouvent pas de mots assez durs pour vitupérer l’absence de volonté politique des instances dirigeantes de la RD Congo « à faire face aux besoins de la population ». Alors que le gouvernement « pourrait bénéficier d’une importante assistance internationale sous forme de conseils et de financement de réformes techniques et administratives », peut-on lire. La communauté internationale attend en vain que le « gouvernement de la République » formule une demande dans ce sens. La communauté internationale attend également de voir les autorités congolaises manifester enfin la volonté de s’attaquer de manière ferme et résolue aux maux dont souffre le pays : criminalité, trafics d’armes, pillages de ressources naturelles, viols, meurtres etc. Les dirigeants congolais seraient-ils impuissants ou simplement complices de la maffia eurafricaine en passe de prendre le contrôle de toute la partie orientale du pays ? On apprend ainsi que l’aéroport d’Isiro, Province orientale, est utilisé par la compagnie aérienne privée « Air Navette » pour relier directement Entebbe, en Ouganda. Aucun service de douanes n’existe à cet aéroport. L’Etat congolais ne peutpar conséquent, contrôler ce qui sort de son territoire ou y entre. Il en est de même des aéroports de Butembo et de Beni, au Nord-Kivu. L’armée et la police ne montrent leurs biceps que sur des manifestants de Bundu dia Kongo et non sur ceux qui menacent l’intégrité du territoire national?

Trahison

Plus grave, on apprend dans ledit rapport que les forces loyalistes à Laurent Nkunda, les fameuses 81e et 83e brigades, ont continué à recevoir, de l’état-major général des FARDC, l’argent destiné au paiement des soldes. Et ce, même durant la période où ces combattants s’opposaient à la chaîne de commandement de la 8e région militaire. Comment qualifier un tel acte autrement qu’en usant du mot « trahison » ? Voilà autant de questions priorités qui nécessitent une intervention urgente du gouvernement. Ce n’est pas tout. Depuis son accession à l’indépendance, il y a 47 ans, le Congo est resté largement dépendant de l’aide dite au développement. Au lendemain du lancement du processus démocratique en avril 1990, plusieurs experts ont expliqué dans tous les dialectes que l’assistance extérieure ne peut avoir de chances de réussite que dans un pays qui pratique une politique axée sur le progrès économique et social. Bref, une politique qui privilégie l’amélioration de la qualité de vie de la population (eau, électricité, sécurité des personnes et des biens, soins de santé, enseignement, justice, agriculture) et la prospérité par la modernisation des infrastructures de base (routes, rail, ports, aéroports etc.). Face à l’échec patent de l’interventionnisme de l’Etat zaïrois, certains experts préconisaient simplement le désengagement des pouvoirs publics de toutes les activités productives. Sans oublier la démocratisation des institutions. Le duo Kabila-Gizenga est-il encore capable de faire rêver les Congolais en mettant fin à cette lamentable « politique spectacle », aux antipodes des véritables attentes de la population ? Rien n’est moins sûr.

B. Amba Wetshi

PAUVRE CONGOLAIS,AVEC UN PRESIDENT IRRESPONSABLE LE PEUPLE EST LIVRE A LUI-MÊME

Le commerce était complètement paralysé mardi au poste frontalier de Dilolo, dans le district du Lualaba. Cossettes de manioc, maïs, légumes, chèvres et poulets sur pieds sont restés dans les dépôts congolais, note radiookapi.net

Les fonctionnaires de douane et assises de Dilolo, territoire situé à 800 kilomètres de Lubumbashi, affirment que leurs bureaux sont ouverts mais personne n’y entre. Le poste frontalier, bruyant de monde d’ordinaire, était désert mardi.

Pour les opérateurs économiques congolais, il n’est pas question pour eux de vendre leurs produits agricoles et d’élevage aux Angolais. Thomas Tshombé, président des transporteurs de Dilolo, affirme qu’il s’agit d’une mesure de rétorsion. Selon lui, C’est une réaction à l’interdiction des autorités angolaises de vendre le carburant en RDC, à partir de Dilolo. « La recrudescence des tracasseries au niveau de la police angolaise contre les membres de notre corporation. Ils se font arracher le carburant mano militari, avec des passages à tabac, des injures. Nous avons décidé, à partir d’aujourd’hui, de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, le transport des cossettes de manioc et autres produits vers l’Angola. »

L’administrateur du territoire de Dilolo déclare être informé de ce mouvement décidé par les opérateurs économiques. Les transporteurs de Dilolo demandent au gouverneur du Katanga de rencontrer rapidement son homologue angolais de la province de Luena. Ils espèrent ainsi qu’une solution sera trouvée à ce problème.

12 août 2007

Kampala menace d'intervenir en RDC si les attaques se poursuivent (Afp via Monuc)KAMPALA, 10 août 2007 (AFP)

Même à la période la plus sombre du Zaïre de MOBUTU,le Congo n'avait jamais été humilié de la sorte.Ceux qui avaient voté pour "JOSEPH KABILA"doivent se mordre les doigts.

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 - L'Ouganda a menacé vendredi d'intervenir militairement en République démocratique du Congo (RDC) si les attaques de Congolais à l'intérieur de son territoire se poursuivaient.


Le ministre ougandais de la Sécurité, Amama Mbabazi, a averti le pays voisin que son pays "utiliserait son droit de poursuite" si des attaques contre ses citoyens et ses biens ne cessaient pas immédiatement", a déclaré à l'AFP Felix Kulaije, porte-parole du ministère de la Défense.

Jeudi, trois personnes ont été tuées par une bande d'hommes armés de fusils et de machètes venus de la RDC qui ont également pillé et violé dans la ville frontalière de Butogota, selon des responsables ougandais et des habitants.

Selon des témoins, la bande qui communiquait en kinyarwanda -- parlé au Rwanda mais également en RDC -- ont abattu un étudiant, un chauffeur de taxi et un troisième civil.

"Nous ne savons pas qui ils sont mais ils pourraient être des miliciens en rupture de ban qui ont refusé d'intégrer les forces armées congolaises, des Interahamwe (rebelles hutus rwandais accusé du génocide de 1994 et réfugiés au Congo) ou n'importe qui", a affirmé un témoin.

En 1998, l'Ouganda avait envoyé des milliers de soldats dans des opérations au delà de ses frontirères invoquant son droit de poursuite contre des rebelles basés dans l'est de la RDC.

Les troupes ougandaises ont par la suite fait cause commune avec l'armée rwandaise et des rebelles de la RDC pour tenter de renverser le régime du président Laurent-Desire Kabila.

L'Ouganda a dénoncé ces dermières semaines plusieurs opérations menées par des hommes armés venus de RDC.

Le 29 juilllet, quatre soldats ougandais ont été capturés par l'armée congolaise alors qu'ils patrouillaient sur le lac Albert.

Il y a une semaine, un géologue britannique qui travaillait pour une compagnie de prospection canadienne a été tué sur le même lac par des hommes accusés d'être venus de la RDC.

09 août 2007

FAUSSE ALERTE ! Pas d’autre mort au Palais de la nation !(FdA)*

 

 Toutefois, le communiqué du cabinet du chef de l’Etat précise que le conseiller Gaston Nawej a été acheminé lundi dernier en Afrique du Sud.
La série noire qui frappe plusieurs personnalités congolaises semble pousser au sensationnel au point qu’une simple rumeur peut bien faire l’affaire dans l’opinion. Voilà qui a occasionné une nouvelle faisant état de la mort d’un membre du cabinet du Chef de l’Etat qui viendrait allonger la liste des candidats aux échos d’outre-tombe, après la disparition encore récente du Pr Samba Kaputo, ancien conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité.

M. Gaston Nawej n’est pas mort. Cette précision a stimulé un communiqué émanant de la présidence de la République diffusé hier soir. Le conseiller principal au Collège chargé des questions juridiques et administratives au cabinet du chef de l’Etat se trouve présentement en Afrique du Sud pour y recevoir des soins appropriés.
Toutefois, le communiqué dont question , prend soin de préciser, en outre, que M. gaston Nawej n’a été acheminé que lundi dernier en Afrique du Sud, après son internement à la clinique Ngaliema. Autrement dit, s’il est vrai que le conseiller principal au collège chargé des questions juridiques et administratives au cabinet du chef de l’Etat est bel et bien malade, il est aussi vrai que sa disparition n’est en tout cas pas à l’ordre du jour.

FAUSSE ALERTE, PAS D’AUTRE MORT AU PALAIS DE LA NATION
Comme on le voit, il ne s’agit ni plus, ni moins, à ce stade, que d’une fausse alerte. Car, en dehors du Pr Guillaume Samba Kaputo inhumé lundi dernier au cimetière de la Gombe, il n’y a pas d’autre mort à la présidence de la République, c’est-à-dire au Palais de la nation. Même si le président de l’Assemblée nationale Vital kamerhe a fait état d’un signe indien qui poursuivrait les membres du principal parti présidentiel, le conseiller principal Gaston Nawej est encore en vie et en soins médicaux en Afrique du Sud.
Toutefois, relèvent les observateurs, plutôt que d’être sur la défensive en clouant au pilori la presse congolaise, les instances congolaises devraient aussi apprendre à publier le carnet de santé de certains officiels pour ainsi éviter de contribuer justement, par la rétention de l’inforlmation,à l’entretien de la spéculation, à la circulation des rumeurs de toutes sortes dans l’opinion.

FUITE DES DEVISES
En outre, nombre de Congolais suggèrent l’équipement des hôpitaux congolais pour les rendre aptes à administrer toutes sortes des soins au lieu de contraindre l’Etat à une fuite des devises au profit de l’étranger. L’hôpital moderne érigé par le basketteur congolais évoluant aux Etats-Unis, Mutombo Dikembe, doit constituer à cet égards matière à reflexion.

Marcellin MANDUAKILA

08 août 2007

Congo - Zaïre: un deuil national pour un collaborateur du chef de l’Etat !

 

72 heures avant sa mort, il venait d’être nommé conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité, poste qu’il avait occupé avant son élection comme député national dans la circonscription électorale de Moba, district de Tanganika, dans la province du Katanga, sa province natale.

Le défunt fut professeur d’université. Il a eu de son vivant à assumer des responsabilités au niveau provincial et national. Ainsi, il fut vice-gouverneur de province, gouverneur de province, conseiller du chef de l’Etat et député national élu de la première législature de la 3ème République.

Est-ce pour autant que le Conseil des Ministres, dans sa séance hebdomadaire du vendredi 03 août dernier, a eu à décréter trois jours de deuil national en mémoire de l’illustre disparu?

Nenni. Le gouvernement de Kinshasa a usé de tricherie en profitant du catastrophe ferroviaire survenu le même 1er août entre les gares de Kakenge et Bakwa Nkenga, dans la province du Kasaï Occidental, catastrophe dont le bilan annoncé est tantôt de 100 morts, tantôt 120 morts et le tout dernier chiffre, est de 160 morts d’après le ministre congolais des Transports et Voies de communication, Remy Henri Kuseyo Gatanga, qui a précisé à la presse qu’il ne s’agit là que d’un bilan encore provisoire, pour décréter trois jours de deuil national et en mémoire des victimes de cet accident, et en mémoire de l’homme fort de Joseph Kabila.

Dans ce pays, personne ne comprend pas pourquoi tant d’honneurs à un collaborateur d’un président de la République? Il y a des ministres, gouverneurs, députés nationaux et provinciaux qui sont morts en fonctions sous le règne de Joseph Kabila et qui n’ont même pas eu l’honneur d’une minute de recueillement de ce dernier devant leurs dépouilles. A Kinshasa, on refuse de croire que le pays a voulu rendre hommage aux victimes de l’accident du Kasaï Occidental.

Pourquoi cette obstination au refus de croire au geste patriotique du gouvernement Kabila? Tout simplement puisque les images de l’accident en provenance de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-Occidental, ne traduisent rien de la compassion du pouvoir central envers les victimes, moins encore envers leurs familles. Des cadavres jonchés par terre recouverts à peine des pagnes de leurs proches alors qu’il y avait lieu de les couvrir des couvertures ou des draps de lit qui coûtent à peine 2$ la pièce. Aucune aide alimentaire ou pharmaceutique n’a été apportée aux victimes car, en plus de 160 morts, il y a plus de 500 blessés qui se trouvent dans des conditions moins heureuses. S’il faut tenir compte que les soins médicaux dans le périmètre de l’accident sont quasi inexistants, il y a lieu de craindre le pire pour bon nombre de survivants de cet accident.

A Kinshasa, tout le monde croit à la distraction avec cette histoire du deuil national où les diplomates étaient obligés de venir se recueillir au Palais du Peuple, siège du Parlement de la République où était exposé le corps du défunt et où Joseph Kabila lui même a passé plus d’une demie journée en guise de recueillement avec tout son gouvernement et toutes ses autres institutions. On a noté l’absence de deux personnalités à savoir le premier ministre Antoine Gizenga et le président du Sénat congolais Léon Kengo wa Dondo.

Si l’absence de Kengo wa Dondo est justifiée par le fait qu’il se trouve en vacances à l’étranger en ce moment, il n’en est pas le cas pour le patriarche Antoine Gizenga qui, dit-on, a seulement boudé la «farce» de Kabila. Le vieux Lumumbiste n’a pas apprécié la comédie et est resté calmement chez lui sans rendre compte à personne. Mais, dans son entourage, on affirme que le vieux n’était pas d’accord avec le président sur cette manière d’élever un collaborateur à titre posthume.

Somme toute, le Congo-Kinshasa qui est moribond économiquement, n’est pas prêt à sortir de son marasme à l’allure où vont les choses. Que de l’argent dépensé pour faire venir des délégations de l’arrière pays dans la capitale! Quelle institution congolaise a travaillé le lundi 06.08.07 jour de l’enterrement? Même pas le président Kabila lui même! La circulation était même paralysée dans la commune de Lingwala où se trouve la cathédrale Notre-Dame du Congo et le Palais du Peuple ainsi que dans la commune de la Gombe où se trouve le cimetière où il a été inhumé!

C’est ça le Congo de Kabila qui se bat pour sortir de son marasme économique au moment où la politique et le social continuent à s’enfoncer.

A chacun sa lecture de la situation. Pour nous, on va du gaspillage en gaspillage. Et du temps, et de l’argent, et de l’énergie.

Qui dit mieux?

Richard Kabamba

24 juillet 2007

Les bradeurs de la République


(Congo Tribune 24/07/2007)


Une anecdote. A Kisangani, les Boyomais parlent encore aujourd’hui de « commandant Hyppo » pour désigner l’actuel numéro un Congolais. Lors de l’entrée des troupes de l’AFDL dans le chef-lieu de la Province orientale, en mars 1997, c’est ainsi que les habitants de « Boyoma Singa Mwambe » (autrement dit, Kisangani) nommaient l’aide de camp de James Kabarebe, alors chef des opérations militaires. Les bruits se sont par la suite répandus à travers la ville selon lesquels « Hyppo » était un des fils de Laurent-Désiré Kabila. Les médias internationaux ont fait le reste…

A Kinshasa, ceux des Congolais qui ont côtoyé « Joseph » dans l’exercice de ses fonctions à l’état-major des Forces terrestres de l’armée congolaise, ont eu la surprise de constater que toutes les correspondances soumises à la signature de celui-ci portaient les mentions suivantes : « Joseph K. ». « K » comme Kabila ou Kanambe ? Toute la question est là. Tout projet de lettre portant les mentions « Joseph Kabila » était raturé et renvoyé à la « correction ». Des témoins soutiennent que tout rédacteur qui n’observait pas cette consigne était sévèrement rabroué. Les agiographes de Joseph Kabila, devenu président de la République démocratique du Congo, pourraient rétorquer que ce « camouflage » était motivé par des « raisons évidentes de sécurité ».
C’est au demeurant l’explication que donne le politologue Célestin Kabuya Lumuna Sando pour justifier le fait qu’à un moment de sa vie, Joseph ne portait point le patronyme de Kabila. « Pour des raisons évidentes de clandestinité, il s’est aussi appelé Kabange, Mtwale, Hyppolite », note Kabuya à la page 239 de son ouvrage « Histoire du Congo – Les quatre premiers présidents », publié en 2002, à la veille de la tenue du Dialogue intercongolais de Sun City. Le mystère entretenu sur la véritable identité autant que le parcours personnel de l’homme qui dirige le Congo démocratique depuis bientôt sept ans, est à l’origine de toutes les supputations. D’aucuns n’hésitent pas à soutenir que l’actuel président de la RD Congo est un « infiltré » de l’armée patriotique rwandaise. Il aurait pour « mission » de démanteler, avec le concours de quelques supplétifs locaux à la vénalité éprouvée, ce qui reste du système administratif, économique, sécuritaire et de défense du pays.

