28 septembre 2006

Le Président de la CEI manipulé par la Communauté Internationale pour falsifier le résultat de l’élection présidentielle?

medium_Malu_Malu_2.jpgR.D Congo : le Président de la CEI manipulé par la Communauté Internationale pour falsifier le résultat de l’élection présidentielle?

Un vent favorable a fait atterrir à la rédaction de Congoindependant.com, une lettre que le président de la Commission électorale indépendante, Apollinaire Malu Malu, aurait adressée (le conditionnel reste de rigueur) aux représentants de la communauté internationale à Kinshasa. Cette correspondance se passe de tout commentaire. En deux mots, l’Abbé Malu Malu se plaint des pressions qu’il a subies pour tripatouiller les résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Le fac-similé n’étant qu’à peine lisible, notre rédaction s’est efforcé de retranscrire la missive. Aux internautes d’en juger.

“J’ai fait tout ce que vous avez voulu : j’ai engagé des experts du PAREC, PPRD et autres agents du Comité du Pouvoir Populaire « CPP » à la Commission Electorale Indépendante dans le but net d’avoir la mainmise sur tous les enjeux électoraux. Mais c’est le peuple qui a voté et qui reconnaît l’orientation de ses voix », note en liminaire le président de la CEI.

« Ce que nous avons voulu mettre en place, le peuple l’a détourné. On peut maintenant critiquer cette voie quand bien même qu’au sein de mon institution les violons ne s’accordent plus entre moi et mes collaborateurs. A l’Eglise, le courant ne passe plus entre moi et mes Autorités hiérarchiques », poursuit-il.

« A l’heure actuelle, je parais comme un défenseur de la fraude, moi qui suis censé apporter la transparence ! Quelle considération aurai-je au sein de mon église ? Et de la population à qui j’enseigne chaque jour la vérité et la fidélité ? Prêtre que je suis, je peux plus être dans le camp des manipulateurs. Depuis 2002 à ce jour, je n’ai jamais failli à mes devoirs. J’ai réussi à bloquer les résultats de Gemena, Matadi, Kinshasa, Bandundu ville. J’ai fait disparaître, comme vous l’avez exigé, le District de Plateaux qui est réduit à un simple bureau de liaison annexé au District de Maï Ndombe. J’ai équilibré les chiffres pour remonter le candidat de l’AMP.
Malgré tout, Jean-Pierre Bemba reste en tête ».

B.A.W

République Démocratique du Congo

Commission Electorale Indépendante (C.E.I.)

Elections présidentielles de 2006 (1er tour)
Résultats partiels par ville ou par territoire
Ultra confidentiel

A (au) :

  • Commandant de la Force Européenne en RDC
  • La MONUC
  • CIAT
  • Monsieur le Représentant Résident du PNUD
  • Monsieur le Chef de la Délégation de l’Union Européenne en R.D.C.
  • (Tous) à Kinshasa-Gombe

En rapport avec la mission très délicate qui m’a été confiée, j’ai le plaisir de vous confirmer que j’ai été à la hauteur de ma tâche.

Pourtant, quelques incidents malheureux tournent à ma défaveur juste vers la fin de ma mission. Et je vous rappelle qu’en dehors de ma responsabilité au sein de la CEI, je suis d’abord « homme de Dieu ». Les « idées sages » que je reçois de vous deviennent pour moi non seulement une « injonction », mais surtout un moyen de me discréditer et de mettre en cause ma qualité sacerdotale pour laquelle j’ai fait des vœux solennels.

J’ai fait tout ce que vous avez voulu : j’ai engagé des experts du PAREC, PPRD et autres agents du Comité du Pouvoir Populaire « CPP » à la Commission Electorale Indépendante dans le but net d’avoir la mainmise sur tous les enjeux électoraux. Mais c’est le peuple qui a voté et qui reconnaît l’orientation de ses voix.

Ce que nous avons voulu mettre en place, le peuple l’a détourné. On peut maintenant critiquer cette voie quand bien même qu’au sein de mon institution les violons ne s’accordent plus entre moi et mes collaborateurs. A l’Eglise, le courant ne passe plus entre moi et mes Autorités hiérarchiques.