« Joseph est chargé, avec la complicité de citoyens congolais, d’achever le travail de déstructuration de l’Etat congolais commencé par le Rwanda de Paul Kagame et l’Ouganda de Yoweri Museveni », analyse un ex-officier de renseignements. « Le bilan des sept ans de Kabila à la tête du pays est édifiant en termes de régression», ajoute-t-il. En tous cas, les faits parlent d’eux-mêmes. Aucun secteur de la vie nationale n’a connu la moindre embellie sous les six premières années de Joseph. La Gécamines et la MIBA sont aux soins intensifs. La RD Congo ne dispose toujours pas d’une armée capable de défendre l’intégrité de son territoire. Les provinces du Kivu sont abandonnées aux milices de Laurent Nkunda ainsi qu’aux combattants hutus des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). Le district de l’Ituri est occupé par des miliciens manipulés depuis Kampala. Dans l’interview qu’il a accordée à l’hebdomadaire « Jeune Afrique », Kabila de déclarer notamment : « Chaque jour, cette armée monte un peu plus en puissance. Je me suis donné deux ans pour former des unités combattantes capables de défendre notre intégrité nationale ».

Déficit de volonté politique


De janvier 2001 à juillet 2006, Joseph a dirigé le Congo-Kinshasa sans véritables contradicteurs. Question : comment pourrait-il réaliser en deux ans ce qu’il n’a pu faire en six ans ? Il se pose de manière manifeste un grave déficit de volonté politique pour doter la RD Congo d’une armée dissuasive. Une armée bien entraînée, bien équipée, motivée et bien commandée. Joseph Kabila et ceux qui l’entourent donnent l’impression d’avoir reçu comme mission de maintenir le Congo-Kinshasa dans son état actuel de « grand maillon faible » de la région des Grands Lacs. Dans une interview accordée à la MONUC, Peter Swarbrick, directeur sortant de la Division DDRRR (Désarmement, démobilisation, rapatriement, réinstallation et réintégration) semble s’interroger sur la réelle détermination du gouvernement congolais « à étendre son autorité sur tout le territoire » de la RD Congo. « (…), je pense que le gouvernement doit établir un plan militaire pour que la MONUC le prenne en considération et voit comment, sous son mandat et avec ses moyens, elle pourrait légalement aider le gouvernement. Mais je ne pense pas qu’il ait un tel plan », a-t-il souligné. Naïfs et occupés à participer au festin, les Congolais refusent d’entendre tout discours politiquement incorrect. L’affaire Kahemba est en passe d’ériger une grande muraille de méfiance entre les gouvernants « démocratiquement élus » et les citoyens. Le rapport rédigé par les enquêteurs de l’Assemblée nationale est sans équivoque : neuf villages du territoire de Kahemba, dans la Province de Bandundu, sont occupés par l’Angola. Et pourtant. La session extraordinaire de l’Assemblée nationale s’est clôturée mercredi 18 juillet sans que les « représentants du peuple » aient pu montrer le chemin pour règler ce différend qui est suivi avec intérêt par d’autres Etats voisins. La Représentation nationale n’a même pas eu l’audace d’inviter le gouvernement à porter la contestation devant la Cour internationale de Justice à La Haye. L’ambassadeur angolais à Kinshasa, Joao Baptista Mawete - qui se comporte décidément en pro-consul, aurait, semble-t-il, promis des bosses et des plaies à quiconque prendrait l’initiative d’un acte « hostile et inamical ». Après le gouvernement du Premier ministre Gizenga, l’Assemblée nationale a, à son tour, pris acte du fait accompli angolais. Tout le reste n’est que du bla-bla pour endormir l’opinion nationale. Le territoire national est ainsi bradé. Et ce, par l’incivisme autant que par la déloyauté des hommes et femmes investis d’un mandat populaire. Des hommes et des femmes prêts à toutes les compromissions pour préserver leurs carrières politiques au détriment de l’intérêt national. La RD Congo est ainsi prise en otage par des bradeurs de la République. Jusqu’à quand va-t-on laisser ces inciviques, ces agents de l’étranger, continuer à hypothéquer le destin collectif ? Il n’y a pas de fatalité. C’est la volonté d’un peuple qui détermine le cours de l’Histoire…



B. Amba Wetshi

BEMBA CONTRE ATTAQUE:Qui a voulu tuer qui? Qui a intérêt à tuer qui ?

La victime c’est moi!
Accusé par le président Kabila d’avoir tenté de l’éliminer, son principal advesaire réagit,
le chef de l’opposition se défend, préconise le dialogue avec le pouvoir et prépare ...
l’échéance de 2011!
"Il y a un mois, le président J Kabila vous accusait dans nos colonnes
d’avoir tenté de l’éliminer physiquement lors des événements de mars 2007...

Ce sont des accusations totalement gratuites et non fondées. En novembre, au lendemain de l’eletion présidentielle,
j’ai accepté les résultats proclamés par la Cour suprême pour éviter au pays le chaos. J’ai également décidé
de mener mon action politique dans le cadre d’une opposition forte et républicaine. On avait donc, d’un côté,
un pouvoir qui gouverne et, de l’autre, une opposition qui observe, critique, fait des propositions
et se prépare à être une alternative. Je me suis présenté à l’élection sénatoriale et j’ai été élu.

Comment expliquez-vous les affrontements tragiques du 22 mars?
Ils n’auraient jamais dû avoir lieu. Mais soyons sérieux. Pensez-vous que quelqu’un qui va faire un coup d’Etat
ou éliminer le président de la Répiublique enverrait ses enfants à l’école? Mes cinq enfants étaient bien ce jour-là
à l’école belge de Kinshasa, comme d’habitude. Moi, j’étais à la maison avec mon épouse et mes deux béquilles
- comme vous le savez, en décembre, j’avais subi une opération au tibia, à la suite d’une fracture. Mon programme
pour la journée était connu. Je devais recevoir, à 15 heures, le ministre portugais des Affaires étrangères et à 18h 30,
la ministre française déléguée à la Coopération, Mme Brigitte Girardin. En outre, le lendemain très tôt, je devais
me rendre à Pretoria pour rencontrer le président Thabo Mbeki à 15 heures...

La semaine suivante, le 2 avril, j’avais rendez-vous avec mon médecin au Portugal pour le suivi de l’évolution
de ma blessure. Pensez-vous sérieusement que c’est là le programme de quelqu’un qui prépare un coup d’Etat?
En revanche, ce que je trouve très curieux, c’est que les enfants de la famille Kabila, qui fréquentent eux aussi
l’école belge, aient été évacués à 9h 45, pendant la récréation. Alors, je pose la question : qui a prémédité cette attaque
du jeudi 22 mars 2007? Celui qui laisse ses enfants exposés au danger ou celui qui les met à l’abri?

Donc, l’agressé, ce serait plutôt vous?
Rappellez-vous que le 21 août 2006, c’est-à-dire entre les deux tours du scrutin présidentiel, ma résidence à Kinshasa
a été déjà attaquée. Et cela en présence de pas moins de quatorze ambassadeurs, dont ceux des Etats-Unis,
de la France, de l’Afrique du Sud, du Royaume-Uni, de la Belgique, de l’Union africaine, de l’Union européenne...
Enfin, en novembre, le régime Kabila a fait encercler ma résidence pendant trois semaines. Le 22 mars 2007,
c’est donc la troisième fois qu’on attaquait ma résidence pourtant protégée depuis sept mois par des blindés
de la Monuc, la Mission des Nations unies au Congo. Je pose donc la question : qui veut éliminer qui?...

Poursuivons l’interview de Bemba!

"Le président Kabila affirme pourtant que vos troupes ont marché sur son palais…
Mais, ce n’est pas vrai! Une enquête de l’ONU a été menée sur ces événements, on peut lui demander
de publier son rapport. On verra bien alors qui a commencé. Les éléments de la Monuc peuvent confirmer
que le jeudi 22 mars, à 11h 15, dès les premiers coups de feu échangés autour de ma résidence,
des roquettes ont été tirées depuis le Palais de la nation sur ma résidence. Ce qui nous a contraints,
mon épouse et moi à nous réfugier à l’ambassade d’Afrique du Sud, située à 300 mètres. Nos enfants, eux,
sont restés bloqués trois jours à l’école. Je repose, donc, la question : qui a voulu tuer qui? Qui a intérêt à tuer qui ?
Moi, je n’ai aucun intérêt à tuer le président Kabila. Sa mort ne profiterait en rien à Jean-Pierre Bemba.
Alors que l’ONU est engagée dans notre processus avec plus de 15000 hommes, quel homme politique sérieux
pourrait se lancer dans un coup d’Etat ? A quoi pouvait-il s’attendre après? A des applaudissements
de la communauté internationale? Non, tout cela n’est pas crédible.

Voilà pour les faits. J’ajouterai quand même que la veille, le mercredi 21 mars, j’ai reçu à 18h 30 M. William Swing,
le représentant du secrétaire général de l’ONU. Il voulait me voir pour finaliser la question de ma sécurité
en application de l’accord signé, le 27 octobre 2006, entre le président Kabila et moi-même.
Lequel stipule que le candidat qui gagne la présidentielle s’engage à garantir au perdant la sécurité
de ses biens, la libre circulation à l’intérieur et à l’extérieur du pays ainsi qu’une sécurité rapprochée appropriée.
M. Swing devait ensuite réunir les deux parties pour mettre en œuvre cet accord. J’ai donné mon feu vert dès
ce mercredi 27 octobre 2006.

Et le président Kabila ?
Posez-lui la question ! Pourquoi n’a-t-on pas donné une chance à cette solution, pourquoi n’a-t-on
pas finalisé cet accord ? Le jeudi 22 mars à 18heures, grâce à l’intervention de Mr Swing,
un appel à l’arrêt des hostilités est lancé. J’en fais autant sur des radios nationales et internationales,
dont celle de l’ONU, captée partout. Pourquoi cet appel n’a-t-il pas été suivi d’effet? Sans doute
parce qu’il y avait une volonté de m’éliminer physiquement. Pour en terminer ave ces malheureux événements,
je redirai ce que j’ai expliqué au président Kabila les yeux dans les yeux, au lendemain des événements du 21 août 2006 :
"Mon protecteur, c’est Dieu. Et tant que Dieu n’a pas décidé de m’enlever de cette terre, rien ne m’arrivera".

Tout ce que je souhaite maintenant, c’est de pouvoir rentrer chez moi en toute sécurité, jouer normalement
mon rôle de leader politique, exercer mon mandat parlementaire et circuler librement dans le pays.
Les faits passés sont certes graves, mais pas importants finalement. L’important, c’est qu’on regarde,
de part et d’autre, les conséquences de l’absence de toute communication entre ce pouvoir, que je reconnais,
et l’opposition. Sans cela, le pire est à craindre.

Le Sénat vous a autorisé à prolonger votre séjour au Portugal jusqu’au 31 juillet.
Que comptez-vous faire si, à cette date, toutes les garanties pour votre sécurité ne sont pas réunies
à vos yeux ? Et si les poursuites judiciaires engagées contre vous se confirment ?
Je vous rappelle que j’ai été vice-président de ce pays pendant trois ans. Je sais donc ce que certains parviennent,
malheureusement , à faire avec la justice. En tout état de cause, je prendrai le peuple et la communauté
internationale à témoin. Tout le monde saura qu’on m’empêche de rentrer.

A moins que ce soit vous qui préferiez ne pas rentrer...
Je ne souhaite qu’une chose : retourner chez moi. C’est mon pays, et personne ne peut m’enlever cette appartenance.
Je le répète, je veux être au milieu de mes compatriotes, exercer mon mandat de sénateur et de leader politique.
C’est exactement ce que j’ai dit au commissaire européen Louis Michel, quand il est venu me voir ici à Faro, le 13 juillet.
Je lui ai confirmé ma volonté de rentre au pays, d’y assumer mes responsabilité s politiques dans le respect de la Constitution.
Je n’ai pas du tout l’intention de contester les institutions. Je les respecte. N’oublions pas que j’ai lutté pour engager
le pays sur la voie de la démocratie. Et dans un Congo démocratique, le gouvernement gouverne, certes,
mais l’opposition contrôle, fait des propositions et formule des critiques. Or nous sommes, semble-t-il, à un tournant
de notre histoire. Ce serait le comble si nous glissons à nouveau vers la dictature."
Dictature, le mot est fort tout de même !
Quand on attaque les opposants dans leur maison, qu’on pille les résidences des députés et des sénateurs,
qu’on arrête des militants, vous appelez cela la démocratie ? Plus de 250 de nos militants sont en prison
pour avoir porté des tee-shirts à mon effigie. Ils n’ont même pas été jugés. Les locaux de mes chaînes
de télévision ont été saccagés à trois reprises en moins de huit mois. Mais que veut-on en fin de compte ?
Une démocratie qui respecte les droits de l’opposition ou une dictature qui les piétine ?

Comment sortir de la situation actuelle ?
Par la voie du dialogue, bien sûr. Un Congo qui connaît une dérive totalitaire n’inspire pas confiance.
Aucun investisseur sérieux ne voudra s’y installer. Le Congo ne peut pas être un pays fermé sur lui-même.
Il est entouré par neuf voisins. Sa position géographique, sa taille font qu’il domine l’Afrique centrale.
Une instabilité de ses institutions peut avoir des conséquences graves sur toute la région.

Le Parlement est en train de discuter une loi instituant un statut de l’opposition. Son porte-parole serait
notamment élevé au rang de ministre d’Etat.Cela va, apparemment, dans le sens que vous souhaitiez…
On ne fait pas une loi pour un individu, mais pour créer un environnement démocratique. Tout cela est
d’ailleurs la conséquence logique des élections.C’est une bonne chose. Même en France, le nouveau pouvoir
veut améliorer le statut de l’opposition. En démocratie, le pouvoir ne doit pas avoir peur de l’opposition.
J’admire énormément la manière moderne avec laquelle le président français Nicolas Sarkozy traite
certains de ses adversaires politiques. Je me reconnais volontiers dans cette démarche…

Pensez-vous qu’elle soit possible au Congo ?
Absolument. Les élections sont terminées, il faut à présent gérer le pays. Et je vois mal comment on pourrait
le faire en mettant de côté les 42% des électeurs qui ont voté pour moi au second tour de la présidentielle.
Depuis deux mois et demi, l’opposition parlementaire tente de rencontrer le président Kabila, en vain.
Elle ne cherche pourtant qu’à l’entretenir de problèmes d’intérêt national. La nouvelle loi sur le statut de
l’opposition devrait éviter ce genre de blocage. En réalité, je ne reconnais pas aujourd’hui le Congo pour
lequel je me suis battu et dont rêvent les Congolais. Car si on juge la qualité d’une démocratie
à la possibilité pour la minorité de s’exprimer, on est encore loin du compte. Je crois à l’ouverture,
pas au système de pensée unique.

Comment continuez-vous le combat politique, depuis Faro ?
Je suis toujours le président du MLC, le Mouvement de libération du Congo, et je sais m’organiser.
J’ai des collaborateurs avec qui je travaille quotidiennement. Je rencontre aussi beaucoup de monde.


Votre parti connaît des tiraillements…
Ce n’est pas facile. Mais nos structures fonctionnent. Membres du bureau politique, députés, sénateurs,
structures provinciales, tout le monde travaille, malgré les obstacles, les intimidations.

Quelles sont les faiblesses que vous avez notées en matière de bonne gouvernance ?
Je ne peux pas entrer dans les détails. On m’accusera de chercher à polémiquer, et ce n’est pas le but de ma démarche.

Croyez-vous qu’on est au moins sur la bonne voie ?
Evidemment non. Et ce n’est pas seulement Jean-Pierre Bemba qui le dit. La bonne question à poser est
d’ailleurs de savoir si la population se sent gouvernée. Mes compatriotes qui liront cet entretien répondront eux-mêmes.

Mais encore ?
C’est clair, je ne souhaite pas insister. Mon objectif est de faire en sorte que la démocratie s’installe
dans mon pays. Pour cela, il faut que je puisse rentrer et exercer mon mandat parlementaire.
Quant aux questions politiques, mes camarades députés, sénateurs et autres collaborateurs s’en chargent
au jour le jour. En ce qui me concerne, je prépare l’avenir et organise mon temps à cet effet. La prochaine
présidentielle est dans quatre ans. C’est cette échéance qui occupe ma réflexion. J’essaie d’imaginer
ce que sera le pays dans quatre ans et de concevoir les réformes dont il aura besoin."
"Est-ce là votre programme pour les quatre ans à venir ?
Absolument. Nous ne voulons pas être pris au dépourvu si en 2011 le peuple nous fait confiance.
Car il aura besoin de solutions immédiates. Voilà le vrai chantier. Pour le reste, tout le monde
voit ce qui se passe.

Jean-Pierre Bemba a-t-t-il tourné le dos au business ?
Pas totalement. J’ai encore quelques avions que je mets en location. Mais depuis que je suis entré
en politique, je ne fais plus beaucoup d’affaires.

Et la téléphonie ?
Je n’ai pas abandonné. Le régime précédent s’est organisé pour que mes sociétés ne puissent
plus fonctionner.

En Afrique, la politique coûte cher. Et c’est le chef qui prend tout en charge…
Chez nous, au MLC, les militants cotisent, les élus également. Ce sont eux qui assurent la vie
du parti et qui font tourner la boutique, comme on dit.

A Faro, vous devez être isolé de la scène internationale…
Détrompez-vous. J’entretiens des contacts avec de nombreuses personnalités, des chefs d’Etat…

Y compris avec les voisins rwandais, ougandais, angolais ?
Avec tout le monde, dans la région et en dehors, car nous sommes tous préoccupés par le problème
de la sécurité à l’intérieur du pays et à ses frontières. Mais ce sont les tenants du pouvoir,
Kabila et son gouvernement, qui sont aux responsabilité s. Ce n’est pas Jean-Pierre Bemba,
ce ne sont pas les opposants, ce n’est pas non plus la communauté internationale. La réalité,
c’est que nous ne savons pas où nous allons, à cause du déficit de démocratie au Congo.

Suite à une plainte de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH)
contre l’ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé et contre vous-même, la Cour
pénale internationale a décidé de lancer une enquête à propos des exactions qu’auraient
commises vos miliciens sur les populations de Bangui, en 2002 et 2003…
Je vous arrête tout de suite. Je n’ai rien à dire sur cette histoire. Ces accusations sont totalement
infondées. Je ne me sens pas concerné. C’est le Congo qui m’intéresse.

A quand remonte avec votre dernier contact, physique ou téléphonique, avec le président Kabila ?
A l’année dernière, à l’époque où j’étais encore vice-président.

Depuis, plus rien ?
Aucun contact

JEUNE AFRIQUE,
23/07/2007

23 juillet 2007

MLC : cap sur l'avenir

Les lampions se sont éteints, hier dimanche 22 juillet, au Grand Hôtel Kinshasa, où le Mouvement de Libération du Congo ( MLC) a, durant trois jours, tenu les travaux de sa Convention politique. Travaux marqués par un important message de Jean-Pierre Bemba, président national du MLC, depuis le Portugal. Dans ce message, il rassure ses collaborateurs à différents degrés de sa détermination à poursuivre, avec eux, l’exaltant combat républicain dont la finalité est le bien-être des populations congolaises.

Paraphrasant le président national du MLC, le secrétaire général, François Muamba, a, dans son mot de clôture, invité les participants à se mettre tous en ordre de bataille autour de la nouvelle dynamique politique qui les oblige à redonner au projet politique du parti sa dimension d’espérance , sa capacité d’anticipation et d’entraînement, son poids d’idéal démocratique, sans lesquels les valeurs s’affadissent et les principes se délitent dans la routine. Il leur a ensuite demandé de rester constants dans le refus des illusions et dans la revendication de la noblesse de la bonne gouvernance pour améliorer le vécu quotidien des concitoyens.

Dans leurs résolutions, ils appellent le président de la République à favoriser le retour de leur président national au pays. S’agissant de l’état de la nation, ils recommandent au chef de l’Etat d’assurer, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des institutions ; au gouvernement, d’assumer pleinement et effectivement son rôle dans la définition et la conduite de la politique de la Nation, en rencontrant en premier lieu les attentes légitimes du peuple congolais ; aux députés et sénateurs , alliés et indépendants du MLC, à initier, dès septembre 2007, des propositions de lois pour susciter un nouvel élan dans les domaines essentiels de la vie nationale.

Statuant sur les élections, les participants conviennent d’assurer une meilleure préparation à la participation aux élections locales, municipales et urbaines ; de recommander aux députés et sénateurs de contribuer à l’éclosion d’une législation de qualité sur les lois portant sur l’organisation et fonctionnement de la CENI, le financement des partis politiques, la mise à jour du fichier électoral et le recensement des électeurs, le découpage électoral ; de recommander à leurs parlementaires d’amorcer la campagne d’identification defuturs candidats aux élections locales, municipales et urbaines en vue de leur préparation quant à ce prochain rendez-vous électoral.

Message du président du MLC

Au moment de clôturer les travaux de la .convention politique des élus et cadres du MLC, je tiens à saluer l’ampleur du travail que vous avez abattu, et l’abnégation qui vous a tous animée durant les trois jours de travaux. Bien qu’absent, de cœur et d’esprit j’étais avec vous. Il m’a été rapporté, la détermination qui s’est unanimement dégagé de chacun de vous, cela me rassure définitivement quant à la persistance de la ferveur militante qui nous aidera à surmonter tous ensemble les embûches et autres difficultés liées aux pratiques politiques de notre pays.

J’ai pris connaissance des résolutions ayant sanctionné ces travaux. Je tiens à vous rassurer que, pour ma part, désormais, les propositions organisationnelles que vous avez formulées sont une étape nécessaire dans la mutation de nos structures, et les orientations politiques que vous avez définies sont un vrai guide de direction de notre Parti.

S’agissant du constat plus qu’accablant que vous faites sur l’état de la Nation, je voudrais vous rassurer de ma détermination à poursuivre avec vous/notre exaltant combat républicain dont la finalité est le bien être de nos populations. Pour atteindre cet objectif, je voudrais ici, vous réitérer mon appel solennel à la cohésion et à l’unité.

Avec Dieu nous vaincrons.

Fait à Faro, le 22 juillet 2007

Jean-Pierre BEMBA

Déclaration politique

L’an 2007, du 20 au 22 juillet, s’est tenue à Kinshasa la Convention politique du MLC, réunissant Députés, Sénateurs et Hauts cadres du parti, autour du thème «L’AN 1 DE LA DEMOCRATIE: ETAT DE LA NATION-EVALUATION DU PARTI».

Après avoir examiné la situation générale du pays, évalué les activités du Parti et le processus électoral, les participants déclarent ce qui suit:

1. Engagement de principes

Les participants à la Convention réaffirment l’engagement du MLC à œuvrer, au sein des Institutions de la République, dans le cadre d’une opposition républicaine et constructive, basée sur la reconnaissance des Institutions et de ses animateurs issus des élections.

A cet effet, les participants s’associent à la déclaration de principes faite le 13 juillet 2007 par le Président National du MLC, le Sénateur Jean-Pierre BEMBA, d’œuvrer également dans ce cadre.

II. Etat de la Nation, évaluation des activités du parti et du processus électoral

A. Etat de la Nation

A l’analyse du fonctionnement des Institutions de la République, les participants à la Convention relèvent des graves dysfonctionnements qui tendent à remettre en cause l’équilibre du régime constitutionnel par la présidentialisation rampante du régime et la remise en cause des dispositions constitutionnelles relative aux Institutions provinciales, le tout conduisant à l’émergence des structures parallèles et des acteurs agissant sans qualité. De même, le Gouvernement brille par son incapacité à répondre aux préoccupations et attentes de la population (eau potable, sécurité, emplois, transports, santé). Le Gouvernement est absent face aux défis urgents et crises qui secouent la République (insécurité et graves violations des droits de l’homme à l’Est, remise en cause de l’intégrité du territoire, notamment dans le Bandundu).

Le manque de vision dans la réforme de l’Etat (Justice, décentralisation et services publics) amène le Gouvernement à des réponses inappropriées, parfois contradictoires face aux problèmes de sécurité, des droits de l’homme, et de dialogue démocratique au sein des Institutions. Le musèlement des opposants et les atteintes à la liberté d’opinion et d’expression notamment dans la presse, tels que décriés par le rapport de INTERNATIONAL CRISIS GROUP et la Déclaration de la Conférence des Evêques.

L’inefficacité du contrôle parlementaire et la faiblesse de la production législative ont réduit le Parlement en un instrument au service de la majorité.

Dans ce contexte, la République Démocratique du Congo couve une catastrophe sécuritaire et humanitaire aux conséquences incalculables en dépit des élections tenues.

De ce qui précède, les participants à la Convention demandent, d’abord au Président de la République d’assurer, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des Institutions, et ensuite au Gouvernement, de définir clairement et de conduire effectivement la politique de la Nation, notamment dans les domaines des réformes essentielles, de la gestion de la sécurité à l’Est et de l’amélioration de la condition des droits de l’homme.

Les Députés et Sénateurs du MLC et Alliés prennent l’engagement, dés la rentrée, d’user du contrôle parlementaire et des sanctions constitutionnelles contre l’Exécutif, si rien ne change dans son fonctionnement, notamment à l’occasion de la présentation du collectif budgétaire promis par le Gouvernement à la session de septembre 2007 et le projet du budget 2008.

B. Activités du parti

Les participants ont procédé à la critique sans concession du Parti et relevé les problèmes liés aux pratiques c1ientélistes, à la mauvaise gestion des ressources et des ambitions, à la forte concentration des pouvoirs par les organes centraux au détriment des organes locaux, qui réduisent la capacité de mobilisation et l’efficacité du parti dans le pays.

Après avoir rappelé les 4 mutations du MLC : mouvement insurrectionnel, mouvement politico militaire, parti politique post conflit, et enfin parti politique d’opposition post électoral, les participants recommandent une plus forte démocratisation, la restructuration et la décentralisation du fonctionnement du parti, ainsi que la mise en œuvre d’une politique transparente de gestion des hommes et de leurs ambitions, fondée sur le dialogue et le respect mutuel.

A cet effet, les participants recommandent fortement la convocation et la tenue rapide des assises du Conseil des Représentants, pour sanctionner les recommandations des présentes assises.

C. Elections et processus électoral

Après avoir analysé les résultats des élections générales de 2006 et les causes de certaines contreperformances électorales, les participants ont noté que le MLC a été au 2ème tour de J’élection présidentielle-.ta recueilli un nombre de sièges à l’Assemblée nationale, au Sénat et dans les Assemblées provinciales. Ces éléments font du MLC la deuxième force politique du pays et la première de l’opposition institutionnelle.

Le MLC réaffirme la pertinence de son projet politique et la richesse humaine de son organisation pour redresser la ROC. Le MLC s’inscrit donc résolument dans la conquête démocratique du pouvoir lors des prochains scrutins locaux, municipaux et urbains ainsi que des échéances de 2011 à tous les niveaux.

S’appuyant sur une nouvelle organisation et en actualisant son projet politique, le MLC entend baliser les voies de l’avenir en veillant à la régularité, à la transparence et à la liberté des futurs scrutins.

A cet effet, dès la rentrée parlementaire, les Députés et Sénateurs du MLC et Alliés s’engagent à contribuer à l’adoption d’un bon arsenal législatif comportant la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI, la loi sur le financement des activités politiques et des campagnes électorales, la loi sur la mise à jour du fichier électoral et la révision de la loi électorale pour assurer un meilleur fonctionnement du système proportionnel.

Fait à Kinshasa, le 22 juillet 2007

Pour les Participants, François MUAMBA Secrétaire Général.

18 juillet 2007

Les précisions de Jean-Pierre Bemba (Le Potentiel)

 Dans une mise au point au journal Le Potentiel à la suite de la publication de l’article : « Bemba menace de rejoindre Nkunda », le président national du MLC a apporté des précisions sur ses intentions. Il réitère « sa volonté de continuer à lutter par des moyens politiques et pacifiques à la consolidation de cette démocratie naissante en République démocratique du Congo ». Le Potentiel ne peut que se réjouir de cette précision qui, nous en sommes certains, mettrait fin à toute spéculation et rumeur.

 Il est un fait que nul ne peut empêcher un quelconque organe de presse de lire à travers les lignes et d’interpréter certains propos sans intention de nuire à qui que ce soit. Tel a été le cas pour autant qu’il s’est agi d’un recoupement d’informations. Pour preuve, dans la chute de cet article, Le Potentiel s’est empressé de relever le point de vue des observateurs qui n’ont pas manqué de souligner le caractère « nationaliste » de Jean-Pierre Bemba, et qu’il ne tomberait pas dans le piège des forces centrifuges ». Le Potentiel ne peut que se réjouir de ces précisions du sénateur Jean-Pierre Bemba, somme toute importantes. Car, n’eut été cette démarche du journal Le Potentiel de pousser certaines personnalités à quitter le sentier sinueux des « propos diplomatiques », l’on n’aurait pas apporté ces précisions qui apportent un souffle nouveau au processus démocratique. Au demeurant, il ne reste plus qu’à souhaiter que les règles du jeu soient respectées dans un élan national empreint de franchise et de sincérité. Pour que plus jamais des personnalités étrangères n’interférent dans les négociations politiques intercongolaises.

Mise au point

C’est avec consternation que M. Jean-Pierre Bemba Gombo, Sénateur et Président national du Mouvement de Libération du Congo (MLC), a lu votre article intitulé « Bemba menace de rejoindre Nkunda» en rapport avec l’entretien qu’il a eu avec le Commissaire européen en charge du Développement et à l’Aide humanitaire, M. Louis Michel, paru dans votre livraison n° 4073 du mardi 17 juillet 2007.

Le Sénateur Jean-Pierre Bemba est d’autant plus stupéfait que le journal Le Potentiel, réputé pour son caractère sérieux, se lance dans des supputations sans fondement en lui faisant un procès d’intentions, alors que la rencontre avec le Commissaire européen a été sanctionnée par un communiqué de presse produit par les services de ce dernier.

Dans ce communiqué, dont copie en annexe, le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo a dit clairement reconnaître les institutions en place et ceux qui les représentent et a manifesté son souhait de rentrer le plus tôt possible au pays, dès que les conditions de sa sécurité seront réunies, pour exercer son mandat parlementaire dans un esprit de contribution positive au redressement politique, économique, social et humain de son pays. Nulle part, il n’a brandi une quelconque menace envers et contre quiconque et ne s’est engagé dans un dessein funeste pour le pays.

Cela étant, le sénateur Jean-Pierre Bemba me charge de faire les points suivants:

1. Ayant lutté pendant des années pour l’avènement de la démocratie, il réitère sa volonté de continuer à lutter par des moyens politiques et pacifiques à la consolidation de cette démocratie naissante en République démocratique du Congo;

2. Cet état d’esprit a été confirmé dans ses interventions antérieures comme lors du dernier entretien avec le Commissaire européen Louis Michel.

Conformément à la loi qui régit la presse, j’ose croire que cette mise au point sera publiée dans le délai et dans les mêmes conditions que l’article à sa base.

Fait à Kinshasa, le 17 juillet 2007

FIDELE BABALA WANDU

Communiqué de presse de la Commission européenne

Louis Michel a rencontré Jean-Pierre Bemba à Faro, Portugal, et se rendra prochainement en RDC.

Les entretiens du Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, Louis Michel, et M. Jean-Pierre Bemba ont porté sur l’avenir de la RDC, sur1a situation politique, sur les relations entre l’opposition, la majorité et sur la situation personnelle de M. Bemba.

Lors de la rencontre, M. Bemba a réitéré sa volonté de servir son pays en respectant scrupuleusement l’esprit et la lettre des institutions démocratiques et de la Constitution.

A l’issue de la rencontre, le Commissaire Michel a déclaré:

«M. Bemba reconnaît la légitimité de ces institutions et de ceux qui les représentent. II s’est engagé à conduire son action politique en dehors de toute démarche armée. De plus, il entend reconnaître à la majorité présidentielle «le bénéfice du doute» et laisser le temps opératoire nécessaire à la mise en oeuvre du projet de la majorité.

«C’est ainsi qu’il s’abstiendra de toute action ou démarche ou déclaration pouvant induire une volonté de déstabilisation. II souhaite rentrer dans son pays dès que les conditions de sa sécurité seront garanties, son intention est d’exercer son mandat parlementaire dans un esprit de contribution positive au redressement politique, économique, social et humain de son pays en tant que chef de l’opposition démocratique.

«II entend s’investir de manière honnête et loyale dans une réflexion sur l’avenir du Congo. Il entamera dans les semaines et les mois qui viennent la définition d’un projet et d’un programme politique devant conduire à des propositions ambitieuses, réalistes et faisables sur les conditions d’une reprise économique et sur la réalisation d’un projet éducatif performant.