Maintenant que le pays est en danger, moi aussi je suis en danger. Les biens de l’Eglise Catholique aussi sont en danger comme ce fut le cas d’autrefois avec la destruction des quelques Eglises de la Capitale.

Le mardi 15 août dernier, j’ai réuni nuitamment tous les Chefs de bureaux de compilation, de vote, des techniciens et experts nationaux, des informaticiens et autres de la CEI pour revoir comment insérer les bulletins qui chôment encore dans les frontières avec Brazzaville, Zambie et l’Angola. Ceux de l’Est : Katanga, les deux Kivu et Maniema ayant été appuyés par les Interahamwe et les 4 contingents venus d’Angola. Qui peut faire traverser les malles qui se trouvent dans les îlots du Bas-Congo aux larges de Brazzaville ?

Cependant, ces agents de la CEI issus de tous les regroupements précités (PPRD, PAREC et CPP) ont jeté le pavé dans la marre en craignant le soulèvement de la population : situation qui aura des conséquences néfastes sur leurs propres vies sociales et sur leurs biens. Fort de cette crainte, ils ont refusé de continuer la voie qu’ils avaient déjà négociée.

Unanimement, ils ont opté pour la transparence et remettre au Candidat Bemba ses voix. Quelques observateurs indépendants qui avaient pris part depuis le début du déroulement des scrutins se préparent à publier leurs propres résultats.

A l’heure actuelle, je parais comme un défenseur de la fraude, moi qui suis censé apporter la transparence ! Quelle considération aurai-je au sein de mon église ? Et de la population à qui j’enseigne chaque jour la vérité et la fidélité ? Prêtre que je suis, je peux plus être dans le camp des manipulateurs. Depuis 2002 à ce jour, je n’ai jamais failli à mes devoirs. J’ai réussi à bloquer les résultats de Gemena, Matadi, Kinshasa, Bandundu ville. J’ai fait disparaître, comme vous l’avez exigé, le District de Plateaux qui est réduit à un simple bureau de liaison annexé au District de Maï Ndombe. J’ai équilibré les chiffres pour remonter le candidat de l’AMP. Malgré tout, Jean-Pierre Bemba reste en tête.

En plus, la police qui m’entoure m’inquiète également. Une possible infiltration des éléments des GSSP est évidente. Ces éléments se préparaient déjà à la solution du pire.

Néanmoins, je demande :

  • A la force Européenne de garantir ma sécurité et d’exiger le retrait de l’UPI de mon cortège, endéans 48 heures.
  • Au PNUD de coopérer avec le gagnant Bemba pour qu’il assure la sécurité du pays face au mécontentement des GSSP et mercenaires recrutés ça et là parce que le PNUD n’a pas prévu le budget pour un second tour.
  • Que l’Union Européenne demande au gagnant Bemba de moraliser la population puisque tous ne jurent que par son nom, afin qu’elles ne procèdent pas à une chasse à l’homme des membres des partis perdants, notamment ceux de l’AMP.
  • Que le Représentant de la MONUC laisse convaincre le Chef de l’Etat sortant afin qu’il accepte avec bravoure cet échec qui est à attribuer à son Parti plutôt qu’à nous autres.

Je vous remets ci-dessous, les résultats réels de deux concurrents. En votre qualité de parrains de ces élections, je souhaite que vous allez respecter le suffrage populaire.

Tableau des résultats du premier tour de l’élection présidentielle

Province
Jean-Pierre Bemba / Joseph Kabila

KINSHASA
77 % Jean-Pierre Bemba
4 % Joseph Kabila

BANDUNDU
62 % Jean-Pierre Bemba
20 % Joseph Kabila

BAS-CONGO
73 % Jean-Pierre Bemba
0,08 % Joseph Kabila

EQUATEUR
82 % Jean-Pierre Bemba
10 % Joseph Kabila

KASAI - OCCIDENTAL
25 % Jean-Pierre Bemba
0,03 % Joseph Kabila

KASAI - ORIENTAL
40 % Jean-Pierre Bemba
0,06 % Joseph Kabila

KATANGA
22 % Jean-Pierre Bemba
60 % Joseph Kabila

MANIEMA
11,7 % Jean-Pierre Bemba
54,2 % Joseph Kabila

NORD - KIVU
12,2 % Jean-Pierre Bemba
60 % Joseph Kabila

PROVINCE ORIENTALE
25 % Jean-Pierre Bemba
35,9 % Joseph Kabila

SUD - KIVU
8,9 % Jean-Pierre Bemba
38,4 % Joseph Kabila

Totaux
52 % Jean-Pierre Bemba
27,7 % Joseph Kabila

N.B. : Oscar Kashala vient en 3ème position, suivi d’Antoine Gizenga (4ème) et Mobutu Nzanga (5ème).