«II entend aussi approfondir les solutions nécessaires à la réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire, qu’il considère comme prioritaires dans sa vision d’un Congo moderne, qui inclue des thèmes comme légalité homme-femme, la cohésion sociale par le dialogue entre partenaires, la décentralisation, la mobilisation de la diaspora et l’émergence d’une société civile participative et dynamique et la nécessaire réforme du système de sécurité (Justice, Armée, Police). II entend également apporter son engagement sans a priori à l’unité du pays et à une politique extérieure de bon voisinage.»

La mission du Commissaire Michel a eu lieu en concertation avec la Présidence Portugaise de l’Union européenne et le Haut Représentant de l’UE, M. Javier Solana.

Le Commissaire Michel s’est déclaré «particulièrement heureux de cet engagement constructif’.

Suite à cette rencontre, il se rendra le 16 et 17 juillet à Kinshasa pour s’entretenir avec le Président de la RDC, Joseph Kabila.

16 juillet 2007

PPRD : Kamhere lave les linges sales…en public

L’hebdomadaire parisien « Jeune Afrique » consacre la couverture de son édition n°2426 au président de l’Assemblée nationale congolaise, le PPRD Vital Kamerhe. Sous forme de publi-reportage, le secrétaire général du parti présidentiel règle, via ce magazine, quelques comptes avec le « clan des Katangais » de l’entourage présidentiel. « Vital » se présente en homme affranchi tout en clamant sa loyauté envers Joseph Kabila. Les kabilistes purs et durs apprécieront cet article aux révélations décapantes.

Kinshasa. Correspondance particulière.

Joseph Kabila occupait la couverture de « Jeune Afrique » n°2424. Pendant que les Congolais ergotaient sur le coût de cette opération de marketing politico-diplomatique, le magazine parisien récidive. Qui est sur la couverture du numéro suivant? Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale et secrétaire général du parti présidentiel, le PPRD. L’article porte la signature de François Soudan. Celui-ci a manifestement été « tuyauté » à bonne source. Sous le titre : « RD Congo : Jusqu’où ira Kamerhe ? », le magazine parisien donne un éclairage inattendu – grâce aux témoignages d’un membre éminent de la majorité au pouvoir - sur le passé, le présent et l’avenir des institutions politiques congolaises. A l’image de son modèle Nicolas Sarkozy face à Jacques Chirac et sa bande de l’UMP, Kamerhe adopte la meilleure défense. C’est-à-dire l’attaque. Il affiche clairement ses ambitions. Il affronte publiquement ses détracteurs tapis au sein du « clan des Katangais » qui entoure Joseph Kabila. Il clame son « autonomie ». A en croire Soudan, la « visibilité médiatique » acquise par Vital inquiète le « clan ».

Homme d’Etat

Selon des propos attribués à un ambassadeur d’un pays européen, Kamhere - qui estime ne devoir à personne son élection à la présidence du Bureau de la Chambre basse - est un «homme d’Etat ». Le diplomate d’ajouter : « Il s’est affranchi, autonomisé, on sent qu’il veut voler de ses propres ailes ; mais a-t-il vraiment conscience du rapport des forces ? ». « Hostile au règlement par la force des irréductibles de l’Est, Vital est également bien vu du côté de la Monuc, plutôt en froid ces derniers jours avec le pouvoir ». Suivez mon regard…Il semble que l’homme a conscience d’avoir « quelques solides ennemis », civils et militaires, au sein de l’entourage présidentiel. On peut gager que cet article ne pourrait que raviver la méfiance ambiante. Dans ce « papier », François Soudan, livre au moins deux révélations. Des révélations livrées par Vital ?
Primo : Kamerhe avait mal digéré le statut de « candidat indépendant » opté par Kabila. Secundo : en juillet 2006, le grand meeting de clôture de la campagne électorale prévu par Kabila menace de « tourner au fiasco ». Olive Lembe Kabila lance quasiment un SOS : « Aide-nous Vital, cela se présente mal ». « Kamerhe sillonne les quartiers populaires de Kinshasa avec « sa mallette à billets de banques » lui remise par la première dame Olive Kabange. Il réussit à rameuter la population », peut-on lire. En parcourrant le publi-reportage réalisé par Jeune Afrique, plusieurs interrogations hantent le lecteur sur les motivations profondes de Kamerhe. Il y a comme un air de déjà vu.

Kabila tenu par la barbichette

On se souvient du bras de fer entre Olivier Kamitatu et Jean Pierre Bemba. Même si les conditions d’accession et les garanties des fonctions ne sont pas les mêmes, la similitude, à certains égards, mérite d’être invoquée. Soupçonné et redouté par Bemba et son entourage politique - en raison de l’aura acquis à l’Assemblée nationale, Kamitatu a fini par être défénestré du perchoir au nom de la logique des composantes. La comparaison s’arrête là. Contrairement à Kamitatu, Joseph n’a aucune prérogative constitutionnelle pour inquiéter Vital dans son statut de député et dans ses fonctions de président de la Chambre basse. Sauf rebondissement exceptionnel, c’est Kamerhe qui tient Kabila par la barbichette. La mauvaise gestion des ambitions au sein de l’AMP (Alliance pour la majorité présidentielle) et la logique militariste de Joseph offrent au président de la représentation nationale la possibilité de retourner la majorité en sa faveur. Il est de notoriété publique que Joseph est désavoué à l’Est du pays. L’Evêque de Bukavu l’a dit. Les députés originaires du « Kivu Holding » l’ont dit également. La population regrette de l’avoir élu. La sécurité promise ne pointe pas à l’horizon. Laurent NKunda a le contrôle de la situation et a rallié à son aventure les Nande par le général Kakolele, les Mai-mai aussi. On entend de plus en plus en privée des propos du genre « Kabila n’est plus l’homme de la situation ». Vital le sait.

Kivu Holding

Par ses déclarations, vital ne fait-il pas un clin d’oeil clair à son fief du Kivu Holding ? Les élections n’ayant pas produit les changements qualitatifs escomptés, Kamerhe voudrait-il se positionner en recours éventuel ? Il faut espérer que Vital fera amende honorable à l’égard de la République et des Congolais au sujet de son opuscule « Pourquoi, j’ai choisi Kabila ». Un ouvrage passablement hagiographique.
Une chose semble sûre : Vital Kamerhe et Joseph Kabila ne regardent plus dans la même direction. La survie politique de l’un passe désormais par la disqualification de l’autre. Il reste à savoir si Kamerhe ira-t-il jusqu’à accepter dans des conditions actuelles le poste de premier ministre. En tous cas, il a désormais le dos au mur. Il ne doit plus reculer. Il doit choisir le camp du peuple où périr dans le déshonneur. L’heure de vérité a sonné entre lui et Kabila.

J. Bahati Musikami
Analyste

11 juillet 2007

Dos Santos chasse les Congolais, Kabila se réjouit de « bonnes relations » entre les deux pays

L’expulsion de plusieurs milliers de ressortissants congolais n’a pas sorti les gouvernants congolais de leur impassibilité. En dépit de plusieurs expulsions de ses concitoyens de l’Angola, Joseph Kabila continue à se féliciter de bonnes relations existant entre lui et son homologue angolais, devenu plus qu’un « parrain ». Un protecteur.

Une fois de plus plusieurs milliers de citoyens congolais ont été expulsés, sans ménagement, le week-end du 6 juillet des régions diamantifères de la République populaire d’Angola. Nul ne peut décemment contester à l’Etat angolais d’exercer la compétence exclusive sur son territoire. Un bémol cependant. Interrogés par la radio Okapi, à leur arrivée aux postes frontières de Dilolo (Katanga) et de Mwene Ditu (Kasaï oriental), plusieurs refoulés congolais portaient de traces de sévices corporelles. Ils ont affirmé avoir subi de « mauvais traitements » avant d’être dépouillés de leurs biens par les forces de sécurité angolaises. Il se pose dès lors un devoir d’assistance à une population en danger. Les autorités provinciales à Lubumbashi ou à Mbuji-Mayi n’ont fait aucune déclaration. Pas un mot de protestation. Le vice-gouverneur Yav Tshibal, joint à Lubumbashi, s’est contenté de déclaré à l’AFP que les refoulés « étaient des milliers ». A Kinshasa, le gouvernement du Premier Antoine Gizenga se tait comme à son habitude. On l’a vu dans l’affaire Bundu Dia Kongo. Il en a été de même dans le dossier Kahemba examiné au demeurant à huis clos par les « élus du peuple » à l’Assemblée nationale. Le « Premier » Gizenga s’est dérobé également lors des affrontements des 22 et 23 mars derniers entre les membres de la garde présidentielle et les soldats attachés à la sécurité de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba. Joseph Kabila, lui, fait mieux.

Bonnes relations

Dans l’interview qu’il a accordée à l’hebdomadaire « Jeune Afrique » n°2424, daté 24-30 juin 2007, Kabila fait l’éloge de l’excellence des rapports qui existeraient entre Kinshasa et Luanda. « (…). Nous avons de très bonnes relations avec les autorités de Luanda ». Très bonnes ? Joseph répondait à une question sur l’occupation, par l’Angola, de plusieurs villages du territoire de Kahemba dans la province du Bandundu. Selon lui, pour les raisons citées précédemment, ce différend frontalier ne pourrait « absolument pas » dégénérer en un conflit ouvert. Ce que le numéro un Congolais ne dit pas ce que ce discours autant mou que diplomatiquement correct découle du fait que son pouvoir est assis sur un siège éjectable dont le bouton se trouve au palais présidentiel angolais. Boutade ? Nullement. Depuis la « libération » du 17 mai 1997 ayant porté LD Kabila au pouvoir, le régime angolais de José Edouardo Dos Santos traite les dirigeants du « Grand Congo » avec la plus grande condescendance. Pour causes ? La force aérienne angolaise dû intervenir en mai 1997 pour permettre aux « libérateurs », composés essentiellement des soldats rwandais et ougandais, de faire sauter le verrou de Kenge et ouvrir le chemin de Kinshasa. En août 1998, les forces armées angolaises, encore elles, ont mis en déroute, dans la province du Bas-Congo, un commando conduit par le général rwandais James Kabarebe dont l’objectif était d’évincer L-D. Kabila. Ainsi faire payer à celui-ci son « ingratitude » suite à la rupture avec ses ex-parrains rwandais et ougandais. Depuis cette dernière intervention, les dirigeants congolais –Joseph Kabila, en tête - sont devenus débiteurs, à l’égard de l’homme fort de Luanda, de leur survie politique.

Acte hostile et inamical

Cette dépendance politico-militaire a pris des dimensions préoccupantes depuis l’élection présidentielle de 2006. La veille du second tour, tenu le 29 octobre dernier, Joseph a fait un saut dans la capitale angolaise. Quel était le but du voyage ? La réponse est venue la veille du scrutin par le déploiement des policiers angolais sur tous les points stratégiques de la capitale congolaise. La « communauté internationale », prompte à donner des leçons en matière d’élections « libres et transparentes », a brillé par un mutisme complice. Lors des affrontements des 22 et 23 mars, un contingent de l’armée angolaise est venue à Kinshasa pour épauler les éléments de la garde de Kabila. Tous les observateurs s’accordent à reconnaître que Joseph n’a pu sauver son fauteuil que grâce au précieux concours de Dos Santos. Les hommes de Bemba ont été battus par des soldats aguerris, bien entraînés et bien équipés. L’information relative à la participation angolaise aux combats a été diffusée par l’AFP citant des témoins à l’aéroport de Ndjili. Joseph continue à nier cette évidence. De bonnes sources, on apprend que les diplomates angolais confient en privée que toute volonté congolaise de porter l’affaire Kahemba devant la Cour internationale de justice serait perçue comme « un acte hostile et inamical ». Est-ce pour cette raison que le ministre des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamuisi, soutient le contraire de ce qu’il affirmait par rapport à son collègue en charge du ministère de l’Intérieur ? Rappelons que depuis 2004, pas moins de 300.000 citoyens de la RD Congo ont été expulsés des provinces minières d’Angola. Kabila, lui, continue à clamer : les relations entre Kinshasa et Luanda sont excellentes. Pour qui ?

B. Amba Wetshi

09 juillet 2007

Hit parade des chefs d'Etas Africains,Kabila classé dernier de la classe

Une agence africaine de sondage et d'étude d'opinion publique vient de rendre publique un sondage sur la popularité des chefs d'états de la région des grands lacs. L'agence African Political Consulting (APC) basée en Afrique du Sud et qui a des multiples représentations en RDC, au Burundi, au Rwanda et au Kenya, s'est spécialisée dans le sondage d'opinion, et a fait preuve d'impartialité et de professionnalisme ces dix dernières années.
Inactivisme du gouvernement et conseillers incompétents
Dans sa publication datée du 03 Juin dernier, APC affirme que presque tous les présidents des pays de la région des grands lacs jouissent d'une popularité relative dans leurs pays respectifs malgré la misère, l'accroissement du taux de pauvreté et les conflits armes qui font des conséquences socio -sanitaires et environnementales.
 
Si la cote de MUSEVENI et KAGAME s'est sensiblement améliorée ces deux derniers mois dans leurs pays respectifs, Joseph KABILA, lui, devient de plus en plus impopulaire dans son pays, la RDC. L'agence africaine de sondage souligne que l'impopularité de Joseph KABILA est due a > du gouvernement, la mise en place par Kabila d'un gouvernement parallèle compose de membres de son cabinet et ses nombreux conseillers qui jouent le rôle des membres du gouvernement.
APC donne l'exemple de SHE OKITUNDU, ancien directeur du cabinet présidentiel et candidat malheureux a la présidence du Bureau de la Chambre haute, qui a représenté le président Kabila aux assises des Forces vives africaines qui se sont tenues a Tripoli en Libye, le 20 et 21 Juin, et qui avait pour thème la formation d'un gouvernement unique pour les Etats d'Afrique. Une matière qui relève du ministre en charge des relations extérieures.
 
 Le conseiller politique du Chef de l'Etat congolais, Mr Marcellin CISHAMBO est même cite par l'agence, pour avoir participe a des missions qui ne relève pas de sa compétence. Il est même précisé que c'est ce grand Monsieur originaire du Kivu qui induit politiquement en erreur le président élu de la RDC, selon les personnes sondées.
Le KIVU a vomi Kabila
L'agence africaine de sondage et d'étude d'opinion publique AFRICAN POLITICAL CONSULTING donne cependant la grande raison de la baisse du taux de popularité de Joseph KABILA: Les populations du Kivu se sentent abandonnées par celui en qui ils ont place leur confiance aux élections présidentielles. A BUKAVU comme à GOMA, deux grandes villes de l'Est précédemment acquises à la cause du chef de l'Etat, la colère est visible. L'insécurité grandissante est à la base de cette colère qui fait que certains maudissent le jour ou ils ont mis leur bulletin de vote dans l'urne. APC affirme dans son rapport de sondage que la population de Bukavu particulièrement, est convaincue que Kabila les a trompé en disant qu'il viendrait résider a Bukavu avec son état major militaire pour lutter contre les interahamwe et les milices qui sevissent, ravagent et tracassent les populations des villages environnants.
Les assassinats en pleine ville (en particulier celui du journaliste MAHESHE) ont beaucoup contribue a la haine grandissante contre le président KABILA. L'imposition de Mr CIBALONZA comme gouverneur de la province du Sud-Kivu par KABILA et l'incompétence de celui-là à résoudre les problèmes majeurs de l'heure, est un aspect non négligeable dans cette chute libre de confiance.
Vital KAMERHE, l'homme le plus populaire du Kivu il y a une année, est devenu l'homme à abattre. APC affirme dans son rapport que les étudiants de BUKAVU sondés affirment être prêts à lapider le proche ami de Kabila si par malheur il prévoyait faire une descente publique dans la ville natale. Il est accusé de n'avoir rien fait pour ces populations qui ont accepté l'humiliation des populations de l'Ouest, et qui n'ont pas dormi nuit et jour pour l'avènement de Joseph KABILA à la tête du grand pays d'Afrique.
Une baisse honteuse
Il est donc normal que le taux de popularité de KABILA baisse sensiblement en RDC lorsqu'il a sensiblement diminué au Kivu ou il était tant soutenu, affirme l'agence de sondage. Le taux de popularité de KABILA a été évalué par APC a 56,7% a la fin des élections présidentielles, 64,9% a la nomination de Gizenga comme premier ministre, 54% après les événements de Kinshasa qui ont mis en déroute la milice de l'ancien vice président BEMBA, 46% au lendemain des différents rapports lies a l'affaire >. 31,5% après le massacre de KANIOLA et la lettre -missile de l'Archevêque de BUKAVU, Mgr MAROY, lettre remise à son Excellence Bernard PREVOST, Ambassadeur de France a Kinshasa, et traduite dans 30 grandes langues internationales. Cette lettre qui a été lue par des millions d'internautes dans le monde entier, dénonce le spectre d'une nouvelle guerre au Kivu et le silence complice du chef de l'Etat Joseph KABILA.
Au 30 Juin 2007, le taux de popularité de Joseph KABILA est descendu jusqu'a atteindre 22%, souligne African Political Consulting. Les plus déçus sont les hommes dont l'age varie entre 21 et 41 ans, vivant principalement dans les grandes villes de l'Est. Dans la catégorie > se retrouve la diaspora congolaise originaire de l'Est. Celle-ci est devenue la risée même des compatriotes originaires de l'Ouest, dirigés par Honore NGWANDA, l'homme bouillant qui affiche une haine personnelle contre le Président KABILA et qui n'a jamais pardonné feu Laurent Desire KABILA d'avoir mis en déroute le dictateur MOBUTU et ses acolytes.
Ultimatum au president KABILA
Loin de se mettre à la suite de APARECO et des < Bana Congo >> deux mouvement extrémistes qui combattent le président élu Joseph KABILA, les originaires du Kivu eux ont décidé de mener des actions devant amener le gouvernement de la RDC à des actions concrètes pour la paix durable et la sécurité dans le Kivu. Dans une suite des réunions secrètes tenues à Bruxelles, à Londres, à Copenhague et au Canada du 28 Juin au 2 Juillet 2007, les représentants de cette diaspora se sont dits solidaires avec les populations abandonnées du Kivu. Ils ont donné un ultimatum de 20 jours au président KABILA afin qu'il se prononce officiellement et publiquement sur la situation sécuritaire au Kivu, qu'il annonce les mesures prises en conséquence, et que les signes d'un début d'exécution de ces mesures soient visibles et concrets. Si a la fin de cet ultimatum qui expire le 23 Juillet 2007, rien n'est fait par Kabila, la diaspora congolaise originaire de Kivu entrevoit des mesures drastiques allant de la sensibilisation généralisée contre le president KABILA et son gouvernement jusqu'à la revolte populaire des populations du KIVU. Déjà le compte à rebours a commence et 18 jours nous séparent de la date magique des < Kivutiens >>. Est-ce la raison pour laquelle Kabila tient à refaire la composition de son cabinet dès la semaine prochaine? Cette mesure suffit-t-elle pour ramener la paix au Kivu ? Wait and see !
Genève, 05 Juillet 2007
Observatoire congolais pour la Justice et les droits des peuples
Leon Tchitende MABIKA
Président du Conseil d'Administration

02 juillet 2007

BEMBA REPOND A KABILA

Je me pose la question de savoir si le Congo s’achemine réellement vers un Etat démocratie ou assiste-t-on à l’installation d’une autre forme de régime», s’est-il interrogé




Bemba répond à Kabila :
« Nous n’avons pas pris les armes hier de gaieté de cœur. Le Congo a aujourd’hui besoin de paix et non de guerre »


J.P. Bemba lors de sa prestation sur la RTBF

Dans une interview accordée à la télévision publique belge francophone (RTBF), depuis le Portugal, Jean-Pierre Bemba réaffirme son vif désir de rentrer à Kinshasa, moyennant toutefois des garanties de sécurité tant pour lui-même que pour l’ensemble des membres de l’opposition. Il tire par ailleurs la sonnette d’alarme sur la « dérive dictatoriale » en RD Congo.
Modéré. Posé. Combatif. Ces épithètes semblent résumer l’image que l’ancien vice-président et sénateur élu Jean-Pierre Bemba Gombo a donné tout au long de l’entretien qu’il a eu avec le journaliste Philippe Lamair de la RTBF. Le document a été diffusé au cours du journal télévisé de vendredi 29 juin. Le leader du MLC a pris du poids. Au sens propre. Parti de Kinshasa le 11 avril dernier à destination de Lisbonne avec femme et enfants, « Jean-Pierre » avait pris l’étrange engagement auprès de son adversaire politique Joseph Kabila – sous la facilitation de la communauté internationale - de ne faire aucune déclaration politique durant son « exil médical » au Portugal. Durant deux mois et une vingtaine de jours, le chef de l’opposition congolaise s’est astreint à une sorte de « mort politique ». Comment ne pas le dire ainsi quand on sait que les gouvernants sont jugés sur base de leur action. Les opposants, eux, sont évalués à travers leur discours. La sortie médiatique de Bemba était à la fois souhaitée et attendue. Pour cause, dans une interview accordée à l’hebdomadaire « Jeune Afrique » n°2424, daté du 24-30 juin 2007, Joseph Kabila a dit haut et clair sa volonté de traduire en justice son ex-challenger auquel il impute des faits gravissimes. A savoir d’avoir voulu non seulement faire un coup d’Etat mais aussi d’attenter à sa vie. « En tant que chef de l’Etat, je n’en fais pas une affaire personnelle. Mais il faut que la justice passe », a déclaré « Joseph ».

Etat démocratique ou dictature ?

Bemba y voit une volonté, pour le pouvoir, de museler toute forme d’opposition. Il relève au passage l’insécurité dans laquelle évoluent les membres de l’opposition. « Je me pose la question de savoir si le Congo s’achemine réellement vers un Etat démocratie ou assiste-t-on à l’installation d’une autre forme de régime», s’est-il interrogé. « Vous voulez dire, une dictature ? », relance le journaliste. « Si ce n’est pas une démocratie, ça ne peut être qu’une dictature », réagit-il. Lamair de revenir à la charge. Y a-t-il des prémisses qui lui font craindre que... « Il y a d’abord l’absence de la liberté d’opinion, d’expression et d’aller et de venir. Il y a ensuite l’insécurité dans laquelle évolue l’ensemble des membres de l’opposition. Je me pose des questions ». Quand compte-t-il rentrer à Kinshasa ? « J’aimerais rentrer le plus tôt possible. A la condition que l’opposition jouisse des garanties de fonctionner dans un espace politique. Si ces garanties sont réalisées, il ne se posera aucun problème pour mon retour ». Va-t-il reprendre les armes au cas où il lui serait impossible, dans les jours à venir, de jouer son rôle d’opposant dans un système démocratique ? « Nous n’avons pas pris les armes de gaieté de cœur. Le recours aux armes a été l’ultime solution. Après les efforts consentis par les Congolais et la communauté internationale, il me paraît impensable de relancer une lutte armée. Je crois que le pays a aujourd’hui besoin de paix et non de guerre ».

La démocratie

Considère-t-il Joseph Kabila comme un ennemi, un adversaire politique ou un partenaire pour redresser le pays ? « J’ai travaillé avec le président Kabila, en tant que vice-président de la République, pendant trois ans.
Dans une démocratie, il est le chef de l’Etat et nous appartenons à l’opposition. Le pays ne peut pas fonctionner avec l’un sans l’autre. Dans un système démocratique, je souhaiterais simplement, en tant qu’adversaire politique, qu’on puisse, dans l’observation des règles du jeu, respecter les uns et les autres. Je crois que dans le respect mutuel, nous pourrons arriver à construire – non pas pour le bien de Jean-Pierre Bemba ou de Joseph Kabila – pour l e bien de la population congolaise. C’est le plus important ». Il y a sept mois, il était inimaginable que le premier média public de la Belgique francophone accorde quelques minutes d’antenne en « prime time » à Jean-Pierre. « On veut me diaboliser », avait déclaré celui-ci dans un entretien avec le quotidien bruxellois « Le Soir » daté 27 juin 2006. Sans vouloir tirer des conclusions hâtives, il apparaît que l’état de grâce dont jouissait Kabila au lendemain de sa prestation de serment est désormais finie tant au niveau de l’opinion congolaise que de la communauté internationale. Dans les milieux diplomatiques occidentaux à Kinshasa, Joseph passe désormais pour un dirigeant devenu « fou » après sa « victoire ». Arrogant et cassant, l’homme est devenu, dit-on, inaccessible au téléphone même pour ceux qui l’ont fait roi.

Missions régaliennes

Selon des sources, l’ambassadeur belge en RD Congo, le chrétien démocrate flamand Johan Swinnen, attendrait désespérément d’être reçu par le « président élu ». Le diplomate aurait introduit sa demande d’audience vers …mi-décembre 2006. Dans l’entretien avec « Jeune Afrique », Kabila s’est montré particulièrement « talentueux » dans l’art de se tirer des balles dans les pieds en s’en prenant à la Banque mondiale, au Fonds monétaire international ainsi qu’à la Mission de l’ONU au Congo. S’agissant de la Mission onusienne, il a eu ces mots : « La Monuc joue un rôle essentiel. Mais elle doit être beaucoup plus efficace. Quand on voit ce qui se passe à l’Est du pays, où sont concentrées 80% de ses forces, on se pose mille et une questions. Si la Monuc ne devient pas plus active, si elle n’obtient pas de meilleurs résultats sur le terrain, si le Conseil de sécurité ne lui donne pas des instructions en ce sens, sa présence même n’aura plus peu à peu sa raison d’être. Déjà, les populations de l’Est se demandent parfois à quoi elle sert ». Dans une déclaration à la presse, mercredi 27 juin, le porte-parole de la Monuc, Kémal Saïki, a réagi énergiquement en rappelant que « la protection des populations civiles était de la responsabilité première du gouvernement congolais ». Ajoutant que « les casques bleus étaient prêts à assister l’armée, mais que les autorités congolaises devaient remplir leur devoir de protection vis-à-vis de la population ». L’initiative de la RTBF serait-elle un épiphénomène ou marque-t-elle le début d’une prise de conscience, par la "communauté internationale" , du danger que court la RD Congo de sombrer dans une « dictature kabiliste » après des années de « dictature mobutiste »?
B. Amba Wetshi

« Nous n’avons pas pris les armes hier de gaieté de cœur. Le Congo a aujourd’hui besoin de paix et non de guerre »


Dans une interview accordée à la télévision publique belge francophone (RTBF), depuis le Portugal, Jean-Pierre Bemba réaffirme son vif désir de rentrer à Kinshasa, moyennant toutefois des garanties de sécurité tant pour lui-même que pour l’ensemble des membres de l’opposition. Il tire par ailleurs la sonnette d’alarme sur la « dérive dictatoriale » en RD Congo.
Modéré. Posé. Combatif. Ces épithètes semblent résumer l’image que l’ancien vice-président et sénateur élu Jean-Pierre Bemba Gombo a donné tout au long de l’entretien qu’il a eu avec le journaliste Philippe Lamair de la RTBF. Le document a été diffusé au cours du journal télévisé de vendredi 29 juin. Le leader du MLC a pris du poids. Au sens propre. Parti de Kinshasa le 11 avril dernier à destination de Lisbonne avec femme et enfants, « Jean-Pierre » avait pris l’étrange engagement auprès de son adversaire politique Joseph Kabila – sous la facilitation de la communauté internationale - de ne faire aucune déclaration politique durant son « exil médical » au Portugal. Durant deux mois et une vingtaine de jours, le chef de l’opposition congolaise s’est astreint à une sorte de « mort politique ». Comment ne pas le dire ainsi quand on sait que les gouvernants sont jugés sur base de leur action. Les opposants, eux, sont évalués à travers leur discours. La sortie médiatique de Bemba était à la fois souhaitée et attendue. Pour cause, dans une interview accordée à l’hebdomadaire « Jeune Afrique » n°2424, daté du 24-30 juin 2007, Joseph Kabila a dit haut et clair sa volonté de traduire en justice son ex-challenger auquel il impute des faits gravissimes. A savoir d’avoir voulu non seulement faire un coup d’Etat mais aussi d’attenter à sa vie. « En tant que chef de l’Etat, je n’en fais pas une affaire personnelle. Mais il faut que la justice passe », a déclaré « Joseph ».

Etat démocratique ou dictature ?

Bemba y voit une volonté, pour le pouvoir, de museler toute forme d’opposition. Il relève au passage l’insécurité dans laquelle évoluent les membres de l’opposition. « Je me pose la question de savoir si le Congo s’achemine réellement vers un Etat démocratie ou assiste-t-on à l’installation d’une autre forme de régime», s’est-il interrogé. « Vous voulez dire, une dictature ? », relance le journaliste. « Si ce n’est pas une démocratie, ça ne peut être qu’une dictature », réagit-il. Lamair de revenir à la charge. Y a-t-il des prémisses qui lui font craindre que... « Il y a d’abord l’absence de la liberté d’opinion, d’expression et d’aller et de venir. Il y a ensuite l’insécurité dans laquelle évolue l’ensemble des membres de l’opposition. Je me pose des questions ». Quand compte-t-il rentrer à Kinshasa ? « J’aimerais rentrer le plus tôt possible. A la condition que l’opposition jouisse des garanties de fonctionner dans un espace politique. Si ces garanties sont réalisées, il ne se posera aucun problème pour mon retour ». Va-t-il reprendre les armes au cas où il lui serait impossible, dans les jours à venir, de jouer son rôle d’opposant dans un système démocratique ? « Nous n’avons pas pris les armes de gaieté de cœur. Le recours aux armes a été l’ultime solution. Après les efforts consentis par les Congolais et la communauté internationale, il me paraît impensable de relancer une lutte armée. Je crois que le pays a aujourd’hui besoin de paix et non de guerre ».

La démocratie

Considère-t-il Joseph Kabila comme un ennemi, un adversaire politique ou un partenaire pour redresser le pays ? « J’ai travaillé avec le président Kabila, en tant que vice-président de la République, pendant trois ans.
Dans une démocratie, il est le chef de l’Etat et nous appartenons à l’opposition. Le pays ne peut pas fonctionner avec l’un sans l’autre. Dans un système démocratique, je souhaiterais simplement, en tant qu’adversaire politique, qu’on puisse, dans l’observation des règles du jeu, respecter les uns et les autres. Je crois que dans le respect mutuel, nous pourrons arriver à construire – non pas pour le bien de Jean-Pierre Bemba ou de Joseph Kabila – pour l e bien de la population congolaise. C’est le plus important ». Il y a sept mois, il était inimaginable que le premier média public de la Belgique francophone accorde quelques minutes d’antenne en « prime time » à Jean-Pierre. « On veut me diaboliser », avait déclaré celui-ci dans un entretien avec le quotidien bruxellois « Le Soir » daté 27 juin 2006. Sans vouloir tirer des conclusions hâtives, il apparaît que l’état de grâce dont jouissait Kabila au lendemain de sa prestation de serment est désormais finie tant au niveau de l’opinion congolaise que de la communauté internationale. Dans les milieux diplomatiques occidentaux à Kinshasa, Joseph passe désormais pour un dirigeant devenu « fou » après sa « victoire ». Arrogant et cassant, l’homme est devenu, dit-on, inaccessible au téléphone même pour ceux qui l’ont fait roi.

Missions régaliennes

Selon des sources, l’ambassadeur belge en RD Congo, le chrétien démocrate flamand Johan Swinnen, attendrait désespérément d’être reçu par le « président élu ». Le diplomate aurait introduit sa demande d’audience vers …mi-décembre 2006. Dans l’entretien avec « Jeune Afrique », Kabila s’est montré particulièrement « talentueux » dans l’art de se tirer des balles dans les pieds en s’en prenant à la Banque mondiale, au Fonds monétaire international ainsi qu’à la Mission de l’ONU au Congo. S’agissant de la Mission onusienne, il a eu ces mots : « La Monuc joue un rôle essentiel. Mais elle doit être beaucoup plus efficace. Quand on voit ce qui se passe à l’Est du pays, où sont concentrées 80% de ses forces, on se pose mille et une questions. Si la Monuc ne devient pas plus active, si elle n’obtient pas de meilleurs résultats sur le terrain, si le Conseil de sécurité ne lui donne pas des instructions en ce sens, sa présence même n’aura plus peu à peu sa raison d’être. Déjà, les populations de l’Est se demandent parfois à quoi elle sert ». Dans une déclaration à la presse, mercredi 27 juin, le porte-parole de la Monuc, Kémal Saïki, a réagi énergiquement en rappelant que « la protection des populations civiles était de la responsabilité première du gouvernement congolais ». Ajoutant que « les casques bleus étaient prêts à assister l’armée, mais que les autorités congolaises devaient remplir leur devoir de protection vis-à-vis de la population ». L’initiative de la RTBF serait-elle un épiphénomène ou marque-t-elle le début d’une prise de conscience, par la "communauté internationale" , du danger que court la RD Congo de sombrer dans une « dictature kabiliste » après des années de « dictature mobutiste »?

 

 


B. Amba Wetshi

01 juillet 2007

Le Courage n´est pas à confondre avec la Témérité, Collette Tshomba vient d´en avoir pour son compte à Paris où, elle s´est permise de lancer un défi à la Communauté congolaise de France.