A mon avis, il n’y a plus de raisons de retarder la publication des résultats outre mesure, ceux-ci ayant été portée à la connaissance du public par les confessions religieuses, des ONG et autres observateurs indépendants ? A défaut, jouer pour les départager au second tour à condition de réunir rapidement le fonds nécessaire pour l’organisation de cette dernière étape, en attendant de conscientiser le camp perdant.

Vous serez peut-être surpris de ma position, mais je l’ai fait pour éviter un chaos et une lourde responsabilité sur ma modeste personne.

Ma conscience m’a parlé.

Je vous remercie.

Apollinaire Muholongu Malu Malu

22 septembre 2006

Du Sang sur les Portables

medium_Coltan2.gif

« Berceau de l’humanité, l’Afrique est pour la Terre ce qu’est une mère pour sa progéniture. De ce que font les hommes de l’Afrique aujourd’hui, dépendra l’avenir de l’humanité »

République Démocratique du Congo
Pendant que les urnes sortent leurs secrets …  Du sang sur les portables …

STOP

·         Téléphones mobiles
·         Ordinateurs portables
·         Consoles de jeux
ont un point commun.

medium_RDC_Card.jpgCes trois « bijoux » technologiques contiennent du coltan.
Une matière première extraite dans des conditions désastreuses au fond des mines de la République démocratique du Congo. Terra Economica a remonté la filière de ce minerai qui fait la fortune de quelques multinationales.

Dans un recoin du port de Bukavu, chef-lieu du sud Kivu, une vieille femme est accroupie au pied des sacs de farine de manioc qu’elle est venue vendre aux pêcheurs locaux. A quelques mètres d’elle passent des hommes qui s’embarquent pour l’île d’Idje, perdue au milieu du lac. Direction : les mines de coltan de l’îlot. "N’y allez pas, le coltan c’est la mort", leur murmure, inaudible, la vieille femme. Elle sait de quoi elle parle. Deux de ses fils ont donné leur vie au coltan. L’un d’épuisement en 2001, l’autre de maladie l’année dernière, dans les mines de Shabunda, une petite ville au sud de Bukavu. "C’était la guerre. Les miliciens sont arrivés, ont pris mes fils et la plupart des hommes du village pour extraire leur sale minerai. Au départ, mes petits étaient contents : le coltan rapporte bien plus que la terre. Plus de cent dollars le sac de cinquante kilos à l’époque. Et tout ça en quelques jours à peine. Eux qui croyaient pouvoir m’offrir de beaux bijoux. Ils sont morts. Pris par la mine". Le prix de leur décès ? Quelques tonnes de tantale, un métal cher à l’industrie électronique et extrait du minerai de colombo-tantalite, plus connu sous son nom africain, le coltan.

medium_Coltan_3.2.jpgA Shabunda, Walikale, Mwenga, Kalehe... Dans tous les lieux isolés du Kivu où le coltan est extrait de manière artisanale par des milliers de « creuseurs », les histoires comme celle des fils de Suzanne se répètent à l’infini. Hommes, mais aussi femmes et enfants, s’échinent au fond des rivières et au creux des montagnes pour arracher à la terre cette pierre grisâtre qui vaut de l’or. Les méthodes de travail sont proches de celles des anciens chercheurs d’or du Far West. Quelques pelles et barres à mine et la sueur de l’effort physique. Dans un Kivu essentiellement rural, le coltan a dévasté une large part du territoire. Pour lui, les mineurs ont abandonné leurs récoltes, défriché les parcs naturels et fait fuir les animaux rares. Le tout pour une poignée de dollars. Car ce ne sont pas les mineurs eux-mêmes, mais les miliciens et militaires contrôlant la région, qui récoltent ici les fruits des richesses minières.

medium_Congo_Coltan.2.jpgPendant la guerre, nombreux furent les cas de populations villageoises forcées à creuser sous la menace d’une Kalachnikov.