Le Courage n´est pas à confondre avec la Témérité, Collette Tshomba vient d´en avoir pour son compte à Paris où, elle s´est permise de lancer un défi à la Communauté congolaise de France.
Nos sources de Paris viennent, il y a à peine quelques instants, de nous annoncer par une dépêche, le passage à tabac de Mme Collette Tshomba, soi-disant Vice-ministre de la Diaspora congolaise du semblant de Gouvernement fantoche de Kinshasa dirigé par M. Antoine Gizenga. En effet, celle-ci est à Paris depuis quelques temps, comme émissaire de son président rwandais, - désormais qualifié par la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) de << Un Prince à New York >> plutôt que de Joseph Kabila, de par son pseudonyme politique au Congo - dans le but d´organiser d´humiliantes féstivités d´indépendance dans la capitale francaise. Et ceci, malgré l´interdiction de séjour imposée aux dirigeants de Kinshasa qui participent à la destruction et à la vente du pays aux étrangers. Interdiction décretée par la Diaspora congolaise qui ne veut rien entendre des ces indésirables politiciens (politiciennnes) d´opérette, corrompus et traîtres, n´ayant aucun sens de patriotisme ni d´honneur. 
Téméraire et autaine de nature semble-t-il, et en plus, trompée par quelques méndiants de Paris, Collette Tshomba a voulu jouer à la Brave et à la Dame de Fer du régime fantoche de Kinshasa, en bravant cette interdiction, défiant ainsi la Diaspora congolaise qui s´est vue bléssée dans son Amour Propre. Au fait, Elle a organisé à Paris avec l´argent volé au contribuable congolais, qui pourtant croupi dans la misère la plus noire, une sorte de kermesse, conférence avec un match de football prévu pour la clôture de l´événèment. Mais comme pouvait s´y attendre pour tout observateur congolais averti, cela a tourné au vinaigre pour celle-ci.
En fait, autour de 17 heures et démie, alors que cette dernière était invitée à prendre la parole à la tribune, elle n´a eu à peine que cinq petites minutes à s´exprimer, avant qu´une pluie de chaises ne s´abatte sur elles et sur ceux qui assistaient dans sa petite pièce de théâtre. C´était la débandade totale dans la salle qui servait de cadre à la rencontre, chacun cherchait une issue de secours pour s´échapper du lieu, transformé pour eux et contre toute attende, à un piège. La police francaise CRS, alertée fit sa déscente sur le lieu quelques temps plus tard, alors que le dégât était déjà fait. La voiture de la fameuse madame le ministre a été complètement défoncée, avant d´être incendiée par les Congolais en colère.
D´après les Congolais trouvés sur place et bien décidés en découdre avec cette Traîtresse, rien que ce traitement n´était capable d´expier ses forfaits. C´est-à-dire le prix à payer pour ses multiples provocations de ces derniers temps à l´encontre de la Diaspora. Elle était déjà là le mois dernier à Bruxelles avant les élections parlementaires belges. Et en dépit du rappel qui lui avait été fait par les Patriotes de la diaspora, de ne plus oser se présenter à eux en cette qualité là, elle a plutôt choisi de faire la sourde d´oreilles, et de continuer à défier ceux qui aiment et sont prêts à tout pour la défense de notre cher Congo. Voilà que: << Mobini ya Zoba Bafutaka yé sé Kwanga ya Pamba Poté Azanga Nyama Koliaya Nango >> comme le disait si éloquemment, le très regretté et excellent journaliste de la Radio-télevision zaïroise (OZRT) de la belle époque, feu Ekamba Eoleka, dit Likambo na Moto Té.
Histoire à suivre!
Le Patriote, Pépin Lulendo      

29 juin 2007

Analyse de l'Interview de Kabila dans Jeune Afrique Magazine: un Kabila irresponsable; et une MONUC inefficace!



Le Monde a suivi avec amusement la récente interview de Kanambe Kabila au Magazine Jeune Afrique. Interview que de pamphlets Kabilistes tels que le MMC-DigitalCongo (appartenant à Jaynet Kabila) s'empressent de qualifier comme "historique"; mais dans laquelle, Kabila nous expose plutôt ses contradictions, son incompétence et ses appétit de vengeance contre son ennemi mortel JP Bemba. Bref, sa gestion irresponsable de la RDC sous Kabila.

Sur ce dernier point, Kabila nous renvoit à Septembre pour mieux juger les "réalisations de son gouvernement". Le Monde se demande alors ce qui va changer dans les deux prochains mois pour soudainement redorer le bilan - jusqu'ici très maigre - du couple Kabila Gizenga depuis le début de 2007.


Dans cette même interview, Kabila s'en prend à son ennemi No.1, JP Bemba, qu'il accuse de vouloir l'éliminer...sans nous dire comment Bemba pouvait réussir un tel exploit de son "bunker" de la Gombe qu'encerclaient de milices et voyous GSSP de Kabila; assortis d'éléments mercenaires Angolais.


A vrai dire, comme celui qui veut abattre son chien en l'accusant de rage, Kabila essaie de dissimuler ses instincts de vengeance meurtrière et sa responsabilité directe dans le massacre de centaines d'innocents à Kinshasa dans sa poursuite de Bemba !


Rien d'étonnant donc dans ce comportement irresponsable de Kabila lorsqu'on constate comment il vient de manipuler Antoine Gizenga au Gouvernement et Vital Kamerhe au Parlement pour étouffer tous les rapports d'enquêtes sur le carnage au Bas Congo. Répressions et carnage sous le pilotage direct de bourreaux-kabilistes Denis Kalume et Raus Chalwe.


Concernant la "bonne gouvernance", Kabila nous informe dans son interview à Jeune Afrique "qu'il aura plusieurs candidats pour la Prison de Makala" une fois que le bilan intérimaire de son gouvernement sera établi en Septembre. Tant mieux. Et le Monde de se demander (...Jeune Afrique n'ose pas lui poser la question) pourquoi Kabila attend jusque Septembre pour mettre hors d'état de nuire le ramassis de voleurs qu'on retrouve non seulement au gouvernement, mais aussi au sein des entreprises de l'Etat; des officiers supérieurs de FARDC qui continuent à tuer de civils, confisquent de biens d'autrui et détournent les soldes de militaires (comme Aldo Aiello l'a bien décrit en son temps).


Nous aimerions aussi savoir si Kabila entend ouvrir les portes de Makala pour recevoir ses collaborateurs reconnus dans multiples rapports (ONU, Lutundula, NINZA, Banque Mondiale) sur le bradage et pillage des ressources de la RDC. Collaborateurs de Kabila à la présidence et au gouvernement et membres de sa famille inclu Katumba Mwanke, Denis Kalume et sa soeur Jaynet Kabila !


Mais c'est sur son appréciation du rôle de la MONUC en RDC que Kabila nous étale son incompétence et son irresponsabilité. Dans son interview à Jeune Afrique, Kabila place le gros du blâme de l'insécurité en RDC - inclu les événements meurtriers à Kinshasa en mars et la menace de guerres à l'Est - sur le dos de la MONUC. Quelle blague provenant du (prétendu) "Président de la République"!


Alors que dans ses discours (hypocrites) Kabila nous prêche l'indépendance et la souveraineté des institutions de la RDC, dans son interview à Jeune Afrique, Kabila se soustrait du rôle primordial qu'exige de lui la Constitution: celui de "Garant de la Nation" et d'ainsi défendre la sécurité et intégrité territoriales. On comprend alors comment ce prétendu Président pouvait céder de territoires tels que Kahemba à l'Angola en guise paiement pour l'appui militaire de son parrain Dos Santos.


Revenant au rôle de la MONUC en RDC, nous nous pourrions nous permettre d'être d'accord avec Kabila sur un seul point: l'échec total du Mandat de la MONUC sous la gestion de l'opportuniste et "affairiste" Américain William Swing. Ce dernier et son partenaire Sénégalais Moustafa Niasse passent le gros de leur temps en RDC à faciliter de "deals" et donc le bradage de ressources stratégiques de la RDC - inclu Tenke Fungurume dont Swing vient de faciliter la reprise par le groupe Américain Phelps Dodge; et Inga que Moustafa Niasse (sous la protection de Thabo Mbeki) est en train de brader avec la participation complice de ténors Kabilistes et le groupe Canadien MAG Industries et sa filiale MAG Energy. Pour preuve de l'affairisme de Moustafa Niasse, ce dernier est membre du Conseil d'administration (et investisseur?) de MAG Industries. Prière de consulter le site de MAG Industries et la composition de son conseil d'administration au www.magindustries.com. Ce site détaille également l'implication indirecte de Thabo Mbeki dans plusieurs montages financiers de MAG Energy sur Inga à travers la Banque gouvernementale Sud Africaine IDC. Le Monde se demande pourquoi MAGEnergy, Niasse et Thabo ne montrent pas ce même acharnement pour sauver la SNEL de son naufrage financier malgré l'attribution des avoirs de Inga à la SNEL.


Le cas du groupe (bidon) MAGIndustries et de ses aventures en RDC est semblable au cas du groupe Britannique NIKANOR dans le bradage de la Gecamines. NIKANOR qui découle sa naissance du bradage des avoirs de la Gecamines a enrichi l'aventurier-financier Juif Dan Gertler; dont un autre groupe bidon "EMAXON" a appauvri la MIBA.


Le bradage de Inga comme ceux de la MIBA et de la Gecamines bénéficient de la participation active de la Famille Kabila à travers de ténors Kabilistes - tels que Katumba Mwanke et Simon TumaWaku - avec lesquels Kabila se divise le butin et/ ou commissions provenant de pilleurs étrangers.


En conclusion, Kanambe Kabila devra ouvrir plus largement les portes et chambres de la Makala pour accueillir entre autres Katumba, Kalume, TumaWaku (NIKANOR) et Di Panzu (MAGEnergy), mais aussi accommoder Kabila et sa soeur entreprenante Jaynet.

Par Dr. Pierre Damas
Source:Correspondance Particuliere | Date:2007-06-28 14:18:18

Jean-Pierre Bemba condamné par défaut (Le Révélateur)

C’est encore une interview de Joseph Kabila accordé mi-juin à l’hebdo Jeune-Afrique qui défraie la chronique. Kabila y est formel. Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, la justice s’empare de lui, et connaissant la position de la justice de la RDC sur le sujet, la porte de la prison lui est largement ouverte. C’est du moins le sens de sa pensée où il accuse son challenger à la dernière présidentielle d’avoir attenté à sa vie et qu’il devrait répondre de cela devant la justice. ‘‘Bemba voulait m’éliminer physiquement. Il disait à tout le monde : ‘Aujourd’hui, on va le tuer’. Ce dernier [Bemba, ndlr] devra être poursuivi en justice, non seulement, parce qu’il a déstabilisé les institutions du pays mais encore, il a voulu attenter à ma vie.’’, a-t-il répondu à François Soudan, qui a recueilli ses propos. Cette crainte a été émise en son temps par Jean-Pierre Bemba lui-même dans une correspondance adressée au Sénat où il siège. Après son séjour médical de 60 jours au Portugal, l’ex Vice-président a obtenu du Sénat sa prolongation jusqu’en juillet prochain, le temps d’un arrangement politique souhaité par divers milieux politiques congolais et étrangers. Une lueur d’espoir avait pointé à l’horizon avec l’autorisation de son évacuation sanitaire accordée par la Chambre Haute auprès de laquelle le Procureur Général de la République a déposé une demande de levée de son immunité de sénateur. Et aujourd’hui, avec la position du chef de l’Etat, ponctuée de graves accusations d’atteinte à sa vie et à la stabilité des institutions de l’Etat, tous ces espoirs se sont envolés. Une position jugée dangereuse pour la paix sociale ‘‘Si M. Bemba est parti, c’est que le terrain sur lequel il a voulu jouer le troisième tour des élections - et sur lequel il a perdu - n’avait rien de politique’’, a affirmé le président de la République. Ce qui traduit clairement son refus de voir son challenger revenir au pays, ou du moins ce que ça traduit. Plusieurs acteurs de la scène politique de la RDC émettent cependant des avis contraires. C’est le cas du Conseiller principal et Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU, l’Ethiopien Haïlé Menkerios qui vient de quitter son poste le lundi 25 juin, après plusieurs années en RDC. Pour ce diplomate, le retour de Bemba dans son pays ne représentait pas une menace pour la sécurité du pays. ‘‘Nous ne pensons pas que le retour de Monsieur Bemba puisse créer une autre menace à la sécurité. C’est une situation totalement différente maintenant. Je pense que ce genre de confrontation n’aura plus lieu, parce que les moyens n’existent plus. Le cas échéant, s’il y a perturbation, ça ne serait pas compliqué et les forces de sécurité du pays peuvent contrôler la situation, et nous serions prêts à les assister’’, a-t-il déclaré dans un entretien accordé aux confrères du service de presse de la MONUC. La justice à deux vitesses D’autre part, les observateurs jugent la justice de notre pays à deux vitesses dans cette affaire où des témoignages concordants affirment que Bemba a été victime d’attaques à l’arme lourde à son domicile, lors des évènements sanglants d’août 2006, alors qu’il recevait des diplomates du Comité international d’accompagnement de la Transition (CIAT). A notre connaissance, aucune plainte n’avait été introduite par le sénateur Jean-Pierre Bemba pour violation de domicile ou atteinte à sa vie, surtout que ses hôtes auraient pu témoigner en prouvant qu’ils étaient avec lui. Bemba n’a pas saisi cette occasion pour charger son adversaire politique. Bemba a également subi plusieurs autres injustices, notamment les attaques contre les organes de presse qui lui sont proches, la destruction de son hélicoptère, les exactions contre ses partisans. Il est même allé jusqu’à accepter le verdict des urnes, quand bien même il se proclamait vainqueur des consultations électorales, dans le but d’asseoir la paix en vue d’amorcer la reconstruction du pays. Mais l’injustice, c’est également le traitement réservé à tous les autres vice-présidents, notamment au RDC-Goma Azarias Ruberwa, encore à ce jour sous la protection de ses gardes dont le nombre n’a pas été réduit, lesquels doivent être remplacés par 12 policiers, comme exigé par l’ex chef d’Etat-Major général des FARDC, le même qui déclencha l’opération de désarmement de la garde de Bemba. Pire encore, c’est le cas du général déchu Nkundabatware, dit Mihigo, poursuivi par un mandat d’arrêt international pour crimes contre l’humanité, avec qui le Gouvernement s’est mis autour d’une même table de…négociation, jusqu’à se faire imposer le ‘‘mixage’’ de ses fidèles recrutés par milliers au Rwanda avec l’armée loyaliste, processus dont les résultats s’avèrent aujourd’hui plus catastrophiques que jamais. Combien peut-on compter à ce jour le nombre de Congolais ayant trouvé la mort par la faute de cet homme ? Pire encore, les rebelles hutus rwandais, les FDLR, les Rastas, etc., continuent à user de leurs machettes pour trancher des gorges aux centaines d’autres Congolais comme de moutons sans aucunement être inquiétés, au moment où l’on accuse le pouvoir en place de ne pas planter suffisamment des garde-fous autour d’eux et de les avoir lâchés dans la nature au lieu de les cantonner à Kamina. Condamnation par défaut Depuis la fin des affrontements des 22 et 23 mars jusqu’à la demande, le 11 avril, de la levée de l’immunité de Bemba par le Procureur Général de la République, aucune enquête indépendante n’avait été menée. Jamais il n’a été établi de façon judiciaire et scientifique les responsabilités sur le déclenchement de ces hostilités aux conséquences graves, notamment la perte en vies humaines d’environ 600 Congolais, les pillages, les violations des résidences diplomatiques, etc. La justice aurait également dû procéder par des enquêtes pour confirmer lesquels des éléments de la garde rapprochée de Bemba ou de la garde présidentielle avaient tiré le premier. On devrait aussi rétablir toute la vérité autour du ‘‘refus’’ de Bemba de renvoyer sa garde au profit d’un commandement unique. Il faut enfin indiquer que l’ensemble des éléments qui se sont affrontés appartiennent aux FARDC, même si le président de la République parle de ‘‘six cents rebelles en face de nous’’. C’est ce qui pousse les experts à dire que la résolution de cette affaire devrait se faire dans un cadre purement politique. Trop de passions dans l’affaire Certains politologues sont tétanisés à l’idée que le processus politique n’ait pas extirpé la haine, bien au contraire il l’aurait entretenue. Nombre d’experts jugent cette affaire empreinte de tant de passions qu’elle risque d’emporter les uns et les autres. Parce que, disent-ils, l’exclusion entraîne des comportements suicidaires. Si la réconciliation nationale, leitmotiv de tant de négociations (Lusaka, Gaberone, Sun City, etc.), accouche d’une souris, il sera difficile d’amorcer ensemble la reconstruction, pas même le développement, de notre pays, ce qui est une entreprise qui a besoin de tous les bras. Ainsi, pour d’autres, Kabila a tout intérêt à laisser Bemba rentrer dans son pays. Peut-être, disent-ils, ce sera l’occasion de le responsabiliser encore plus. D’autres craignent que Bemba, se sentant exclu injustement, pourrait accepter des fréquentations dangereuses. Seulement, s’il est aujourd’hui perçu que c’est complètement perdu pour Bemba, une certaine opinion affirme que Joseph Kabila userait de sa position du président de tous les Congolais, ce que Jean-Pierre Bemba avait reconnu, pour tourner la page. En effet, affirment les experts, Kabila n’ignore pas que Bemba est toujours sénateur et que près de 43 % des Congolais ont exprimé leur soutien à Bemba, et que rien ne prouve que Kabila maintient son capital confiance dans le Kivu depuis que la souffrance de cette partie du pays s’est transformée en condamnation. Il y a enfin la dernière Loi portant statut de l’opposition. Si elle est appliquée comme le voudrait le législateur, Jean-Pierre Bemba pourra être désigné Coordonnateur de l’Opposition. Il faudra lui laisser la latitude de jouer pleinement son rôle afin d’apporter une opposition constructive pour le développement du pays. Le Révélateur