« Berceau de l’humanité, l’Afrique est pour la Terre ce qu’est une mère pour sa progéniture. De ce que font les hommes de l’Afrique aujourd’hui, dépendra l’avenir de l’humanité »
Aujourd’hui, la situation s’est quelque peu améliorée. Mais les mineurs sont toujours sous la coupe des hommes en armes, qui taxent sans état d’âme chaque sac de coltan extrait par les creuseurs.

Les multinationales à l’affût
Pourquoi ce trafic ? Retour à la fin des années 90. Pour répondre à la frénésie née du boom des nouvelles technologies, qui fait grimper les prix du tantale à plus de 500 dollars le kilo, les géants de la métallurgie cherchent à diversifier leur approvisionnement du minerai. Les poids lourds du secteur, HC Starck (filiale de l’Allemand Bayer) et l’Américain Cabot Corporation - 70% du raffinage de tantale à eux deux - ainsi que les firmes de second rang se tournent vers la République démocratique du Congo. L’affaire aurait pu constituer une aubaine pour le pays.

medium_Enfants_Soldats.2.jpgMais la RDC est en guerre.
Après avoir renversé en 1997 le dictateur Mobutu, Laurent-Désiré Kabila affronte depuis 1998 des mouvements rebelles soutenus par ses anciens alliés, notamment rwandais et ougandais... Objets d’une gestion désastreuse sous Mobutu, les fabuleuses ressources minières du pays sont devenues, dans ce contexte, une manne financière pour les belligérants qui se partagent le territoire. Au Kivu, où repose le coltan national, c’est le RCD(Rassemblement congolais pour la démocratie), un mouvement principalement soutenu par le Rwanda, qui règne en maître.

Le butin du guerrier

medium_Kagame_Ruberwa.jpgCette situation conflictuelle ne freine pas les grandes firmes internationales, qui font appel à des courtiers, essentiellement belges (comme Sogem), rwandais et sud-africains, pour se procurer le coltan congolais. Sur le territoire congolais, les miliciens du RCD s’enrichissent en contrôlant la chaîne locale de production et de commercialisation du coltan. Ils taxent les mineurs sur le lieu d’extraction, mais aussi les petits négociants villageois. Les comptoirs d’achat installés à Goma (chef lieu du nord Kivu) et Bukavu, où les courtiers internationaux viennent faire leurs emplettes, doivent eux aussi verser leur tribut aux miliciens.

Le RCD n’est pas le seul à profiter de cette poule aux œufs d’or. Le Rwanda voisin fait de même, de façon très structurée. Dans la capitale Kigali, un Bureau Congo, dirigé par un proche du président Kagamé, coordonne les activités relatives à l’exploitation des ressources congolaises. Et le trafic paie. En 2000, le Bureau Congo réalise 64 millions de dollars de bénéfices grâce au seul coltan de RDC... de quoi financer à plus de 70 % les dépenses de l’armée rwandaise !

medium_Un.jpgL’ONU crie au pillage
Les profits illégaux générés par le coltan atteignent des proportions considérables. Selon les statistiques officielles de l’année 2000, la République démocratique du Congo produisait alors 130 tonnes de tantale, soit 11% de la production mondiale. Si l’on y ajoute le volume de minerai détourné par le voisin rwandais, ce sont même 20 % de la production mondiale qui sortent du territoire congolais. Du coup, l’Onu crie au pillage. En 2001 et 2002, elle dénonce dans deux rapports le lien entre exploitation minière et poursuite du conflit, propose l’instauration d’un embargo moral sur le coltan congolais et pointe du doigt les firmes internationales qui négocient avec le RCD et le Rwanda.

Des courtiers comme la belge Sogem, l’ancienne compagnie aérienne Sabena, qui transportait le minerai, et les métallurgistes - au premier rang desquels HC Starck et Cabot - sont cités. Après avoir tenté de nier les faits, HC Starck et Cabot reconnaissent leur implication dans ce circuit de sang, et clament haut et fort qu’ils respecteront désormais l’embargo moral onusien. Une déclaration d’intention qui n’est accompagnée de la mise en place d’aucun moyen de contrôle.

Les courtiers défilent toujours

Production of Tantalum Ore in 2003
© Cabot Corp

medium_Coltan_Cabot.gifCinq ans plus tard, le coltan congolais ne fournit plus que 4 % du marché mondial, dont le prix ne dépasse plus 80 dollars le kilo. Souci d’éthique de la part des entreprises ? Pas vraiment. En réalité, les besoins en tantale sont moindres. Résultat, les firmes transnationales évitent désormais la RDC pour privilégier des pays fournisseurs d’un coltan moins "encombrant" : Australie, Canada, Brésil. Mais même à moindre échelle, le trafic avec la République démocratique du Congo continue. Lire : Cabot_Coltan_Position_Statement.pdf

Dans l’ombre.
medium_RCD_Goma.jpgOfficiellement, la guerre est achevée depuis la fin 2002. Mais l’Est du pays reste sous haute tension. Militaires et miliciens de tous bords gardent la haute main sur les gisements miniers. Dans les forêts, des groupes rebelles, comme les FDLR, constitués d’anciens génocidaires hutus rwandais, ou les ex-milices congolaises Maï-Maï, contrôlent le coltan. Ailleurs, les chefs locaux de la nouvelle armée nationale congolaise (FARDC) se posent en seigneurs des lieux. Ce corps armé est désormais alimenté par tous les anciens belligérants.

medium_paul_kagame.jpgDu coup, les ex-miliciens du RCD ont conservé, au Nord-Kivu, la main sur leur ancien trésor de guerre... qui file toujours vers le Rwanda. Les profits engrangés n’atteignent plus les sommets des années passées. Mais les réseaux politico-militaires s’en nourrissent toujours. Car sur le plan international, les métallurgistes restent acheteurs. Officiellement, HC Starck et Cabot, pourtant tenus par des accords avec le premier producteur mondial de coltan et l’australien Sons of Gwalia, ont cessé leurs achats en RDC. En réalité, les deux firmes s’approvisionnent toujours via des intermédiaires - des courtiers internationaux - qui ont pignon sur rue et continuent à se servir en République démocratique du Congo. Ces courtiers ont pour nom Sogem en Belgique, A&M Metals au Royaume-Uni par exemple. Et ils s’en défendent.

L’occident aux abonnés absents
"Nous achetons un coltan propre, exploité par des coopératives villageoises", clament les courtiers. "Impossible, réplique Patrick Martineau, chercheur québécois spécialiste du secteur. Ces coopératives représentent une part infime de la production locale. Les courtiers enrichissent forcément militaires et miliciens..." Surtout, ajoute le chercheur, HC Starck et Cabot ne sont pas seuls sur le marché du raffinage de ce minerai. Trois sociétés se partagent les 30 % non contrôlés par les deux géants : la chinoise Ningxia, la kazakhe Kazatomprom, et la japonaise Showa-Denko. Ces "juniors" n’hésitent pas à s’approvisionner directement auprès des réseaux mafieux congolais.

En toute impunité.
Comment, donc, s’assurer que les téléphones portables ne contiennent aucun microgramme de sang ? "Chaque site minier possède son propre ADN, avance Patrick Martineau. Il serait coûteux mais tout à fait possible de retrouver la provenance de chaque kilo de tantale raffiné par les grandes firmes. » Mais qui y aurait intérêt ? Ni les métallurgistes avec, dans leur sillage, les fabricants de condensateurs et les géants de la téléphonie mobile. Ni les réseaux de l’ombre politico-militaires, gardiens du circuit du coltan en RDC. Les seuls, finalement, à s’y montrer favorables seraient les milliers de creuseurs esclaves du minerai. Mais personne ne les entend.