27 juin 2007

Kahemba : le ton monte à l’Assemblée Nationale


Le groupe parlementaire des indépendants (Gpi) de l’Assemblée nationale s’est réuni hier au Palais du Peuple. Parmi les points discutés par ces élus qui n’appartiennent à aucun parti politique, figurait principalement l’affaire Kahemba qui continue à défrayer la chronique.
Pendant les débats, les députés indépendants ont été unanimes à reconnaître la nécessité d’inscrire cette affaire à l’ordre du jour des priorités de l’Assemblée nationale. Les parlementaires ne sont pas allés par quatre chemins pour déclarer leur opposition à l’option prise de traiter cette question à huis clos, comme cela a été le cas avec les massacres des adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK) au Bas-Congo.
Le groupe parlementaire des indépendants a exigé que le rapport de la commission parlementaire qui s’est rendue à Kahemba du 22 au 31 mars 2007 puisse faire l’objet d’un débat public et en plénière. Pour des raisons de transparence et du caractère public de la question, ont-ils soutenu, l’option du huis clos ne se justifie pas.

Ils ont rappelé qu’après la clôture de la session ordinaire de la chambre basse, l’opinion était surprise de constater que l’affaire Kahemba ne figurait toujours pas à l’ordre du jour de la session extraordinaire.
On souligne aussi que la Commission parlementaire dirigée par l’ancien ministre aujourd’hui député Roger Lumbala du RCD/N s’était rendue au chef-lieu du territoire de Kahemba, le 22 mars dernier. Sur place, elle avait rencontré plusieurs obstacles avant de se rendre dans les localités frontalières notamment à la recherche des bornes 21, 22 et 23.
L’affaire a rebondi lorsque, sans attendre le débat au sein de la plénière de l’Assemblée nationale, le gouvernement avait déclaré que la question était close, que l’Angola n’avait jamais occupé une partie du territoire congolais et qu’il n’y avait jamais eu déplacements massifs des populations. Cette prise de position avait suscité une vive émotion dans le pays ainsi qu’un début de polémique entre l’Assemblée nationale, dont le travail était ainsi démonétisé, et le gouvernement. La Commission Kahemba avait dû se réunir en urgence avant de demander à rencontrer le Bureau de l’Assemblée nationale en urgence pour tirer l’affaire au clair. Résultat : face à la levée des boucliers, le Bureau de l’Assemblée nationale reconnaissait avoir réceptionné le rapport Kahemba et prenait l’engagement de le soumettre à un débat public. Depuis, tout se passe comme si on prenait les Congolais pour des imbéciles, ou qu’on comptait sur le temps pour leur faire oublier cette affaire sensible. On comprend dès lors la prise de décision du groupe parlementaire des Indépendants, soucieux de se dissocier du mensonge officiel ou de maintenir la pression en rappelant ses engagements au Bureau de l’Assemblée nationale.
S’exprimant à titre personnel, Kin-Kiey Mulumba, député indépendant et rapporteur de la commission Kahemba a expliqué avant-hier à notre confrère « Forum des As » avoir l’impression que l’option du huis clos était dictée par le fait que cette affaire mettait en cause deux Etats dont les relations amicales sont au beau fixe. Ce qui n’était pas le cas avec l’affaire BDK, une question strictement congolo-congolaise, a-t-il fait remarquer.

2007-06-26



(J-Alain Kabongo)

22 juin 2007

Sécurisation du Kivu : les parlementaires préconisent l’option militaire, par Albert tshiambi (Le Potentiel)

Le rétablissement d’une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo a été au centre d’un échange entre les parlementaires du Nord et du Sud-Kivu et les membres du Conseil de sécurité de l’Onu, en séjour à Kinshasa. C’était le mercredi 20 juin au Palais du peuple. Pour combattre l’insécurité dans cette partie du pays, les élus de ces deux provinces suggèrent la solution militaire. Ce qui n’est pas l’avis de la délégation onusienne qui, elle, préconise la solution à la fois politique et militaire.

La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo a été au centre de l’entretien que les membres du Conseil de sécurité de l’Onu ont eu, le mercredi 20 juin dernier à Kinshasa, avec les parlementaires du Nord et Sud-Kivu.

A l’issue de leur échange, les deux parties ont chacune proposé, une piste de solutions pour le retour d’une paix durable dans cette partie du territoire national. Pour les parlementaires congolais et les membres de la société civile, « la solution militaire est la meilleure parce qu’elle peut aider à recouvrer la sécurité à l’Est de la RDC ». Une solution qui n’a pas rencontré l’assentiment de la délégation onusienne qui, elle a opté pour « une solution à la fois politique et militaire ».

CAUSES DE L’INSECURITE

Pour ce qui est des causes de l’insécurité qui sévit dans ces deux provinces, les membres de la société civile et les parlementaires ont cité la présence incontrôlée et non souhaitée des Interahamwe et de plusieurs groupes armés dans les deux Kivu. Raison pour laquelle, ils ont demandé l’aide de la communauté internationale pour rapatrier les rebelles hutu rwandais qui sèment au quotidien, la désolation auprès de la population. Contrairement à la vision de la délégation du Conseil de sécurité, les représentants du Kivu, cité par le média onusien, estiment que « le dialogue ne peut amener nulle part dans la situation qui prévaut actuellement au Nord et au Sud-Kivu».

Dans un mémorandum adressé aux membres du Conseil de sécurité, les députés du Nord-Kivu ont démontré que le phénomène Laurent Nkunda est identifié dans leur province comme la principale source d’insécurité. En effet, après les déboires dans son aventure à Bukavu en Juin 2005 et se sentant acculé par la résolution 1596 du Conseil de sécurité des Nations unies, le général déchu a installé son sanctuaire à Kitshanga dans le territoire de Masisi, où il entraîne les anciennes 81ème et 83ème brigades de la 8ème région militaire, précisent les signataires du mémorandum. Dans le même registre, ils indiquent que « pendant la période électorale, Nkunda visiblement soutenu par le Rwanda, s’est engagé dans un recrutement massif en entraînant dans son orbite, tous les mécontents politiques et militaires non intégrés dans le processus d’exercice du pouvoir par l’AFDL, la transition ainsi que certains candidats malheureux aux élections de 2006 ».

CONSEQUENCES

Par ailleurs, les députés ont fait remarquer qu’au début de l’année 2007, la tentative du gouvernement congolais de régler pacifiquement la question Nkunda a, selon eux, conduit à la mise sur pied d’une formule particulière d’intégration dans l’armée dénommée « Mixage ». Cette opération a eu comme conséquences humanitaires, le déplacement massif des populations civiles vers d’autres localités. Ce phénomène a également entravé la libre circulation des personnes et de leurs biens. Et cela, sans tenir compte d’autres méfaits tels que la déperdition scolaire, le ralentissement de l’activité économique, l’aggravation de l’état de pauvreté et la résurgence des épidémies…

Pour ce qui est des pistes de solutions, les élus du Nord-Kivu ont formulé quelques recommandations. Au plan politique et diplomatique, ils proposent que le Conseil de sécurité s’assure de l’application effective de sa résolution 1596 sur les personnes et organisations impliquées dans les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RDC.

A l’instar de la RDC et du Burundi, ils demandent à la communauté internationale d’amener le Rwanda et l’Ouganda à organiser respectivement des dialogues politiques avec leurs oppositions armées et non armées établies en RDC et dans d’autres pays, notamment les FDLR, NALU/ADF, LRA, etc.

Sur le plan militaire et sécuritaire, les députés suggèrent la levée immédiate de l’embargo imposé au gouvernement congolais sur l’achat des armes et autres équipements militaires ainsi que la surveillance accrue sur l’importation des armes par les groupes armés opérant à l’Est de la RDC. Avant de demander l’appui soutenu de la communauté internationale au gouvernement congolais, afin de mettre définitivement un terme au phénomène Nkunda…

Quant au plan humanitaire, social et économique, ils plaident en faveur d’une assistance urgente significative aux déplacées des territoires de Rutshuru et Masisi, surtout celles installées à Niongera, Jomba, Bwito et Busanza, ainsi que l’accélération de leur rapatriement et réinsertion socio-économique dans leurs milieux d’origine, aussitôt que les conditions sécuritaires le permettront.

20 juin 2007

Le CPJ dénonce la fermeture d`une radio en RD Congo (Angola press)Dakar, 20/06

 

 - L`ONG de défense de la liberté de presse basée à New-York, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), a dénoncé les agents de renseignements congolais qui ont fermé samedi dernier une radio privée, émettant dans le Sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), dans un communiqué parvenu mardi à la PANA à Dakar.

L`Agence nationale des renseignements (ANR) accuse Radio Canal Satellite d`"intoxication de la population" et de "diffusion d`informations en mauvais français".

 

"C`est la sixième radio à être harcelée cette année suite à des reportages par les forces de sécurité en République démocratique du Congo (RDC). Les autorités congolaises ne reculent plus devant un quelconque prétexte pour museler les médias indépendants. Nous appelons les autorités à tout faire pour permettre à Radio Canal Satellite de revenir à l`antenne immédiatement", a plaidé le CPJ.

"Les prisons du monde entier seraient pleines si mal parler français était un crime", a déclaré le directeur exécutif du CPJ, Joël Simon qui affirme que: "les agents ont confisqué du matériel de la radio après que le personnel a fuit les studios craignant des arrestations".

Le directeur de Canal Satellite, Yves Beya, a par ailleurs reçu plusieurs menaces téléphoniques, selon le CPJ qui précise que Gustave Amuri, le directeur adjoint de l`Agence nationale de renseignements congolaise (ANR) à Tshikapa, à 650 km au sud-est de la capitale Kinshasa, a ensuite accusé Radio Canal Satellite de "fonctionner sans les documents de l`ANR", "d`intoxiquer la population" et "de diffuser des informations en mauvais français".

Selon la presse locale, M. Amuri a cité trois exemples d`informations qu`il contestait, dont un reportage sur une dispute sur les salaires entre des travailleurs congolais et leurs employeurs libanais à Kinshasa.

"Les lois sur la presse du pays n`accordent pourtant aucun pouvoir à l`ANR concernant la régulation des médias", a indiqué le CPJ qui a désigné l`année dernière, la RDC comme l`un des pays les plus rétrogrades au monde en matière de liberté de la presse.

19 juin 2007

Sassou et Bongo dans le collimateur de la justice française ?

Le parquet de Paris a ouvert lundi 18 juin une information judiciaire pour « recel » à la suite d’une plainte déposée par plusieurs associations françaises à l’encontre des présidents Omar Bongo Ondimba du Gabon et Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville. Les deux chefs d’Etat sont accusés de posséder en France des biens immobiliers financés par des deniers publics détournés.

Quelle que soit son dénouement, cette affaire aura valeur de symbole. Symbole dans ce qu’il faut bien appeler la « révolution » qui se met en route dans la politique africaine de la France. Un mois après l’avènement de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, deux chefs d’Etats africains, réputés pour leur « francophilie », sont susceptibles de mise en examen du chef de "recel de détournement de biens publics". La plainte a été déposée au mois de mars dernier au parquet de la République de Paris. On peut gager que le nouveau locataire de l’Elysée n’a pas manqué de « laisser faire » la justice française tant pour donner la publicité au contentieux sous examen que pour faire triompher la vérité. Doyen des dirigeants de l’Afrique noire, Bongo doit vivre ce cas comme une infamie lui qui affirmait, haut et fort, que « Sarkozy est un de ses amis ». Les trois plaignants sont l’association "Sherpa", un réseau international de juristes présidé par l’avocat William Bourdon, "Survie", qui dénonce le soutien de Paris à des dictateurs africains, et la "Fédération des Congolais de la diaspora".
"C’est une première. La France, comme d’autres pays, ne peut pas multiplier les engagements publics internationaux de lutte contre la criminalité financière et ne pas déclencher des procédures alors que des présomptions de recel de détournement d’argent public sont considérables s’agissant des familles Bongo et Sassou Nguesso", a estimé l’avocat William Bourdon. Selon celui-ci, "l’enquête devra établir les responsabilités pénales individuelles et la désignation d’un juge d’instruction devra s’imposer rapidement. Il faut souhaiter que cette enquête mette fin au sentiment d’impunité tranquille de ceux qui chaque jour appauvrissent l’Afrique en se constituant des patrimoines considérables en France et ailleurs".
Immeubles de luxe
Selon la plainte, Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso et leur famille, seraient propriétaires de nombreux biens immobiliers de luxe sur le territoire français. S’agissant du président gabonais, la plainte note que celui-ci et des membres de sa famille seraient propriétaires d’un hôtel particulier et de quatre appartements, situés dans le XVIe arrondissement de Paris. En ce qui concerne Denis Sessou Nguesso – qui est par ailleurs le beau-père de Bongo, il est fait état d’un hôtel particulier de 700 m2, estimé entre 5 et 10 millions d’euros, dans les Yvelines et un appartement à Paris (VIIe). Plusieurs autres biens immobiliers en région parisienne sont attribués aux proches du numéro un Brazzavillois dont un luxueux appartement de 550 m2 (dont 100 m2 de terrasse) à Courbevoie (Hauts-de-Seine) estimé entre 2,5 et 3 millions d’euros et dévolu à un neveu.
"Ce n’est pas leur salaire de président qui peut expliquer les ressources considérables qui ont été nécessaires pour acquérir ces biens", affirme Me Bourdon. La plainte se fonde sur certaines procédures internationales visant les deux chefs d’Etat et portant sur des détournements présumés de biens publics. Selon les associations plaignantes, le "mouvement du droit international", relayé par des juridictions nationales, tendrait aujourd’hui à considérer "qu’un chef d’Etat en exercice ne pouvait se prévaloir d’une quelconque immunité, s’agissant de biens mobiliers ou immobiliers, "dès lors qu’il existait des présomptions sérieuses de ce que leur acquisition s’était faite au prix de la commission d’infraction". "En tout état de cause, les membres des familles des dirigeants concernés ne sauraient tenter d’exciper d’une quelconque immunité", ont-ils ajouté. Il est difficilement pensable que le procureur de la République de Paris a jugé, tout seul, l’opportunité de la divulgation de cette affaire dans les médias. C’est un signe qui ne trompe pas. Sarkozy paraît décidé à promouvoir une politique africaine dépouillée de « mic-mac » et autres connivences entre chefs d’Etat. Le successeur de Jacques Chirac n’aime-t-il pas répéter qu’il aime « faire ce qu’il dit » ?
Les malheurs de l’Afrique
Lors de la campagne du second tour de la présidentielle, « Nicolas » n’avait pas manqué de souligner son « attachement » à la promotion de la démocratie et des droits de l’Homme en Afrique. En marge du sommet du G8 tenu, début juin, à Heiligendamm, en Allemagne, il avait reçu les chanteurs Youssou N’Dour, Bob Geldof et Bono, venus lui parler de leur militantisme contre la pauvreté en Afrique. Tout en réaffirmant sa solidarité vis-à-vis du continent noir, Sarkozy ne s’est pas embarrassé de dire à ses interlocuteurs : « Les causes des malheurs de l’Afrique ne sont pas à rechercher uniquement à l’extérieur …». Par un pur hasard de calendrier, le président Sarkozy a reçu mardi 19 juin, la veuve du juge français Bernard Borrel, décédé, à Djibouti, il y a dix ans, dans des circonstances non élucidées à ce jour. L’actuel chef de l’Etat Djiboutien, Ismaël Guele, alors directeur de cabinet du président Hassan Gouled, est suspecté d’être le « cerveau » de ce crime. La veuve Borrel a toujours accusé l’Etat français d’exercer des « pressions politiques incontestables» sur la justice. Et ce, afin d’étouffer la vérité. Histoire de préserver les intérêts stratégiques de la France dans ce pays africain où se trouve une Base militaire française. A sa sortie de l’Elysée, Mme Borrel a expliqué avoir constaté chez Sarkozy "un vrai changement de ton sur le fond et sur la forme" dans la manière d’aborder le dossier."J’ai ressenti la parole libre d’un homme chaleureux". Et d’ajouter : "Il m’a dit qu’il comprenait mon combat pour la vérité et qu’il aurait fait pareil à ma place. Il n’y aura plus les obstructions qu’on a connues. Il s’y est engagé". L’avocat de la veuve Borrel, Me Olivier Morice, a, pour sa part, enchaîné que le président Sarkozy "a pris l’engagement de demander à ce que Mme Borrel soit entendue en tant que témoin par la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye, ce que seul un Etat peut demander". Selon lui, « le président Sarkozy va également demander à ce que l’on fasse des recherches pour savoir pour quelles raisons des documents classés secret défense de 1995 à 1997 n’ont pas été retrouvés.» Signes de temps ? Jusqu’où ira « Sarko » ?