La Coupe du monde
En République Démocratique du Congo, la coupe est déjà pleine de sang congolais, Plus de 5.000.000 de morts ! Mais la compétition continue …

Lire : http://web.amnesty.org/pages/ttt4-article_4-fra

©Fondation Afrique en Perspective Identification Nationale 9823/97 FAP ASBL
Siège social sis sur Avenue Marguerite Yourcenar, 6 boîte 4 à 1050 Ixelles Bruxelles Belgique UE
Contact par courrier électronique : afrique_africa@hotmail.com ou africa_afrique@yahoo.fr
Téléphone :
0032.2.646.35.11 ou au téléphone portable (GSM) 0032.497.71.74.30
Compte Fortis Banque : 001-3089543-72

Joseph Kabila à l’ONU: Le Peuple Congolais trahi par la fameuse Communauté Internationale

medium_Udpsl.jpgAlors que “Joseph Kabila” venait de mettre Kinshasa à feu et à sang, Swing a amené le “candidat de l’Occident” dans ses valises à l’ONU où le pyromane a été porté en triomphe.

Pendant que certains congolais, dupes, croient que le Pays est engagé dans le processus démocratique piloté par la Communauté Internationale (sic), “Joseph Kabila”a, dans son discours à l’ONU, parlé de la situation politique congolaise et de nouvelles institutions politiques mais s’est bien gardé de ne citer nulle part dans ce discours les expressions et les mots-somnifères suivants avec lesquels on endort, anesthésie et mithridatise les Congolais au Pays: “processus démocratique”, “Etat de droit démocratique”, “démocratie” …..

Il s’agit plutôt du “processus de tyrannisation, de recolonisation, d’animalisation, de chosification et d’extermination du Peuple Congolais et de prédation et pillage des richesses nationales”. Le Pays est déjà placé sous tutelle et classé parmi les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).

medium_Uranium.jpgEn outre, poussant le cynisme jusqu’à son paroxysme, “Joseph Kabila” a condamné le terrorisme international pendant qu’il l’alimente. Et il était en train de déclarer, devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, que les événements sanglants survenus à Kinshasa les 20, 21 et 22 août dernier ne se reproduiraient plus pendant qu’à Kinshasa, sur ses instructions, JP Bemba était de nouveau obligé par la GSSP du même “Joseph Kabila” de rentrer précipitamment se cacher et se blottir dans la cave de sa Résidence déjà à moitié incendiée et que ses deux chaînes de télévision étaient en train d’être dévorées et consumées par les flammes!

Rappel:

1. A Sun City, le Dialogue Intercongolais (DIC) s’est terminé par une prime offerte par la Communauté Internationale à la guerre, au crime, aux armes, à la violence, aux criminels, aux seigneurs de guerre, au pillages des richesses nationales et à l’impunité: les ex-belligérants devaient être représentés dans les institutions de la Transition plus que les forces patriotiques et démocratiques pacifiques. Et au Sommet de l’Etat Congolais devait trôner un imposteur rwando-tanzanien, un mercenaire, un ex-belligérant qui avait transformé l’Est du Pays en Abattoir durant la campagne “militaire” de l’AFDL et participé au pillage de plus de 5 milliards de $US pendant les 5 années de règne de LD Kabila. (Rapport Kassem consigné à l’ONU).

medium_William_Swing.jpg2. C’est le Ciat et la Monuc, qui représentent la Communauté Internationale sur le terrain en RDCongo, qui ont présidé à l’exclusion, de la gestion de la Transition, des leaders et des forces patriotiques et démocratiques congolaises et intronisé les Kapitas médaillés (l’imposteur rwando-tanzanien ainsi que les fils du pays complices, traîtres, aventuriers et opportunistes).

3. Durant toute la Transition, le Ciat et la Monuc ont couvert de leur ombre et encouragé les Kapitas médaillés “animateurs” défaillants et criminels de la Transition dans toutes leurs ignominies et turpitudes (terrorisme d’Etat, insécurité généralisée, pillage des richesses nationales, violences sexuelles, viols, blocage de la consécration des principes démocratiques, blocage de la réalisation des objectifs de la Transition…).

medium_Kabila_senat.jpg4. En avril 2004, “Joseph Kabila” se permit même, du Haut de la Tribune du Sénat belge, de faire l’éloge de l’esclavagisme et du colonialisme dont les Congolais ont été victimes. M. Armand De Decker, alors Président du Sénat belge, se vit obligé de contredire l’imposteur séance tenante, pour dépolluer et exorciser l’Institution Sénatoriale belge qui venait d’être souillée par le jeune tyran et restaura rapidement l’honorabilité et la respectabilité du Sénat belge.

5. Pour rappel, l’esclavagisme et le colonialisme sont des maux absolus condamnés par la conscience de toute l’humanité. Cfr notamment: Déclarations du Général de Gaulle à Brazzaville en 1944, Charte des Nations Unies à San Francisco en 1947 et son article 73, Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, Conférence d’Alger en 1981 sur les droits des peuples à s’autogouverner, s’autogérer, s’assumer, Conférence afro-asiatique de Bandoung en 1955 qui avait, au point F de son communiqué final, acté l’Accord de tous les peuples représentés pour a) déclarer que le colonialisme, dans toutes ses manifestations, est un mal auquel il doit être mis fin rapidement; b) pour déclarer que la question des peuples soumis à l’assujettissement à l’étranger, à sa domination et à son exploitation constitue une négation des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et empêche de favoriser la paix et la coopération mondiales.

Dr François Tshipamba Mpuila
Représentant Benelux de l’UDPS

Discours de Kabila devant l'Assemblée générale des Nations Unies

medium_ONU.jpgMadame la Présidente,

Avant de commencer mon propos de ce jour, Je voudrais, vous présenter Mes très vives et chaleureuses félicitations pour votre brillante élection a la présidence de cette 61ème Session Ordinaire de I'Assemblée Générale des Nations Unies.

Mes félicitations s'adressent également a tous les membres de votre bureau qui, j'en suis sûr, vous aideront a accomplir avec brio votre exaltante et délicate mission a la présidence de la présente Session Ordinaire.

Je saisis aussi cette opportunité pour rendre un hommage mérité à votre prédécesseur, Monsieur Jan ELIASSON, Président de la 60ème Session Ordinaire, pour la qualité appréciable du travail abattu au cours de son mandat, dans un environnement international difficile.

Je ne peux poursuivre cette communication sans exprimer toute Ma reconnaissance ainsi que les remerciements de l'ensemble du peuple congolais à l'endroit de Monsieur KOFI ANNAN, Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies, dont le mandat prend fin cette année sur une note de satisfaction de tous.

Grâce au Leadership remarquable de ce digne fils de l'Afrique, les Etats membres de notre organisation ont bénéficié d'une décennie de diplomatie intense et active qui a permis le règlement de bon nombre des conflits dans le monde.

II y a lieu de citer notamment la situation des pays de la Région des Grands Lacs et particulièrement celle de la République Démocratique du Congo.

Madame la Présidente,

Au moment où se déroule cette 61ème Session Ordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies, mon pays, la République Démocratique du Congo, vit et traverse une période particulière de son histoire politique. La période de transition débutée depuis 1990 va bientôt prendre fin avec la mise en place des nouvelles institutions du pays.

En effet, le 30 juillet dernier, il s'est tenu dans la paix et la transparence, sur l'ensemble du territoire national, les premières élections pluralistes réellement démocratiques depuis une quarantaine d'années.

La réussite de ce pari constitue une grande oeuvre commune du peuple congolais et des partenaires tant bilatéraux que multilatéraux de la République Démocratique du Congo. Et c'est ici l'occasion de remercier du haut de cette tribune tous ces partenaires.

S'agissant des événements malheureux survenus à Kinshasa du 20 au 22 Août 2006, après la proclamation des résultats provisoires du premier tour de l’élection présidentielle par la Commission Electorale Indépendante, toutes les dispositions ont été prises pour que de tels incidents ne se reproduisent plus. Le processus électoral va se poursuivre dans un climat apaisé et de concorde nationale.

Madame la Présidente,

Les avancées obtenues quotidiennement parfois au prix de beaucoup de sacrifices sont l'aboutissement d'un processus politique laborieux initié comme vous le savez après un long conflit armé interne et externe. Ces conséquences humanitaires sont l'une des tragédies les plus importantes que l'humanité ait connues.

Cependant, il demeure de nombreux problèmes multisectoriels auxquels le prochain gouvernement devra faire face au regard des attentes urgentes et légitimes du peuple congolais.

En effet, ce gouvernement devra parachever l'oeuvre de l'intégration et de la reforme de l'Armée pour assurer la paix et la sécurité a notre peuple. II devra se mettre au travail pour améliorer les conditions de vie de nos populations. En d'autres termes, il devra tout mettre en oeuvre pour répondre aux besoins fondamentaux de celles-ci, notamment, la santé, l'éducation, l'autosuffisance alimentaire, les infrastructures de base, l'électricité et l'eau potable pour tous, sans oublier évidemment la lutte contre le paludisme et le VIH/SIDA ainsi que la lutte contre la pauvreté.