B. Amba Wetshi (avec AFP

Et la série noire continue : Une journaliste de la RTNC échappe à la mort dimanche ! (J-Alain Kabongo - Le Phare)

 Alors que la presse congolaise pleure encore Serge Maheshe, journaliste de la Radio Okapi, froidement abattu le 13 juin dernier à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud Kivu, Anne-Marie Kalanga, journaliste à la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) et coordinatrice de l’Association des professionnels des médias du secteur de l’environnement, a échappé in extremis à la mort dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 juin dernier.

Trois bandits armés en tenue de la Police nationale congolaise (PNC) ont fait irruption au domicile d’Anne-Marie Kalanga, sis rue Boende n°11 bis au quartier Binza Delvaux (commune de Ngaliema), dimanche vers 3 heures du matin. Après avoir constaté que le jeune frère de la journaliste Jean-Paul Kabemba (étudiant à l’Institut supérieur du Commerce) venait de sortir de la maison pour se soulager, les trois éléments vont tenter de maîtriser ce dernier. J.P.Kabemba va s’échapper après avoir alerté sa sœur. Cette dernière n’a attendu que l’entrée de Jean-Paul Kabemba pour fermer la porte.
Ne s’avouant pas vaincus, les assaillants se sont mis à forcer la porte alors que la journaliste et son frère la soutenaient de l’intérieur. Furieux après cette résistance, ils ont tiré plusieurs coups de feu sur la porte et les vitres ont volé en éclats. Trois balles vont finir leurs trajectoires dans les jambes droites d’Anne-Marie Kalanga et du jeune étudiant.
La journaliste a été atteinte par deux balles avant de s’écrouler, tandis que son frère en a reçu une seule. Les trois hommes armés ont alors réussi à faire leur entrée à l’intérieur de la maison, trouvant leurs victimes gisant dans une marre de sang. Après avoir dévisagé ces personnes sans défense, les trois bandits sont repartis sans avoir rien emporté.
Anne-Marie Kalanga tentera alors d’appeler tous les numéros de la PNC en sa possession sans atteindre aucun agent de l’ordre. Ce n’est que vers 6 heures que les éléments de l’Inspection provinciale de police de Kinshasa (Ipkin) sont arrivés sur le lieu, les assaillants ayant pris soin de disparaître dans la nature bien avant.
Grâce à l’intervention de la fiancée de Jean-Paul Kabemba qui est infirmière de formation, la journaliste et son frère ont reçu les premiers soins, avant d’être évacués vers la Clinique Ngaliema.
Internés au pavillon 2 de la Clinique Ngaliema à Gombe, ils attendaient jusqu’hier soir l’extraction de trois balles meurtrières grâce à une intervention chirurgicale. « Ce sont des plaies de 1 ou 2 centimètres de profondeur. Grâce à Dieu le pire a été évité, et la situation n’est pas aussi grave qu’on le croyait », a rassuré Anne-Marie Kalanga qui a reçu le même dimanche la visite du ministre de l’Information, presse et communication nationale, Toussaint Tshilombo Send ainsi que plusieurs cadres de la RTNC et des responsables des organisations professionnelles des médias.
La coordinatrice des professionnels de médias de l’environnement met cette tentative de meurtre sur le compte de l’insécurité qui prévaut actuellement dans la ville. Ce sont les mêmes personnes censées assurer la sécurité des personnes et de leurs biens qui sont les premières à s’attaquer aux paisibles citoyens. « Moi, je n’anime pas des émissions à caractère politique pour avoir des problèmes de représailles avec certaines personnes. Je reviens de Kisangani et la dernière émission de Karibu Environnement rediffusée sur les antennes de la RTNC dimanche à 14 heures, dénonçait le danger permanent qui guette le Parc de Virunga avec la présence des groupes armés », a-t-elle confié.
Cette attaque vient une fois de plus accentuer l’inquiétude au sein de la profession qui ne s’est pas encore remise de la mort de Serge Maheshe. On est en droit de se demander si après la mort du journaliste de Radio Okapi et la tentative de meurtre contre Anne –Marie Kalanga, à qui sera le prochain tour.
L’autorité publique est interpellée pour jouer efficacement son rôle d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Sinon la série noire va continuer.

17 juin 2007

La VSV dénonce enlèvements et détention des anciens gardes de JP Bemba

Un communiqué de la Voix de sans Voix, (VSV), une ONG de droits de l’homme basée à Kinshasa, précise que ces enlèvements ont eu lieu dans la nuit du 10 au 11 juin. Ainsi, cette ONG demande au président de la République de garantir la vie et la sécurité des victimes et de faire cesser tout climat de haine ethnique et tout esprit de vengeance au sein de la garde présidentielle, contre les anciens gardes du sénateur Jean-Pierre Bemba, rapporte radiookapi.net

Peter Tumba, un des responsables de la VSV déplore la recrudescence des cas d’enlèvements dans la capitale. Il dit être saisi de ces cas : «Des gens sont arrêtés à cause de leur origine, qu’ils soient militaires ou pas, ça nous préoccupe».

Selon ce responsable de la VSV, le peuple congolais a besoin de la réconciliation et de la cohésion nationale. «Nous sommes fils d’un grand pays, nous ne pouvons pas le reconstruire ou le bâtir en ordre dispersé. Nous pensons que ce qui est arrivé peut servir de leçon pour qu’on évite les erreurs du passé et aller de l’avant. Mais si les enlèvements se poursuivent et que des familles pleurent leurs enfants, vous savez ce que ça peut donner dans l’avenir. Là, on ne peut pas vraiment sauvegarder l’unité et la cohésion nationale », a-t-il conclu.

Par Okapi

15 juin 2007

Les assassins présumés de Serge Maheshe sous les verrous

La police congolaise a arrêté, jeudi 14 juin, 15 personnes dont deux militaires soupçonnés d’être directement impliqués dans le meurtre la veille du journaliste Serge Maheshe de radio Okapi à Bukavu.

Ces arrestations ont toutes été effectuées dans le quartier d’Ibanda, près du centre-ville de la capitale du Sud-Kivu, où Serge Maheshe, 31 ans, a été abattu mercredi soir par deux inconnus, a indiqué à l’AFP un officier de la police provinciale du Sud-Kivu. Selon des déclarations à la radio Okapi de l’inspecteur général de la police provinciale, le général Gaston Luzembo, figurent parmi les personnes arrêtées deux militaires soupçonnés d’être les meurtriers, interpellés dans la matinée à 40 mètres des lieux du crime et en possession d’armes qui "dégageait encore une odeur" de poudre. A Bukavu comme à Kinshasa, la nouvelle de la mort de Serge Maheshe, qui dirigeait la rédaction de la station de Bukavu de Radio Okapi, a semé la consternation parmi les professionnels des médias, au sein du gouvernement congolais et des chancelleries, qui ont tous dénoncé un "assassinat" dont les mobiles restent pour le moment un mystère. Selon des témoignages recueillis par l’AFP, le journaliste a été abattu alors qu’il se trouvait avec deux amis dans la rue et s’apprêtait à remonter dans son véhicule de service, marqué du sigle des Nations unies. Deux inconnus en civil, armés de kalachnikov, se sont alors approchés des trois jeunes gens et les ont forcés à s’agenouiller devant le véhicule. L’un des agresseurs a tiré deux balles dans les jambes de Serge Maheshe, avant de l’achever de trois balles dans la poitrine. Les deux assaillants n’ont rien volé, rien demandé et n’ont pas tenté de tirer sur les deux amis du journaliste. Toute la journée de jeudi, les messages de condoléances et de solidarité ont afflué dans les rédactions de Radio Okapi, qui a ouvert tous ses journaux par cette signature: "+Bukavu, Serge Maheshe, Radio Okapi+: cette voix, vous ne l’entendrez plus sur nos antennes, c’est celle de notre confrère Serge Maheshe, abattu par des inconnus armés à Bukavu". Journaliste unanimement reconnu pour son intégrité et son talent, marié et père de deux enfants, Serge Maheshe travaillait pour Okapi pratiquement depuis son lancement en 2002, alors que la RDC était encore plongée dans une guerre régionale (1998-2003). A Bukavu, des dizaines de proches et de collègues se sont rendus à son domicile pour lui rendre un dernier hommage, avant l’enterrement prévu vendredi après-midi. Syndicats de la presse, ONG nationales et internationales ont exigé l’ouverture d’une enquête "indépendante" et des "garanties de sécurité" pour les journalistes en RDC. "Cet assassinat (est) le quatrième qui frappe des professionnels des médias (3 journalistes et un technicien) en RDCongo en moins de deux années", a rappelé l’ONG locale Journaliste en danger (JED), estimant que le "modus operandi de ce crime" montre "que les tueurs non seulement connaissaient la victime mais aussi qu’ils étaient venus pour le tuer". Selon ses collègues, il avait reçu, à plusieurs reprises, des menaces dans le cadre de son travail, émanant aussi bien de militaires congolais que de groupes rebelles. La Mission de l’ONU en RDC (Monuc) et la Fondation Hirondelle, une ONG suisse, qui ont créé ensemble la radio Okapi, ont fait part de leur consternation, indiquant que la disparition de Serge Maheshe "nous rappelle que l’engagement pour la paix demeure un défi quotidien" en RDC. Les ambassadeurs de l’Union européenne à Kinshasa ont pour leur part exprimé leur "vive émotion", tandis que depuis Bruxelles, le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a exprimé son "horreur", dénonçant ce qui semble être "une action ciblée contre le journaliste". De son côté, Radio Okapi restait très prudente, indiquant ignorer si ce crime était lié ou non à la profession de Serge Maheshe.

(D’après AFP

13 juin 2007

Entreprises publiques : le PPRD non partant (Le Potentiel)

 

Ce n’est pas un canular. Loin de là. Le PPRD n’est pas partie prenante au processus de mises en place dans les entreprises publiques tel qu’il est mené ces jours-ci. Il aligne un certain nombre de raisons pour lesquelles il renonce à ce qui apparaît absolument comme « une arnaque ». Pour ce parti politique qui a pris une part importante à l’élection du président de la République, il est hors de question que le pouvoir soit partagé avec les « autres », au travers des entreprises publiques qui risquent, à cause d’une procédure de recrutement mal pensé, de tomber dans l’escarcelle des mobutistes. Dans tous les cas, il n’y a rien de sibyllin dans le message du PPRD. Où l’on craint aussi que le dossier, géré beaucoup plus au niveau du ministre près le président de la République, du ministre près le Premier ministre et du ministre du Portefeuille, n’échappe à son contrôle.

La mise en place annoncée de nouveaux mandataires au sein des entreprises publiques risque de faire voler en éclats la coalition qui s’est formée autour de l’Alliance pour la majorité présidentielle (AMP). Le nouvel élément du puzzle est le communiqué diffusé depuis mardi 12 juin par voie de presse par le Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques (Copirep) en vue du recrutement de nouveaux mandataires au sein de ces unités de production, dont l’actionnariat est détenu à 100% par l’Etat congolais.

En lieu et place des critères basés exclusivement sur la seule appartenance à la majorité au pouvoir, le Copirep – agissant du reste au nom du gouvernement au travers du ministre d’Etat près le président de la République, du ministre près le Premier ministre et du ministre du Portefeuille – a promis d’ores et déjà d’user des critères objectifs, basés sur la compétence et la technicité, dans le choix des mandataires publics. Contrastant en fait avec les promesses de « partage » faites aux uns et aux autres entre les deux tours de la présidentielle de 2006.

Car, l’acte constitutif de l’Alliance pour la majorité présidentielle a donné l’assurance à ses fondateurs, co-fondateurs et alliés de « gérer ensemble » la RDC si leur unique candidat venait à remporter l’élection présidentielle.

Le 6 décembre 2006, Joseph Kabila était investi président élu de la 3ème République. Lorsque, dans son discours d’investiture, il invita « chacun (…) à être solidaire du devenir du bien collectif (et) à (…) sentir porteur d’une espérance sans cesse renouvelée », les directeurs de campagne et tous les animateurs de l’AMP s’étaient sentis « spécialement concernés ». Ils furent confortés dans cette impression quand le coordonnateur de cette plate-forme électorale vint à annoncer que « tout le monde se retrouvera » dans le partage du gâteau.

A ce jour, sont déjà « récompensés » près de 70 sénateurs, quelque 350 députés nationaux et 60 membres du gouvernement. Des dizaines d’autres, cadres et « ouvriers de la première heure », appelés à la patience, attendent toujours d’être récompensés.

DEÇUS, AIGRIS ET FLOUES

Le problème se pose, pour l’heure, au niveau de la gestion des ambitions de tous ceux qui sont restés à la gare. Les trains « parlement » et « gouvernement » ayant fait le plein, celui des entreprises publiques paraît aujourd’hui inaccessible aux « oubliés », dans les rangs desquels se comptent des « vertébrés » et de jeunes turcs.

Toutefois, au nom de la méritocratie, leitmotiv louable du gouvernement, on craint au PPRD que la gestion des entreprises publiques n’échappe à ses animateurs, dont certains ont bien le profil fixé par les critères de sélection de futurs mandataires publics.

On y aurait également peur de voir, parmi les postulants retenus après le test d’usage, plusieurs sociétés d’Etat passer entre les mains des mobutistes, favorisés par des critères genre « dix ans d’ancienneté ». Cette vieille garde étant suspectée de chercher à aligner ses meilleurs experts en divers domaines. « Il est inadmissible que nous perdions le contrôle des entreprises publiques alors que nous détenons le pouvoir politique », s’inquiète-t-on sur l’avenue Batetela.

Mais, que faire ? La première réplique imaginée dans ces milieux est celle d’encourager les mandataires partants de présenter leurs candidatures. Il s’agira, ensuite, d’amener les jeunes turcs à se lancer dans la course aux postes dans les comités de gestion.

Malgré tout, ils seront encore nombreux les déçus, les aigris et même ceux qui se sentiront floués, les possibilités offertes par les prochaines mises en place ne dépassant pas 200 emplois.

UN NUAGE DE FUMEE

Au-delà des critères de sélection institués par le gouvernement, les observateurs pensent que le pouvoir en place ne vise qu’à faire illusion. « C’est un nuage de fumée, juste bon pour la consommation extérieure », ne s’empêchent-ils de relever. Et, pour cause…

La liste des postulants retenus au niveau du Copirep sera transmise pour approbation en Conseil des ministres, avant une sanction finale par voie de décret par le président de la République.

C’est donc à ces deux niveaux que pourrait intervenir le tamisage, précédé d’interrogations du genre « Qui est qui ? Quelles sont les attaches politiques de celui-ci ? Pourquoi plus de ressortissants de telle province par rapport à telle autre province ? ».

Et à force de suspicions, les technocrates risquent d’être sacrifiés sur l’autel de considérations de tous ordres, sauf celui de la compétence et de l’expertise avérées.

A tous égards, c’est le président de la République qui en sortirait perdant si cela venait à se passer ainsi. En tout cas, ce serait contraire à son « appel à une révolution des mentalités et à une mobilisation générale du génie créateur de tous les Congolais, quelles que soient leurs convictions politiques ou religieuses ».