Pour y arriver, le nouveau gouvernement devra entre autres renforcer la bonne gouvernance par la lutte contre la corruption et garantir la sécurité juridique et judiciaire dans le cadre de la réforme du système judiciaire en cours.

La réalisation de cette vision n'est possible que par la mobilisation des énergies de tout le monde, a travers une participation active et inclusive de tous les fils et filles de notre pays quelles que soient leurs tendances politiques, idéologiques ou confessionnelles.

A ce propos, nous saluons la configuration de notre futur parlement qui reflète déjà la richesse et la diversité politique de notre peuple et dont le rôle de contrôle sera fondamentale pour le fonctionnement de l'Etat.

C'est pourquoi, une fois de plus, Je réaffirme Ma foi dans le concept de la « consolidation de la paix » et lance un appel pressant a la Communauté Internationale afin de poursuivre le partenariat avec la République Démocratique du Congo après la mise en place des nouvelles Institutions.

Madame la Présidente,

En observant la scène internationale, il se dégage plusieurs fléaux récurrents notamment, la persistance des tensions et des conflits armés dans plusieurs régions du monde, la dégradation des conditions de vie des populations dans les pays en voie de développement , particulièrement en Afrique, la montée de l’Immigration clandestine, les ravages causes par les différentes pandémies, la croissance de la criminalité et des actes de terrorisme, les atteintes a la préservation et a la protection de l'environnement.

Face a ces menaces, la session précédente de l'Assemblée générale avait organise, en marge de ses travaux, le Sommet mondial des Chefs d'Etat et de Gouvernement consacré a l'évaluation des objectifs du Millénaire pour le Développement et autres engagements issus des Grandes Conférences et Réunions Internationales.

C'est suite a cette évaluation que plusieurs décisions ont été prises notamment, la création de la Commission de Consolidation de la Paix et du Conseil des Droits de l'Homme, deux structures fondamentales, dont nous ne pouvons que nous féliciter de la mise en place effective.

La réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement est une priorité pour bon nombre des pays, particulièrement les plus démunis. C'est pourquoi, l'élan dans l'application des recommandations pertinentes issues du Sommet du Millénaire ne devrait pas se relâcher. Et c'est dans cette optique que nous souhaitons voir s'inscrire les présentes assises.

Outre les fléaux précités, d'autres questions préoccupent encore nos pays notamment la réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies, l'effacement total de la dette des pays en voie de développement, l'augmentation de l'aide publique au développement, la conclusion d'une Convention générale relative au Terrorisme international et la stratégie mondiale de lutte contre ce phénomène , les conflits armés, la sécurité collective, l'adoption d'un traité international sur les disparitions forcées .

Toutes ces questions constituent autant de dais poses a la marche harmonieuse de la Communauté des Nations et l'avenir même des générations futures.

Pour y répondre efficacement, tous les pays du monde doivent être solidaires les uns vis-à-vis des autres dans un élan de coopération sincère et de justice humaniste.

Concernant les crises dans le monde, que ce soit au Moyen Orient, en Afrique ou ailleurs, la République Démocratique du Congo recommande, plus que jamais, leur règlement par la voie pacifique, dans le respect de la Charte des Nations Unies et des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité.

Madame la Présidente,

En guise de conclusion, puisse cette auguste assemblée partager avec moi ma conviction en la renaissance de la République Démocratique du Congo avec l'avènement des nouvelles institutions appelées a ouvrir une nouvelle ère de paix, de stabilité et de développement, non seulement dans mon pays mais aussi en Afrique Centrale et dans toute la Région des Grands Lacs.

Malgré les défis que notre organisation se doit de relever au jour le jour, c'est sur une note d'espoir, de solidarité entre les nations, et de synergies dans leurs actions pour un avenir meilleur des générations actuelles et futures que je termine mon propos.

Je souhaite plein succès à nos travaux.

Je vous remercie.

 

Joseph KABILA

medium_Hippolyte_Kanambe.2.jpg